Les grandes lignes du nouveau Code des bonnes pratiques de gouvernance des EEP

Ce nouveau Code, qui remplace celui diffusé le 19 mars 2012 par circulaire du chef du gouvernement n°3/2012, s’inscrit dans la continuité du processus de réforme des EEP enclenché depuis 2020 par le Maroc, en application des hautes orientations du Roi Mohammed VI, indique un communiqué du ministère de l’Economie et des finances.

La révision du Code de 2012 répond à la nécessité d’aligner la gouvernance des EEP sur les principes constitutionnels, les recommandations du Nouveau modèle de développement (NMD), les dispositions de la loi-cadre n°50-21 susvisée, la politique actionnariale de l’Etat publiée en décembre 2024 et les meilleurs standards internationaux (OCDE, G20).

Le nouveau Code révise profondément les principes adoptés en 2012, en tenant compte des mutations institutionnelles, économiques et sociales survenues au cours de la dernière décennie.

Il a été élaboré dans le cadre d’une large concertation conduite par le ministère de l’Économie et des finances – Direction des entreprises publiques et de la privatisation dans le cadre de la Commission nationale de gouvernance d’entreprise, avec la contribution de plusieurs EEP et de nombreuses institutions nationales de référence (Cour des comptes, Conseil de la concurrence, Autorité marocaine des marchés des capitaux, Agence ONU Femmes, Club des femmes administrateurs, etc.).

Le Code consacre une vision renouvelée de la gouvernance des EEP autour de principes fondamentaux notamment:

– le partage du leadership de l’EEP entre l’organe délibérant et l’équipe de direction,

– la clarification des obligations de service public,

– la transparence des subventions directes et indirectes aux EEP,

– le renforcement de la professionnalisation des organes de gouvernance (indépendance, diversité des profils, représentativité des femmes, administrateurs indépendants, évaluation de la gouvernance, etc.),

– le développement du système de gestion des risques,

– la consolidation de la transparence extra-financière en matière de climat,

– le renforcement de la durabilité et de la conduite responsable des EEP.

Le Code réaffirme également l’importance de la bonne gouvernance comme levier essentiel pour attirer l’investissement, renforcer la résilience des EEP, optimiser les coûts de financement, promouvoir les règles d’éthique et consolider la confiance des parties prenantes.

La publication de ce Code marque une nouvelle étape dans la réforme du secteur des EEP, en cohérence avec les exigences de transparence, de reddition des comptes et de pilotage des performances, ainsi qu’avec les attentes accrues en matière de respect des critères ESG.

La version arabe du Code est accessible sur le site du ministère de l’Économie et des Finances.

ADM : le programme d’investissement triennal dépasse les 8 MMDH

Le rapport sur les entreprises et établissements publics (EEP), document du PLF 2024, détaille les prévisions d’activité (CA, plan d’investissement) pour la Société nationale des autoroutes du Maroc (ADM), entre autres entreprises publiques.

Ainsi, outre la hausse du trafic à fin juin 2023 (+8% par rapport au premier semestre 2022) ainsi que celle du chiffre d’affaires (+7,6% à 1,6 MMDH), les prévisions de clôture de 2023 de l’entité publique tablent sur un chiffre de plus de 3,5 MMDH. Ce qui représente une hausse de 5% par rapport à 2022 et un résultat net de 480 MDH ; sachant qu’en 2022, ADM avait affiché un résultat déficitaire de 669 MDH. Le rapport sur les EEP explique que cette contreperformance résulte en grande partie des reprises sur les dotations financières.

8, 4 MMDH pour deux autoroutes

Concernant les investissements de 2023, ceux-ci devraient s’afficher à 843 MDH à fin 2023. Ce qui équivaut selon la même source au taux de réalisation budgétaire de 89%. On apprend également qu’eu égard aux prévisions triennales, le chiffre d’affaires d’ADM devrait atteindre plus de 3,8 MMDH pour les années 2024 et 2025 avant de progresser à plus de 3,9 MMDH en 2026.

La même source évoque aussi le programme d’investissement d’ADM, lequel prévoit essentiellement la réalisation de l’autoroute Tit Mellil-Berrechid et de la continentale Rabat-Casablanca et devrait atteindre plus de 8,4 MMDH pour les trois prochaines années. Soit 1,6 MMDH en 2024, 3 MMDH en 2025 et 3,7 MMDH en 2026.

Un contrat-programme dans le pipe

La documentation sur les EEP fait savoir que dans l’optique d’accélérer l’élargissement du réseau autoroutier, les concertations sont en cours entre les parties concernées, dans l’optique de mettre en place un contrat-programme devant donner de la visibilité sur le modèle de financement des investissements autoroutiers, forts capitalistes, et sur les actions de redressement de la structure financière d’ADM. Celles-ci porteront sur les mesures de révisions tarifaires, de restructuration de la dette et d’apurement du crédit TVA.

Au final, il importe de rappeler qu’à fin 2022, l’encours de la société nationale s’affichait à plus de 39 MMDH, soit une hausse de 196 MDH par rapport à 2021.