L’UM6P Science Week revient pour sa 5e édition à Benguérir

« Science Week est l’occasion de repenser notre rapport à la science et à l’innovation. Elle offre un espace d’échange pour repenser le monde de demain, un monde où la science et l’innovation sont au service du progrès humain et de la préservation de notre environnement, un monde où l’Afrique a un rôle majeur à jouer », a déclaré Hicham El Habti, président de l’UM6P.

Pour ce dernier, la Semaine de la science a pour objectif de relever les défis actuels en rapprochant les disciplines, de favoriser l’innovation et de transformer la recherche en impact concret. Il a également rappelé que l’approche scientifique de l’université repose sur trois piliers clés :

La recherche interdisciplinaire : briser les barrières entre les disciplines pour créer des solutions holistiques à des problèmes mondiaux complexes.

L’expérimentation et innovation : transformer le campus en un laboratoire d’essai où la recherche rencontre l’application dans le monde réel.

Le renforcement des capacités : donner aux jeunes talents une visibilité mondiale, des connaissances de pointe et un esprit d’entreprise.

En marge de la conférence de presse organisée à la veille de l’événement, Fouad Laroui, président du comité scientifique de la Science Week, a mis en avant l’importance de cet événement pour la recherche scientifique, mais aussi pour le parcours de formation des étudiants de l’UM6P et la nécessité de favoriser l’interdisciplinarité scientifique dans le monde d’aujourd’hui.

L’intelligence artificielle, la durabilité et l’avenir au centre des priorités de la recherche à l’université

Dans son discours inaugural, le président de l’Université Mohammed VI Polytechnique a souligné que, dans un monde évolutif, la responsabilité incombe à tout le monde – scientifiques, décideurs politiques, entrepreneurs, éducateurs et étudiants – de redéfinir la manière de penser, de créer et d’innover un futur proche, sachant que :

« Nous sommes convaincus que l’Afrique doit non seulement participer au progrès scientifique mondial, mais aussi en être un leader. Le continent est confronté à des défis uniques, de la sécurité alimentaire à la résilience climatique, de l’accès à l’énergie à la transformation numérique. Les solutions à ces défis doivent venir du talent africain, de l’innovation africaine et du leadership africain. C’est pourquoi l’UM6P ne se contente pas de suivre les tendances mondiales ; nous les anticipons et les adaptons aux réalités africaines », a précisé Hicham Habti.

Dans un contexte marqué par la montée en puissance de l’intelligence artificielle, en particulier avec l’émergence du chinois DeepSeek, le président de l’université a réaffirmé l’importance de ne pas rester en retrait et de chercher les bonnes réponses à ces questions : quelles sont les implications éthiques de l’IA ? Comment garantir que le progrès technologique profite à tous, plutôt qu’à une minorité privilégiée ? Comment concilier innovation et durabilité ?

Face à la sécheresse qui se propage en Afrique, l’agriculture durable s’impose comme un pilier essentiel de la sécurité alimentaire, et l’innovation technologique, sociale et environnementale est indispensable pour relever ces défis liés à la raréfaction des ressources.

L’Université Mohammed VI Polytechnique est déterminée à demeurer une université africaine de référence, visant à accompagner les défis du continent, plus particulièrement ceux liés au développement durable et au développement du capital humain. En 2024, l’université a été classée parmi les 400-500 meilleures universités mondiales selon le Times Higher Education et a obtenu une notation de 5 étoiles au QS Ranking. Durant la même période, l’université a étendu son réseau par l’ouverture de deux antennes à Paris et à Montréal, et compte prochainement ouvrir une nouvelle antenne à Mexico, ainsi qu’une nouvelle école d’Agritech (Digital Farming School) qui sera inaugurée à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire, en 2025.

À l’échelle nationale, l’université compte renforcer sa présence territoriale à travers un nouveau campus dédié à la chimie à El Jadida, près de Jorf Lasfar, et l’expansion du campus de Benguérir. Au sein de la Healthcare City de Benguérir, l’université prévoit également l’ouverture prochaine d’un Centre hospitalier universitaire, qui permettra, d’une part, de former les étudiants en médecine de l’université et, d’autre part, d’offrir des soins à la population locale.

A Kampala, El Bouari réaffirme l’engagement du Maroc pour le développement d’une agriculture résiliente

« Le Royaume du Maroc, sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, réaffirme son engagement à accroître et à accélérer les investissements dans la résilience du système alimentaire et plus particulièrement du secteur agricole », a souligné M. El Bouari qui intervenait lors des travaux du Sommet du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA), organisé du 9 au 11 janvier dans la capitale ougandaise.

En parfait alignement avec les objectifs de développement de l’agriculture durable en Afrique, le Maroc a déployé la stratégie Génération Green 2020-2030, relative au développement agricole et qui capitalise sur les acquis positifs du Plan Maroc vert 2008-2020, a fait savoir le ministre qui conduit une délégation marocaine à cet événement d’envergure.

Plus de 10% du budget d’investissement public national est alloué à l’agriculture, en plus de 16 milliards de dollars d’investissements destinés à la maîtrise de l’eau à l’horizon 2027, a-t-il indiqué.

Dans la même lignée, le ministre a mis en relief la généralisation de la protection sociale à l’ensemble des agriculteurs, notant que cette initiative reflète la centralité du capital humain dans la politique marocaine de développement durable.

Les efforts déployés par le Maroc ont été reconnus à l’échelle continentale lors des revues biennales de suivi du plan d’action de la Déclaration de Malabo, a-t-il rappelé, notant que ces biennales ont placé le Royaume au premier rang en Afrique du Nord et à la deuxième position au niveau continental.

« Nous sommes également guidés par la vision royale qui repose sur la confiance dans la coopération Sud-Sud, une coopération solidaire et durable dont les succès attestent de la pertinence de ce choix dans la contribution à l’atteinte des objectifs du PDDAA », a ajouté le responsable gouvernemental, réaffirmant le ferme engagement du Maroc en faveur de l’atteinte des objectifs du PDDAA 2026-2035, pour une Afrique prospère, résiliente et solidaire.

Par ailleurs, M. El Bouari a tenu à souligner que le sommet de Kampala intervient à un moment où les économies africaines pâtissent encore des conséquences de la succession des crises depuis 2020 qui ont affecté le secteur agro-alimentaire.

Appelant à l’action pour relever les défis actuels et futurs liés à la sécurité alimentaire, le ministre a déploré que l’Afrique importe environ 80 milliards de dollars par an en denrées alimentaires, bien qu’elle dispose de ressources naturelles et humaines importantes, à même de devenir un acteur majeur de la production alimentaire mondiale.

« La résilience de l’Afrique passe également par le développement du commerce intra-africain qui est un levier de l’intégration économique de notre continent », a-t-il poursuivi, notant que la Zone de libre-échange continentale africaine constitue une réelle opportunité dans ce sens.

Les travaux du Sommet du PDDAA se sont ouverts, jeudi, avec la participation d’une importante délégation marocaine conduite par Ahmed El Bouari et composée notamment du secrétaire général du département de l’Agriculture, Redouane Arrach, du directeur de l’Irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole par intérim au sein de ce département, Zakaria El Yacoubi, et de l’ambassadeur du Maroc auprès de la République Unie de Tanzanie et de l’Union des Comores, Zakaria El Goumiri.

Prennent part à ce sommet, organisé par la Commission de l’Union africaine, plus de 2.000 participants, dont des chefs d’État, des responsables gouvernementaux, des représentants du secteur privé et de la société civile, ainsi que des experts et des scientifiques.

Lors de cet événement, organisé sur le thème « Une seule voix, une seule terre », les participants se sont penchés sur l’élaboration et l’adoption du Plan d’action PDDAA (2026-2035) et de la Déclaration de Kampala.

Casablanca rejoint le réseau mondial C40 des villes engagées dans des actions climatiques

La capitale économique du Royaume devient la 14e ville africaine et la première de l’Afrique du Nord à rejoindre le réseau C40 des villes engagées dans des actions climatiques. Casablanca intégrera officiellement le réseau en 2025. L’adhésion a été approuvée lors de la réunion du comité directeur du C40. Celle-ci s’est déroulée à Rio de Janeiro, le mois dernier, annonce la Commune de Casablanca dans un communiqué.

“Rejoindre C40 Cities témoigne de notre volonté de construire une ville verte, smart et inclusive. En tant que première ville du Maghreb à rejoindre ce réseau, nous voulons partager nos actions et apprendre des autres villes pour mieux lutter contre les changements climatiques”, déclare la présidente du conseil communal de Casablanca, Nabila Rmili, citée dans le communiqué.

Casablanca se joint à 13 autres métropoles africaines, membres du réseau, qui renforcent la voix du continent dans les initiatives globales comme le changement climatique, note la même source.

En chiffres, le C40 cities c’est plus de 700 millions d’habitants et un quart de l’économie mondiale. Les 100 plus grandes villes du monde y sont regroupées. Elles prennent des mesures audacieuses pour faire face aux défis climatiques et soutiennent leurs efforts pour devenir des leaders en matière de durabilité

Kenza Sabouni revient sur l’optimisme des CFO marocains : 93% confiants pour 2025 (entretien)

Pour sa troisième édition, la CFO Survey de PwC Maroc, intitulée « Bâtir l’avenir avec optimisme », explore les priorités des directions financières marocaines à l’horizon 2025. Malgré un contexte économique mondial marqué par des crises et des incertitudes, les directeurs financiers interrogés affichent une confiance notable.

Réalisée auprès de 111 dirigeants issus de 13 secteurs variés, l’étude met en avant des axes stratégiques majeurs, tels que la digitalisation, le pilotage de la performance et l’intégration des critères ESG. Ces leviers apparaissent comme essentiels pour renforcer la résilience et l’agilité des organisations.

Dans ce cadre, Médias24 s’est entretenu avec Kenza Sabouni, associée chez PwC Maroc, qui partage sa vision des défis à venir. Elle explique comment les directions financières doivent anticiper les risques, répondre aux attentes des parties prenantes et devenir des acteurs centraux de la transformation stratégique des entreprises marocaines. Plus qu’un rôle traditionnel, elles conjuguent désormais innovation technologique et responsabilité environnementale.

Kenza Sabouni : L’optimisme croissant des directeurs financiers marocains, peut être imputé à plusieurs éléments à savoir les réformes économiques et les initiatives gouvernementales qui instaurent actuellement un environnement propice, bénéfique et surtout dynamique pour les entreprises, générant des opportunités sans précédent.

Ces réformes visent à encourager et soutenir les investissements nationaux et internationaux, incluant la simplification des procédures administratives, la modernisation du cadre juridique et la promotion de la transparence. De ce fait, des projets économiques d’envergure voient le jour. Ils visent à promouvoir les énergies renouvelables, le développement des infrastructures, des technologies de l’information et des investissements dans les secteurs de la santé et de l’éducation, afin d’améliorer les conditions de vie des citoyens (ennes).

Principalement des leviers opérationnels qui leur permettront de gagner en agilité et en flexibilité, et qui leur permettront surtout de dégager la ressource la plus précieuse aujourd’hui, à savoir le temps : le temps de se concentrer sur les tâches importantes, le temps de prendre du recul, le temps de mener les réflexions nécessaires à leur repositionnement dans un environnement économique incertain… La digitalisation des processus est essentielle dans ce cadre pour automatiser les tâches, renforcer l’efficacité opérationnelle et garantir une meilleure agilité.

Par exemple, une entreprise ayant digitalisé ses processus de gestion des stocks peut rapidement ajuster ses commandes en fonction des fluctuations de la demande, évitant ainsi les surstocks ou les ruptures de stock. Cette agilité permet non seulement de réduire les coûts, mais aussi de répondre plus efficacement aux besoins des clients. De plus, le soutien à la prise de décision basée sur des analyses de données fiables et en temps réel est crucial pour agir de manière proactive.

60% des directions financières marocaines envisagent d’investir dans la technologie d’ici 2025 pour optimiser leurs processus et renforcer leur agilité

En plus des moyens de financement classiques disponibles, les entreprises marocaines devront optimiser leur portefeuille de projets. Cela implique de ne conserver que les projets offrant une rentabilité significative ou ceux dont les objectifs sont alignés avec la stratégie à long terme de l’entreprise. Ces approches et projets permettent aux entreprises marocaines de rester compétitives et de s’adapter aux évolutions rapides du marché tout en optimisant leurs ressources et en maîtrisant leurs coûts.

Les obstacles inhérents à un déficit de compétences spécialisées, à des coûts et investissements substantiels de mise en œuvre, ainsi qu’à des préoccupations légitimes et avérées concernant la sécurité des données, demeurent significatifs.

Néanmoins, les entreprises et les directions financières ne peuvent se permettre de renoncer à l’intelligence artificielle, compte tenu des opportunités et des attentes considérables qu’elle suscite. Plusieurs stratégies peuvent être envisagées aujourd’hui par les entreprises et par les directions financières en particulier :

Des investissements dans la formation continue qui peuvent prendre la forme de programmes de formation internes ou encore des collaborations avec des institutions académiques ayant pour objectifs de promouvoir des formations spécialisées et des mises en pratique, des collaborations avec des startups spécialisées en IA pour développer des solutions sur mesure, l’adoption de solutions IA accessibles et modulaires pour réduire les investissements initiaux et faciliter l’intégration progressive des technologies. Et enfin, le lancement de projets IA à petite échelle comme projet pilote avant de le déployer sur une population plus importante.

Il est crucial de souligner que la compétence des collaborateurs et collaboratrices et leur sensibilisation aux comportements qui augmentent le risque de cybercriminalité constituent effectivement la première ligne de défense. Les directeurs financiers sont bien conscients de l’importance de ce levier.

Les entreprises et les directions financières ne peuvent se permettre de renoncer à l’intelligence artificielle, compte tenu des opportunités et des attentes considérables qu’elle suscite

Cependant, il existe également d’autres actions complémentaires qui peuvent être mises en œuvre pour renforcer la sécurité comme la réorganisation de la direction financière autour de processus automatisés et digitalisés pour réduire les erreurs humaines et augmenter l’efficacité. Par exemple, l’utilisation de logiciels de gestion financière automatisés peut aider à détecter les anomalies et les transactions suspectes en temps réel ou encore l’intégration de l’utilisation des robots-conseils pour automatiser certaines décisions financières et réduire les risques d’erreurs humaines. Ces outils peuvent analyser de grandes quantités de données et fournir des recommandations basées sur des algorithmes sophistiqués.

La Direction financière peut envisager le processus de gestion des comptes fournisseurs en utilisant des solutions de reconnaissance optique de caractères (OCR) pour numériser et traiter les factures ou encore une banque peut déployer un système de Machine Learning pour surveiller les transactions en temps réel et détecter les activités suspectes, telles que des retraits inhabituels ou des transferts de fonds vers des comptes non vérifiés.

L’inflation est perçue par les directeurs financiers comme le principal risque auquel ils doivent se préparer et duquel ils doivent se protéger. En effet, malgré la baisse des niveaux de l’inflation en 2024, la crainte de voir ce risque survenir est toujours présente dans l’esprit des directeurs financiers. Qu’elles soient transitoires ou permanentes, les entreprises, par l’intermédiaire de leurs directeurs financiers, doivent ajuster continuellement leurs priorités stratégiques.

De nos jours, il est plus complexe d’envisager une stratégie à long terme qu’auparavant. Une vision ou une orientation générale peut être définie, mais une stratégie rigide et immuable est difficilement applicable. Les entreprises doivent avant tout se concentrer sur la maîtrise des coûts, la gestion de la trésorerie, qui constitue le nerf de la guerre, les optimisations internes, ainsi que sur la mise en place de procédés de production et d’approvisionnement innovants et inédits. Il est donc essentiel de rompre avec les méthodes classiques pour s’adapter aux nouvelles réalités économiques.

Se recentrer sur la création de valeur par des procédés internes, penser en dehors des limites et trouver des solutions pratiques et innovantes est crucial. Cela inclut l’adoption de technologies avancées, l’amélioration continue des processus et l’exploration de nouvelles opportunités de marché. En adoptant une approche proactive et flexible, les entreprises peuvent non seulement surmonter les défis posés par l’inflation, mais aussi renforcer leur résilience et leur compétitivité à long terme.

Une gestion efficace de la trésorerie permet aux entreprises de maintenir leur stabilité financière et de se prémunir contre les impacts négatifs de la hausse des prix. En optimisant les flux de trésorerie, en réduisant les coûts, en améliorant la gestion des créances, en investissant prudemment, en utilisant des technologies financières et en maintenant une réserve de liquidités, les entreprises peuvent renforcer leur résilience et naviguer avec succès dans un environnement économique incertain.

Pour instaurer et surtout diffuser une véritable culture “Cash”, les directions financières doivent sensibiliser toutes leurs équipes à l’importance de la gestion des liquidités : en formant les équipes, en partageant des exemples concrets et pratiques pour démystifier les notions financières, en intégrant des indicateurs de performance liés au cash dans les revues de performance individuelles et collectives de l’entreprise, et surtout encourageant des comportements favorisant la génération de liquidités

66% des directions financières intègrent des éléments RSE dans les revues de performance

Les entreprises marocaines utilisent aujourd’hui divers indicateurs externes et internes pour évaluer leur impact sur l’environnement ainsi que sur leurs propres structures. Ces indicateurs incluent, entre autres, les émissions de CO2, le taux d’utilisation des énergies renouvelables, le pourcentage de déchets recyclés, et le taux d’utilisation des fournisseurs locaux par rapport aux fournisseurs internationaux, ainsi que des PME par rapport aux grandes entreprises.

En intégrant ces indicateurs dans leurs stratégies, les entreprises marocaines peuvent non seulement améliorer leur performance globale, mais aussi renforcer leur engagement envers la durabilité et la responsabilité sociale. Une approche holistique et bien mesurée permet de maximiser les bénéfices des initiatives RSE tout en contribuant positivement à la société et à l’environnement.

Avec une planification financière rigoureuse, des actions ayant pour principal objectif l’optimisation des coûts, la diversification des sources de financement, le suivi des performances, la gestion des risques et l’innovation technologique, les directions financières marocaines parviennent à équilibrer les objectifs de rentabilité avec les investissements nécessaires pour une transition énergétique durable. Ces stratégies permettent non seulement de soutenir la croissance économique, mais aussi de contribuer à la protection de l’environnement et à la durabilité à long terme.

Effectivement, nous observons ces derniers temps beaucoup d’évolutions dans le sens du repli sur soi et de la relocalisation des entreprises. Cela tend vers un monde plus local. Cependant, il est important de noter que la technologie s’impose à grande vitesse, transformant les modes de production et de consommation. Parallèlement, les critères ESG (Environnement, Social et Gouvernance) deviennent de plus en plus une exigence des consommateurs, qui cherchent à soutenir des entreprises responsables et durables. Cette dynamique crée un équilibre entre la localisation des activités et l’adoption de pratiques durables et technologiques, façonnant ainsi le monde de demain.

Après la fusion, Smurfit Westrock affiche ses ambitions au Maroc

Officialisée le 5 juillet 2024, la fusion de Smurfit Kappa et WestRock ambitionne de créer un « acteur de premier plan mondial dans le domaine de l’emballage durable, réunissant une expérience et une expertise considérables des deux sociétés ».

Une opération stratégique qui permet à la nouvelle entité, « non seulement, d’élargir son offre de solutions d’emballage, mais également de renforcer son engagement en matière de durabilité ».

« Smurfit Kappa a apporté une exécution opérationnelle et des innovations de premier plan en tant que leader européen dans le carton ondulé et le containerboard (carton-caisse), avec une présence importante des panaméricains. WestRock, de son côté, a apporté un leadership dans l’emballage ondulé et de consommation, ainsi qu’une forte présence aux États-Unis, au Canada, au Brésil, au Mexique et en Asie », nous explique Mounir Naciri, PDG de Smurfit Westrock Maroc.

Dans cet entretien, le PDG de la filiale marocaine décrit comment l’intégration des deux entités va transformer le paysage de l’emballage durable, tout en répondant aux défis spécifiques du marché marocain.

Médias24 : La fusion de Smurfit Kappa et WestRock est désormais actée. Comment prévoyez-vous de maximiser les synergies en termes de coûts, de revenus et d’expansion géographique ? Et, surtout, qu’est-ce que cela va changer pour la filiale marocaine ?

Mounir Naciri : Avec l’achèvement de la fusion entre Smurfit Kappa et WestRock, désormais opérant sous le nom de Smurfit Westrock et listé aux Bourses de Londres et de New York, nous entrons dans une nouvelle ère pour l’industrie mondiale de l’emballage durable.

Cette combinaison stratégique positionne Smurfit Westrock comme un leader incontesté du secteur au niveau mondial. Avec plus de 500 sites de transformation d’emballage et 63 usines répartis dans 40 pays sur 6 continents, soutenus par une équipe de plus de 100.000 collaborateurs et générant un chiffre d’affaires combiné de 32 milliards d’euros.

Cependant, il est vrai que l’intégration des deux entités représente un défi opérationnel majeur. Smurfit Westrock doit aligner les opérations et les systèmes tout en conciliant des cultures d’entreprise distinctes. Cela exige une planification minutieuse et un leadership fort.

Ceci dit, la fusion offre une opportunité unique de s’étendre davantage sur de nouveaux marchés. Ici, au Maroc, elle offre un accès direct aux innovations mondiales tout en nous permettant de répondre aux besoins et attentes spécifiques de nos clients locaux. Pour Smurfit Westrock Maroc, il s’agit d’une véritable opportunité de croissance accélérée.

– Quelles sont les nouvelles opportunités de marché qui découlent de la fusion ?

– En unissant nos forces, Smurfit Westrock bénéficie d’une expansion géographique considérable, nous permettant d’atteindre de nouveaux clients et de répondre à la demande mondiale croissante d’emballages durables.

Cette fusion est également un catalyseur d’innovation. La nouvelle entreprise dispose désormais des capacités de recherche et développement les plus sophistiquées et étendues de l’industrie. En combinant les ressources et expertises des deux entités, nous accélérons le développement de solutions d’emballage encore plus respectueuses de l’environnement, adaptées aux besoins variés de nos clients dans des secteurs tels que l’alimentation, la santé et le e-commerce.

Nous n’envisageons pas de fermetures d’usines ; au contraire, il s’agit d’une opportunité de développementDe plus, les synergies opérationnelles résultant de cette fusion offrent des avantages indéniables. En rationalisant nos processus, nous optimisons nos ressources. Cela confère à Smurfit Westrock un avantage concurrentiel non seulement financier, mais également en termes d’efficacité et de réactivité face aux évolutions du marché.

– Envisagez-vous un redéploiement géographique et/ou de capacités de production de vos usines dans le cadre de la fusion ?

– La priorité immédiate est de réussir l’intégration des activités de Smurfit Kappa et de Westrock. Nous n’envisageons pas de fermetures d’usines ; au contraire, il s’agit d’une opportunité de développement.

Smurfit Westrock continue d’examiner le marché pour des opérations inorganiques qui pourraient renforcer ses activités ainsi que sa position dans les régions émergentes, en particulier sur des marchés clés comme l’Afrique et l’Asie.

– Justement, quels sont vos projets sur les marchés marocain et africain ?

– Nous avons de grandes ambitions pour renforcer notre présence au Maroc et à travers l’Afrique, en capitalisant sur les tendances clés de l’industrie de l’emballage.

Avec la montée du e-commerce et la demande croissante pour des solutions d’emballage durables, nous visons à augmenter significativement notre capacité de production.

Nous prévoyons également de nouer des partenariats stratégiques, tant avec des acteurs locaux qu’internationaux, afin de développer des solutions d’emballage innovantes et écologiques, spécifiquement adaptées aux réalités et exigences des marchés marocain et africain.

Il est important de noter que, grâce à notre filiale stratégique Smurfit Westrock Securities Concepts, nous sommes leaders dans les solutions d’identité biométrique, fabriquant des passeports, cartes d’identité, timbres, etc., pour plusieurs pays africains, comme la Tanzanie.

L’usine de Rabat est notre premier projet sur le continent, et également notre premier projet Green Field depuis près de trente ans.

–  Votre premier investissement en Afrique, s’est fait au Maroc …

– Effectivement. Smurfit Westrock a choisi le Maroc pour son premier investissement en Afrique en raison de plusieurs facteurs stratégiques qui démontrent le fort potentiel de ce marché. Tout d’abord, le Maroc bénéficie d’une économie dynamique et en croissance, soutenue par un environnement favorable aux investissements étrangers, notamment grâce au soutien proactif des autorités locales, qui a joué un rôle clé dans notre décision.

Notre usine à Rabat, inaugurée en juillet 2023, représente un investissement de plus de 40 millions d’euros et marque une étape significative dans notre stratégie africaine. Il s’agit de notre premier projet sur le continent, et également de notre premier projet Green Field depuis près de trente ans. Le site de 25.000 m² est conçu pour produire des solutions d’emballage innovantes et durables, avec un accent particulier sur la réduction de l’empreinte carbone. Grâce à l’installation de 1.500 panneaux solaires, l’usine est en mesure de couvrir plus de 55% de nos besoins énergétiques à partir de sources renouvelables.

Le Maroc, avec sa position géographique stratégique et ses infrastructures de haute qualité, est une plateforme idéale non seulement pour desservir le marché local, mais aussi pour se développer dans la région africaine.

De plus, cet investissement a permis de créer environ 400 emplois, directement et indirectement.

– Comment se porte donc votre activité au Maroc ?

– Les opérations de Smurfit Westrock au Maroc connaissent une croissance dynamique et prometteuse avec des installations à Rabat, Tanger, Agadir, Casablanca et Larache.

Notre usine ultramoderne à Rabat, jouant un rôle central dans notre stratégie régionale, est un véritable hub de production.

Nous constatons une demande croissante pour des emballages respectueux de l’environnement, notamment dans le secteur agroalimentaire.

– La nouvelle loi de l’UE sur les emballages en carton destinés à l’agriculture risque de durcir les réglementations. Quels changements anticipez-vous, et comment cela pourrait-il affecter le secteur de l’emballage agricole au Maroc ?

– La récente législation de l’UE sur les emballages (PPWR) introduit des normes plus strictes en matière de durabilité. Ces réglementations exigent des améliorations significatives des pratiques d’emballage pour minimiser l’impact environnemental. Pour les entreprises marocaines, et en particulier le secteur agricole, cela représente un défi considérable, mais aussi une opportunité de se démarquer grâce à l’innovation.

Pour le secteur de l’emballage agricole au Maroc, cela signifie un besoin d’adaptation rapide aux nouvelles normes tout en investissant dans des solutions innovantes. Les entreprises locales devront non seulement se conformer aux exigences européennes, mais aussi anticiper les attentes croissantes en matière de durabilité et d’efficacité. Cette transition pourrait stimuler la modernisation du secteur et ouvrir de nouvelles voies pour l’exportation et la compétitivité sur les marchés internationaux.

Nous croyons fermement que nous pouvons aider les exportateurs marocains à résoudre ces problèmes et les accompagner dans leur transition afin de se conformer aux réglementations de l’UE, étant donné que Smurfit Westrock fait partie du club des 50 meilleurs leaders industriels européens.

– Que propose Smurfit Westrock pour aider les agriculteurs marocains à se conformer à ces nouvelles réglementations ?

– Nous travaillons déjà avec nos clients sur des emballages qui répondent aux nouvelles exigences réglementaires tout en réduisant leur empreinte carbone. Nous avons développé une gamme complète de solutions d’emballage durables conformes aux normes les plus strictes, ce qui permet de répondre aux exigences environnementales et de traçabilité imposée par l’UE.

De plus, Smurfit Westrock met en œuvre des programmes de formation et un soutien technique pour aider les agriculteurs et les exportateurs à comprendre et à adopter ces nouvelles pratiques. Ces initiatives incluent des sessions de sensibilisation aux normes internationales et des conseils pratiques sur la gestion de l’emballage durable, ainsi que l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement pour réduire les coûts tout en respectant les critères réglementaires.

L’objectif est de faciliter une transition réussie vers des pratiques agricoles durables en fournissant à nos partenaires les outils et les connaissances nécessaires pour se conformer aux nouvelles réglementations européennes tout en améliorant leur compétitivité sur les marchés internationaux.

– En raison de la fusion et ses implications, envisagez-vous un changement de stratégie sur le marché marocain ?

– Notre stratégie est claire : être le partenaire de choix des clients en apportant au marché marocain l’expertise et les innovations de Smurfit WestRock. Notre ambition est de contribuer à la transformation de l’industrie au Maroc et en Afrique, en rompant avec les modèles traditionnels. Nous voulons faire de notre investissement au Maroc une référence pour le secteur, et pour inspirer les investisseurs intéressés par la région, et plus largement, l’Afrique.

ADM publie son premier rapport de développement durable

Ce rapport revient notamment sur le bilan de trois programmes : Vert, Azur et Communautaire à fin 2022, ainsi que d’autres actions menées par la Société nationale des Autoroutes du Maroc (ADM).

Dans le cadre de son programme vert, l’action d’ADM a porté sur le reboisement de compensation, l’aménagement paysager des dépendances de l’autoroute et la préservation des ressources naturelles, indique le rapport, précisant que 939.800 arbres ont été plantés, avec une superficie reboisée de 1.955 hectares à fin 2022.

Le reboisement de compensation a concerné l’ensemble des axes autoroutiers construits, avec des superficies qui dépassaient largement les superficies déboisées et qui ont atteint pour le cas du chêne liège 20 fois plus que la superficie déboisée, fait savoir la même source.

Concernant l’aménagement paysager des dépendances autoroutières (aires de service, gares de péage, terre-plein central, talus, échangeurs), un total de 2.89 millions d’arbres et arbustes ont été plantés, incluant différentes espèces végétales adaptées aux régions traversées.

En matière de préservation des ressources naturelles et de la biodiversité, ADM fait état du traitement des eaux usées des aires de service et de leur réutilisation dans l’arrosage des espaces verts, du compactage à sec, une technique de construction d’ouvrages autoroutiers ayant permis l’économie de 4 millions de m³, et du prétraitement des eaux pluviales au niveau de la section courante dans des bassins déshuileurs avant rejet dans le milieu naturel.

Il s’agit également du recyclage des matériaux pour les travaux d’entretien de la chaussée, de la mise en place de processus administratifs numériques et de l’optimisation de la consommation qui ont abouti à une diminution de 2,06 millions « de feuilles A4 de papier » en 2022 par rapport à 2019, soit 81% de réduction.

S’agissant du programme « Azur », qui porte sur le volet énergétique, ADM a mis en place des initiatives telles que l’installation de panneaux photovoltaïques sur quatre sites et le remplacement de l’éclairage traditionnel par des systèmes à LED.

Le rapport précise que 50% des sites sont équipés en éclairage LED pour leur éclairage public et quatre gares de péages d’ADM sont autonomes le jour par le recours à l’énergie solaire (panneaux photovoltaïques).

Concernant la mobilité électrique, ADM a mis en place un réseau interurbain de bornes de recharge pour véhicules électriques, avec un taux de localisation de 90% sur l’axe Tanger-Agadir. La distance moyenne entre chaque borne est de 26 kilomètres.

Par ailleurs, concernant son programme communautaire, ADM a rappelé la mise en œuvre, depuis 2008, en partenariat avec le ministère de l’Education nationale, du préscolaire et des sports, du Programme J/Jeunes espoirs, en soutien aux écoles rurales limitrophes au réseau autoroutier.

Le Maroc signe le Cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable 2023-2027

Élaboré de façon conjointe avec le gouvernement marocain, le CCDD 2023-2027 s’articule autour de quatre axes stratégiques qui se déclinent sous la forme de priorités stratégiques :

1- Transformation économique inclusive et durabilité : 

– Promouvoir une meilleure intégration des secteurs productifs au sein des chaînes de valeurs notamment à l’export.

– Contribuer à la dynamisation de l’écosystème entrepreneurial, notamment en appui aux TPE et entreprises sociales et solidaires.

– Appuyer la stratégie écologique et l’émergence d’une économie circulaire et à faible émission de carbone.

– Investir dans l’innovation et le développement de capacités en recherche et développement.

2- Développement du capital humain :

– Appuyer les efforts du gouvernement pour assurer l’accès équitable, pérenne et de qualité à l’éducation, à la santé et à la culture à tous les âges, y compris pour les plus vulnérables.

– Renforcer la vision holistique et intégrée de la santé dans toutes les politiques publiques pertinentes, en tirant les leçons de la pandémie de Covid-19 pour une refonte du système de santé.

– Appuyer le renforcement des performances éducatives, du préscolaire à l’université en passant par les compétences de vie, tout au long du parcours de formation et à tous les âges, pour permettre à chaque individu de réaliser pleinement son potentiel.

– Promouvoir la culture comme catalyseur de développement durable, moyen d’épanouissement et de cohésion sociale.

3- Inclusion et protection sociale :

– Appuyer la généralisation des mécanismes et des services de la protection sociale visant à renforcer la résilience des familles et des populations les plus vulnérables, à assurer la couverture sociale et médicale de base de toute la population, y compris à travers le renforcement de sa gouvernance et la soutenabilité de son financement

– Concrétiser la transformation de la fenêtre démographique ouverte au Maroc en un véritable dividende en favorisant l’inclusion des jeunes, afin qu’ils/elles puissent réaliser pleinement leur potentiel de membres productifs de la société.

– Favoriser l’inclusion sociale et la protection des populations les plus vulnérables à la marginalisation ou laissées-pour-compte.

– Résorber l’écart aux services sociaux de base entre les mondes urbain et rural afin de réduire les inégalités territoriales.

4- Gouvernance, résilience et développement local :

– Harmoniser les cadres juridiques avec la Constitution et les engagements contractés par le Maroc et appuyer leur mise en œuvre, notamment à travers la réforme du système judiciaire, en vue de renforcer l’environnement favorable à l’exercice des droits humains.

– Appuyer les institutions nationales dans la mise en œuvre de leurs stratégies de promotion et de protection des droits humains, ainsi que dans l’élaboration de rapports, de suivi et d’évaluation en la matière.

– Renforcer le processus de réforme de l’administration à travers la bonne gouvernance, la transparence et l’accélération de la digitalisation.

– Appuyer la cohérence, l’efficacité et l’efficience des politiques publiques à l’échelle nationale, ainsi que leur convergence aux niveaux local et régional, notamment à travers la production, l’accès, l’utilisation et l’interopérabilité de données probantes relatives au suivi et à l’atteinte des ODD, en particulier à l’échelle des régions et provinces du Royaume du Maroc.

– Contribuer au renforcement des capacités aux niveaux de l’administration centrale, des services déconcentrés, des collectivités territoriales, du secteur privé, de la société civile et du monde académique, dans le cadre de la subsidiarité et de la démocratie participative prévues par la régionalisation avancée.

– Appuyer les initiatives en vue de favoriser l’émergence d’écosystèmes locaux, facteurs de diversification économique et de résilience, en milieu rural et dans les petites et moyennes villes.

Le nouveau Cadre de coopération signé était « le couronnement d’un processus de dialogue et de préparation transparent et inclusif auquel ont été associées toutes les composantes du système onusien de développement et les différentes parties prenantes marocaines », a déclaré, Nasser Bourita, à cette occasion.

« Ce cadre s’inscrit dans la nouvelle génération des instruments de coopération issue de la réforme du système des Nations unies pour le développement et s’aligne avec les axes et les objectifs du Nouveau modèle de développement voulu par SM le Roi et ses stratégies sectorielles », a-t-il indiqué.

Ce cadre représente une feuille de route commune dont la mise en œuvre et l’évaluation requièrent les mêmes exigences en termes d’inclusivité, de transparence et d’engagement, avec pour priorité stratégique l’investissement dans la coopération Sud-Sud et triangulaire, a poursuivi le ministre.

(Avec MAP)