Le SIEL de Rachid Boufous

En marge de sa participation à la 17e édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), Rachid Boufous a partagé avec Médias24 ses réflexions sur l’événement et sur la situation du domaine littéraire au Maroc.

Écrivain et architecte urbaniste, Rachid Boufous est reconnu pour ses ouvrages qui explorent l’histoire et le patrimoine culturel du Maroc. Parmi ses publications notables figurent Chroniques du Détroit, une immersion dans le Tanger international du début du XXe siècle, et la série en deux tomes Petites et grandes histoires du Maroc, qui retrace des récits d’hommes, de femmes et de lieux ayant contribué à forger la civilisation marocaine. ​

Un rendez-vous vital pour la culture marocaine

Pour Rachid Boufous, le Salon international de l’édition et du livre reste « un rendez-vous essentiel pour les écrivains », car il leur offre « une précieuse opportunité de rencontrer lectrices et lecteurs ». Il confie à Médias24 y participer « toujours avec plaisir », considérant cet événement comme « un moment fort de la vie littéraire marocaine ».

L’édition 2025 du SIEL s’est ouverte à des pays arabes comme l’Égypte, le Bahreïn et les Émirats arabes unis. Une initiative qu’il qualifie d’ »excellente », car elle permet « au public marocain de découvrir la richesse des productions littéraires venues d’Orient ». L’écrivain encourage vivement à « poursuivre ce type d’échanges culturels ».

Rachid Boufous note avec satisfaction « une affluence croissante, composée aussi bien de jeunes que de moins jeunes ». Ce dynamisme témoigne selon lui de l’intérêt renouvelé du public pour le livre.

Sur le plan organisationnel, il salue les progrès réalisés. « D’année en année, le SIEL gagne en maturité et en professionnalisme », mais pointe toutefois un bémol : « le stationnement« , qu’il juge « anarchique dans une zone urbaine dense. Il plaide pour la création à Rabat d »‘un véritable espace d’exposition permanent, capable d’accueillir des événements artistiques, culturels, commerciaux ou industriels avec des infrastructures adéquates, notamment des parkings suffisants ». Cela permettrait d’éviter, selon lui, « l’organisation ponctuelle de salons coûteux et difficilement accessibles ».

Une industrie du livre fragilisée

Au-delà du salon, l’auteur brosse un tableau critique du secteur de l’édition au Maroc. « Le Royaume ne publie qu’environ 3.000 ouvrages par an, toutes disciplines confondues », rappelle-t-il, un chiffre qu’il estime « très faible ». Il dénonce « l’absence d’une politique ambitieuse de promotion du livre » et s’inquiète d’un marché dominé par « un distributeur quasi monopolistique qui est aussi éditeur, Sochepress » ; ce qu’il considère comme « une anomalie préoccupante ».

Rachid Boufous déplore dans ce sens « l’absence d’un organisme indépendant de régulation et de contrôle de l’édition et des ventes », ce qui conduit à « une opacité qui nuit gravement aux droits des auteurs ». Selon lui, « beaucoup d’écrivains ne sont pas ou très peu rémunérés pour leurs œuvres, malgré les ventes, alors que les subventions du ministère de la Culture sont versées quasi exclusivement aux éditeurs ». Il lance un appel au ministre Mehdi Bensaïd afin « qu’il corrige ces dysfonctionnements avec sérieux », rappelant que « sans les auteurs, il n’y a pas d’édition ».

Une politique culturelle à développer

Concernant les animations du SIEL, Rachid Boufous se réjouit de la richesse des tables rondes et des débats, mais estime qu’ »il serait pertinent de prolonger ces discussions sur les plateaux de télévision, avec des émissions littéraires régulières et multilingues, aujourd’hui largement absentes du paysage audiovisuel marocain ».

Pour lui, « l’amour de la lecture commence à l’école ». Et de souligner : « Un Japonais lit en moyenne 40 livres par an, alors que dans le monde arabe, la moyenne est inférieure à 0,3. Il n’y a pas de miracle : un peuple qui ne lit pas ne crée pas ».

Faire rayonner le salon dans les régions

Enfin, Rachid Boufous appelle à une décentralisation du SIEL. « Le salon gagnerait à devenir itinérant. Le faire tourner dans les douze régions du Royaume permettrait aux auteurs d’aller à la rencontre des lectrices et lecteurs à travers tout le pays ».

Il conclut sur un message fort : « Le SIEL est un espace d’expression libre, où écrivains, penseurs et artistes peuvent échanger publiquement et sans contrainte. Cette liberté est précieuse. Il est essentiel de la préserver et de la faire prospérer ».

En 2023-2024, les publications numériques ne dépassaient pas 9% de la production éditoriale marocaine

Comme chaque année, la tenue du Salon international de l’édition et du livre (SIEL) au Maroc est l’occasion pour la Fondation du Roi Abdul-Aziz Al Saoud pour les études islamiques et les sciences humaines de présenter son rapport annuel. Ce document suit les tendances de l’édition marocaine dans les domaines de la littérature et des sciences humaines et sociales.

En 2023-2024, la production éditoriale marocaine a atteint 3.725 titres, soit une progression de 6,98% par rapport à 2022-2023. Les publications imprimées représentent 91,03% (3.391 titres), contre 8,97% pour les publications numériques (334 titres).

Seules 1,78% des publications imprimées sont en langue amazighe

La répartition linguistique montre une domination de l’arabe (79,43%), suivi du français (16,86%) et de l’anglais (1,83%). Les publications numériques sont majoritairement en français, notamment dans les domaines de l’économie, des sciences sociales et de la gestion.

Par champs disciplinaires, la création littéraire (roman, nouvelle, poésie, théâtre) arrive en tête avec 721 titres (22,46%), suivie des études juridiques (14,39%), historiques (11,77%), islamiques (9,85%) et sociologiques (8,76%). En revanche, les disciplines comme la philosophie, la linguistique, l’éducation ou la psychologie restent peu représentées.

Concernant la langue amazighe, 57 titres ont été publiés, soit 1,78% des publications imprimées. La région de Souss-Massa, notamment Agadir, concentre près de 30% de cette production, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (24,56%).

La création littéraire domine également dans cette langue avec 47 titres (82,45%). On y retrouve des romans, des nouvelles, des recueils de poésie et des pièces de théâtre. Les alphabets utilisés varient : tifinagh (14 titres), latin (14 titres), arabe (1 titre), ainsi que des publications mixtes.

Parmi les traductions en amazighe figurent des œuvres de Gibran Khalil Gibran, John Steinbeck, T.S. Eliot et Miguel de Cervantes.

Moins de traductions, peu d’éditeurs spécialisés

Les traductions représentent 5,82% de la production éditoriale au Maroc, avec 187 titres publiés, en léger recul par rapport à l’année précédente (193 titres, soit 6,46%). La majorité (80,21%) a été traduite vers l’arabe, principalement à partir du français, de l’anglais et de l’espagnol.

L’absence d’éditeurs spécialisés se confirme : de nombreuses traductions sont publiées à compte d’auteur ou par quelques maisons actives comme Afrique Orient, le Centre culturel du livre ou l’IRCAM.

Les œuvres traduites sont majoritairement littéraires (31,55%), suivies par les études historiques, sociales, philosophiques et politiques.

Le Maroc reste le sujet central : plus de 60 titres lui sont consacrés (32,08%), couvrant histoire, mémoires, études anthropologiques ou questions politiques, notamment le Sahara marocain.

Le Prince Moulay Rachid préside l’ouverture de la 30ᵉ édition du SIEL

L’ouverture par le Prince Moulay Rachid de ce salon est une illustration nouvelle de la haute sollicitude dont le Roi ne cesse d’entourer le domaine culturel et de sa ferme volonté d’en promouvoir les différentes manifestations, avec pour principal objectif l’édification d’une société du savoir, ouverte, prospère et civilisée.

Le Prince Moulay Rachid a, à cette occasion, visité plusieurs stands du salon, dont celui de l’Émirat de Charjah, invité d’honneur de cette 30ᵉ édition du SIEL, qui célèbre les liens historiques et culturels qui unissent le Royaume du Maroc à l’État des Émirats arabes unis frère et ambitionne de présenter les nouveaux développements de la scène culturelle émiratie.

Le Prince Moulay Rachid a également visité les stands de la Palestine, du ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, de l’Institut français du Maroc, de la Société chérifienne de distribution et de presse (Sochepress), de Dar Amane et de l’Univers des Schtroumpfs.

Organisé par le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, en partenariat avec la région de Rabat-Salé-Kénitra et la wilaya de la même région, le 30ᵉ Salon international de l’édition et du livre réunit 756 exposants, dont 292 directs et 464 indirects, représentant 51 pays.

Une vaste sélection de plus de 100.000 titres couvrant tous les champs de la connaissance et divers genres littéraires est exposée au Salon qui célèbre les Marocains du monde, qui contribuent au rayonnement de l’identité marocaine plurielle au-delà des frontières.

Avec un programme culturel riche et diversifié, cette édition connaît la participation de nombreux chercheurs, écrivains et créateurs, marocains et étrangers, qui devront animer des conférences, des rencontres littéraires, des soirées poétiques et des présentations d’ouvrages.

Par ailleurs, des moments forts viendront ponctuer cette 30ᵉ édition, avec des hommages à d’éminentes figures de la création marocaine, dont les œuvres ont marqué la culture nationale et contribué à son rayonnement. Le programme inclut également des hommages à des personnalités de la culture arabe, organisés en partenariat avec l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO), ainsi que des remises de prix littéraires, notamment le Prix Ibn Battouta de la littérature de voyage et le Prix national de la lecture.

À l’instar des éditions précédentes, un programme riche et varié destiné aux enfants et aux élèves sera proposé tout au long du Salon.

La 30ᵉ édition du SIEL se veut un événement d’envergure devant contribuer à dynamiser la scène culturelle marocaine et à renforcer le rayonnement de Rabat en tant que destination culturelle, tant sur le plan national qu’international, alors que la ville se prépare à porter le titre de Capitale mondiale du livre en 2026.

(MAP)

Avant Scène organisera la 30ᵉ édition du SIEL pour 45 MDH

Le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication (département de la Culture) vient de trancher concernant le marché de l’organisation de la 30ᵉ édition du SIEL qui se déroulera du 17 au 27 avril à Rabat.

Pour la 4ᵉ fois consécutive, ce marché a été remporté par « La Nouvelle Société Avant Scène » pour un peu plus de 45 MDH. En lice aux côtés d’un autre soumissionnaire, l’offre de cette société a été jugée « économiquement la plus avantageuse » par la commission d’ouverture des plis.

« La Nouvelle Société Avant Scène » a déjà remporté l’organisation des trois précédentes éditions du SIEL : 2024 (43,9 MDH), 2023 (35 MDH) et 2022 (22,9 MDH).

Charjah (Émirats arabes unis) sera l’invitée d’honneur de cette édition.

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La situation de l’édition et du livre au Maroc en chiffres

La scène éditoriale marocaine a connu durant l’année 2022-2023 la publication de 3.482 titres. Les publications en langue arabe dominent largement avec 78,29 % du total. Ceux en français suivent avec 17,72 %. Viennent ensuite celles en anglais à 2,58 %, précédant de peu l’amazigh qui représente 1,51 % des publications.

 

Selon les chiffres du rapport de la Fondation Al Saoud, qui publie annuellement un rapport sur le paysage de l’édition et du livre, les publications imprimées demeurent prédominantes, représentant 92 % de l’ensemble de la production éditoriale.

À l’opposé, les publications numériques, bien que moins nombreuses avec seulement 8 % du total, montrent une ouverture notable vers l’international, majoritairement en langues étrangères avec 67,02 % des publications en français et anglais qui sont issues d’organismes publics et d’entités officielles, ainsi que des institutions publiques actives dans la recherche. Quant à la production numérique en langue arabe, elle constitue environ un tiers de l’ensemble, avec une grande partie de cette production constituée de traductions des publications étrangères.

Les domaines de connaissances les plus présents dans l’ensemble des publications numériques sont l’économie (38,74 %), la politique et la stratégie (23,03 %) et les sujets de société (10,47 %). On observe également l’émergence de la philosophie qui représente 5,24 % du total des publications numériques.

Les chiffres de la création littéraire

La œuvres littéraires marocaines, notamment les romans, les nouvelles, les poésies et les pièces théâtrales, occupent une place non négligeable dans le secteur de l’édition, représentant 22,03 % du total des livres publiés pendant l’année 2022/2023. Cette production est principalement en arabe (74,77 %), tandis que la production littéraire en français est en baisse, représentant seulement 16,72 % du total de la création littéraire. Quant à la langue amazighe, officialisée en 2011, elle trouve difficilement sa place dans le lot, ne représentant que 6,53 % des œuvres publiées.

Les questions de prédilection

Le rapport indique que la production intellectuelle marocaine reste principalement centrée sur les questions nationales, une conclusion similaire à celle des rapports précédents, où plus de 74 % des publications marocaines sont concentrées sur des sujets relatifs au Maroc. « Les événements et développements dans le reste du monde reçoivent peu d’attention », font observer les auteurs du rapport.

Nationalités, genres et activités des éditeurs

Les données sur la nationalité des auteurs, au nombre de 2.556 couverts par le rapport, montrent que le champ de l’édition marocaine est principalement axé sur la publication de textes par des Marocains, représentant 86,23 % des auteurs.

En ce qui concerne la répartition des auteurs en termes de genre, il ressort des chiffres que l’écriture et la publication au Maroc restent dominées par les hommes, avec un pourcentage de 82,22%. Les publications des auteures marocaines durant la période couverte par le rapport sont principalement concentrées dans les domaines littéraires (182 œuvres littéraires), dont la langue d’écriture des auteures marocaines reste principalement l’arabe (64,64%), bien que la production féminine publiée en français (27,5%) dépasse la moyenne générale pour la production en cette langue, qui est de 17,72%.

Pour ce qui est de l’activité des éditeurs marocains, le total des publications au Maroc pendant la période couverte par le rapport a atteint 2.986 publications, avec la contribution de 141 éditeurs professionnels pour 1.329 titres (45%), et 239 éditeurs institutionnels pour 1.029 titres (34%), tandis que les publications à compte d’auteur ont totalisé 628 titres (21%) partagés entre 617 auteurs.

Régionalement, la région de Rabat-Salé-Kénitra arrive en première position avec 919 publications puis Casablanca-Settat avec 631 publications, tandis que la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima arrive troisième avec 367 publications.

Tendances des prix des livres au Maroc

Le prix moyen du livre marocain publié en 2022-2023 a atteint environ 83,70 DH, soit une baisse de 12,95 DH par rapport aux résultats du rapport précédent. En comparaison, le prix moyen d’un livre en Tunisie est de 121,21 DH. En outre, le prix moyen du livre publié au Maroc ne représente que 30% du livre publié en France.

Le ministère de la Culture est considéré comme le principal sponsor de l’édition au Maroc, ayant fourni un soutien financier à environ 66,45% des livres mentionnés dans le rapport cette année.

Les magazines en chiffres

Le nombre de revues imprimées et électroniques recensées cette année (2022-2023) était de 164, publiées dans 496 numéros, soit une moyenne de trois numéros par an pour chaque revue. Ces magazines sont réparties selon les langues comme suit : en arabe (73,19%), en français (26,41%) et en anglais (0,4%).

Concernant les domaines de connaissance couverts par les différentes éditions de magazines inclus dans les statistiques, les magazines juridiques arrivent en tête (35,28 %), suivis par les magazines économiques (14,11 %), les magazines historiques (13,31 %) et les magazines littéraires (8,87 %).

Les chiffres des MRE

Une nouveauté dans le rapport de la Fondation Al Saoud concerne les données relatives aux publications des Marocains résidant à l’étranger dans les domaines de la littérature, des sciences humaines et sociales. Le total de la production intellectuelle des Marocains dans ces domaines a atteint 653 ouvrages, dont 89 % sont des publications imprimées et seulement 11 % sont des publications électroniques.

L’arabe reste la langue de publication principale avec 71,16 %, suivie par le français avec 25,61 % puis les autres langues (anglais, espagnol et néerlandais), représentant seulement 3,22 %.

La production marocaine à l’étranger est dominée par la création littéraire à hauteur de 29,60 %, suivie par la philosophie à 15,64 % et la sociologie à 12,58 %.

Les statistiques montrent que la majorité des auteurs marocains résidant à l’étranger préfèrent publier leurs œuvres en arabe en Jordanie puis aux Émirats arabes unis, et se tournent vers la France pour publier leurs travaux en français.

 

Salon du Livre : Bensaid promet une édition spéciale pour chacune des 12 régions

« Après l’indéniable succès de sa première édition à Rabat en termes d’affluence et de chiffre d’affaires, le Salon international de l’édition et du livre (SIEL) continuera de s’y tenir en juin chaque année, mais nous comptons inaugurer un Salon international de la jeunesse et de l’enfance à Casablanca en novembre 2023 », nous révèle Mehdi Bensaïd. Selon le ministre de la Culture, ce choix est motivé par le fait que les salons pour enfants sont ceux qui marchent le mieux dans le monde.

Casablanca abritera le Salon national du livre au plus tard en 2024

Sur le choix de délocaliser le SIEL de Casablanca à Rabat qui a séduit les habitants de la capitale, mais n’a pas fait que des heureux parmi les Casablancais, le ministre s’est voulu rassurant.

Il a en effet annoncé que son département prépare un programme culturel dédié à la région de Casablanca, qui devrait être annoncé dans les semaines à venir.

En attendant la publication de sa date, il nous révèle qu’un Salon national du livre devrait a priori y être organisé en même temps que l’ouverture de la rentrée littéraire afin d’obtenir l’assentiment d’un maximum d’éditeurs concernés.

Et d’ajouter qu’un Salon international de la jeunesse et de l’enfance verra certainement le jour en novembre prochain.

Tous deux financés par le ministère et la Région, la date encore indéterminée du Salon national prévu cette année ou, au plus tard, en 2024, ne devrait toutefois pas coïncider avec la tenue du Salon international de la jeunesse de Casablanca ou du SIEL à Rabat.

« Un budget de 35 MDH pour Rabat et de 20 à 25 MDH pour Casablanca »

Pour ce qui est du coût de l’organisation de ces événements culturels, Bensaïd avance que le SIEL à Rabat coûtera environ 35 millions de dirhams, et que les deux autres salons prévus à Casablanca nécessiteront un budget compris entre 20 et 25 MDH.

En parallèle, avec la reprise en octobre prochain du Salon maghrébin du livre de la ville d’Oujda intitulé « Lettres du Maghreb », qui est interrompu depuis 2020, notre interlocuteur promet d’organiser, à terme, une édition spécifique dans chacune des douze régions du Maroc.

« La généralisation des salons internationaux, nationaux et régionaux sur le territoire national a pour véritable objectif de valoriser le livre et surtout de démocratiser les habitudes de lecture de nos concitoyens  afin de développer l’industrie du livre », souligne le ministre.

« La baisse du prix des livres est une priorité ministérielle »

« Cela contribuera aussi à multiplier le nombre de librairies littéraires, au nombre de quatre-vingts dans tout le pays, en lieu et place des kiosques actuels qui se contentent de vendre des cigarettes et très peu de livres », explique Bensaïd.

Optimiste, il espère gagner chaque année au moins vingt ouvertures de librairies littéraires car selon lui la nécessaire démocratisation de la lecture signifie aussi plus de livres vendus.

Conscient de l’inaccessibilité des livres – qui coûtent en moyenne 80 dirhams – pour le pouvoir d’achat limité de la plupart des familles qui doivent en acheter trois ou quatre par mois, le ministre indique avoir chargé la Direction du livre de son département de multiplier les rencontres avec les éditeurs pour trouver des solutions moins onéreuses, comme l’instauration d’un prix unique.

L’édition numérique reste modeste au Maroc

A quelques jours du 27e Salon international de l’édition et du livre (SIEL), prévu du 3 au 12 juin à Rabat, la Fondation du roi Abdul-Aziz Al Saoud pour les études islamiques et les sciences humaines a publié son rapport quinquennal (2017-2021) sur l’état de l’édition et du livre au Maroc, dans les domaines de la littérature et des sciences humaines et sociales.

Décrit comme une contribution à une meilleure perception de la réalité du secteur de l’édition au Maroc, ce rapport indique qu’entre 2017 et 2021, 10.454 documents ont été édités dans le pays, soit 2.090 titres par an. Des titres publiés par 752 éditeurs marocains, dont 206 éditeurs professionnels privés et 546 éditeurs institutionnels. 1.917 auteurs ont publié à leur propre compte 2.087 titres. 

Les 5.696 auteurs des ouvrages édités sont en majorité des hommes (82%) marocains (76,39%), français (4,74%), tunisiens (2,83%) et algériens (1,53%). 755 autrices marocaines ont été recensées.

Selon le rapport, le volume de l’édition numérique a augmenté ces dernières années. Sa part dans la production globale a atteint 20% (2.089). Le prix moyen d’un livre marocain dans le même espace-temps était de 72 DH, contre 85 DH en Algérie, 90 DH en Tunisie, et environ 220 DH en France. 

Pour ce qui est des langues, le rapport fait état d’une généralisation de l’usage de l’arabe dans les domaines de la création littéraire et des sciences humaines et sociales (75%). La part des ouvrages en langue française est de 19%, contre 3% pour l’anglais. 

Seulement 1,5% (98 titres) de livres ont été édités en amazighe. Les éditions Tirra (Agadir) en assurent plus de la moitié (80 titres), suivies par les éditions de l’IRCAM (18 titres).

La création littéraire, un segment dominant

Si l’on se base sur les champs disciplinaires traités par les plus de 10.000 documents édités ces cinq dernières années, on constate une dominance du segment « Création littéraire » (roman, nouvelle, poésie…). Il constitue 20% du bilan éditorial marocain, soit 2.133 titres publiés exclusivement au format papier, dont des œuvres de fiction (1.051 titres), de poésie (736 titres) et de théâtre.

Les ouvrages littéraires sont suivis par les productions dédiées aux études juridiques avec 1.374 titres (13,14%), les études islamiques avec 1.124 titres (10,75%), les travaux portant sur les questions sociales (986 titres) et l’histoire (910 titres).

L’apport de l’édition numérique s’est quant à lui traduit par une amélioration de la production dans les champs de la politique (818 titres) et de l’économie (717 titres). Par ailleurs, les auteurs du rapport notent un recul continu de la littérature marocaine d’expression française. Elle ne représente que 19% des œuvres publiées, laissant le champ libre à la langue arabe (72%).

La majorité (66%) des livres publiés portent essentiellement sur le Maroc (6.987 titres). Les aires maghrébine et arabe (Moyen-Orient) ne retiennent l’attention des auteurs et éditeurs marocains que dans une moindre proportion (705 titres). Idem pour l’Afrique (259 titres) et l’Europe (231 titres).

Concernant les textes traduits, ils ne représentent que 8% (827 textes) de l’ensemble des titres publiés au Maroc entre 2017 et 2021, équivalant à une moyenne de 165 titres par an. La traduction est essentiellement en arabe (658 titres), en français (394 titres) et en anglais (144 titres). L’espagnol, le russe, l’allemand, l’italien ou le portugais n’occupent qu’une place marginale avec 99 titres.

Enfin, les auteurs du rapport ont apporté un nouvel élément en comparaison des rapports précédents, traitant des publications des auteurs marocains à l’extérieur du pays. 1.827 ouvrages ont ainsi été publiés chez des éditeurs étrangers, principalement au Moyen-Orient (922 titres) et en France (395 titres).

A noter que deux nouvelles régions émergent dans ce cadre : le Golfe arabe (189 titres) et le Maghreb, en particulier en Tunisie et en Algérie (80 titres).

Edition. 6.000 titres publiés au Maroc en 2018

Mohamed Laâraj, ministre de la Culture et de la communication, a reçu mardi 30 avril les membres de la Commission d’aide à l’édition et au livre, présidée par Abderrahman Tenkoul.

A cette occasion, il a indiqué que l’année 2018 a enregistré la publication de 6.000 titres, chiffres tirés du dépôt légal, entité de la BNRM (Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc), soit une hausse de 50% en comparaison avec 2014

Il a également noté que le nombre de projets éligibles pour cette session de 2019 a atteint 782, dont 379 pour le secteur du livre et de l’édition, 149 relatifs à la participation aux salons internationaux du livre, 79 portant sur la sensibilisation à la lecture, 45 pour la création, modernisation et animation des librairies, 125 pour l’édition des revues culturelles et 5 projets pour la participation aux résidences d’auteurs.

« Careers in Morocco » Paris 2013 : plus de 3000 professionnels et entrepreneurs marocains d’Europe

Cet événement a vu la participation de plusieurs entreprises marocaines, notamment le Groupe Crédit Agricole, Bank Al Maghreb, Jacobs Engineering, le groupe Akwa, HP-CDG, Dell, Lafarge, Lydec et plusieurs autres organismes dédiés à la promotion de l'entreprenariat et la création d'entreprise au Maroc, indique lundi un communiqué de Careers In Morocco.

Le forum a accueilli des talents tous autant brillants que divers, lauréats de grandes écoles de commerces, d'ingénieries et des plus prestigieuses universités d'Europe, rappelle le communiqué, ajoutant que les domaines les plus prisés par les professionnels marocains sont ceux de la finance, banque et assurance ainsi que le conseil, Telecom et IT. Majoritairement, les candidats souhaitent rejoindre une structure multinationale ou une grande entreprise.

En marge du forum CIM, plus de 5 projets d'entrepreneurs MRE ont été présentés couvrant plus de 5 secteurs d'activités, témoignant de la volonté des MRE de l'Europe de s'impliquer plus que jamais dans le développement économique et social du Maroc.

Conférences animées par des ministres marocains

 

Les conférences débats ont attiré de nombreux participants et ont vu la participation du ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres, Lahcen Daoudi, du ministre délégué chargé de la fonction publique et de la modernisation de l'administration, Abdelâdim El Guerrouj.

Careers in Morocco, portail des compétences marocaines du monde, est également un forum de recrutement qui s'organise à Paris, Londres et Montréal, Casablanca et Dubaï dédié aux compétences marocaines à l'étranger.

Les forums Careers in Morocco offrent aux cadres marocains expatriés la possibilité de s'informer sur les opportunités de carrière qu'offre le marché du travail et d'entreprenariat marocain et tisser des contacts avec des acteurs économiques marocains de premier plan.