Camp d’été : une réponse éducative et ludique à la grande question des vacances scolaires

Entre la nounou à domicile, la garde partagée entre voisins ou membres de la famille, une nouvelle option gagne en popularité ces dernières années au Maroc : le camp d’été éducatif.

Souvent organisés dans des écoles ou des centres spécialisés, ces camps sont bien plus qu’un simple lieu de garde d’enfants. Ils proposent un véritable projet pédagogique, mêlant loisirs, apprentissages et développement personnel. C’est notamment le cas du groupe scolaire Atlas, bien connu pour ses performances académiques – comme en témoignent ses 100% de réussite aux examens et ses moyennes nationales élevées –, mais aussi pour sa capacité à innover dans l’accompagnement global de l’enfant, peut-on lire dans un communiqué de l’établissement.

Lancé il y a trois ans sur son campus de Rabat, le camp d’été Atlas s’étend désormais aux établissements de Tamesna et de Salé (Nations). Il se distingue par une approche complémentaire au programme de l’année scolaire. Alors que l’école met l’accent sur les apprentissages cognitifs en cours d’année, le camp vise à stimuler les intelligences physiques, émotionnelles, sociales et spirituelles, dans une ambiance détendue et bienveillante.

De 9 h à 15 h, les enfants – qu’ils soient scolarisés ou non à Atlas – participent à une variété d’activités alliant jeu et apprentissage : anglais quotidien, robotique, cuisine, arts plastiques, informatique, théâtre, sans oublier les moments de joie pure dans la piscine et les jeux aquatiques proposés chaque jour. Le tout au tarif de 500 dirhams par semaine, avec une option de service de garde pour s’adapter aux contraintes professionnelles des familles.

Ouvert aux enfants de 2 à 14 ans, ce camp se veut un espace d’épanouissement où chaque enfant peut explorer, créer, communiquer et, surtout, s’amuser. Un pari réussi pour le groupe scolaire Atlas qui place toujours l’enfant au cœur de son projet, même en été, note la même source.

Les inscriptions sont ouvertes pour permettre aux enfants de vivre une expérience enrichissante et mémorable lors de l’Atlas Summer Camp qui se déroulera du 1er au 18 juillet dans les trois établissements de Rabat, Tamesna et des Nations.

En trois ans, 325 enfants réinsérés à l’école grâce au programme de l’association INSAF

L’association INSAF organise, le mercredi 25 juin, une restitution publique des résultats de son programme LCTE – Lutte contre le travail des enfants, lancé à Casablanca en 2022.

Après trois années de déploiement dans trois zones ciblées – Médiouna, Hay Hassani et Derb Ghallef –, le bilan est significatif : 325 enfants ont été retirés de la mendicité et des métiers de chiffonniers pour être durablement réinsérés dans le système scolaire, indique l’association dans un communiqué.

Le programme LCTE, développé à Casablanca depuis 2022, repose sur plusieurs piliers : l’identification des enfants à risque, leur mise à niveau scolaire, un accompagnement psychosocial et, surtout, un soutien direct aux familles.

Chaque famille reçoit une aide financière de 300 dirhams par mois et par enfant, sur une durée de plus de dix ans, jusqu’à la réalisation du projet de vie de l’enfant, explique la même source. Parallèlement, un travail est mené pour faciliter l’accès des familles aux dispositifs sociaux de l’État, comme l’AMO (Assurance maladie obligatoire) et les aides publiques.

Vaccin contre la rougeole : un taux de rattrapage de 52,1% parmi les moins de 18 ans

Le ministre de la Santé et de la protection sociale, Amine Tahraoui, a présenté, le jeudi 6 février, un exposé devant le Conseil de gouvernement sur l’état des lieux de la rougeole au Maroc et la stratégie adoptée pour y faire face.

Un plan national de veille et de riposte à l’épidémie de rougeole a été mis en place. Il comprend plusieurs axes d’action pour renforcer le dispositif de surveillance et augmenter le niveau de vigilance sanitaire et d’alerte.

Plus de 8,88 millions de statuts vaccinaux vérifiés

Au 3 février 2025, plus de 8,88 millions d’enfants de moins de 18 ans ont vu leur statut vaccinal vérifié. L’objectif est de combler les lacunes immunitaires chez la population ciblée, concernant les maladies évitables par la vaccination, par la vérification du statut vaccinal d’au moins 95% de la population cible, avec un rattrapage vaccinal pour la rougeole dépassant 90%.

La population cible est estimée à plus de 10,5 millions d’enfants. À ce jour, le taux de vérification du statut vaccinal a ainsi atteint 85,2%, soit 8.884.534 enfants. Le taux de rattrapage par le vaccin combiné rougeole-rubéole (RR) est de 52,1%, avec 1.585.700 doses administrées.

Un plan multiaxial pour contrer l’épidémie

Le plan national de riposte à la rougeole prévoit la mise en place de protocoles et de mesures d’accompagnement pour la détection précoce et la confirmation des cas, ainsi que la préparation des structures hospitalières pour accueillir les cas compliqués.

Le ministère a également prévu la formation des professionnels de santé (établissements de soins de santé primaires (ESSP/hôpitaux) à la détection précoce de la rougeole et à la prise en charge des cas graves. Des mises à jour évolutives du plan sont réalisées en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique. La dernière mise à jour date de janvier 2025.

Lors de son exposé, le ministre a rappelé que deux comités techniques et scientifiques de vaccination et d’infections respiratoires aiguës ont recommandé :

– l’intensification de la vaccination ;
– des schémas de riposte vaccinale adaptés à la situation épidémiologique de chaque zone ;
– la standardisation de la prise en charge des malades selon les évidences scientifiques ;
– une intensification de la communication, avec un focus particulier sur la communication de proximité ;
– une extension de la campagne nationale de vaccination.

En parallèle, des campagnes de sensibilisation ont été lancées au niveau national afin d’encourager la vaccination et de renforcer les partenariats avec les différents acteurs du secteur de la santé. L’objectif est de garantir une réponse globale et efficace face à cette épidémie.

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Lors d’un webinaire organisé le jeudi 30 janvier par l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE), dans un contexte de recrudescence alarmante de la rougeole et de déploiement de la campagne nationale de riposte menée par le ministère de la Santé et de la protection sociale, le Dr Mohamed Lyoubi, directeur de l’Épidémiologie et de la lutte contre les maladies (DELM), a présenté les derniers chiffres de la situation épidémiologique au Maroc. Il est également revenu sur l’historique des pics enregistrés dans le Royaume.

La dernière grande épidémie de rougeole au Maroc remontait à 1987, avec un nombre de cas quasi similaire à la situation actuelle, a rappelé le Dr Lyoubi. Depuis, des avancées majeures avaient permis de limiter la maladie à travers l’introduction progressive de la deuxième dose du vaccin en milieu scolaire, entre 2002 et 2008, et des campagnes de vaccination massives entraînant une diminution importante des cas.

Le Maroc avait alors été classé parmi les pays en phase de pré-élimination de la rougeole. En 2019, le Royaume enregistrait seulement 14 cas confirmés sur l’année. En 2022, année de référence, seuls 3 cas avaient été confirmés.

Cependant, la baisse progressive de la couverture vaccinale a entraîné l’accumulation de personnes vulnérables non immunisées, favorisant ainsi la résurgence du virus.

La dernière mise à jour fait état d’environ 25.000 cas suspects, dont 6.300 cas confirmés et 120 décès.

6.300 cas confirmés et 120 décès

La flambée actuelle a été signalée le 14 octobre 2023 par le CHU d’Agadir, avec la notification de plusieurs cas groupés dans une même localité.

L’enquête épidémiologique a permis d’établir que la transmission avait commencé à la mi-septembre 2023, notamment dans les communes d’Imouzzer Ida Outanane et de Taghazout.

En un mois, le nombre de cas confirmés a atteint 138, avec 7 cas en réanimation et un décès. La propagation s’est ensuite accélérée, touchant plusieurs villes et provinces.

La dernière mise à jour fait état d’environ 25.000 cas suspects, dont 6.300 cas confirmés et 120 décès.

Sur les décès recensés au début de cette vague, 42% concernaient des enfants de moins de 5 ansActuellement, Souss-Massa est la première région affectée avec une incidence très élevée, suivie de Drâa-Tafilalet, de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Fès-Meknès, qui connaissent actuellement une propagation importante, a noté le Dr Lyoubi.

Les régions de Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat et Marrakech-Safi affichent actuellement des incidences comparables à celles de la région Souss-Massa.

Selon les données communiquées par le Dr Lyoubi, la maladie a touché toutes les tranches d’âge, y compris les nourrissons de moins de 6 mois, qui ne sont pas encore éligibles à la vaccination.

L’incidence la plus élevée a été observée chez les enfants de moins de 9 mois, qui ne sont pas encore vaccinés, et chez les enfants de 9 à 17 mois, dont l’immunité peut être insuffisante après une seule dose.

Hautement contagieuse, la rougeole peut entraîner des complications allant jusqu’au décès.

Sur les 115 décès recensés au début de cette vague, 42% concernaient des enfants de moins de 5 ans, confirmant la vulnérabilité des jeunes enfants non vaccinés. Les adultes de plus de 37 ans représentent 24% des décès.

Les spécialistes sont unanimes : seule une couverture vaccinale suffisante peut aider à endiguer la rougeole.

Booster le taux de rattrapage

Étayant les mesures déployées par le ministère de tutelle dans le cadre de la campagne nationale de riposte à la rougeole, le Dr Mohamed Benazzouz, chef du Service de la protection de la santé infantile, a insisté sur l’importance de la vaccination.

« Nous disposons d’un vaccin sûr, efficace et disponible gratuitement dans les établissements de santé primaire », a-t-il souligné.

Une campagne nationale de vérification du statut vaccinal et de rattrapage au profit des enfants âgés de moins de 18 ans s’est déroulée du 28 octobre 2024 au 27 janvier 2025.

Selon le Dr Benazzouz, le taux de vérification a atteint 82,46%, tandis que le taux de rattrapage pour la vaccination contre la rougeole et la rubéole (vaccin RR) ne dépassait pas 47,07% de la population cible.

Atteindre une couverture vaccinale de 95%

Les spécialistes sont unanimes : seule une couverture vaccinale suffisante peut aider à endiguer la rougeole.

S’exprimant à l’occasion du webinaire, la vice-présidente de l’ONDE, Ghizlane Benjelloun, s’est félicitée de la dynamique en cours pour contrer la propagation rapide de la rougeole dans le pays. Elle a également relevé que le nombre de cas enregistrés au cours de ces derniers mois souligne l’impératif de la vaccination, rappelant que cette maladie est « grave et peut provoquer des complications chez les enfants et les adultes ».

« Seule une vaccination efficace peut protéger les enfants, mais aussi les adultes de cette maladie contagieuse », a fait remarquer Ghizlane Benjelloun, lançant un appel pressant aux familles pour veiller à l’administration du vaccin à leurs enfants.

L’épidémie actuelle aurait pu être évitée si la couverture vaccinale était restée stable au-dessus de 95%, un seuil nécessaire pour empêcher la transmission du virus, a déploré pour sa part le Dr Lyoubi. Cette situation met également en lumière le risque de résurgence d’autres maladies évitables par la vaccination, telles que la diphtérie, la coqueluche, la polio ou le tétanos.

Pour clore le webinaire, qui a couvert plusieurs aspects épidémiologiques, statistiques, etc., le Dr Moulay Said Afif, président du Congrès et de l’Association casablancaise des pédiatres privés et qui a animé cet échange, a décliné les recommandations des différentes sociétés savantes de pédiatrie comme suit :

– Poursuivre la campagne de rattrapage jusqu’à l’atteinte d’une couverture vaccinale de plus de 95% dans toutes les régions du Maroc afin de stopper l’épidémie.

– Lutter contre les fake news en poursuivant la sensibilisation et la communication auprès du grand public sur le vaccin contre la rougeole, un vaccin sûr, efficace et très bien toléré.

– Vacciner systématiquement autour d’un cas de rougeole, quel que soit l’âge (à partir de 6 mois), dans un délai de 72 heures pour éviter la propagation du virus.

– Poursuivre la campagne de sensibilisation menée par le ministère de l’Éducation nationale : les enseignants (écoles primaires, collèges, lycées) se sont impliqués en vérifiant les carnets de santé des élèves.

– Renforcer la campagne de sensibilisation auprès des familles, menée par le ministère de l’Intérieur.

– Faciliter la déclaration obligatoire de la rougeole par les professionnels de santé du secteur privé (médecins généralistes et pédiatres) en mettant en place un numéro WhatsApp dédié.

– Impliquer le secteur privé : les vaccins figurant dans le Programme national d’immunisation (PNI) doivent être remboursés à 100%. Cette mesure permettra un gain économique notable, car la prise en charge de la maladie et de ses complications est bien plus coûteuse que la prévention vaccinale.

– Impliquer le secteur privé : les vaccins figurant dans le Programme national d’immunisation (PNI) doivent être remboursés à 100% . Cette mesure permettra un gain économique notable, puisque la prise en charge de la maladie et de ses complications est plus coûteuse que la vaccination.

– Digitaliser le carnet de santé de l’enfant, y compris la vaccination.

L’objectif de la riposte est de réduire la morbidité en assurant une prise en charge appropriée des cas, d’arrêter la progression de l’épidémie et de rehausser la couverture vaccinale contre la rougeole et la rubéole au niveau requis. Il est donc recommandé d’insister sur la vaccination dès l’âge de 9 mois, avec deux doses de vaccin espacées d’au moins un mois, et ce quel que soit l’âge.

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Le CESE alerte sur l’absence d’un cadre réglementaire « efficace » pour protéger les enfants sur les plateformes numériques

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a présenté, le 30 janvier, les conclusions de son avis intitulé « Pour un environnement numérique inclusif et protecteur des enfants« , adopté en mars 2024 à l’unanimité lors de la 156e session ordinaire du Conseil.

Lors de la présentation des conclusions de cet avis, Ahmed Réda Chami, président du Conseil, a mis en avant plusieurs chiffres significatifs illustrant l’ampleur du phénomène. Il a révélé que neuf Marocains sur dix utilisent les réseaux sociaux, et que deux enfants sur trois y ont accès. En 2024, 97% des mineurs de moins de 18 ans utilisaient ces plateformes. Selon l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), 31 millions de Marocains sont connectés à internet.

Ahmed Réda Chami a également souligné les conséquences graves d’une utilisation abusive des réseaux sociaux, notamment l’addiction, la violence, l’anxiété, la dépression et même le suicide. Il a insisté sur le fait que certains utilisateurs peuvent se perdre dans une réalité virtuelle, s’éloignant du monde réel et de ses enjeux. Ces dangers sont aggravés par l’absence d’un cadre réglementaire efficace et d’outils technologiques permettant de protéger les enfants et de réguler leur accès au numérique.

Une consultation citoyenne menée via la plateforme « Ouchariko » du CESE a révélé des perceptions contrastées parmi les familles, quant aux effets des réseaux sociaux sur les enfants. Environ 58% des participants estiment que ces plateformes ne sont pas bénéfiques pour les jeunes, tandis que 42% considèrent qu’elles pourraient avoir un impact positif à partir de l’âge de 15 ans.

Par ailleurs, 69% des sondés ont exprimé leur inquiétude face à l’utilisation des réseaux sociaux par les enfants, et une majorité s’accorde à dire que ces outils représentent un danger particulièrement élevé pour les moins de 12 ans. Enfin, 88% des participants ont insisté sur l’importance d’intégrer l’éducation numérique dans les programmes scolaires afin de mieux préparer les jeunes aux défis du numérique.

L’utilisation croissante des réseaux sociaux par les enfants représente à la fois une opportunité et un risque. Si ces outils facilitent l’apprentissage et la socialisation, ils exposent également les jeunes utilisateurs à des dangers tels que la cybercriminalité, le harcèlement en ligne et l’addiction aux écrans. Face à ces défis, le CESE souligne la nécessité d’un cadre réglementaire adapté et d’une mobilisation collective pour garantir un environnement numérique sûr et inclusif.

Afin de répondre aux défis liés à l’utilisation du numérique par les enfants, le CESE insiste sur la responsabilité collective de tous les acteurs pour leur assurer une protection effective. Parmi les recommandations émises :

Partenariat entre Alsa Maroc et la Fondation Ali Zaoua

Ce partenariat, dont la cérémonie de signature a été présidée par Alberto Perez, directeur général d’Alsa Maroc, et Nabil Ayouch, président de la Fondation Ali Zaoua, vise essentiellement à élargir l’accès à l’éducation artistique et à la culture aux bénéficiaires des centres culturels de la Fondation dans quatre villes du Royaume, notamment Marrakech, Agadir, Tanger ou encore Casablanca, indique un communiqué conjoint.

Le directeur général de Alsa Maroc, Alberto Perez, a indiqué que « cet accord vient renforcer et généraliser, une collaboration déjà fructueuse, amorcée il y a plus de deux ans, et qui a permis de rendre plus accessibles plusieurs activités culturelles, sportives et artistiques de la Fondation », relève le communiqué.

En effet, les deux parties ont déjà organisé ensemble, dans la ville de Marrakech, près de 40 activités autour de différents thèmes dont le théâtre, le cinéma, le sport et la culture. Plus de 1.400 enfants ont bénéficié de ces actions, dont 30% sont issus des familles des collaborateurs et collaboratrices d’Alsa Maroc.

Par ce partenariat, Alsa Maroc s’engage à accompagner les activités et initiatives de la Fondation Ali Zaoua et à contribuer à leur succès. Ainsi, l’entreprise met à la disposition de la Fondation ses bus dans 4 villes marocaines pour faciliter le déplacement des bénéficiaires aux différentes activités organisées, notamment les visites de Musée, la présence à des spectacles et à des séances de visionnages de films cinématographiques.

Les enfants des collaborateurs et collaboratrices d’Alsa auront également l’occasion de prendre part aux activités de la Fondation et de cultiver une éducation culturelle et artistique au même titre que les bénéficiaires de la Fondation.

Alsa Maroc offre également à la Fondation, la possibilité d’exploiter un parc de plus de 1.000 bus, à Casablanca, Marrakech, Tanger et Agadir, pour publicité à l’intérieur des bus afin de promouvoir ses activités et projets. Aussi, elle offre une grande visibilité qui permettra de sensibiliser le grand public aux projets éducatifs et culturels de la Fondation et encouragera les dons et le soutien communautaire.

SIEL 2024 : don spécial de livres en solidarité avec les enfants d’Al Haouz

Cette action solidaire, qui se poursuit jusqu’à la fin du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), permet à ces enfants d’explorer un univers littéraire grâce aux dons des organisateurs du Salon. Ces livres sont destinés à enrichir leurs perspectives et à leur apporter espoir et promesses pour l’avenir.

Reconnaissant l’importance de la lecture dans le développement culturel, individuel et collectif, les donateurs, visiteurs et exposants ont généreusement contribué à cette initiative. Ils mettent à disposition des ouvrages pour enfants et jeunes, manifestant ainsi un élan de solidarité envers cette catégorie en difficulté.

Les livres couvrent différentes catégories de la littérature d’enfance et de jeunesse, visant à encourager les enfants à la lecture et à les aider à se reconstruire après la tragédie, à l’instar de leurs pairs à travers le Royaume.

Aziz Cherraj, écrivain et éditeur ayant fait don de nombre d’ouvrages en rapport avec l’enfance et la jeunesse, s’est félicité de cette initiative qui permet de montrer la solidarité des citoyens marocains avec ces enfants ayant vécu l’épreuve de cette catastrophe naturelle. « L’avenir prometteur se dessine également à travers une construction culturelle qui formera une génération créative, imprégnée de l’actualité de la scène culturelle et littéraire », a-t-il souligné.

Pour sa part, Brahim Mezzine, également contributeur, a chaleureusement salué l’organisation de cette initiative par le SIEL, notant qu’elle est de nature à apporter un soutien intellectuel et émotionnel à ces jeunes.

En octobre 2023, la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc (BNRM), en coordination avec la Fondation Mohammed V pour la solidarité et la Fondation des Œuvres sociales et culturelles de la BNRM, avait lancé une caravane solidaire pour distribuer plus de 7.000 manuels scolaires et contes destinés aux enfants des familles touchées par le séisme d’Al Haouz, rappelle-t-on.

Séisme. Le CNDH et des ONG mettent en place des dispositifs de protection des victimes vulnérables aux abus

Encouragement du mariage des mineurs dans les zones touchées par le séisme du 8 septembre, propositions à de jeunes filles de travailler en tant que domestiques, partage de leurs photos sur les réseaux sociaux… Autant de comportements qui ont alerté l’opinion publique, le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) et le tissu associatif.

Face aux dénonciations d’internautes sur les réseaux sociaux, certaines associations se sont exprimées par communiqué. Plusieurs d’entre elles sont actives sur les lieux, d’autres agissent à distance en déployant des cellules d’écoute. Voici les dispositifs mis en place jusqu’à présent.

Des internautes indignés

L’élan de solidarité exemplaire qui a suivi le séisme d’Al Haouz survenu le 8 septembre a été entaché de comportements jugés ignobles par des internautes qui ont relayé, en masse, des vidéos et appels au signalement à l’encontre d’individus présents sur les lieux du drame. Sur place pour acheminer les aides, certains ont filmé et diffusé les images d’enfants des villages touchés. D’autres les ont enlacés et embrassés. Une proximité que beaucoup ont jugé « perverse » et « malsaine ».

D’autres individus ont publié sur les réseaux sociaux des appels aux agressions sexuelles et ont encouragé le mariage des mineurs. L’un d’eux a été arrêté ce jeudi 14 septembre, selon un communiqué de la DGSN.

Indignés, des activistes et acteurs associatifs réagissent depuis plusieurs jours via différents canaux. Certains se sont adressés aux autorités pour les alerter et solliciter leur intervention, d’autres ont mis en place des numéros de signalements, tandis que d’autres encore programment des campagnes de sensibilisation.

Sur place, comme le montrent certaines vidéos, des bénévoles tentent de sensibiliser au mieux les enfants en les avertissant et en leur expliquant de ne pas laisser les inconnus les embrasser, les enlacer ni même les prendre en photo, afin de les protéger d’éventuelles agressions sexuelles et trafics d’êtres humains et de garantir leur droit à l’image.

Dès ce jeudi 14 septembre, lorsque les vidéos dénonçant les comportements inquiétants de certains individus se sont propagées sur les réseaux sociaux, des associations se sont exprimées par communiqué. Nous en avons contacté certaines. Nous avons également sollicité l’institution nationale, garante de la protection et de la promotion des droits humains, le CNDH.

Une cellule permanente de veille et de monitoring au CNDH

Contacté par Médias24, le secrétaire général du Conseil national des droits de l’Homme, Mounir Bensalah, indique qu’au sein du Conseil, « eu égard à l’expérience et aux pratiques développées et optimisées depuis 2019, nous avons activé, dès les premières heures suivant le séisme, une cellule permanente de veille et de monitoring, avec un suivi direct et régulier de la présidente du CNDH et d’autres collègues du Conseil ».

« Il sied de rappeler, à cet égard, que notre institution dispose d’une division spécialisée dédiée aux questions liées à la technologie, à l’espace numérique et aux droits de l’Homme, créée il y a maintenant presque un an auprès de la présidente du conseil », précise notre interlocuteur.

Et d’ajouter : « Nous traversons un moment difficile. Ce genre de contenus ajoute bien évidement des craintes, augmente le stress, sème parfois la panique et amplifie la souffrance collective. Certes, il y a eu plusieurs campagnes de dénonciation, mais les alertes et les cas détectés et dénoncés demeurent limitées. Je pense qu’il s’agit là de cas isolés qui n’entachent en rien l’élan de solidarité et de mobilisation. »

À ce stade, selon Mounir Bensalah, « les équipes du CNDH, aux niveaux central comme régional, demeurent mobilisées et poursuivent les enquêtes autour de toute allégation de violations des droits des enfants« . Outre la veille et le monitoring de l’espace digital, « le numéro de téléphone des commissions régionales des droits de l’Homme de Marrakech-Safi, Souss-Massa et Drâa-Tafilalet est désormais dédié à la réception des appels des familles, des victimes et des lanceurs d’alertes pour traiter et adresser chaque cas de manière individuelle ».

Par ailleurs, le secrétaire général du CNDH juge « essentiel de continuer à dénoncer et à alerter les autorités compétentes, le CNDH, la Commission nationale chargée de la coordination des mesures ayant pour but la lutte et la prévention de la traite des êtres humains, les ONG, etc., de manière responsable et formelle, qui évite tous risques pour les droits des personnes à l’image et la réputation ».

Dans le cadre de ce même respect du droit à l’image et à la réputation, Mounir Bensalah « lance un appel aux créateurs de contenus » qu’il invite à « veiller, sans relâche, au respect de l’intérêt suprême des enfants« . Il estime que « leur voix et leurs points de vue comptent, mais dans le respect total des règles déontologiques et de leurs droits ».

Attention à la kafala illégale

Jointe par Médias24, la présidente de l’association « Touche pas à mon enfant« , Najat Anwar, explique que « depuis le déclenchement de cette tragédie, notre organisation effectue une étroite surveillance de la situation des enfants dans les zones affectées. À partir des informations recueillies par nos coordinateurs sur le terrain, nous avons émis des mises en garde concernant l’exploitation [des enfants] par des agresseurs et des pédocriminels, ainsi que les troubles engendrés par cette tragédie et l’isolement des enfants et des mineurs, en particulier les orphelins ».

Et d’ajouter : « Nous avons documenté des cas d’adoption illégale d’orphelins via les réseaux sociaux, ainsi que des annonces de mariage impliquant des mineures. De plus, des avances inappropriées envers de jeunes filles des régions sinistrées ont été constatées, comme le montrent certaines vidéos. »

« Notre organisation est activement engagée dans des actions pour répondre à cette situation, et nous avions espoir que l’unité sociale de Taroudant continuerait à fonctionner vu les résultats positifs qu’elle a obtenus. Nous appelons à sa réactivation afin de collaborer avec les autorités pour examiner les cas d’orphelins et les possibles cas d’abus sexuels et de viols », précise Najat Anwar.

De son côté, Ali Aghnaj, président du conseil d’administration de l’association AMANE, met en garde contre les tentatives d’adoption d’orphelins, même de bonne foi. « On ne peut pas se contenter de venir et de prendre un enfant. Personne n’a le droit de faire ça. Il faut suivre une procédure judiciaire et une décision doit être prononcée par un juge compétent qui donne son accord pour la kafala après avoir vérifié les garanties que l’enfant concerné sera accueilli dans une famille qui assurera ses besoins humains et ne l’exploitera pas. Cette famille aura également des comptes à rendre, régulièrement, pour justifier que son engagement pour la kafala est toujours respecté », explique notre interlocuteur.

Dans un premier temps et pour protéger ces enfants au plus vite, Ali Aghnaj estime que « l’État doit assumer ses responsabilités, recenser et prendre en charge ces enfants comme cela a été annoncé. Il faut le faire le plus rapidement possible ».

En attendant de préparer une action de manière plus structurée afin de mener des campagnes de sensibilisation et de formation, l’association AMANE agit, dans cette phase d’urgence, en fonction des priorités. « A l’heure actuelle, la priorité est encore de sauver des vies humaines et de faire sortir les survivants des décombres, ou les corps. Nous sommes membres de plusieurs réseaux d’associations nationales et avons adressé une lettre au parquet pour appeler à la mobilisation des forces publiques et à leur vigilance à l’égard de tout type de comportement qui peut porter atteinte aux droits des enfants, qu’il s’agisse d’abus sexuels, de mariages forcés ou même de l’exploitation des mineurs en tant que travailleurs domestiques », ajoute notre interlocuteur.

Des numéros de signalement

En tant que première mesure d’urgence, certaines associations ont mis en place des numéros dédiés aux signalements de comportements assimilés à des tentatives d’agressions sexuelles ou d’exploitation de mineurs.

La Fondation ATAA et le Club des avocats du Maroc ont créé une cellule d’écoute qui recueille non seulement les signalements par téléphone et WhatsApp, mais propose également un accompagnement juridique aux victimes qui souhaitent porter plainte.

« Nous recevons les signalements par message WhatsApp ou par appel et les transmettons aux autorités compétentes. Nous prenons également en compte ce qui est partagé sur les réseaux sociaux. Cette cellule a été créée en urgence pour répondre à cette situation. L’idée est de contrer les tentatives d’agressions des victimes du séisme », explique à Médias24 Younes Ajjeray, responsable de cette cellule d’écoute.

L’Association marocaine des droits des victimes (AMDV) a réagi via un communiqué concernant « ce qui est diffusé sur les réseaux sociaux ». Elle indique que « dans le cadre de la protection des survivants du séisme, surtout les enfants et les femmes, l’association :

– dénonce tout comportement, acte ou abstention qui constitue une agression sexuelle sur les enfants et les femmes et les personnes en situation de handicap ;

– demande à la présidence du ministère public et aux autorités concernées d’intervenir et de suivre tout acte ou tentative d’agression sexuelle, surtout à l’encontre des catégories vulnérables citées ;

– appelle le gouvernement à travailler en urgence pour fournir les moyens logistiques et les logements à tous ceux qui ont perdu ou ont été touchés dans leur logement ; le but étant de protéger la dignité et de les prémunir contre toutes formes de violences.

Dans ce sens, l’AMDV met en place des numéros pour les alertes sur toute tentative d’exploitation, de harcèlement ou d’agression sexuels. Il s’agit des numéros suivants : +212 5 22 26 86 67 ; +212 6 63 44 10 29 ; +212 6 00 61 08 11.

De son côté, l’Union de l’action féminine a mis en place des numéros de téléphone pour recevoir les plaintes et dénonciations « qui touchent à la dignité et à la sécurité des enfants ». L’UAF souligne que « le harcèlement sexuel et l’exploitation de la faiblesse et de la vulnérabilité des enfants victimes du séisme sont des crimes face auxquels nous ne devons pas nous taire ».

Le Roi décide l’octroi du statut de « Pupille de la Nation » aux orphelins du séisme d’Al Haouz

Le statut de pupille de la Nation est régi par la loi n° 33-97, publiée au Bulletin officiel le 2 septembre 1999. Ce statut est réservé aux enfants âgés de moins de vingt ans, lorsque le père ou le soutien principal décède, disparaît ou est en incapacité de travail.

Le père ou le soutien principal doit être décédé, ou en incapacité physique suite à sa participation à des activités de défense de l’intégrité territoriale du Royaume. Les enfants passent ainsi sous la responsabilité de l’Etat qui les prend en charge.

Les demandes sont étudiées par une commission administrative. Une fois la décision rendue, une carte attestant de la qualité de pupille de la Nation est délivrée par le président de cette même commission.

Les enfants auxquels a été reconnue la qualité de pupille de la Nation ont droit à la protection morale et à l’aide matérielle jusqu’à leur majorité ou la fin de leurs études, peut-on lire dans le texte de loi.

L’Etat peut également prendre en charge intégralement ou en partie, “les frais d’entretien, de santé, d’apprentissage et d’études nécessaires au développement des pupilles de la Nation qui ne disposent pas de ressources suffisantes pour subvenir à leurs besoins ».

Notons que le décret n° 2-01-94, datant de juin 2001, fixe les conditions dans lesquelles « les pupilles de la Nation bénéficient d’une priorité pour l’accès aux emplois publics au sein des administrations de l’Etat, des établissements publics et des collectivités publiques ».

Les orphelins du séisme d’Al Hoceima 

Le séisme d’Al Hoceima, qui a fait en 2004 pas moins de 628 décès, a nourri le statut de pupille de la Nation au vu du nombre d’enfants touchés directement ou indirectement par les tremblements de terre.

À la suite d’une visite aux hôpitaux de la région en 2004, le Roi avait ordonné de conférer aux enfants orphelins, sinistrés par le violent séisme, le statut de pupille de la Nation.

Dans le détail, il s’agit de « la prise en charge des frais de leur scolarité, de leur formation et de la couverture médicale ainsi que de toutes les prestations sociales nécessaires à même de les réconforter, de préserver leur dignité et de garantir leur éducation au sein d’une société unie et solidaire”.

Ainsi, 141 enfants ayant perdu au moins un de leurs parents dans cette tragédie ont pu bénéficier du statut de pupille de la Nation et de ses avantages.

Tentative d’amélioration du statut des pupilles de la Nation

Sur la base d’environ 3.000 morts selon le dernier bilan provisoire, on peut estimer que le nombre d’orphelins est déjà de quelques milliers.

Au cours d’une réunion de travail qu’il a présidée ce jeudi 14 septembre à Rabat, le Roi a décidé que le statut de pupille de la Nation sera octroyé aux orphelins du séisme d’Al Haouz et que la loi devra être amendée au plus vite.

Enfants et écrans : voici comment gérer la transition entre vacances et rentrée scolaire

Qui dit fin des vacances dit rentrée scolaire, laquelle induit de nouveau un changement du rythme de vie quotidienne. Enfants, adolescents et parents sont désormais contraints d’abandonner les habitudes accumulées pendant l’été, notamment les excès alimentaires, le coucher tardif et l’exposition élevée aux écrans, au profit de celles qu’implique la rentrée scolaire.

“Le rythme scolaire devrait normalement s’installer progressivement, une semaine, dix jours au maximum, après la rentrée. Cette réadaptation se fait généralement sans aucun problème”, souligne le Dr Bouchaib Karoumi, pédopsychiatre à Casablanca. Il met l’accent sur l’importance du contrôle parental sur la durée d’exposition des enfants aux écrans et aux contenus qu’ils visualisent, pour une transition vacances/rentrée réussie.

“Il faut éteindre les écrans deux heures avant l’heure du coucher”

La durée d’exposition des enfants et adolescents marocains aux écrans, en particulier aux contenus disponibles sur internet, est assez importante et ne cesse de croître, relève le Dr Karoumi, précisant que les longues expositions sont plus observées chez les lycéens.

“Nous ne pouvons pas éliminer complètement l’usage de ces outils, qui ont tout de même des bénéfices, surtout en matière de pédagogie”, explique le spécialiste. “Il faut tout simplement en réguler la consommation. Plus l’âge est bas, plus il faut contrôler”, ajoute-t-il.

Pour les enfants âgés de 6 à 11 ans, la projection doit se faire sur un grand écran, en particulier un ordinateur ou une tablette. Le pédopsychiatre déconseille en revanche de mettre à la portée des enfants de cette tranche d’âge des smartphones, sauf si la situation l’exige (par exemple, l’enfant doit être joignable sur un portable lorsqu’il emprunte les transports scolaires).

“Il faut éteindre les écrans deux heures ou une heure et demie avant l’heure du coucher” afin d’éviter les troubles du sommeil, préconise encore le Dr Karoumi. Il met en garde contre les autres effets d’une trop longue exposition aux écrans qui peut entraîner, à long terme, un problème de concentration, un risque d’obésité en cas d’absence d’activités physiques, ainsi que des troubles alimentaires.

“Il faut initier les enfants aux activités extra-scolaires”

Le contrôle parental de la durée d’exposition ou des contenus visualisés à lui seul n’est pas suffisant pour réussir la transition entre les vacances et la rentrée. “Il faut également encourager les enfants à exercer quelques activités extra-scolaires. Elles doivent idéalement inclure une activité physique et une activité créative”, explique le pédopsychiatre.

Les mêmes règles doivent être appliquées aux adolescents, poursuit notre interlocuteur, selon qui ces derniers pourraient bénéficier de plus de temps d’écran par rapport aux enfants, compte tenu de leurs horaires de coucher et de réveil qui diffèrent de ceux des petits. “Appliquer ces règles aux adolescents peut être une mission délicate eu égard à leur sensibilité et à leurs exigences. Les parents doivent toutefois assurer leur rôle d’éducateurs”, insiste le Dr Karoumi, appelant ces derniers à rallier douceur et fermeté et à apprendre à dialoguer avec leurs enfants, tout âge confondu.

Le spécialiste insiste enfin sur l’importance d’instaurer des règles liées à l’usage des écrans par les enfants et les adolescents, afin d’éviter que ces derniers développent une addiction à ces outils. “Si l’addiction aux écrans atteint des proportions élevées, qui se manifeste entres autres par une irritabilité, une nervosité et l’atteinte des performances scolaires, l’enfant ou l’adolescent doit être pris en charge par un spécialiste, notamment un psychologue ou un pédopsychiatre”, avertit le Dr Bouchaib Karoumi. “Le meilleur moyen d’agir reste encore celui de prévenir”, conclut-il.

Violence basée sur le genre : résultats “fructueux” pour le projet “REDIP” à Fès-Meknès

Selon les données du ministère public, 6.172 affaires judiciaires relatives à des violences à l’égard des enfants ont été recensées en 2019. Dans les villes de Fès et Meknès, le nombre de cas de violence enregistré a atteint près de 700 enfants.

Le “projet Redip pour le renforcement de la réponse du dispositif de protection intégrée de la violence sexuelle dans les villes de Fès et Meknès”, a été lancé en janvier 2020. Il a été déployé par l’association marocaine Amane en partenariat avec l’ONG espagnole Aida et avec l’appui financier de l’Agence catalane de coopération au développement. Il a pour but de contribuer à la lutte contre les violences basées sur le genre à l’égard des filles et des adolescentes dans ces deux villes.

Arrivant à son terme en juillet 2022, le projet a abouti aux résultats suivants :

La réalisation d’une étude nationale afin de mieux comprendre la situation actuelle des violences basées sur le genre au Maroc, les causes de la persistance de ces violences et leurs conséquences sur la vie des enfants. Selon cette étude, les violences sexuelles représentent un quart des violences subies (25,3%) et concernent nettement plus les filles (61%) que les garçons (39%). “Cela explique que les stéréotypes liés au genre sont basés notamment sur des traditions et sur une culture patriarcale qui contribuent à considérer les violences faites aux enfants comme des méthodes éducatives socialement acceptées”, indique le projet Redip dans un communiqué.

Le renforcement des capacités des acteurs du système de la protection de l’enfance sur la détection et la prise en charge des cas de violences sexuelles à l’encontre des filles et adolescentes. Au total, 64 acteurs appartenant à la société civile ont été formés à Fès et Meknès, ainsi que des représentants de différentes institutions.

– La prise en charge juridique, sociale, psychologique et médicale de plus de 138 enfants victimes de violences.

– La création d’une plateforme en ligne destinée aux enfants de 9 à 15 ans, baptisée “Espace Jeunes”. Elle propose des activités ludiques, en langues arabe et française, adaptées aux centres d’intérêts des jeunes, pour apprendre à reconnaître les signes de violence (en ligne, à l’école, etc.), à savoir comment et à qui en parler et à s’auto-protéger.

– Le lancement de la campagne digitale “Kafa 3onfane didda al-atfal” (“Stop à la violence à l’égard des enfants”) a permis de sensibiliser plus de 500.000 personnes âgées de 18 à 64 ans sur les dangers des violences à l’égard des enfants et les dispositifs mis en place par l’Etat et les associations pour accompagner les victimes et leurs familles, et lutter contre les effets dévastateurs des violences sur la construction des enfants et le développement de la société.

Voici comment protéger les enfants contre les hépatites virales aiguës

D’après le Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, le Maroc n’a enregistré aucun cas officiellement confirmé d’hépatite aiguë. Celle-ci a touché environ 200 enfants dans plus de dix pays en Europe et en Amérique du Nord. « Sur l’ensemble des enfants touchés, un enfant au moins est décédé, et un enfant sur dix a dû subir une transplantation du foie », précise l’expert.

Dans un article intitulé « Les hépatites virales mystérieuses : la vigilance des parents et des professionnels de santé », le Dr Hamdi souligne que ces hépatites aiguës affectent essentiellement les enfants de moins de dix ans.

Les symptômes de cette maladie se manifestent par une jaunisse, rendant le blanc des yeux et la peau de couleur jaunâtre, des vomissements, une diarrhée et des douleurs abdominales. L’urine devient foncée et les selles pâles. Sans oublier une fatigue et des démangeaisons.

L’expert estime qu’il revient aux parents observant des symptômes similaires chez leurs enfants de consulter sans délai pour réaliser un diagnostic précoce et des mesures de protection.

“Les professionnels de santé sont aussi invités à investiguer sur tous les cas probables en vue de les déclarer au ministère de la Santé”, recommande le Dr Hamdi. “Les enfants et leurs parents doivent observer rigoureusement les règles d’hygiène : lavage des mains fréquents, avant les repas, après les toilettes et les mesures d’hygiène respiratoire.”

Le Dr Hamdi indique que les hépatites aiguës sont généralement dues à des infections virales A, B, C, D ou E qui touchent le foie. Mais aussi à des médicaments, des plantes ou des produits toxiques pour cet organe.

“Les analyses biologiques et épidémiologiques n’ont décelé aucune cause virale connue, ni cause toxique à cette flambée d’hépatites”, a par ailleurs souligné le Dr Hamdi, ajoutant qu’un adénovirus est suspecté d’en être la cause.

Cet adénovirus a été retrouvé chez 8 enfants sur 10 atteints par les hépatites virales. “Sa responsabilité n’est pas formellement établie ; surtout les circonstances qui auraient aidé ce virus à se transformer d’un agent infectieux, normalement bénin chez les enfants, en une infection aussi sévère”, a-t-il expliqué.

Et d’ajouter : “Les adénovirus forment une famille d’une soixantaine de variétés, dont le sérotype 41 est responsable de rhumes et de bronchites chez les enfants de moins de 5 ans en particulier, pendant l’hiver et le printemps.”

Selon le Dr Hamdi, les experts explorent toutes les pistes, et émettent principalement trois hypothèses pour expliquer cette flambée de cas :

– L’adénovirus a connu des variations, des mutations ou l’émergence d’un nouvel adénovirus.

– Après deux ans de confinements et de mesures barrières, les enfants, accusant une dette immunitaire, se retrouvent brutalement face des agents infectieux.

– Une co-infection par le virus de la Covid-19 et l’adénovirus.

Enfin, le Dr Hamdi assure que toute relation avec les vaccins est écartée, la majorité de ces enfants n’ayant pas été vaccinés contre la Covid.