Réformes, financements, gouvernance : le double plaidoyer marocain au Forum Mo Ibrahim

Comment financer l’Afrique que nous voulons est la question centrale du forum Mo Ibrahim. L’enjeu n’est plus de diagnostiquer, mais d’agir. Dans ce cadre, Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des finances, a livré sa lecture.

« Ces dernières années, le Maroc a augmenté ses recettes fiscales de 30% et alloué des budgets pour soutenir des projets sociaux. Le secteur public est mobilisé. Mais les défis exigent des moyens plus conséquents. Et pour avancer, il faut de l’argent accessible. Pas de financements surfacturés », rappelle la ministre.

« Nous avons besoin d’argent à coût réduit, auto-concessionnel. On n’a pas besoin de financements chers ». Le modèle marocain, dit-elle, repose sur des réformes réalistes, alignées sur les besoins du pays. Des équipes compétentes sont en place. Ce qui manque, c’est l’accès à un financement qui respecte cette dynamique. « Si nous voulons de l’argent, mais que c’est de l’argent donné de façon chère, ça ne nous aide pas ».

Sur la transition énergétique, la ministre explique que le Maroc a fait le choix des renouvelables, qui couvrent aujourd’hui 42% de sa production d’électricité. Mais les règles du jeu ont changé en cours de route.

« Il y a quelques années, le gaz n’était pas une énergie propre. Mais à cause de la guerre en Ukraine, par magie, le gaz est redevenu une énergie propre. Et nous, on a perdu du temps ».

Cette volte-face pénalise les pays africains qui disposent de ressources naturelles. « On ne pollue pas la planète. On souffre de la pollution ».

La ministre appelle à une lecture plus cohérente des standards internationaux.

Si on a nos ressources domestiques avec la maturité et la responsabilité, permettez-nous de les utiliser à bon escient.

Migration, talents, entreprises : l’Afrique ne peut plus se contenter de subir

Sur un autre registre, celui de la migration, le constat est tout aussi frontal. Les politiques migratoires européennes sont perçues comme une réponse désordonnée à la précarité interne du continent. Et pendant que les ministères de l’Intérieur gèrent les flux, les ministères des Finances, eux, voient les compétences partir. « Nous avons besoin d’environ 100.000 ingénieurs d’ici 2035. Le Maroc, comme d’autres pays, en manque cruellement ».

Le problème n’est pas ceux qui partent. Il concerne aussi ceux qui restent. Car tout le monde ne peut pas émigrer, et la création d’emplois locaux devient urgente. « Nous avons besoin de solutions économiques et de possibilités d’investissement. […] d’emplois dans le secteur rural. De petits entrepreneurs. D’entités relativement simples ».

« Quand on parle de migration, le terme désigne souvent uniquement ceux qui n’ont pas d’emploi. Mais il faut regarder plus largement. Les multinationales réalisent d’énormes profits en Afrique, pourtant elles restent absentes du récit économique du continent.

« Ce dont nous avons besoin, ce sont des entreprises de taille intermédiaire capables d’investir et de créer des emplois. La finance mixte devrait les accompagner, mais en réalité, ces mécanismes fonctionnent mal ».

« Nos économies ont un besoin urgent d’emplois, notamment en milieu rural. Il faut soutenir les petits entrepreneurs, les structures locales simples mais efficaces. Et pour cela, il est indispensable de mettre en place des solutions concrètes, structurelles, pour financer cette économie réelle qui porte l’emploi ».

Des réformes impossibles sans une infrastructure de décision

Le ministre marocain de l’Inclusion économique, Younes Sekkouri a, quant à lui, soulevé une limite institutionnelle, à savoir « la capacité qu’ont nos gouvernements à établir des réformes ».

« Trouver des emplois… Nous avons un véritable problème lorsqu’il s’agit du mandat. Un mandat de 5 ans, 6 ans en fonction du pays… Nous avons des difficultés à avoir un gouvernement efficient, pas en termes de programme, mais d’un point de vue de réforme profonde au niveau de la société. Écouter la société que nous voulons réformer ».

Face à ce constat, il appelle à poser les fondations d’une gouvernance pérenne, structurée autour d’un socle de décisions stables. « Il est essentiel que nous puissions construire une infrastructure de prise de décision ».

« Je vois à quel point il a été très difficile, pendant pratiquement 4 ans, avec d’autres ministres dans nos gouvernements, de pouvoir établir une certaine confiance. Et cette confiance doit être institutionnalisée à travers une infrastructure de décision qui aidera les gouvernements à aller en profondeur au niveau de réformes ».

L’un des exemples cités par le ministre de l’Emploi est la nécessité de retravailler la relation entre la jeunesse et l’environnement du marché du travail.

« Notre jeunesse, par exemple, refuse de travailler de la même manière que les générations précédentes. Donc, il est important d’avoir un nouveau code du travail ».

Une souveraineté financière encore à construire

Les participants réunis à Marrakech pour le panel d’ouverture du Forum Mo Ibrahim ont livré un diagnostic unanime : le financement du développement africain ne peut plus reposer sur des logiques d’aide, ni sur des structures héritées.

Le capital existe sur le continent, mais il est fragmenté, insuffisamment mobilisé et trop souvent dirigé hors des priorités fondamentales. Plus de 70% des projets structurants de l’agenda 2063 sont financés par des partenaires extérieurs. Cette dépendance prive l’Afrique de toute marge de manœuvre stratégique. Elle révèle aussi un paradoxe : alors même que des marchés de capitaux émergent dans plusieurs pays, la coordination reste absente, et les ressources disponibles sont sous-utilisées.

Le cadre conceptuel de l’avantage comparatif continue d’enfermer les économies africaines dans un rôle d’exportatrices de matières premières, sans transformation locale. Ce schéma limite leur insertion dans les chaînes de valeur mondiales. Aucun pays ne s’est industrialisé en vendant des ressources brutes. L’enjeu est désormais d’investir dans les capacités productives et dans les écosystèmes industriels.

Le potentiel de la ZLECAf est reconnu, mais son déploiement se heurte à des blocages logistiques, réglementaires et politiques. Des produits fabriqués en Afrique doivent parfois transiter par l’Europe ou l’Asie pour atteindre un autre pays africain. Les coûts du commerce intra-africain restent 20% plus élevés que ceux avec des partenaires extérieurs. Dans ces conditions, l’intégration continentale reste largement théorique.

Enfin, la mise en œuvre des stratégies est revenue comme un point de blocage central. L’Afrique ne manque ni d’agendas, ni de plans, ni même de consensus. Mais tant que les leviers de décision resteront entre les mains d’acteurs extérieurs, ou dispersés entre silos, les ambitions resteront théoriques. La prochaine décennie devra trancher : ou bien les moyens rejoignent enfin les priorités, ou bien le continent manquera à nouveau le rendez-vous avec sa propre transformation.

Où en est le Nouveau Monde ?

Jamais le qualificatif VUCA pour qualifier un environnement « volatil, incertain, complexe et ambigu » n’a été d’une telle intensité, et ce, en faisant abstraction du conflit au Proche-Orient. Cependant, il y a une certitude qui structure le nouvel ordre mondial, celle du conflit stratégique entre la Chine et les Etats-Unis pour s’imposer comme :

1- la puissance géostratégique et militaire dominante ;

2- le leader de la révolution informatique, c’est-à-dire la mutation scientifique, technologique, énergétique, industrielle et logistique qui fait fonctionner la planète ; le numérique désigne les applications de l’informatique dans ses interactions avec les consommateurs.

Et pourtant la Chine a été absente du dernier débat présidentiel américain en septembre, alors que c’est la question centrale de la politique étrangère. Le fait de l’avoir ignorée est une preuve de la gravité de la menace qui constitue un point commun, un trait d’union des programmes des deux candidats.

La dynamique de rivalité entre une puissance dominante et une autre émergente est une vieille histoire qui remonte au conflit entre Athènes et Sparte et, plus proche de nous, l’Allemagne devenue au début du XXe siècle une puissance économique et militaire au cœur de l’Europe menaçant le Royaume-Uni, première puissance mondiale au XIX siècle.

Un peu d’histoire avec beaucoup de raccourcis, une façon de rappeler à quoi sert la connaissance du passé pour essayer de comprendre le présent.

L’idée dominante pour expliquer le retard du réveil de la Chine est son isolationnisme et le fait d’avoir manqué la révolution industrielle. L’écriture idéographique est peut-être le mythe le plus tenace qui entoure la civilisation chinoise, une écriture différente des systèmes alphabétiques et qui cristallise une certaine représentation de l’identité chinoise et de la manière de penser des Chinois. Après avoir endossé la responsabilité d’être un obstacle à la modernité scientifique de la Chine, l’écriture chinoise est aujourd’hui au cœur d’un nationalisme culturel conforté par la montée en puissance économique de la Chine. 180 pays proposent des programmes d’enseignement du mandarin, et le nombre de personnes dans le monde qui l’apprennent est estimé à 100 millions.

Cependant, il y a lieu de signaler une parenthèse de l’histoire, celle de la construction d’une grande flotte maritime au début du XVe siècle pour faire de la Chine une grande puissance maritime, mais le successeur de l’empereur visionnaire (Zhu Di) n’a pas compris les enjeux stratégiques de la maîtrise des mers. La flotte a été détruite jugeant son coût excessif, une décision renforcée par un environnement isolationniste, celui du Japon et de la Corée. Cette page de l’histoire qui remonte à six siècles reste une référence pour Xi Jinping.

L’ironie de l’histoire est que, au même moment, l’Occident a commencé son ascension. Bien plus, l’Angleterre, foyer de la révolution industrielle, a tenté de conquérir le vaste marché chinois, une tentative qui peut être illustrée par l’épisode de la guerre de l’opium. Il s’agit du juteux trafic de l’opium effectué par les marchands anglais, alors qu’en Angleterre l’opium est strictement interdit. La destruction des stocks d’opium a suscité une guerre dont le dénouement était évident, tant les côtes chinoises étaient nues sans navires de guerre ni ports fortifiés, ce qui a permis l’occupation de plusieurs villes. Une humiliation qui ne sera jamais oubliée, elle sera renforcée par celle de tous les Occidentaux, du Japon et de la Russie tout au long du XIXe et du XXe siècle

La suite est marquée par une impasse historique caractérisée par des soubresauts internes et des velléités de puissances étrangères. La Chine se trouvait alors dans un état de sous-développement avancé, qui lui valait le qualificatif de « l’homme malade de l’Asie ». C’était aux alentours de l’année 1900.

Il n’est pas possible, dans le cadre d’un article, de décrire la longue marche de la Chine, ponctuée par des hauts et des bas, vers une économie ouverte. L’essentiel est de noter que l’empire du Milieu est en train de prendre sa revanche et qu’il est possible de corriger, en quelques décennies, les dégâts causés par un ou deux millénaires.

L’adhésion de la Chine à l’OMC en 2001 a accéléré la mondialisation et a permis sa montée en puissance : en 1990, l’économie chinoise n’était pas classée dans le Top 10 des pays avancés. En 2010, elle s’est positionnée comme deuxième au monde après les Etats-Unis.

Aujourd’hui l’irruption de la Chine dans notre quotidien est une réalité, une Chine qui a recouvré sa fierté et compte bien prendre sa revanche en se projetant comme première puissance dans un monde globalisé. Le duel entre les deux puissances est marqué par des trajectoires et des systèmes de pensées totalement opposés :

1- Le long et tumultueux chemin de la Chine tranche avec l’ascension fulgurante des Etats-Unis ! Près de deux siècles et demi relèvent du court terme en matière de développement économique et social.

2- Si les principes de la culture chinoise sont basés sur la patience et la persévérance, faisant de toute négociation un long chemin qui privilégie le compromis, la culture nord-américaine est marquée par l’agressivité et l’esprit de domination, soit un système de compétition où le recours à la force n’est jamais exclu pour obtenir des résultats rapidement. La Chine incarne une civilisation millénaire et le long terme, les Etats Unis, la fulgurance et l’audace.

L’universalisme occidental n’étant plus admis, il ne reste plus qu’à espérer une gestion souple et pragmatique de la relation sino-américaine. Avant, les querelles entre puissances se réglaient sur le champ de bataille, de nos jours les guerres économiques sont qualifiées de froides. L’équilibre sino-américain ne se résume pas à une équation bilatérale comparable à la confrontation soviéto-américaine, d’autres pays jouent sur cet équilibre : est-il pertinent de garder le concept de guerre froide ?

En définitive, deux grandes nations s’affrontent, et leurs comportements seront déterminants pour l’avenir de ce Nouveau Monde !

Le paradoxe du Nouveau Monde appelé à évoluer  

La seconde caractéristique du Nouveau Monde est paradoxale :  il devient multipolaire et des dynamiques géopolitiques sont à l’œuvre, mais cela ne signifie pas qu’il y a déglobalisation et que la fragmentation géopolitique est synonyme de repli.

En effet, même si la mondialisation se transforme et même si trois blocs se constituent avec une diversification des chaînes de production à une échelle régionale, la croissance des échanges internationaux continue ; en particulier l’économie chinoise reste toujours étroitement imbriquée dans l’économie mondiale et bénéficie d’une demande croissante pour ses véhicules électriques produits à bas coût. Cette imbrication se renforce avec le retour de la Chine à une économie subventionnée et exportatrice pour pallier la faiblesse de son marché intérieur, une stratégie qui lui permet de bénéficier d’une demande croissante en particulier pour ses véhicules électriques, mais aussi ses panneaux solaires et ses batteries ; autant de produits cruciaux pour la transition énergétique.

La riposte américaine a été rapide, la décision de porter les droits de douane sur les véhicules électriques de 25% à 100%, annoncée au mois de mai, est effective depuis le 27 septembre 2024. Il est question de la compléter par l’interdiction de la circulation aux Etats-Unis des véhicules qui fonctionnent avec des logiciels et des équipements électroniques chinois.

D’autres pays comme l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Turquie, le Brésil et le Mexique réagissent aussi et utilisent des barrières tarifaires et des politiques d’incitation à la production locale pour freiner les importations chinoises.

L’Union européenne n’est pas en reste. Elle applique depuis le mois de juillet une hausse des droits de douane, mène des enquêtes sur les subventions chinoises et vient d’imposer des droits compensateurs qui vont jusqu’à 45%, une procédure antidumping valable pour cinq ans, une durée supposée être le temps de rattrapage de l’industrie automobile européenne, sauf que la Chine ne manquera pas de mettre en place une politique de contournement en installant des usines en Europe. En attendant, la Chine n’est pas démunie de contre-mesures. Elle a imposé des tarifs douaniers sur plusieurs importations et des restrictions d’exportations dans l’aérospatiale. Si l’Europe a accru sa dépendance commerciale à l’égard de la Chine, les Etats-Unis l’ont diminuée !

Le retour des frontières est plus effectif pour les banques, en particulier les banques européennes qui cherchent à se positionner comme l’instrument financier de la souveraineté européenne. Elles ont réduit la voilure outre-Atlantique et sont à la recherche d’opportunités d’investissement dans les pays voisins.

En définitive, la naïveté des politiques commerciales, après l’adhésion de la Chine à l’OMC, a laissé place à plus de protectionnisme ; mais quelle est la probabilité du succès de l’arrêt de la machine à export chinoise ?

Autant d’éléments qui questionnent la nouvelle géographie des chaînes de valeur et la volonté de raccourcir les chaînes d’approvisionnement. La fragmentation des processus de production, la dispersion des fournisseurs à travers le monde n’ont pas cessé malgré les injonctions de relocaliser. C’est parce que les relocalisations ont un coût, et il s’agit constamment d’arbitrer entre le coût politique de la dépendance et le coût économique de l’autonomie.

La sécurité économique redessine le cadre des échanges internationaux, le protectionnisme s’affirme, le multilatérisme est vacillant. Partout, il y a une demande d’Etat, un Etat à missions. Le défi est de comprendre le fonctionnement néolibéral en cours, les désillusions profondes concernant le fonctionnement des démocraties dans leurs pays de naissance, et aussi dans un grand pays comme l’Inde. L’aboutissement des élections américaines sera un nouvel élément de réponse à la marche du monde

Comme l’a si bien dit une femme, la physicienne Marie-Curie : « Il n’y a rien à craindre, tout est à comprendre ».

Paul Maroc célèbre ses 25 ans au Maroc

Depuis son implantation en 1998, Paul Maroc s’est imposé comme une référence dans le paysage local de la boulangerie-pâtisserie, se félicite l’enseigne dans un communiqué publié pour l’occasion. Aujourd’hui, elle compte 35 points de vente à travers le Royaume et vise à atteindre 70 d’ici 2028.

Cette expansion a été soutenue par une stratégie d’adaptation locale et d’innovation continue, souligne la même source. Paul Maroc a su adapter le modèle français pour répondre aux attentes des consommateurs marocains, se qualifiant ainsi de « la plus marocaine des enseignes françaises ».

L’enseigne a également fait preuve de leadership dans le domaine de la digitalisation. Depuis 2020, elle a lancé un service de livraison via la marketplace Glovo, avant de créer sa propre application en mars 2023, dédiée à la boulangerie et à la restauration. Aujourd’hui, cette application a évolué avec l’introduction de nouvelles fonctionnalités.

Bank Al-Maghrib maintient le taux directeur inchangé à 2,75%

Le Conseil de Bank Al-Maghrib a tenu ce mardi 24 septembre sa troisième réunion trimestrielle de l’année 2024.

Il a ainsi décidé de garder le taux directeur inchangé à 2,75%, « tout en continuant de suivre de près l’évolution de la conjoncture économique et sociale ».

Selon les projections de Bank Al-Maghrib, l’inflation globale devrait décélérer de 6,1% en 2023 à 1,3% cette année, tenant compte des changements annoncés concernant les subventions des prix des produits de base, et sous l’hypothèse d’une variation limitée à moyen terme des prix des produits alimentaires à prix volatils, avant de s’accélérer à 2,5% en 2025.

Par ailleurs, la croissance économique devrait, selon les projections de Bank Al-Maghrib, ralentir à 2,8% cette année, avant de rebondir à 4,4% en 2025.

Cette prévision recouvre une contraction de 6,9% de la valeur ajoutée agricole en 2024, puis une progression de 8,6% en 2025, sous l’hypothèse d’une production céréalière moyenne de 55 millions de quintaux.

Tirée principalement par les industries manufacturières et extractives ainsi que par les activités liées au tourisme, la croissance non agricole devrait continuer à s’améliorer, passant de 3,6% en 2023 à 3,9% en 2024 et en 2025.

 

La croissance au Maroc à 4,6% en 2025, espère le ministère de l’Economie

« Cette hausse notable est principalement attribuable à un rebond substantiel de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’une campagne agricole moyenne. Simultanément, la valeur ajoutée non agricole devrait maintenir un rythme de croissance similaire à celui prévu en 2024 », précise ce rapport publié sur le site du ministère de l’Economie et des Finances.

Les secteurs secondaire et tertiaire devraient consolider leurs performances, avec des taux de croissance respectifs de 2,9% et 4,1% en 2025, ajoute la même source.

Ledit rapport fait savoir que les prévisions pour l’année prochaine reposent sur un ensemble d’hypothèses relatives à l’environnement national et international.

Concernant l’environnement international, il s’agit d’une croissance de la demande étrangère adressée au Maroc de 3,2%, d’un cours moyen de baril de Brent à 80 dollars, de taux de change Euro/Dollar de 1,085, Euro/Dirham de 10,77 et Dollar/Dirham de 9,8 en 2025.

Dans le contexte national, une campagne nationale agricole estimée à 70 millions de quintaux (Mqx) devrait entraîner un rebond dans le secteur agricole, avec une croissance de la valeur projetée à 11%.

Parallèlement, la valeur ajoutée non agricole devrait poursuivre son expansion à un rythme similaire à celui de l’année précédente, avec un taux de croissance de 3,7% en 2025.

D’après le même rapport, les exportations connaîtraient une légère décélération, en raison d’un retour à la moyenne, et devraient croître de 7,1% en 2025, tandis que les importations progresseraient de 6,8%.

Du côté de la demande nationale, la croissance serait principalement tirée par les exportations, qui devraient contribuer de 3 points de pourcentage. Cependant, cette contribution positive sera contrebalancée par la croissance des importations, dont l’effet négatif se chiffrerait à -3,8 points de pourcentage.

Ainsi, la contribution des échanges extérieurs à la croissance du produit intérieur brut (PIB) est estimée à -0,8 point de pourcentage.

Par ailleurs, le rapport révèle que la consommation finale devrait apporter une contribution significative de 3,9 points de pourcentage à la croissance, principalement grâce à l’augmentation des dépenses des ménages, qui devraient contribuer de 2,8 points de pourcentage.

La consommation des administrations publiques devrait, quant à elle, contribuer de 1,1 point de pourcentage et la formation brute de capital fixe (FBCF) de 0,8 point. Ce rapport se compose de trois parties principales, dont la première porte sur l’évolution récente de l’économie nationale dans le contexte international et les perspectives d’évolution des principaux indicateurs macroéconomiques nationaux.

La deuxième partie est consacrée à l’état de l’exécution budgétaire en termes de recettes, de dépenses et d’indicateurs d’endettement au titre de 2023 et à fin juin 2024, ainsi que les projections révisées des finances publiques pour l’année en cours.

La troisième partie, quant à elle, met en relief les orientations budgétaires et les perspectives macroéconomiques sur la période 2025-2027.

Notons que l’incertitude née de la conjoncture internationale et de la multiplication des sécheresses rend plus que jamais par le passé, extrêmement difficile l’exercice de la prévision économique.

Le Bitcoin poussé par la décision de la FED et en attente des élections américaines

Depuis le début de l’année, le Bitcoin a connu une progression de plus de 41% de son cours à plus de 62.000 dollars. Mais cette forte hausse a été portée principalement en début d’année. Depuis, le cours de la monnaie numérique évolue de façon assez erratique.

Plusieurs événements influent sur le cours du Bitcoin. Contacté sur le sujet, Badr Bellaj, expert dans la technologie Blockchain nous explique les récentes mouvements de la monnaie virtuelle et ses potentielles évolutions futures.

Une pression baissière induite par une vente importante du gouvernement allemand

Entre mi-juin et mi-juillet, le cours de la crypto monnaie a connu une forte baisse passant d’environ 69.000 dollars l’unité à 55.000 dollars. Un recul important qui a été poussé par plusieurs facteurs dont un majeur. Il s’agit comme nous le rappelle Badr Bellaj, « d’une opération effectuée par le gouvernement allemand qui a cédé plus de 50.000 bitcoins sur le marché ».

En effet, en janvier 2024, le gouvernement allemand avait saisi l’équivalent de 50.000 bitcoins dans une affaire de site de streaming illégal. Après avoir confisqué les bitcoins de cette plateforme, il a procédé à la vente des cryptomonnaies pour un total de près de 3 milliards de dollars. « Cela a participé à la baisse des cours du Bitcoin pour la simple raison que cela a créé de l’offre supplémentaire sur le marché. Cette liquidité en Bitcoin supplémentaire a fait baisser le cours », explique Badr Bellaj.

Il y a également eu la chute des marchés après le lundi noir à Wall Street le 5 août dernier. En cause la hausse du taux directeur de la banque centrale japonaise ce qui a renforcé le yen face au dollar et les chiffres peu rassurants sur le chômage aux Etats-Unis. « Cela a engendré une baisse des marchés risqués et des craintes quant aux conditions économiques », explique notre interlocuteur.

Mais depuis quelques jours, les marchés, ainsi que le cours du Bitcoin ont profité d’un regain d’optimisme.

Les annonces de la FED et les élections américaines dans le viseur

Le 23 août dernier, le président de la FED, Jerome Powell, a annoncé que le temps était venu pour un ajustement de la politique monétaire américaine. Une annonce qui laisse présager une baisse imminente du taux directeur visant à dynamiser l’emploi et l’économie.

« La première baisse du taux directeur est attendue pour le mois de septembre et tous les marchés en ont tiré profit lors de l’annonce. Le phénomène a été le même concernant le cours du Bitcoin qui a été impacté positivement. Les projections futures semblent bonnes et si la FED tient promesse, cela pourrait propulser le cours à 70.000 dollars », considère Badr Bellaj.

Cependant, l’un des facteurs capitaux qui est surveillé par la communauté des investisseurs en Bitcoin est bel et bien l’élection présidentielle américaine. Dans le cas ou Donald Trump est élu, un saut important pourrait être observé au niveau de la cryptomonnaie.

« Si Trump gagne, il est possible que le cours passe à plus de 80.000 dollars. Les promesses qu’il a faites concernant le Bitcoin sont importante et il n’a jamais caché son côté pro-Bitcoin. Lors de la conférence Bitcoin à Nashville, il a dit que le pays doit utiliser de plus en plus la cryptomonnaie dans son panier d’actif. Il pourrait avoir un impact très fort dans le fait de banaliser la mentalité visant à faire détenir du Bitcoin par un état ou les banques centrales. Si le pays passe le cap, on pourrait voir un effet boule de neige important », conclut notre interlocuteur.

Cela pourrait, in fine, jouer le même rôle que les ETF en bourse et catalyser la demande en Bitcoin de par le monde et faire atteindre à la monnaie virtuelle de nouveaux sommets.

La hausse des cours des métaux précieux devrait se poursuivre sur le reste de l’année

Le cours de l’or frôle ses sommets historiques de 2.450 dollars l’once atteint à la fin du mois de mai. Actuellement le métal jaune traite à 2.441 dollars l’once. Valeur refuge par excellence, son cours est poussé par plusieurs incertitudes autour de l’économie mondiale et les anticipations de baisse du taux directeur de la FED.

Cette situation conforte un cycle haussier du métal précieux qui devrait se poursuivre sur le reste de l’année et profiter aux minières nationales qui l’ont dans leur portefeuille, notamment Managem.

Une baisse du taux d’intérêt de la FED qui interviendrait plus tôt que prévu

Après des chiffres encourageants de l’inflation aux Etats-Unis, le président de la FED Jérôme Powell a laissé entrapercevoir une baisse du taux directeur qui allait se concrétiser plus rapidement que prévue. Cela a fait réagir les marchés et aura de fait un impact sur l’or.

« Le cours de l’or a une corrélation directe avec les politiques monétaires internationales. Les politiques monétaires de resserrement qui ont marqué les 2021-2023, laissent aujourd’hui place à des politiques plus accommodantes », nous explique une source de la place.

Plusieurs pivots ont déjà été observés, dans le sillage du reflux inflationniste qui est observé globalement partout dans le monde. Rappelons que la banque du Canada, la banque de Suisse, la BCE et la Banque d’Angleterre ont déjà amorcé leurs politiques accommodantes.

Désormais, il y a la récente sortie de Jérôme Powell, directeur de la FED américaine qui a fait couler beaucoup d’encre. «Ce dernier a fait part de sa volonté de faire baisser le TD de la FED bien avant ce qui était prévu par les analystes. La fin de l’année était anticipée, et désormais, c’est probablement plus tôt que cela devrait se formaliser », explique notre source.

Le président de la FED a en effet annoncé qu’il n’allait pas attendre que l’inflation baisse en deçà des 2% pour baisser le taux directeur.

« Cela est une bonne nouvelle pour les métaux précieux. La baisse du taux directeur de la FED a un impact direct sur le dollar. Ce dernier devrait baisser en ligne avec la baisse du taux directeur puisque le rendement et la rentabilité de la monnaie américaine deviendra moins attractive. Une baisse du dollar entraine un impact sur les métaux libellés en dollar, notamment l’or. Les métaux précieux deviendront plus attractifs pour les investisseurs ce qui aura une pression haussière sur les cours », poursuit notre interlocuteur.

Mais outre la politique monétaire, ce qui pousse et influe également sur le cours de l’or, ce sont les incertitudes macroéconomiques et géopolitiques.

Des inquiétudes géopolitiques et le spectre d’une guerre commerciale Chine/USA

Naturellement quand les équilibres économiques ou politiques mondiaux sont perturbés, l’or tend à s’apprécier, comme durant l’éclatement de la pandémie de Covid.

« Il y a une ombre géopolitique à prendre en compte. Il y a toujours des inquiétudes géopolitiques au Moyen-Orient et un discours très alarmant de Trump suite à sa tentative d’assassinat. Tout cela joue en faveur de l’or en tant que valeur refuge », souligne notre interlocuteur.

Du fait de ces craintes géopolitiques, il y a naturellement des peurs sur une éventuelle résurgence de l’inflation. Notamment sur un potentiel retour à la guerre commerciale entre les deux grandes puissances mondiales que sont les Etats-Unis et la Chine.

« Cet événement très récent a encore plus renforcé les probabilités d’une victoire de Donald Trump durant les prochaines élections. On connait la vision radicale du personnage concernant la guerre commerciale avec la Chine et cela pourrait amener des tensions géopolitiques de très grandes envergures », explique notre source.

Outre ces risques, la conjoncture économique mondiale impacte également le cours de l’or. La transition énergétique est également un catalyseur à prendre en compte concernant le cours des métaux précieux. « Nous avons cette demande qui sera très importante concernant les métaux précieux et les métaux de base. Aujourd’hui, le cycle est haussier, c’est évident et l’impact sur les minières devrait être positif, mais il faudrait également regarder l’effet change »

En somme, une tendance haussière des métaux précieux devrait se concrétiser dans le sillage des baisses du taux directeur de la FED qui devrait intervenir avant la fin de l’année 2024.

Nouveaux détails sur le projet de marché secondaire des créances en souffrance

Lancé par Bank Al-Maghrib depuis quelques années, le projet de création d’un marché secondaire des créances en souffrance suscite l’attention et l’attente dans le secteur bancaire. Cette initiative vise à répondre aux défis rencontrés par les banques face aux impayés des emprunteurs, en offrant une nouvelle solution pour la gestion des actifs non performants (NPL).

« De nombreux obstacles juridiques de transférabilité entravent la cession des créances en souffrance inscrites aux bilans des banques. Elles sont dès lors contraintes d’allouer des ressources importantes dans le recouvrement ; une activité qui nécessite une expertise pointue éloignée de leur cœur de métier, qui est d’accorder des crédits », nous explique l’avocat fiscaliste Julien Nouchi.

Pour lui, cette réforme permettra d’ouvrir le marché à des professionnels du recouvrement ou de la restructuration de dette, libérant ainsi le capital des banques des créances en souffrance.

Obstacles juridiques levés

Le premier pas engagé dans le cadre de cette réforme est de mettre en place un cadre réglementaire autorisant la transférabilité des créances en souffrance. Bank Al Maghrib prépare un projet de loi dans ce sens. Une des principales entraves que vise à lever ce projet de loi est « l’obligation d’obtenir l’accord du débiteur pour la cession de sa créance », affirme Julien Nouchi.

Pour celui qui a contribué à l’élaboration de la loi, « il est crucial de souligner que la nouvelle loi ne changera rien pour le débiteur en termes de droits, ce qui était une condition fondamentale dans la conception de cette réforme ».

Concrètement, il s’agit de donner la possibilité aux banques de vendre avec décote des créances à des investisseurs professionnels. « Les investisseurs pourront privilégier deux voies : soit le recouvrement classique de la créance par des moyens qui leur sont propres, c’est-à-dire la possibilité pour les investisseurs de recouvrer les créances directement auprès des emprunteurs, soit de proposer aux emprunteurs des possibilités de restructurer leurs crédits pour qu’ils soient capables de les rembourser », affirme Julien Nouchi.

« Il s’agit bien sûr d’ouvrir le marché à des professionnels nationaux ou internationaux de la restructuration ou du recouvrement qui peuvent rentabiliser leur investissement tout en libérant les banques de la gestion opérationnelle des créances en souffrance, qui se fait aujourd’hui quasi exclusivement par l’onéreuse voie judiciaire », précise-t-il.

« Ça a un intérêt macroéconomique, parce que ça va dégager les fonds propres des banques qui peuvent accorder de nouveaux crédits après avoir éteint les créances en souffrance dans leurs bilans », estime de son côté un directeur de banque de la place.

En effet, lorsqu’une créance devient en souffrance, c’est-à-dire qu’un prêt devient non performant, la banque ou l’établissement de crédit créancier est obligé d’enregistrer une provision correspondante, immobilisant ainsi des ressources dans son bilan pour couvrir les pertes anticipées, conformément à la réglementation prudentielle en vigueur.

« Alors que la créance et son collatéral ne valent même pas 30%, elles sont pondérées à 100% au niveau des bilan des banques. Les ressources ne peuvent alors plus être utilisées pour soutenir le financement de l’économie », relève notre source.

Une déperdition de valeur pour la banque, qui pourra être levée avec l’entrée en vigueur de la loi, ce qui insufflera un souffle nouveau aux banques, leur permettant de soutenir davantage l’économie.

« Avec un système judiciaire lent, les banques rencontrent des difficultés à recouvrer leurs créances. Il s’agit de permettre à des professionnels du recouvrement de faire ça en leur offrant la possibilité de faire de la marge, notamment avec des décotes importantes », poursuit notre source.

Ainsi, cette réforme viendrait en quelque sorte « normaliser » une pratique qui a déjà eu des antécédents chez quelques établissements de crédit ayant déjà eu recours à la structuration d’opérations de recouvrement complexe.

« Des opérateurs étrangers s’occupent déjà de certaines affaires de recouvrement au Maroc. Il s’agit d’instaurer une base légale à ce marché au lieu de faire des pirouettes juridiques. »

Risques financiers

Séduisante sur le papier, cette réforme n’est pas sans risques. Elle peut inonder le marché financier avec des titres sans valeur, ou encore donner un mauvais signal au marché bancaire, relâchant sa gestion prudentielle, comme le souligne un vétéran du marché financier national ayant souhaité garder l’anonymat.

Pour lui, « dès que l’on parle de marché d’investisseurs, il y a un enjeu de mobilisation d’une épargne, de sa protection et de sa rémunération ; que ce soit une épargne nationale dans le cadre d’investisseurs nationaux ou une épargne étrangère. Ce qui signifie aussi qu’il y a une recherche de rentabilité. Les investisseurs étrangers viennent pour un niveau élevé de rendement. Si ces créances offraient ces rendements aussi élevés, pourquoi les banques voudraient-elles s’en débarrasser? On risque de se retrouver à faire rouler une dette dont personne ne veut au sein de notre système financier national. En la faisant passer d’une dette bancaire en souffrance en actif financier négociable et librement cessible, on risque de toucher l’épargne nationale la plus éloignée, surtout avec la porosité entre le marché bancaire, grandement détenteur d’OPCVM, et le marché financier. »

Par ailleurs, souligne notre source, « le taux de recouvrement des prêts non performants (NPL) est très faible au Maroc, il ne dépasse pas les 28% en moyenne de la valeur faciale. C’est un processus qui dure en moyenne cinq ans avant de recouvrer cette proportion. Faire appel à des investisseurs, cela signifie le désistement des banques. Or, celles-ci sont mieux qualifiées pour faire face au risque, puisqu’elles connaissent mieux leurs clients. Le taux de recouvrement moyen pourrait encore baisser, ce qui découragera les investisseurs, notamment étrangers, à venir s’installer, et laissera cette dette infecter l’épargne nationale. Cela sans parler du fait que la mise en place de ce marché envoie un mauvais signal, puisqu’il encourage le mauvais crédit. »

Une loi pas avant 2025

Au-delà de ces risques, plusieurs questions sont encore en suspens ; entre autres l’évaluation des collatéraux et l’audit de la valeur réelle des créances concernées. D’autant plus que, comme l’affirme Julien Nouchi, concernant les collatéraux, « ceux-ci vont être transférés aux investisseurs. Toutefois, cette condition doit se faire sans que cela ne change quoi que ce soit pour les emprunteurs, à part le détenteur de la créance. La valorisation, elle, se fera entre la banque et l’investisseur de gré à gré ».

Des marges de liberté laissées pour rendre plus attractif ce marché à créer, mais qui devra aussi s’accompagner de règles de gouvernance strictes.

Encore en discussion, la loi, qui est en préparation depuis 2021, devra encore faire l’objet de précisions bien qu’elle soit entrée dans « les dernières phases du processus techniques d’élaboration de la loi, que ce soit au niveau de la banque centrale ou bien des départements concernés. Elle devra par la suite intégrer le circuit législatif, c’est-à-dire passer en Conseil de gouvernement puis au Parlement. Mais il ne faut pas s’attendre à atteindre cette phase avant la fin de l’année », conclut notre source.

En novembre, le cash progresse de 40 MMDH en 12 mois

Le cash en circulation progresse au mois de novembre 2023. C’est ce que montrent les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib. La circulation fiduciaire s’affiche à 388,5 MMDH, en hausse de 1% par rapport au mois précédent, soit 3,6 MMDH en valeur.

Sur 12 mois glissants, le cash en circulation progresse de 40,7 MMDH, soit 11,7%.

Les dépôts bancaires progressent de près de 8 MMDH d’un mois sur l’autre

Parallèlement, les dépôts bancaires à caractère monétaire se sont bonifiés en novembre 2023. Ils s’élèvent à 1.141 MMDH. Par rapport à la même période l’an dernier, les dépôts ont progressé de 3,9% ou 42,8 MMDH.

Dans le détail, les dépôts à vue auprès des banques ont progressé de 1% par rapport à octobre 2023 et s’affichent à 788,1 MMDH. Sur 12 mois glissants, ils enregistrent une bonne progression de 8,3%.

Les dépôts à terme ont très légèrement progressé de 0,1% à 115,7 MMDH. Par rapport à la même période en 2022, les dépôts à terme affichent une baisse de 9,9%, soit près de 12,8 MMDH.

La loi de finances 2024 publiée au Bulletin officiel

La loi de finances n°55-23 au titre de l’année 2024 a été approuvée le 7 décembre dernier en séance plénière par la Chambre des représentants par 87 voix pour et 31 voix contre.

Verbatim. Ce qu’il faut retenir des messages de Jouahri au dernier conseil de BAM

Sans grande surprise, suite au dernier Conseil de BAM de l’année tenu ce 19 décembre, le Wali et le conseil de BAM ont opté pour un maintien du taux directeur à 3%.

Abdellatif Jouahri a livré sa présentation et s’est prêté au jeu des questions-réponses, comme il en a l’habitude. Le Wali s’est également épanché sur le plan stratégique 2024-2028 de la Banque centrale qui a été adopté ce 19 décembre par le conseil. Il est également revenu sur le financement des grands chantiers d’envergure du pays. Voici les faits saillants à retenir suite au dernier conseil de l’année. Verbatim.

Un taux jugé adéquat

« Nous avons tout pris en compte. La décision de 3% a été prise à l’unanimité. Je serai heureux demain de voir quel est le chiffre d’inflation de novembre, car s’il baisse de façon sensible, cela voudra dire que le plus dur est derrière nous. Mais il y a encore beaucoup d’incertitude et nous actualisons toutes les données pour prendre les décisions. Pour 2024-2025, nous avons pris pour hypothèse, une récolte moyenne de 70 MQx sur les 10 dernières années. Maintenant, nous disons deux choses. Nous révisons déjà cela en mars avec les premiers chiffres qui nous parviennent. Nous corrigeons si nécessaire à ce moment. Nous menons des hypothèses de stress, par exemple avec un baril à 100 dollars et une autre avec une récolte médiocre. Nous l’avons fait et le faisons toujours ».

Une révision des modèles de prévisions à venir

« Nous sommes à notre 6e plan stratégique 2024-2028. Nous avons fait le bilan des 20 années précédentes et avons décidé nos orientations. Nous avons défini nos deux orientations stratégiques, accompagner l’économie pour plus de progrès et de résilience et sur le plan des changements de paradigme, que la banque soit plus innovante. Ces deux orientations, nous les déclinons en projets. Les projets qui nous interpellent, dans les 5 années à venir, c’est le passage à la deuxième étape du régime de change et le ciblage de l’inflation. Cela nous amène à regarder de plus près nos modèles de prévisions. Les modèles de prévisions que nous avons, intègrent un régime de change fixe et non un régime de change où l’on abandonne le panier pour passer à un ancrage qui est la politique monétaire. Tout cela doit se faire avec des modèles qui s’enrichissent davantage. Nous allons procéder à la révision de nos modèles de prévisions aussi bien à court et moyen terme. Pour cela, nous devons essayer d’avoir des données les plus fiables possibles.

« Pour ce qui concerne les aides sociales directes programmées à partir de cette fin d’année, nous avons convenu avec le ministère des finances que les gens devront passer par un compte bancaire ou chez un établissement de paiement. Nous n’allons pas distribuer encore du cash. La meilleure manière d’agir sur le cash est de fait passer des aides publiques par le canal bancaire ou des établissements de paiement. C’est aussi cela qui est mené dans le cadre de ce plan stratégique.

Des investissements lourds mais sur le long terme

« Concernant le pacte de l’investissement, l’AMO etc… il faut regarder de quoi on parle. La flotte de la RAM, les ports, les stations de dessalement… Ce sont des investissements lourds sur le moyen, sinon le long terme. Quand vous voyez ce qu’il faut prévoir sur le domaine social, sportif… Tout cela prend du temps. Tout cela vous l’avez vu au niveau des programmes signés aux Emirats et qui vont devoir être complétés. Le Maroc se mobilise. Vraisemblablement, d’autres pays seront contactés et au fur et à mesure que les choses se mettent en place, viendront les lois de finances qui indiqueront ce qui revient au niveau de l’international pour les éventuelles sorties, etc… En 2024, nous avons d’ailleurs deux échéances. Une première partie de LPL et sur les sorties à l’international, pour 30 MMDH.

« Concernant tous les investissements nécessaires qui se dressent, nous sommes très sensibles à tout cela. Nous suivons la situation de près. Sa Majesté a pris elle-même à son niveau le bâton de pèlerin, pour qu’il y ait des partenariats. Certains sont de long, moyen et court termes. Ces projets d’envergure nous ont poussés à chercher des financements extérieurs. Le mur existant est le mur des devises. Nous pouvons créer de la monnaie autant que nous voulons, mais cela se répercuterait immédiatement sur les réserves de change… C’est pour cela que ce qui a été enclenché, notamment aux Emirats et dans les pays du Golfe est une bonne chose.

« Les dossiers sont d’envergure et on va chercher des choses très importantes. C’est pour cela qu’il faut garder, à la fois, la confiance que les choses vont s’enclencher et que si on priorise bien les choses, les retombées seront extraordinaires. Le pipe sur le plan économique et politique est stratégique. Naturellement, cela coûte des milliards. Le Maroc ne peut pas supporter ça seul. Mais sur le moyen-long terme avec des appuis comme cela, oui, c’est possible. Il ne faut tomber ni dans la béatitude, ni dans le désespoir.

Encore trop tôt pour parler de pivot monétaire 

« Concernant un éventuel pivot de la politique monétaire, il est encore tôt pour en parler. Quand on a présenté le plan stratégique de BAM, naturellement, nous avons dit au conseil que dans les 5 ans à venir, divers chantiers devront être menés. Comme vous allez abandonner un change fixe, vous allez abandonner un ancrage à un taux de change et passer à une politique monétaire qui doit être plus active et plus réactive. Par conséquent, nous devons d’abord nous préparer avec tous les instruments d’analyse et de projections, les actualiser, introduire ces changements pour mieux fonder les décisions que l’on devra prendre les prochaines fois. Je ne passerai pas à la deuxième phase si je ne suis pas sûr que la majorité des entités est prête à passer ce cap, et elle est en mesure de le faire. Je ne le sens pas encore, mais nous y travaillons ».

La monnaie banque centrale, un projet sur le moyen terme

« La monnaie Banque Centrale (BC) est en cours de développement avec l’appui technique de la banque mondiale et du FMI. Les rapports sont tombés, nous sommes en train de les analyser et il va falloir voir les étapes à venir. Pour les pays avancés, la monnaie BC est destinée davantage au marché financier, chez nous, c’est l’inclusion financière. Elle doit répondre aux problèmes de délais, de traçabilité, de coût et en même temps doit répondre aux critères de risque. Le groupe en charge œuvre sur le sujet, mais ce n’est pas une mince affaire. La BCE elle-même s’est donné deux ans pour au moins faire l’orientation, deux ans pour faire les premiers tests, etc… C’est du moyen terme. Quand je dis inclusion financière, il ne faut pas oublier l’impact sur la stabilité financière du pays et sa politique monétaire… On entre dans un chapitre beaucoup plus compliqué. C’est la même chose pour la BCE et sa politique commune. Plus vous avancez, plus les problèmes deviennent durs ».

20 MMDH d’ici la fin de l’année dans le fonds spécial pour le séisme

« Concernant les fonds reçus dans le cadre de la contribution au séisme, 19 milliards de dirhams sont à ce jour au niveau du fonds et les 20 milliards de dirhams seront là d’ici la fin de l’année, vraisemblablement. Il y a encore des institutions qui n’ont pas participé, mais je pense que d’ici la fin du mois, les 20 milliards vont être là ».

Le poids des réserves en Or est dans la moyenne mondiale en part des réserves de changes

« Nos réserves en Or représentent en valeur, 6% de nos réserves de change. C’est dans la moyenne mondiale. Juste pour que ce soit clair, il n’y a pas de conservatisme. L’or est une valeur refuge, donc qu’en faire ? Le garder. Supposons qu’il y ait des besoins urgents. Depuis 2018, BAM n’est pas intervenu sur le marché des changes interbancaires. Dans l’allocation stratégique, nous calculons les réserves de précautions nécessaires pour répondre à tous moments aux besoins du pays, en réserve de change. Il y a une réserve supplémentaire si jamais ces derniers seraient plus importants. C’est une seconde ligne de défense. Le reste est un portefeuille d’investissement. Cela répond aux trois principes de l’allocation stratégique (sécurité, liquidité, rendement). Dans cet ordre, l’Or est plus compliqué à gérer dans ces principes. Il est peu liquide, volatile… Les banques centrales qui en détiennent en détiennent de façon historique. D’autres en achètent car elles ont tellement de réserves de change que ce n’est pas un problème, notamment la Chine ».

LF 2024 : la CGEM sur sa faim au sujet de la TVA et inquiète face à la montée de l’informel structuré

La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a reçu la presse ce vendredi 15 décembre à son siège de Casablanca, dans le cadre d’une conférence sur la loi de finances 2024 (LF 2024).

Le patronat a partagé certaines inquiétudes vis-à-vis de la LF 2024 et de ses impacts sur le monde des affaires et des entreprises. Il a notamment tiré la sonnette d’alarme sur la matérialisation des réformes, et est revenu sur celle de la TVA. Il a également abordé l’importance croissante de l’économie informelle et le malaise qu’elle traduit.

Une réforme de la TVA jugée pas assez franche

Cette réforme d’envergure, attendue depuis longtemps, est obligatoire puisqu’elle est inscrite dans le calendrier de cinq ans fixé par la loi-cadre n° 69-19 portant réforme de la fiscalité, entrée en vigueur en juillet 2021. Une loi qui consacre le principe de la neutralité fiscale en matière de taxe sur la valeur ajoutée. En somme, la TVA est un impôt sur la consommation qui doit être payé par les consommateurs. L’entreprise, elle, ne fait que collecter cet impôt pour le compte de l’État et ne doit pas en subir le coût.

Une réforme très complexe qui aboutira en 2026 et qui, dans cette LF 2024, laisse le patronat sur sa faim. « Sur la réforme de la TVA, nous considérons que le principe général de neutralité n’a été que légèrement touché dans cette loi de finances, contrairement à la réforme de l’IS l’année précédente. Les réformes sont moins franches que ce qui a été fait sur l’IS« , a déclaré Mehdi Tazi, vice-président de la CGEM, lors de la conférence.

Le chantier de la TVA n’est pas achevé. Tel que recommandé par les dernières Assises de la fiscalité et revendiqué par le patronat, la TVA passera de cinq taux actuellement (0%, 7%, 10%, 14% et 20%) à trois taux (0%, 10% et 20%). La réforme se poursuivra l’an prochain.

L’inquiétude du patronat face à la progression de l’informel structuré

Le patronat s’est également épanché sur la nécessité d’élargir l’assiette fiscale et d’agir pour réduire l’importance du secteur informel dans l’économie. Le président de la CGEM, Chakib Alj, a réagi à la progression du secteur informel dans l’économie. Un constat qui laisse transparaître, selon lui, un malaise quant à la pression fiscale appliquée.

« L’informel va devoir être atténué. Il se développe actuellement, et c’est cela qui nous inquiète. Nous parlons ici d’un informel structuré. La pression fiscale est toujours orientée sur les entreprises performantes : 2% paient 80% de l’impôt. Il y a quelque chose qui ne va pas. Pour financer tous les projets de l’État, il va falloir élargir l’assiette fiscale et intégrer l’informel. Nous n’allons pas les forcer, il faut qu’ils aient un intérêt économique et social à intégrer le formel », a souligné Chakib Alj.

Il précise d’ailleurs que certaines mesures de la LF 2024 auront probablement un effet catalyseur sur certains secteurs déjà largement imprégnés par les activités informelles. « Les droits de douane sur les téléphones sont passés de 2,5% à 30%. Sachant que 40% des téléphones sont vendus dans le secteur informel, il est certain que la pratique se développera. Nous avons passé un amendement et sommes passés à 17,5% au lieu de 30%. Mais nous aurions aimé conserver le taux initial », confie le président de la CGEM.

Le patronat tient à rappeler que le cœur du problème demeure l’informel structuré, à savoir les entreprises organisées qui ont des salariés et une activité non déclarée, leur permettant de se soustraire totalement à l’impôt. « L’informel structuré est le réel problème. Il est dans cette situation pour ne pas payer de taxe, et concurrence des emplois formels et des entreprises qui paient des taxes », abonde Mehdi Tazi.

De là naissent l’injustice et le besoin de mettre de l’ordre dans les pratiques. « À la fin, si ce n’est pas légal, ce n’est pas légal. Il faut arrêter les gens qui ne respectent pas cela, car c’est une énorme injustice. Nous comprenons qu’il y ait besoin d’argent pour financer les projets de développement. C’est plus facile d’aller chercher les ressources chez celui qui a pignon sur rue que chez celui que l’on ne connaît pas », conclut-il.

https://medias24.com/2023/12/01/plf2024-voici-les-amendements-propose-cgem-a-la-chambre-des-conseillers/