Taux directeur : la transmission de la hausse au marché se fera plus rapidement qu’à l’accoutumée

L’an dernier, Bank Al-Maghrib (BAM) a décidé de procéder à deux hausses successives du taux directeur pour l’amener à 2,5% et tenter de contrecarrer une situation inflationniste jamais observée depuis trente ans.

Mais cette politique visant à jouer sur les taux est-elle véritablement efficace ? Fondamentalement oui, mais elle est dépendante d’une chose : la transmission de la politique monétaire à l’économie et donc la diffusion des effets du taux directeur sur l’activité économique et, plus particulièrement, sur le niveau des prix.

Cette transmission s’effectue principalement par les canaux du taux d’intérêt et du crédit. Reste à savoir combien de temps cela va prendre. Quelques pistes peuvent néanmoins nous éclairer.

La transmission vers les taux débiteurs prend du temps

Contactée sur le sujet, une source de la place nous explique : « Concernant la transmission de la politique monétaire vers la sphère réelle, il est toujours difficile de savoir combien de temps cela va prendre. En revanche, à la question ‘est-ce qu’il y a une efficacité avérée concernant le principal objectif qui est de juguler l’inflation ?’, la réponse est oui, clairement. »

Cette transition prend en effet un certain temps à porter ses fruits. Cela est notamment dû au fait que les avances à 7 jours, qui sont le principal outil de la politique monétaire utilisé pour répercuter la hausse du taux directeur dans l’économie réelle, occupent une part assez restreinte dans les ressources des banques.

« Cette monnaie centrale ne pèse pas énormément dans la structure des ressources bancaires. On parle de 10% à 12% des ressources bancaires ; c’est ce qui fait que la transmission de la hausse du taux directeur prend beaucoup plus de temps que dans des économies émergentes, où la monnaie centrale occupe une part bien plus significative dans les ressources bancaires », poursuit notre source. Aujourd’hui, ces dernières sont principalement drivées par les dépôts à vue et les ressources à vue.

La Banque centrale n’a pas encore communiqué autour de l’impact de la hausse du taux directeur sur les taux débiteurs. Lors de la conférence de presse qui a suivi le Conseil de BAM en décembre 2022, le Wali de la banque central a justement dit qu’il n’avait pas encore pu mesuré l’impact de la hausse décidée en septembre, soit trois mois plus tôt.

Aujourd’hui encore, il n’y a pas de visibilité ou de données sur les répercussions des deux hausses successives de BAM sur l’économie réelle. Mais d’après le marché, qu’en est-il et quand ces hausses seront-elles pleinement répercutées ? S’il est difficile de le savoir précisément, quelques éléments de réponse se dessinent.

Un impact plus rapide que par le passé est attendu

« Il est difficile de quantifier la chose car cela dépend de l’amplitude de la hausse. Je pense que la répercussion sur les taux débiteurs sera plus rapide car la variation est plus forte que ce qui avait été observé auparavant », nous indique une source bancaire.

Historiquement, la dernière hausse de taux d’intérêt est intervenue en 2008. Il s’agissait, précisons-le, d’une hausse de 25 pdb, incomparable à celles réalisées en 2022.

« Pour la première hausse de 50 pbs en septembre, les banques avaient un peu tempéré la répercussion sur les encours de la clientèle étant donné le contexte économique. Avec une hausse de 100 pbs, je pense que la transmission se fera plus rapidement qu’à l’accoutumée », ajoute notre source.

Cette transmission a d’ailleurs déjà commencé. Sur la production nouvelle de crédits immobiliers, à l’investissement ou sur le court terme, tous les nouveaux crédits seront délivrés avec un intérêt en hausse, tout comme les crédits existants à taux variables qui évolueront en fonction de leur date d’anniversaire. « Si vous souhaitez contracter demain un prêt immobilier, le taux qui vous sera proposé ne sera pas le même que celui qui vous aurait été proposé le mois dernier », indique notre interlocuteur.

Concernant le délai de transmission des taux, le grand sujet concerne les stocks existants de crédits, regroupant la majorité des volumes. « Ces stocks concernés par la hausse des taux sont à court terme et ont un an de validité. Il y a donc deux approches : soit les banques répercutent la hausse du taux directeur tout de suite malgré le fait qu’il y ait une date d’échéance avec leur client, soit elles choisissent le cas par cas. L’effet se verra sur les crédits court terme de façon progressive d’ici fin avril, car certaines ont des contrats signés avec leurs clients et ne peuvent répercuter que dans le cadre d’un accord bilatéral ou au renouvellement des lignes, c’est-à-dire entre mai et septembre généralement », conclut notre source.

L’efficacité des vaccins anti-Covid Sinopharm confirmée par une récente étude

Une étude sur les vaccins anti-Covid de Sinopharm a été publiée mercredi 26 mai par la JAMA Network Open, la célèbre revue médicale mensuelle, éditée par l’Association médicale américaine. Il s’agit des résultats préliminaires de la phase 3 des essais cliniques des deux vaccins Sinopharm, à savoir celui de Pékin et celui de Wuhan.

Ces essais ont été conçus par le Wuhan Institute of Biological Products et le Beijing Institute of Biological Products. Les données ont été collectées aux Émirats arabes unis par des chercheurs affiliés au Sheikh Khalifa Medical City (SKMC), à Abu Dhabi, et au centre de santé Al Qarain, à Sharjah, ainsi que dans d’autres centres médicaux à Bahreïn, en Égypte et en Jordanie.

Les 40.382 participants sont des adultes âgés de 18 ans et plus, sans antécédents connus d’infection par le Covid-19. Ont été exclus de l’étude les participants présentant des symptômes respiratoires dans les 14 jours précédant l’inscription et ceux souffrant de maladies respiratoires graves confirmées ou suspectées, ou de diverses maladies aiguës ou chroniques susceptibles d’affecter l’observance.

Des résultats conformes aux attentes de l’OMS…

Concernant le vaccin de Pékin (administré au Maroc), son efficacité est estimée à 78.1%, contre 72.8% pour celui de Wuhan. « Les résultats de l’efficacité clinique ne me surprennent pas, puisque l’efficacité de ce vaccin a déjà été attestée », réagit le Pr Redouane Abouqal, investigateur principal et coordinateur national des essais cliniques du vaccin de Sinopharm au Maroc, joint par Médias24.

« Les résultats ont effectivement été mentionnés dans le dossier présenté pour obtenir l’autorisation d’utilisation d’urgence au Maroc. Ils ont aussi été présentés auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour obtenir son agrément », ajoute-t-il.

40% d’effets indésirables ont été relevés, mais la plupart sont sans gravité. « Cela correspond à ce que nous avons observé lors des essais qui se sont déroulés au Maroc. Nous avons désormais un recul de six mois et n’avons pas observé d’effets indésirables graves au Maroc », commente le Pr Abouqal.

Les résultats obtenus par les deux vaccins Sinopharm sont « tout à fait honorables », estime-t-il encore, « puisque l’OMS exige une efficacité de 50% pour accepter un vaccin. Pour nous, c’est donc un résultat tout à fait satisfaisant ».

Le coordinateur des essais Sinopharm au Maroc se dit « tout à fait confiant ». Il précise : « On ne peut qu’être confiant avec un vaccin qui a une efficacité de plus de 70%. A titre d’exemple, le vaccin de la grippe ne dépasse pas 50% d’efficacité, et pourtant il est largement utilisé. Il n’est pas du tout contesté. Très peu de vaccins atteignent un tel taux d’efficacité, à l’exception, par exemple, du vaccin contre la rougeole qui atteint 97% d’efficacité. En réalité, beaucoup de vaccins utilisés ne dépassent pas 60% d’efficacité. »

Le fait que les deux vaccins Sinopharm, développés à Pékin et Wuhan, dépassent tout deux largement la barre des 50% a donc de quoi rassurer. « Il faut rappeler que le vaccin, c’est d’abord une utilité de santé publique qui permet d’atteindre une immunité collective. En étant à 78% d’efficacité, on est largement au-dessus des 50% exigés par l’OMS ; il n’y a donc aucune raison de penser que le vaccin Sinopharm n’est pas efficace », insiste le Pr Abouqal.

…et des données transparentes

L’étude publiée par la JAMA Network Open ne semble donc rien démontrer de nouveau. « Ce n’est pas une information nouvelle ; on connaissait déjà le taux d’efficacité du vaccin Sinopharm, à plus ou moins un ou deux points », souligne encore le Pr Abouqal. En revanche, et c’est là un aspect plus subtil mais non moins essentiel, l’étude, en plus de confirmer l’efficacité des vaccins Sinopharm, en affirme la transparence.

« Ce qui est nouveau, c’est que cette étude ayant été publiée dans une revue scientifique américaine de très haute qualité, nous conduit à être beaucoup plus confiants dans les résultats. Cette étude bénéficie d’une reconnaissance internationale. Toutes les données sont absolument transparentes », conclut le Pr Abouqal.