Enseignement supérieur : adopté en 2e lecture au Parlement, le projet de loi 59.24 continue de diviser

Bien qu’adopté en deuxième lecture au Parlement, le projet de loi 59.24 relatif à l’enseignement supérieur reste vivement contesté.

Pour protester contre son adoption, le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNE Sup), l’une des structures les plus représentatives des enseignants du supérieur, appelle à une grève nationale de trois jours, prévue début février, ainsi qu’au boycott des sessions de formation.

Rejet de la méthode unilatérale du gouvernement, appel à la grève et boycott des formations

À l’issue d’une réunion tenue le 16 janvier, le bureau national du SNE Sup a dénoncé « le non-respect par le gouvernement de l’approche participative dans l’élaboration de ce texte, lequel présente des insuffisances tant sur la forme que sur le fond ».

Le syndicat appelle ainsi au gel de la procédure d’adoption du projet de loi et à son renvoi à la table de négociation, alors que le texte a déjà été adopté en deuxième lecture au Parlement.

Dans ce contexte, le SNE Sup appelle à une grève nationale dans l’ensemble des établissements de l’enseignement supérieur les 3, 4 et 5 février 2026.

Le syndicat appelle également au boycott des formations programmées par le ministère durant ces vacances scolaires (à partir du 26 janvier), et impute au département de tutelle la responsabilité de la perte de temps de formation qui en résulterait, ainsi que les perturbations que cette situation pourrait engendrer.

Par ailleurs, une réunion de la commission administrative du syndicat est prévue le dimanche 15 février 2026, pour évaluer, entre autres, l’impact de ces décisions.

Où en est le projet de loi ?

Le projet de loi 59.24 a été adopté en deuxième lecture par la commission de l’Enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants. La prochaine étape serait son adoption en séance plénière, pour acter son adoption définitive. S’en ensuivra sa publication au Bulletin officiel, qui fixera son entrée en vigueur.

Pour rappel, adopté le 28 août en Conseil de gouvernement, ce projet de loi a été déposé le 23 septembre 2025 à la Chambre des représentants, avant sa transmission à la commission de l’Enseignement le 24 septembre.

Après quatre réunions de ladite commission, dont une consacrée à une discussion générale le 25 novembre, suivie d’une discussion détaillée le 3 décembre et de l’adoption des amendements le 1er décembre, le texte a été voté à la majorité.

Il a ensuite été examiné en deuxième lecture le 15 janvier 2026. Le texte, ayant fait l’objet de quelques amendements essentiellement liés à la reformulation et à des ajustements en langue arabe, a été adopté en commission le 19 janvier.

De quoi s’agit-il exactement ?

Le projet de loi 59.24 vise à abroger la loi 01.00 portant organisation de l’enseignement supérieur, en vigueur depuis près d’un quart de siècle, ainsi que les textes pris pour son application.

Dès sa première version, ce projet de loi avait suscité une vive polémique, en raison de l’approche jugée unilatérale du ministère dans son élaboration, marquée par l’absence de concertation avec les professionnels du secteur. Selon le SNE Sup, ces mêmes raisons continuent de poser problème aujourd’hui, ce qui motive son rejet du texte et l’appel à son gel.

Le projet s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’accélération de la transformation de l’écosystème de l’enseignement supérieur (Pacte ESRI 2030) et, plus particulièrement, de son volet relatif à la bonne gouvernance. Cette refonte trouve également son fondement dans les dispositions de la loi-cadre 51.17 relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique.

La position du gouvernement

Au Parlement, lors des réunions en commission, le ministre de l’Enseignement supérieur a assuré que le gouvernement a travaillé selon une approche participative, affirmant avoir écouté avec attention les propositions et remarques émises par les parlementaires. Selon lui, l’objectif central de ce texte est de placer l’étudiant au cœur du système de l’enseignement supérieur.

Les principaux objectifs de ce projet de loi sont notamment :

– garantir et renforcer l’autonomie des universités et des établissements d’enseignement supérieur publics et privés, dans le cadre de contrats conclus avec l’État ;

– consolider l’unité du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique à travers le partenariat et la complémentarité entre les secteurs public et privé ;

– mettre en place un système national intégré de développement de la recherche scientifique et de l’innovation, et renforcer et diversifier les mécanismes et les sources de financement ;

– développer un système d’information intégré de l’enseignement supérieur et renforcer la digitalisation de la formation et de la recherche scientifique ;

– développer les mécanismes d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ;

– valoriser les ressources humaines du système et diversifier leurs statuts afin de garantir la motivation des compétences et l’amélioration des performances ;

– institutionnaliser la planification stratégique.

Selon le ministre, le travail sur ce chantier a démarré dès 2013-2015, avec plusieurs versions successives depuis 2019. La version finale compte 113 articles répartis sur 11 chapitres.

Les principales nouveautés du projet de loi

Parmi les principales nouveautés introduites par ce projet de loi figurent :

– l’élaboration d’un schéma directeur de l’enseignement supérieur, fondé sur les principes de l’équité territoriale et de l’égalité entre les régions ;

– la mise en place d’une stratégie nationale de la recherche scientifique, technique et de l’innovation, définissant les priorités nationales et renforçant la coordination et l’efficacité des politiques publiques ;

– l’introduction de nouvelles catégories d’établissements d’enseignement supérieur, notamment des structures et dispositifs dédiés à la recherche scientifique, à l’innovation et au transfert de technologie, des centres d’information et d’orientation, ainsi que des unités de soutien psychologique et de médiation, et des structures interuniversitaires. Le projet de loi prévoit aussi la création de pôles universitaires de formation dotés de la personnalité morale et de l’autonomie administrative et financière ;

– en matière de gouvernance et de structuration du secteur, le texte prévoit la création d’un Conseil des administrateurs, chargé des questions stratégiques, veillant notamment à la cohérence du projet universitaire avec les politiques publiques, la garantie de sa continuité à travers un mandat de trois ans renouvelable, le renforcement du rôle de l’université dans le développement régional et national ;

– le maintien des attributions du Conseil de l’université, mais avec une révision de sa composition ;

– le conditionnement de la nomination des présidents d’université à un cahier des charges…

Les critiques des parlementaires

Au Parlement, plusieurs députés ont exprimé de vives critiques à l’égard du projet de loi. Selon eux, le secteur de l’enseignement supérieur a besoin d’une amélioration continue plutôt que de changements rapides et instables susceptibles de perturber le fonctionnement normal des universités et de réduire la confiance des acteurs.

Ils ont également souligné l’existence d’un décalage important entre les ambitions nationales affichées et le contenu du projet de loi, lequel s’enferme, selon eux, dans des détails organisationnels et la création de nouvelles structures, sans résoudre les problèmes structurels, qui nécessitent une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs.

Les députés ont par ailleurs rappelé que le Maroc dispose d’un nombre très limité d’universités publiques au regard de sa population, ce qui entraîne une saturation des pôles universitaires existants. De nombreux étudiants se retrouvent ainsi privés d’un accès équitable à l’enseignement supérieur en raison de l’éloignement géographique et de la faiblesse des services sociaux, posant un véritable problème d’équité territoriale et d’égalité des chances.

Selon eux, le projet de loi ne propose pas de vision claire pour l’élargissement de l’offre universitaire publique ni pour la mise en place d’une politique territoriale universitaire équilibrée, se contentant de réorganiser l’existant sans répondre au déficit structurel.

Certains députés ont également critiqué les dispositions relatives à la gouvernance et à la gestion, estimant que le texte réduit la représentativité démocratique au sein des instances décisionnelles. La représentation des enseignants-chercheurs au sein du conseil de l’université serait limitée à un seul membre par établissement, un nombre jugé insuffisant pour représenter une catégorie considérée comme le cœur de l’université.

De même, la représentation des cadres administratifs et techniques ainsi que celle des étudiants serait limitée à trois représentants par catégorie, concentrant ainsi le pouvoir décisionnel entre les mains des membres nommés et des représentants de l’administration. Les députés rappellent que les revendications syndicales appelaient au contraire à un élargissement de cette représentativité, notamment à travers le principe d’un enseignant-chercheur pour cinquante enseignants, ainsi qu’à l’implication des syndicats les plus représentatifs.

D’autres élus ont mis en garde contre le risque d’une crise de confiance entre le ministère de tutelle et les enseignants universitaires. Selon eux, le projet de loi ne crée pas un environnement favorable à la réussite de la réforme, marginalise le rôle du professeur et du chercheur, et soumet ces derniers à des logiques contraires aux normes de la recherche scientifique et à la mission fondamentale de l’université.

Enfin, les députés ont alerté sur certaines nouveautés du texte, considérées comme portant atteinte à l’autonomie de l’université. Ils estiment que la transformation des conseils des universités en instances essentiellement consultatives, subordonnées au conseil des administrateurs, constitue une menace pour les fonctions essentielles de l’université. Ils ont également souligné que ce conseil, fondé sur une logique de nomination plutôt que d’élection, pourrait être confié à des profils dépourvus de qualifications scientifiques et d’expertise du secteur, tout en leur accordant un pouvoir décisionnel sur des questions relevant du champ universitaire.

Enseignement supérieur : appel à une grève nationale de trois jours début février contre le projet de loi 59.24

Réuni le vendredi 16 janvier, le bureau national du Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNE Sup) a tenu une réunion à la Faculté des sciences de Rabat, au cours de laquelle il a examiné l’ensemble des questions concernant l’université marocaine et les établissements de formation des cadres supérieurs, lit-on dans un communiqué récent du syndicat.

Ce dernier appelle à une grève nationale dans l’ensemble des établissements de l’enseignement supérieur les 3, 4 et 5 février 2026, pour protester contre l’adoption par le gouvernement du projet de loi 59.24.

Le bureau national du syndicat dénonce « le non-respect par le gouvernement de l’approche participative dans l’élaboration de ce texte, lequel présente des insuffisances tant sur la forme que sur le fond ». Il appelle aussi au gel de la procédure d’adoption de ce projet de loi et à son renvoi à la table de négociation ».

Notons que ce projet de loi a été adopté en deuxième lecture par la commission de l’Enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants. La prochaine étape serait son adoption en plénière.

Accès au master et réforme de l’enseignement supérieur : les principaux changements à venir (El Midaoui)

Le gouvernement prépare une nouvelle réforme de la loi 01.00 sur l’enseignement supérieur. Le ministre Azzedine El Midaoui a annoncé plusieurs changements lors de son passage au Parlement, le lundi 2 juin.

L’objectif est d’adapter le système universitaire marocain aux standards internationaux. Dans ce sens, “gouvernance”, “carte universitaire”, “accès au master et au doctorat” sont à revoir.

Révision de la gouvernance universitaire

Un des points saillants concerne la création d’un “conseil stratégique”, qui aura pour mission d’assurer la redevabilité des universités. Le ministre rappelle que, dans la configuration actuelle issue de la loi 01.00, “l’université est la seule institution publique non présidée par le chef du gouvernement ou le ministre de tutelle”.

En effet, “le nouveau conseil stratégique sera présidé par une personnalité de haut niveau, et jouera un rôle d’orientation stratégique. Les présidents d’universités devront y présenter un programme d’action, un bilan de gestion et participer aux discussions stratégiques”, annonce le ministre.

De plus, le responsable gouvernemental a insisté sur la nécessité de revoir la structure de l’enseignement supérieur et la carte universitaire nationale, en l’alignant sur les normes internationales.

Réforme des cycles master et doctorat

Le ministère prévoit de nouveaux mécanismes de gestion pour les cycles du master et du doctorat. Mais il consultera d’abord les instances concernées avant de les adopter.

Concernant spécifiquement le cycle du master, le ministre a pointé du doigt son mode d’accès actuel qui serait à l’origine de nombreuses difficultés. En évoquant l’affaire du master d’Agadir, il déclare que celui-ci doit être “fermé”.

Il a pris pour exemple le modèle français : “En France, tout étudiant titulaire d’une licence a un droit automatique d’accès au master, et il incombe au président d’université de lui garantir une place”.

Azzedine El Midaoui propose la mise en place de deux types de masters :

∴∴∴

Ce qu’il faut retenir :

185 MDH pour la construction de la Faculté de médecine et de pharmacie de Béni Mellal

Cet appel d’offres vient d’être lancé par l’Agence régionale d’exécution des projets (AREP). Il porte sur les travaux suivants :

L’ouverture des plis est prévue pour le 27 février 2025.

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Lenteur, vision floue et contrôle insuffisant dans l’enseignement supérieur privé (Cour des comptes)

La mission de contrôle réalisée par la Cour des comptes dans le secteur de l’enseignement supérieur a concerné la période 2010-2022. Elle a abordé plusieurs problématiques, notamment le cadre général de l’enseignement supérieur privé (ESP), la conception et le déploiement du système de contrôle et de régulation ainsi que la mise en œuvre de ce système de contrôle. Voici ses principales conclusions.

Ralentissement du rythme de croissance annuelle

Le secteur de l’enseignement supérieur privé a connu un développement significatif, avec un nombre d’établissements privés atteignant 196 établissements pour l’année académique 2022-2023, dont 67 rattachés à 10 universités privées, souligne ledit rapport.

Des progrès significatifs ont ainsi été enregistrés dans le secteur, tant en termes de nombre d’étudiants inscrits (de 10.146 en 2000 à 66.817 en 2023), que de structure des établissements qui ont adopté le modèle d’ »universités privées », de diversité des filières enseignées, de reconnaissance par l’État de certains établissements, ainsi que de concrétisation des partenariats entre des établissements d’ESP et l’État.

En effet, en termes de nombre d’élèves, la Cour des comptes fait état de 49% d’étudiantes. Les lauréats s’élèvent à 13.930 étudiants, dont 15% sont des étrangers. En ce qui concerne les enseignants travaillant dans ce secteur, leur nombre s’élève à 6.925, dont 36% sont fixes, et représentent 11% du total des enseignants du secteur de l’enseignement supérieur au Maroc.

Les cadres administratifs et techniques représentent pour leur part 3.622 cadres, soit 25% du total des fonctionnaires cadres dans l’enseignement supérieur, selon les statistiques du ministère de tutelle, au titre de l’année 2022-2023.

Cependant, malgré ces évolutions notables sur les plans quantitatif et qualitatif, il a été constaté un ralentissement du rythme de la croissance annuelle du nombre d’étudiants inscrits durant la dernière décennie.

En effet, le taux de croissance annuelle moyen a atteint +13% pendant la période 2000-2010, alors qu’il n’a pas dépassé +5% pendant la période 2010-2023.

Le ministère de l’Enseignement supérieur explique ce constat par le fait que les établissements d’enseignement supérieur privé ont enregistré une augmentation notable du nombre d’étudiants inscrits, mais qui ne se reflète pas dans leur part du total des étudiants de l’enseignement supérieur en raison de la forte augmentation du nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur public, notamment au niveau des établissements à accès ouvert.

Le ministère a également ajouté que les conditions économiques et sociales des familles, en particulier avec la crise de la Covid-19 et ses répercussions, ont contribué à ralentir le rythme des inscriptions dans les établissements d’enseignement supérieur privé.

Absence de vision claire pour le développement de l’ESP : un plan directeur à l’horizon 2035 en cours d’élaboration

Par ailleurs, la Cour des comptes a noté que l’ESP ne faisait pas l’objet d’une vision claire, ni d’une stratégie avec des objectifs spécifiques, traduits en plans d’action, révisés et évalués de manière périodique.

L’enseignement supérieur privé a connu, au cours des deux dernières décennies, deux orientations stratégiques ayant pour objectif, entre autres, de faire de ce secteur un partenaire de l’État et un élément clé du système éducatif, tout en améliorant continuellement sa qualité, comme stipulé dans la Charte nationale de l’éducation et de la formation (1999) et le Programme d’urgence (2009-2012).

La vision stratégique pour la réforme de l’éducation (2015-2030) et la loi-cadre sur le système d’éducation, de formation et de recherche scientifique (loi n° 51.17 du 9 août 2019) visent également à promouvoir l’enseignement supérieur et à renforcer ses orientations en assurant justice, équité des chances et respect des principes de service public.

Cependant, le ministère n’a pas fourni les efforts suffisants pour traduire ces orientations en programmes concrets et objectifs précis, déplore le rapport de la Cour des comptes. Les plans d’action élaborés en 2013 et 2017 n’ont pas été accompagnés de mesures spécifiques. À titre d’exemple, l’un des objectifs fixés était de « promouvoir la création d’établissements d’enseignement supérieur privé tout en garantissant la qualité de la formation », sans pour autant établir des actions concrètes pour y parvenir.

La création d’établissements d’enseignement supérieur privé s’effectue en général au cas par cas, et sans s’inscrire dans une vision globale définissant avec précision les critères et conditions préalables à l’octroi des autorisations nécessaires pour ce type d’établissements.

Le ministère de tutelle explique qu’il veille, lors de l’élaboration et de la mise en œuvre des stratégies liées à l’enseignement supérieur, à inclure toutes les composantes du système, qu’il s’agisse des établissements publics ou privés, afin de garantir leur cohérence, notamment en ce qui concerne les normes de qualité, tout en tenant compte des spécificités des établissements privés. Cela s’inscrit également dans le cadre du plan national pour accélérer la transformation du système d’enseignement supérieur, de recherche scientifique et d’innovation (PACTE ESRI).

Le ministère a également ajouté qu’il travaille à l’élaboration d’un plan directeur à l’horizon 2035, qui permettra de fixer les critères pour déterminer le type d’établissements à créer, les filières de formation à développer et les priorités en matière de recherche scientifique pour chaque région, en prenant en considération les spécificités économiques, sociales et environnementales des territoires. Cela contribuera à orienter les projets de création d’établissements d’enseignement supérieur public et privé.

L’ANEAQ, une institution récente dont le rôle reste consultatif dans le secteur privé

Concernant la conception et le déploiement du système de contrôle et de régulation de l’ESP, la Cour des comptes souligne que ce dernier présente des écarts par rapport aux bonnes pratiques internationales.

À titre d’exemple, l’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (ANEAQ) est soumise à la tutelle administrative du ministère chargé du secteur, et son rôle au niveau de l’ESP reste principalement consultatif, ne comprenant pas les prérogatives d’octroi ou de retrait des autorisations, d’accréditation et de reconnaissance des établissements d’ESP, ces décisions relevant exclusivement du ministère.

Plus en détail, cette Agence a été créée en 2014. Il s’agit d’un établissement public relevant du ministère de l’Enseignement supérieur. Parmi ses missions, l’évaluation, pour le compte de l’Etat, des établissements d’enseignement supérieur public et privé ainsi que les établissements de recherche scientifique, et l’étude et l’évaluation des cycles de formation, pour l’obtention d’accréditations ou leur renouvellement.

En ce qui concerne les établissements d’enseignement supérieur privé, les missions de l’Agence se limitent à l’étude et à l’évaluation des filières de formation, ainsi qu’à l’émission d’avis avant l’octroi ou le renouvellement des accréditations, ou avant la reconnaissance par l’État. Cela confère à son travail un caractère purement consultatif.

La Cour des comptes estime que les autorités publiques ont choisi de conserver certaines prérogatives alors que, sur le plan international, les pratiques dominantes confient aux organismes similaires à l’Agence des pouvoirs étendus en matière d’octroi et de retrait des autorisations, d’accréditations et de reconnaissance, ainsi que dans l’organisation et le contrôle de l’enseignement supérieur privé. Ces organismes jouissent, pour accomplir ces missions, d’une indépendance fonctionnelle et organisationnelle.

Le ministère de tutelle considère pour sa part que cette Agence est une institution encore récente dans le domaine de l’évaluation et de l’assurance qualité de l’enseignement supérieur. Elle pourrait, à l’avenir, être transformée en une institution décisionnelle dotée de prérogatives plus larges, ce qui nécessiterait une révision des textes juridiques en vigueur.

Un cadre légal incomplet et inadapté : un arrêté relatif aux frais d’inscription dans le pipe

En outre, la Cour des comptes pointe également le cadre juridique régissant l’ESP, lequel reste incomplet et peu adapté aux nouvelles réalités du secteur.

En effet, plusieurs textes d’application ne sont pas encore adoptés, tandis que d’autres ne couvrent pas tous les aspects nécessaires. En outre, le cadre actuel de partenariat entre l’État et certains établissements d’ESP nécessite davantage d’éclaircissements.

Dans ce sens, le ministère de l’Enseignement supérieur a indiqué que des projets de textes réglementaires ont été rédigés et sont en cours de validation au sein du ministère. Ces projets concernent notamment :

Une plateforme électronique d’ouverture des universités privées pour 2024-2025

Par ailleurs, le système de régulation et de contrôle de l’ESP n’est pas couvert par un système d’information global et intégré, capable d’assurer une couverture globale du secteur et de garantir le contrôle efficace des établissements

Un tel système permettrait d’organiser et de surveiller les établissements, d’assurer la qualité des formations dispensées, et d’inclure la gestion des autorisations, des accréditations et de la reconnaissance par l’État. Il fournirait également au ministère des données fiables et exhaustives pour le suivi des performances de ces établissements, l’évaluation régulière de leur conformité aux normes en vigueur, et l’information des parties prenantes.

Sur ce point, le ministère a indiqué qu’il a pris, au cours des dernières années, plusieurs mesures visant à numériser les procédures de gestion des dossiers relatifs à l’enseignement supérieur privé, dans l’objectif d’adopter un système d’information intégré. Il travaille actuellement sur le développement d’une plateforme électronique pour la soumission et l’évaluation des demandes d’autorisation d’ouverture des universités et établissements privés, dont la première phase devrait être lancée au cours de l’année universitaire 2024-2025.

À moyen terme, le ministère prévoit également de développer des plateformes dédiées à la gestion des services aux étudiants, au dépôt et à l’évaluation des demandes de reconnaissance, ainsi qu’au suivi et à l’évaluation des établissements universitaires.

Retard dans le traitement des dossiers

Pour ce qui est de la mise en œuvre du système de contrôle et de régulation de l’ESP, la Cour des comptes estime qu’elle connaît plusieurs insuffisances qui limitent son efficacité pour assurer l’encadrement du secteur, son suivi de manière appropriée, ainsi que son développement et le renforcement de sa qualité et de son attractivité.

Ces insuffisances touchent les principales phases de mise en œuvre du système de contrôle et de régulation. En effet, celui-ci ne permet pas d’assurer une couverture adéquate de la phase d’autorisation, d’accréditation et de reconnaissance des établissements, de la phase de suivi et de contrôle, ainsi que de la phase d’identification des anomalies, de mise en œuvre des actions correctives et coercitives et d’application des sanctions prévues à l’encontre des contrevenants.

Il a également été constaté que les délais prévus pour le traitement des demandes d’autorisation sont souvent dépassés, et que les établissements ne font pas l’objet d’une vérification a posteriori par les services du ministère chargé de l’Enseignement supérieur afin de s’assurer de la satisfaction des engagements pris, notamment en matière de disponibilité des moyens matériels et pédagogiques. À titre indicatif, la durée de traitement de 27 dossiers a varié entre 100 et 800 jours.

Il a aussi été relevé que le contrôle administratif et pédagogique souffre d’une faible couverture des établissements d’ESP, et que plusieurs domaines importants pour le fonctionnement du secteur et la qualité de la formation ne sont pas couverts par le contrôle. Cela limite le suivi du secteur par les services du ministère et la détection des insuffisances de manière appropriée.

Par ailleurs, le ministère de tutelle ne prend pas, en temps opportun, des dispositions à même d’appliquer les mesures coercitives et correctives nécessaires, qui visent à corriger les insuffisances et les infractions relevées lors des contrôles. Cette situation devrait permettre de limiter les infractions et de favoriser la diffusion des bonnes pratiques dans le secteur.

Ces carences sont principalement dues à l’inactivité des commissions issues du Comité de coordination de l’enseignement supérieur privé, constituées depuis 2016, mais aussi au faible niveau de coordination entre les universités et le ministère, ainsi qu’à l’absence d’un système d’information intégré.

Les recommandations de la Cour des comptes

Au vu de ce qui précède, et eu égard aux insuffisances structurelles que connaît le système actuel de contrôle et de régulation de l’ESP, impactant négativement son efficacité et partant sa contribution au développement du secteur, la Cour des comptes a recommandé au chef du gouvernement de réviser le cadre juridique et institutionnel dudit système en conformité avec les bonnes pratiques internationales, et ce, dans l’optique de converger vers une instance de régulation et de contrôle indépendante.

La Cour a également recommandé au ministère de l’Enseignement supérieur de :

– élaborer une vision claire et une stratégie formalisée pour le développement du secteur de l’ESP ;

– développer et renforcer la coordination des activités des différents acteurs et intervenants en matière d’évaluation et de contrôle ;

– établir un cadre qui régit le partenariat public-privé ;

réviser le régime d’autorisation, de reconnaissance des EESP, d’accréditation des filières par l’État et les mécanismes de contrôle administratif et pédagogique ;

– veiller à la mise en œuvre effective, le cas échéant, des mesures coercitives prévues par les textes réglementaires en vigueur.

Mezzour et Miraoui font le point sur le programme de « Renforcement des talents digitaux à l’horizon 2027 »

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Abdellatif Miraoui et la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Ghita Mezzour ont présidé, mercredi 17 juillet, une réunion du comité de pilotage pour le suivi de l’état d’avancement de la mise en œuvre de la convention-cadre « Renforcement des talents digitaux à l’horizon 2027 ».

A cette occasion, M. Miraoui, cité dans un communiqué conjoint, a rappelé que « le capital humain est au cœur du développement national », insistant sur l’importance de valoriser les compétences, les talents et les potentiels individuels pour soutenir le développement économique du pays.

Il a également mis en avant la « mobilisation effective de toutes les universités publiques en termes de potentiel humain et de moyens matériels pour atteindre les objectifs de ce programme, dans le cadre des conventions signées entre les universités et le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation ».

Pour sa part, Ghita Mezzour a précisé que ce programme vise à « renforcer les compétences des jeunes talents et à répondre aux besoins du marché », soulignant que son département « table sur le capital humain pour dynamiser l’économie nationale ».

Tenue en présence des représentants du ministère de l’Économie et des finances, cette réunion a été l’occasion de présenter l’état d’avancement de l’exécution des engagements.

Dans ce sens, il convient de noter que toutes les universités publiques ont réalisé leurs engagements contractuels en termes de montée des effectifs inscrits. Le nombre des nouveaux inscrits dans les filières du Digital est passé de 10.712 à 21.125, soit une augmentation de plus de 97% entre 2022-2023 et 2023-2024.

L’offre de formation des universités publiques a également été adaptée. Elle compte aujourd’hui 393 filières en Numérique, dont 183 nouvellement accréditées.

Miraoui s’entretient avec la ministre française de l’Enseignement supérieur et de la recherche

Lors des entretiens tenus à cette occasion, les deux ministres ont rappelé le renforcement de la coopération entre les deux pays dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, qui compte à son actif 476 accords interuniversitaires couvrant plusieurs dimensions structurantes.

Cette réunion bilatérale a été l’occasion, également, d’échanger autour des axes prioritaires de la coopération bilatérale pour les prochaines années, en mettant un accent particulier sur la mobilité étudiante et la co-tutelle des thèses, notamment celles des doctorants nouvelle génération, le montage de projets conjoints de recherche-développement couvrant des thématiques prioritaires pour les deux pays et comportant une dimension régionale affirmée, ainsi que l’échange d’expertise en matière de gouvernance opérationnelle des universités.

A l’issue de cette réunion, les deux ministres, accompagnés de présidents d’universités et de hauts responsables, se sont déplacés au Campus Jussieu de Sorbonne Université pour effectuer une visite de terrain au Centre de l’intelligence artificielle relevant de cette université.

En marge de cette visite, Miraoui s’est entretenu avec Guillaume Gelle, président de France Universités, autour des leviers à même d’impulser la coopération universitaire entre le Maroc et la France et l’asseoir sur des bases rénovées.

 

Les écoles supérieures marocaines élisent les meilleurs DRH

Lancés par le magazine Campus Mag, à l’origine du label Top School in Morocco, classement des écoles d’ingénieurs et de management au Maroc reconnues par l’Etat, les RH Awards se basent exclusivement sur les appréciations d’un consortium d’écoles supérieures renommées, indique un communiqué des organisateurs.

Leur mission consiste à nommer les directions des ressources humaines de leur choix dans plusieurs catégories : partenariats éducatifs, impact social, innovation, insertion professionnelle, marque employeur, formation continue, bien-être… Le but des RH Awards, selon les initiateurs, est d’identifier, récompenser et in fine valoriser les DRH sur la base d’une méthodologie reposant sur la fiabilité, la proximité et la transparence.

A l’origine de ce projet, Omar Layachi, expert en éducation et formation des cadres avec un focus particulier sur le développement de la relation entre l’université et l’entreprise. « Les RH Awards apportent un éclairage nouveau sur la perception des directeurs des ressources humaines par le monde académique. C’est une occasion précieuse pour les recruteurs de comprendre comment ils sont perçus par les institutions éducatives et d’ajuster leurs pratiques en conséquence, pour le bénéfice de leurs entreprises, de leurs employés et de leurs futures recrues », déclare-t-il avec enthousiasme.

De fait, les RH Awards offrent également aux candidats potentiels une perspective unique sur les entreprises pour lesquelles ils envisagent de travailler. « En mettant en lumière les pratiques et l’engagement des DRH, les RH Awards les aident à prendre des décisions éclairées quant à leur avenir professionnel », poursuit celui qui a passé sept à l’Ecole Centrale Casablanca pour accompagner le développement de cette institution et la création d’un pont entre l’écosystème des entreprises et l’école.

Dans un premier temps, les grandes écoles sont invitées à nominer un ou plusieurs DRH sur le site www.masterplus.ma dans la catégorie de leur choix, explique la même source. Après un processus de dépouillement, les recruteurs ayant reçu le plus de suffrages seront déclarés gagnants. Le reveal des lauréats aura lieu le 22 juin 2024 en marge du salon Master Plus, en présence des DRH et des représentants des grandes écoles.

CDG Invest entre dans le capital du groupe Atlantique

Le groupe Atlantique est un pôle d’enseignement supérieur multidisciplinaire. Grâce à ce partenariat, le groupe se dotera des moyens nécessaires pour accélérer le déploiement de son modèle d’enseignement supérieur tourné vers l’innovation pédagogique, l’excellence académique et l’immersion professionnelle, peut-on lire dans un communiqué du Groupe.

Basé à Casablanca, le groupe Atlantique regroupe, en formation initiale et à ce jour, deux écoles supérieures spécialisées :

Atlantic Business School, l’école de Management créée en 1985 (anciennement ESIG), autorisée par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation ;

Atlantic Engineering School, l’école d’ingénieurs, autorisée par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation.

Le groupe est également doté d’un centre de formation continue, Atlantic Executive Center, proposant plus d’une centaine de formations destinées à l’accompagnement des entreprises et au développement de leurs cadres, ainsi qu’un centre de recherche appliquée, le Ceruna, et une fondation ayant pour missions principales l’encouragement de la recherche et le soutien des étudiants méritants.

Le groupe Atlantique a par ailleurs mis en place un conseil scientifique international regroupant d’éminentes personnalités académiques nationales et internationales, mais également des références de premier plan du monde professionnel et institutionnel, chargées d’accompagner le groupe dans son positionnement d’enseignement et de recherche.

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220 sites universitaires bénéficient du programme Campus Connecté

La Faculté des Sciences Semlalia de Marrakech a accueilli, mardi 5 mars, une cérémonie sous le thème « Campus Connecté : vers un modèle innovant de l’Université marocaine ». Cet événement a été organisé par le ministère de l’Enseignement supérieur, en collaboration avec l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) et le Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST), en partenariat avec Inwi.

Cette rencontre a permis de mettre en avant le bilan des réalisations du programme « Campus Connecté ». Ce fut également l’occasion de mettre en lumière le rôle de la digitalisation dans la transformation du système de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

1,2 million de cartes SIM déployées

Campus Connecté a pour but de permettre un accès fluide, sécurisé et gratuit aux outils numériques pour l’apprentissage et l’acquisition de connaissances, tout en offrant la possibilité de consulter à distance les ressources numériques des établissements.

Déployant la toute dernière génération du « Wifi 6 », Campus Connecté dote 220 sites universitaires, à travers le Royaume, du « plus large réseau wifi en Afrique ».

Dans ce cadre, plus de 1,2 million de cartes SIM ont ainsi été mises à la disposition des étudiants pour leur permettre d’accéder gratuitement aux ressources numériques universitaires partout au Maroc.

La réalisation de « Campus Connecté » a mobilisé une large équipe de plus de 600 experts, y compris les référents au sein des établissements universitaires partenaires, engagés depuis la conception jusqu’au déploiement à l’échelle nationale.

Depuis son démarrage, « Campus Connecté » a enregistré plus d’un millier de téraoctets de données échangées et plus de 55 millions de sessions enregistrées chaque mois.

« Campus Connecté » englobe trois importants volets en faveur des étudiants, des enseignants et du personnel administratif : le programme de la connectivité Wifi pour les besoins de l’enseignement supérieur, le programme Marwan 5 (Moroccan Academic and Research Wide Area Network) et le programme de la connectivité individuelle des étudiants.

Pour rappel, « Campus Connecté » représente l’aboutissement d’un partenariat porté par le ministère, l’ANRT et le fonds du service universel des télécommunications et déployé par l’opérateur Inwi.

L’IA permettra aux professeurs de se libérer pour la recherche

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Abdellatif Miraoui, a mis l’accent sur l’utilisation de l’intelligence artificielle au sein des établissements universitaires et a souligné la nécessité d’intégrer le digital dans les modules enseignés.

Après avoir diffusé un exemple de module de droit digitalisé grâce à l’intelligence artificielle, le ministre a appelé les enseignants à s’en inspirer. Il a déclaré que « l’IA ne remplacera jamais les professeurs, mais leur permettra de libérer du temps et de le consacrer à d’autres activités de recherche et de veille ».

Il a par ailleurs assuré que toutes les universités marocaines sont aujourd’hui dotées de studios permettant aux enseignants de scénariser leurs modules.

« Une feuille de route est en cours de préparation pour instaurer différentes réformes à partir de la rentrée prochaine » a-t-il assuré. La 6e version du programme Marwan sera bientôt lancée pour intégrer de nouvelles technologies, a-t-il enfin déclaré.

L’UM6P ouvre sa première antenne internationale en France

Dirigée par Fahd Benkirane, l’UM6P France a été inaugurée le 24 janvier et se veut le pont que l’UM6P entend créer entre le Maroc et l’Afrique d’une part et la France et l’Europe d’autre part.

Sept ans après son lancement au Maroc, l’UM6P est aujourd’hui dans une stratégie de développement à l’international. Pour l’UM6P France, l’objectif est de pouvoir proposer des formations exécutives et des opportunités de recherche et d’entrepreneuriat aux jeunes professionnels et cadres dirigeants africains et européens intéressés par l’Afrique, peut-on lire dans un communiqué de l’UM6P.

Dès cette année 2024, l’UM6P France ouvrira le premier lab européano-africain de startups greentech (hydrogène, agritech…), cleantech et medtech (biotech…). Il s’agit d’un programme d’accompagnement de startups sur un an, sur les deux continents.

Ce programme vise à donner la possibilité aux entrepreneurs de bénéficier, en complément d’un enseignement d’excellence et d’un accompagnement personnalisé, du réseau de l’UM6P composé d’experts internationaux et des investisseurs de l’Université (UM6P Ventures, Bidra Ventures, Innov-X), ainsi que des living labs d’expérimentation répartis sur les campus marocains de l’UM6P.

« Je suis honoré de prendre la direction de l’antenne européenne de l’Université Mohammed VI Polytechnique, qui vise à renforcer la coopération entre le Maroc et la France en matière académique, de recherche et d’entrepreneuriat. L’UM6P France pourrait contribuer à élargir la perspective de part et d’autre de la Méditerranée en favorisant la coopération et les partenariats universitaires et économiques. », a déclaré Fahd Benkirane, directeur général de l’UM6P France, cité dans le communiqué.

Prêt de plus de 3 MMDH de la Banque mondiale au Maroc pour accélérer l’innovation dans l’enseignement supérieur

Selon un communiqué de l’institution financière basée à Washington, le financement vise à aider le gouvernement marocain dans la mise en œuvre de son ambitieux Plan national d’accélération de la transformation de l’écosystème de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation.

Le programme permettra de faire avancer une série d’approches innovantes et transformatrices en vue d’accroître l’impact de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, au profit des Marocains, aujourd’hui et dans le futur.

« Le Nouveau Modèle de développement du Maroc souligne l’importance d’investir dans l’enseignement supérieur et la recherche pour que le pays parvienne à une croissance durable à faible émission de carbone, et à la création d’emplois », a affirmé Jesko Hentschel, directeur pays pour le Maghreb et Malte à la Banque mondiale.

Il a ajouté que « ce programme vise à améliorer à la fois la pertinence et la qualité du système d’enseignement supérieur public au Maroc. Il bénéficiera aux étudiants, aux enseignants et aux chercheurs des universités publiques du pays ».

Le programme est conçu, ajoute le communiqué, pour améliorer l’adéquation des programmes universitaires au marché du travail, promouvoir la recherche scientifique sur la base des normes internationales et des priorités nationales et renforcer la gouvernance au niveau central et universitaire.

Selon la Banque mondiale, le programme contribuera, par ailleurs, à la mise en place d’un mécanisme de suivi de l’employabilité des diplômés, à l’intégration des compétences transférables dans les programmes universitaires, à la certification de plus de 200.000 étudiants en compétences linguistiques ou numériques, et à l’augmentation du nombre d’étudiants inscrits et diplômés dans les programmes prioritaires répondant aux besoins des secteurs socio-économiques, d’ici 2029.

Le programme vise également à recruter plus de 4.000 nouveaux doctorants dans des disciplines clés, et une masse significative de chercheurs dans les secteurs prioritaires, et à faciliter le réseautage et la collaboration dans le domaine de la recherche, à l’échelle nationale et internationale.

« La sélection de ces secteurs prioritaires répond à la demande de main-d’œuvre actuelle et future, à l’échelle nationale et internationale, ainsi qu’aux compétences essentielles identifiées par le Nouveau Modèle de développement, notamment pour les emplois liés à l’économie numérique, verte et résiliente », a déclaré Cornelia Jesse, spécialiste senior éducation et responsable du programme à la Banque mondiale.

Elle a ajouté que les données à l’échelle mondiale indiquent que la gouvernance des universités est “un levier essentiel du changement et représente le facteur déterminant pour atteindre leurs objectifs”.