Algérie: Abdelmadjid Tebboune, ex-Premier ministre de Bouteflika, élu président

Abdelmadjid Tebboune, ancien ministre puis chef de gouvernement du président Abdelaziz Bouteflika, âgé de 74 ans, a été élu dès le premier tour pour lui succéder à la tête de l’Etat algérien, a annoncé vendredi 13 décembre l’Autorité nationale des élections (Anie).

Abbelmadjid Tebboune a recueilli 58,15% des suffrages, a indiqué le président de l’Anie Mohamed Charfi lors d’une cérémonie officielle, au lendemain d’un scrutin marqué par une abstention record et qui s’est déroulé dans un contexte de contestation massive et inédite du régime au pouvoir en Algérie depuis l’indépendance en 1962.

Seuls 39,93% des inscrits ont voté au premier tour, le taux le plus faible de toutes les présidentielles pluralistes de l’histoire du pays.

(Avec agences)

L’Algérie attend le résultat d’une élection marquée par l’abstention record

L’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) a fait savoir qu’elle annoncera les résultats du premier tour vendredi à 15H00 (14H00 GMT), un moment où les Algériens pourraient encore envahir les rues comme ils le font depuis 42 semaines.

Un éventuel second tour aura lieu entre le 31 décembre et le 9 janvier.

Jeudi, seuls 39,93% des inscrits ont voté au premier tour (41,41% sur le territoire national et 8,69% pour les Algériens de l’étranger), selon le président de l’Anie Mohamed Charfi.

Ce taux est le plus faible de toutes les présidentielles pluralistes de l’histoire de l’Algérie. Il est inférieur de plus de dix points à celui du précédent scrutin – le plus faible jusqu’ici — qui en 2014 avait vu la quatrième victoire de M. Bouteflika.

Aucune projection de résultat n’a été publiée. Mais le camp d’Abdelmajid Tebboune, ancien bref Premier ministre de M. Bouteflika en 2017, a revendiqué jeudi soir la victoire dès le premier tour. « Selon les premiers éléments en notre possession (…) Abdelmadjid Tebboune a remporté la présidentielle », a déclaré à l’AFP Abdelatif Belkaim, directeur adjoint de la communication du candidat.

 Défilé massif du hirak

Morne dans de nombreux bureaux de vote, la journée a été marquée à Alger par une démonstration de force du « Hirak » qui a bravé un très fort déploiement policier pour défiler en masse.

Le « Hirak », le « mouvement » de contestation populaire massif et inédit du régime qui a contraint M. Bouteflika à la démission, rejetait catégoriquement la tenue de cette élection, vue comme un moyen de se régénérer pour le « système » au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1962.

Ce mouvement exige la fin de ce « système » aux manettes depuis l’indépendance en 1962, et le départ de tous les anciens soutiens ou collaborateurs des vingt ans de présidence Bouteflika. Ce que sont les cinq candidats à la présidentielle (Abdelaziz Belaïd, Ali Benflis, Abdelkader Bengrina, Azzedine Mihoubi et Abdelmajid Tebboune).

Après une première tentative d’élection avortée en juillet, le haut commandement de l’armée, pilier du régime, ouvertement aux commandes depuis la départ de M. Bouteflika, a tenu coûte que coûte à organiser ce scrutin pour sortir de la crise politico-institutionnelle, qui a aggravé la situation économique.

Visage de ce haut commandement, le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée, assurait depuis des semaines que la participation serait « massive ».

Une foule estimée à plusieurs dizaines de milliers de personnes est parvenue à envahir les rues du centre de la capitale, malgré les interventions systématiques et souvent brutales de la police à chaque tentative de rassemblement.

« Makache l’vote » (pas de vote!), a scandé la foule qui s’est séparée en fin d’après-midi, avant que la police ne disperse à coups de matraque la centaine de protestataires restants, selon une journaliste de l’AFP.

 Affrontements

Dans la journée, un petit groupe de manifestants est parvenu à s’introduire dans un centre électoral du centre-ville. Le vote a été brièvement suspendu le temps de les évacuer.

Mercredi, des personnalités proches du « Hirak » avaient exhorté les contestataires à ne pas « répondre aux provocations » à « ne pas empêcher l’exercice par d’autres citoyens de leur droit à s’exprimer librement » –un mot d’ordre respecté à Alger.

Le vote s’est également déroulé normalement à travers le pays sauf dans la région traditionnellement frondeuse et majoritairement berbèrophone de Kabylie, théâtre de graves incidents.

Un centre de vote a été saccagé, une antenne de l’Anie a été incendiée et les forces de l’ordre ont repoussé à l’aide de grenades lacrymogènes des manifestants qui tentaient de pénétrer au siège de la wilaya (préfecture) de Tizi-Ouzou, à 90 km à l’est d’Alger.

Des affrontements ont également opposé gendarmes et manifestants à Tichy, près de Béjaïa (180 km à l’est de la capitale), et ont fait six blessés dans les rangs des forces de l’ordre, selon une source sécuritaire ayant requis l’anonymat.

Présidentielle sous tension en Algérie, troubles en Kabylie

Selon le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), Mohamed Charfi, 90% des quelque 61.000 bureaux de vote du pays sont ouverts depuis 08H00 (07H00 GMT) à travers le pays, et près de 6% sont la cible de perturbations. « Globalement, le taux de participation est respectable », s’est félicité M. Charfi, sans donner de chiffre.

Toutefois, dans la région frondeuse de Kabylie (nord), au moins deux centres de vote ont été fermés à Béjaïa, dont l’un a été saccagé. Et un troisième y est toujours assiégé par des opposants au scrutin présidentiel, selon des témoins et des sources sécuritaires.

A Tizi Ouzou, autre grande ville de cette région berbérophone, toutes les opérations de vote ont été interrompues.

« Vote par devoir »

A Alger, la police anti-émeute est sur les dents. Elle est rapidement intervenue à plusieurs reprises pour empêcher tout rassemblement, procédant à une dizaine d’arrestations, selon des journalistes de l’AFP.

Il est encore trop tôt pour se faire une idée de la participation, traditionnellement faible ces dernières années, mais la plupart des observateurs s’attendent à une très forte abstention, le puissant mouvement (« Hirak ») de contestation populaire qui ébranle l’Algérie depuis février ayant appelé au boycott.

Dans les bureaux de vote de la capitale, la situation semble contrastée: à Bab el-Oued, une centaine d’électeurs, dont de nombreux jeunes, se sont pressés dès l’ouverture et contre toute attente au principal bureau de vote de ce quartier populaire, selon une journaliste de l’AFP.

« Je vote car j’ai peur que le pays s’enlise dans la crise », a expliqué Karim, un fonctionnaire de 28 ans. Mahdid Saadi, un retraité de 76 ans, a montré sa carte d’électeur avec de très nombreux tampons: « J’ai toujours voté et je vote encore aujourd’hui, c’est un devoir ».

Mais l’affluence semble faible dans d’autres bureaux, comme au collège Pasteur du centre de la capitale, à l’école Mohamed Zekal du quartier Belouizdad (ex-Belcourt) ou dans les bureaux d’El Achour et Staouéli, dans les banlieues ouest d’Alger, selon des journalistes de l’AFP.

Beaucoup d’électeurs refusent de donner leur nom à la presse par peur de se faire insulter sur les réseaux sociaux.

La télévision nationale, elle, montre des files d’électeurs dans plusieurs régions. Certains internautes s’en amusent et se demandent « combien ils ont été payés », fustigeant le « Jeudi de la supercherie ».

Le « Hirak », mouvement antirégime né le 22 février et ayant obtenu la démission en avril de M. Bouteflika, reste farouchement opposé à ce scrutin que le pouvoir, aux mains de l’armée, veut organiser coûte que coûte.

Le mouvement dénonce ainsi une « mascarade électorale », exige la fin du « système » aux manettes depuis l’indépendance en 1962, et le départ de tous ceux qui ont soutenu ou pris part aux 20 ans de présidence de M. Bouteflika.

Or, les cinq candidats (Abdelaziz Belaïd, Ali Benflis, Abdelkader Bengrina, Azzedine Mihoubi et Abdelmajid Tebboune), qui ont voté en matinée, sont tous considérés par la contestation comme des enfants de ce « système » et accusés de lui servir de caution.

Les bureaux doivent fermer à 19H00 (18H00 GMT), mais aucun chiffre ne devrait être disponible immédiatement. Lors des précédents scrutins, le taux de participation avait été annoncé tard dans la soirée, et les résultats le lendemain.

Appel au calme

Depuis plusieurs semaines, le pouvoir répète que la participation sera « massive », contrairement aux observateurs qui s’attendent à une forte abstention. Faute de sondage, impossible d’évaluer combien des 24 millions d’électeurs prévoient d’aller voter.

« Le vote sera boycotté à une large échelle », a estimé Anthony Skinner, directeur Moyen-Orient et Afrique du nord de la société d’analyses de risques Verisk Maplecroft.

Mercredi, des personnalités proches du « Hirak » ont averti du contexte de « vives tensions » dans lequel se déroule le scrutin, considérant le pouvoir « responsable de tout dérapage éventuel dans les jours à venir ».

Elles ont aussi exhorté les contestataires à « demeurer pacifiques » en refusant de « répondre aux provocations » et en veillant à « ne pas empêcher l’exercice par d’autres citoyens de leur droit à s’exprimer librement ».

Pilier du régime, historiquement habitué aux coulisses, le haut commandement de l’armée assume ouvertement le pouvoir depuis la démission de M. Bouteflika.

Après une première tentative d’élection avortée en juillet, il s’obstine à vouloir rapidement lui élire un successeur pour sortir de l’actuelle crise politico-institutionnelle, qui a aggravé la situation économique.

Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major et visage public de ce haut commandement, « ne veut pas être tenu responsable des perspectives économiques de plus en plus négatives », a estimé Anthony Skinner.

(Avec AFP)

Les Algériens votent pour une présidentielle sous tension et contestée

Les quelque 61.000 bureaux ont ouvert comme prévu à 08H00 (07H00 GMT) à travers le pays, selon l’agence de presse officielle APS. A Bab El Oued, une centaine d’électeurs, dont de nombreux jeunes, se pressait déjà, contre toute attente, devant le principal bureau de vote de ce quartier populaire d’Alger, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le « Hirak », mouvement antirégime né le 22 février qui a obtenu la démission en avril de Abdelaziz Bouteflika, n’a montré aucun signe d’essoufflement et reste farouchement opposé à ce scrutin que le pouvoir, aux mains de l’armée, veut organiser coûte que coûte, malgré un contexte tendu.

Le mouvement dénonce une « mascarade électorale », exige plus que jamais la fin du « système » au pouvoir depuis l’indépendance en 1962 et le départ de tous ceux qui ont soutenu ou pris part aux 20 ans de présidence de M. Bouteflika.

Les cinq candidats sont tous considérés par la contestation comme des enfants de ce « système ».

Vendredi, la dernière manifestation hebdomadaire avant l’élection a rassemblé une foule monstre, montrant l’étendue du rejet.

Et, à moins de 24 heures du scrutin, des milliers de manifestants ont encore affiché mercredi leur détermination à Alger aux cris de « Pas de vote! » Ils ont forcé un important dispositif de police qui n’a pu les disperser qu’en chargeant violemment.

Les bureaux de vote doivent fermer à 19H00 (18H00 GMT), mais aucun chiffre ne devrait être disponible immédiatement. Lors des précédents scrutins, le taux de participation avait été annoncé tard dans la soirée, et les résultats le lendemain.

En fonction du résultat, un second tour pourrait avoir lieu dans les prochaines semaines.

Appel au calme

Faute de sondages en Algérie, il est difficile de prévoir quelle part des 24 millions d’électeurs iront voter, dans un pays où la participation était ces dernières années traditionnellement faible. Mais la plupart des observateurs s’attendent à une très forte abstention, alors que le pouvoir répète que la participation sera « massive ».

Les bureaux de vote des consulats algériens de l’étranger, où le scrutin a commencé samedi, ont donné une indication: des bureaux quasi vides, devant lesquels des manifestants conspuent les rares citoyens venus voter.

« Aucun des cinq candidats ne peut espérer être considéré comme légitime » par les contestataires et « le vote sera boycotté à une large échelle », prévoit Anthony Skinner, directeur Moyen-Orient et Afrique du nord de la société d’analyses de risques Verisk Maplecroft.

Mercredi, des personnalités proches du « Hirak », dont l’avocat Mustapha Bouchachi ou les universitaires Nacer Djabi et Louisa Dris-Aït Hammadouche, ont averti du contexte de « vives tensions » autour du scrutin et lancé un appel au calme.

Dans un texte, ils ont appelé les autorités « à renoncer aux discours provocateurs, à l’usage du langage de la menace et à cesser d’accuser de trahison tout citoyen porteur d’opinion contraire à celle du pouvoir ». Ils ont rendu ce dernier « responsable de tout dérapage éventuel dans les jours à venir ».

Ces personnalités ont aussi exhorté les contestataires à « demeurer pacifiques » en refusant de « répondre aux provocations » et en veillant à « ne pas empêcher l’exercice par d’autres citoyens de leur droit à s’exprimer librement ».

Contre le « système »

La campagne électorale a été compliquée pour les cinq candidats (Abdelaziz Belaïd, Ali Benflis, Abdelkader Bengrina, Azzedine Mihoubi et Abdelmajid Tebboune), qui ont été régulièrement accueillis par des manifestants hostiles et ont peiné à remplir les salles.

Le « Hirak » les accuse de cautionner le « système » en se présentant, et relève leur passé au sein de l’appareil Bouteflika. Tous ont soutenu cette présidence, voire y ont participé: MM. Tebboune et Benflis furent Premiers ministres et M. Mihoubi ministre.

« Comment faire confiance à ceux qui ont trahi le pays et aidé Bouteflika? », résumait mercredi sur une pancarte une manifestante à Alger.

Pilier du régime, historiquement habitué aux coulisses, le haut commandement de l’armée assume ouvertement le pouvoir depuis la démission de M. Bouteflika.

Après une première tentative d’élection avortée en juillet, il s’obstine à vouloir rapidement lui élire un successeur afin de sortir de l’actuelle crise politico-institutionnelle, qui a aggravé une situation économique déjà compliquée.

Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major et visage public de ce haut commandement, « ne veut pas être tenu responsable des perspectives économiques de plus en plus négatives », estime Anthony Skinner.

Il « préfère de loin avoir un président élu qui se retrouvera directement dans la ligne de mire (de la contestation) et aura la tâche peu enviable de réformer l’économie » du plus vaste pays du continent africain, fort de plus de 40 millions d’habitants, dit-il.

L’absence de légitimité du futur président, qui succèdera officiellement au chef de l’Etat par intérim Abdelkader Bensalah, est déjà donnée pour sûre par les observateurs. Ils prévoient une poursuite de la contestation.

(AFP)

Algérie: fin de campagne électorale sur fond de rejet massif

Les cinq prétendants ont eu le plus grand mal à faire passer leur message face au « Hirak », le mouvement de contestation qui ébranle l’Algérie depuis le 22 février, au point qu’il est difficile de désigner un favori.

Vendredi encore, des foules immenses ont défilé à Alger et dans le reste du pays contre le pouvoir et la présidentielle de jeudi, en criant à l’unisson « Makach (pas de) vote ».

Après avoir obtenu en avril la démission de M.Bouteflika, président pendant 20 ans, le « Hirak » réclame désormais le démantèlement du « système », au pouvoir depuis l’indépendance en 1962.

Les contestataires estiment que la présidentielle ne vise qu’à permettre à un pouvoir discrédité de se régénérer.

Dans un ultime discours, le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée et l’homme fort du régime depuis le départ de M. Bouteflika, s’est dit convaincu que « le peuple algérien (…) s’engagera dans cette échéance nationale cruciale à travers une participation massive dans les prochaines présidentielles, en toute liberté et transparence ».

A partir de dimanche minuit, la loi impose un silence électoral de trois jours avant le scrutin, durant lesquels toute forme de publicité en faveur d’un candidat est interdite.

Ils sont cinq, tous des hommes, en lice: Ali Benflis, Abdelmajid Tebboune, Azzedine Mihoubi, Abdelaziz Belaid et Abdelkader Bengrina.

Tous ont participé ou soutenu, plus ou moins longtemps, la présidence d’Abdelaziz Bouteflika.

Et ils ont dû tenir leurs meetings électoraux sous forte protection policière. La police a fait parfois usage de gaz lacrymogène après des jets de pierres de manifestants anti élections.

Selon les organisations de défense des droits humains Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), la répression s’est « intensifiée » à l’approche du scrutin, avec des « arrestations arbitraires » et des incarcérations de manifestants, de militants et de journalistes.

Au dernier jour de la campagne, dimanche, les candidats ont tenu soit des meetings électoraux, à Alger ou en province, soit des conférences de presse.

Hormis quelques endroits où ils avaient apposé leurs affiches, rapidement déchirées, la plupart des panneaux sont restés vierges ou ont été tagués de slogans hostiles.

« Vendus »

Lors d’un débat présidentiel télévisé inédit vendredi soir, ils s’étaient efforcés de défendre leurs programmes mais en restant sur des généralités et dans un format très contrôlé, sans véritablement convaincre.

Quant au Mouvement de la société pour la paix (MSP), le principal parti islamiste en Algérie qui ne présente pas de candidat à la présidentielle, il a annoncé dimanche qu’il ne soutiendrait aucun des cinq prétendants.

Un appel à la grève générale à partir de dimanche et jusqu’à jeudi avait été lancé sur les réseaux sociaux.

Il était particulièrement bien suivi en Kabylie, selon un journaliste de l’AFP.

A Tizi Ouzou, à 100 km à l’est d’Alger, les rues étaient semi-désertes et les boutiques fermées, à l’exception des pharmacies.

En revanche, la situation était quasi normale dans la capitale.

Le vote de l’importante communauté algérienne à l’étranger a débuté dès samedi.

En France, il s’est ouvert sous tension avec des manifestations devant les consulats de plusieurs villes françaises, notamment à Paris.

Devant le consulat d’Algérie, dimanche dans la capitale, les rares électeurs sont escortés un à un par les policiers. Certains ont la tête dissimulée. Les fourgons sont placés devant l’entrée du bâtiment de sorte que les électeurs ne soient pas vus et photographiés. Des protestataires leur crient « vendus », selon un témoin.

Selon le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi, le fichier électoral compte 24.474.161 électeurs, dont 914.308 inscrits à l’étranger.

Aucun sondage public n’est disponible en Algérie pour évaluer la possible participation au scrutin, mais l’abstention, longtemps vue comme l’unique voie de contestation d’un régime figé, était déjà forte lors des précédentes élections.

(Avec AFP)

L’élection présidentielle en Algérie fixée au 12 décembre

La date annoncée coïncide avec les délais réclamés par le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, véritable homme fort du pays depuis la démission forcée du président Abdelaziz Bouteflika le 2 avril.

« J’ai décidé (…) que la date de l’élection présidentielle sera le jeudi 12 décembre 2019 », a déclaré M. Bensalah qui, selon la Constitution du pays, ne peut être candidat.

M. Bensalah, qui a signé dimanche le décret pour la convocation du corps électoral, a appelé les Algériens « à contribuer collectivement (…) le 12 décembre prochain, à l’écriture de l’histoire de leur pays et au choix de leur nouveau président ».

Le chef de l’Etat par intérim a « exhorté » les Algériens à « la mobilisation pour faire de ce rendez-vous le point de départ du processus de renouveau de la nation ».

Le général Ahmed Gaïd Salah s’est récemment dit certain que l’élection se tiendrait rapidement.

La présidentielle pour élire un successeur à M. Bouteflika, initialement prévue le 4 juillet, avait dû être annulée, aucun candidat ne s’étant déclaré, face à l’ampleur de la contestation qui secoue le pays depuis le 22 février.

(Avec AFP)

Algérie: 2 dossiers de candidature déposés, selon le Conseil Constitutionnel

En matinée, la radio nationale avait affirmé qu' »aucune candidature » n’avait été déposée avant la date butoir de samedi 25 mai à minuit, et annoncé la tenue dans la journée d’une réunion du Conseil constitutionnel.

Ultérieurement, cette instance a toutefois indiqué dans un communiqué transmis à l’AFP avoir « enregistré le dépôt de deux dossiers, le 25 mai 2019 (samedi, ndlr), auprès de son secrétariat général, de la part d’Abdelhakim Hamadi et Hamid Touahri ».

L’instance « statuera sur la validité des deux dossiers », est-il précisé. Selon la loi électorale, ce délai ne doit pas dépasser dix jours.

Ces deux candidats ne sont absolument pas connus du grand public en Algérie.

Selon des médias, Abdelhakim Hamadi avait déjà déposé un dossier de candidature pour l’élection initialement prévue le 18 avril, qui avait été reportée face à la pression de la rue.

Selon l’agence officielle APS, 77 dossiers de candidatures au total avaient été retirés auprès du ministère de l’Intérieur dans l’optique du scrutin du 4 juillet. Mais seuls les noms de trois petits partis avaient été dévoilés.

La collecte des signatures a été rendue difficile par le refus du mouvement populaire de cette élection et celui de plus de 400 maires d’encadrer le scrutin.

(Avec AFP)

Algérie: aucune candidature déposée pour la présidentielle?

Selon ce même média public, le Conseil constitutionnel doit « statuer » sur « cette situation inédite » lors d’une « réunion » ce dimanche. Il n’a pas fourni d’autres détails ni mentionné de source.

La date limite de dépôt des candidatures a officiellement expiré samedi à minuit.

Le site d’informations TSA affirme qu’aucun candidat n’est parvenu à réunir le nombre de signatures nécessaires.

Mais plusieurs autres médias comme El Watan (francophone, indépendant) ou encore El Moudjahid (gouvernemental) font état d’une candidature, celle d’un militaire à la retraite, Benzahia Lakhdar, un ex militant du Front de libération national (FLN), le principal parti au pouvoir.

Sollicité par l’AFP, le conseil constitutionnel n’était toujours pas joignable dimanche à la mi-journée.

L’Algérie est secouée depuis le 22 février par des manifestations massives déclenchées par la volonté du président Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat.

M. Bouteflika a démissionné le 2 avril sous la pression de la rue et de l’armée, mais les manifestants restent mobilisés, en réclamant le départ de l’ensemble du « système » au pouvoir durant les deux décennies de règne d’Abdelaziz Bouteflika. Ils rejettent la tenue d’une élection présidentielle tant que cette revendication n’a pas été satisfaite.

Ils réclament, avant tout scrutin, des structures de transition à même de garantir une élection libre et équitable.

Selon l’agence officielle APS, 77 dossiers de candidatures avaient été retirés auprès du ministère de l’Intérieur dans l’optique du scrutin. Mais seuls les noms de trois petits partis avaient été dévoilés.

La collecte des signatures a été rendue difficile par le refus du mouvement populaire de cette élection et celui de plus de 400 maires d’encadrer le scrutin.

Par ailleurs, deux des partis qui avaient annoncé leur intention de concourir se sont retirés de la course.

Aucune personnalité d’envergure n’a non plus fait publiquement acte de candidature et aucun grand parti au pouvoir ou d’opposition n’a désigné de candidat.

Le pouvoir actuel et son président par intérim Abdelkader Bensalah, désigné le 9 avril, ont dit vouloir s’en tenir aux délais constitutionnels: l’élection d’un nouveau chef de l’Etat dans les 90 jours suivant le début de l’intérim.

(Avec AFP)

Présidentielle en Algérie: fin du délai de dépôt des dossiers de candidature

Le Conseil constitutionnel se réunira ce dimanche 26 mai pour statuer sur l’opération de dépôt de dossiers de candidature.

L’Alliance nationale républicaine (ANR) et le Front El-Moustakbal (FM), deux formations politiques parmi les trois ayant déposé leur lettre d’intention auprès du ministère de l’Intérieur Algérien et des collectivités locales, ont annoncé samedi le gel de leur participation à l’élection présidentielle.

Conformément à l’article 140 de la loi organique portant régime électoral en Algérie, la déclaration de candidature doit être déposée, au plus tard, dans les 45 jours suivant la publication du décret présidentiel portant convocation du corps électoral. Ce décret avait été signé le 9 avril dernier par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, et publié le lendemain au journal officiel.

Aux termes de l’article 141 de la même loi, « le Conseil constitutionnel statue sur la validité des candidatures à la présidence de la République par décision, dans un délai de 10 jours, à compter de la date de dépôt de la déclaration de candidature ».

Pour que son dossier soit validé par le Conseil constitutionnel, le postulant à la candidature doit présenter soit une liste de 600 signatures individuelles d’élus d’Assemblées populaires locales ou parlementaires, réparties au moins à travers 25 wilayas, soit une liste de 60.000 signatures individuelles, au moins, d’électeurs, recueillies à travers, au moins, 25 wilayas, avec un nombre minimal de signatures exigées pour chacune des wilayas qui ne saurait être inférieur à 1.500.

Les autres pièces du dossier sont, notamment, un certificat de nationalité algérienne d’origine de l’intéressé, une déclaration sur l’honneur attestant qu’il est de confession musulmane, une déclaration publique sur son patrimoine mobilier et immobilier à l’intérieur et à l’extérieur du pays, une attestation de participation à la Révolution du 1er novembre 1954 pour les candidats nés avant juillet 1942 et une attestation de non implication des parents du candidat né, après le 1er juillet 1942, dans des actes hostiles à la Révolution.

Selon le dernier bilan du ministère de l’Intérieur sur la remise des formulaires de souscription de signatures individuelles pour les postulants à la candidature, 77 lettres d’intention ont été déposées.

Parmi les lettres d’intention déposées, figurent trois de chefs de parti politique, à savoir l’ANR, le FM et le Front algérien pour le développement, la liberté et l’équité (FADLE).

Algérie: l’armée met en garde les manifestants

A travers le pays, les manifestants ont une nouvelle fois réitéré mardi leur rejet quant aux promesses du chef de l’Etat de réformer et de ne pas aller au bout de son éventuel nouveau mandat.

Parallèlement, le général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée, a averti que celle-ci serait la garante de la « sécurité » et la « stabilité » face à ceux –qu’il n’a pas nommés– qui veulent ramener l’Algérie aux années de guerre civile (1992-2002).

Washington a pour sa part réagi mardi pour la première fois depuis le début des manifestations en appelant les autorités algériennes à respecter le droit de manifester.

« Les Etats-Unis soutiennent le peuple algérien et son droit à manifester pacifiquement« , a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine, Robert Paladino.

« Hé Bouteflika, il n’y aura pas de 5e mandat » ou « Ramenez les commandos de l’armée et la BRI (unité d’intervention de la police), il n’y aura pas de 5e mandat », ont notamment chanté les étudiants toute la journée dans le centre d’Alger, applaudis par des passants et soutenus à coups de klaxons par les automobilistes.

Sans incident, des cortèges de milliers d’étudiants parfois accompagnés de leurs professeurs ont également défilé à Oran, Constantine et Annaba, les trois plus grandes villes du pays après Alger, ont constaté des journalistes de médias algériens sur place.

Des manifestations importantes se sont également déroulées à Béjaïa, Tizi-Ouzou et Bouira, principales villes de la région de Kabylie, dans le nord du pays, mais aussi à Blida (nord), Sétif (nord-est) ou Tlemcen (nord-ouest), selon les médias algériens.

Manifestations quotidiennes à Alger

Dans la capitale, où les manifestations, interdites depuis 2001, sont désormais quasiment quotidiennes depuis dix jours, les étudiants des différentes universités d’Alger se sont donné rendez-vous via les réseaux sociaux devant la Grande-Poste, bâtiment emblématique au coeur de la ville.

Dans une ambiance festive, ils ont défilé toute la journée à l’intérieur d’un périmètre bouclé par la police dans le centre d’Alger.

La police, déployée en nombre, a laissé faire, se contentant de faire évacuer sans heurts en fin d’après-midi la place de la Grande-Poste, devenue une immense agora de milliers de personnes.

Elle a aussi évacué une avenue non loin, que les Algérois avaient transformée en longue promenade profitant de la décision de couper la circulation.

Le président Abdelaziz Bouteflika, 82 ans et affaibli depuis 2013 par les séquelles d’un AVC, est la cible d’une contestation inédite depuis son élection à la tête de l’Etat il y a 20 ans. Les manifestations ont été déclenchée par l’annonce de sa volonté de briguer un 5e mandat lors de la présidentielle du 18 avril.

Sa candidature, enregistrée dimanche par le Conseil constitutionnel, a été assortie d’engagements destinés à calmer la colère: ne pas aller au bout de son mandat et quitter le pouvoir après une série de réformes profondes notamment.

  « On va lui faire comprendre »

Mais ses promesses n’ont pas réussi à apaiser la contestation, bien que le camp présidentiel estimait la veille qu’elles répondaient « pleinement » aux revendications des manifestants.

« Non, c’est non! Il n’a pas compris le message du peuple? On va lui faire comprendre aujourd’hui et encore plus vendredi », premier jour du week-end et journée de mobilisation massive ces deux dernières semaines, assure Selma, étudiante en mathématiques à Alger.

Wassim, 22 ans, étudiant en informatique, a comparé le chef de l’Etat « à un mari qui bat sa femme et, alors qu’elle demande le divorce, lui demande de rester un an de plus, le temps qu’il lui trouve un nouvel époux ».

La carotte semblant n’avoir pas fonctionné, le général Gaïd Salah a donc mardi agité le bâton.

Il a accusé la contestation d’être le fait de « certaines parties« , qu’il n’a pas nommées, « dérangées de voir l’Algérie stable et sûre » et désireuses de ramener l’Algérie aux « années de braises », une référence à la décennie noire de guerre civile qui a fait officiellement 200.000 morts et qui a traumatisé le pays.

Le général a ensuite appelé les Algériens « à s’ériger en rempart contre tout ce qui pourrait exposer l’Algérie à des menaces aux retombées imprévisibles ».

Face aux manifestations que rien ne semble pour l’heure endiguer, le camp présidentiel a mentionné à plusieurs reprises le risque d’un retour du pays aux « années noires », auxquels M. Bouteflika est crédité d’avoir mis fin.

Mais au-delà de M. Bouteflika, c’est l’ensemble de la caste dirigeante qui est visée par les manifestants. « Dites aux voleurs que nous n’allons pas nous taire », scandent-ils.

A Béjaïa, à 180 km à l’est d’Alger, l’ordre des avocats a appelé ses membres à ne plus assurer de défense à partir de mercredi, à l’instar de leurs collègues de Constantine (nord-est). Et les enseignants algériens doivent se prononcer d’ici peu sur une possible grève.

« Votre crédit santé est insuffisant pour effectuer ce mandat », indique une pancarte d’un manifestant à Alger, à l’adresse du président Bouteflika. Hospitalisé en Suisse il y a près de dix jours pour, officiellement, des « examens médicaux périodiques », son retour n’a toujours pas été annoncé.

Sur un trottoir d’Alger, deux femmes âgées regardent d’un oeil bienveillant les étudiants manifester. « J’espère que tout cela portera ses fruits », dit l’une.

Algérie: journée cruciale pour la présidentielle après les manifestations

Samedi, le président Bouteflika a limogé son directeur de campagne Abdelmalek Sellal, au lendemain de manifestations massives réclamant qu’il renonce à se présenter aux élections du 18 avril, un mouvement de contestation sans précédent en vingt ans de pouvoir.

M. Sellal, un ancien Premier ministre qui avait animé les trois précédentes campagnes victorieuses (2004, 2009, 2014) du candidat Bouteflika, a été remplacé par le ministre des Transports, Abdelghani Zaalane, a annoncé simplement l’agence APS, citant « la direction de campagne » du chef de l’Etat.

Aucune explication n’a été donnée à ce changement à quelques heures de l’expiration du délai de dépôt des dossiers de candidature à la présidentielle, dimanche minuit (23H00 GMT). Plusieurs centaines d’Algériens ont également manifesté en Europe samedi.

Aucun responsable algérien n’a jusqu’ici réagi officiellement à l’imposante mobilisation des Algériens pour dire leur rejet de la perspective d’un cinquième mandat de M. Bouteflika, qui a célébré samedi ses 82 ans.

Le chef de l’Etat est hospitalisé en Suisse depuis sept jours, officiellement pour « des examens médicaux périodiques ». Son retour en Algérie n’a toujours pas été annoncé.

Aucune disposition légale ne semble cependant obliger un candidat à se présenter en personne au Conseil constitutionnel pour y déposer son dossier.

« Fusible »

En l’absence physique de M. Bouteflika, qui ne s’est pas adressé aux Algériens depuis un accident vasculaire cérébral en 2013 et qui n’apparaît plus que rarement en public, M. Sellal se retrouvait en première ligne depuis le début de la contestation. Il pourrait avoir servi de « fusible », a expliqué à l’AFP un observateur ayant requis l’anonymat.

« Son limogeage pourrait être une première réponse » à cette contestation qui vise directement M. Bouteflika depuis une semaine, « mais ça risque d’être un peu court », a-t-il estimé.

Son remplaçant Abdelghani Zaalane, haut fonctionnaire de 54 ans qui a fait carrière dans l’administration préfectorale, en tant que secrétaire général de wilayas (préfecture) puis de wali (préfet) notamment d’Oran, deuxième ville du pays, est peu connu du grand public.

Toute la semaine, le camp présidentiel a réaffirmé que la contestation n’empêcherait pas le scrutin de se tenir dans les délais et que le dossier de candidature du chef de l’Etat serait remis dimanche au Conseil constitutionnel.

Les autorités « espèrent tenir jusqu’à dimanche, avec l’espoir qu’une fois la candidature de Bouteflika actée et rendez-vous donné dans les urnes, la contestation s’essoufflera », expliquait à l’AFP, avant les derniers défilés en date, un autre observateur sous le couvert de l’anonymat.

Difficile de savoir si la mobilisation exceptionnelle de vendredi peut changer la donne. « Ce n’est pas dans les habitudes de ce régime de céder à la rue », note cet observateur, « s’il recule sur la candidature, jusqu’où devra-t-il reculer ensuite? ».

– Opposition inaudible –

En revanche, le risque que M. Bouteflika se retrouve sans adversaire crédible apparaît réel, alors que son camp entend démontrer la légitimé du chef de l’Etat dans les urnes le 18 avril.

Seuls quatre petits candidats ont jusqu’ici déposé leur dossier de candidature, tandis que trois figures de l’opposition semblent tergiverser et que le Parti des Travailleurs (PT), petite formation d’extrême-gauche, a renoncé, en raison de la contestation, à présenter un candidat pour la première fois depuis 2004.

Le plus connu des candidats enregistrés est Abdelaziz Belaïd, 55 ans: transfuge du Front de libération nationale (FLN) – formation du président Bouteflika -, qu’il a quitté en 2011 pour créer le Front Al-Moustakbel, il a recueilli 3% des voix à la présidentielle de 2014.

Un ancien ministre du Tourisme, Abdelkader Bengrina, président du Mouvement El Bina (islamiste), a annoncé avoir déposé samedi son dossier de candidature auprès du Conseil constitutionnel.

Les deux autres sont des quasi-inconnus: Ali Zeghdoud, président du microscopique Rassemblent algérien (RA) et Abdelkrim Hamadi, un indépendant. Déjà candidats déclarés lors de précédentes présidentielles, leur dossier n’avait pas été validé.

L’opposition, inaudible et totalement absente du mouvement de contestation né des seuls réseaux sociaux, a brièvement tenté et en vain de se mettre d’accord sur un candidat unique.

Principal adversaire de M. Bouteflika aux présidentielles de 2004 et 2014, son ancien Premier ministre Ali Benflis devait annoncer dimanche s’il se porte ou non candidat. Tout comme Abderrezak Makri, président et candidat déclaré du Mouvement de la société pour la paix (MSP), principal parti islamiste qui a rompu en 2012 avec l’alliance présidentielle.

Ali Ghediri, général à la retraite débarqué sans parti fin 2018 de façon fracassante sur la scène politique en promettant notamment une « IIe République » et qui était extrêmement discret ces dernières semaines, devait déposer son dossier dimanche matin, a annoncé son coordinateur de campagne, Mokrane Ait Larbi sur Facebook.

L’homme d’affaires Rachid Nekkaz, omniprésent sur les réseaux sociaux et qui draine des foules de jeunes enthousiastes, semble ne pas remplir les conditions d’éligibilité. Il dit avoir obtenu la perte de sa nationalité française, mais la loi électorale prévoit qu’un candidat ne doit jamais « avoir possédé une autre nationalité » qu’algérienne.

Une fois les dossiers déposés, le Conseil constitutionnel statuera dans les dix jours sur leur validité.

Algérie: une candidature unique de l’opposition à la présidentielle

L’invitation a été lancée par Abdallah Djaballah, président du Front pour la justice et le développement (FJD, islamiste) et ancien candidat à la présidentielle de 2004 face à M. Bouteflika, annonce une dépêche AFP, relayée par les médias français.

« M. Benflis participera à toute initiative qui permettra de sortir l’Algérie de la crise actuelle« , a simplement expliqué à l’AFP Faycal Hardi, chargé de communication du parti Talaie El Hourriyet.

En revanche, le général à la retraite et candidat déclaré Ali Ghediri, arrivé il y a quelques mois de façon fracassante sur la scène politique algérienne, a fait savoir dans un bref communiqué qu’il ne prendrait pas part à la réunion, sans autre explication.

« Il n’y a pas d’ordre du jour préétabli », a confié à l’AFP le directeur de la communication du FJD Amine Saadi, « tout doit être discuté ».

« Il n’est pas sûr que les 17 ou 20 participants se mettent d’accord sur un candidat » unique, a-t-il reconnu.

Elu pour la 1e fois en 1999 sans opposition, l’ensemble de ses adversaires s’étant alors retirés, M. Bouteflika a depuis été réélu trois fois avec à chaque fois plus de 80% des voix au 1er tour.

Deux partis historiques de l’opposition algérienne, le Front des forces socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), n’ont pas été invités, ces deux formations ayant toutes deux annoncé boycotter la présidentielle.

(Avec AFP)