Fortescue explore la voie marocaine pour un mégaprojet énergétique entre l’Afrique et l’Europe

« Une quantité d’énergie inimaginable est gaspillée chaque jour en Afrique du Nord. Nous élaborons donc une proposition visant à envoyer l’équivalent de 500 térawattheures (TWh) vers l’Europe », a déclaré Andrew Forrest dans un entretien accordé au Telegraph ce mercredi 7 mai.

Le projet prévoit l’installation de plusieurs câbles sous-marins pour transporter jusqu’à 500 TWh d’électricité par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de l’Allemagne. Cette électricité serait issue principalement de fermes solaires et renforcée par des capacités de stockage par batteries ainsi que par des centrales à hydrogène, afin d’assurer un approvisionnement stable 24 h/24.

Fortescue a signé un accord l’an dernier avec le fabricant belge de câbles sous-marins Jan de Nul, afin d’étudier l’implantation d’unités de fabrication au Maroc. Ce partenariat s’inscrit dans un programme plus large qui ambitionne de développer jusqu’à 100 GW de capacités de production d’énergie verte sur le continent africain.

Le Maroc, déjà au cœur d’un autre projet d’interconnexion Xlinks, qui prévoit de relier la région de Tan-Tan aux côtes britanniques via un câble sous-marin de 4.000 km, confirme son attractivité comme hub énergétique régional. Ces projets misent sur l’immense potentiel solaire du Sahara marocain et la position géostratégique du Royaume aux portes de l’Europe.

Fortescue n’a pas encore précisé l’itinéraire exact de ses futures lignes d’interconnexion, mais le Maroc pourrait jouer un rôle clé, tant comme site de production industrielle que comme territoire hôte d’infrastructures de production d’énergie renouvelable.

Le Maroc et la France font le point sur leur projet d’interconnexion électrique

Dans un communiqué, le ministère a indiqué que cette réunion, qui a marqué une étape phare dans le processus de coordination bilatérale, a été l’occasion de mettre l’accent sur les mécanismes d’échange des données nécessaires à la réalisation de cet ambitieux projet, appelé à constituer un levier stratégique pour parvenir à la sécurité énergétique et renforcer l’intégration des systèmes électriques des deux pays.

Selon la même source, les participants ont souligné l’importance d’une coopération étroite et d’une coordination continue entre les établissements concernés, à même de renforcer les bases du partenariat stratégique et d’asseoir un échange fluide et transparent des données et informations techniques, afin d’accélérer la cadence de réalisation du projet.

Cette réunion, ajoute le communiqué, intervient dans le cadre de l’activation de l’accord de partenariat stratégique sur la coopération énergétique entre le Maroc et la France, signé le 28 octobre 2024, en présence du Roi Mohammed VI et du président français Emmanuel Macron.

Ce partenariat stratégique multidimensionnel vise le développement de la coopération dans le domaine de l’énergie, notamment la politique énergétique et la planification, la certification et la régulation, les énergies renouvelables, les systèmes électriques, la production d’hydrogène bas carbone et le stockage de l’énergie, les métaux critiques et le transport de molécules, afin de renforcer la position des deux pays en tant qu’acteurs stratégiques de la transition énergétique aux niveaux régional et mondial, rappelle-t-on.

Cette réunion a connu la participation de plusieurs responsables des deux côtés, dont l’envoyé spécial du président français Emmanuel Macron, Gerard Mistralih, le PDG du Réseau de transport d’électricité (RTE) français, Xavier Piechaczyk, ainsi que des représentants de l’ambassade de France à Rabat, de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN), conclut le communiqué.

ANRE. Vers une refonte de la gouvernance du secteur énergétique…

Les prérogatives actuelles de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité se limitent à la fixation des prix d’interconnexion avec le réseau, la rémunération de l’opérateur système (ONEE) ainsi que le timbre de transport dans les réseaux. Elle publie aussi les capacités des réseaux à accueillir de nouvelles capacités renouvelables.

Mis en place en mai 2016, le régulateur n’est entré effectivement en action qu’en avril 2021, soit 6 mois après l’entrée en fonction effective de ses organes. En effet, selon la loi l’instituant (la loi 48-15), c’est le délai de rigueur fixé par le législateur. Une entrée en fonction qui est intervenue plus de 3 ans après la nomination du président de l’autorité en aout 2018.

Au début, une recommandation du Nouveau modèle de développement

« C’est une des recommandations de la commission du nouveau modèle de développement. Nous l’avions d’ailleurs reprise dans notre premier rapport », explique un des membres de l’autorité ayant souhaité garder l’anonymat. Et d’ajouter que « face à l’immobilisme du gouvernement pour mettre en œuvre cette recommandation, c’est le roi qui a pris les devant en remettant cette réforme en haut des priorités ». Pour lui, dès le premier rapport de l’Autorité en 2021, la nécessité de renforcer ses prérogatives a été soulignée par ses membres.

Selon lui, la refonte de l’ANRE devrait concerner son périmètre d’action ainsi que le renforcement de ces attributions, notamment en intervenant sur la fixation de la tarification des prix de l’électricité.

Une conviction partagée par un haut cadre du secteur électrique tout en nuançant ce propos. Pour lui, « l’élargissement du périmètre devrait normalement aboutir à sortir de la logique réglementée des tarifs. Le régulateur devra avoir un avis sur les tarifs de ventes ce qui n’est pas le cas aujourd’hui ».

Toutefois, selon un économiste de l’énergie contacté par Médias24, cette intervention est difficile à mettre en œuvre. « Aujourd’hui, les tarifs de l’électricité sont bloqués par un certain nombre d’entraves, notamment les prix d’achat, qui sont largement définis par les contrats d’achat d’électricité (PPA, Power Purchase Agreements) signés par l’ONEE et MASEN qui définissent en gros le tarif ».

Pour rappel, et comme décrit par le rapport du Conseil de la Concurrence sur le secteur de l’électricité, le marché libre de l’électricité [c’est-à-dire en dehors de la production électrique propre de l’ONEE (20%) et les PPA (71.5%)] représente à peine 8% de l’ensemble de consommation nationale. Faudra-t-il alors renégocier les PPA ou les racheter comme recommandé par le Conseil de la Concurrence pour libéraliser le marché ? Auquel cas, qui prendrait en charge cet investissement ?

Aujourd’hui, dans les faits, la seule marge d’intervention tarifaire qui existe est en lien avec le marché libre de l’électricité (loi 13-09). Ce qui pourrait être ajouté dans les même conditions de réglementation tarifaire, ce sont les tarifs d’injection de l’électricité dans les réseaux par les autoréducteurs (loi 82-21). Les investisseurs qui pourraient s’intégrer dans ce cadre se verraient valider leurs tarifs de revente aux distributeurs par l’ANRE 2.0.

Le marché du gaz à construire

Une réforme qui devrait toucher la loi qui encadre les actions du régulateur (loi 48-15), mais aussi les contours du code gazier toujours en gestation depuis plusieurs décennies. Avec les orientations royales, c’est une nouvelle configuration qui est aujourd’hui visée. « La régulation aussi bien du secteur électrique que celui du gaz est aujourd’hui un standard international », précise notre haut cadre public. Pour lui, cette tendance internationale a fini par rattraper le Maroc du fait de ses ambitions dans le renouvelables et d’une manière générale ses ambitions industrielles.

En effet, désignées comme énergie de la transition, les capacités de production électrique à base de gaz naturel sont fondamentales comme source d’énergie flexible pour limiter les effets de l’intermittence des énergies renouvelables. Les objectifs affichés d’atteindre plus de 52% du mix électrique à partir du renouvelable imposent une forte capacité en production gazière, source d’énergie flexible par excellence, ainsi qu’un renforcement significatif des réseaux électriques. Les marchés aujourd’hui accordés (centrale à gaz Al Wahda) ou en jeu (interconnexion électrique Dakhla-Casablanca) sont au cœur de cette évolution.

Aujourd’hui, ce qui est en jeu c’est davantage de transparence et d’équité dans le gaz naturel

Ce nexus transport d’électricité et régulation du marché de gaz est aujourd’hui mis sur la table de manière institutionnelle.

Les ambitions industrielles du Maroc imposent aussi un raccordement de plus en plus important des unités industrielles en gaz naturel. Aujourd’hui embryonnaire, ce raccordement se fait dans des conditions opaques, notamment dans les régions proches des zones de production (Gharb, Essaouira) ainsi que des zones proches du gazoduc Maroc Europe (essentiellement dans la zone de Tanger). Des contrats de gré à gré sont ainsi conclus entre les producteurs, les industriels et l’Onhym.

Aujourd’hui, ce qui est en jeu c’est davantage de transparence et d’équité pour cette ressource importante encore faiblement développées au niveau national. Et quand on suit les annonces concernant le gaz naturel, notamment le développement du projet du gazoduc Afrique Atlantique (dans sa première phase reliant les champs sénégalo-mauritaniens au Maroc et à l’Europe) qui devrait entrer en production en 2029 selon la Directrice Générale de l’Onhym Amina Benkhadra, ainsi que le nouveau champ de Tendrara, le champ Anchois de Chariot; cette réforme de l’ANRE devient urgente.

Vers un modèle à la française ?

« Avec l’intégration du régulateur dans les marchés du gaz, des autres énergies, ainsi que les autres segments (production, transport, distribution) on devrait s’orienter vers le modèle du régulateur français, la CRE (Commission de régulation de l’énergie) », conjecture notre économiste de l’énergie. Celle-ci est selon notre source la garante du bon fonctionnement des marchés de l’électricité et du gaz en veillant à réguler les monopoles que sont les réseaux de distribution du gaz et de l’électricité tout en assurant le bon fonctionnement de la concurrence entre les divers fournisseurs d’énergie.

Toutefois souligne notre source, « en France, et plus généralement en Europe, il y a différents acteurs qui doivent être arbitrés : plusieurs producteurs/acheteurs, Engie, Total Eni, ARENH [fournisseur d’électricité nucléaire, NDLR] et plusieurs marchés : marché local et europeen, marché d’achat de gros en spot ou a termes etc., deux transporteurs (RTE et EDF) ; plusieurs distributeurs privés. Au Maroc il y a un seul fournisseur principal qui est ONEE avec de lourds contrats PPA engageants sur un prix fixe sur la longue période, tout comme Masen avec ses PPA contraignants et vendant à perte. Il y a aussi les producteurs sous le régime de la loi 13-09 avec très peu de producteurs, 3 ou 4, avec un acteur central concentrant près de 80% de la production renouvelable nationale. En face, il y a des distributeurs (SRM) et régies publics pour le moment ».

Pour lui, le rôle actuel du régulateur est en phase avec cette concentration des acteurs et les contraintes économiques et institutionnelles du secteur. La réforme de la régulation devrait s’accompagner d’une refonte globale de l’architecture institutionnelle du secteur contraint par une cascade de contrat d’achat d’électricité qui s’étalent au-delà de 2044-2047. Cette contrainte pose la question de l’avenir de l’ONEE et son déficit tout comme celui d’ailleurs du Masen et de son déficit. « Quid des IPP et de leurs PPA contraignants, quid des autres priorités du secteur: décarbonation et financement des capacités de transport…? », s’interroge notre économiste.

Hydrogène et hydrocarbures, des questions en suspens 

L’autre élément à entrer en compte dans cette réforme est le marché ciblé de l’hydrogène vert qui nécessite une production électrique estimée par la ministre de la transition énergétique à 20 ou 30 centimes de dirhams le Kwh pour pouvoir produire de l’hydrogène compétitif à 2 ou 3$/Kg.

Cette priorité publique pousse donc les autorités à revoir les poids morts du système afin de pouvoir positionner le pays sur ce nouveau vecteur énergétique. Il vise ainsi un rôle plus central à l’ANRE afin de réguler les prix de vente des énergies renouvelables et leur transport aux producteurs d’hydrogène. Ce qui laisse envisager aussi que l’infrastructure de transport du H2 pourrait être soumise à la régulation de l’ANRE.

Autre question en suspens est la régulation des prix des hydrocarbures, si certains de nos interlocuteurs affirment qu’elle devrait entrer en régulation, ne serait-ce que du point de vue des capacités de stockages, d’autres estiment que c’est une question qui devra de plus en plus être encadré par le conseil de la concurrence.

Ce qui est sûr, c’est que l’orientation est aujourd’hui donnée, et que cette réforme ne peut être qu’un prélude à un certain nombre d’autres changements qui doivent toucher tout l’écosystème énergétique national appelé à devenir un soutien fondamental à la compétitivité et à l’attractivité de l’économie du pays. Une réforme qui selon toutes nos sources devra au minimum prendre plusieurs mois pour voir les premiers textes législatifs entrer dans leurs circuits d’adoption et une à plusieurs années pour la voir mise réellement en action.

Lancement de la 5e édition de l’Emirates Energy Award 2023-2025 au Maroc

Cité dans un communiqué, le secrétaire général du Conseil suprême de l’énergie de Dubaï (DSCE), Ahmad Al Muhairbi, a souligné l’importance de cette initiative pour promouvoir l’innovation et la durabilité énergétique.

Cette édition de l’EEA mettra particulièrement l’accent sur les solutions innovantes et les approches pionnières dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les projets de réduction des émissions de carbone, a-t-il précisé.

Ahmad Al Muhairbi a également noté que l’EEA est ouvert à diverses catégories d’entreprises, d’organisations et d’institutions, les candidatures étant évaluées par un jury international composé d’experts dans le domaine de l’énergie et de la durabilité.

Pour sa part, le secrétaire général de l’Emirates Energy Award, Taher Diab, s’est félicité des initiatives des candidats, qui incluent l’énergie solaire à l’échelle des services publics, le stockage thermique, l’hydrogène vert, l’hydroélectricité, ainsi que l’innovation et la R&D, et les nouvelles technologies.

Il a aussi souligné que les catégories du concours incluent l’économie circulaire, l’efficacité énergétique, la recherche et développement, les grands et petits projets énergétiques, les projets solaires, les jeunes professionnels de l’énergie, ainsi que l’éducation et le renforcement des capacités.

Initié en 2012, l’EEA sollicite des candidatures de toutes les organisations et individus intéressés. Le prix est géré par le Conseil suprême de l’énergie, qui examine, évalue et sélectionne les lauréats selon des critères spécifiques.

Le prix récompense les efforts des secteurs public et privé de la région en matière d’efficacité énergétique, de projets énergétiques ainsi que d’éducation et de recherche dans le secteur de l’énergie. Un prix de reconnaissance spécial est également disponible pour les contributeurs exceptionnels au secteur de l’énergie.

Le Maroc et l’Allemagne renforcent leur coopération en matière de mobilité durable

Cette rencontre a été l’occasion de présenter les résultats du projet « TraCS : Advancing Transport Climat Strategies » qui vise le renforcement des politiques environnementales dans le secteur des transports et de lancer le projet « Improve: Introducing Measures, Pathways and Roadmaps for optimizing Vehicle Efficiency and Electrification » qui a pour objectif l’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules au Maroc.

Cet événement a été marqué par la signature de deux conventions visant la pérennisation des échanges de données du système de mesure, de reporting et de vérification des émissions des gaz à effet de serre du secteur de transport terrestre (système MRV). Ces conventions ont été signées par le ministère du Transport et de la logistique, l’Office national des chemins de fer, l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA), la Société nationale des transports et de la logistique, ainsi que par l’Association des importateurs des véhicules au Maroc.

Le projet « TraCS » a permis, selon les intervenants, de renforcer la contribution du secteur des transports à la Contribution déterminée au niveau national (CDN) et d’améliorer l’accès et l’utilisation des données afférentes au transport terrestre. Ce projet a aussi contribué à pérenniser l’exercice de collecte, d’analyse et de traitement des données d’activités des véhicules, à réaliser un inventaire périodique du GES et à produire des indicateurs et formuler des recommandations permettant d’aider à mieux cibler et à planifier les objectifs et les mesures dans ce domaine à travers des conventions.

Compte tenu des résultats positifs du projet « TraCs », un nouveau projet de coopération dénommé « Improve » a été lancé. Son objectif : l’amélioration de l’efficacité énergétique du parc des véhicules au Maroc. Il s’assigne ainsi comme objectifs d’introduire des voies et des feuilles de route pour optimiser l’efficacité de l’électrification des véhicules et d’accompagner les pouvoirs publics à introduire des mesures réglementaires et fiscales ambitieuses afin d’accroître l’efficacité énergétique des flottes et de favoriser la transition vers les véhicules zéro émission.

(Avec MAP)

Le Maroc lance la feuille de route pour son infrastructure gazière durable

Un protocole d’accord stratégique et très attendu a été signé, le mardi 26 mars au siège du ministère de la Transition énergétique et du développement durable, entre le ministère de l’Intérieur, le ministère de l’Economie et des finances, le ministère de l’Equipement et de l’eau et le ministère de la Transition énergétique et du développement durable. Cette signature marque le lancement de la feuille de route de l’infrastructure gazière, indique un communiqué du ministère de la Transition énergétique.

Ce protocole associe également cinq organismes et sociétés publics, à savoir : l’Agence nationale des ports (ANP), l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), la société Nador West Med, ainsi que la Société nationale des autoroutes du Maroc (ADM).

Ce protocole vise à renforcer la coordination des pouvoirs publics en vue de la mise en œuvre accélérée d’un programme de développement d’infrastructures gazières durables.

Le programme, qui s’étendra sur plusieurs années, vise à doter le Royaume de plusieurs points d’entrée pour l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL), ainsi que d’une infrastructure de stockage et de transport du gaz naturel.

À court terme, il vise l’appui aux gazoducs raccordant les bassins de production de gaz domestique aux consommateurs, ainsi que le développement d’un terminal GNL au port de Nador West Med et d’un nouveau gazoduc pour connecter le terminal au gazoduc Maghreb-Europe.

Ce programme devra renforcer, à terme, l’accélération du développement des énergies renouvelables, le déploiement de l’offre Maroc pour les nouvelles filières de l’hydrogène vert et de ses dérivés, et le développement du projet du gazoduc Afrique-Atlantique, conclut le communiqué.

PWC Advisory et Africa Climate Solutions élaboreront les plans régionaux d’efficacité énergétique

Ce groupement a été sélectionné à l’issue d’un appel d’offres lancé par l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE).

PWC Advisory développe des missions de conseil, d’audit et d’expertise juridique et fiscale pour des organisations de toutes tailles et de tous secteurs d’activité.

De son côté, Africa Climate Solutions (ACS), basée à Casablanca, est une société spécialisée dans le développement durable et le changement climatique qui apporte des solutions d’atténuation et d’adaptation en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre en Afrique.

 

Le Maroc et l’Allemagne veulent approfondir la coopération migratoire et énergétique

« Nous avons vraiment un partenariat solide », s’est félicitée Svenja Schulze dans une déclaration à la presse, à l’issue de ses entretiens avec le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita.

La ministre allemande a, dans ce sens, noté que les discussions ont porté sur des questions d’intérêt commun, dont la politique migratoire, le climat et l’énergie.

Svenja Schulze, qui effectue une visite de travail au Maroc, a par ailleurs souligné la volonté d’approfondir la coopération avec le Royaume dans ces domaines.

 Promouvoir une mobilité « constructive »

Les moyens de renforcer la coopération bilatérale en matière de mobilité internationale, d’emploi et de formation professionnelle, ont été au centre d’entretiens tenus, le même jour, entre la ministre allemande et le ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Younes Sekkouri.

Les échanges ont porté sur la mobilisation des écosystèmes des deux pays, pour une coopération efficace et pragmatique, encouragée par une conjoncture favorable qui se prête idéalement à un partenariat fructueux, a déclaré Younes Sekkouri à l’issue de cette rencontre.

Mettant en avant le potentiel de la main-d’œuvre jeune et qualifiée du Maroc, le ministre a relevé l’importance de promouvoir une mobilité internationale constructive, permettant aux individus d’enrichir leurs expériences à l’étranger et, si désiré, de revenir dans leur pays pour y construire leur avenir.

Et de souligner l’approche à la fois innovante et pratique adoptée, en mettant l’accent sur la planification stratégique et le développement d’outils de gouvernance pour la formation et l’intermédiation, visant à rapprocher l’offre et la demande dans un contexte international.

Pour sa part, Svenja Schulze a fait savoir que cette collaboration vise la création d’une relation gagnant-gagnant, mentionnant l’intérêt de l’Allemagne à attirer des travailleurs hautement motivés et qualifiés pour soutenir son économie, et précisant que cette collaboration se concentre en particulier dans les domaines de la santé, de l’électricité, ainsi que de l’hôtellerie et de la restauration.

Réaffirmant l’importance de cette collaboration bilatérale, conçue pour promouvoir la mobilité internationale tout en cherchant à contrecarrer l’immigration irrégulière, Svenja Schulze a mis l’accent sur l’objectif de valoriser le capital humain en prévenant la fuite des cerveaux, permettant non seulement la migration ordonnée de ressortissants marocains vers l’Europe et l’Allemagne, mais aussi leur retour dans leur pays d’origine, où ils peuvent contribuer activement au développement de leur pays.

Elle est également revenue sur le lancement de projets concrets pour promouvoir une migration qualifiée et organisée, dont la création des Espaces d’information maroco-européens pour l’appui à la mobilité et l’insertion professionnelle (EIMEA), en collaboration avec l’Union européenne et l’ANAPEC, servant de points de contact pour les personnes intéressées par le travail et la formation en Allemagne et en Europe, et offrant des conseils personnalisés et des opportunités de formation linguistique et professionnelle.

(Avec MAP)

Malgré la baisse de l’inflation, la prudence reste de mise au prochain conseil de Bank Al-Maghrib

Après bientôt deux années sous des niveaux inflationnistes importants, dont des pics jamais observés depuis quarante ans, le monde économique dans sa globalité attend une baisse des taux et espère un retour de l’argent moins cher.

Alors que les espoirs renaissent avec le tassement progressif de l’inflation, la Banque centrale américaine (FED) a durci le ton concernant les anticipations de marché. « Un ton plus austère des banques centrales à l’international a été adopté concernant une éventuelle baisse des taux dans les prochains mois. En effet, les anticipations des investisseurs internationaux s’orientaient depuis plusieurs mois vers un pivot monétaire dès le T1-2024. Or, aujourd’hui, cela est totalement exclu par la BCE et la FED », nous explique une source du marché.

Une situation globale encore trop fragile pour une baisse des taux

Malgré la baisse progressive du niveau d’inflation au Maroc et dans le reste du monde, la situation économique globale est encore tendue, et de nombreux facteurs exogènes mettent l’économie mondiale en sursis.

« Le pic inflationniste eu Europe et aux Etats-Unis a eu lieu au T2-2023, ce qui est récent. Il y a certes une tendance baissière, mais les niveaux restent au-dessus des cibles inflationnistes des banques centrales », indique notre interlocuteur.

Il convient de rappeler que les tensions géopolitiques au Proche-Orient ont attisé la crainte d’un dérapage à grande échelle dans la région. De plus, la guerre russo-ukrainienne, elle aussi, s’enlise et ne laisse entrapercevoir aucun signe d’amélioration ni de sortie de crise. « Il faut noter que le FMI a souvent rappelé, durant les présentations faites au Maroc, que l’inflation en baisse ne doit pas faire crier victoire trop vite. Un reflux à la hausse n’est toujours pas exclu », explique notre source.

En effet, un retournement haussier de l’inflation après un cycle de resserrement monétaire n’est pas à exclure. « Il est impossible de voir les résultats d’une politique de hausse des taux à très court terme. Il faut rester vigilant. La FED et la BCE tablent sur des taux à des niveaux élevés, le temps nécessaire pour observer un niveau d’inflation de retour à un seuil normatif à moyen terme », poursuit notre interlocuteur.

Il faut, en somme, que l’inflation atteigne un palier en deçà de la cible d’inflation des banques centrales pour juger de la pertinence et de la réussite du resserrement monétaire. Le tout dans un environnement instable, où les matières énergétiques sont exposées à beaucoup de volatilité potentielle. Notamment le pétrole, avec la volonté des membres de l’OPEP+ de réduire à nouveau leur offre. Une donne qui pourrait affecter le prix du baril à la hausse.

Ces paramètres sont d’ailleurs totalement transposables au cas marocain. Il conviendra donc naturellement d’observer les autres indicateurs macroéconomiques pour établir les prévisions de politique monétaire.

Un statu quo attendu au prochain conseil de Bank Al-Maghrib

Ces tensions géopolitiques rendent la détente monétaire potentiellement risquée. De plus, le resserrement entamé il y a un peu plus d’un an doit bénéficier de temps pour proprement démontrer son effet. De fait, un statu quo est largement anticipé au prochain conseil de Bank Al-Maghrib (BAM), le 19 décembre prochain.

« BAM a décidé le statu quo sur les deux derniers conseils de politique monétaire, après une hausse de 150 pbs. La transmission aux taux débiteurs n’a pas pleinement été répercutée. De fait, il est fort probable que l’on se dirige vers un nouveau statu quo au prochain conseil de la Banque centrale », rappelle notre source. Notons qu’au T3, les taux débiteurs n’affichaient qu’une hausse de 112 pbs, contre un taux directeur en hausse de 150 pbs sur la même période.

Les banques centrales à travers le monde sont donc en phase d’observation de l’efficacité à moyen terme de leur politique restrictive. Il faut d’ailleurs noter que le marché obligataire anticipe déjà un statu quo au prochain conseil. « Le marché obligataire l’intègre, dans le sens où l’on voit d’ailleurs des baisses régulières sur les taux primaires depuis quelques semaines. La demande est solide et reflète l’appétit des investisseurs sur les BDT de toutes les maturités, et surtout le moyen long terme. Donc, les investisseurs n’intègrent pas de hausse du taux directeur dans leurs anticipations« , poursuit notre source.

En somme, BAM sera dans une politique attentiste par rapport aux perspectives d’inflation. Un regard global sur les indicateurs macroéconomiques sera de mise. La croissance économique cette année dans le Royaume sera supérieure à celle observée l’an dernier. Elle est projetée par BAM à 2,9%, après une décélération à 1,3% l’an dernier. L’inflation quant à elle est anticipée à 2,4%, en 2024, par la Banque centrale.

« Tout cela plaide pour une poursuite du statu quo de BAM. Il ne faut également pas oublier que le Maroc entre dans une phase d’investissement très importante, avec une politique budgétaire expansionniste. Il ne paraît pertinent ni de rehausser ni de baisser le taux directeur pour le moment », conclut notre source.

De nouveaux détails sur les modalités d’attribution du bonus contre économie d’électricité

Le Conseil de gouvernement a approuvé le 15 novembre dernier le décret n° 2.23.828 relatif à l’application de l’article 6 de la loi 47.09 concernant l’efficacité énergétique.

Ce décret à l’intitulé à priori vague, sert en réalité à définir le cadre réglementaire permettant la distribution du bonus à tout consommateur ayant réussi à économiser de l’énergie en novembre et décembre 2022, dans le cadre de l’initiative lancée fin 2022 par le département de Leila Benali.

L’économie d’énergie a été effectivement constatée et le ministère a communiqué dessus en mars dernier, toutefois les consommateurs attendent toujours la prime promise. Le retard constaté s’expliquait justement par l’absence du cadre réglementaire, désormais comblé.

Quelles sont les modalités d’attribution de la prime étatique aux consommateurs qui ont économisé de l’énergie en novembre et décembre 2022 ? Comment savoir si l’on est éligible à ces bonus ? Quand les futurs bénéficiaires recevront-ils cette prime ?

Les bonus bientôt activés

Une source autorisée au ministère de la transition énergétique nous explique que les bonus seront bientôt activés. Après l’adoption du décret qui met le cadre globale, il reste une dernière étape, la publication d’un arrêté, nous confie-t-on.  « L’arrêté est prêt. Il doit être signé conjointement par trois ministères », précise notre interlocuteur.

Il s’agit du ministère de la Transition énergétique et du développement durable, du ministère de l’Intérieur et du ministère de l’Economie et des finances, habilités par le gouvernement à mettre en œuvre cette incitation à l’efficacité énergétique. Il détaillera les modalités opérationnelles.

Dans le détail, les consommateurs, qui ont réussi à faire des économies d’énergie aux mois de novembre et décembre 2022, seront exemptés d’une partie des frais d’électricité d’un mois. Ce bonus varie proportionnellement à l’économie, nous explique-t-on. Le Bonus sera constaté explicitement au niveau de la facture, il sera indiqué « prime étatique pour l’économie d’énergie ».

Les bonus seront distribués à ceux qui ont réussi à faire des économies d’électricité, via l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et les régies, et aucune démarche n’est attendue de la part des consommateurs concernés pour bénéficier de cette prime. « Tout est dans la base de données de l’ONEE et des régies », précise notre source.

« Les autres détails concernant le calcul du bonus seront révélés à la suite de la publication de l’arrêté qui permettra, dans un premier temps, d’assainir le bonus de novembre et décembre 2022 », fait-il savoir.

« Il fera ensuite office de texte de référence pour le gouvernement et de cadre pérenne pour les incitations à l’efficacité énergétique ».

« C’est une expérience réussie »

Comme nous le rapportions dans un précédent article, l’objectif, au-delà de l’économie d’énergie espérée, est de préparer le consommateur à prendre en main sa facture énergétique pour, qu’à terme, il devienne un consommateur-producteur.

« Nous estimons que c’est une expérience réussie« , avait déclaré la ministre de la Transition énergétique, en mars 2023.

Cette déclaration intervient dans le cadre d’une communication des premiers résultats de cette expérience, obtenus à travers la collecte de données spécifiques aux consommateurs ayant enregistré une baisse de leur consommation.

« Nous avons constaté une baisse de 3,13 % en décembre 2022, en comparaison avec décembre 2021 », avait souligné Leila Benali. Les consommateurs concernés sont au nombre de 7,7 millions et représentent 38% de la base de données des clients de l’ONEE et des régies.

https://medias24.com/2023/03/10/efficacite-energetique-la-demande-electrique-a-baisse-de-3-en-decembre-2022/

Les importations marocaines de gasoil russe n’ont pas dépassé les 9% du volume global (Baitas)

Lors d’un point de presse à l’issue du Conseil de gouvernement, ce jeudi 2 mars 2023, Mustapha Baitas, ministre délégué auprès du chef du gouvernement, chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, a indiqué que les importations marocaines de gasoil en provenance de Russie, lors des trois dernières années, ont certes connu des fluctuations, mais n’ont pas dépassé 9% du volume global de gasoil importé.

En 2020, ces exportations atteignaient 9%, alors qu’en 2021, elles étaient de 5%, avant de s’établir à 9% en 2022. Cette intervention fait suite à la thèse développée par le Wall Street Journal, selon laquelle, en janvier 2023, les importations marocaines de diesel russe ont atteint 2 millions de barils contre 600.000 barils pour l’ensemble de l’année 2021. 

Par ailleurs, Mustapha Baitas a indiqué que si le gouvernement a maintenu l’importation de charbon russe, c’est parce qu’elle « contribue à maîtriser la facture de production d’électricité nationale ». En outre, le porte-parole du gouvernement a confirmé que le prix moyen du gasoil au Maroc était soumis à la loi de l’offre et de la demande dans un marché libre, entraînant une certaine convergence des prix.

 

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Les bonnes pratiques pour réduire votre consommation d’électricité

Encouragée, l’efficacité énergétique est également récompensée au Maroc. Le ministère de la Transition énergétique et l’Office nationale de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) prévoient en effet un bonus pour les consommateurs finaux ayant réalisé des économies d’électricité durant les mois de novembre et décembre 2022.

Ces économies sont calculées par rapport à la même période de l’année 2021. Le bonus, dont bénéficieront en 2023 les consommateurs les plus économes, varie proportionnellement à l’économie réalisée.

L’optimisation de la consommation d’électricité est conditionnée par de bonnes pratiques. Le ministère de la Transition énergétique les présente dans une vidéo. Ces bonnes pratiques se déclinent comme suit :

– utiliser des ampoules basse consommation (LED) ;

– éteindre les lumières quand il fait encore jour ;

– débrancher les prises électriques des appareils inutilisés, en particulier les télévisions et les ordinateurs ;

– remplir les appareils ménagers (lave-linge et lave-vaisselle) ;

– dégivrer le congélateur, car 3 mm de glace augmentent la consommation électrique de 30% ;

– fermer les fenêtres et les portes lorsque le climatiseur est en marche. La température préférentielle est de 25° en été et de 20° en hiver.