Premières injections d’électricité par le parc éolien de Dakhla
Le parc éolien de 60 MW, qui alimentera directement la future station de dessalement de Dakhla, a été achevé. « Il y a quelques jours, nous avons officiellement injecté nos premiers gigawattheures dans le réseau », a annoncé Loic Jaegert Huber, directeur régional d’Engie pour l’Afrique du Nord d’Engie.
À terme, il s’agit de :
– 112.000 m³ d’eau douce/jour produits par dessalement, soit 37 millions de m³/an ;
– 5.200 hectares de terres agricoles irriguées ;
– 7 millions de m³/an dédiés à l’eau potable de Dakhla et sa région ;
– Des clients industriels alimentés en énergie renouvelable, via l’excédent d’électricité.
Round up. En quoi consiste le projet d’hydrogène vert Engie-OCP ?
Lors d’une réunion du comité chargé du pilotage de l’Offre Maroc, tenue le 6 mars 2025, le gouvernement a dévoilé la liste des cinq investisseurs retenus pour la réalisation de six projets de production d’hydrogène vert. Ces projets, représentant un montant d’investissement de 319 milliards de dirhams, devront accélérer la mise en œuvre de la production d’hydrogène vert au Maroc.
Ces premières sélections dans le cadre de l’Offre Maroc viennent s’ajouter à d’autres projets de développement d’hydrogène vert. Certains de ces projets sont à un stade timide d’avancement, tandis que d’autres ont annoncé des investissements massifs, comme c’est le cas du partenariat Engie-OCP.
Avec un investissement initial d’environ 4 milliards d’euros, le partenariat stratégique majeur a été signé entre le groupe OCP et l’énergéticien français Engie, en présence du Roi Mohammed VI et du président Macron lors de sa dernière visite au Maroc, le 28 octobre 2024.
À terme, l’investissement dans les quatre projets cumulés devrait atteindre 15 à 17 milliards d’euros, représentant l’équivalent d’environ 56 % du budget annoncé des six projets sélectionnés dans l’Offre Maroc (30,26 milliards d’euros).
En plus de la décarbonatation de l’industrie des phosphates, ce partenariat vise également à contribuer activement aux ambitions du Royaume du Maroc en matière de transition énergétique, en renforçant l’écosystème industriel local et en générant des opportunités économiques et technologiques nationales, tout en créant potentiellement des emplois, et ce à travers 4 projets phares :
Projet de parcs d’énergies renouvelables avec solutions de stockage flexible : développement de centrales solaires et éoliennes d’une capacité initiale de plus de 2 GW, intégrant des systèmes de stockage par batterie (BESS) pour optimiser le rendement énergétique et atténuer l’intermittence des énergies renouvelables.
Infrastructures électriques intra-sites : création de boucles électriques internes connectées aux nouvelles sources d’énergie renouvelable, assurant une distribution efficace et durable de l’énergie au sein des sites industriels de l’OCP.
Production d’ammoniac vert et dérivés de l’hydrogène vert : développement de sites de production d’ammoniac vert, essentiel à la fabrication d’engrais, à partir d’hydrogène vert, avec un objectif de production d’un million de tonnes. Des études de faisabilité seront également menées pour d’autres dérivés, tels que le méthanol et les électrocarburants d’aviation durable (e-SAF).
Stations de dessalement de l’eau : mise en place de capacités de dessalement de l’eau de mer pour un usage agricole, soutenant les activités du groupe OCP dans les régions arides.
Cet accord de codéveloppement, signé par Mostafa Terrab, PDG du groupe OCP, et Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, opte non seulement pour le développement de ces quatre projets phares de transition énergétique, mais également pour la mise en place d’un agenda à long terme de recherche et d’innovation. Le Joint Development Agreement (JDA) envisage également la création d’une joint-venture entre le groupe OCP et Engie, ce qui souligne la profondeur et l’engagement des deux parties dans cette collaboration stratégique.
Récemment, une délégation du groupe OCP, conduite par Hanane Mourchid, directrice exécutive de la Durabilité et du développement durable, s’est récemment rendue dans les centres de recherche d’Engie (Lab Crigen et Laborelec). Les discussions ont porté sur les domaines de la joint-venture Engie-OCP, notamment l’hydrogène vert, l’intégration des énergies renouvelables, les systèmes de stockage, le dessalement et la décarbonation des processus industriels. Une rencontre similaire sera organisée prochainement au Maroc, impliquant le groupe OCP et l’UM6P via sa filiale Innov’X.
Hydrogène naturel : voici le plan d’action de Storengy au Maroc
Bénéficiant d’un immense potentiel en énergies renouvelables, le Maroc a identifié l’hydrogène vert comme un vecteur clé de sa transition énergétique. Depuis son lancement en 2023, « l’Offre Maroc » a suscité un vif intérêt auprès des investisseurs internationaux, convaincus du potentiel du Royaume dans le domaine de l’hydrogène vert. La dynamique est remarquable : en quelques mois, plus d’une quarantaine de projets ont été déposés, confirmant l’attractivité de cette nouvelle filière pour la transition énergétique du Maroc.
Si l’hydrogène vert au Maroc présente un potentiel indéniable, il ne semble pas être la seule voie à explorer. L’hydrogène naturel, par exemple, est devenu une alternative prometteuse, tant sur le plan de l’efficacité que de l’économie, et son exploration fait l’objet de recherches intensives.
Il présente l’avantage d’être extrait du sol à travers des puits, tout comme le gaz naturel, et ne nécessite pas d’investissements massifs. De plus, il offre une perspective économique prometteuse grâce à un coût de production (entre 0,5 et 2 € /kg d’H2) potentiellement plus compétitif que celui de l’hydrogène vert.
Bien que longtemps considéré comme une source d’énergie rare et complexe à exploiter, de récentes découvertes ont dissipé ces incertitudes, ouvrant de nouvelles perspectives pour l’exploitation de l’hydrogène naturel. Au Maroc, l’ONHYM partage cette conviction quant à son potentiel d’exploitabilité, comme en attestent ses campagnes d’exploration autonomes et les permis de recherche qu’il a réussi à promouvoir.
À l’heure actuelle, on compte trois opérateurs privés pour l’exploration de l’hydrogène naturel : la société suisse Hynat dans la région du Sahara, le consortium formé par Sound Energy et Getech initialement à Tendrara et Sidi Mokhtar (environs d’Essaouira), et l’entreprise française Storengy dans les bassins sédimentaires de la Meseta côtière.
En juillet 2024 , Storengy, filiale d’Engie, et l’ONHYM ont signé un protocole d’accord pour explorer le potentiel en hydrogène naturel de la Meseta côtière, notamment les bassins de Berrechid, Ben Slimane et Doukkala. Contactée par nos soins, Storengy nous a dévoilé son plan d’action pour une exploration accélérée de l’hydrogène naturel de sa zone de prospection, s’étendant de Benslimane au Nord jusqu’à Safi au Sud.
Les bassins de la Meseta, un potentiel en hydrogène à décrypter
Les bassins sédimentaires, objet de cet accord, ont été précédemment investigués par l’ONHYM qui avait réalisé des mesures dans des zones d’échappement d’hydrogène à la surface, ayant mis en évidence des quantités importantes d’échappement d’hydrogène.
Les zones d’échappement prennent souvent la forme de structures circulaires à la surface de la terre, connues sous le nom de cercles de fées. C’est le cas du suintement d’hydrogène mis en évidence dans des structures similaires au Brésil, aux Etats-Unis, en Russie… Dans la Meseta côtière, ces cercles de fées sont très nombreux et certains ont donné des teneurs mesurées en hydrogène très importantes. Ceci, avec un contexte géologique favorable, rend la zone prospective pour l’exploration d’hydrogène naturel.
L’observation d’images satellitaires dans la région de Safi montre clairement des centaines de structures circulaires éparpillées dans plusieurs zones, et dont le diamètre est plurimétrique.
Comment Storengy compte-t-elle développer ce potentiel ?
Dans un premier temps, Storengy devrait cibler les zones à forte concentration en hydrogène dans les bassins contractés pour, par la suite, prospecter la possible présence d’un système « hydrogène », capable d’accumuler l’hydrogène dans des pièges situés dans le sous-sol.
En collaboration avec l’ONHYM, Storengy va poursuivre les travaux d’exploration par l’acquisition de données géochimiques et géophysiques, qui devront en principe évaluer le potentiel de la zone et démontrer de possibles accumulations d’hydrogène naturel dans des réservoirs souterrains, alimentés par de l’hydrogène généré naturellement par des réactions chimiques entre l’eau présente et des roches potentiellement riches en fer pouvant catalyser la formation de la molécule de l’hydrogène.
En plus d’outils venant de l’exploration du gaz naturel qui peuvent être utilisés aussi pour l’exploration d’hydrogène naturel, les équipes d’Engie-Storengy ont développé des outils spécifiques pour la recherche comme les capteurs Parhys (Permanent Analyses of Renewable Hydrogen with Sensors). Ce sont des capteurs permanents de mesure d’hydrogène à la surface du sol qui permettent d’évaluer le flux d’hydrogène sur des périodes de plusieurs mois, ou des techniques spécifiques comme la sismique passive.
Un réseau de capteurs Parhys installés dans deux cercles de fées du bassin du São Francisco, au Brésil, a révélé des flux quotidiens de l’ordre de 1.000 m³ d’hydrogène, soit environ 10 tonnes par an.
Flux d’hydrogène enregistré par les capteurs Parhys dans un cercle de fées dans le bassin du São Francisco au Brésil.
Selon Storengy, une campagne d’acquisition de données sera menée sur plusieurs mois dans les zones à fort potentiel hydrogène de la Meseta côtière, combinant sismologie passive et déploiement d’un réseau de capteurs Parhys. Les signaux sismiques passifs enregistrés permettront de caractériser en détail le sous-sol de la région. Une relecture et une interprétation des données géologiques seront réalisées en parallèle afin de mieux appréhender ce système d’hydrogène probable.
Sous réserve de résultats positifs lors de cette première phase « courte », un nouveau programme d’exploration sera proposé en collaboration avec l’ONHYM avant la fin de l’année 2025. Ce programme consistera en la réalisation de travaux plus ambitieux, tels que des forages exploratoires et des campagnes géophysiques et géochimiques haute résolution, afin de mieux caractériser les zones d’intérêt.
L’hydrogène naturel, une révolution énergétique à venir ?
L’hydrogène, bien que constituant la majeure partie de la matière visible, se retrouve principalement combiné à d’autres éléments sur terre, formant des composés comme l’eau (H₂O) ou les hydrocarbures. Sa densité énergétique élevée (120 MJ/kg) par rapport au gaz naturel (56 MJ/kg) en fait un vecteur énergétique prometteur qui pourra contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
L’hydrogène naturel nécessite de trouver un système « hydrogène » en profondeur permettant de produire l’hydrogène en injectant de l’eau (hydrogène orange) ou de trouver des pièges similaires à ceux piégeant les hydrocarbures (hydrogène en or). L’exploration de ces gisements se développe rapidement dans plusieurs pays industrialisés, notamment aux États-Unis, en Australie, en Espagne et en Russie. Les premiers forages réalisés dans ces pays et à travers le monde permettront de développer les méthodes d’exploitation possibles de cette ressource naturelle.
Modèle de formation de l’hydrogène dans le sous-sol (source: nature.org)
Dans la région de Bourakébougou au Mali, un forage en quête d’eau a pris une tournure inattendue au cours de l’année 2012. Au lieu d’atteindre une nappe phréatique, les chercheurs ont découvert un important écoulement qui s’échappait sans interruption du puits qui s’est avéré par la suite inflammable. Les tests effectués ont permis d’identifier cet air comme étant de l’hydrogène, une découverte surprenante qui a ouvert pour la première fois de nouvelles perspectives pour l’extraction de l’hydrogène, au lieu de le synthétiser.
Tout comme le Mali, l’Australie dispose des conditions géologiques favorables à la production d’hydrogène orange. Ses importantes réserves de fer et d’uranium forment la roche mère essentielle à la réaction avec l’eau pour dissocier l’hydrogène de l’oxygène, offrant un potentiel de production significatif.
En Espagne, Helios Aragon estime pouvoir extraire environ 1 million de tonnes d’hydrogène du seul champ de Monzon. Selon cette entreprise, les quatre puits de production prévus dans ce champ pourraient générer l’équivalent énergétique de 650 éoliennes, sans nécessiter d’eau, et pourraient commencer à produire avant l’arrivée de 2030.
Bien que les explorations n’en soient qu’à leurs débuts, le potentiel de découvrir de méga-gisements d’hydrogène naturel peut se concrétiser. Cependant, leur exploitation à grande échelle devra surmonter plusieurs défis, techniquement solvables, liés en particulier au stockage de l’hydrogène naturel, à son caractère explosif et à sa température de liquéfaction extrêmement basse.
Les détails du partenariat stratégique entre le groupe OCP et Engie pour décarboner les phosphates marocains
Lors de la cérémonie officielle tenue à Rabat le 28 octobre 2024, sous la présidence du Roi Mohammed VI et du président français Emmanuel Macron en visite d’État, un partenariat stratégique majeur a été signé entre le groupe OCP et la compagnie française Engie, en marge de la signature de 21 autres accords bilatéraux. Cet accord de codéveloppement, signé par Mostafa Terrab, PDG du groupe OCP, et Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, vise conjointement le développement de quatre projets phares de transition énergétique, accompagnés d’un agenda à long terme de recherche et d’innovation.
En amont de ce partenariat, le groupe OCP et l’Agence française de développement (AFD) ont signé un protocole d’accord d’un montant de 350 millions d’euros visant à soutenir la stratégie OCP de décarbonation au Maroc et en Afrique. Cet accord couvre notamment les chaînes de valeur agricoles et alimentaires en Afrique, les partenariats avec les entreprises françaises, ainsi que la formation et la recherche dans le domaine de la sécurité alimentaire.
Dans un communiqué conjoint, publié ce mardi 29 octobre, le groupe OCP et Engie ont annoncé les détails de quatre projets industriels d’énergie renouvelable, d’infrastructures électriques, d’hydrogène et d’ammoniac verts et de dessalement, qui constitueront à terme une structure complète pour la décarbonation de la production des phosphates et de ses dérivés au Maroc.
1er axe : Parcs d’énergies renouvelables avec solutions de stockage flexible.
2e axe : Infrastructures électriques intra-sites reliées à ces nouvelles sources d’énergie renouvelable.
3e axe : Production de l’ammoniac vert avec l’étude de faisabilité d’autres projets de production de dérivés de l’hydrogène vert (le méthanol, l’électro-carburant d’aviation synthétique e-SAF…).
4e axe : Stations de dessalement de l’eau destinées à un usage agricole.
Nous apprenons que le montant d’investissement initial du partenariat stratégique OCP-Engie devrait atteindre 4 milliards d’euros, faisant de cet accord l’un des principaux investissements signés, avec des perspectives d’évolution qui pourront atteindre jusqu’à 16 milliards d’euros. Une joint-venture sera créée au moment du lancement des premiers projets avec, en priorité, les énergies renouvelables et les boucles électriques.
La priorité sera donc accordée à la création d’une centrale solaire et éolienne, avec un potentiel initial de plus de 2 GW (n’intégrant pas le besoin pour la production de l’hydrogène vert), et qui devrait intégrer les systèmes de stockage d’énergie par batterie (BESS) affaiblissant les effets d’intermittence des énergies renouvelables en vue d’optimiser le rendement énergétique.
Afin de réduire sa dépendance au gaz naturel et de favoriser une transition énergétique plus durable, OCP, en partenariat avec Engie, développera des sites de production d’ammoniac vert. L’ammoniac, essentiel à la fabrication d’engrais, sera produit à partir d’hydrogène vert, offrant ainsi une alternative pour le groupe à la fois économique et durable.
Actuellement, les deux partenaires sont en train de cibler les zones les plus indiquées pour développer ce type de projets et ils restent ouverts aux différentes techniques d’électrolyse qui seront les mieux adaptées aux contextes de l’OCP. Ces projets de production d’ammoniac vert seront développés en dehors de « l’Offre Maroc » pour l’hydrogène vert pour laquelle Engie est en train d’étudier plusieurs offres.
Face à la raréfaction de l’eau, qui menace la souveraineté alimentaire du Maroc, ce partenariat prévoit, dans un autre maillon de projets, la création de capacités de dessalement d’eau destinées à soutenir le développement agricole, avec en priorité initiale les régions OCP, Nador et Tarfaya-Tan-Tan, qui seront ensuite déployées à plus grande échelle pour soutenir le développement agricole durable.
Au-delà des projets industriels de la transition énergétique, un agenda de recherche et d’innovation mené en collaboration entre le groupe OCP et Engie, disposant tous les deux de structures de recherches très développées, notamment INNOVX, du côté marocain, avec son expertise dans la création et la mise à l’échelle d’entreprises et d’écosystèmes technologiques innovants, et Engie Lab Crigen, du côté français, le centre de R&D du groupe Engie dédié aux nouvelles énergies.
Actuellement, les priorités spécifiques de la recherche et innovation de ce partenariat sont en cours d’identification, avec en priorité principale l’hydrogène, le dessalement renouvelable, les solutions de stockage…
Parallèlement à son partenariat stratégique avec l’OCP, Engie développe d’autres projets énergétiques au Maroc, en particulier le projet d’une usine de dessalement couplée à l’énergie éolienne à Dakhla. Pour sa part, l’hydrogène vert constituera un axe majeur des projets futurs d’Engie au Maroc, visant à accompagner le Royaume dans sa volonté de développer une économie bas carbone.
Transition énergétique : OCP signe des partenariats avec Bpifrance, l’AFD et Engie
Le groupe OCP a annoncé la signature d’un protocole d’accord avec Bpifrance et l’Agence française de développement. L’objectif est de renforcer ce partenariat ambitieux pour accompagner la décarbonation du tissu industriel marocain et le développement d’une agriculture durable, inclusive et respectueuse de l’environnement et de la biodiversité, au service de la sécurité alimentaire du continent africain, précise un communiqué conjoint.
En présence du Roi Mohammed VI et du président de la République française, Emmanuel Macron, la signature du protocole d’accord par Mostafa Terrab, PDG du groupe OCP, et Isabelle Bébéar, directrice des Affaires internationales et européennes chez Bpifrance, s’est déroulée le 28 octobre à Rabat, dans le cadre de la visite d’État du président français au Maroc.
Ce partenariat vise à « soutenir, via l’utilisation d’outils de financement, d’investissement et de garanties, des projets stratégiques développés par le groupe OCP en collaboration avec des entreprises françaises ».
Ce protocole d’accord porte également sur la création d’un fonds d’investissement de 53,2 millions de DH par Bpifrance et InnovX, filiale de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), elle-même détenue par la Fondation OCP, visant à investir dans des fonds soutenant des start-up, PME et ETI innovantes en Afrique dans les secteurs agricoles et agroalimentaires ainsi que dans les énergies vertes.
En lien avec ce fonds, Bpifrance et InnovX pourront également étudier la possibilité d’accompagner en co-investissement des start-up et PME innovantes de leurs écosystèmes respectifs pouvant contribuer à la stratégie du plan d’investissement vert du groupe OCP par le biais de collaborations technologiques avec les différentes entités de l’écosystème du même groupe (InnovX, UM6P, etc.) sur des verticales ciblées au Maroc (hydrogène vert, carbon farming, stress hydrique, etc.).
Capitalisant sur le succès d’un premier programme conjoint dédié au plan hydrogène vert porté par InnovX, filiale de l’UM6P engagée dans le développement d’entreprises et d’écosystèmes innovants et durables, Bpifrance renforcera sa collaboration avec l’ensemble du groupe OCP afin d’aboutir à un partenariat global au bénéfice de la stratégie d’investissement vert du groupe.
Cette coopération se fera notamment via le déploiement du programme « Connect », porté par la Direction export de Bpifrance : un dispositif visant à renforcer les partenariats entre le groupe OCP et des entreprises françaises, notamment dans la mise en œuvre de sa stratégie de décarbonation industrielle. Ce soutien inclura un accompagnement en financement et en garantie des projets portés par le groupe OCP au Maroc et ailleurs en Afrique, incluant des entreprises françaises.
L’AFD soutiendra également cette initiative à travers un soutien en financement, en ligne avec les ambitions de durabilité et de préservation des ressources naturelles partagées de part et d’autre par le groupe OCP et l’AFD.
Isabelle Bébéar, directrice des Affaires internationales et européennes chez Bpifrance, a déclaré : « La signature de ce protocole d’accord est une pierre de plus qui vient fortifier le partenariat bilatéral franco-marocain sur deux filières stratégiques communes : la sécurité alimentaire et la décarbonation du tissu industriel au Maroc et plus largement en Afrique. En capitalisant sur nos domaines d’expertise respectifs avec le groupe OCP, acteur majeur dans la région, nous serons en mesure de développer des programmes concrets en faveur de ces enjeux stratégiques et au profit de nos entreprises ».
Mostafa Terrab, président-directeur général du groupe OCP, a pour sa part ajouté : « Ce partenariat marque une nouvelle étape dans notre engagement commun pour renforcer la souveraineté alimentaire et accélérer la transition énergétique de l’Afrique. Ensemble, nous mettons en place des solutions novatrices qui bénéficieront à la fois aux producteurs agricoles et aux industriels, tout en respectant les objectifs de durabilité. En alliant l’expertise et les ressources du groupe OCP, de Bpifrance et de l’AFD, nous ouvrons de nouvelles perspectives pour une croissance inclusive, durable et résiliente en Afrique ».
Partenariat stratégique entre le groupe OCP et Engie
Le groupe OCP a également signé un partenariat stratégique avec Engie qui vise à accélérer la transition énergétique du groupe marocain et à contribuer activement à celle du Royaume du Maroc. Ce partenariat englobe plusieurs projets ambitieux d’énergie renouvelable, de stockage d’énergie, d’hydrogène et d’ammoniac verts, d’infrastructures électriques et de dessalement durable, ainsi que le déploiement d’un agenda de Recherche & Innovation (R & I) autour de ces thématiques, indique un communiqué conjoint.
L’accord a été signé par Mostafa Terrab, président-directeur général du groupe OCP, et Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, dans le cadre de la visite d’État du président français au Maroc.
Le JDA (Joint Development Agreement) vise en premier lieu à codévelopper et gérer quatre projets industriels d’envergure :
Développement d’une capacité de production d’électricité issue de sources renouvelables, en association avec des solutions de stockage pour assurer la flexibilité du réseau énergétique du groupe OCP.
Création d’infrastructures électriques intra-sites reliées à ces nouvelles sources d’énergie renouvelable.
Développement d’une capacité de production d’ammoniac vert. Le projet étudiera parallèlement la faisabilité de production d’autres dérivés de l’hydrogène vert, tels que l’e-méthanol ou les e-SAF, entre autres.
Développement de capacités de dessalement de l’eau destinée à un usage agricole pour les régions où le groupe OCP opère.
L’accord inclut également le déploiement d’un agenda de recherche et d’innovation pour renforcer la compétitivité de cette collaboration et créer des opportunités innovantes.
Ce partenariat entre Engie et OCP contribue à « relever les défis énergétiques et environnementaux du groupe OCP et s’inscrit en cohérence avec sa stratégie de décarbonation ainsi qu’avec l’ambition du Royaume du Maroc en matière de transition énergétique », poursuit la même source.
Les deux groupes unissent ainsi leurs forces pour créer une plateforme industrielle unique dédiée à la transition énergétique. Cette plateforme permettra de « renforcer l’écosystème industriel local en générant des opportunités économiques et technologiques nationales, en plus de constituer un vivier potentiel d’emplois ».
« Ce partenariat avec Engie contribue à notre engagement envers une croissance durable, axée sur l’innovation énergétique et la décarbonation. Grâce à cette alliance stratégique, nous continuerons à renforcer la compétitivité internationale du groupe OCP dans le domaine des énergies renouvelables, tout en contribuant à un avenir durable pour les générations futures », a indiqué Mostafa Terrab.
« Ce partenariat avec le groupe OCP concrétise une vision commune de la transition énergétique avec une approche intégrée et diversifiée des solutions technologiques. Ensemble, nous contribuerons au développement de solutions énergétiques bas carbone, tout en consolidant l’écosystème industriel marocain. Cette collaboration positionnera nos deux groupes comme acteurs majeurs de la décarbonation du Royaume et renforcera la présence d’Engie au Maroc », a souligné Catherine MacGregor.
Le JDA envisage également la création potentielle d’une joint-venture entre le groupe OCP et Engie, conclut-on.
En images, les travaux de construction de la station de dessalement de Dakhla
Loïc Jaegert-Huber, directeur régional d’Engie pour l’Afrique du Nord, a présenté les images du chantier de la future station de dessalement. Pour faire face au stress hydrique, celle-ci n’utilisera que des énergies renouvelables, a-t-il précisé.
Elle sera alimentée par un parc éolien de 60 MW et produira 112.000 m3 d’eau douce par jour grâce à l’osmose inverse.
Engie a lancé les consultations pour se désengager de Safiec
Rencontré en marge du forum économique Maroc-France, le vendredi 26 avril à Rabat, le directeur régional d’Engie Afrique du Nord, Loïc Jaegert-Huber, nous a confié que le groupe Engie a pour objectif de « sortir du charbon à l’horizon 2027 ».
Cet engagement est public. Cela dit, la question se pose pour leur participation dans la centrale Safiec. « Nous avons engagé un processus de cession de nos parts. Nous avons reçu des candidatures que nous sommes en train d’étudier et que nous communiquerons, le moment venu, à nos partenaires dans la centrale », nous explique Loïc Jaegert-Huber.
Ce dernier n’exclut pas que le repreneur soit l’un des deux autres partenaires présents dans le tour de table. « Les échanges et les consultations sont lancées. Nous avons échangé avec des Tchèques, des Américains, des Chinois, etc. », poursuit notre interlocuteur. Selon nos informations, des fonds ont également manifesté leur intérêt, mais les actionnaires de Safiec recherchent un profil d’industriel et non d’investisseur financier.
Entrée en service en 2018, la centrale de Safi est dotée de deux unités thermiques (2×693 MW). L’énergie produite est commercialisée exclusivement au profit de l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE).
Engie signe une offre solaire photovoltaïque destinée à l’irrigation à Taroudant
La centrale solaire photovoltaïque est destinée sera déployée dans une exploitation d’agrumes d’une trentaine d’hectares réputée pour son stress hydrique.
« Cette solution de pompage solaire que nous finançons pour le compte de nos clients est un nouvel exemple de notre ambition de devenir leur interlocuteur de référence dans les énergies renouvelables, en développant des solutions innovantes et en nous engageant sur une performance énergétique dans la durée », déclare Philippe Miquel, PDG d’Engie Services Maroc, cité dans un communiqué.
Ce projet s’inscrit dans la nouvelle stratégie dédiée à une transition zéro carbone mise en place par Engie au Maroc.
Engie a récemment regroupé ses trois filiales dédiées aux services à l’énergie en une entité pleinement intégrée pour proposer à ses clients au Maroc, une offre de transition énergétique « As a Service » et pour les accompagner dans une transition énergétique zéro carbone.
Avec son offre solaire dédiée à l’autoproduction, Engie permet à ses clients de produire tout ou partie de leurs propres besoins énergétiques en utilisant les surfaces « solarisables » dont ils disposent, d’éviter de porter eux-mêmes l’investissement et de bénéficier d’un prix compétitif de l’électricité sur toute la durée du contrat.
Engie rachète les parts de FinanceCom dans Engie Finatech Services
Engie poursuit sa stratégie de développement au Maroc, en mettant en œuvre son projet « One Morocco », qui vise à intégrer ses différentes filiales offrant des solutions clients au Maroc.
« Ce projet permettra à Engie de développer davantage de solutions intégrées (du financement jusqu’à l’installation, la maintenance et l’opération) qui répondent aux enjeux des entreprises, des collectivités locales et aux attentes du marché », précise un communiqué de l’entreprise.
Conformément à sa stratégie visant à promouvoir la transition énergétique « as a service », « la société a l’ambition de devenir le leader mondial de la transition zéro carbone de ses clients, en particulier les entreprises et les collectivités locales. »
Le projet One Morocco vise la déclinaison des solutions intégrées zéro carbone « as a service », clé en main, sur-mesure et cofinancées. Afin d’atteindre cet objectif, Engie a décidé de simplifier la structure sociétale du groupe au Maroc, et ainsi en améliorer la lisibilité par les parties prenantes.
En conséquence, Engie a procédé à l’acquisition des parts détenues par Finatech Group, filiale du groupe FinanceCom, au sein de la joint-venture Engie Finatech Services.
Les deux groupes se sont engagés à poursuivre leur partenariat à travers des projets industriels et commerciaux conjoints.
Aujourd’hui, Engie emploie près de 2.000 collaborateurs au Maroc et a réalisé un chiffre d’affaires annuel d’environ 1 milliard de DH en 2018.
Digital: Shoppeos, 2ème site e-commerce généraliste après Jumia
En seulement 3 mois d’existence, Shoppeos s’est hissé au 2ème rang des e-marchands généralistes, se situant juste derrière Jumia, selon un communiqué diffusé par le site. Lancé début octobre 2013, le site de e-commerce a enregistré chaque mois une progression moyenne du chiffre d’affaires avoisinant les 59%.
Le site est un vrai mall virtuel. Il compte plus de 150 marques et couvre non seulement le marché de la mode, mais également le High-Tech, la beauté et le bien-être, la maison et déco, l’éléctroménager, la medecine sportives, les deals, les recharges téléphoniques, etc.
Shoppeos offre également à ses clients des modes de paiements particuliers, comme le paiement en 3 fois ou le paiement différé d'un mois.
Shoppeos est détenu par le groupe Azran spécialisé en textile et ayant à son actif un capital de 25 ans d’existence, donc une bonne maîtrise du marché marocain. Le groupe est le représentant exclusif au Maroc de 160 franchises comme Just Cavalli, Diesel, Dim, Jules, Etam ou True Religion.
Le CDVM donne son feu vert pour une augmentation de 567 MDH du capital d’Addoha
L'augmentation de capital, qui concerne un montant global de 567 millions de DH, portera sur un nombre maximum de 12,6 millions d'actions, qui seront émises avec un prix unitaire de souscription de 45 dirhams et une prime d'émission de 35 dirhams, indique un communiqué du CDVM, publié mardi par la Bourse de Casablanca.
La décision, dont la date de jouissance est fixée pour le 1er janvier 2013, sera effectuée sur la période allant du 26 août courant au 23 septembre prochain, précise la même source.
Le groupe Addoha, qui constitue la première capitalisation du secteur immobilier à la place boursière casablancaise, a connu récemment certaines difficultés à maintenir le cours de ses actions à 60 dirhams, sur fond notamment de sa sortie de l'indice Morgan Stanley Capital International (MSCI EM), qui a eu un impact significatif sur l'attractivité du titre auprès des investisseurs étrangers. L'action de la société s'établit maintenant à environ 44 dirhams.