Après la fusion, Smurfit Westrock affiche ses ambitions au Maroc

Officialisée le 5 juillet 2024, la fusion de Smurfit Kappa et WestRock ambitionne de créer un « acteur de premier plan mondial dans le domaine de l’emballage durable, réunissant une expérience et une expertise considérables des deux sociétés ».

Une opération stratégique qui permet à la nouvelle entité, « non seulement, d’élargir son offre de solutions d’emballage, mais également de renforcer son engagement en matière de durabilité ».

« Smurfit Kappa a apporté une exécution opérationnelle et des innovations de premier plan en tant que leader européen dans le carton ondulé et le containerboard (carton-caisse), avec une présence importante des panaméricains. WestRock, de son côté, a apporté un leadership dans l’emballage ondulé et de consommation, ainsi qu’une forte présence aux États-Unis, au Canada, au Brésil, au Mexique et en Asie », nous explique Mounir Naciri, PDG de Smurfit Westrock Maroc.

Dans cet entretien, le PDG de la filiale marocaine décrit comment l’intégration des deux entités va transformer le paysage de l’emballage durable, tout en répondant aux défis spécifiques du marché marocain.

Médias24 : La fusion de Smurfit Kappa et WestRock est désormais actée. Comment prévoyez-vous de maximiser les synergies en termes de coûts, de revenus et d’expansion géographique ? Et, surtout, qu’est-ce que cela va changer pour la filiale marocaine ?

Mounir Naciri : Avec l’achèvement de la fusion entre Smurfit Kappa et WestRock, désormais opérant sous le nom de Smurfit Westrock et listé aux Bourses de Londres et de New York, nous entrons dans une nouvelle ère pour l’industrie mondiale de l’emballage durable.

Cette combinaison stratégique positionne Smurfit Westrock comme un leader incontesté du secteur au niveau mondial. Avec plus de 500 sites de transformation d’emballage et 63 usines répartis dans 40 pays sur 6 continents, soutenus par une équipe de plus de 100.000 collaborateurs et générant un chiffre d’affaires combiné de 32 milliards d’euros.

Cependant, il est vrai que l’intégration des deux entités représente un défi opérationnel majeur. Smurfit Westrock doit aligner les opérations et les systèmes tout en conciliant des cultures d’entreprise distinctes. Cela exige une planification minutieuse et un leadership fort.

Ceci dit, la fusion offre une opportunité unique de s’étendre davantage sur de nouveaux marchés. Ici, au Maroc, elle offre un accès direct aux innovations mondiales tout en nous permettant de répondre aux besoins et attentes spécifiques de nos clients locaux. Pour Smurfit Westrock Maroc, il s’agit d’une véritable opportunité de croissance accélérée.

– Quelles sont les nouvelles opportunités de marché qui découlent de la fusion ?

– En unissant nos forces, Smurfit Westrock bénéficie d’une expansion géographique considérable, nous permettant d’atteindre de nouveaux clients et de répondre à la demande mondiale croissante d’emballages durables.

Cette fusion est également un catalyseur d’innovation. La nouvelle entreprise dispose désormais des capacités de recherche et développement les plus sophistiquées et étendues de l’industrie. En combinant les ressources et expertises des deux entités, nous accélérons le développement de solutions d’emballage encore plus respectueuses de l’environnement, adaptées aux besoins variés de nos clients dans des secteurs tels que l’alimentation, la santé et le e-commerce.

Nous n’envisageons pas de fermetures d’usines ; au contraire, il s’agit d’une opportunité de développementDe plus, les synergies opérationnelles résultant de cette fusion offrent des avantages indéniables. En rationalisant nos processus, nous optimisons nos ressources. Cela confère à Smurfit Westrock un avantage concurrentiel non seulement financier, mais également en termes d’efficacité et de réactivité face aux évolutions du marché.

– Envisagez-vous un redéploiement géographique et/ou de capacités de production de vos usines dans le cadre de la fusion ?

– La priorité immédiate est de réussir l’intégration des activités de Smurfit Kappa et de Westrock. Nous n’envisageons pas de fermetures d’usines ; au contraire, il s’agit d’une opportunité de développement.

Smurfit Westrock continue d’examiner le marché pour des opérations inorganiques qui pourraient renforcer ses activités ainsi que sa position dans les régions émergentes, en particulier sur des marchés clés comme l’Afrique et l’Asie.

– Justement, quels sont vos projets sur les marchés marocain et africain ?

– Nous avons de grandes ambitions pour renforcer notre présence au Maroc et à travers l’Afrique, en capitalisant sur les tendances clés de l’industrie de l’emballage.

Avec la montée du e-commerce et la demande croissante pour des solutions d’emballage durables, nous visons à augmenter significativement notre capacité de production.

Nous prévoyons également de nouer des partenariats stratégiques, tant avec des acteurs locaux qu’internationaux, afin de développer des solutions d’emballage innovantes et écologiques, spécifiquement adaptées aux réalités et exigences des marchés marocain et africain.

Il est important de noter que, grâce à notre filiale stratégique Smurfit Westrock Securities Concepts, nous sommes leaders dans les solutions d’identité biométrique, fabriquant des passeports, cartes d’identité, timbres, etc., pour plusieurs pays africains, comme la Tanzanie.

L’usine de Rabat est notre premier projet sur le continent, et également notre premier projet Green Field depuis près de trente ans.

–  Votre premier investissement en Afrique, s’est fait au Maroc …

– Effectivement. Smurfit Westrock a choisi le Maroc pour son premier investissement en Afrique en raison de plusieurs facteurs stratégiques qui démontrent le fort potentiel de ce marché. Tout d’abord, le Maroc bénéficie d’une économie dynamique et en croissance, soutenue par un environnement favorable aux investissements étrangers, notamment grâce au soutien proactif des autorités locales, qui a joué un rôle clé dans notre décision.

Notre usine à Rabat, inaugurée en juillet 2023, représente un investissement de plus de 40 millions d’euros et marque une étape significative dans notre stratégie africaine. Il s’agit de notre premier projet sur le continent, et également de notre premier projet Green Field depuis près de trente ans. Le site de 25.000 m² est conçu pour produire des solutions d’emballage innovantes et durables, avec un accent particulier sur la réduction de l’empreinte carbone. Grâce à l’installation de 1.500 panneaux solaires, l’usine est en mesure de couvrir plus de 55% de nos besoins énergétiques à partir de sources renouvelables.

Le Maroc, avec sa position géographique stratégique et ses infrastructures de haute qualité, est une plateforme idéale non seulement pour desservir le marché local, mais aussi pour se développer dans la région africaine.

De plus, cet investissement a permis de créer environ 400 emplois, directement et indirectement.

– Comment se porte donc votre activité au Maroc ?

– Les opérations de Smurfit Westrock au Maroc connaissent une croissance dynamique et prometteuse avec des installations à Rabat, Tanger, Agadir, Casablanca et Larache.

Notre usine ultramoderne à Rabat, jouant un rôle central dans notre stratégie régionale, est un véritable hub de production.

Nous constatons une demande croissante pour des emballages respectueux de l’environnement, notamment dans le secteur agroalimentaire.

– La nouvelle loi de l’UE sur les emballages en carton destinés à l’agriculture risque de durcir les réglementations. Quels changements anticipez-vous, et comment cela pourrait-il affecter le secteur de l’emballage agricole au Maroc ?

– La récente législation de l’UE sur les emballages (PPWR) introduit des normes plus strictes en matière de durabilité. Ces réglementations exigent des améliorations significatives des pratiques d’emballage pour minimiser l’impact environnemental. Pour les entreprises marocaines, et en particulier le secteur agricole, cela représente un défi considérable, mais aussi une opportunité de se démarquer grâce à l’innovation.

Pour le secteur de l’emballage agricole au Maroc, cela signifie un besoin d’adaptation rapide aux nouvelles normes tout en investissant dans des solutions innovantes. Les entreprises locales devront non seulement se conformer aux exigences européennes, mais aussi anticiper les attentes croissantes en matière de durabilité et d’efficacité. Cette transition pourrait stimuler la modernisation du secteur et ouvrir de nouvelles voies pour l’exportation et la compétitivité sur les marchés internationaux.

Nous croyons fermement que nous pouvons aider les exportateurs marocains à résoudre ces problèmes et les accompagner dans leur transition afin de se conformer aux réglementations de l’UE, étant donné que Smurfit Westrock fait partie du club des 50 meilleurs leaders industriels européens.

– Que propose Smurfit Westrock pour aider les agriculteurs marocains à se conformer à ces nouvelles réglementations ?

– Nous travaillons déjà avec nos clients sur des emballages qui répondent aux nouvelles exigences réglementaires tout en réduisant leur empreinte carbone. Nous avons développé une gamme complète de solutions d’emballage durables conformes aux normes les plus strictes, ce qui permet de répondre aux exigences environnementales et de traçabilité imposée par l’UE.

De plus, Smurfit Westrock met en œuvre des programmes de formation et un soutien technique pour aider les agriculteurs et les exportateurs à comprendre et à adopter ces nouvelles pratiques. Ces initiatives incluent des sessions de sensibilisation aux normes internationales et des conseils pratiques sur la gestion de l’emballage durable, ainsi que l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement pour réduire les coûts tout en respectant les critères réglementaires.

L’objectif est de faciliter une transition réussie vers des pratiques agricoles durables en fournissant à nos partenaires les outils et les connaissances nécessaires pour se conformer aux nouvelles réglementations européennes tout en améliorant leur compétitivité sur les marchés internationaux.

– En raison de la fusion et ses implications, envisagez-vous un changement de stratégie sur le marché marocain ?

– Notre stratégie est claire : être le partenaire de choix des clients en apportant au marché marocain l’expertise et les innovations de Smurfit WestRock. Notre ambition est de contribuer à la transformation de l’industrie au Maroc et en Afrique, en rompant avec les modèles traditionnels. Nous voulons faire de notre investissement au Maroc une référence pour le secteur, et pour inspirer les investisseurs intéressés par la région, et plus largement, l’Afrique.

Les innovations durables de Smurfit Westrock présentées au Fruit Attraction 2024 à Madrid

Pour la première fois depuis sa fusion en juillet 2024, Smurfit Westrock a exposé ses solutions d’emballage innovantes à Fruit Attraction, l’un des événements majeurs du secteur agricole, précise un communiqué de l’entreprise, ajoutant que son stand a permis aux visiteurs de découvrir un éventail de solutions écoresponsables, adaptées aux besoins du marché des fruits et légumes.

« Nous sommes très heureux de participer à cette édition de Fruit Attraction suite à notre fusion et de représenter Smurfit Westrock. Nous présentons pour la première fois à nos clients et visiteurs notre portefeuille combiné destiné au marché des fruits et légumes. Notre engagement envers nos clients hortofruticoles est reflété par notre constante volonté à innover et à leur proposer des solutions d’emballages sur mesure et personnalisées à leurs besoins », a déclaré Mounir Naciri, PDG de Smurfit Westrock Maroc cité dans le communiqué.

Parmi les solutions phares présentées à Fruit Attraction 2024, les visiteurs ont pu découvrir l’EverGrow® de la gamme Save&Green®, un emballage recyclable spécialement conçu à partir  de fibres renouvelables pour les fruits délicats comme les cerises, tomates cerises et myrtilles, poursuit la même source.

Une autre innovation mise en avant est la X FlexForm™ F Series, « une machine capable de produire des plateaux et conteneurs à base de fibres, optimisant la chaîne de production et de distribution tout en garantissant une qualité supérieure ».

Pour sa part, le directeur commercial de Smurfit Westrock Maroc, Amine Sefiani, a souligné l’importance de l’innovation durable dans le secteur : « Nos solutions telles que l’AgroLife®, l’AquaStop™ ou encore le Goliath® sont entièrement recyclables et contribuent à la conservation optimale des produits tout en améliorant l’efficacité logistique ».

Les visiteurs du stand de Smurfit Westrock à Fruit Attraction ont également découvert ses produits innovants TechniPaper®, « tels que l’AgroLife®, qui prolonge la durée de conservation des fruits et légumes, et l’AquaStop™, qui est résistant à l’eau et entièrement recyclable ».

D’autres solutions incluent « le Goliath®, qui est 50% plus léger et améliore l’efficacité de charge et l’empilage, ainsi que le système exclusif P84-10-DTDG B-Stacking, conçu pour le marché des fruits à noyau, garantissant un alignement optimal des emballages tant dans les processus manuels que mécanisés ». De plus, l’Ultramar Smurf, « conçu pour les longs trajets de transit, est idéal pour garantir une grande résistance et la stabilité de l’empilage sur palettes », poursuit le communiqué.

Toutes ces solutions appartiennent à la gamme Better Planet Packaging de Smurfit Westrock, qui propose des alternatives durables aux matériaux à usage unique ou moins durables. Par conséquent, elles sont 100% recyclables et biodégradables, souligne-t-on.

La multinationale compte aujourd’hui plus de 1.600 designers à l’échelle mondiale et une trentaine de Experience Centers. Parmi ces centres, nous retrouvons celui situé dans son usine à Rabat, le premier sur le continent africain. Grâce à sa situation stratégique, le centre d’innovation de Rabat « joue un rôle crucial dans la promotion de l’expansion des solutions d’emballage durables de Smurfit Westrock ».

Lors de cette édition de Fruit Attraction, Smurfit Westrock a organisé une table ronde sur l’importance croissante du branding dans le secteur horticole avec la participation de grands producteurs tels que Fresón de Palos, Plátano de Canarias, Sandías Fashion et Bollo Natural Fruit.

« Cette édition est très spéciale pour nous, car c’est la première fois que nous pouvons présenter à nos clients et visiteurs la grande proposition de valeur de Smurfit Westrock pour le marché des fruits et légumes. Nous offrons une gamme large et diversifiée de solutions d’emballage 100 % durables, avec un fort accent sur l’emballage destiné aux consommateurs », a déclaré Teo Pastor, directeur des Ventes et du Marketing pour Smurfit Westrock Espagne/ Portugal/Maroc.

Copag et Second Wing s’associent à l’émirati Interplast pour créer une nouvelle société d’emballage

Le Conseil de la concurrence a été notifié d’une opération de concentration économique concernant la création d’une entreprise commune dénommée Harco Technology SA par la coopérative agricole Copag, la société Interplast Co. Ltd. et la société Second Wing SA.

Copag, rappelons-le, est active dans l’industrie agroalimentaire, notamment dans la production et la commercialisation de produits laitiers et dérivés, d’agrumes, de légumes et de viandes.

Second Wing est, quant à elle, une société anonyme de droit marocain, sise à Taroudant, active dans le secteur du transport et du stockage de marchandises, au niveau national et international.

Pour sa part, Interplast Co. Ltd. est une société à responsabilité limitée de droit émirati, active dans le secteur de l’emballage industriel et du moulage à façon.

Harco Technology sera constituée sous la forme d’une société anonyme de droit marocain, dont le siège social sera situé chez Copag. Elle  aura pour objet la fabrication de matériel d’emballage en plastique au Maroc.

Emballage pour œufs : « Mooka Environnement » rachète « Plato’F »

« C’est à l’occasion du salon Dawajine qui se tient actuellement à Casablanca, que Omar Chaabi, fondateur de Mooka Environnement, société spécialisée dans la fabrication d’emballage alimentaire, annonce le rachat de la société Plato’F », indique un communiqué de la société.

Cette acquisition permet à Mooka Environnement « d’étoffer sa capacité de production et de gagner en parts de marché » afin de consolider sa position et d’appuyer son ambitieuse stratégie d’expansion, ajoute la même source.

Diana Holding et l’autrichien Alpla concrétisent leur JV

Notifiée au Conseil de la concurrence en avril dernier, la joint-venture entre Diana Holding, via sa société Atlas Packaging, et Alpla, a été officialisée.

En acquérant une participation majoritaire dans la société d’emballage Atlantic Packaging, Alpla « apporte son expertise et son expérience à la production de préformes en PET pour les marchés régionaux du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest », précise un communiqué conjoint.

« Avec notre partenaire stratégique Diana Holding, nous voulons exploiter l’énorme potentiel des marchés régionaux, ouvrir de nouveaux segments et apporter notre expertise en tant que fournisseur mondial de systèmes pour les préformes, les bouteilles et les bouchons », explique Christian Fessler, directeur général d’Alpla pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, cité dans le communiqué.

Rita Maria Zniber, PDG de Diana Holding, a pour sa part déclaré : « Notre vision commune est d’être l’un des principaux fournisseurs d’emballage plastique de haute qualité au Maroc et en Afrique de l’Ouest, tout en offrant des solutions innovantes. C’était dans l’optique de conclure un partenariat stratégique et d’accroître sa capacité de production, que nous avec créé Atlantic Packaging. Au sein d’Alpla, qui met l’accent sur les trois P : People, Planet, Profit, nous avons trouvé le partenaire idéal pour ce projet, permettant la création de synergies supplémentaires. »

L’usine, d’une superficie d’environ 12.000 m², est située dans la zone franche de Tanger. Elle produit des préformes en PET pour l’industrie des boissons, des palettes et des films en plastique, poursuit la même source. Elle sera agrandie de manière graduelle au cours des prochaines années avec plus de 20.000 m² disponibles pour de futures extensions.

Emballage en carton : le spectre d’une nouvelle augmentation du prix du papier plane sur l’industrie

Dans le contexte inflationniste toujours d’actualité, plusieurs secteurs font part d’une hausse continue des prix de l’emballage.

Médias24 a sollicité Mounir El Bari, président de la Fédération des industries forestières, des arts graphiques et de l’emballage (FIFAGE). Ces échanges nous ont permis d’appréhender l’attitude des acteurs de l’industrie face à la hausse des prix des intrants. Notre interlocuteur est formel : après la relance mondiale post-Covid et selon la loi de l’offre et la demande, les prix des matières ont tous augmenté, y compris celui du papier, intrant essentiel dans la fabrication du carton ondulé. Ce dernier est un packaging transverse, utilisé par tous les secteurs.

Des explications de notre source, l’on retient qu’outre l’inflation du coût de l’énergie sur fond de guerre en Ukraine, d’autres intrants ont également subi des augmentations spectaculaires, comme en témoigne le triplement du prix de l’amidon sur une année.

Éphémère accalmie

« Le prix du papier a augmenté de 60% entre 2021 et 2022. Depuis début 2023, avec l’inflation ayant causé la baisse du pouvoir d’achat, le prix du papier et celui du carton ont baissé timidement », affirme en substance notre interlocuteur, qui précise que la baisse était de l’ordre d’une dizaine de pourcent.

En revanche, depuis avril 2023, le spectre haussier plane de nouveau, notamment avec l’annonce d’une augmentation de près de 80 euros/tonne pour le papier vierge (prix moyen de 800 euros/t contre 720/t euros à fin 2022) et 50 euros/t pour le papier recyclé, (prix moyen de 650 euros/t contre 585 euros/t à fin 2022). Les nouvelles tensions sur le marché international proviennent de la pénurie de vieux papiers et cartons (matière première essentielle pour la fabrication du papier recyclé) et de la reprise des achats de la Chine, de l’Europe et d’autres pays. Ce qui aurait pour conséquence la perturbation de l’équilibre du marché international.

Selon le président de la FIFAGE, les professionnels du secteur du carton ondulé au Maroc « n’ont répercuté que le tiers de la hausse des prix sur leur clientèle ». Et ce, « afin de participer à la préservation du pouvoir d’achat ». Il importe de préciser qu’en fonction de la valeur ajoutée des produits, le coût de l’emballage en carton peut représenter entre 0,5% et 5% maximum du prix de revient d’un produit.

Des conditions d’approvisionnement normales

Mounir El Bari s’est montré rassurant quant à l’approvisionnement du secteur. « Les acteurs marocains du carton ondulé n’ont pas manqué de matière, puisqu’ils ont tous des relations privilégiées et durables avec leurs partenaires fabricants de papier. »

A la question de savoir si la hausse des prix des emballages peut impacter significativement les prix de revient des clients utilisateurs de carton ondulé, notre interlocuteur apporte une réponse nuancée.

« Dans une certaine mesure oui, puisque les prix de nos clients sont tirés surtout par l’export. L’emballage en carton ondulé participe activement à la valorisation du produit, de par son packaging, mais aussi ses belles impressions », explique-t-il. Et de conclure : « On ne peut plus considérer l’emballage comme un surcoût, mais comme une vraie valorisation et un plus dans la valeur ajoutée. »

Le Norvégien Elopak veut booster son usine de Casablanca

Le fabricant norvégien d’emballages en carton et de machines de remplissage pour les liquides alimentaires souhaite répondre à une demande qui va augmenter crescendo, « à mesure que le programme mondial de développement durable se rapproche des objectifs de réduction des émissions de carbone », précise Thomas Körmendi, président-directeur général d’Elopak, à l’agence de presse britannique Reuters.

Le groupe norvégien, dont la production annuelle s’élève à 14 milliards d’emballages carton distribués dans plus de 70 pays, entend « élargir sa présence géographique », poursuit Thomas Körmendi.

Et d’ajouter : « Casablanca est bien placée pour servir de plaque tournante aux exportations d’Elopak vers le marché africain. »

Selon l’agence Reuters, la société scandinave, propriété exclusive du groupe Ferd, a finalisé en mars 2022 l’acquisition de Naturepak Beverage, qui possède deux usines de conditionnement de liquides au Maroc et en Arabie saoudite.

Fondée en Norvège en 1957, Elopak projette par ailleurs de vendre son usine en Russie, où toutes les activités sont suspendues depuis le début de la guerre en Ukraine.