Mise en service de la première ligne 225 kV vers le complexe portuaire Nador West Med

L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a procédé avec succès à la mise sous tension de la première ligne 225 kV reliant le poste 225/60 kV de Selouane au complexe portuaire Nador West Med.

D’une longueur de 31 kilomètres, cette ligne constitue un maillon essentiel du dispositif principal d’alimentation électrique du nouveau port Nador West Med, peut-on lire dans un communiqué de l’ONEE.

Sa réalisation a mobilisé d’importants moyens humains et techniques, ainsi que l’appui efficace des autorités locales, ce qui a permis de réaliser l’ouvrage dans les délais impartis, poursuit la même source.

Cette nouvelle ligne, qui permettra d’alimenter l’usine de fabrication des pâles d’éoliennes Aeolon, premier industriel à s’installer au niveau du port Nador West Med, s’inscrit dans le cadre d’un vaste projet d’alimentation électrique du complexe portuaire, mené par l’ONEE.

Ces infrastructures permettront de satisfaire durablement les besoins en énergie électrique aussi bien du complexe portuaire que des futures industries qui s’y implanteront, constituant ainsi un levier majeur pour le développement économique de la région orientale et du Royaume, conclut le communiqué de l’ONEE.

L’ONEE obtient un financement de 3,1 MMDH pour renforcer son réseau électrique

Ce financement s’inscrit dans le cadre d’une visite de haut niveau conduite par Ioannis Tsakiris, vice-président de la BEI, Christiane Laibach, membre du directoire de la KfW, et Daniele Dotto, chef de la délégation adjointe de l’UE, sur le site du parc éolien de Jbel Lahdid de 270 MW, réalisé par l’ONEE dans la province d’Essaouira, a indiqué un communiqué conjoint.

Il vise à améliorer l’intégration des énergies renouvelables « à travers le renforcement du réseau électrique du Maroc, dans le cadre de leur coopération stratégique pour soutenir la transition énergétique du Royaume ».

Ainsi, le nouveau financement, structuré et conduit par la BEI (170 millions d’euros) aux côtés de la KfW au nom du gouvernement allemand (130 millions d’euros), « soutiendra une série d’investissements, à réaliser par l’ONEE, destinés à moderniser et étendre le réseau national de transport d’électricité sur 731 km, permettant l’augmentation de la capacité d’évacuation du réseau de transport de 1.850 Mega Volt Amper ».

L’objectif est de « faciliter l’intégration de nouvelles capacités renouvelables dans le système électrique et d’accompagner l’ONEE dans son rôle de gestionnaire du réseau », en appui aux objectifs énergétiques et climatiques du Maroc.

Ces investissements contribueront à « améliorer la sécurité d’approvisionnement, à réduire les émissions de gaz à effet de serre (390.000 t CO2e/an à l’horizon 2030) et à stimuler la croissance dans plusieurs régions du pays », tout en renforçant la résilience du réseau national face à l’augmentation de la demande et aux aléas climatiques.

Ce nouveau financement s’inscrit dans une dynamique ambitieuse portée par l’ONEE, acteur majeur de la transition énergétique du Royaume, souligne la même source, révélant que l’Office a engagé un plan d’équipement de 220 milliards de DH à l’horizon 2030, dont 177 milliards destinés au secteur électrique, visant à porter la capacité installée en énergies renouvelables à 56% d’ici fin 2027.

Modernisation et extension du réseau électrique

Parmi les projets structurants figurent le développement de « 12,5 GW de capacités renouvelables additionnelles, le renforcement du réseau de transport sur plus de 700 km, et la mise en œuvre d’une autoroute électrique de 3.000 MW d’une longueur de 1.400 km entre le sud et le centre du Royaume ». Ces investissements renforcent la sécurité énergétique du pays, soutiennent la décarbonation de l’économie et positionnent le Maroc comme un modèle régional en matière d’énergie durable.

Mis en service en octobre 2024, le parc éolien de Jbel Lahdid est le quatrième projet du programme intégré de l’énergie éolienne de 1000 MW, note-t-on de même source, rappelant que ce projet a été cofinancé par des prêts de 200 millions d’euros (2 milliards de DH) chacun de la BEI et de la KfW au nom du gouvernement allemand, ainsi qu’une subvention de 15 millions d’euros de l’UE.

Doté d’une capacité de 270 MW, le parc devrait produire environ 952 GWh d’électricité renouvelable par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 1,2 million d’habitants. « Il illustre l’impact concret de la coopération européenne dans la mise en œuvre des engagements climatiques du Royaume ».

Partenariat stratégique

En parallèle, la BEI et la KfW ont conclu un accord de coopération renforcée dans le cadre de l’initiative de délégation réciproque (Mutual Reliance Initiative – MRI), qui confie à la BEI le rôle de chef de file pour l’instruction et le suivi du projet. Ce mécanisme permet de « simplifier les procédures pour les autorités marocaines et d’assurer une mise en œuvre plus rapide, coordonnée et efficace des opérations cofinancées ».

Dans ce sens, M. Tsakiris a relevé que le parc de Jbel Lahdid illustre la solidité du partenariat entre le Maroc et les institutions européennes en matière de transition énergétique. « Avec ce nouvel appui de 170 millions d’euros, nous soutenons l’extension du réseau électrique national, un levier essentiel pour renforcer le lien entre production d’énergie verte et infrastructures de transport d’électricité, au service d’une transition énergétique durable et du développement du pays », a-t-il souligné.

Et d’ajouter qu’en assumant le rôle de chef de file dans le cadre de l’initiative de délégation réciproque, la BEI s’appuie sur trois décennies de coopération avec l’ONEE pour offrir un cadre de partenariat plus efficace et mieux coordonné. « C’est un exemple concret de l’approche Team Europe au service de nos clients », a-t-il affirmé.

Pour sa part, l’ambassadrice de l’UE, Patricia Llombart Cussac, a indiqué que « ce programme est une nouvelle démonstration des réalisations concrètes de notre Partenariat Vert Maroc-UE et de l’engagement continu de l’équipe Europe dans le financement de ces infrastructures clés pour la transition énergétique marocaine ».

De son côté, l’ambassadeur de l’Allemagne Robert Dölger, a relevé que l’Allemagne et le Maroc ont construit un partenariat solide et de confiance dans le secteur de l’énergie, qui constitue un modèle de coopération internationale en matière de climat et de développement durable.

« Avec cet accord de cofinancement, nous franchissons une nouvelle étape majeure vers la réalisation de nos objectifs climatiques ambitieux », a-t-il précisé, poursuivant qu’ensemble « nous transformons une vision politique partagée en actions concrètes – à travers des investissements communs dans l’énergie solaire, l’éolien et le développement des réseaux électriques ».

Grâce à cet accord, l’Allemagne contribue désormais à hauteur de plus de 3 milliards d’euros (31,2 milliards de DH) à la transition énergétique et à la résilience climatique au Maroc, a-t-il noté, ajoutant que ce partenariat renforce la responsabilité globale et ouvre la voie vers un avenir plus vert et plus résilient.

Pour sa part, Christiane Laibach, membre du directoire du groupe KfW, a souligné que le Programme d’intégration des énergies renouvelables de 130 millions d’euros est une étape importante dans l’engagement continu en faveur de la transition énergétique au Maroc, notant qu’il soutient la création d’un réseau électrique numérique et robuste pour un avenir dans lequel la majorité de l’électricité proviendra de sources renouvelables.

Les partenariats fiables à long terme, comme celui conclu avec le Maroc et l’ONEE, sont essentiels pour réaliser la transition vers une économie verte, a-t-elle fait savoir, relevant que la KfW soutient la contribution du Maroc à la protection internationale du climat et ouvre des opportunités pour l’industrie allemande et européenne.

Le directeur général de l’ONEE, Tarik Hamane, a, à son tour, indiqué que « sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Royaume du Maroc poursuit résolument sa transition énergétique vers un modèle durable et inclusif », considérant que le nouveau financement de 300 millions d’euros, mobilisé par la Banque européenne d’investissement, la KfW et l’UE, témoigne de la solidité de nos partenariats stratégiques et de la confiance accordée à l’ONEE.

Ce soutien contribuera aux efforts consentis afin d’accélérer la modernisation et le renforcement de notre réseau électrique national, facilitant ainsi l’intégration de nouvelles capacités d’énergies renouvelables, a noté M. Hamane, ajoutant qu’avec une capacité installée de 12 GW, dont plus de 45% issue des énergies renouvelables, et un réseau de transport de plus de 30.000 km, l’ONEE s’engage pleinement à atteindre les objectifs nationaux en matière d’énergies renouvelables à l’horizon 2030.

Ces avancées renforcent la position du Maroc en tant que carrefour énergétique incontournable entre l’Afrique et l’Europe et leader régional et continental en matière de transition énergétique, contribuant activement à la sécurité énergétique, à la décarbonation de l’économie et au développement durable du Royaume, s’est-il félicité.

A rappeler qu’en octobre 2022, l’Union européenne et le Maroc ont conclu un partenariat historique visant à favoriser la transition vers des modes de production et de consommation plus durables. Ce « Partenariat Vert » constitue un renforcement du partenariat existant entre le Maroc et l’Union européenne, mettant davantage l’accent sur les politiques publiques liées à la durabilité et en soutien aux réformes entreprises par le Maroc, notamment dans le domaine des énergies renouvelables et nouvelles.

En marge de la COP28, tenue en décembre 2023 aux Émirats arabes unis, l’UE et le Maroc avaient lancé le programme Énergie verte pour renforcer l’action climatique et la transition énergétique du Maroc. Ce programme soutient notamment l’accélération de la décarbonation du système énergétique en appuyant les réformes destinées à ouvrir le marché de l’électricité, à faciliter l’autoproduction et à renforcer le rapprochement avec le marché européen.

En Espagne, le gouvernement et la justice vont enquêter sur les causes du blackout de lundi 

Toutes « les mesures nécessaires seront prises pour que cela ne se reproduise pas », a assuré le mardi 29 avril le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez lors d’une conférence de presse, annonçant la création d’une commission d’enquête chapeautée par le ministère de la Transition écologique.

« Les techniciens du réseau électrique continuent à réaliser une analyse de leur système. Nous attendons de recevoir leurs résultats préliminaires dans les prochaines heures ou prochains jours », a-t-il précisé.

« Aucune hypothèse ne sera écartée tant que nous ne disposerons pas de ces résultats d’analyse », a-t-il souligné.

Quasi simultanément, un juge de l’Audience nationale, la juridiction madrilène en charge des affaires les plus graves, dont celles de terrorisme, a de son côté annoncé l’ouverture d’une enquête sur un éventuel « sabotage informatique« .

L’objectif de ces investigations  ? « Déterminer si la panne de courant survenue lundi dans le réseau électrique espagnol, qui a affecté tout le pays, pourrait être un acte de cyber-sabotage contre des infrastructures critiques espagnoles et, si tel est le cas, pourrait être qualifiée de délit terroriste », résume un communiqué.

À la mi-journée, la piste de la cyberattaque avait pourtant été écartée par le gestionnaire du réseau électrique espagnol (REE).

« Au vu des analyses que nous avons pu réaliser jusqu’à présent, nous pouvons écarter un incident de cybersécurité dans les installations du réseau électrique », a assuré Eduardo Prieto, directeur des opérations du gestionnaire de REE.

Une piste également exclue par le gouvernement portugais, même si les causes de cet évènement inédit restent encore à préciser, REE ayant évoqué dès lundi soir une « forte oscillation des flux de puissance » sur le réseau électrique, « accompagnée d’une perte de production très importante », un phénomène ayant entraîné la déconnexion du système espagnol du réseau européen.

Lors de sa conférence de presse mardi en début d’après-midi, Pedro Sánchez a également pris soin d’assurer que la méga-panne électrique n’était pas liée à un manque d’énergie nucléaire en Espagne, rejetant les critiques émises notamment par le parti d’extrême droite Vox, relayées aussitôt par de nombreux utilisateurs sur les réseaux sociaux.

« Ceux qui lient cet incident au manque de nucléaire mentent franchement ou démontrent leur ignorance », a insisté le chef du gouvernement espagnol.

La question du nucléaire est au cœur du débat politique depuis plusieurs mois en Espagne, le gouvernement ayant annoncé la prochaine fermeture de deux de ses sept derniers réacteurs, qui pèsent pour 20% de son mix électrique, contre 40% pour le solaire et l’éolien.

Selon REE, le système électrique espagnol, qui avait été remis en marche à plus de 99% mardi matin, était à la mi-journée pleinement opérationnel, comme le réseau portugais selon l’opérateur REN.

Dans les rues des villes espagnoles, le retour du courant lundi soir a souvent été accompagné d’applaudissements et de cris de joie des habitants.

Il a permis de rétablir le trafic ferroviaire sur plusieurs grands axes, dont Madrid-Séville et Madrid-Barcelone, selon la compagnie nationale Renfe.

À la gare d’Atocha, la situation restait encore compliquée mardi matin, avec une foule de passagers attendant désespérément leur train. À chaque annonce d’un départ, les voyageurs applaudissent, ont constaté des journalistes de l’AFP.

À Madrid, bars et magasins ont rouvert progressivement leurs portes mardi matin, reprenant une activité normale après avoir dû pour la plupart fermer leurs portes dans la précipitation lundi.

La plupart des écoles ont également accueilli normalement les élèves, même si le système espagnol très décentralisé laisse une grande latitude aux différentes régions pour trancher ces questions.

Déjà, les Espagnols tirent des leçons de cette extinction subite de tout le système électrique.

Avoir chez soi un transistor, des piles, des bougies et du liquide : c’est ce que beaucoup retiennent, comme Valentin Santiago, technicien environnemental de 48 ans, qui ne souhaite « jamais, ô grand jamais » se séparer de sa bonbonne de gaz.

« Ça a été une après-midi de répit, une pause technologique, une déconnexion improvisée. […] On est prêts pour n’importe quoi depuis la pandémie, tout nous paraît plus simple », estime de son côté Marcos Garcia, un avocat madrilène âgé de 32 ans.

Le retour complet à la normale était attendu avec impatience en Espagne comme au Portugal après une longue journée passée à jongler avec les difficultés, entre métros fermés, bus saturés, trains bloqués et communications extrêmement difficiles.

(Avec AFP)

Télécoms : perturbations chez certains opérateurs marocains après la panne électrique massive en Europe

Des perturbations de la connexion internet ont été constatées ce lundi chez certains opérateurs télécoms, tant au niveau de la fibre optique que de la connexion 4G.

Orange Maroc a communiqué officiellement. Selon l’opérateur, ces problèmes sont liés à la panne massive d’électricité qui a touché la péninsule ibérique. « Perturbation du trafic Internet suite à la panne massive d’électricité en Espagne et au Portugal qui affecte les liens internationaux », a indiqué Orange Maroc dans une publication sur ses réseaux sociaux.

Selon une source professionnelle, ces perturbations sont dues aux interconnexions à l’Europe via des câbles sous-marins. « Il n’y a pas de coupure totale de connexion, mais une congestion du trafic et une forte baisse du débit », explique à Médias24 une source professionnelle.

 

Lundi en fin de matinée, une coupure de courant d’une ampleur exceptionnelle a frappé l’ensemble de la péninsule ibérique, paralysant notamment le trafic ferroviaire en Espagne et affectant brièvement le sud de la France.

Selon les gestionnaires des réseaux électriques espagnol (Red Eléctrica) et portugais (REN), tel que rapporté par l’AFP, l’incident serait lié à un problème sur le réseau de transport d’électricité, dont la cause est encore en cours d’analyse.

Cette panne a également eu des répercussions sur les infrastructures numériques, perturbant les liaisons internationales utilisées par les opérateurs internet.

La centrale Noor Ouarzazate III de nouveau opérationnelle après une remise en état

L’arrêt de février 2024 est survenu à la suite d’une fuite détectée dans le réservoir de sels fondus chauds, composant essentiel pour la production et le stockage thermique, rappelle Masen dans un communiqué.

Ce dysfonctionnement sur un équipement critique soumis à de fortes sollicitations thermiques et mécaniques, a nécessité une intervention de haute technicité pour sa réparation.

Mise en service en 2018, la centrale repose sur une technologie de concentration solaire des miroirs héliostats vers une tour centrale, avec stockage de la chaleur par sels fondus à très haute température (jusqu’à 565°C) pour produire de l’électricité même après le coucher du soleil.

La remise en service a suivi une démarche rigoureuse, mobilisant l’expertise technique de Masen et de ses partenaires, des interventions ciblées et des opérations de contrôle renforcé, poursuit la même source. Chaque étape a été conduite dans le respect des exigences de sûreté et de sécurité, avec un souci constant de garantir des conditions de redémarrage maîtrisées et un fonctionnement optimal de l’installation, ajoute Masen.

Dans une logique de fiabilisation à long terme, un second réservoir avec une conception améliorée est en cours de construction. Il viendra compléter l’infrastructure existante et renforcer la résilience de l’exploitation.

« Cette remise en service est le fruit de la forte mobilisation de nos équipes sur le terrain. Ce sont des opérations menées dans un contexte technique exigeant. Cette réalisation reflète notre capacité à faire face à des situations complexes avec méthode et responsabilité, dans le respect des standards internationaux de performance et de durabilité. Elle permet ainsi de réaffirmer le savoir-faire et l’expertise marocaine dans le domaine des Energies Renouvelables », a déclaré Tarik Ameziane Moufaddal, président directeur général de MASEN, cité dans un communiqué.

Électricité. L’ANRE amorce une révision de son cadre juridique et organisationnel

L’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE) a été instituée en vertu de la loi n° 48-15 relative à la régulation du secteur de l’électricité et à la création de l’ANRE pour garantir le développement stratégique de ce secteur clé pour le Royaume.

Afin de consolider sa souveraineté énergétique, le Maroc ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à plus de 52% du mix électrique national à l’horizon 2027. Cette transition a favorisé une ouverture progressive à la concurrence et a rendu indispensable l’instauration d’un cadre de régulation adapté et indépendant.

Le mercredi 4 décembre 2024, lors de la nomination d’un nouveau président de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité, le Roi Mohammed VI avait donné ses orientations en faveur d’une refonte majeure de cette Autorité à travers un élargissement significatif de ses attributions, qui incluront, outre l’électricité, des secteurs stratégiques tels que le gaz naturel et les énergies nouvelles, à l’instar de l’hydrogène et de ses dérivés.

Cette restructuration permettra de couvrir toute la chaîne de valeur de l’énergie : production, stockage, transport et distribution.

L’étude commandée par l’ANRE vise ainsi à identifier les leviers de son repositionnement stratégique afin de s’affirmer comme un régulateur indépendant, performant et capable d’accompagner les profondes mutations du secteur énergétique. Elle porte également sur la refonte de son cadre juridique et organisationnel dans le but d’optimiser sa gouvernance, d’améliorer son fonctionnement opérationnel et de renforcer sa capacité d’adaptation aux enjeux et aux exigences du métier de la régulation.

L’estimation du coût des prestations est fixée à 3,9 millions de DH. Le délai d’exécution de l’étude est de 3 mois.

Électricité : la moyenne tension accessible aux producteurs privés, en attente des tarifs d’excédents

Les producteurs d’électricité sont autorisés à vendre à des clients moyenne tension (MT). C’est le principal apport de la dernière décision de l’ANRE, la décision 02-25 fixant les tarifs d’utilisation des réseaux électriques de moyenne tension de la distribution (TURD). La décision fixe ainsi le TURD à 5,95 centimes par kWh à partir du 1ᵉʳ mars 2025 jusqu’au 28 février 2027.

Une décision attendue depuis décembre dernier. Les opérateurs ont, en effet, été informés par le régulateur des prochaines décisions qui devaient permettre la complétion du cadre réglementaire des lois sur l’énergie renouvelable (40-19 modifiant et complétant la loi n°13-09) et sur l’autoproduction électrique, la loi 82-21.

Concrètement, la loi fixe les conditions techniques et économiques (le prix) pour que des producteurs indépendants accèdent au réseau moyenne tension. C’est-à-dire combien les régies et les sociétés régionales multiservices (SRM) vont facturer comme droit de passage dans leurs réseaux à des producteurs indépendants.

Selon un industriel contacté par Médias24, « les niveaux de prix fixés par le régulateur sont intéressants et permettent aux projets d’énergie renouvelables d’être compétitifs ». Toutefois, déplore notre opérateur, « il reste encore des éléments non encore définis par le régulateur et qui nécessitent éclaircissement ».

On ne sait pas comment va s’appliquer cette décision pour la cession des 20% d’excédent de production fixée par la loi 82-21.

Il s’agit notamment des modalités d’application de cette décision, surtout pour le cas des projets d’autoconsommation électrique. « Si pour les producteurs déjà connectés au réseau de haute tension (loi 40-19), les choses sont plus claires aujourd’hui, on ne sait pas comment va s’appliquer cette décision pour la cession des 20% d’excédent de production fixée par la loi 82-21 ».

En effet, la décision ne précise pas qui va calculer ces excédents, comment, notamment sur l’obligation d’ajouter un compteur supplémentaire pour mesurer les volumes qui transitent par le réseau, quelles normes de compteur, quelle certification, qui fera le contrôle, etc. Des détails techniques qui empêchent encore pour le moment l’entrée en vigueur de la loi sur l’autoconsommation.

Autre détail qui manque, et pas des moindres. C’est le détail économique. Si le prix du droit de passage de l’électricité est fixé, le prix de vente de l’excédent de l’autoconsommation n’est, lui, pas encore fixé et nécessitera une nouvelle circulaire.

La dernière décision vient ainsi servir en priorité les projets entrant dans le cadre de la loi 40-19, leur permettant de facto d’accéder aux lignes de moyenne tension et donc de vendre directement à des clients MT. En gros, ce sont essentiellement les opérateurs qui ont déjà des capacités installées en production qui vont bénéficier directement de la décision, en attendant l’entrée en production des autres ou le développement de nouveaux projets avec des business models plus précis permis par la tarification mise en vigueur.

Saint-Gobain Maroc et Nareva signent un accord d’approvisionnement en électricité éolienne

Avec près de 35 GWh par an, l’accord passé avec le groupe Nareva a pour objectif de couvrir près de 90% de la consommation électrique du site de production de Saint-Gobain Sekurit Maroc à Kenitra, soit 25.000 tonnes d’émission de CO2 qui devraient être évitées chaque année, peut-on lire dans un communiqué.

La durée d’engagement du partenariat entre Saint-Gobain et le groupe Nareva est de 20 ans.

D’ici l’été 2025, Saint-Gobain Maroc a pour ambition de renforcer cette initiative avec l’installation de panneaux solaires en toitures à Kenitra, poursuit la même source. Le site sera alors fourni avec près de 95% d’électricité verte.

Cette action est en ligne avec l’engagement pris par le groupe Saint-Gobain d’atteindre zéro émission nette de carbone d’ici 2050 et de favoriser l’émergence d’une économie à faible émission de carbone, souligne le communiqué.

Fonds de dette. « Un nouveau modèle à dupliquer pour les financements à venir » (Tarik Hamane )

Médias24 : C’est la première fois que le marché recourt aux fonds de dettes. Qu’est-ce que vous en tirez comme expérience ?

Tarik Hamane : Tout d’abord, c’est une première opération du genre à l’échelle du Maroc. Il faut dire que l’ONEE a été relativement pionnier en termes de financement, puisque nous avons été les premiers à faire la titrisation de créances au Maroc. Même en termes d’IPP, nous étions les premiers à le faire à l’échelle du continent. Y compris au Moyen-Orient à l’époque.

Deuxièmement, on remarque qu’il y a une manne aujourd’hui, et c’est le marché des capitaux qui n’a pas encore été suffisamment exploité. Cela a été démontré par le fait qu’il y a eu un engouement du marché pour l’opération, puisqu’elle a été sursouscrite plusieurs fois [sur les 2 milliards concernés, l’opération a attiré près de 7 milliards, ndlr]. Cela montre aussi l’appétit et l’intérêt du marché pour l’ONEE et pour les projets stratégiques de l’Office. Pour nous, c’est un nouveau modèle que l’on va tenter de dupliquer pour les financements à venir.

– Avez-vous une idée des prochains projets qui peuvent être concernés par ce genre de financement ?

– Effectivement, pour des ouvrages de production, de stockage ou de flexibilité du réseau, on va essayer de faire appel à ce mode de financement, notamment le stockage par batteries.

L’ONEE reste l’opérateur parce que l’autoroute fait partie du système électrique national

On a quelques projets de stockage par batteries qui sont prévus pour la stabilité du réseau et pour renforcer la capacité de stockage pour la gestion de la pente.

– Et pour le photovoltaïque ?

– Non, pas forcément. Nous comptons installer des solutions de stockage par batteries pour le réseau et pour la flexibilité. Et peut-être même d’autres types d’opérations thermiques qu’on peut envisager.

– Cela pourrait-il concerner les projets de réseau et l’autoroute électrique Dakhla-Casablanca ?

– Non. Pour le réseau, c’est essentiellement du financement concessionnel. Parce que ce sont des infrastructures qui ont une rentabilité à long terme. Et les bailleurs de fonds multilatéraux ont l’habitude de financer ce projet avec des taux très bas. Donc, on va garder ce levier, à part la ligne courant continu. Là, cela va être du financement à travers le privé. Pour l’autoroute, c’est un autre processus qui va se faire avec le concours du privé, en concession. C’est le schéma vers lequel on s’oriente. Bien sûr, l’ONEE reste l’opérateur parce que l’autoroute fait partie du système électrique national. Mais l’avantage de ce mode de financement, c’est qu’on peut le faire maintenant et que cela peut se faire même dans le cas d’un PPP. L’essentiel, c’est que c’est associé à un projet.

– Et pour l’eau et le dessalement ?

– Pour la plupart des stations de dessalement, on va le faire en PPP, sauf les petites. Effectivement, concernant ces dernières, cela peut être un schéma de financement. Aujourd’hui, l’arbitrage va se faire en termes de conditions de financement entre les conditions bancaires et le recours au marché financier, notamment les opérations qui ne recourent pas à la garantie de l’État.

Tous les bailleurs de fonds ne financent pas les turbines à gaz

Donc l’idée, c’est de faire davantage appel au marché des capitaux. Pour cette opération, cela a été quasiment du 50/50 entre secteur bancaire et marché de capitaux. Mais, au fur et à mesure que le marché s’approprie le produit et le comprend, les conditions vont s’améliorer et la partie financement du marché va augmenter.

– On a observé quand même que c’était un montant assez faible par rapport aux besoins de l’ONEE…

– C’est une opération. On finance un projet. On ne finance pas les besoins de l’ONEE. Donc cela reste quand même un projet important. On parle de 1.000 MW et de 4 milliards de dirhams. C’est significatif, mais c’est un premier projet. On a d’autres projets qui portent essentiellement sur le stockage ou la flexibilité pour lesquels on va essayer de faire appel à ce type de fonds structurés.

– Pourquoi avez-vous recouru à ce type de financement alors que cela aurait pu être financé par d’autres mécanismes comme des prêts concessionnels ou 100% bancaires ?

– Avec le concessionnel, cela aurait été difficile parce que tous les bailleurs de fonds ne financent pas les turbines à gaz. Moi, je pense que c’est une belle opération qui nous a permis de sortir avec des taux beaucoup plus intéressants que les taux des banques classiques. C’est vrai qu’on a quand même levé de la dette bancaire, mais du 50/50, c’est déjà pas mal. Je pense que c’est un bon modèle. Et l’objectif qui a été fixé, c’est qu’à terme, la partie banque va être réduite. De toute manière, avec tous les projets d’infrastructures que connaît le Maroc, il y aura une grande pression sur le prêt bancaire, et le recours à ce genre de financement deviendra une nécessité.

Avec tous les projets d’infrastructures que connaît le Maroc, il y aura une grande pression sur le prêt bancaire, et le recours à ce genre de financement deviendra une nécessité

– On peut avoir une idée du taux que devra payer l’ONEE entre le prêt et la levée ?

All in, on est autour de 4,5%, qui est un très bon taux.

– Concernant les remboursements, ils se feront sur les revenus futurs de la centrale. Pouvez-vous nous donner plus de détails ?

– Globalement, il y a le coût de l’investissement, celui du fonctionnement, y compris la maintenance [un contrat de maintenance à long terme a d’ores et déjà été signé avec Mitsubishi, fournisseur de la turbine, ndlr], ainsi que le coût du carburant. En face, il y a un volume d’électricité produite. Nous allons payer la centrale avec le prix de vente, qui égale la somme des coûts actualisés multipliée par le volume. Ce volume est nanti. Il s’agit, dans le business model, de 30% de la capacité totale de la centrale. Cette dernière ne devant fonctionner que durant la pointe, soit quasiment 30% du temps.

Signature de l’accord d’interconnexion électrique entre le Maroc et la Mauritanie

Comme annoncé il y a quelques jours, un mémorandum d’entente portant sur les secteurs de l’électricité et des énergies renouvelables a été signé ce jeudi 23 janvier à Rabat par la ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, et son homologue mauritanien, Mohamed Ould Khaled. Il inclut une clause relative au projet d’interconnexion électrique entre le Maroc et la Mauritanie.

Cet accord historique marque un pas vers l’accélération de la coopération entre le Maroc et la Mauritanie et l’intégration régionale entre les deux pays voisins, dans le domaine hautement stratégique de l’électricité.

Il prévoit la mise en œuvre de projets destinés à électrifier les zones rurales et à promouvoir des initiatives en faveur des énergies propres, précise un communiqué publié à l’occasion. La même source ajoute qu’il est également question d’harmoniser les normes électriques entre les deux pays.

Cette coopération vise à contribuer à la sécurité énergétique, à diversifier les sources d’approvisionnement et à étudier la mise en place d’un projet d’interconnexion électrique permettant de stabiliser les réseaux et d’améliorer l’approvisionnement en électricité.

Les discussions entre les deux ministres ont également porté sur des projets stratégiques majeurs, tels que le gazoduc reliant le Maroc au Nigéria, ainsi que sur des initiatives dans les énergies nouvelles, notamment l’hydrogène vert.

 

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L’ONEE met en service deux lignes 400 kV entre le poste El Ouali et la centrale solaire de Midelt

D’une longueur totale de 2 x 136 km, ces lignes s’inscrivent dans le cadre des investissements de l’ONEE pour renforcer le réseau national de transport électrique. Selon l’ONEE, elles visent à accompagner l’intégration des énergies renouvelables et à assurer une transmission électrique performante.

Cette mise en service représente une étape importante dans le renforcement et l’expansion des réseaux Haute Tension, soutenant ainsi la transition énergétique ambitieuse du Royaume, ajoute l’ONEE.

L’ANRE lance une consultation publique sur la tarification des réseaux électriques de moyenne tension

Cette consultation est lancée dans le cadre de la fixation des tarifs d’utilisation des réseaux électriques de moyenne tension au titre de la période 2025-2027. La publication de ces tarifs par l’ANRE doit intervenir d’ici février 2025.

L’Autorité nationale soumet donc à l’avis du public le projet de méthodologie tarifaire qui servira au calcul desdits tarifs, afin d’offrir un maximum de visibilité aux gestionnaires de réseaux, mais aussi aux autres acteurs du secteur de l’électricité, ainsi qu’au grand public.

L’ANRE explique qu’elle a été élaborée à l’issue « d’une première série de consultations menées en septembre 2024 ».

La consultation se déroule du 6 au 17 janvier 2025, a annoncé l’ANRE, qui appelle à adresser les remarques et suggestions à l’adresse e-mail suivante : consultation-tarifs-MT@anre.ma

La note de consultation publique est téléchargeable sur le lien suivant : https://lnkd.in/er54Rvev

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