Partis politiques : nouvelles règles de création et de financement

Création de sociétés commerciales, renforcement des conditions de création ou encore relèvement du plafond des dons… le projet de loi organique sur les partis politiques introduit plusieurs changements notables.

Adopté en Conseil des ministres le 19 octobre dernier, le texte revoit en profondeur les règles encadrant la vie partisane, de la fondation d’un parti à la gestion de ses ressources financières.

Nouveau parti : 4 cofondatrices au minimum

Le texte introduit, dès ses premiers articles, des conditions plus encadrées pour la fondation d’un parti politique. Les membres fondateurs devront désormais déposer un dossier complet auprès de l’autorité gouvernementale chargée de l’Intérieur, accompagné d’une copie électronique. Un reçu daté et cacheté sera remis après vérification du contenu du dossier.

La déclaration de création devra prendre la forme d’un document unique portant les signatures légalisées d’au moins douze membres fondateurs, dont quatre femmes au minimum, représentant chaque région du Royaume.

Mais le texte va plus loin. Les membres du parti devront disposer de sièges régionaux dans l’ensemble des régions du Royaume, au lieu des deux tiers actuellement en vigueur. De plus, au moins 5% des membres fondateurs devront provenir de chaque région, parmi le total requis par la loi.

En parallèle, une place spécifique est réservée aux jeunes et aux femmes. La proportion de membres âgés de moins de 35 ans ne doit pas être inférieure à 5% du total, et la même proportion s’applique aux femmes.

Le projet de loi prévoit également de nouvelles règles pour la tenue du congrès constitutif d’un parti. Ce congrès ne sera considéré comme valide que s’il réunit au moins 75% des membres fondateurs légalement requis. Les participants devront être répartis selon leurs lieux d’implantation effective, couvrant l’ensemble des régions du Royaume.

Un cadre financier plus encadré et plus ouvert

Le projet de loi modifie également le régime financier des partis politiques. Il relève d’abord le plafond des dons, legs et libéralités autorisés. Alors que la législation actuelle fixe la limite à 300.000 dirhams par an et par donateur, le nouveau texte la porte à 800.000 dirhams.

Au-delà de ce relèvement, une innovation majeure figure dans le même article (31) : la possibilité, pour un parti politique, de créer une société commerciale dont le capital doit être entièrement détenu par le parti. L’objectif est de permettre aux partis d’investir dans des activités économiques liées à leur fonctionnement, tout en assurant un cadre légal et transparent à ces opérations.

Les activités autorisées pour ces sociétés sont expressément listées. Elles concernent la communication et les activités numériques, l’édition de journaux au nom du parti, l’impression et la publication liées à ses activités, ainsi que les services de communication et d’information destinés à l’encadrement politique.

La création d’une telle société est strictement encadrée. Le responsable national du parti devra la déclarer au ministère de l’Intérieur dans un délai de trente jours à compter de sa constitution, en joignant une copie de ses statuts, l’indication de son objet, de son capital, de l’identité de ses dirigeants et de l’adresse de son siège social. Toute modification ultérieure devra faire l’objet d’une mise à jour de cette déclaration.

Les résultats financiers de la société seront intégrés dans le compte annuel du parti, déposé auprès de la Cour des comptes. En cas de non-respect des règles fixées, la société pourra être dissoute par décision judiciaire à la demande du ministère de l’Intérieur, sans préjudice d’éventuelles poursuites prévues par la législation en vigueur.

Un projet qui reste à débattre et à valider

Il convient de rappeler qu’il ne s’agit, à ce stade, que d’un projet de loi organique. Le texte devra être examiné et débattu au Parlement, où il pourra faire l’objet d’amendements. Une fois adopté, il sera obligatoirement soumis à la Cour constitutionnelle, comme l’exige la procédure pour toutes les lois organiques, afin de vérifier sa conformité à la Constitution avant promulgation.

Ce projet s’inscrit dans la continuité des réformes visant à moderniser le cadre légal des partis politiques et à garantir davantage de transparence dans leur fonctionnement interne.

Les débats parlementaires à venir permettront de savoir dans quelle mesure ces nouvelles exigences, notamment en matière de représentativité et de financement, seront maintenues ou ajustées.

Réforme électorale : un nouvel article sur les fake news fait polémique

Le nouvel article 51 bis du projet de loi organique relative à la Chambre des représentants suscite déjà la controverse. Beaucoup y voient une tentative de restreindre la liberté d’expression des citoyens en interdisant toute critique portant sur la transparence des élections.

Adopté en Conseil des ministres le 19 octobre 2025, le projet de loi introduit, à travers cet article 51 bis, une peine d’emprisonnement de deux à cinq ans et une amende de 50.000 à 100.000 DH à l’encontre de toute personne diffusant, publiant ou partageant, par tout moyen, y compris les réseaux sociaux ou les outils d’intelligence artificielle, de fausses informations, rumeurs ou nouvelles mensongères, dans le but d’altérer la crédibilité ou la transparence des élections.

La lecture du texte montre que son champ d’application vise avant tout la lutte contre la diffusion de fausses informations.

Bien que cette interdiction soit restreinte, selon le texte, au cas de fake news, beaucoup pointent du doigt une atteinte à la liberté d’expression.

De plus, ledit article sanctionne de la même peine toute personne qui, par les mêmes moyens, diffame ou porte atteinte à la vie privée d’un ou plusieurs candidats.

En attendant le Parlement et la Cour constitutionnelle

Il convient toutefois de rappeler qu’il ne s’agit pour l’instant que d’un projet de loi organique, qui devra être examiné et débattu au Parlement, où des amendements vont être proposés et pourront concerner ces volets.

Une fois adopté, et compte tenu de sa nature de “loi organique”, ce texte devra encore être soumis à la Cour constitutionnelle, chargée de vérifier sa conformité à la Constitution avant toute promulgation.

Par ailleurs, il convient de noter que les mêmes sanctions s’appliquent à quiconque publie, diffuse ou relaie, par quelque moyen que ce soit, y compris les réseaux sociaux, les plateformes de diffusion, les outils d’intelligence artificielle, ou toute plateforme électronique ou application basée sur internet ou sur des systèmes informatiques, des rumeurs, fausses informations ou nouvelles mensongères, ou contribue à leur diffusion, dans le but d’influencer ou d’entraver le déroulement du scrutin.

C’est ce que prévoit l’article 51 du même projet de loi organique.

Contrairement à l’article 51 bis, celui-ci ne constitue pas une nouvelle disposition. Dans sa mouture actuelle, l’article 51 prévoit déjà une peine d’un mois à un an d’emprisonnement et une amende de 10.000 à 50.000 dirhams pour quiconque, “à l’aide de fausses nouvelles, bruits calomnieux ou autres manœuvres frauduleuses, détourne des suffrages ou incite des électeurs à s’abstenir de voter”.

L’article 51 de ce projet de loi élargit donc le champ des comportements punissables et alourdit les sanctions, tandis que l’article 51 bis est une nouvelle disposition déjà fortement contestée.

Élections 2026. Le PAM intègre des « jokers » à sa direction et décrète la mobilisation générale

Samedi dernier à Salé, les membres du Conseil national du PAM ont eu droit à une grande surprise : la réintégration au bureau politique de Hicham El Mhajri, député de Chichaoua, dont les missions partisanes avaient été gelées en novembre 2022. À cette époque, où il était également président de la commission de l’Intérieur à la Chambre des représentants, il avait été sanctionné par son parti pour avoir critiqué l’action du gouvernement, en séance plénière, lors des discussions autour du PLF de 2023.

Débarqué du bureau politique, il avait démissionné de la présidence de la commission de l’Intérieur et disparu dans la nature pendant deux ans.

Son retour constitue-t-il une véritable surprise ? « Pas vraiment, et on sentait que le moment approchait où il allait reprendre sa place à la direction et prendre part à la bataille électorale de 2026 », répond un membre du Conseil national du PAM.

Notre interlocuteur explique que le retour du célèbre député de Chichaoua s’inscrit dans le cadre d’un travail de réconciliation avec les mécontents qui avaient claqué la porte ou avaient été exclus sous la direction de Abdellatif Ouahbi.

« À l’exception de ceux qui font ou qui ont fait l’objet de poursuites judiciaires pour de graves délits », précise notre source.

El Mhajri et El Bitar, superstars et électrons libres

Selon nos sources, ce travail de réconciliation est mené par la direction collégiale dont les trois membres (El Mansouri, Bensaid et Saâdi) ont d’ailleurs rencontré Hicham El Mhajri vendredi dernier dans la ville ocre, en marge d’une grande réunion des élus, des présidents des conseils et des responsables locaux de la région Marrakech-Safi.

Ancien responsable provincial du PAM à Chichaoua, Hicham El Mhajri est aussi une superstar dans sa circonscription et dans sa région. Cet entrepreneur de 45 ans est connu pour sa proximité avec ses électeurs. Et surtout pour son franc-parler. Très sensible aux questions sociétales (santé, enseignement et emploi), il ne prend pas de gants pour dire ce qu’il pense. D’ailleurs, après l’annonce de son retour au bureau politique du parti, il a déclaré qu’il allait continuer à s’exprimer en toute liberté.

El Mhajri et El Bitar en compagnie de la direction collégiale du PAM.

Lors du scrutin législatif du 8 septembre 2021, la liste Hicham El Mhajri à Chichaoua avait remporté 51.689 voix, un record national. « Le PAM a besoin de lui au niveau régional et au niveau national », affirme une source en interne.

Adil El Bitar, député de Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi, rejoint la direction du PAM pour la première fois. Ce jeune notaire, qui siège à la Chambre des représentants pour un deuxième mandat, a aussi une solide expérience comme conseiller régional à Casablanca-Settat. Connu également pour son franc-parler – les habitués de l’Hémicycle se souviennent sûrement de ses vifs échanges avec les députés du PJD –, il aime la précision et son discours va toujours à l’essentiel, comme la minute d’un notaire.

Son parti compte sur lui pour redresser l’organisation du PAM dans la région Casablanca-Settat qui bat de l’aile depuis que plusieurs figures de premier ordre ont été éclaboussées par des scandales ou écartées par le parti à l’instar de Salaheddine Aboulghali.

Mobilisation générale pour 2026

La mobilisation générale a été le maître-mot des PAMistes lors de leur rencontre samedi dernier. Il s’agit avant tout de restructurer les sections locales et régionales et de redynamiser l’organisation de la jeunesse pour les échéances de 2026. Lors de cette rencontre, Mehdi Bensaid, membre de la direction collégiale, a insisté sur la nécessaire cohésion des partis de la majorité. « La cohésion ne peut pas gommer l’existence de divergences dans les visions et les positions, et c’est plutôt un phénomène sain », a affirmé le dirigeant du PAM.

Mehdi Bensaid a appelé toutefois à se mobiliser pour les intérêts supérieurs du Maroc et des Marocains. « Nos véritables responsabilités et souci sont avant tout et en dernier lieu la patrie et le Maroc du Mondial, et non pas le gouvernement du Mondial », a-t-il affirmé dans ce qui ressemble à une allusion à la course des partis de la majorité à la première place du podium en 2026.

https://medias24.com/2025/05/20/scrutin-de-2026-comment-le-pam-se-prepare-pour-la-campagne-electorale-m-bensaid/

Élections 2026 : le PJD mobilise ses troupes pour une participation massive

La jeunesse du PJD lance une campagne nationale de mobilisation pour une participation massive aux prochaines élections législatives. En 2021, le PJD avait subi une lourde défaite électorale attribuée essentiellement à la désaffection de son électorat urbain, principalement constitué de couches moyennes, qui avait été déçu par sa gestion des affaires locales et publiques.

À l’occasion du lancement de sa 19e campagne nationale, cette organisation parallèle du PJD organise un meeting public à l’initiative de sa section provinciale de Taroudant et de sa section locale d’Ouled Teïma.

Le thème choisi pour cette rencontre est « La participation politique consciente, un acte militant« .

Sont invités à s’y prononcer l’ancien ministre de l’Emploi et membre de la direction du parti, Mohamed Amekraz, le député Brahim Janine et le secrétaire régional Ahmed Aderrak.

Le PJD a subi une cuisante défaite électorale le 8 septembre 2021 et n’a pas été en mesure de réunir les 20 députés nécessaires à la création d’un groupe parlementaire à la Chambre des représentants. De 125 sièges, le PJD a vu sa part au sein de cette chambre réduite à 13 seulement, et ce, grâce aux listes régionales réservées aux femmes.

USFP. Driss Lachguar déjà bien placé pour un 4ᵉ mandat

À une année des élections législatives, prévues en principe à l’automne 2026, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) tiendra son 12ᵉ congrès national du 17 au 19 octobre prochain.

Une manière pour l’actuelle direction des socialistes de se soustraire à toute reddition des comptes après des élections cruciales qui décideront qui dirigera et qui formera le « gouvernement du Mondial » ?

« Nous avons décidé de tenir notre 12ᵉ congrès national à cette date par respect de la loi organique relative aux partis politiques qui les oblige à tenir cette échéance tous les quatre ans. Le mandat de l’actuelle direction et des autres instances expire en décembre 2025, nous ne faisons qu’être en phase avec la loi », nous répond Mehdi Mezouari, membre du bureau politique.

Selon notre interlocuteur, les préparatifs avancent bien. La commission préparatoire, dont la présidence a été confiée au syndicaliste et membre de la Chambre des conseillers Youssef Aïdi, a été structurée en 11 sous-commissions thématiques. Ce sont ces structures qui doivent préparer, outre les aspects logistiques, les documents qui seront soumis à l’appréciation des congressistes. D’ailleurs, selon les règlements intérieurs de l’USFP, chaque membre du Conseil national est obligé de siéger au sein de l’une des sous-commissions.

Remettre l’USFP sur les rails

L’USFP s’attend à une étape cruciale dans son existence. « Pour nous, il est question d’aller plus loin dans le travail entrepris depuis le 11ᵉ congrès pour restaurer le parti, remobiliser nos bases et préparer l’avenir », affirme Mehdi Mezouari.

Sollicité par Médias24, Driss Lachguar, premier secrétaire de l’USFP, n’a pas donné suite à nos relances. D’après son entourage immédiat, il venait de rentrer d’une réunion de l’Internationale socialiste tenue en Turquie et était occupé depuis par les préparatifs d’une rencontre internationale de l’Union des jeunesses socialistes démocratiques arabes (session Palestine) qui se déroulera ce mardi à partir de 16 heures à Rabat. Ce rendez-vous, qui se tiendra jusqu’au 30 mai, est organisé à l’initiative de la Chabiba ittihadia, l’organisation des jeunes de l’USFP.

« Le 12ᵉ congrès national doit être l’occasion de demander des comptes à l’actuelle direction. Il est légitime de la questionner sur ce qui a été réalisé pendant son mandat et qu’elle nous dise ce que pèse le parti aujourd’hui sur la scène politique nationale et, sur un autre registre, d’ouvrir un vrai débat sur l’identité de l’USFP et sur son projet de société », nous confie un jeune cadre qui a pris ses distances avec la famille ittihadie.

« Ceux qui suivent les congrès nationaux de l’USFP savent que c’est le moment idéal pour débattre de tout. Nous ne craignons pas le débat, mais il faut que ce soit dans un sens constructif », répond Mehdi Mezouari.

Notre interlocuteur espère que la période post-12ᵉ congrès, d’une durée de onze mois, sera suffisante pour que l’USFP se prépare aux prochaines échéances électorales.

Pour rester dans l’opposition ? Intégrer le gouvernement issu de ce futur scrutin ? Dans la tradition des socialistes, c’est le Conseil national qui tranche ces questions en fin de compte.

Driss Lachguar, « l’homme de la situation »?

Interrogés par Médias24 sur les éventuels candidats au poste de premier secrétaire de l’USFP, des cadres ittihadis nous répondent qu’aucun candidat ne s’est déclaré pour le moment. Y compris Driss Lachguar lui-même.

« C’est prématuré et, dans l’absolu, l’USFP et son avenir sont plus importants que Driss Lachguar ou n’importe quel militant », explique un membre du Conseil national.

« Ma profonde conviction, et elle est partagée par une écrasante majorité de nos militants, est que Driss Lachguar est l’homme de la situation et que nous allons faire en sorte qu’il brigue un nouveau mandat », affirme d’un ton tranchant Mehdi Mezouari.

« Nous voulons rester dans la continuité et être à la mesure des grandes batailles qui nous attendent », poursuit notre interlocuteur.

Autrement dit, le chemin est balisé pour que rempile l’actuel chef de file de l’USFP, en poste depuis bientôt treize ans après avoir succédé à feu Abdelouahed Radi.

Driss Lachguar, 70 ans et avocat dans le civil, a tout fait au sein de l’USFP qu’il a rejoint au sortir de l’enfance. Militant de base et permanent au siège de la jeunesse du parti à Rabat, il finit par être porté à la direction de cette structure parallèle.

Plusieurs fois député au titre des circonscriptions de la capitale, il a également été ministre des Relations avec le Parlement entre 2010 et 2012 au sein du gouvernement de Abbès El Fassi.

« Par souci d’honnêteté, il faut admettre qu’il n’a d’autre priorité que celle de servir le parti. C’est dans son ADN », affirme un membre du Conseil national.

« Pour percer ou se faire une place au soleil de l’USFP, il vaut mieux être dans ses petits papiers. Nous ne comptons plus les grandes compétences qui ont claqué la porte à cause de lui et de son entourage », glisse un ancien cadre ittihadi.

Pour l’avenir de l’USFP et l’avenir politique de Driss Lachguar, nous aurons une vue plus claire et globale après le 12ᵉ congrès. Et surtout après les élections législatives de 2026.

Représentation, sièges, majorité : l’impact discret mais décisif du RGPH sur les élections 2026

La représentativité parlementaire est un pilier central de la vie démocratique. Elle repose sur un équilibre toujours délicat entre la réalité démographique d’un territoire et la volonté d’assurer une équité de représentation entre régions.

Or, les résultats du recensement 2024 (RGPH)  révèlent des écarts croissants entre certaines circonscriptions. En toile de fond : des enjeux politiques de taille. Le Maroc devra-t-il redessiner sa carte électorale pour mieux refléter les évolutions de sa population ? Et si oui, selon quelles règles, avec quelles conséquences politiques ? Décryptage avec David Goeury.

David  Goeury

Représenter le peuple : entre logique démographique et équilibre territorial

– Médias24: De quelle manière les résultats du recensement général de la population et de l’habitat RGPH 2024 influencent-ils les prochaines élections législatives prévues en 2026 ?

David Goeury : L’une des questions essentielles en politique, c’est la représentativité des élus au Parlement.

Comment construit-on la représentativité ? Pour cela, deux logiques sont associées.

D’une part, la logique démographique, c’est-à-dire le nombre d’habitants par circonscription ou par siège. Pour la Chambre des représentants, on essaie d’avoir un nombre de sièges plus ou moins proportionnel à la masse démographique de la population concernée.

D’un autre côté, il y a la logique d’équité territoriale. La chambre doit refléter l’ensemble du territoire marocain, même les régions les moins densément peuplées.

Lorsqu’on passe en revue toutes les provinces, on constate qu’il y a un seuil minimum de représentativité qui est de deux sièges par province et ce, quelle que soit sa démographie.

À titre d’exemple, le recensement montre que les populations de provinces comme Tata, Tiznit ou Zagora sont en légère baisse. Elles devraient néanmoins rester au seuil minimum dans le prochain découpage, deux députés par province. C’est d’ailleurs déjà le cas de Assa Zag ou Tarfaya, de toutes petites provinces, qui ont tout de même deux députés chacune.

Le grand écart : quand certaines circonscriptions explosent, d’autres déclinent

En revanche, ce qui est très intéressant, c’est l’évolution dans les provinces ou les préfectures qui étaient très fortement peuplées et qui perdent de la population. Comparons par exemple Anfa et Nouaceur. Historiquement, Casablanca-Anfa a quatre députés qui sont envoyés à la Chambre des représentants. Mais en dix ans, cette circonscription qui regroupe les 3 communes d’Anfa, de Sidi Beyout et du Maârif est passée de 453.000 habitants à 332.000. Elle a perdu 121.000 habitants, presque le quart.

En revanche, la circonscription électorale de Nouaceur qui correspond à la province de Nouaceur, n’a que trois sièges. Or, elle est passée sur la même période, de 325.000 habitants à 665.000. Sa population a plus que doublé. Va-t-on lui garder le même nombre de sièges ?

En 2014, le rapport de représentativité entre Anfa et Nouaceur était comparable, un député pour 130.000 pour Anfa et un député pour 108.000 à Nouaceur.

Un découpage inchangé serait-il encore juste ?

En 2026, si le nombre de sièges ne change pas, il y aura un ratio d’un député pour 81.000 habitants à Anfa et un pour 221.000, à Nouaceur.

Si l’on garde les anciens nombres de sièges, est-ce qu’on ne va pas créer une injustice territoriale dans la représentation au sein de l’agglomération de Casablanca ?

Le nombre de sièges dans une circonscription n’est jamais une question banale

En dépouillant en détail les résultats du recensement et en les croisant avec le découpage des dernières législatives, on observe plusieurs situations similaires entre les circonscriptions de Rabat et celle de Skhirate-Témara mais aussi à Tanger qui n’a qu’une seule circonscription (Tanger-Asilah, ndlr) avec une liste de 6 sièges et dont la croissance démographique pourrait amener à la subdivision en plusieurs circonscriptions, car elle est passée de 1 million d’habitants à 1,4 million soit une progression de 40%…

Or, les zones où il y a le plus d’enjeux d’accès aux services de qualité, à la restructuration, aux prestations publiques, ce sont justement ces provinces de la périphérie des grandes agglomérations, comme la province de Nouaceur.

Moins de sièges, plus de tension : ce que change le nombre de députés

On peut donc se demander s’il y aura un redécoupage, un rééquilibrage du nombre de sièges, ou bien une augmentation du nombre de députés.

En d’autres termes, va-t-on ajuster en retirant un siège à Anfa pour le rajouter à Nouaceur ? Il faut savoir que le nombre de sièges dans une circonscription n’est jamais une question banale. Plus on réduit le nombre de sièges, et plus la compétition entre les partis devient féroce. En revanche, plus on a de députés dans une circonscription et plus l’importance du “plus fort reste“ se réduit.

-Plus on a de sièges par circonscription, plus on donne une prime aux petits partis. Moins vous avez de sièges, et plus vous avantagez les grands partis…

– Exactement. Parce que les petits partis n’ont pas le pouvoir de mobilisation, de déploiement sur tout le territoire.

Beaucoup de questions restent donc en suspens. Et si jamais il est décidé de prendre en compte les résultats du recensement, cela impactera l’organisation des législatives. Quels que soient les choix, ils auront des conséquences politiques. Il ne faut pas oublier qu’en 2007, la primature obtenue par l’Istiqlal s’était jouée à 6 sièges sachant que le PJD avait obtenu 9.000 voix de plus mais davantage concentrées dans les villes. En 2021, le RNI malgré une campagne très forte n’a obtenu que 15 sièges de plus que le PAM, 102 contre 87. Or durant la mandature précédente, le PAM avait exactement 102 députés.

– Il y a une quinzaine d’années, il y avait huit grands partis au Maroc, en tous les cas 8 partis qui jouaient ou aspiraient à jouer un rôle. Aujourd’hui, trois d’entre eux ont creusé l’écart avec les autres.

– Dans le cadre de la campagne de 2021, il y a eu une extrême mobilisation du RNI qui a commencé très en amont, dès 2017, avec une organisation extrêmement importante et surtout extrêmement dense avec une couverture maximale des circonscriptions électorales locales.

Face à la vague du RNI, il y a eu des attitudes différentes. L’Istiqlal et le PAM, qui avaient peur d’être les premières victimes du RNI, notamment le PAM, se sont beaucoup mobilisés pour faire face à la très forte campagne de ce parti.

En même temps, il faut rappeler qu’en 2021, les élections se sont préparées en amont, par les élections d’abord syndicales, puis professionnelles, puis la mobilisation locale pour les élections communales et régionales, et enfin pour les législatives. Les élections syndicales et professionnelles ont permis aux partis de se préparer.

Enfin, pour les élections communales, régionales et législatives qui ont eu lieu le même jour, c’est la mobilisation locale pour les élections communales qui explique la forte mobilisation électorale, mais aussi le résultat des élections législatives.

Les partis qui n’avaient pas une architecture solide et des relais locaux dans un maximum de communes ont été balayés. C’est le changement du calcul du coefficient électoral qui a permis à des partis qui n’avaient pas une forte capacité de mobilisation, d’obtenir suffisamment de sièges pour constituer des groupes, aidés par les listes féminines régionales.

Qui parlera au nom du gouvernement ? Et qui portera la critique ?

Ils ont aussi réussi à se positionner en quatrième ou cinquième position dans des circonscriptions qui sont en liste assez importante. Même s’ils n’avaient pas la même puissance pour mobiliser des électeurs et des électrices, ils ont obtenu quelques élus. Maintenant, dans le contexte de la coalition tripartite du gouvernement, ils se sont retrouvés complètement minoritaires au parlement et dans la difficulté de se faire entendre.

Est-ce que cette configuration va se maintenir dans le cadre de 2026 ? Est-ce que ces partis vont essayer de se mobiliser sur la critique du bilan du gouvernement ? Ou est-ce qu’on va avoir justement des élus qui ne veulent pas associer leur destin au bilan du gouvernement et puis se présenter dans le cadre de ces partis d’opposition? À ce stade, ce sont des questions sans réponse. Qui va défendre le bilan du gouvernement ? Le RNI ou les trois partis coalisés ? Et qui va attaquer ce bilan ? Seulement les partis d’opposition ou aussi des députés de la Majorité ?

Abstention urbaine, classe moyenne et recomposition électorale

– Du fait même de l’existence de la coalition actuelle, il y a un déséquilibre des forces qui va jouer dans cette campagne électorale aussi. C’est inévitable. Peut-être même que le tiercé ou le trio gagnant va rester inchangé.

– Si le trio reste le même, la hiérarchie pourrait changer. C’est trop tôt pour le dire. Puis surtout, il va y avoir plein d’enjeux qui vont se jouer. Par exemple, pour chacun des trois partis, qui va assurer le leadership de la campagne ?

Puis aussi, quel va être le comportement des électeurs urbains du PJD, qui se sont fortement abstenus en 2021 dans un rapport très critique de la gestion par le PJD, pas seulement du gouvernement mais aussi des villes? On voit bien qu’il y a des tentatives pour les mobiliser de nouveau, notamment dans les nombreuses manifestations pour la paix à Gaza.

Et la classe moyenne urbaine, comment va-t-elle se comporter ? Cette classe qui a subi d’un côté l’inflation sans accéder aux nouvelles aides sociales accordées aux plus pauvres. Elle a obtenu récemment le réaménagement de l’impôt sur le revenu, mais pas d’aides directes.

Si le trio reste le même, la hiérarchie pourrait changer. C’est trop tôt pour le dire. Puis surtout, il va y avoir plein d’enjeux qui vont se jouer.

Et cette classe moyenne, elle s’est fortement abstenue aux élections de 2021. Il y avait un recul de la participation dans les grandes métropoles. On voyait bien que l’électorat du PJD ne s’est pas converti pour aller voter vers un parti de la coalition gagnante. Mais, en fait, s’est abstenu.

Est-ce qu’ils vont être à même de se remobiliser pour les élections de 2026 ? Cela peut tout changer, parce que s’ils se remobilisent, c’est un électorat extrêmement nombreux.

Si l’électorat des classes moyennes urbaines se remobilise en faveur du PJD, il n’est pas certain qu’on ait le même tiercé gagnant.

– Qu’est-ce qui s’est passé pour le PJD, avec plus de détails, en 2021?

– En fait, c’était une critique extrêmement profonde de la gestion communale par le PJD, c’est-à-dire que ce qui s’est produit, c’est que les militants et les sympathisants ont été extrêmement déçus de la gestion locale des grandes villes par le PJD. Il y avait des responsables du PJD qui cumulaient à la fois la présidence de commune et la position de députés à la chambre de représentants, et ils ne se sont pas appuyés sur la génération des jeunes militants qui avaient des profils plus technocratiques à même de se saisir des défis de la gestion communale.

Et donc il y a eu une critique très profonde, avec le sentiment qu’ils n’avaient pas réussi à mener leur agenda au niveau national, mais surtout qu’ils étaient complètement incapables d’agir au niveau local où ils étaient majoritaires dans de très nombreuses villes. Ces élus PJD étaient issus de la première génération de militants et connaissait un vieillissement. Ils n’avaient pas mesuré l’ampleur de la charge de travail du fait de la nouvelle législation de 2015 sur les collectivités territoriales qui induit un engagement très fort du président de commune au quotidien. Ils ont été rapidement submergés par le cumul des mandats n’arrivant pas à suivre les projets communaux.

Les militants et les sympathisants ont été extrêmement déçus de la gestion locale des grandes villes par le PJD.

Les militants ont été très critique. Ils ont exigé le non-renouvellement des investitures des très nombreux présidents sortants des grandes villes. En revanche, les militants ont salué l’engagement des femmes élues et très impliquées dans les conseils communaux et les conseils régionaux en actives en en les nommant têtes de liste pour les circonscriptions législatives régionales. Ce sont elles qui assurent depuis 4 années la présence du PJD à l’chambre des représentants.

– Le PJD n’est pas le seul à se positionner sur la classe moyenne. L’Istiqlal est très actif dans ce domaine…

– Oui, dans son discours, bien sûr. Tous les partis visent la classe moyenne urbaine mais dans les faits, elle est la grande oubliée des 4 dernières années. Le RNI s’est positionné sur une stratégie qui privilégie la classe entrepreneuriale urbaine et le monde rural. Après, pour chaque parti, est-ce que les militants arriveront à convaincre la classe moyenne ? En ville, c’est particulièrement incertain tant le désenchantement politique est important. Est-ce que ce désenchantement se transformera en vote protestataire ? Et est-ce que le PJD sera à même d’en tirer parti ? Ou est-ce que la classe moyenne urbaine préférera soutenir l’un des deux autres partis de la coalition en sanctionnant prioritairement le RNI ?

La deuxième partie de l’entretien avec David Goeury sera publiée lundi 19 mai 2025.

Élections 2026 : qui pilotera le « gouvernement du Mondial » ?

Avancer une hypothèse à près d’une année et demie des élections législatives de 2026 n’est pas une tâche aisée et dénuée de risque. En dix-huit mois, on ne sait pas de quoi demain, la semaine ou le mois à venir, voire le prochain trimestre ou le premier semestre de 2026 seront faits. Mais, comme la scène politique marocaine a horreur des changements brusques, rien ne prédit un changement de cap d’ici les prochaines élections législatives.

À ce stade, on voit mal un ou deux partis sortir de l’attelage actuel et faire cavalier seul.

Le plus important changement sur lequel les Marocains tablaient et qu’ils appelaient de tous leurs vœux a bien eu lieu en octobre 2024 avec le remaniement ministériel et l’arrivée des secrétaires d’État.

Depuis plusieurs mois, les trois partis de la majorité (RNI, PAM et PI) sont entrés en pré-campagne électorale. La première phase consiste à re-mobiliser leurs bases, mais aussi et surtout à recruter de nouveaux militants.

Les chefs montent au front

Le 11 janvier 2025, Aziz Akhannouch annonçait la couleur lors de la réunion du conseil national de son parti, où il a surtout révélé une prochaine tournée nationale de communication et de contact avec les militants et les citoyens.

Il semblait répondre à Nizar Baraka qui, la veille (le 10 janvier), s’est fait le porte-voix des jeunes Marocains en déplorant les conditions de vie, l’absence de perspectives…, un véritable discours d’opposition à la limite du radicalisme.

Le secrétaire général du parti de l’Istiqlal reviendra à la charge le 15 février à Had Ouled Frej (province d’El Jadida) où il avait lancé le programme « 2025, année du bénévolat » en présence de quelque 3.500 personnes.

Enfin, le 4 mars, et en grande pompe, le PAM a annoncé sa nouvelle initiative, « Génération 2030« , visant à encourager la participation des jeunes aux affaires politiques.

Tous ces ingrédients nous donnent un petit aperçu d’une pré-campagne électorale qui a démarré sur les chapeaux de roue, même si les trois partis de la majorité disent inscrire ces activités et initiatives dans le cadre de la vie et de la dynamique normales de ces formations.

Une dynamique normale quand un Mehdi Bensaid, membre de la direction collégiale du PAM, annonce que son parti dirigera « le gouvernement du Mondial » ? Une déclaration qui n’a pas été du goût de ses deux autres partenaires de la majorité et surtout de celui des dirigeants du RNI.

Qui portera le brassard du capitaine ?

Mais l’impression générale qu’on donne au sein de la majorité atteste d’une grande ambition de revenir aux affaires après les élections législatives de 2026. « C’est une ambition légitime au vu de l’action menée jusque-là par ce gouvernement dans un contexte assez difficile », affirme un jeune cadre d’un parti de la coalition de Aziz Akhannouch.

Cela voudrait-il dire qu’il pourrait y avoir une coordination collective entre les trois partis dans la perspective de ce scrutin décisif ?

« Les trois partis veulent rempiler et former ce que vous appelez le « gouvernement du Mondial », sauf qu’ils veulent tous avoir droit au brassard du capitaine », poursuit notre interlocuteur. Comprenons que chacun des partis de l’actuelle majorité va chercher à ravir la première place sur le podium lors du prochain scrutin législatif, et voir ainsi le futur chef du gouvernement issu de ses rangs.

Cette concurrence serait-elle synonyme d’éventuelles divergences entre les partis de la majorité dans les mois à venir ?

« Des frictions, on y assiste déjà et depuis plusieurs mois, entre les responsables et les élus des trois partis. Attendez-vous à ce que le ton monte dans les mois à venir », répond un cadre de la majorité.

Interrogés par nos soins, plusieurs membres dirigeants des trois partis affirment que, pour le moment, il n’est question d’aucune coordination entre les trois composantes dans la perspective du prochain scrutin législatif.

« Pour notre part, nous essayons de mettre de l’ordre en interne et de ressouder nos rangs. Nous n’avons pas la tête à autre chose », avoue un membre de la direction du PAM.

« Même si, au niveau central, les chefs des partis de la majorité tombent d’accord sur une ébauche de coopération lors des prochaines élections législatives, il leur sera difficile d’en convaincre les leaders de ces partis au niveau des régions. En ce qui nous concerne, par exemple, n’allez surtout pas imaginer que la direction impose des alliances à nos militants dans les trois régions du Sahara ou dans le Souss, voire dans le Rif », avoue un membre du conseil national du PI. Un expert explique que la concurrence frontale est inévitable dans toutes les circonscriptions qui ont moins de trois sièges à pourvoir.

Qui sera alors l’avocat du bilan gouvernemental ?

En toute logique, le bilan du gouvernement doit être l’affaire de toutes les composantes de la majorité, qui doivent le défendre comme un seul homme. Mais la pratique, au Maroc, a toujours démontré le contraire. Au moment des campagnes électorales, chaque composante d’une coalition gouvernementale cherche à tirer la couverture vers elle, à s’approprier les bonnes performances et à essayer de prendre ses distances avec les couacs.

On s’en souvient comme si c’était hier. À la fin du mandat du gouvernement El Fassi (2007-janvier 2012), tous les partis représentés au sein de cette équipe avaient repris à leur actif la mise en place du Fonds des aides sociales. Rebelotte avec le gouvernement Benkirane (2011-2015) quand le chef de file du PJD avait mis à l’actif de son parti l’instauration des aides aux veuves. Cela avait donné lieu à des échanges houleux entre les membres du PJD et les autres composantes du gouvernement.

« Nizar Baraka faisait état de son inquiétude quant au sort des jeunes Marocains. Croyez-vous qu’il va changer de discours, lors d’un éventuel meeting électoral, pour faire les éloges du gouvernement en matière de création d’emplois ? », explique un jeune cadre du PI. Idem pour ce qui est du pouvoir d’achat et du niveau de vie des couches moyennes.

Mais, au-delà des éventuelles escarmouches auxquelles on ne risquerait pas d’échapper, la réalité de l’électorat marocain a beaucoup changé.

Par les temps qui courent, explique un cadre de la majorité, le citoyen lambda n’est sensible ni aux discours politiques ni aux promesses vaseuses qu’on peut lui faire.

« Il va voter pour celui qui remporte sa confiance pour améliorer son quotidien : les aides directes, les augmentations de salaires, les aides aux agriculteurs dans cette difficile conjoncture, l’accès au logement… », ajoute notre interlocuteur.

Médias24 suivra de près ces événements pré-électoraux. Le prochain article sera dédié à l’opposition. Nous donnerons également la parole à tous les partis qui pèsent sur l’échiquier actuel.

Jeunesse et participation politique : le PAM lance l’initiative « Jeel 2030 »

La cérémonie de lancement s’est tenue au Théâtre Mohammed V à Rabat, en présence de Fatima-Zahra El Mansouri, coordinatrice nationale de la direction collective du secrétariat général du PAM, ainsi que des membres de la direction, Mohamed Mehdi Bensaid et Fatima Saadi. Plusieurs membres du Bureau politique et de la jeunesse du parti ont également pris part à l’événement.

À travers cette initiative, le parti ambitionne de mettre en place des programmes et des politiques permettant de renforcer la participation des jeunes à la prise de décision et de favoriser leur intégration dans les dynamiques de transformation du pays.

Dans une déclaration à la presse, Mohamed Mehdi Bensaid a souligné que cette initiative vise « à s’ouvrir aux jeunes et à les écouter à l’ère du numérique, afin d’établir un dialogue efficace qui porte leur voix auprès des acteurs politiques ». Il a également insisté sur la nécessité de « remédier au désintérêt des jeunes pour la politique », un enjeu que le parti cherche à adresser à travers ce projet.

De son côté, Younes Sekkouri, membre du Bureau politique du PAM, a mis en avant l’importance d’investir dans la jeunesse pour façonner une pensée politique vivante et en phase avec les défis et chantiers gouvernementaux à venir. Il a ajouté que « le saut qualitatif attendu à l’horizon du Mondial 2030, tel que tracé par le Roi Mohammed VI, nécessite une génération qui porte cette ambition royale ».

Dans son intervention, Hicham Airoud, membre du Bureau politique du PAM, a souligné la volonté du parti d’appuyer les initiatives portées par la jeunesse et les projets innovants visant à améliorer les conditions sociales et économiques des jeunes Marocains. Il a également insisté sur l’importance de promouvoir la conscience politique et la pensée critique au sein des nouvelles générations afin de les encourager à jouer un rôle actif dans l’élaboration des politiques publiques.

À travers cette initiative, le PAM cherche ainsi à consolider son positionnement en tant qu’acteur engagé dans la formation et l’accompagnement des jeunes, dans une dynamique qui s’inscrit dans la préparation des prochaines échéances électorales.