Casablanca rejoint le réseau mondial C40 des villes engagées dans des actions climatiques

La capitale économique du Royaume devient la 14e ville africaine et la première de l’Afrique du Nord à rejoindre le réseau C40 des villes engagées dans des actions climatiques. Casablanca intégrera officiellement le réseau en 2025. L’adhésion a été approuvée lors de la réunion du comité directeur du C40. Celle-ci s’est déroulée à Rio de Janeiro, le mois dernier, annonce la Commune de Casablanca dans un communiqué.

“Rejoindre C40 Cities témoigne de notre volonté de construire une ville verte, smart et inclusive. En tant que première ville du Maghreb à rejoindre ce réseau, nous voulons partager nos actions et apprendre des autres villes pour mieux lutter contre les changements climatiques”, déclare la présidente du conseil communal de Casablanca, Nabila Rmili, citée dans le communiqué.

Casablanca se joint à 13 autres métropoles africaines, membres du réseau, qui renforcent la voix du continent dans les initiatives globales comme le changement climatique, note la même source.

En chiffres, le C40 cities c’est plus de 700 millions d’habitants et un quart de l’économie mondiale. Les 100 plus grandes villes du monde y sont regroupées. Elles prennent des mesures audacieuses pour faire face aux défis climatiques et soutiennent leurs efforts pour devenir des leaders en matière de durabilité

Les Assises du féminisme : « Une grand-messe intergénérationnelle pour le microcosme féministe » (Aicha Zaimi Sakhri)

L’événement est porté par la journaliste engagée et cofondatrice du magazine Femmes du Maroc, Aicha Zaimi Sakhri qui, interrogée sur les Assises, nous explique avec un élan enthousiaste qu’il s’agit d’ »une grand-messe intergénérationnelle et annuelle pour le microcosme féministe« .

L’organisation des Assises du féminisme a pour vocation de « réunir et faire dialoguer différentes strates de la société civile qui œuvrent pour l’égalité des sexe et la reconnaissance des droits des femmes, mais aussi deux générations de militantes féministes : les militantes de l’ancienne génération et les militantes 2.0″, poursuit-elle.

L’objectif est ainsi de créer un espace d’échange pour différentes personnes qui luttent pour la même cause mais sont rarement réunies sous le même toit. « Les associations font un excellent travail mais recueillent généralement leurs observations et réflexions chacune de leur côté et se mobilisent isolément », se désole-t-elle.

De même, pour les deux générations de militantes, notre interlocutrice considère qu’il existe un hiatus entre les militantes de l’ancienne génération, celles qui ont lutté pour la Moudawana de 2004, et les militantes de la nouvelle génération qui font des réseaux sociaux leur espace d’activisme de prédilection. 

Faire dialoguer deux générations de militantes

Ainsi pour remédier à cela, « il est primordial de faire rencontrer les deux générations pour qu’elles travaillent main dans la main parce que chacun a ses forces ». Dans ce sens, Aicha Zaimi Sakhri explique que ce qui distingue les militantes de l’ancienne génération est le plaidoyer. Pour illustrer ses propos, celle-ci s’attarde sur le parcours de la féministe marocaine Latifa Jbabdi.

En 1994, Latifa Jbabdi avait réussi à rassembler 2 millions de signatures pour la réforme du Code de la famille, grâce au porte à porte. C’est beaucoup de travail et surtout d’abnégation. Elle allait également voir les pères de familles pour les confronter à la réalité de la polygamie en leur demandant s’ils accepteraient de voir leur fille épouser un homme marié, raconte l’organisatrice des Assises avec beaucoup de nostalgie.

« On a beaucoup à apprendre de ces femmes, le militantisme ne se fait pas uniquement via les réseaux sociaux ; il s’agit aussi et surtout d’écouter les gens, d’aller à leur rencontre et d’échanger avec eux. »

A notre question de savoir ce qui distingue les militantes féministes de la nouvelle génération, l’organisatrice des Assises nous parle d’audace et de grande présence sur les réseaux sociaux, fortement consommés par les jeunes. Ses propos rejoignent ceux de Saidi Idrissi, militante féministe et ancienne présidente de l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) sollicitée dans un précédent article.

Aicha Zaimi Sakhri insiste également sur l’importance de maîtriser l’histoire du mouvement féminin et féministe marocain et de capitaliser sur les enseignements des luttes précédentes pour le Code de la famille et les droits des femmes en général, afin de mieux organiser la lutte actuelle. « L’histoire du mouvement féminin doit être intégré au programme scolaire« , ajoute-t-elle.

Les Assises sont donc l’occasion de composer entre culture du plaidoyer et mobilisation sur les réseaux sociaux. Dans ce sens, notre interlocutrice souligne que « cet événement réunira des militants de tous bords, c’est un appel à l’action conjointe et un espace qui permet aux différentes associations d’unir leurs forces, d’articuler leurs arguments et de plaider en faveur de réformes qui vont dans le sens de l’égalité des sexes ».

Code de la famille, héritage et mobilisations 

Organisée le 16 décembre 2023, cette première édition portera sur la thématique du Code de la famille. « Le sujet s’est naturellement imposé comme thématique, parce que c’est l’année de la réforme« , explique Aicha Zaimi Sakhri. C’est d’ailleurs le discours royal du 30 juillet 2022, dans lequel le souverain a adressé les injustices faites aux femmes et la nécessité de leur assurer la pleine jouissance des droits légitimes, qui a impulsé l’idée d’organiser les Assises, poursuit-elle.

« Les Assises du féminisme sont un rendez-vous annuel, et comme le chemin pour l’égalité est très long, les problématiques liées à l’inégalité sont nombreuses et seront traitées dans le cadre des différentes éditions. A titre d’exemple, l’année prochaine on pourra traiter des inégalités économiques qui frappent les femmes. »

Cette année, la question de la réforme du Code de la famille sera au centre des discussions : faut-il revendiquer des amendements du Code de la famille en vigueur ou envisager une refonte globale pour une législation égalitaire et entraîner par là un cercle vertueux et dynamique de réformes de l’ensemble du corpus juridique ? Quel Code de la famille pour davantage d’égalité, de justice et de dignité ? Telles sont les questions auxquelles répondront différents intervenants dans le cadre de quatre panels :

Si cet événement porte sur la nécessité de réviser le Code de la famille, il va aussi au-delà en encourageant une réflexion profonde sur les mutations sociologiques et culturelles qui vont dans le sens de l’égalité des sexes.

Les détails du déroulé de la journée des Assises sont à consulter sur le site web du magazine digital lancé par Aicha Zaimi Zakhri: EgalitéMag.