Autoproduction électrique : adoption d’un décret pour la mise en œuvre

Le Conseil de gouvernement a adopté, ce jeudi 23 octobre 2025, le très attendu décret nᵒ 2.25.100 fixant les conditions et les modalités de réalisation et d’exploitation des installations d’autoproduction de l’énergie électrique. Mais ce décret, adopté avec deux ans de retard, ne règle pas la problématique de l’autoproduction électrique. En effet, il est toujours impossible de revendre les excédents autoproduits à l’État.

Présenté par la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, ce texte est censé être un nouveau pas pour développer le secteur de l’autoproduction, un segment stratégique.

Ce texte d’application rend effective la loi 82-21 relative à l’autoproduction électrique, adoptée en 2023, et clarifie plus particulièrement les dispositions des articles 3, 4, 5 et 6.

Sollicitée par Médias24, Zineb Gaouane, associée au cabinet d’avocats LPA Law et experte juriste notable dans le secteur énergétique marocain, nous livre son analyse sur ce nouveau décret. Notre interlocutrice y voit un pas en avant et adopte une position constructive concernant ce décret qu’elle estime structurant.

Son expertise en Droit de l’énergie s’est construite au fil d’une vingtaine d’années d’expériences, notamment en tant que conseillère juridique de la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable (MTEDD), directrice juridique de MASEN et à l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE).

Qu’apporte concrètement ce nouveau décret sur l’autoproduction électrique ?

« Ce décret marque une étape structurante dans la mise en œuvre du cadre de l’autoproduction d’électricité. En précisant les modalités opérationnelles des trois régimes, il apporte la sécurité juridique nécessaire aux porteurs de projets et clarifie les conditions techniques et administratives d’accès au réseau », explique Zineb Gaouane.

« Il s’agit d’un levier majeur pour permettre aux entreprises, aux exploitations agricoles et aux collectivités de mieux maîtriser leurs coûts énergétiques, d’intégrer les énergies renouvelables dans leurs activités et de contribuer activement à la transition énergétique nationale », a ajouté Me Gaouane.

Notons que l’autoproduction concerne également les particuliers en plus des entreprises et des collectivités territoriales.

Par l’adoption de ce décret, le législateur précise les conditions et modalités d’octroi à trois voies d’autoproductions émanant de deux types de procédures (déclarative et d’autorisation), comme l’explique notre experte :

Premièrement, les procédures de type déclaratif. Elles concernent le régime de déclaration et le régime de raccordement.

Deuxièmement, la procédure d’autorisation. Elle est obligatoire pour toute installation raccordée au réseau dont la puissance dépasse 5 MW.

Afin de simplifier les procédures administratives, ce nouveau décret adopte la création d’une plateforme électronique qui permettra le dépôt et le suivi des demandes auprès des services déconcentrés du ministère. Il fixera également les délais pour le traitement des demandes, ouvrant la voie à plus de transparence.

La commercialisation de l’excédent, une étape importante pour redynamiser les énergies renouvelables au Maroc

Encadrée par la loi 82-21, mais encore en attente d’autres textes d’application, l’autoproduction ouvre la voie à la revente du surplus d’électricité, constituant un levier important pour le développement des énergies vertes.

La loi 82-21 fixe actuellement le plafond de revente à 20 % de la production annuelle. Elle introduit toutefois, pour la première fois, la possibilité de réviser ce taux par voie réglementaire, afin de mieux l’adapter aux besoins du marché et aux objectifs nationaux en matière de transition énergétique.

Il est par ailleurs logique que ce plafond reste encadré : « il incite les autoproducteurs à dimensionner leurs installations au plus près de leur consommation réelle, garantissant ainsi une utilisation rationnelle des capacités installées et une meilleure optimisation des investissements. Dans le même temps, cette ouverture maîtrisée leur offre une visibilité accrue sur la valorisation de leurs excédents, renforçant la prévisibilité économique des projets tout en préservant l’équilibre et la stabilité du système électrique national ».

Lors de sa réunion du 23 octobre 2025, le Conseil de gouvernement a décidé de reporter à une prochaine réunion l’adoption du décret n° 2.25.01 qui permettra de réviser ce seuil de revente. Ce report devrait également permettre d’attendre la fixation du prix de vente par l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE). Ces deux points sont essentiels pour que l’autoproduction puisse atteindre ses objectifs.

Ce qu’il faut retenir de ce nouveau décret d’application de la loi 82-21 relative à l’autoproduction électrique :

Xlinks : un mois de juillet décisif pour le projet de liaison électrique entre le Maroc et le Royaume-Uni

L’Inspection britannique de l’urbanisme (Planning Inspectorate) a décidé de remettre en ordre l’avancement de procédure de l’ordonnance de consentement de développement (DCO), l’autorisation requise pour le projet Xlinks de liaison électrique entre le Maroc et le Royaume-Uni, en fixant un délai à ne pas dépasser pour la tenue de la réunion préliminaire.

Dans une lettre datée du 20 juin 2025, l’Inspection de l’urbanisme a précisé que, malgré la demande de Xlinks de suspendre temporairement le processus d’examen, un délai ne dépassant pas la fin du mois de juillet 2025 est prévu pour la tenue de cette réunion, qui constitue la première étape de la phase d’examen.

L’Inspection britannique a justifié sa décision en expliquant que cela représenterait une phase de préexamen de sept mois. De même, l’autorité d’examen du projet estime qu’il ne serait pas raisonnable de prolonger cette période davantage, alors que le paragraphe 5 du Planning Act 2008 stipule que la période maximale de préexamen ne peut dépasser cinq mois.

À cet effet, l’autorité d’examen a l’intention de procéder à l’examen sur cette base. En cas de refus, Xlinks pourra retirer sa demande à ce stade pour la soumettre à nouveau, une fois que les incertitudes soulevées auront été levées.

Dans une mise à jour récente, Xlinks a précédé la lettre de l’Inspection de l’urbanisme en envoyant, le 12 juin 2025, une lettre à cette agence relevant du ministère de l’Habitat britannique pour indiquer que les mêmes causes sont toujours d’actualité, empêchant Xlinks de poursuivre la procédure.

Pour Xlinks, il s’agit d’une pause stratégique, le temps d’obtenir une réponse à sa demande d’un contrat à long terme indexé sur l’inflation. qui garantirait à l’entreprise de pouvoir vendre son électricité à un prix fixe, autour de 70 livres sterling par mégawattheure (MWh). Une fois l’accord obtenu, Xlinks pense que la phase d’examen pourra être menée de manière plus rapide et constructive.

Le projet est désormais forcé vers la phase d’examen, qui dure en moyenne 9 mois, alors que l’autorité d’examen a déjà demandé des informations complémentaires concernant d’éventuelles modifications de la documentation de la demande telle que soumise par Xlinks.

Rappelons que malgré son intérêt stratégique, le projet de liaison électrique entre le Maroc et le Royaume-Uni, via quatre câbles sous-marins à haute tension d’une capacité de 1,8 GW chacun, rencontre des défis majeurs. Le processus d’obtention de l’ordonnance de consentement de développement (DCO), équivalent britannique d’une étude d’impact environnemental (EIE), compte parmi les plus complexes au monde en raison de procédures particulièrement longues.

La phase d’examen est donc la plus décisive, car, à son issue, un rapport détaillé est établi et soumis au secrétaire d’État, qui dispose alors de trois mois pour prendre une décision.

Si Xlinks accepte de programmer la réunion préliminaire et sous réserve d’obtention du feu vert du secrétaire d’État, les travaux pourraient commencer en 2026, à défaut d’une autorisation accordée, pour une durée de cinq ans, ce qui permettrait la mise en service du projet à l’horizon 2031.

Cependant, si elle refuse, en attendant la décision quant au contrat de vente d’électricité à long terme, ce projet pourrait prendre plus de temps ou même être délocalisé, comme Xlinks l’a déjà évoqué.

Les prochains jours seront décisifs pour ce projet afin de déterminer si Xlinks acceptera les exigences du gouvernement britannique ou agira différemment.

À suivre…

Xlinks. Mise en pause du processus d’obtention de l’autorisation britannique

La compagnie Xlinks a mis en pause le processus d’obtention de l’ordonnance de consentement de développement (DCO), l’autorisation britannique requise pour son projet de liaison énergétique entre le Maroc et le Royaume-Uni.

Dans une lettre adressée au Département de planification, Xlinks a expliqué que cette mise en pause était motivée par l’attente d’une réponse du département britannique de la sécurité énergétique et de la neutralité carbone relative à sa demande d’un contrat pour différence (CfD).

Xlinks attend la conclusion d’un contrat à long terme indexé sur l’inflation avec le secrétariat d’État britannique à l’Énergie. Ce contrat garantirait à l’entreprise de pouvoir vendre son électricité à un prix fixe, autour de 70 livres sterling par mégawattheure (MWh), un tarif compétitif inférieur à ceux du nucléaire, de la biomasse et de l’énergie marémotrice.

À ce jour, le projet est autorisé du côté marocain, alors que les autorisations britanniques devront prendre plus de temps et également celles des pays que le câble traversera, à savoir la France, l’Espagne et le Portugal.

Du côté britannique, le processus est stagnant en phase de préexamen, étape généralement d’une durée moyenne de trois mois au cours de laquelle l’autorité d’examen est désignée et les parties intéressées peuvent s’inscrire pour participer à la consultation. Suit alors la phase d’examen approfondi, pouvant s’étendre sur une période allant jusqu’à neuf mois.

Le projet de Xlinks, qui requiert cinq ans de construction, fait face à un processus d’autorisation complexe qui, même dans le scénario le plus favorable, ne devrait pas aboutir avant 2026. Alors que l’entreprise vise un démarrage de la liaison à l’horizon 2030, sa mise en service effective ne pourrait intervenir avant 2031 dans le meilleur des cas. Ce délai particulièrement long suscite l’inquiétude des investisseurs, déjà fortement engagés dans ce projet depuis plusieurs années.

Par cette pause, Xlinks estime que le processus d’examen se déroulera de manière plus efficace et robuste une fois la réponse du secrétariat à l’Énergie britannique obtenue, tout en permettant au projet d’avancer rapidement par la suite dans le processus d’ordonnance de consentement de développement (DCO).

En plus du projet Xlinks, un projet titanesque porté par l’australien Fortescue pourrait s’approvisionner au Maroc. Par ce projet, Fortescue vise à fournir 500 TWh d’électricité aux pays européens provenant de l’énergie solaire, de batteries de stockage et de centrales à hydrogène.

Fortescue explore la voie marocaine pour un mégaprojet énergétique entre l’Afrique et l’Europe

« Une quantité d’énergie inimaginable est gaspillée chaque jour en Afrique du Nord. Nous élaborons donc une proposition visant à envoyer l’équivalent de 500 térawattheures (TWh) vers l’Europe », a déclaré Andrew Forrest dans un entretien accordé au Telegraph ce mercredi 7 mai.

Le projet prévoit l’installation de plusieurs câbles sous-marins pour transporter jusqu’à 500 TWh d’électricité par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de l’Allemagne. Cette électricité serait issue principalement de fermes solaires et renforcée par des capacités de stockage par batteries ainsi que par des centrales à hydrogène, afin d’assurer un approvisionnement stable 24 h/24.

Fortescue a signé un accord l’an dernier avec le fabricant belge de câbles sous-marins Jan de Nul, afin d’étudier l’implantation d’unités de fabrication au Maroc. Ce partenariat s’inscrit dans un programme plus large qui ambitionne de développer jusqu’à 100 GW de capacités de production d’énergie verte sur le continent africain.

Le Maroc, déjà au cœur d’un autre projet d’interconnexion Xlinks, qui prévoit de relier la région de Tan-Tan aux côtes britanniques via un câble sous-marin de 4.000 km, confirme son attractivité comme hub énergétique régional. Ces projets misent sur l’immense potentiel solaire du Sahara marocain et la position géostratégique du Royaume aux portes de l’Europe.

Fortescue n’a pas encore précisé l’itinéraire exact de ses futures lignes d’interconnexion, mais le Maroc pourrait jouer un rôle clé, tant comme site de production industrielle que comme territoire hôte d’infrastructures de production d’énergie renouvelable.

Le Maroc vise une capacité additionnelle de 15 GW d’énergies renouvelables d’ici 2030

En marge de sa participation au sommet international sur la sécurité énergétique organisé par l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) à Londres, Leila Benali, ministre marocaine de la Transition énergétique et du Développement durable (MTEDD), a accordé un entretien à l’émission The Pulse with Francine Lacqua sur Bloomberg TV, une émission qui reçoit les grands décideurs mondiaux au centre des enjeux économiques, financiers et géopolitiques.

Ce passage suit de près la publication d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI), ouvert aux investisseurs nationaux et internationaux, pour le développement de la première phase de l’infrastructure gazière prévue dans la feuille de route de gaz naturel actualisée (2024-2030).

Les objectifs à court terme de cette feuille de route (horizon 2027) sont la mise en production du champ de Tendrara pour l’électricité, la construction d’un terminal d’importation de GNL dans le port Nador West Med, l’extension du gazoduc Maghreb-Europe (GME) dans trois directions (Tendrara, Nador West Med, Mohammedia). Ces projets qui devront développer l’offre en gaz produit localement, s’accordent avec le nouveau plan d’investissement de l’ONEE (2025-2030), qui prévoit l’augmentation de la part du gaz naturel avec l’installation d’une capacité additionnelle de 1.400 MW.

Ce choix de substitution au gaz naturel s’explique par son bilan environnemental plus favorable que celui des autres énergies fossiles, telles que le charbon et le fioul, ainsi que par sa flexibilité, un atout clé pour facilement intégrer les énergies vertes, encore dans un stade précoce de R&D, et par la position avant-gardiste du Maroc qui, via son initiative offre Maroc Hydrogène Vert, capitalise dès aujourd’hui sur une filière promise à un fort potentiel de croissance et qui atteindra sa pleine maturité technique et économique dans les années à venir.

Leila Benali a rappelé que la stratégie énergétique, stable depuis 2009, repose sur trois piliers : les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et l’intégration régionale.

Dans le domaine des énergies renouvelables, Leila Benali a précisé que les efforts engagés permettront d’atteindre une capacité installée de 52 % dès 2026 (contre 42 % actuellement), soit quatre ans avant l’échéance initialement prévue pour 2030. Les investissements dans les énergies renouvelables se poursuivront, car le Maroc a revu ses ambitions à la hausse : le pays vise désormais une capacité de 15 GW supplémentaires, soutenue par un investissement de 12 milliards de dollars d’ici 2030.

« En octobre 2021, nous étions tous réunis à Glasgow, seulement quatre mois avant la guerre Russie-Ukraine, j’étais la seule sur scène à dire  : si vous voulez que nous investissions dans les renouvelables, nous avons besoin de gaz pour l’intermittence. À ce moment-là, nous avions déjà entamé les discussions et sécurisé un contrat de 10 ans, tout en assurant l’inversion du flux du gazoduc existant avec l’Espagne », a précisé Leila Benali.

En parallèle à un investissement massif dans les énergies renouvelables, le Maroc a stratégiquement choisi le gaz naturel comme énergie de transition, une solution flexible qui anticipe la rentabilité de ses projets hydrogène engagés tout en réduisant ses émissions. Le développement des infrastructures gazières nationales représente un investissement de 6 milliards de dollars, a indiqué la ministre de la Transition énergétique. À moyen terme, ce réseau sera connecté au futur gazoduc atlantique africain, projet structurant nécessitant un investissement initial de 25 milliards de dollars qui reliera, dans une première phase dès 2029, le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal.

Prévu être opérationnel au plus tard en 2027, le terminal d’importation LNG du port Nador West Med (NWM) sera formé d’une unité flottante de stockage et de regazéification (FSRU), ou bien une unité flottante de stockage (FSU) avec système de regazéification déporté à quai ainsi que d’un pipeline vers la station de réception à terre et point d’interconnexion avec le gazoduc de transport principal à la limite du port de NWM, qui à son tour, devrait se raccorder au gazoduc Maghreb-Europe.

En revanche, Leila Benali a indiqué que le second terminal prévu dans la façade atlantique, dans un souci de diversification et d’agilité, sera une installation à terre et qui sera connectée via un nouveau gazoduc traversant Mohammedia vers Dakhla. D’après la feuille de route gazière, le second terminal serait probablement à Mohammedia ou bien à un troisième port en cours d’étude.

À la tête de la délégation marocaine au Sommet de l’avenir énergétique à Londres, Leila Benali a souligné que 2025 serait une année charnière pour le futur de la transition énergétique du Maroc, avec de nouveaux plans pour quadrupler les investissements annuels dans les énergies renouvelables et multiplier par cinq ceux dédiés aux infrastructures de réseau.

Pour rappel, les infrastructures vertes marocaines bénéficient d’un momentum inédit, avec le lancement de plusieurs projets d’investissements majeurs destinés à renforcer les capacités d’autoproduction du pays : le programme stratégique Mzinda-Meskala du groupe OCP, le projet innovant Xlinks reliant le Maroc au Royaume-Uni, la future interconnexion électrique entre Nador et Marseille, les projets intégrés de dessalement d’eau alimentés par des énergies renouvelables, les différents programmes de développement d’hydrogène vert en cours de développement.

 

Akhannouch : le Maroc atteindra 52% du renouvelable dans son mix électrique dès 2026 au lieu de 2030

Autour du thème des énergies comme pilier stratégique de la sécurité hydrique et du développement durable, la 16 Conférence de l’énergie, organisée par la Fédération de l’énergie du Maroc, s’est ouverte ce mercredi 23 avril à Ouarzazate, avec la France comme invitée d’honneur.

Cet événement coïncide cette année avec la remise en service, quelques jours plus tôt, de la station Noor Ouarzazate III, l’une des plus grandes centrales solaires thermodynamiques (CSP) au monde. Cette remise en état a nécessité des interventions techniques complexes et un travail approfondi pour garantir la non-récurrence de ce tel d’incident.

Aziz Akhannouch a profité de l’occasion pour annoncer que, grâce aux efforts menés depuis une quinzaine d’années, le Maroc devrait atteindre prochainement l’objectif du taux de 52% d’intégration du renouvelable dans le mix électrique national.

« Les efforts déployés par les différents acteurs dans le Royaume permettront de dépasser dès la fin de l’année prochaine, en 2026, l’objectif de 52% des énergies renouvelables dans le mix électrique. Objectif fixé initialement à 2030″, a annoncé Aziz Akhannouch.

L’atteinte de cet objectif n’annonce pas la fin des ambitions marocaines, puisque le chef du gouvernement a affirmé que le Maroc opte pour une intégration plus concrète des énergies renouvelables dans ses systèmes de production, de transport, d’habitat et d’agriculture, ainsi que pour une généralisation des solutions bas carbone dans ses villes, ses industries et ses territoires ruraux.

Dans ce sens, l’Offre Maroc pour le développement du secteur de l’hydrogène vert représente une nouvelle voie de travail prometteuse, a indiqué Aziz Akhannouch. La position privilégiée du Royaume, ses ressources naturelles riches et diversifiées, sa situation géographique stratégique et ses infrastructures aux normes internationales sont autant d’atouts exceptionnels qu’offre le Maroc pour encourager l’investissement dans ce secteur encore juvénile.

Confronté à un stress hydrique chronique persistant depuis sept années consécutives, le Maroc s’est trouvé dans l’obligation de repenser en profondeur la politique hydrique nationale avec notamment un programme d’envergure de dessalement d’eau de mer. L’objectif est de renforcer et sécuriser l’alimentation en eau potable dans plusieurs régions et d’assurer l’irrigation de de nombreux périmètres. Cependant, ce type de projets implique une grande consommation d’énergie, et l’implication des énergies renouvelables dans ces projets est plus qu’une nécessité :

« L’alimentation des stations de dessalement par les énergies renouvelables permet d’atteindre deux objectifs majeurs : la réduction de l’empreinte carbone des unités de dessalement… et la réduction du coût du m³ d’eau dessalée, comme c’est le cas pour le projet de dessalement à Dakhla », a-t-il précisé.

À l’instar de la R&D dans le domaine énergétique, qui exige de saisir les opportunités offertes par les technologies de rupture, Aziz Akhannouch a mis en avant l’importance de l’innovation tout au long de la chaîne de valeur du secteur de l’eau. Cette innovation doit englober l’ensemble du processus, depuis la recherche et la mobilisation des ressources jusqu’à leur distribution et leur réutilisation.

Il a également insisté sur le fait que la synergie entre les politiques de l’eau et de l’énergie constitue aujourd’hui à la fois une nécessité impérieuse et une opportunité stratégique pour relever les défis futurs. « Le Maroc poursuivra, avec détermination, sa trajectoire en faveur d’un développement sobre en carbone, juste et durable… En renforçant ses partenariats et en s’affirmant comme une force de proposition et de solution à l’échelle régionale et internationale », a conclu le chef du gouvernement.

Avec la participation des entreprises énergétiques nationales et internationales et des parties prenantes du secteur des énergies, cet événement, qui en est à sa 16ᵉ édition, se conclura ce mercredi après des débats intéressants sur l’intégration des EnR pour une industrie décarbonée, les solutions de dessalement durable et la valorisation des énergies à travers des applicatifs propres et bas carbone.

Global Energy Services prévoit son entrée sur le marché éolien marocain en 2026

Global Energy Services (GES), fournisseur mondial de services en ingénierie et construction dans le secteur des énergies renouvelables, a annoncé une expansion significative de ses activités éoliennes en 2025 et 2026. Avec l’installation de plus de 100 éoliennes prévue pour 2025, GES ambitionne une capacité totale de production de 421 MW, soit une augmentation de 17% par rapport à l’année précédente.

Parmi les principaux marchés concernés par ces nouvelles installations figurent la France, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et le Mexique. Toutefois, l’annonce majeure réside dans la stratégie de développement de l’entreprise pour 2026, qui inclut son entrée sur le marché éolien marocain via un partenariat avec une entreprise locale. Cette collaboration marquera le déploiement des turbines à partir de l’année prochaine, consolidant ainsi la présence de GES dans les marchés émergents de l’industrie éolienne, indique l’entreprise dans un communiqué.

« Conformément à nos plans d’expansion géographique, les prévisions pour 2026 incluent le renforcement de notre présence sur le marché latino-américain avec des projets au Chili et au Mexique, le déploiement d’un projet majeur en Égypte, ainsi que notre entrée sur le marché marocain à travers un accord de partenariat avec une entreprise locale qui permettra l’installation de turbines à partir de 2026« , déclare GES.

Cette stratégie s’inscrit dans la volonté de Global Energy Services d’intensifier ses activités dans le repowering, c’est-à-dire le remplacement des anciennes turbines, ainsi que dans la maintenance corrective. De plus, cette croissance s’accompagnera d’une augmentation de ses effectifs techniques pour répondre à la demande croissante en compétences spécialisées.

SolarPower Europe : le Maroc pourrait atteindre 4,35 GW de capacité photovoltaïque d’ici 2028

Le potentiel de développement du solaire au Maroc a fait l’objet d’un rapport de SolarPower Europe, réalisé avec le soutien du Global Solar Council et du Cluster EnR, une association marocaine des énergies renouvelables.

Ce rapport a été réalisé après des discussions et réunions entre les membres de SolarPower Europe et les acteurs clés du secteur énergétique du Maroc, y compris des représentants des secteurs public et privé ainsi que des organisations internationales. Il analyse les multiples opportunités d’investissement offertes par le secteur de l’énergie solaire au Maroc, en détaillant les dynamiques du marché, les cadres réglementaires en vigueur et en formulant à la fin des recommandations d’experts.

Le point clé de ce rapport, qui s’appuie sur les données récentes de l’ONEE, révèle que la capacité photovoltaïque cumulée du Maroc s’élevait à 0,32 GW en 2023. Pour les projections futures, le scénario intermédiaire de SolarPower Europe anticipe une augmentation régulière, avec une capacité installée cumulée de 2,27 GW en 2027 et de 2,97 GW en 2028. Le scénario optimiste envisage, quant à lui, une croissance plus soutenue, pouvant atteindre jusqu’à 4,35 GW en 2028.

Selon Power Europe, le Maroc a fixé des objectifs ambitieux en matière d’énergies renouvelables, mais leur réalisation rencontre des défis. Le secteur photovoltaïque (PV) se développe lentement dans le pays et le potentiel complet n’est pas encore pleinement exploité, principalement à cause de trois facteurs :

  1. La priorité accordée à l’énergie solaire thermodynamique (CSP).
  2. Les retards dans les projets photovoltaïques.
  3. Les difficultés d’intégration au réseau électrique.

Pour ces raisons, SolarPower Europe a formulé une série de recommandations, notamment pour attirer davantage d’investissements dans l’énergie solaire. Parmi celles-ci figurent :

  1. Poursuivre la libéralisation du marché de l’électricité : afin d’attirer davantage d’investissements privés et de permettre aux entreprises de soutenir les efforts déjà réalisés dans le domaine des énergies renouvelables.
  2. Renforcer les infrastructures du réseau électrique : alors que le Maroc continue d’augmenter sa capacité solaire, les infrastructures du réseau doivent évoluer en parallèle pour garantir une intégration efficace.
  3. Simplifier les processus d’autorisation : accélérer le déploiement des projets d’énergie solaire en rationalisant les procédures administratives.
  4. Développer des programmes de formation spécialisés : mettre en place des formations pour les ingénieurs et techniciens marocains, axées sur les technologies solaires et les systèmes photovoltaïques, afin de renforcer les compétences locales.
  5. Encourager le dialogue entre le secteur public et privé : renforcer les consultations publiques dans l’élaboration des politiques et favoriser une meilleure coordination entre les actions publiques et les besoins des entreprises.
  6. Miser sur le solaire pour propulser les projets d’hydrogène vert : SolarPower Europe estime que le Maroc doit renforcer la compétitivité de ses projets d’hydrogène vert en s’appuyant sur son potentiel solaire photovoltaïque, qui lui permet de produire de l’hydrogène vert à des coûts compétitifs.

Hydrojeel obtient une subvention de 30 millions d’euros pour la Jorf Hydrogen Platform

Le PtX Development Fund, lancé pour soutenir des projets d’hydrogène dans les économies en développement et émergentes, a récemment approuvé sa deuxième subvention et clôturé son premier appel à manifestation d’intérêt. Selon KGAL Group, ce fonds géré par KGAL pour le compte de la Banque allemande de développement KfW a examiné 98 propositions issues de sept pays.

Le projet marocain retenu est celui de la plateforme Jorf Hydrogen, développé par Hydrojeel, une entreprise du groupe Innovx, à l’intention du groupe OCP. Cette initiative reçoit une subvention de 30 millions d’euros (plus de 310 millions de DH) pour sa réalisation. Le projet se concentrera sur la production d’ammoniac vert à partir d’hydrogène vert, produit à l’aide de l’énergie éolienne et solaire.

L’accord de subvention a été signé le 12 février à Casablanca, en présence de Robert Dölger, ambassadeur d’Allemagne au Maroc, et de Jochen Flasbarth, secrétaire d’État au ministère fédéral de la Coopération économique et du développement de l’Allemagne, ainsi que des représentants du bureau de KfW à Rabat et des responsables du siège de la banque.

Impact climatique et économique

Le projet de la plateforme Jorf Hydrogen vise la production de 100.000 tonnes d’ammoniac vert par an d’ici fin 2026, ce qui permettra d’éviter environ 300.000 tonnes de CO₂ chaque année.

Le PtX Development Fund soutient la transition vers une énergie propre, tout en contribuant à la réalisation des objectifs climatiques nationaux et internationaux.

Le fonds a déjà signé un premier accord similaire en 2024 pour un projet en Égypte, et un nouvel appel à manifestation d’intérêt est actuellement ouvert jusqu’au 5 mars 2025, invitant les parties intéressées à soumettre leurs projets.

Selon KGAL, le Maroc bénéficie d’avantages stratégiques pour la mise en place de projets d’hydrogène vert :

Signature imminente d’une convention d’interconnexion électrique entre le Maroc et la Mauritanie

L’information a été révélée par la ministre de la Transition énergétique et du développement durable, lors de son passage au Parlement ce mardi 21 janvier.

Elle a expliqué qu’un « mémorandum d’entente a été élaboré, portant sur les secteurs de l’électricité et de l’intégration des énergies renouvelables. Il inclut une clause relative au projet d’interconnexion électrique entre le Maroc et la Mauritanie ».

C’est un accord historique qui marque un pas vers l’intégration régionale entre les deux pays voisins, dans le domaine hautement stratégique de l’électricité.

La signature de cette convention est prévue ce jeudi 23 janvier, lors de la visite du ministre mauritanien de l’Énergie et du pétrole, Mohamed Ould Khaled, au Maroc, nous confirment des sources au ministère marocain de l’Énergie.

LIRE AUSSI

https://medias24.com/2024/12/20/le-roi-mohammed-vi-recoit-a-casablanca-le-president-mauritanien-mohamed-ould-cheikh-el-ghazouani/

TotalEnergies installe des systèmes solaires sur cinq sites Safran au Maroc

Le projet porte sur la solarisation des sites Matis Aerospace (Joint-Venture entre Safran Electrical & Power et Boeing), Safran Aircraft Engines Services Maroc, Safran Electronics & Defense, Safran Engineering Services Maroc et Safran Aerosystems Maroc.

Ce projet solaire, mis en œuvre par TotalEnergies Renewables Distributed Generation, fait partie de la stratégie du groupe visant à adopter des énergies renouvelables et à limiter son empreinte carbone, indique un communiqué de TotalEnergies.

Au total, 2.600 panneaux solaires ont été installés, permettant de couvrir 30% de la consommation électrique annuelle de ces sites et d’économiser environ 1.700 tonnes de CO₂ par an. TotalEnergies s’est chargé de la conception, de l’installation et de la mise en service du système, garantissant une fiabilité et une efficacité énergétique optimales à long terme.

« Ce projet avec Safran illustre notre engagement à fournir des solutions énergétiques fiables et durables aux entreprises au Maroc. Il s’agit pour nous de continuer à accompagner nos clients en leur proposant des solutions solaires », a déclaré Hamady SY, directeur général de TotalEnergies Renewables Distributed Generation Middle East & Africa, cité dans le communiqué.

« Nous sommes fiers de collaborer avec TotalEnergies sur ce projet de panneaux photovoltaïques désormais pleinement opérationnel. Cette initiative renforce notre engagement à améliorer l’efficacité énergétique de nos sites au Maroc, conformément à notre stratégie globale visant à réduire notre empreinte carbone », a ajouté Nathalie Stubler, directrice Groupe Développement durable de Safran.

Automobile. Véhicules à énergie nouvelle, un potentiel encore sous-exploité

À l’occasion de la présentation du bilan 2024 du secteur de l’automobile, Adil Bennani, président de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (Aivam), a également fait le point sur l’évolution du segment des véhicules à énergie nouvelle.

À peine 0,6% de part de marché

Selon Adil Bennani, le véhicule électrique pur ne capte que 0,6% de part de marché, contre 81% pour le diesel, dont la part est en train de baisser sensiblement au fil des années, et un peu plus de 18% pour l’essence. M. Bennani estime d’ailleurs que cette répartition entre le diesel et l’essence est anormale par rapport à la tendance mondiale.

« L’une des raisons pour laquelle le diesel continue de capter la plus grande part de marché dans le secteur de l’automobile est relative à son prix« , explique-t-il. « Le prix de l’essence est plus cher au Maroc que celui du diesel. Cela est dû à un système de taxation mis en place il y a une dizaine d’années et qui n’a plus lieu d’exister ».

« Il s’agit d’une taxe intérieure à la consommation (TIC) qui s’élève à 3,3 DH pour l’essence et à 1,5 DH pour le diesel que le gouvernement a mise en place à l’époque pour protéger la Samir et faire en sorte de vendre du diesel ».

À présent, ce système n’a plus lieu d’exister. Nous avons, au nom de l’Aivam, demandé à plusieurs reprises au gouvernement de le revoir, sans pour autant impacter les recettes fiscales de l’État, et nous continuons de pousser dans ce sens en espérant obtenir une réponse ».

Une croissance conséquente de l’offre

En ce qui concerne le véhicule électrique, il existe trois principales catégories :

Le full hybride qui ne se recharge pas et qui a connu, en 2024, une croissance de 31%, drivée par les marques Toyota, Hyundai et Renault ;

Le plug-in hybride à double motorisation et qui se recharge, qui a connu une croissance de 204% en 2024, dominée par la marque BYD et d’autres marques dites prémium ;

Les véhicules électriques purs où il n’y a pas de moteur thermique. Cette catégorie a connu une croissance de 142%, drivée notamment par les marques Dacia, BYD et Volvo.

La croissance sur l’ensemble de ce marché est donc importante, avec une amélioration de l’offre. « Sur l’électrique pur, nous sommes passés de 13 marques et 27 modèles de voitures à 18 marques actuellement avec plus de 40 modèles. Par ailleurs, pour tout ce qui est autre que le thermique, nous sommes passés à 27 marques, avec environ 113 modèles de véhicules ».

Sur l’électrique pur, nous sommes passés de 13 marques et 27 modèles de voitures à 18 marques actuellement avec plus de 40 modèles.

Toutefois, « même s’il y a une prolifération de l’offre à des prix compétitifs, ce segment ne capte que 0,6% de part de marché ».

Ce qu’il faut pour développer le secteur

En réponse à une question sur le retard que prend ce segment, M. Bennani a expliqué que « les pouvoirs publics continuent de penser que l’électrique est du ressort des riches et refusent ainsi d’aider cette catégorie, alors que ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous avons des véhicules électriques purs à petit prix, tels que la Citroën AMI et son équivalente chez Opel, aux alentours de 110.000 DH et 160.000 DH, ou encore d’autres modèles à venir, aux alentours de 200.000 DH. »

« Donc, en termes d’offre, il y a une possibilité de démocratiser ce segment, mais ce qui pose encore problème, ce sont plutôt les incentives, les infrastructures et les équipements. Est-ce qu’une TVA de 5% sur le véhicule électrique au lieu de 20% fera la différence ? Cela va sûrement créer l’intérêt, mais les ventes ne vont pas exploser avant d’attaquer la problématique de la recharge », ajoute le président de l’Aivam.

« Pour régler cette problématique, nous devons en premier lieu nous attaquer aux primo-accédants. Ces gens ne vivent pas dans des maisons individuelles. Ils vivent dans des immeubles, laissent leurs voitures dans la rue ou dans des parkings de 60 véhicules ou plus. Il faut alors trouver une prise, décider de la partie qui paiera l’électricité… Il y a donc des sujets qui vont se poser au fil de l’évolution du marché, qu’on va devoir régler, et ce n’est pas un problème, dans la mesure où plusieurs pays sont passés par là avant nous ».

Les pouvoirs publics continuent de penser que l’électrique est du ressort des riches et refusent ainsi d’aider cette catégorie.

En ce qui concerne les bornes de recharge, « nous parlons à présent de 800 plugs fast charge, avec un minimum de 100 kW, sur trois ans, qui seront principalement installés sur les axes autoroutiers. Cette mesure-là changera en revanche la donne et lèvera un frein ».

« On a aussi encore un long chemin à faire au niveau de la psychologie des consommateurs, des équipements et des infrastructures, mais si on règle ces points, on ne parlera plus d’une part de marché de 0,6%, mais plutôt de 6% par exemple, qui aura de l’intérêt pour l’État », a conclu M. Bennani.

« La prime verte pourrait booster le secteur »

Salma Moukbil, directrice générale de Toyota, qui est également membre de l’Aivam, estime pour sa part que la confiance vis-à-vis du véhicule électrique commence à s’installer au niveau d’un marché fortement diésélisé.

« On ne doit pas nier qu’il y a déjà des incentives mis en place par l’État sur la partie des droits de douane et au niveau de la vignette. Ce n’est certes pas grand-chose, mais on remercie l’État d’avoir mis en place ces mesures ».

« Pour passer à la deuxième phase et avoir une dynamique plus forte sur le marché de l’électrification, le consommateur qu’on reçoit est demandeur d’une prime verte, puisqu’il contribue à un achat écologique qui coûte plus cher ».

« Une taxation plus avantageuse sur la partie de la TVA permettra donc de booster le marché », a-t-elle conclu.