À Benguérir, UM6P et OCP mettent l’accent sur la prochaine génération d’engrais

Avec une population mondiale projetée à plus de 9,7 milliards d’habitants, les défis s’intensifient : terres arables en diminution, raréfaction des ressources en eau et impacts croissants du changement climatique, susceptible de réduire les rendements agricoles de 10% à 25% dans certaines régions.

L’innovation n’est plus une option

« Dans cette configuration, l’innovation n’est plus une option, elle est une nécessité. Ici, à l’UM6P, nous sommes convaincus que les réponses aux défis mondiaux passent par la science, la coopération et l’audace », a déclaré Hicham El Habti, président de l’UM6P,

Ce dernier intervenait dans le cadre de la 37ᵉ conférence technique de l’Association arabe des engrais (Arab Fertilizers Association – AFA) qui s’est ouverte ce mercredi 16 septembre 2025 au campus Benguérir de l’université polytechnique Mohammed VI (UM6P), sous le thème « Technologies émergentes dans l’industrie des engrais : équilibre entre productivité et gestion responsable de l’environnement ».

Pendant trois jours, plus de 600 participants issus du monde arabe et d’ailleurs exploreront les moyens de développer des solutions innovantes, des stratégies efficaces ainsi que les moyens offerts par la R&D pour parvenir aux objectifs de durabilité. Cette conférence technique ambitionne ainsi de poser les bonnes bases d’une agriculture plus productive et respectueuse de l’environnement.

Hicham El Habti : « Avec OCP, nous travaillons sur la prochaine génération d’engrais »

Hicham El Habti, président de l’UM6P.

Pour Hicham El Habti, l’objectif derrière l’innovation est double : répondre à la demande alimentaire d’une population en croissance rapide tout en réduisant l’empreinte environnementale de l’agriculture, notamment les émissions de gaz à effet de serre liées à l’utilisation d’engrais azotés.

« Avec OCP, engagé vers la neutralité carbone en 2040, nous travaillons sur la prochaine génération d’engrais : plus intelligents, plus économes en ressources, plus respectueux des sols et de l’eau. Les programmes sur l’hydrogène vert – via la plateforme Green H2A développée avec OCP et IRESEN –, sur la capture du carbone, ou encore sur l’intelligence artificielle appliquée à l’optimisation industrielle, traduisent déjà cette ambition », a précisé El Habti.

Youssef El Bari : « Les défis à venir sont globaux et exigent l’effort collectif »

De son côté, le groupe OCP, parrain de cet événement, ambitionne de renforcer sa position mondiale dans la filière des engrais. À travers sa nouvelle filiale OCP Nutricrops, le groupe a récemment dépassé une capacité de production de 5 millions de tonnes d’engrais de type TSP à Jorf Lasfar et prévoit d’atteindre 7 millions de tonnes d’ici la fin de l’année 2025. Face aux défis mondiaux qui affectent, et pourraient davantage perturber, les chaînes d’approvisionnement, le groupe OCP mise sur l’importance de la coopération multilatérale pour surmonter ces obstacles.

« Les défis à venir sont globaux et exigent l’effort collectif des chercheurs, des producteurs, des entreprises et des institutions. Nous sommes convaincus que l’avenir de notre secteur, face au double impératif de sécurité alimentaire et de durabilité, repose sur la coopération, l’innovation et le partage des connaissances », a expliqué Youssef El Bari, CEO d’OCP Nutricrops.

Si le Maroc dispose de vastes réserves de phosphates, d’autres pays possèdent d’importantes réserves de gaz naturel, tandis que certains bénéficient de gisements plus conséquents de potasse. L’industrie des engrais met en lumière des opportunités économiques encore inexploitées, en raison d’un manque d’une vraie coopération économique entre les pays arabes.

« Pour maintenir le rôle pionnier de l’industrie arabe des engrais, nos entreprises doivent prendre l’initiative des transformations rapides qui remodèlent l’agriculture et les secteurs connexes », a souligné Youssef El Bari.

« Au sein du groupe OCP, nous reconnaissons l’étroite interdépendance du changement climatique, de la sécurité alimentaire, de la numérisation et des perturbations des chaînes d’approvisionnement. Nous reconnaissons également l’importance cruciale des ressources naturelles. En relevant ces défis interconnectés grâce à une approche holistique, nous cherchons à renforcer la résilience et la durabilité, et à bâtir un avenir prospère au service de toutes les parties prenantes », a précisé Youssef El Bari.

L’importance stratégique de la coopération arabe pour l’industrie des engrais

Dans le monde arabe, et pas uniquement au Maroc, les principaux défis de l’industrie des engrais résident dans la disponibilité de l’énergie, notamment le gaz naturel, dont l’approvisionnement devient de plus en plus complexe. Cette situation impacte directement le coût des engrais et, par conséquent, son accessibilité sur le marché.

« Nous faisons face à de lourdes responsabilités qui exigent de renforcer les investissements dans ce secteur afin d’accroître les capacités de production, de moderniser les usines, et de diversifier les produits pour inclure des engrais traditionnels, intelligents et biologiques, en adéquation avec les orientations environnementales mondiales », a déclaré Saâd Abou El Maati, secrétaire général de l’APA.

À partir de ce point, la résilience et la capacité d’adaptation deviennent des impératifs stratégiques et indispensables. La consolidation des partenariats entre les entreprises, les institutions et les organisations mondiales et régionales permet quant à elle non seulement de partager le savoir-faire mais également d’ouvrir la voie à de nouveaux investissements.

« Nous avons besoin de législations claires pour encadrer l’industrie et le commerce des engrais, des politiques de soutien visant à promouvoir une utilisation optimale des engrais par les agriculteurs, ainsi que d’une vision intégrée garantissant la durabilité des ressources naturelles tout en réduisant le gaspillage, les émissions et la pollution », a ajouté Saâd Abou El Maati.

Pour mémoire, en 2023, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et le Secrétariat général de l’Association arabe des engrais (AFA) ont signé un accord de coopération au Caire pour développer des programmes de soutien académique pour les entreprises arabes. Cet événement marque une étape importante dans le renforcement des liens entre le monde académique et l’industrie à l’échelle régionale.

Les droits compensatoires sur les engrais phosphatés marocains de nouveau sous examen aux USA

La Commission américaine du commerce international (USITC) a officiellement ouvert une procédure de second réexamen judiciaire (remand) concernant les droits compensatoires imposés aux importations d’engrais phosphatés en provenance du Maroc et de la Russie. Cette annonce, publiée dans le Federal Register le 10 juin 2025, marque un tournant significatif dans une affaire aux enjeux commerciaux et juridiques majeurs qui dure depuis 2021.

Un contexte judiciaire complexe depuis 2021

L’historique de ce dossier est marqué par plusieurs rebondissements. En mars 2021, l’USITC avait initialement rendu un verdict affirmant que les importations marocaines et russes avaient causé un préjudice matériel à l’industrie américaine, ouvrant ainsi la voie à l’application de droits compensateurs.

Cependant, le Tribunal américain du commerce international (CIT) est intervenu une première fois en septembre 2023, en émettant un premier remand. Cette décision renvoyait l’affaire à l’USITC pour une réévaluation. Malgré cette injonction, l’USITC avait confirmé ses conclusions initiales en janvier 2024.

Le plus récent développement est survenu le 22 avril 2025, lorsque le CIT a rendu une seconde décision (Slip Op. No. 25-32), toujours sous scellés, ordonnant un nouvel examen du dossier par l’USITC. C’est en réponse à cette directive que la Commission a formellement annoncé l’ouverture de cette procédure de second remand.

OCP, acteur clé parmi les parties impliquées

L’avis publié par l’USITC le 10 juin 2025 dans le Federal Register détaille précisément les modalités de ce réexamen. La Commission a notamment précisé qu’elle utiliserait exclusivement le dossier existant ; aucune preuve nouvelle ne sera acceptée durant cette phase.

Une période de commentaires a été ouverte, et les parties ont jusqu’au 20 juin 2025 pour soumettre leurs observations. La participation à cette procédure est réservée aux parties déjà impliquées dans l’affaire. Parmi elles figurent des acteurs majeurs tels que OCP S.A., EuroChem, PhosAgro PJSC, International Materials Ltd., Koch Fertilizer, ainsi que l’industrie américaine des engrais.

Prochaines étapes du second réexamen judiciaire

Cette nouvelle procédure de réexamen pourrait avoir des répercussions significatives. Le CIT pourrait, à terme, invalider la décision historique de 2021 si les arguments présentés sont jugés non conformes au droit ou aux procédures établies. Cela pourrait déboucher sur une modification, un maintien ou une annulation des droits compensateurs actuellement en vigueur sur les engrais phosphatés marocains.

Les yeux sont désormais tournés vers le 20 juin 2025, date limite pour le dépôt des commentaires par les parties prenantes. Ensuite, le processus de réévaluation par l’USITC sera suivi de près. Le CIT continuera de surveiller attentivement la conformité de la procédure avec ses directives et pourrait intervenir à nouveau dans les prochains mois.

OCP : État des lieux du site de Mzinda

L’avancement du projet Phosphate Hub de Mzinda a été présenté aux médias nationaux ce vendredi 11 avril 2025, lors d’une visite organisée sur les différents chantiers de ce nouveau complexe. Au cœur du programme stratégique Mzinda Meskala (SP2M), ce site de 460 hectares permettra au groupe OCP de dynamiser sa production d’engrais grâce à un nouveau modèle alliant performance industrielle, technologies de pointe et engagement durable. Il incarne pleinement la vision du groupe OCP, qui englobe la sécurité alimentaire mondiale et l’engagement environnemental.

Débutés en juin 2024, les travaux de construction de ce site avancent à un rythme satisfaisant. Sur le terrain, les travaux ont atteint environ 15 à 24 % d’avancement. D’ici juin prochain au plus tard, les équipements du site de Mzinda seront livrés, alors que les travaux de génie civil seront déjà bien avancés.

L’objectif, dans un premier temps, est une production initiale d’une capacité de 4,5 millions de tonnes d’engrais en 2026 (notamment du TSP et du TSP+ : composant d’engrais à base de phosphate et exempt d’azote), avant de doubler cette capacité pour atteindre 9 millions de tonnes à l’horizon 2028.

Durant cette phase de construction, 4.000 emplois ont été créés par ces chantiers avec une intégration locale de 60 %. De plus, 40 contractants nationaux ont été mobilisés pour cette phase de construction, générant un impact global sur l’emploi estimé entre 14.000 et 20.000 postes.

Le SP2M, un projet aux multiples dimensions (green, innovant et transformateur socio-économique)

Amine Debbarh, Head of Sales and Market Development de l’Europe de l’Ouest du groupe OCP, a souligné l’importance du projet stratégique Mzinda Meskala (SP2M), qui marque une étape importante dans le développement d’OCP Nutricrops : « Ce projet nous permet de répondre à une demande mondiale croissante en engrais adaptés, d’accompagner plus efficacement les agriculteurs avec des produits et des solutions durables. Avec la production de TSP et TSP+, il permet aussi une gestion efficiente des nutriments, fondée sur les principes des 4R (le bon engrais, au bon moment, à la bonne dose, au bon endroit). Il permet aussi une gestion séparée des nutriments, notamment du phosphore et de l’azote, afin d’améliorer l’efficacité de leur absorption par la plante en les fournissant précisément lorsqu’elle en a besoin, selon son stade de développement ».

Maquette 3D du phosphate hub de Mzinda

Le projet de phosphate Hub de Mzinda s’inscrit dans le cadre du programme stratégique (SP2M) relancé en 2024. Il sera dédié à la nouvelle filière OCP Nutricrops et se déploiera dans deux nouvelles zones d’implantation : Mzinda-Safi et Meskala-Essaouira.

Il s’intègre dans le corridor Mzinda-Safi et ambitionne d’atteindre, d’ici 2028, une capacité de production annuelle de 12 millions de tonnes de roche, de 3 millions de tonnes d’acide phosphorique et de 9 millions de tonnes d’engrais.

Ahmed Mssali, Directeur du programme manufacturing Mzinda Meskala, a expliqué que le programme SP2M permettra d’augmenter la capacité de production des engrais du groupe OCP, avec une production équivalente à 9 millions de tonnes à l’horizon 2028 en deux phases au niveau du complexe chimique Mzinda, qui a pour objectif de produire l’équivalent de 3 millions de tonnes de P2​O5 avec l’acide phosphorique qui sera produit sur site avant d’être transporté vers le Phosphate Hub de Safi (SHP) pour être granulé avant d’être exporté vers le nouveau port de Safi.

Concernant le corridor Meskala-Essaouira (2ᵉ étape du projet SP2M), il atteindra une capacité annuelle, à l’horizon 2030, 20 millions de tonnes de roche, 1 million de tonnes d’acide phosphorique et 2 millions de tonnes d’engrais.

L’objectif est de consolider le leadership marocain sur toute la chaîne de valeur des phosphates, de l’extraction à la production d’engrais, en tirant parti de l’industrie minière 5.0. Engagé dans une démarche responsable, OCP y intègre aussi son ambition climatique, avec un objectif clair : la neutralité carbone à l’horizon 2040 par ses projets de déploiement d’énergies renouvelables (parcs solaires et éoliens), la production d’un maximum de sous-produits verts, la mise en œuvre de solutions de mobilisation des eaux non conventionnelles (dessalement de l’eau de mer, STEP…), la production d’ammoniac vert…

Le Corridor Mzinda Safi : un nouveau modèle d’intégration technologique durable

Le nouveau site de Mzinda sera au cœur des futures opérations industrielles et minières de la région. Il comprendra principalement une usine de fabrication d’acide phosphorique, une usine de production d’acide sulfurique (trois unités sulfurique d’une capacité de 5000 tonnes/jour et qui serait la plus grande du groupe) ainsi qu’une capacité de fusion de soufre.

Le complexe intégrera également une laverie des phosphates et une unité de dessalement. Cette dernière recevra l’eau dessalée en provenance de Safi avant de la retraiter selon les spécifications requises pour les différents usages industriels du site.

Ce site recevra dans un premier temps du phosphate provenant de la nouvelle mine de Louta, ainsi que des mines qui seront exploitées dans le cadre de l’extension du gisement de Benguerir et de Youssoufia. Il sera connecté à une autre plateforme de production d’engrais située à Safi, qui traitera le phosphate sous forme de TCP et de TCP+ provenant de Mzinda par un nouveau corridor logistique. Enfin, les produits finis seront acheminés vers un nouveau port spécialisé dans l’exportation de phosphate, situé au sud de Safi. Une particularité de ce nouveau complexe de Mzinda est qu’il n’y aura aucun rejet minier, puisque tous les résidus seront retraités pour produire un maximum de sous-produits.

Également, le site Mzinda abritera un centre d’opérations à distance intégré (IROC) de nouvelle génération qui permettra de surveiller et de contrôler l’ensemble des opérations de la roche à la valorisation. Cette centralisation des opérations permet d’une part, de prendre des décisions proactives, et d’autre part d’optimiser l’efficacité opérationnelle et la productivité de l’exploitation minière et industrielle.

Pièce maitresse de la mine 5.0, ces IROC sont devenus les points nodaux des chaînes de valeur minières complexes dans le monde. En s’appuyant sur des technologies de pointe comme l’IA (intelligence artificielle) et l’IIoT (Internet Industriel des Objets), ils exploitent données et analyses avancées pour intégrer avec fiabilité les innovations technologiques, opérationnelles et process. Cette dynamique est essentielle pour accélérer la décarbonation tout en optimisant la performance industrielle.

Mzinda, vitrine de la mine/industrie 5.0

En intégrant les principes de la mine 5.0, l’OCP a fait de cet objectif un défi pour ses futures exploitations en cours de développement. Cela permettra de créer une mine digitalisée et automatisée, avec un personnel qualifié pour opérer ces installations, permettant de doubler la capacité de production tout en réduisant les coûts de production (cost leadership) dans le plus strict respect de l’environnement.

Dans le cadre du programme stratégique Mzinda Meskala (SP2M), le groupe OCP implante dans ces nouvelles zones un projet greenfield qui opte pour devenir une référence en matière de digitalisation. Il garantit ainsi la cohérence et l’interopérabilité entre les unités de production du SP2M et les installations existantes de l’OCP.

Le périmètre de la mine 5.0 intègre l’ensemble de la chaîne opérationnelle, depuis la gestion intelligente des énergies et utilities jusqu’à l’optimisation des entrepôts, en passant par la gestion de la maintenance, la logistique connectée, le contrôle qualité en temps réel et la surveillance environnementale.

Le nouveau projet Mzinda ne se limite pas aux capacités technologiques mobilisées, mais englobe également une stratégie d’ancrage local et de renforcement des capacités nationales avec une orientation plus soutenue à l’innovation et à de nouvelles filières pour l’avenir.
Pour ses activités principales d’OCP, le projet SP2M privilégie le développement d’un écosystème intégré.

Cette approche se traduit par une forte exigence d’intégration locale, notamment à travers l’implantation stratégique de partenaires au sein du Mzinda Green Park. Cette approche s’accompagne d’un ambitieux plan visant à structurer et renforcer un réseau de contractants nationaux par le biais d’un soutien aux institutions partenaires, notamment l’UM6P, Innovx et l’African Academy of Industrial Training (AAIT).

En parallèle, le SP2M stimule l’émergence de nouvelles activités en accompagnant un écosystème dynamique de PME et startups locales, particulièrement dans les domaines du recyclage et du digital, tout en développant une nouvelle génération de produits stratégiques tels que le fluor et l’hydrogène vert.

Comme annoncé précédemment, l’émergence imminente des batteries lithium-fer ouvre la voie à une spécialisation du Maroc dans ce type d’industrie. En effet, le Maroc dispose d’une disponibilité locale et d’un savoir-faire industriel en cours de développement dans ce domaine, grâce aux nombreux investissements qui s’installent au Maroc. En plus de la R&D menée au sein de l’UM6P dans le domaine des batteries, un parc industriel dédié à la batterie sera intégré à Mzinda par des activités de valorisation en aval (downstream). Il permettra d’ajouter de la valeur aux dérivés de phosphate à mesure qu’elle progresse plus loin dans la chaîne d’approvisionnement, en se rapprochant du consommateur final (fabricants des composants de la batterie).

OCP Nutricrops vise 9 millions de tonnes d’engrais d’ici 2028 avec deux nouveaux axes miniers et industriels

Ces infrastructures, alliant technologies de pointe et durabilité, permettront d’augmenter progressivement la capacité de production d’engrais de 9 millions de tonnes d’ici 2028 (notamment TSP et TSP+), dont 4,5 millions de tonnes dès 2026, indique OCP Nutricrops dans un communiqué. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme SP2M qui vise à augmenter significativement les capacités de production du groupe tout en renforçant sa compétitivité et son engagement en faveur de la neutralité carbone à horizon 2040.

Les pôles Mzinda et Meskala incarnent une nouvelle génération de sites industriels, combinant les technologies avancées de l’industrie 5.0, l’intelligence artificielle et l’automatisation des processus de production. Conçus pour fonctionner exclusivement grâce aux énergies renouvelables (solaire et éolien), et exploitant des eaux non conventionnelles via le dessalement et le traitement des eaux usées (STEP), ces complexes illustrent l’engagement de OCP Nutricrops en faveur d’une production durable et efficiente, poursuit la même source. Leur conception modulaire et évolutive leur permet de s’adapter aux fluctuations du marché et d’optimiser en continu la chaîne de valeur, garantissant ainsi une offre flexible et adaptée aux besoins des agriculteurs du monde entier.

Ces deux futurs pôles se distinguent par leur conception visant à répondre à la demande mondiale croissante en engrais durables. Ils symbolisent la vision de OCP Nutricrops et son ambition de renforcer son leadership et son rôle de pionnier industriel dans la production d’engrais customisés, notamment le TSP et le TSP+, tout en intégrant des principes de durabilité et d’efficacité opérationnelle à chaque étape de la chaîne de valeur.

Grâce à une expertise opérationnelle et technologique de pointe, ces complexes ouvrent également de nouvelles perspectives de développement dans les domaines minier, chimique, industriel et logistique, mais aussi dans les énergies renouvelables, un axe central de la transition énergétique du groupe OCP, note le communiqué.

« Ces nouveaux actifs industriels deviendront une référence mondiale dans le secteur des engrais customisés et reflèteront notre engagement à relever les défis agricoles mondiaux tout en offrant à nos partenaires des opportunités de croissance durable », souligne Youssef El Bari, CEO de OCP Nutricrops, cité dans le communiqué.

Au-delà de leur dimension industrielle, ces nouveaux pôles participent à la structuration d’un écosystème économique régional intégré, à fort impact pour les communautés locales.

En collaboration avec des partenaires tels que l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), Innovx et JESA, le programme SP2M favorise :

– La dynamisation d’un nouvel écosystème industriel local à travers des partenariats nationaux et internationaux, dans des secteurs diversifiés comme les énergies vertes, l’économie circulaire et l’industrie 5.0.

–  La création d’un impact socio-économique concret en soutenant le développement des compétences des populations locales et la promotion de pratiques durables pour renforcer la résilience des tissus socio-économiques au niveau des territoires.

« Avec un impact économique et social significatif, les projets Mzinda et Meskala incarnent la vision ambitieuse du programme SP2M et de OCP Nutricrops : transformer ces régions en hubs de compétitivité mondiale tout en créant des opportunités durables pour les communautés locales. Cette ambition est ancrée dans l’ADN de ces projets et intégrée dès la phase de construction des complexes minier et industriel », explique Abdelghani Filali, managing director de SP2M.

Le Maroc fait don de 200 tonnes d’engrais aux petits agriculteurs du Guatemala

Une cérémonie présidée dans la province de Totonicapán, par l’ambassadeur du Maroc au Guatemala, Tarik Louajri, et le ministre guatémaltèque de l’Agriculture, Maynor Estrada, a marqué la première phase de distribution de cette donation de 200 tonnes de fertilisants.

Environ 10.000 familles, réparties sur sept provinces guatémaltèques, bénéficieront de ce don, indique un communiqué de la mission diplomatique marocaine à Guatemala City. À cette occasion, le ministre guatémaltèque de l’Agriculture a demandé à l’ambassadeur marocain de transmettre au Roi Mohammed VI « la gratitude et les remerciements sincères du président de la République et du peuple guatémaltèque pour ce geste aimable et généreux ».

Il a également fait part de sa « profonde reconnaissance pour ce don qui vient soutenir les efforts de son département en matière de développement rural et appuyer la mise en œuvre du plan gouvernemental de réduction de la pauvreté et de la malnutrition dans certaines régions du pays ».

Pour sa part, la gouverneure de Totonicapan, Delfina Garcia, a exprimé sa « considération pour le don octroyé par le Maroc, qui bénéficiera aux habitants et aux agriculteurs de sa région, qui dépend fortement de l’agriculture de subsistance ».

De son côté, l’ambassadeur du Maroc s’est réjoui de sa participation à cet événement qui met en exergue l’engagement du Royaume à renforcer sa coopération avec le gouvernement guatémaltèque dans tous les domaines, notamment celui de l’agriculture et de la lutte contre la pauvreté et la malnutrition.

Tarik Louajri a souligné que cette donation « traduit l’engagement du Maroc en matière de sécurité alimentaire, prônée par le Roi Mohammed VI, ainsi qu’en faveur de la coopération Sud-Sud, qui constitue un levier stratégique de la politique étrangère du Royaume ».

Il a en outre réitéré la disposition du Maroc à continuer à travailler de concert avec le président Bernardo Arevalo et son gouvernement au service du progrès et de la prospérité du peuple guatémaltèque ami. Ont également participé à cette cérémonie de hauts responsables du ministère guatémaltèque de l’Agriculture, ainsi que des députés et représentants de la population locale.

(Avec MAP)

Nasser Bourita représente le Roi Mohammed VI au Sommet africain sur les engrais et la santé des sols à Nairobi

La politique africaine du Roi Mohammed VI a toujours placé en son cœur la sécurité alimentaire comme priorité stratégique, a affirmé, jeudi 9 mai, à Nairobi, le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita.

Cette vision pour l’Afrique, qui ne vient pas du néant, raisonne avec une vision nationale, par laquelle le Royaume a choisi de mettre en œuvre des stratégies ambitieuses pour améliorer la productivité agricole, a souligné Bourita qui représente le Souverain au Sommet africain sur les engrais et la santé des sols.

La vision royale dans ce domaine se déploie à travers trois instruments, à savoir : le groupe OCP, bras opérationnel de cette vision et leader continental sur le marché des engrais, le ministère de l’Agriculture, dépositaire des politiques publiques et des stratégies sectorielles en matière d’agriculture, et le ministère des Affaires étrangères, gardien de l’exécution ordonnée de la vision royale de la coopération Sud-Sud, a relevé le ministre.

Il a aussi noté que le Souverain, qui accorde la plus haute importance aux thématiques stratégiques de ce sommet aussi bien pour le Maroc que pour l’Afrique, a tenu à ce que le Royaume y prenne part activement, à travers ces trois instruments.

Le ministre a aussi relevé que conformément aux hautes orientations du Roi Mohammed VI, le Maroc a élaboré des stratégies sectorielles de développement, le Plan Maroc Vert, lancé en 2008, et plus récemment, le Plan Génération Green, faisant observer que ces stratégies sont basées sur deux piliers fondamentaux : la modernisation de l’agriculture et des industries agroalimentaires et le développement solidaire de l’agriculture familiale.

Au-delà de la disponibilité alimentaire, la démarche marocaine promeut une approche intégrée ; celle du développement socioéconomique du monde rural et l’investissement dans l’agriculture, en tant que secteur offrant des opportunités énormes pour la création de la richesse et de l’emploi pour les jeunes, a-t-il enchaîné. Le développement agricole et la sécurité alimentaire ne constituent pas seulement une priorité stratégique pour le Maroc, mais représentent aussi les principaux objectifs de la coopération Sud-Sud.

Le Maroc partage son expérience et ses bonnes pratiques avec les pays africains frères

Dans cet esprit de solidarité africaine, le Maroc a entrepris de partager son expérience et ses bonnes pratiques avec les pays africains frères, a dit Bourita, expliquant que la démarche marocaine privilégie l’établissement de partenariats durables.

Il a dans ce sens rappelé le lancement lors de la COP22 de l’Initiative Triple A pour l’adaptation de l’agriculture africaine au changement climatique, ainsi que l’Initiative Triple S, lancée en 2016 avec la République du Sénégal, et qui vise à soutenir la soutenabilité, la stabilité et la sécurité en Afrique.

Le Royaume le fait aussi sur le plan bilatéral, avec plusieurs pays africains frères (Ethiopie, Nigéria, etc.), a poursuivi le ministre, précisant que c’est dans ce cadre aussi que s’inscrit l’action de l’OCP en Afrique.

Ainsi, en réponse à la flambée des prix des fertilisants et aux défis de sécurité alimentaire, l’OCP a consolidé sa présence et son action en Afrique à travers l’ouverture de 12 représentations aux quatre coins du continent et le renforcement de la production et de la distribution d’engrais, à travers le lancement de 8 projets industriels en Afrique, dont 3 nouvelles plateformes de stockage et de mélange, a-t-il noté.

Il s’agit aussi du lancement de 46 projets de développement à travers l’Afrique, axés sur l’amélioration de la fertilité des sols et la formation agronomique, afin de promouvoir des pratiques agricoles durables, et le développement d’initiatives telles que le programme « Agribooster », qui offrent un soutien complet aux agriculteurs, incluant l’accès aux engrais et aux semences ; ou encore le programme « Farm&Fortune Hubs », qui transforme les petites exploitations en entreprises agricoles productives, a rappelé le ministre.

Pour répondre aux besoins de l’Afrique, le groupe OCP lui a consacré 20% de sa production d’engrais, tout en offrant 180.000 tonnes d’éléments nutritifs du sol à titre d’aide, et 370.000 tonnes à prix réduit, a affirmé M. Bourita. Ces volumes représentent respectivement 16% de la demande africaine actuelle et 25% des ventes du groupe sur le continent.

Le groupe prévoit d’augmenter sa production de 2 millions de tonnes cette année, soulignant ainsi son engagement envers une agriculture africaine.

À travers cette présence, l’OCP se positionne aujourd’hui en Afrique comme le principal fournisseur d’engrais, mais aussi le principal pourvoyeur de savoir-faire agricole, particulièrement à travers des laboratoires ambulants déployés dans plusieurs pays du continent.

Partage et développement de politiques incitatives

Le ministre a par ailleurs affirmé que pour être résolu et volontariste, l’engagement du Maroc en faveur de l’agriculture africaine prend tout son sens dans la conjugaison des efforts de tous, plaidant, dans cet esprit, pour la création d’un Consortium africain pour l’innovation en agriculture.

Une telle plateforme coordonnerait l’amélioration de l’utilisation des engrais et la santé des sols à travers le continent, facilitant le partage des technologies et le développement conjoint de politiques incitatives, a soutenu Bourita.

Le ministre a aussi plaidé pour l’établissement d’un Programme panafricain de formation et de certification en gestion des sols, estimant que ce programme contribuerait à élever les standards de gestion des sols et à promouvoir des pratiques durables, à travers des centres de formation régionaux et une certification panafricaine.

Il s’agit aussi de la mise en place d’une Initiative de financement des infrastructures agricoles vertes, a dit Nasser Bourita, expliquant que cette initiative soutiendrait le développement d’infrastructures agricoles durables, incluant notamment la création d’un fonds pour des projets d’irrigation éco-responsables, ainsi que des incitations pour les investissements privés dans des technologies respectueuses de l’environnement.

Le ministre a également plaidé pour la création d’un Observatoire africain des données et analyses des sols, faisant savoir que cette structure aurait mandat pour compiler et mettre à disposition des pays africains des données précises et actualisées pour améliorer la prise de décision en agriculture, mettant à profit l’utilisation de technologies avancées, comme les satellites.

« Dans cet esprit, l’afro-optimisme maintient le Maroc dans sa conviction ferme qu’en investissant dans l’agriculture africaine, nous cultivons les fondations de l’Afrique sûre et sereine de demain », a-t-il dit.

« Ensemble, nous pouvons relever le défi de la sécurité alimentaire en Afrique, qui a tous les atouts pour faire de l’agriculture un moteur de développement et de transformation », a-t-il assuré, soulignant que le Maroc reste, comme il l’a toujours été, prêt à partager son expérience et son expertise avec ses frères africains, pour que l’agriculture sur le continent soit synonyme de stabilité et de prospérité partagée.

Organisé par l’Union africaine et le gouvernement kényan, le Sommet africain sur les engrais et la santé des sols ambitionne de souligner le rôle crucial des engrais et de la santé des sols dans la stimulation d’une croissance de l’agriculture africaine durable et favorable aux populations pauvres.

(Avec MAP)

Station de dessalement de Jorf Lasfar : en mode « fast track », les travaux d’extension vont bon train

Le programme ‘Eau’ du groupe OCP, porté par sa filiale OCP Green Water, fortifié par l’ambitieux plan d’investissement de 130 milliards de DH d’ici 2027, est dans une phase d’implémentation accélérée.

La situation hydrique critique du pays, ainsi que les besoins et objectifs du leader mondial de phosphate brut, d’acide phosphorique et d’engrais phosphatés, légitiment amplement l’accélération du rythme de mise en œuvre du programme pour permettre à l’acteur mondial d’atteindre l’autonomie, sur l’ensemble de ses sites de production, grâce à l’utilisation d’eaux non conventionnelles (dessalement et step) d’ici fin 2024, et à l’optimisation de l’utilisation de la ressource hydrique.

Médias24 est allé à la rencontre de Otmane Abousselham, chef des Opérations chez OCP Green Water, sur le site de Jorf Lasfar du groupe OCP − plus grande plateforme mondiale de production d’engrais phosphatés au monde − abritant une station de dessalement d’eau de mer opérationnelle, avec une capacité installée de 82 millions de m³ par an (contre 25 Mm³ en 2015).

Notons que ce renforcement de capacité a été facilité par l’installation d’un système modulaire − une première mondiale − dictée par le plan d’urgence du groupe OCP, lancé en 2022.

La station de dessalement a permis à l’unité industrielle de Jorf Lasfar d’être autonome depuis mai 2023. Elle alimente en eau potable, depuis octobre 2023, la ville d’El Jadida, laquelle est devenue autonome en janvier 2024. La Radeej assure la distribution de l’eau potable provenant de l’unité de dessalement de Jorf Lasfar.

 

L’échange in situ avec le responsable apporte un éclairage sur la stratégie de l’office concernant le dessalement de l’eau de mer, avec l’objectif d’installer une capacité annuelle extensible de 560 Mm³ d’ici 2027, pour les sites de production, l’alimentation en eau potable de villes et la production d’eau destinée à l’agriculture.

Une capacité de 200 millions de m³ d’ici fin 2024

Notre interlocuteur est formel : d’ici la fin de l’année, l’usine de dessalement de Jorf Lasfar, dont les travaux d’extension sont en cours (voir la vidéo) et qui alimentera aussi la partie sud de Casablanca (60 millions de m³), devrait atteindre une capacité annuelle de 200 M.

La même usine de dessalement, dont les travaux d’extension vont bon train,  porte sur une capacité annuelle additionnelle de 120 Mm³. Elle atteindra une capacité annuelle de 300 Mm³ à l’horizon 2025.

Notons que la station de dessalement, à la pointe de la technologie selon notre source, alimentera aussi le site minier du groupe OCP, implanté à Khouribga. Objectif : le rendre autonome d’ici la fin de l’année 2024.

Toujours selon notre interlocuteur, la ville de Khouribga, dotée par l’OCP d’une station d’épuration (en cours d’extension), sera également approvisionnée en eau potable grâce au surplus de capacité de l’usine de dessalement en cours d’extension à Jorf Lasfar. La composante alimentation en eau destinée à l’agriculture dans la cité minière sera développée par la filiale de l’UM6P, InnovX.

Il est important de préciser que le groupe OCP a investi dans la réalisation d’unités de traitement d’eaux usées dans certaines localités voisines de la ville de Khouribga (Fkih Ben Salah, Kasba Tadla).

Une capacité de 40 millions de m³ à Safi 

Otmane Abousselham a également apporté des précisions cruciales en rapport avec l’objectif du groupe OCP à Safi. Pour rappel, il s’agit pour le leader mondial des engrais phosphatés d’atteindre, d’ici 2027, une capacité annuelle de dessalement de 200 Mm³ dans cette ville, et de générer une capacité annuelle de dessalement de 60 Mm³ dans le sud du Royaume.

« Une capacité annuelle de 40 Mm³ est déjà installée à Safi. Des études et des appels d’offres sont en cours de lancement pour le projet de réalisation d’une capacité additionnelle de 100 Mm³ par an. Et ce, pour atteindre l’objectif fixé d’ici 2027″, confie notre interlocuteur.

En définitive, le site du groupe OCP de Safi est aussi autonome par rapport à l’utilisation des eaux conventionnelles. À l’instar de la ville d’El Jadida, Safi est devenue autonome grâce à l’apport en eau potable de la station de dessalement du groupe OCP et au travail de la Radees (pointe de potabilité, etc.).

OCP : hausse des investissements en 2023 à 26 MMDH

Le groupe a affiché un chiffre d’affaires de 91,2 MMDH en 2023 en baisse de 20,3% par rapport à l’année précédente marquée par des prix de produits phosphatés records. Comparé à la même période de 2021, le chiffre d’affaires a enregistré une hausse de 8%.

Au quatrième trimestre 2023, le chiffre d’affaires a atteint 30,2 MMDH, en nette progression par rapport au même trimestre en 2022. Cette performance a été soutenue par une amélioration des conditions de marché, qui se sont traduites par une reprise de la demande dans plusieurs principales régions importatrices.

Le Groupe poursuit ses efforts d’investissement pour le développement industriel, avec des dépenses atteignant près de 9 MMDH au quatrième trimestre 2023 contre 4,8 MMDH à la même période de l’année précédente. Les dépenses d’investissement ont totalisé 26,8 MMDH à fin 2023, en progression de 34% par rapport à 2022.

Semis direct de céréales : focus en images sur une innovation technique

En raison des conditions climatiques défavorables et d’une sécheresse persistante, le ministère de l’Agriculture opte pour des techniques innovantes, dont le semis direct. Concernant les cultures céréalières, l’ambition affichée est d’atteindre 1 million d’hectares de céréales en semis direct d’ici 2030, soit 25% des surfaces réservées à cette culture. Le budget estimé est de 1,1 milliard de DH, pour une valeur ajoutée prévisionnelle de 1,6 MMDH.

« Les méthodes actuelles de labour intensif des sols augmentent leur vulnérabilité à la sécheresse, à l’érosion et à la perte de leur fertilité », déplore le ministère de l’Agriculture. Testé depuis plusieurs années par l’Institut national de recherche agronomique (INRA), le semis direct présente plusieurs particularités. Explications. 

L’installation des cultures en un seul passage

Concrètement, le semis direct se distingue par l’élimination de tous les travaux de préparation des sols avant le semis. Un système de production qui prône l’installation des cultures en un seul passage, durant lequel l’engrais de fond et la semence sont déposés à la profondeur désirée, à l’aide d’un semoir de semis direct.

L’utilisation d’un semoir dans le cadre du semis direct offre plusieurs avantages : 

– l’amélioration du rendement des céréales à plus de 30% en moyenne, et une stabilisation en année sèche ; 

– la réduction des coûts d’installation des cultures jusqu’à 60% ; 

– la diminution des quantités de semences par rapport aux techniques conventionnelles de 30%. 

Sur le plan économique, en l’absence des travaux du sol, le semis direct garantit d’économiser entre 800 et 1.000 DH/ha. Le gain sur les semences se situe entre 100 et 130 DH/ha, et le rendement atteint 46 quintaux à l’hectare contre 40 quintaux pour le semis conventionnel. En outre, les effets sur le sol se traduisent par la conservation de l’humidité du sol et l’amélioration de la séquestration du carbone des surfaces agricoles.  

Le semoir se compose de plusieurs pièces, dont voici les principales : 

– La trémie permet le transport et l’alimentation des semences vers les organes semeurs. Dans les faits, deux différents systèmes de distribution et de réglage sont nécessaires, puisqu’on n’apporte pas les mêmes poids d’engrais et de semences. Cela peut varier selon le type d’engrais.

– Le distributeur assure l’acheminement de la semence vers l’élément semeur.

– Les éléments semeurs garantissent la mise en place de la semence au sol. Il s’agit principalement d’un disperseur permettant le semis.

– Les rouleaux existent sous différentes formes. Par exemple, le rouleau à pneumatiques se caractérise par un très bon appui.

– Le disque ouvreur a pour fonction de creuser un sillon dans la terre.

– Le traînard permet le recouvrement du sillon creusé par le disque ouvreur. 

 

Le prix du semoir est compris entre 180.000 et 300.000 DH

En 2022, on dénombrait 265 semoirs destinés au semis direct dans le Royaume. Pour réaliser l’objectif de 160.000 ha en 2024, 130 nouveaux semoirs seront distribués par le département de l’Agriculture, à l’occasion de la campagne agricole 2023-2024. 

Le prix d’un semoir de taille moyenne fabriqué au Maroc s’élève à 120.000 DH, alors que les prix des semoirs importés varient entre 180.000 et 300.000 DH. Afin d’encourager l’acquisition de semoirs, le gouvernement a mis en place une série de mesures incitatives et d’accompagnement, sous forme de subventions dans le cadre du Fonds de développement agricole (FDA). Cette aide peut atteindre 50% du coût du matériel. Elle est plafonnée selon la taille du semoir : 

– 50.000 DH pour les semoirs de moins de 2 mètres ; 

– 90.000 DH pour les semoirs entre 2 et 3 mètres ; 

– 100.000 DH pour les semoirs de plus de 3 mètres.

Par ailleurs, le ministère de l’Agriculture assure que d’ici 2030, le Programme national de semis direct devrait bénéficier à 200.000 agriculteurs issus de plusieurs régions, en particulier celles où les céréales sont cultivées. 

– Fès-Meknès : 200.000 ha ; 

– Marrakech-Safi : 200.000 ha ; 

– Rabat-Salé-Kénitra : 200.000 ha ; 

– Casablanca-Settat : 156.000 ha ;

– Tanger-Tétouan-Al Hoceïma : 130.000 ha ;

– L’Oriental : 50.000 ha ;

– Béni Mellal-Khénifra : 44.000 ha ;

– Drâa-Tafilalet : 20.000 ha.

Notons que si ce Programme national prévoit d’atteindre 1 million d’hectares en 2030, les objectifs en termes de superficie restent très limités les premières années. À savoir : 

– 30.000 ha la 2e année (2021) ; 

– 50.000 ha la 3e année (2022) ; 

– 100.000 ha la 4e année (2023) ;  

– 160.000 ha la 5e année (2024).

Affaire OCP vs Mosaic : les droits compensateurs sur les engrais marocains revus à la baisse par les États-Unis

Dans l’affaire des droits compensateurs sur les importations américaines d’engrais marocains, le groupe OCP reçoit un jugement favorable. En septembre 2023, la Cour du commerce international des États-Unis avait déjà rendu deux jugements favorables au groupe OCP.

Le jeudi 2 novembre, « OCP accueille avec satisfaction les résultats finaux annoncés par le Département du Commerce des États-Unis (DOC) à l’issue de la première révision administrative de l’ordre de droits compensateurs sur certaines importations d’engrais phosphatés marocains aux États-Unis. Le résultat est une réduction du taux tarifaire global de 19,97% à 2,12%« , annonce un communiqué du groupe OCP.

Ce nouveau taux sera appliqué aux importations du groupe OCP en 2021, et servira également de nouveau taux provisionnel à déposer auprès des douanes américaines pour les importations à partir de novembre 2023 et ce, jusqu’à la conclusion de la prochaine révision administrative au quatrième trimestre de 2024. À ce moment-là, le taux sera à nouveau actualisé, précise la même source.

« OCP continue de croire qu’il n’y a aucune justification à l’imposition de tarifs sur nos importations d’engrais aux États-Unis. Nous attendons donc avec impatience les re-déterminations du DOC et de la Commission du commerce international des États-Unis dans les prochains mois en réponse aux ordonnances de renvoi émises en septembre 2023 par la Cour du commerce international des États-Unis », exprime le groupe OCP.

En parallèle, Joc O’Rourke, PDG de Mosaic, a déclaré dans un communiqué : « Nous sommes déçus par la décision concernant les importations marocaines aux États-Unis et nous envisageons nos prochaines étapes. »

https://medias24.com/2021/02/09/engrais-affaire-mosaic-ocp-marque-des-points-aux-usa-dernier-round-le-11-mars/

OCP obtient un prêt d’IFC de 100 M€ pour la production d’engrais verts en utilisant l’énergie solaire

Dans le cadre de cet accord, la Société financière internationale (SFI) accordera un prêt vert de 100 millions d’euros au groupe OCP pour la construction de deux centrales solaires. Celles-ci fourniront de l’énergie propre à ses activités dans les villes minières de Benguerir et de Khouribga.

Ces centrales auront une capacité combinée de 400 mégawatts-crête (MWc) et jusqu’à 100 mégawattheures (MWh) de stockage en batterie, ce qui en fait le premier projet solaire photovoltaïque à grande échelle doté d’une infrastructure de stockage intégrée au Maroc − et le plus grand en Afrique du Nord −, précise un communiqué conjoint publié à l’issue de la signature de l’accord.

Un prêt vert est une forme de financement de projets remplissant les conditions requises et contribuant à la réalisation d’objectifs environnementaux tels que l’atténuation ou l’adaptation au changement climatique.

« L’accord d’aujourd’hui constitue une étape majeure vers notre objectif d’utiliser 100% d’énergie renouvelable dans notre production d’engrais d’ici 2027 », déclare Mostafa Terrab, président-directeur général du Groupe OCP, cité dans le communiqué.

« IFC est fière de soutenir OCP dans sa démarche de réduction de son empreinte carbone, une stratégie qui aura des  effets positifs à long terme non seulement au Maroc, mais aussi sur l’approvisionnement alimentaire mondial », explique Makhtar Diop, directeur général d’IFC. « L’industrie des engrais a besoin d’entreprises de premier plan comme OCP pour s’engager sur la voie du développement durable, et IFC est déterminée à soutenir cette transition importante », poursuit la même source.

Il s’agit du deuxième prêt octroyé par IFC à OCP cette année. En avril dernier, dans le cadre de la première phase du programme solaire de 1,2 gigawatts-crête (GWc) d’OCP, IFC a accordé un prêt de 100 millions d’euros pour la construction de quatre centrales solaires, également à Benguerir et Khouribga, d’une capacité combinée de 202 MWc.

Le programme solaire du groupe OCP est mis en œuvre par OCP Green Energy SA, sa filiale détenue à 100% et créée en 2022 pour développer les activités de production d’énergies renouvelables du groupe OCP. Cela fait partie du programme d’investissement vert de 13 milliards de dollars du groupe OCP, qui vise à augmenter sa production d’engrais verts et à convertir entièrement ses opérations à l’énergie verte d’ici à 2027.

Ce projet s’appuiera également sur l’expertise d’InnovX, une entreprise multisectorielle lancée par l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) dédiée au développement d’entreprises et d’écosystèmes innovants et durables à fort impact local.

L’accord de prêt vert d’IFC avec OCP s’inscrit dans le cadre de sa stratégie visant à accroître les investissements et les projets liés au climat dans les marchés émergents, à décarboner les économies et à s’adapter au réchauffement de la planète. Ce projet s’inscrit également dans le cadre de la Plateforme mondiale pour la sécurité alimentaire d’IFC, un mécanisme de financement de 6 milliards de dollars lancé en 2022 afin de renforcer la capacité du secteur privé à répondre à la crise alimentaire et à soutenir la production durable de nourriture.

OCP et la Banque mondiale s’allient pour soutenir les agriculteurs d’Afrique de l’Ouest

La Banque mondiale et le groupe OCP ont annoncé, ce mercredi 11 octobre, un partenariat pour soutenir les agriculteurs d’Afrique de l’Ouest et du Sahel. Un protocole d’accord a ainsi été signé dans le cadre des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI à Marrakech, par le président-directeur général du groupe OCP, Mostafa Terrab, et le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, indique un communiqué conjoint des deux groupes.

Ce partenariat porte sur des programmes en faveur de 5 millions d’agriculteurs au Bénin, en Guinée, au Mali et au Togo, couvrant une superficie de 10 millions d’hectares. Cette coopération vise à accélérer les investissements et les réformes pour rendre les engrais « plus accessibles et abordables » pour les agriculteurs, note la même source.

« Ces projets constituent une étape importante pour libérer le potentiel de l’Afrique en matière de sécurité alimentaire mondiale », a déclaré Mostafa Terrab, cité dans le communiqué. « L’objectif est de promouvoir une transition agricole juste et durable en élargissant l’accès des agriculteurs d’Afrique de l’Ouest à des engrais spécialement conçus pour nourrir le sol et améliorer les rendements agricoles, ce qui permettra d’accroître les sources de revenus des agriculteurs, contribuant ainsi au développement et à la prospérité de l’Afrique. »

Ce partenariat est essentiel pour aider à atteindre les engagements pris par les ministres de l’Agriculture et de la sécurité alimentaire des pays membres de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dans la Déclaration de Lomé approuvée en mai 2023, poursuit le communiqué.

« Nos deux institutions croient à la nécessité d’accélérer les réformes et les investissements pour une agriculture résiliente, promouvant le développement durable et la création d’emplois. Ce partenariat entre la Banque mondiale et le groupe OCP permet de traduire la déclaration de Lomé en actes, » souligne Ousmane Diagana vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Cinq domaines de coopération

Ce partenariat se concentre sur cinq domaines de coopération :

– l’amélioration de la santé et de la fertilité des sols grâce à une analyse de la cartographie numérique des sols, et des engrais adaptés ;

– l’établissement de Centres de technologie agricole et de services pour former et soutenir les petits agriculteurs ;

– le lancement d’un programme scolaire d’agriculture numérique pour renforcer les capacités locales et l’entrepreneuriat, et transformer ainsi le secteur agroalimentaire ;

– le renforcement des capacités de la CEDEAO pour opérationnaliser sa feuille de route sur les engrais et la santé des sols ;

– le soutien à l’établissement d’un Centre régional pour la santé des sols et la gestion de la fertilité en Afrique de l’Ouest, au sein de l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA).