Comment les entreprises gèrent le contrôle fiscal au Maroc (2/2)

Mohammed Khalil Chaabani, expert en gestion du risque fiscal chez LPA Law, revient, dans cette deuxième partie, sur la manière dont les entreprises gèrent aujourd’hui le risque fiscal au Maroc. Il insiste sur l’importance de l’anticipation et de la prévention, en soulignant la nécessité d’intégrer le risque fiscal dans la gouvernance de l’entreprise, avant comme après le contrôle.

– Médias24 : Comment les entreprises gèrent-elles aujourd’hui le risque fiscal au Maroc ?

– Mohammed Khalil Chaabani : le risque fiscal, c’est d’abord une question de gestion. Il faut le distinguer à deux niveaux : la gestion du risque en amont, c’est-à-dire la capacité de l’entreprise à sécuriser ses opérations avant qu’un contrôle ne survienne, et la gestion du risque en aval, c’est-à-dire la façon dont elle réagit une fois qu’un redressement est notifié.

Beaucoup d’entreprises continuent de gérer ce risque de manière défensive, en attendant le contrôle pour agir.

Or, le véritable enjeu, c’est la prévention

Une entreprise devrait systématiquement élaborer une cartographie de ses risques fiscaux : identifier les sujets sensibles, savoir où elle est potentiellement exposée, quelles sont ses failles de documentation ou de procédure.

Et ce travail ne concerne pas uniquement les grands groupes. Même une PME, dans des secteurs comme le BTP, l’industrie ou les services, peut fortement être exposée sans s’en rendre compte. Le risque fiscal, ce n’est pas seulement le contrôle en lui-même, c’est aussi la mauvaise interprétation d’une règle ou une simple erreur de déclaration.

En réalité, il faut intégrer le risque fiscal dans la gouvernance de l’entreprise, au même titre que le risque financier, le risque juridique ou le risque opérationnel. C’est une composante de la performance globale. Une entreprise qui maîtrise sa fiscalité est une entreprise plus solide, plus crédible et plus attractive.

– Comment les entreprises peuvent-elles anticiper un contrôle fiscal et en tirer des enseignements ?

D’abord, il faut comprendre qu’un contrôle fiscal ne devrait jamais être vécu comme un événement exceptionnel. C’est une étape normale dans la vie d’une entreprise. La meilleure manière de l’aborder, c’est d’avoir une démarche anticipative et structurée.

Chaque contrôle est une source d’apprentissage. Quand une entreprise a déjà été redressée sur un point précis, elle doit en tirer les leçons : revoir sa procédure, corriger les erreurs, ajuster sa documentation.

Trop souvent, on constate que les mêmes erreurs reviennent d’un contrôle à l’autre, simplement parce que rien n’a été modifié entretemps.

Ensuite, il faut documenter et capitaliser sur l’expérience passée : garder les correspondances, les réponses données à l’administration, les arguments qui ont fonctionné ou non. Cela permet d’améliorer sa défense à l’avenir.

Enfin, je recommande d’instaurer un audit fiscal post-contrôle. C’est-à-dire analyser le déroulement du contrôle, comprendre les faiblesses relevées et identifier les marges de progrès. Une entreprise qui apprend de ses contrôles devient plus solide et moins vulnérable aux redressements futurs.

– Quel rôle jouent les experts-comptables dans la fiscalité, et quelles limites cela pose-t-il ?

 Les experts-comptables jouent évidemment un rôle important dans la vie de l’entreprise. Ils établissent les bilans, les liasses fiscales, les déclarations, et accompagnent leurs clients sur beaucoup de sujets. Mais le métier d’expert-comptable, bien qu’essentiel à la gestion financière, n’englobe pas nécessairement toutes les spécificités du droit fiscal.

La fiscalité, ou plus précisément le droit fiscal, constitue une discipline juridique particulière, avec ses règles et ses interprétations propres. Maîtriser la comptabilité ne signifie pas automatiquement disposer de toutes les compétences requises en droit fiscal. Dans certaines situations, il peut être utile pour les entreprises d’associer l’expertise de leur expert-comptable à celle d’un fiscaliste, notamment pour des questions fiscales complexes.

Certaines situations peuvent générer des risques, non pas en raison d’une négligence, mais simplement parce qu’elles nécessitent une expertise juridique spécialisée pour être pleinement sécurisées. Dans ce type de situation, des erreurs comme mal interpréter une instruction fiscale ou fournir un justificatif partiel peuvent parfois conduire à un litige avec l’administration.

L’approche la plus efficace consiste à tirer parti des expertises de chacun : l’expert-comptable, garant de la fiabilité et de la conformité des comptes, et l’expert en droit fiscal, qui apporte son savoir pour la stratégie, la sécurisation et la défense des intérêts de l’entreprise. C’est une complémentarité, pas une concurrence. Les entreprises doivent comprendre que bien s’entourer, c’est aussi une forme de gestion du risque.

– Quels sont vos conseils pour bien gérer ses déclarations fiscales au quotidien ?

La première chose, c’est le respect des délais. Beaucoup de redressements ou de pénalités ne viennent pas d’une erreur de fond, mais simplement d’un retard de déclaration ou de paiement. Il faut donc s’assurer que tout soit transmis à temps, que ce soit la TVA, l’IS ou l’IR.

Ensuite, il faut veiller à la fiabilité des données déclarées

La moindre incohérence entre les états comptables et les déclarations fiscales peut attirer l’attention du fisc. C’est particulièrement vrai dans certains secteurs, où la gestion de la TVA est complexe, avec des décalages de facturation et de règlements. Une erreur de période ou une omission de facture peuvent suffire à créer un écart et déclencher un contrôle.

Je recommande aussi aux entreprises de réaliser des audits fiscaux internes réguliers. Il ne faut pas attendre un contrôle pour découvrir des anomalies. Un audit, c’est un outil de prévention : il permet de vérifier si les pratiques sont conformes, si la documentation est à jour et si les dossiers sont prêts en cas de vérification.

Enfin, il faut documenter les choix fiscaux, même les plus simples. Quand on peut justifier une position par écrit, on est toujours plus serein. Une entreprise bien organisée, avec des procédures claires et des dossiers complets, qui respecte les prescriptions de la loi fiscale est une entreprise qui n’a pas à craindre le contrôle fiscal.

https://medias24.com/2025/12/10/prix-de-transfert-et-risques-fiscaux-decryptage-dun-controle-fiscal-marocain-de-plus-en-plus-technique-et-offensif-1590065/

Prix de transfert et risques fiscaux : décryptage d’un contrôle fiscal marocain de plus en plus technique et offensif

Cédric Mahéo, spécialiste des prix de transfert chez LPA Law, analyse, dans cette première partie, la place centrale qu’occupent désormais les transactions intragroupe dans les contrôles fiscaux au Maroc.

Il explique pourquoi ces flux sont devenus un levier clé pour l’administration, et pourquoi les filiales de groupes internationaux sont aujourd’hui en première ligne.

Médias24 : Comment décririez-vous le contexte fiscal actuel au Maroc ?

Cédric Mahéo : Un premier constat s’impose : l’État a besoin d’argent. Le Trésor public a d’importants projets à financer, notamment liés à la Coupe du monde 2030 et par extension à la modernisation des infrastructures (ferroviaire, aéroportuaire, hospitalière, etc.) et il cherche naturellement à augmenter ses recettes fiscales. On assiste donc à une forme d’ »agressivité » de l’administration, qui se traduit par une intensification des contrôles.

Les campagnes touchent à la fois les personnes physiques et les entreprises. Les particuliers ont été fortement mis à contribution, notamment dans le cadre de l’amnistie sur les avoirs en cash, mais également au sujet des biens détenus à l’étranger.

Du côté des entreprises, beaucoup ont subi des contrôles parfois très poussés, y compris celles qui n’avaient rien à se reprocher.

On observe également des situations où des structures inactives ou à faible activité, ce qu’on appelle des « coquilles vides », se sont retrouvées dans le viseur du fisc. L’administration a besoin de résultats chiffrés, elle multiplie donc les vérifications. Tout cela s’inscrit dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires de l’État sont réduites et où chaque dirham compte.

– Vous êtes spécialiste des prix de transfert. Ce thème revient souvent dans les contrôles récents. Pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit concrètement ?

– Concrètement, l’appellation « prix de transfert » correspond aux prix pratiqués entre deux entreprises appartenant à un même groupe. Par exemple, une filiale marocaine qui consomme des services, achète des biens ou des produits à sa maison mère, ou inversement, une filiale qui facture à une autre filiale du groupe.  On ne le sait pas assez, mais les prix de transfert représentent, en valeur, deux tiers du commerce mondial. C’est la raison pour laquelle les administrations fiscales du monde entier y prêtent une attention si particulière.

La norme absolue consacrée en la matière consiste à ce que le prix des transactions intragroupe soit valorisé dans le respect du « Principe de pleine concurrence » ; en d’autres termes, une entreprise doit facturer à sa filiale le même prix que celui qu’elle facturerait à une société indépendante, dans des conditions similaires. C’est la règle posée par l’OCDE, et c’est aussi la logique retenue par l’administration marocaine.

Le sujet est extrêmement sensible pour la simple et bonne raison qu’à travers la fixation des prix intragroupe, on peut, volontairement ou pas, déplacer du bénéfice d’un pays à un autre. Une entreprise peut se retrouver avec un résultat très faible dans un pays à forte fiscalité, alors qu’elle a transféré une partie de sa marge dans une autre juridiction où les impôts sont plus faibles.

 Les prix de transfert doivent être valorisés au prix de marché 

Je vous donne un exemple simple : imaginons que la holding d’un groupe, située dans un paradis fiscal, adresse en fin d’exercice une facture de management fees du montant exact du résultat opérationnel de sa filiale marocaine. Cette dernière se retrouve non imposable à l’IS au Maroc (hormis le frottement lié à la cotisation minimale), et ne sera pas non plus taxée au niveau de la holding située dans un pays où l’IS n’existe pas (comme aux Émirats arabes unis, jusqu’à très récemment).

Partant, il est légitime que la question de la conformité au principe de pleine concurrence soit investiguée par le fisc marocain en cas de contrôle. L’administration se posera la question suivante : « Est-ce que les prix appliqués correspondent à un prix de marché ? Est-ce que la filiale marocaine ne paie pas trop de redevances, trop de management fees ? »

– Pourquoi les grandes entreprises et les filiales de groupes internationaux sont-elles plus exposées que les autres ?

– C’est assez simple à comprendre. Le tissu économique marocain est composé à plus de 90% de TPE et de PME, peu ou pas solvables. Au surplus, un large pan de l’économie demeure à date dans le secteur informel.

Dans la pratique, toutes ces structures échappent largement au contrôle fiscal. L’administration n’a ni les moyens ni l’intérêt d’aller chercher ces petits acteurs, parce que le rendement est faible, et que la comptabilité y est souvent inexistante ou peu fiable.

À l’inverse, les grandes entreprises et les filiales de groupes internationaux ont des états financiers solides, audités et, surtout, elles ont de l’argent.

C’est donc là que l’administration concentre ses efforts. Le fisc sait qu’en contrôlant une grande entreprise, il peut récupérer des montants significatifs en cas de redressement 

C’est aussi une question de lisibilité : dans une multinationale, tout est documenté. Il y a des contrats, des conventions de royalties, de prestations de services. Tout est traçable, donc plus facile à contester. Et quand il y a des flux intragroupe, cela devient un terrain privilégié pour l’administration, qui va s’interroger sur la justification économique de ces flux, leur réalité et leur prix.

Autrement dit, ce n’est pas que les grandes entreprises commettent plus d’erreurs, c’est simplement qu’elles sont plus visibles et plus solvables. C’est une logique de rendement fiscal : on va chercher là où il y a de la matière, et là où la probabilité de recouvrer est la plus forte.

– Comment se déroulent aujourd’hui les contrôles et les échanges entre entreprises et administration ?

– Le contrôle fiscal, au Maroc, obéit encore à une logique très particulière. L’administration notifie souvent des redressements très élevés, aux fondements parfois discutables, dans l’idée que la procédure se soldera nécessairement par une négociation.

C’est une pratique bien connue : on notifie à cent pour négocier à trente. Le problème, c’est que cette approche entretient une forme de défiance. Le contribuable se dit que le montant n’a pas été calculé sur des bases réelles, mais fixé de manière à permettre une transaction. Cela crée un climat d’insécurité et, surtout, de méfiance vis-à-vis de l’administration.

Pendant longtemps, les entreprises préféraient « payer pour tourner la page« , sans aller au contentieux. Mais les mentalités évoluent. Beaucoup d’entreprises, notamment les grandes, ne veulent plus négocier. Elles considèrent qu’elles ont raison et choisissent de défendre leur position devant la Commission nationale du recours fiscal, voire devant le tribunal administratif.

– Vous parlez d’une nouvelle culture de résistance des entreprises. Que voulez-vous dire par là ?

– Ce qu’on observe ces dernières années, c’est un changement profond dans l’attitude des entreprises face au contrôle fiscal. Pendant longtemps, la réaction la plus fréquente, lorsqu’il y avait un redressement, c’était de chercher un terrain d’entente avec l’administration. On discutait, on négociait, on finissait par payer une partie du montant pour clore le dossier, même quand on estimait que le redressement n’était pas justifié.

Aujourd’hui, cette approche tend à perdre du terrain. Les entreprises, en particulier les grands groupes et les filiales de multinationales, refusent de plus en plus d’accepter des redressements qu’elles jugent injustifiés.

Ce changement s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, parce que les contribuables sont mieux accompagnés juridiquement et comprennent mieux leurs droits. Ensuite, parce qu’ils ont vu que beaucoup d’entreprises ont gagné leurs contentieux. La CNRF [Commission nationale du recours fiscal, ndlr] a rendu plusieurs décisions très favorables, ce qui a donné confiance à d’autres.

Enfin, parce qu’il existe de plus en plus de doctrine administrative en faveur des contribuables. On pense notamment au Guide de la procédure amiable (qui permet à l’entreprise – par le jeu des dispositions des conventions fiscales signées par le Royaume – de demander un dégrèvement d’impôt dès lors qu’elle est « victime » de double imposition), ainsi qu’au Guide du contrôle des prix de transfert, qui pose un cadre clair quant à la procédure à suivre par les inspecteurs. On est donc passé d’une logique de « transaction » à une logique de droit. Et c’est une évolution très saine, parce qu’elle oblige aussi l’administration à être plus rigoureuse, plus transparente et à mieux motiver ses redressements.

– Quel rôle joue la CNRF dans ce nouvel équilibre ?

La Commission nationale du recours fiscal (CNRF), joue aujourd’hui un rôle central dans la relation entre le contribuable et l’administration. C’est une instance indépendante qui permet un examen objectif des dossiers, et qui, surtout, rend des décisions motivées.

Pendant longtemps, les entreprises avaient l’impression qu’il n’y avait pas de véritable contre-pouvoir. Quand l’administration notifiait un redressement, il était difficile de le contester efficacement. Désormais, la CNRF agit comme un véritable « garde-fou« .

Et il faut le dire, les décisions rendues ces dernières années ont souvent été favorables aux entreprises. Elles rappellent à l’administration qu’elle doit justifier ses redressements, qu’elle ne peut pas simplement appliquer des estimations sans méthode. C’est une avancée majeure en termes de sécurité juridique.

Cela oblige aussi le fisc à se professionnaliser davantage. Quand il sait que la CNRF va examiner en détail le dossier, il prépare mieux ses arguments et motive davantage ses notifications. Au final, cela contribue à rééquilibrer la relation entre l’administration et le contribuable.

– L’accord préalable sur les prix de transfert (APP) apparaît comme un outil de sécurisation. Comment fonctionne-t-il ?

– L’APP, ou accord préalable sur les prix de transfert, est un dispositif prévu par le Code général des impôts (CGI). Il permet à une entreprise, avant même d’être contrôlée, de demander à l’administration fiscale de valider sa politique de prix de transfert.

Autrement dit, la société présente à la Direction générale des impôts (DGI) sa méthode de détermination des prix appliqués à ses transactions intragroupe, et l’administration se prononce à l’avance sur sa conformité au principe de pleine concurrence.

C’est un mécanisme très utile, parce qu’il apporte de la sécurité juridique. Lorsqu’un accord est conclu, il engage les deux parties pour plusieurs exercices. L’entreprise sait que sa politique de prix de transfert ne sera pas remise en cause pendant la durée de validité de l’accord, tant qu’elle respecte les conditions convenues. Pour l’administration, c’est souvent un moyen de s’assurer un revenu taxable sur plusieurs années.

Si ce dispositif est ancien et abondamment utilisé dans certains pays, le Maroc ne l’a introduit qu’assez récemment en droit interne (loi de finances 2015). La procédure impose un dialogue technique entre l’entreprise et l’administration, et une certaine transparence des deux côtés. C’est une démarche exigeante, mais très bénéfique, parce qu’elle permet d’éviter les litiges et d’instaurer une relation de confiance durable.

– Si les entreprises ont changé de culture et de pratiques, peut-on dire que l’administration fiscale a elle aussi évolué dans sa manière d’aborder le contrôle ?

– Oui, l’administration elle-même a évolué. Elle a publié, le 21 décembre 2023, un Guide du contrôle des prix de transfert. C’est un texte très important, parce qu’il fixe définit des concepts et pose enfin un cadre à respecter.

Avant, tout dépendait beaucoup de la pratique des inspecteurs : certains étaient très compétents, d’autres moins ; il n’y avait pas d’harmonisation. Ce guide, lui, décrit étape par étape comment un contrôle doit être mené : comment réaliser l’analyse fonctionnelle, comment choisir la méthode de prix de transfert appropriée, comment sélectionner des comparables, etc.

Et surtout, il interdit expressément d’utiliser des comparables secrets, ce qui est une avancée considérable. Désormais, l’administration doit expliquer sur quelle base elle se fonde. Ce document, qui s’inspire des lignes directrices de l’OCDE, donne un cadre aussi bien à l’inspecteur qu’à l’entreprise. Il contribue à rétablir la confiance, parce que chacun sait à quoi s’en tenir.

– Quelle est la portée réelle de ce guide ? A-t-il une valeur contraignante pour le fisc ?

– C’est une très bonne question, parce que ce guide n’a pas, à proprement parler, valeur de loi. Ce n’est pas un texte législatif, mais une doctrine administrative. Cela signifie qu’il dicte la manière dont l’administration doit se comporter dans le cadre de ses contrôles.

Autrement dit, le guide a une force juridique indirecte : il s’impose d’abord à l’administration elle-même. Si un inspecteur ne respecte pas la méthodologie décrite, il s’expose à ce que la pertinence de ses travaux soit – légitimement – contestée. Pour les entreprises, c’est un outil de défense très utile. Elles peuvent désormais invoquer ce texte pour demander que leur contrôle soit conduit selon des critères précis et transparents.

C’est aussi un signe d’évolution. Pendant longtemps, on avait un texte légal, l’article 213-2 du CGI, mais aucune doctrine détaillant comment l’appliquer. Aujourd’hui, on a enfin un cadre clair, et c’est un vrai progrès.

Ce guide est-il une initiative du fisc ou une réponse à une demande du secteur privé ?

– C’est un peu les deux, en réalité. Le secteur privé, à travers différentes associations et fédérations, réclamait depuis longtemps un encadrement clair des prix de transfert. Il y avait donc une attente forte du monde des affaires.

Mais c’est aussi une initiative interne à la Direction générale des impôts, sous l’impulsion de son nouveau directeur général. Il y avait une volonté affichée de moderniser la pratique, d’apporter de la clarté et d’harmoniser les méthodes.

On peut dire que ce guide est le fruit d’un double mouvement : la pression du terrain, qui voulait de la sécurité juridique, et la volonté du fisc d’uniformiser les pratiques pour être plus crédible. C’est donc une évolution naturelle, mais aussi stratégique : elle montre que le Maroc s’aligne progressivement sur les standards internationaux.

La procédure MAP, ou procédure d’accord amiable, est souvent évoquée dans les dossiers de prix de transfert. Concrètement, comment fonctionne-t-elle ?

– La MAP, ou Mutual Agreement Procedure, est une procédure internationale prévue dans les conventions fiscales signées entre les États. Elle a pour objectif d’éviter la double imposition. Concrètement, lorsqu’une entreprise est redressée dans un pays au titre des prix de transfert, elle peut se retrouver imposée deux fois sur le même bénéfice : une fois dans le pays du redressement et une fois dans celui de la société liée.

La MAP permet de résoudre ce type de situation. L’entreprise saisit l’administration fiscale de son pays, qui entre ensuite en contact avec celle de l’autre État concerné. Les deux administrations échangent des informations et tentent de trouver un accord bilatéral pour répartir correctement le droit d’imposer. C’est une procédure amiable entre États, encadrée par les conventions internationales.

Prenons un exemple concret : imaginons une entreprise marocaine qui fait de la sous-traitance pour sa maison mère française, par exemple un centre d’appels. Si le fisc marocain considère que la marge du centre d’appels est trop faible et décide de la rehausser, cela crée une double imposition, puisque le bénéfice correspondant a déjà été taxé en France. La MAP permet alors de corriger cette situation, en demandant soit à la France de diminuer le résultat imposable de la maison mère, soit au Maroc d’abandonner son redressement, et ce, pour éviter que le même bénéfice ne soit taxé deux fois.

C’est une procédure complémentaire à l’APP (accord préalable sur les prix de transfert) et au guide. Les trois forment un ensemble cohérent : l’APP sécurise le futur, la MAP corrige le passé et le guide encadre la pratique. Cela montre que le Maroc s’aligne progressivement sur les standards internationaux les plus avancés.

– On parle aussi de la création d’une brigade spécialisée en prix de transfert. Quelle est sa mission ?

– Effectivement, il existe aujourd’hui une brigade spécialisée en prix de transfert, rattachée à la Direction générale des impôts à Rabat. Elle a été créée il y a un peu plus de deux ans. C’est une structure composée d’inspecteurs expérimentés, formés spécifiquement à cette matière, qui intervient sur l’ensemble du territoire (à l’inverse de l’ensemble des autre brigades de vérification, qui ont un mandat d’intervention régional).

Cette approche n’est pas propre au Maroc : on la retrouve dans d’autres pays africains comme la Côte d’Ivoire ou le Ghana, où les administrations se sont également dotées de brigades spécialisées. Cela répond à un besoin évident de montée en compétence sur un sujet très technique, où la marge d’interprétation est grande.

La création de cette brigade marque une vraie étape

On passe d’un contrôle généraliste, mené par un inspecteur polyvalent, à un contrôle expert, mené par des équipes formées et outillées pour traiter des cas de prix de transfert dans un cadre international.

– L’administration a également investi dans des outils et des formations spécifiques. Quel est l’enjeu de cette modernisation ?

– C’est un point très important. La Direction générale des impôts a compris que pour contrôler efficacement les prix de transfert, il faut disposer d’outils techniques et de personnels formés. Cette année, elle a donc fait l’acquisition de 130 licences d’accès à la base de données TP Catalyst, éditée par la société belge Bureau van Dijk (groupe Moody’s).

Cette base de données, l’une des plus performantes du marché, permet de réaliser des analyses de comparabilité : elles recensent les marges et les résultats d’entreprises indépendantes, ce qui aide à déterminer si les marges d’une filiale sont cohérentes avec celles du marché. C’est un outil indispensable pour évaluer les transactions intragroupe sur des bases objectives.

La DGI suit un programme de formation dispensé par un consultant spécialisé en la matière. L’objectif est de faire monter en compétence les équipes et d’aligner les pratiques marocaines sur les standards internationaux.

C’est un vrai tournant : on n’est plus dans une approche empirique, mais dans une approche professionnelle, fondée sur des données économiques vérifiables. Cela renforce à la fois la crédibilité de l’administration et la sécurité juridique pour les entreprises.

 

https://medias24.com/2025/12/16/comment-les-entreprises-gerent-le-controle-fiscal-au-maroc-2-2-1592761/

Examens du baccalauréat et état civil au menu du prochain Conseil de gouvernement

Au début de ses travaux, le Conseil suivra un exposé du ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports sur les données et les nouveautés relatives aux examens du baccalauréat pour la session 2025.

Le Conseil poursuivra ses travaux par l’examen d’un projet de loi modifiant la loi relative à l’état civil, avant de se pencher sur un projet de décret fixant les aptitudes nécessaires à l’exercice des missions du syndic et les honoraires qu’il perçoit dans le cadre des procédures relatives aux difficultés des entreprises, fait savoir le communiqué.

Le Conseil s’attèlera ensuite à l’examen d’un accord de coopération militaire entre les gouvernements du Royaume du Maroc et du Burkina Faso, signé à Rabat le 24 juillet 2024, et du projet de loi portant approbation dudit accord, ajoute la même source.

À la fin de ses travaux, le Conseil examinera des propositions de nomination à de hautes fonctions, conformément aux dispositions de l’article 92 de la Constitution, conclut le communiqué.

CFG Bank vise un doublement de sa taille à l’horizon 2028-2029

À l’occasion de son premier Capital Market Day, CFG Bank a levé le voile sur sa feuille de route stratégique à moyen terme. Devant un parterre d’analystes, d’investisseurs et d’actionnaires, la banque a exposé les principaux axes de son développement pour les prochaines années.

En marge de l’événement, les deux directeurs généraux, Younès Benjelloun et Driss Benchaffai, ainsi que le directeur exécutif Finances groupe, Salim Rais, ont tenu un point presse pour présenter les fondements de cette stratégie, ses leviers concrets et la trajectoire visée par la banque à l’horizon 2028–2029.

Un cap assumé : doubler de taille sans augmentation de capital

« Dans le cap vers lequel on va, la synthèse globale, c’est qu’on va doubler de taille à l’horizon 2028–2029″.

Doubler de taille tout en restant dans nos segments actuels, sans besoin de renforcer les fonds propres et en maintenant une rentabilité actionnaire, un ROE élevé, supérieur à 16%

Le ROE, ou retour sur fonds propres, permet de savoir si l’argent investi par les actionnaires est utilisé de manière efficace. En d’autres termes, il mesure la capacité de la banque à faire fructifier ses propres ressources. Un ROE élevé signifie que la banque parvient à transformer ses fonds propres en bénéfices de manière performante, sans avoir besoin de puiser ailleurs.

« En gros, les principaux chiffres, c’est un PNB qui passe de 940 MDH à 2 MMDH à peu près, un résultat net part du groupe qui passe de 250 MDH à près de 500 MDH, et un encours de crédit qui passe de 15 MMDH à près de 30 MMDH ».

Pour rappel, lors de son IPO à fin 2023, CFG Bank s’était fixée pour objectif de doubler son bénéfice net d’ici 2026. Cet objectif pourrait être atteint dès 2025, soit avec un an d’avance sur le calendrier. Le groupe prévoit en effet de dépasser la barre des 300 millions de dirhams de bénéfices dès cette année.

Le modèle présenté se veut prudent et réaliste, sans pari sur de nouveaux segments ou sur une accélération macroéconomique. « Juste en continuant à croître dans nos segments actuels, sachant qu’on n’offre pas encore tous les produits, et qu’on peut être amené à les développer dans le temps; ça nous conduit automatiquement à doubler de taille », explique le management.

Ce scénario se fonde sur une combinaison de leviers internes : le réinvestissement des résultats non distribués, le maintien d’une politique de dividende modérée et l’émission d’une dette subordonnée de 500 MDH, déjà lancée en 2025.

« Il serait irrationnel de ne pas commencer par saturer notre capacité réglementaire en dette subordonnée. Ce type de financement nous coûte à peine 4%, alors que les fonds propres exigent un rendement de 16%, conformément à l’engagement que nous avons vis-à-vis de nos actionnaires », ajoute le management.

En maintenant cette discipline financière, CFG anticipe une évolution de ses fonds propres de 1,8 MMDH à près de 3 MMDH d’ici 2028–2029, sans levée externe. « Tout ce qu’on ne distribue pas, c’est un renforcement des fonds propres qui est naturel », insiste le management.

Le ratio de solvabilité Tier 2 devrait ainsi rester au-dessus de 13%, avec une capacité à augmenter progressivement les tickets moyens de financement par client.

Revenus : équilibre entre intérêt et commissions

« Aujourd’hui, environ 50% du produit net bancaire provient de la marge nette d’intérêt, c’est-à-dire des activités de crédit, et les 50% restants sont issus des commissions », explique le management.

« Ce n’est pas un hasard. Nous venons du métier de banque d’affaires. Pendant 20 ans, nous n’avons généré que des commissions ».

Cette part importante de revenus non liés au crédit provient de plusieurs métiers complémentaires : asset management, gestion d’actifs immobiliers (REITs), change, brokerage, custody, ou encore commissions bancaires classiques.

« Si cette moitié du PNB est une activité à commissions, c’est qu’elle ne nécessite pas de fonds propres. Et si elle ne nécessite pas de fonds propres, alors ça fait mécaniquement monter le ROE », détaille le management.

À cette structure s’ajoute une discipline opérationnelle forte. Le coût du risque, historiquement bas (25 à 30 points de base), est appelé à rester contenu, tandis que le coefficient d’exploitation devrait passer sous la barre des 50% à horizon du plan. Ces fondamentaux nourrissent une rentabilité durable, sans levier excessif ni pari risqué.

Valorisation soutenue

Ce positionnement atypique se reflète dans la valorisation boursière de CFG Bank, supérieure à celle des autres banques cotées. « Ce qui défend notre niveau de valorisation plus élevé que les autres banques, ce sont deux facteurs majeurs : un, on a encore une croissance très forte. Deux, on a un ROE plus élevé que les autres », résume le management.

Pour autant, cette croissance ne repose pas sur une conquête agressive de parts de marché.

Malgré tout cela, notre part de marché en encours de crédit restera autour de 2% à l’horizon 2028–2029. Elle est aujourd’hui à 1,3%. On ne parle pas de 10% ou plus

Un modèle à deux moteurs, pensé dès l’origine

Au cœur du dispositif de CFG Bank, deux piliers complémentaires structurent l’ensemble de l’activité commerciale : la banque de détail et la banque des grandes et moyennes entreprises (GME).

« On a ré-explicité le modèle avec maintenant 10 ans d’historique pour crédibiliser ce qu’on avait comme vision à l’époque », explique le management.

« Et donc, on a insisté sur le fait qu’on avait deux piliers. Un pilier qui s’appelle banque de détail. Ce pilier, c’est les clients particuliers, pour lesquels on a mis en place les meilleurs outils possibles, qu’ils soient en termes d’agence, de ressources humaines, d’informatique, de produits, de fonctionnalités. Ça tourne bien, et ça fait que chaque année, on gagne à peu près 10.000 à 12.000 nouveaux clients ».

Le nombre de clients actifs, aujourd’hui autour de 64.000, est attendu à 140.000 à l’horizon du plan

Ce premier moteur, orienté clients premium, repose sur un réseau limité mais efficace. CFG compte aujourd’hui 14 agences, et prévoit de porter ce chiffre à 21 à l’horizon 2028–2029. Cette croissance s’appuie également sur une stratégie multicanale affirmée : application notée 4,7/5, centre de relation client étendu, GABs avec dépôts, et fonctionnalités digitales avancées.

Le second pilier est plus vaste dans son périmètre que ne le suggère son intitulé. « On a un autre pilier à qui on a affecté un titre, un nouveau nom, qu’on a appelé grande et moyenne entreprise », explique le management.

« Sauf que dans ce pilier […] on n’a pas mis que l’activité de crédit et de dépôt de la grande et moyenne entreprise. On a mis tous les produits et services qui peuvent être rendus à l’entreprise, mais aussi à son chef, son promoteur, son fondateur, son actionnaire majoritaire et ses dirigeants ».

Autrement dit, ce pilier regroupe à la fois le corporate banking, le corporate finance avec l’activité d’introductions en Bourse et d’émissions obligataires, et la banque privée, dédiée aux dirigeants et actionnaires. L’organisation vise à générer des synergies concrètes entre ces métiers, dans une logique de transversalité et d’ingénierie sur mesure.

« On a explicité à quel point on avait des synergies entre ces différents métiers, ou ces différentes équipes qui travaillent ensemble pour avoir une offre complète vis-à-vis des entreprises et vis-à-vis des chefs d’entreprise », résume le management.

Orange parie sur le multicloud pour faire du Maroc un pôle régional du numérique

Claire Gaborit : Le cloud, promu par des entreprises comme Orange, constitue un levier essentiel de compétitivité pour des secteurs clés comme la finance, l’agriculture ou encore la santé. Il permet de disposer d’infrastructures évolutives, capables de s’adapter aux besoins réels des entreprises, tout en garantissant un haut niveau de sécurité.

Chez Orange, nous opérons à partir de data centers certifiés, qui assurent cette sécurité. L’autre grande force du cloud réside dans son accessibilité économique : les entreprises peuvent ajuster leur consommation à leurs besoins, optimisant ainsi leurs dépenses.

– Chez Orange, nous accompagnons les entreprises marocaines sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Nous commençons par une phase d’écoute et de compréhension des besoins afin d’identifier comment le cloud peut améliorer leur productivité, favoriser leur développement et encourager l’innovation.

Une fois ces besoins identifiés, nos experts techniques interviennent pour définir la solution la plus pertinente. Ensuite, nous accompagnons nos clients durant la phase post-migration, avec la possibilité de former leurs équipes et de renforcer leurs compétences internes.

– Le cloud reste une technologie relativement nouvelle pour de nombreuses entreprises. Comme pour toute nouveauté, il existe des freins liés à la méconnaissance ou à des appréhensions. Notre rôle est justement de démystifier le cloud et de clarifier les enjeux pour éviter toute mauvaise interprétation.

Un autre défi important concerne l’infrastructure existante de l’entreprise. Nous réalisons alors un audit de l’existant afin de proposer la solution cloud la plus adaptée.

– Notre approche multicloud nous permet de proposer une gamme complète de services : cloud privé, public, hybride… En fonction des besoins spécifiques de chaque client, nous construisons la solution la plus adaptée.

Nous collaborons avec des partenaires technologiques de référence, tels que Microsoft ou AWS. Cela nous permet de proposer les services de ces hyperscalers via Orange, tout en offrant également des solutions de cloud privé sur nos propres infrastructures. Cette flexibilité permet de bâtir des architectures hybrides, entièrement sur mesure.

Cette stratégie multicloud est une vraie force pour Orange comme pour nos clients. Elle nous permet d’apporter des réponses précises à leurs problématiques et de répondre à leur quête d’optimisation des investissements.

– Le cloud est justement une solution idéale pour optimiser les investissements. Il offre une grande flexibilité : au lieu d’investir lourdement dans des équipements (CAPEX), les entreprises peuvent opter pour un modèle en OPEX, basé sur la consommation réelle, en « pay-as-you-go ».

Chez Orange, nous construisons un véritable business case avec le client, avant toute migration. Nous menons une étude financière détaillée, afin d’identifier les coûts, les gains potentiels, et de faciliter la décision. Cela permet au client de visualiser concrètement les économies et bénéfices avant même le déploiement de la solution.

– Nous avons de nombreux projets en préparation. L’intelligence artificielle, par exemple, requiert des capacités de calcul considérables. Le cloud est naturellement l’infrastructure adaptée, car il permet une montée en charge rapide, notamment en GPU.

Nous n’en sommes qu’au début. Nous poursuivrons le développement de nouveaux partenariats, toujours dans cette logique multicloud, pour enrichir notre écosystème.

Cet écosystème doit bénéficier aux clients, mais également aux administrations marocaines et aux start-up. Nous nous inscrivons pleinement dans les chantiers stratégiques du Maroc : transformation digitale des entreprises, digitalisation des services publics, accompagnement des start-up. Notre ambition est claire : être un acteur clé de cette dynamique nationale vers un Maroc numérique, souverain et compétitif.

Dominées par le commerce, 95.256 nouvelles entreprises créées en 2024

La répartition sectorielle montre une prédominance du commerce, représentant 35,13% des entreprises créées, suivi par le BTP et activités immobilières (19,21%), les services divers (18,20%), les transports (8,10%), les industries (7,31%), les hôtels et restaurants (5,61%), le secteur des TIC (2,79%), les activités financières (1,97%) et l’agriculture et pêche (1,68%), précise l’OMPIC dans le tableau de bord général de son baromètre de la création des entreprises.

Par régions, Casablanca-Settat domine le classement avec 29.558 entreprises créées à fin décembre 2024, devant Tanger-Tétouan-Al Hoceima (13.876), Rabat-Salé-Kénitra (11.140), Marrakech-Safi (10.624), Fès-Meknès (6.584), Souss-Massa (6.468), l’Oriental (5.717), Laâyoune-Sakia El Hamra (4.107), Béni Mellal-Khénifra (2.656), Drâa-Tafilalet (2.116), Dakhla-Oued Ed-Dahab (1.617) et Guelmim-Oued Noun (793).

Par forme juridique, la société à responsabilité limitée à associé unique (SARL AU) arrive en première position avec une part de 64,8%, suivie de la société à responsabilité limitée (SARL) avec 34,5%.

Bank of Africa renforce ses actions en faveur de la finance durable

Face aux enjeux croissants de compétitivité et de durabilité, la transition vers une économie plus respectueuse de l’environnement devient un levier stratégique pour les entreprises marocaines. Dans ce contexte, Bank of Africa développe des initiatives visant à soutenir les PME et les grandes entreprises dans cette transition, indique un communiqué de la banque.

Depuis plus d’une décennie, la banque a mis en place divers programmes de finance durable, axés sur trois thématiques : l’efficacité énergétique, la gestion des ressources en eau et l’économie circulaire. Parmi les solutions de financement proposées figurent BOA Energico (2012), Cap Energie I (2015), Green Invest (2019) et Cap Industrie Verte (2022).

Dans le cadre de ses actions, Bank of Africa mène également une campagne de sensibilisation pour encourager les entreprises à intégrer des pratiques durables, en mettant en avant les impacts économiques et environnementaux de ces démarches, souligne le communiqué.

Selon la même source, l’accompagnement des entreprises repose sur une approche combinant financement et conseil, avec des solutions adaptées aux spécificités de chaque projet. Par ailleurs, la banque s’appuie sur un réseau de partenaires, dont Maroc PME, Tamwilcom et des institutions de développement multilatérales, afin de proposer un cadre structuré pour le financement de projets durables.

La banque a mis en place un programme de formation certifiant, développé en collaboration avec le Bureau Veritas au sein de Bank of Africa Academy, visant à renforcer l’expertise des conseillers bancaires pour mieux accompagner les entreprises dans leurs projets à faible empreinte carbone.

Dans un secteur bancaire en pleine mutation, Bank of Africa se positionne comme un acteur majeur de la finance durable, renforçant son impact positif au sein du tissu productif national et auprès de ses parties prenantes. Grâce à son engagement, la banque contribue à l’essor d’une économie durable au Maroc et accompagne les entreprises dans la réalisation de projets bénéficiant à l’environnement et à la société, conclut le communiqué.

Voici les impacts du capital-investissement sur les entreprises investies (AMIC)

L’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC) a diffusé un rapport d’impact du capital-investissement au Maroc entre 2000 et 2023.

Le document revient sur les bénéfices tirés par les entreprises investies sur la période, et l’évolution de leurs revenus et effectifs. Il ressort que le capital-investissement accélère la croissance des entreprises, notamment celles en phase d’amorçage.

Le TCAM du chiffre d’affaires des entreprises investies est de 18,8% à fin 2023

Il s’avère qu’à fin 2023, sur les entreprises investies, le taux de croissance annuel moyen du chiffre d’affaires est de 18,8%. Par stade de maturité d’entreprise, cela varie beaucoup. Pour les 55 entreprises accompagnées en phase d’amorçage/risque, le taux de croissance a été en moyenne de 100%. Pour les 98 entreprises en développement, le taux de croissance moyen des revenus a été de 16%, et de 7% pour les 26 entreprises au stade de transmission.

Le rapport fait également ressortir que les entreprises investies par des fonds affichent, en 2023, une croissance de leur chiffre d’affaires de l’ordre de 22,3%, alors que les entreprises cotées ont, sur la même période, affiché une croissance de leurs revenus de 4,4%.

Encore une fois, ce sont les 33 entreprises en phase d’amorçage/risque qui affichent la croissance la plus importante, avec 55% contre 10% de croissance pour les 45 entreprises au stade de développement et, enfin, 6% pour les 6 entreprises au stade de transmission.

« Les secteurs investis par les fonds, ayant connu la plus forte croissance de leur chiffre d’affaires en 2023, sont la santé (45%), les TIC (29%) et les services (28%). Le taux de croissance enregistré par l’ensemble des secteurs investis par les fonds en 2023 se situe à 22% », indique le rapport.

Une amélioration de la profitabilité et de la contribution fiscale

Concernant cette même année 2023, tous secteurs confondus, les entreprises investies par des fonds ont affiché une croissance de chiffre d’affaires de 22%, et une hausse de 17% de leurs effectifs. Le secteur de la santé est celui qui a affiché la plus forte hausse de revenu, avec 45% de croissance, alors que le secteur de l’industrie affiche la plus forte croissance de ses effectifs, avec une progression de 26%.

Au global, l’EBITDA des entreprises investies a été multiplié par 2,3, à 6,77 milliards de DH entre la date d’entrée et celle de sortie du fonds.

Les entreprises investies présentent une contribution fiscale plus importante entre l’année d’entrée et l’année de sortie du fonds (ou 2023 pour les entreprises encore investies). « Sur près de 180 PME accompagnées entre 2000 et 2023, la contribution fiscale du secteur a augmenté de près de 3 milliards de DH [à 4,9 MMDH, ndlr] pour une durée moyenne de détention de 6 ans. En 2023, le montant total des impôts et taxes collectés auprès des entreprises investies a enregistré une hausse de 450 millions de DH en comparaison avec les données de 2022 », souligne le rapport.

Sommet d’investissement SelectUSA 2024 : ouverture des pré-inscriptions pour les entreprises marocaines

L’ouverture des pré-inscriptions a été annoncée le mardi 14 mai par le Service commercial américain au consulat général des Etats-Unis à Casablanca, lors d’une conférence de presse dédiée. « Le SelectUSA Investment Summit 2024 se prépare à accueillir des centaines d’entreprises mondiales cherchant à explorer des opportunités commerciales aux Etats-Unis. Les entreprises marocaines souhaitant étendre leurs activités sur le marché américain peuvent largement bénéficier du Sommet qui se tiendra du 23 au 26 juin à National Harbor, dans l’Etat du Maryland », précise le Service commercial américain à cette occasion.

Le Sommet renforcera les liens commerciaux durables entre le Maroc et les Etats-Unis (Marissa Scott)

Pour les entreprises marocaines qui lorgnent le marché américain, le Sommet SelectUSA représente une opportunité de tirer parti des avantages commerciaux bilatéraux. « Le Maroc est le seul pays africain à avoir un accord de libre-échange avec les Etats-Unis », a rappelé la consule générale des Etats-Unis à Casablanca, Marissa Scott.

« Au fil des années, nos relations commerciales ont connu une tendance à la hausse en termes de volume et de diversification. Aujourd’hui, le Sommet est un autre catalyseur pour renforcer davantage les liens commerciaux durables entre nos deux nations », a-t-elle ajouté.

Les participants marocains au Sommet SelectUSA auront ainsi l’occasion d’entrer en contact avec des milliers d’investisseurs, d’entreprises, d’organisations de développement économique et d’experts du secteur. Ils découvriront également les dernières politiques et législations américaines susceptibles de faciliter la croissance des entreprises aux Etats-Unis.

La délégation marocaine bénéficiera également de réunions personnalisées avec les dirigeants du ministère américain du Commerce, l’ambassade du Maroc à Washington et d’autres partenaires clés.

Aperçu des relations commerciales maroco-américaines

La conférence de presse a été l’occasion pour le Service commercial américain de revenir sur les relations commerciales maroco-américaines : « L’accord de libre-échange [entre les Etats-Unis et le Maroc, ndlr] est en vigueur depuis près de vingt ans. Plus de 150 entreprises américaines opèrent au Maroc, fournissant des milliers d’emplois au pays. Plusieurs entreprises marocaines ont par ailleurs bénéficié de l’ALE depuis son entrée en vigueur ».

Le Service commercial américain a cité l’exemple des groupes Kantari et Mutandis. « Avant 2006, le groupe Kantari exportait dans de nombreuses régions du monde, mais pas encore aux Etats-Unis. Les dirigeants du groupe Kantari ont compris l’importance du marché américain et ont travaillé pour bénéficier de l’ALE. En 2021, les importations de l’entreprise ont décuplé et le nombre de ses employés a augmenté de 10%« .

« En 2021, Mutandis a acquis 100% de la marque américaine Season. Cela a donné à Mutandis la possibilité de commercialiser ses marques auprès des principales grandes surfaces et épiceries américaines. Cette acquisition a eu un impact très positif sur les bénéfices de Mutandis qui auront augmenté de 38% d’ici fin 2024« .

En 2022, la délégation marocaine au SelectUSA, plus grande délégation africaine

En 2019, le Service commercial américain a conduit la toute première délégation marocaine au SelectUSA.

En 2022, la délégation marocaine était la plus importante délégation du continent africain, avec 37 chefs d’entreprises marocains. L’intérêt des entreprises marocaines s’est poursuivi en 2023, avec une délégation de 27 membres.

Quelque 26 chefs d’entreprises ont pris part à l’édition 2023 du Sommet. Une des participantes était finaliste à la session de pitch Women Tech Startup.

À la suite de leur participation au Sommet Select USA, plusieurs entreprises marocaines ont ouvert des bureaux aux Etats-Unis. Elles opèrent dans divers secteurs, notamment celui de la pharmacie et de la haute technologie.

Siham Elmejjad, la femme d’affaires qui transforme le paysage des programmes fidélité et le contenu client au Maroc

Fondée par Siham Elmejjad, sa sœur Wiam et Hicham Amadi, Tookeez est une start-up centrée sur la fidélisation client qui a lancé en début d’année une application d’agrégation des points de fidélité.

Le concept ? Permettre aux utilisateurs de rassembler leurs points de fidélité de différentes enseignes dans un unique portefeuille numérique. Ce système simplifie l’utilisation des points en autorisant les transactions au sein d’un vaste réseau de commerces et de marques. « Les consommateurs peuvent ainsi échanger facilement leurs points contre des réductions ou des services, augmentant l’utilité et la valeur de leur participation aux programmes de fidélité », explique Siham El Mejjad, jointe par Médias24. Cette ingénieure diplômée de l’Institut national des postes et télécommunications en 2002 a collaboré sur un projet avec Alcatel et le laboratoire de recherche de l’INT d’Evry (aujourd’hui Télécom SudParis), parallèlement à un DESS en ingénierie entrepreneuriale, avant de rejoindre Maroc Telecom de 2004 à 2005 dans le domaine du marketing de service à valeur ajoutée.

Fin 2005, Siham Elmejjad met son expertise au service de 2WLS (World Wide Loyalty System), une entreprise qui fournit des solutions complètes dans le domaine du marketing de la fidélisation et qu’elle a lancée avec les mêmes co-fondateurs de Tookeez. Dotée d’un sens inné des affaires, l’ingénieure a pu propulser son entreprise à l’international, principalement à l’échelle africaine. Aujourd’hui, 2WLS est implantée dans plusieurs pays d’Afrique, notamment l’Ouganda, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Kenya, le Ghana, le Sénégal, la Guinée, le Burkina et le Mali. 2WLS est par ailleurs devenue en 2011 une filiale du groupe français Bilendi qui, lui, propose des services numériques, de conception et de gestion des programmes de fidélisation, de marketing direct et de gestion de panels en ligne.

Partant de là, Tookeez est l’émanation d’un écosystème robuste en capital-client, qui ouvre la voie à un nouveau système de récompense. Selon sa cofondatrice, Tookeez « est une extension de 2WLS dans sa partie récompense, répondant à un besoin pressant du consommateur ». L’une des problématiques identifiées en priorité est la complexité de convertir les points de fidélité et la fréquente indisponibilité des récompenses. « Cela illustre les difficultés à échanger des points contre les récompenses désirées, ainsi que la lente accumulation de ceux-ci, ce qui a motivé l’élaboration de notre solution », indique Siham Elmejjad.

En effet, l’expérience accumulée chez 2WLS a permis à l’équipe de devenir des experts en ingénierie des programmes de fidélisation, et de comprendre en profondeur les technologies associées ainsi que les problématiques spécifiques rencontrées par les entreprises et les consommateurs dans le secteur de la fidélisation.

« Aujourd’hui, notre principal défi est de mobiliser nos premiers Early Adopters pour enclencher le système. Nous faisons face à ces défis en restant concentrés sur notre vision et en adaptant rapidement notre produit aux retours des utilisateurs de manière agile. Cette approche permet de tester et d’ajuster rapidement les fonctionnalités de l’application en fonction des besoins et des réactions des utilisateurs », poursuit Siham Elmejjad.

Lever des fonds ne fut pas une mince affaire…

Début 2024, Tookeez a levé 15 millions de dirhams auprès d’Azur Innovation Fund, un jalon marquant pour la start-up dans son ambition de redéfinir le paysage de la fidélité. « Le parcours pour arriver jusqu’ici ne fut pas simple », confie Siham Elmejjad. Bien qu’elle soit entrepreneure depuis maintenant vingt ans, « lancer une nouvelle start-up et se démarquer n’est pas une mince affaire », confie notre interlocutrice.

Selon elle, les premiers obstacles ont été principalement liés à la transformation de l’idée en un service fonctionnel et avec un service qui réponde réellement aux attentes du marché. « Développer un service sans faille qui propose également une expérience utilisateur séduisante représente un véritable défi, sans oublier la complexité que représente le fait d’attirer nos premiers utilisateurs. »

Afin de sécuriser cette levée de fonds, l’équipe a dû affiner sa proposition de valeur, analyser en profondeur les tendances de notre marché et développer des relations stratégiques avec ses futurs investisseurs. « L’importance d’une préparation méticuleuse et d’une compréhension claire de nos objectifs stratégiques et financiers a été fondamentale pour réussir », explique Siham Elmejjad.

Analyser les données de comportement d’achat par l’IA

Avec ce nouveau tour de table, Tookeez envisage d’accélérer son expansion au Maroc, en Afrique et dans la région MENA. L’objectif est double : atteindre 4 millions d’utilisateurs d’ici 2028 et lancer leur activité dans un second pays africain d’ici 2026. « Nous prévoyons d’enrichir l’expérience utilisateur en développant de nouvelles fonctionnalités et en intégrant des technologies de pointe comme la blockchain et l’intelligence artificielle pour faire évoluer l’expérience utilisateur et optimiser les interactions entre les marques et les consommateurs au sein de notre écosystème », affirme Siham Elmejjad.

Elle explique que la blockchain sera utilisée pour sécuriser les transactions et assurer une traçabilité transparente des points de fidélité, ce qui renforcera la confiance des utilisateurs. De plus, cette technologie facilitera les échanges de points entre différents programmes et partenaires, rendant le système plus fluide et accessible. Quant à l’IA, elle sera exploitée pour personnaliser l’expérience des utilisateurs. « En analysant les données de comportement d’achat, l’IA pourra proposer des récompenses et des offres sur mesure qui correspondent vraiment aux préférences et aux besoins des clients ».

Enfin, et pour étendre efficacement son écosystème, Tookeez prévoit de se concentrer sur l’intégration de programmes de fidélité existants et de commerçants partenaires. L’objectif étant de créer une plateforme plus robuste et plus engageante qui bénéficie aussi bien aux consommateurs qu’aux commerçants. « Les consommateurs peuvent bénéficier d’une plus grande variété de choix et de flexibilité dans l’utilisation de leurs points de fidélité, tandis que les entreprises peuvent, à travers leur intégration du réseau de Tookeez, acquérir de nouveaux clients et en fidéliser plus encore », conclut Siham Elmejjad.

Créations d’entreprises : un démarrage maussade en janvier 2024

En 2023, les créations d’entreprises avaient stagné avec 93.675 entités enregistrées. A fin janvier 2024, le nombre d’entreprises créées a reculé de près de 2% par rapport au même mois en 2023 à 6.969 créations. Il s’agit, pour un mois de janvier, du chiffre le plus bas depuis 2017 et qui est en constante baisse depuis 2019.

Parmi ces nouvelles créations en 2024, 4.766 sont des entreprises personnes morales et 2.203 sont des entreprises personnes physiques.

Les deux tiers, soit 66,4% des entreprises créées en janvier 2024, sont des sociétés à responsabilité limitée à actionnaire unique (SARLAU), une tendance qui ne fait que s’accroître depuis plusieurs années. Pour rappel, lors du même mois cinq ans auparavant, 59,5% des entreprises créées étaient des SARLAU.

Un regain d’intérêt pour les entreprises du BTP

Dans le sillage des bonnes perspectives qui se dressent pour le secteur du « BTP et activité immobilières » avec la CAN et la CDM 2030, la part des créations d’entreprises dans ce secteur a progressé, passant de 15,97% en janvier 2023 à 17,66% en janvier 2024. Le secteur vient même détrôner celui des « services divers » à la seconde position des secteurs les plus attractifs.

Le secteur du commerce continue de perdre son attractivité malgré sa position de secteur le plus attractif. 36% des entreprises créées en janvier œuvrent dans ce secteur, contre 38,27% en janvier 2023.

Casablanca-Settat capte 27% des créations d’entreprises

La région de la capitale économique a dénombré 1.884 nouvelles entreprises créées en janvier 2024, soit 27% du total. Une part en baisse par rapport à l’année dernière, où la région accaparait 29,5% des créations d’entreprises.

Suit la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 1.164 créations, soit 16,7%. Une part en hausse par rapport à 2023 où elle se fixait à 15,4%

La région Marrakech-Safi arrive en troisième position avec 823 entreprises enregistrées courant du premier mois de l’année, soit 11,8% du total contre 11,3% en janvier 2023.

La légère baisse globale des créations d’entreprises en janvier est causée par plusieurs facteurs, notamment le phénomène durable d’incertitude depuis 2022.

Un contexte global encore défavorable pour les entrepreneurs et un accompagnement faible

Avec le début de la guerre en Ukraine, l’inflation et l’incertitude se sont installées de façon durable dans le monde. Pour Zakaria Fahim, président de l’Union des auto-entrepreneurs Bidaya, « il est clair que le contexte n’arrange rien. A la base, il n’y a pas une culture de l’entrepreneuriat ; beaucoup y vont par défaut car ils ne trouvent pas d’emploi dans le salariat. Et quand ils y vont, malheureusement, ils ne sont pas très bien armés. Si en plus de cela, le contexte est compliqué, avec une inflation qui s’est maintenue un certain temps à un niveau élevé, ça n’arrange rien ».

Pour lui, la stagnation du nombre de créations d’entreprises provient également d’un échec dans le développement du statut d’autoentrepreneur, censé être l’antichambre de la création d’entreprise. « Des erreurs ont été commises sur ce statut, notamment une paupérisation qui a été faite en limitant à 80.000 dirhams le chiffre d’affaires réalisable avec un seul client. Il y a eu le sentiment de devoir payer 30% à partir de 80.000 dirhams même si l’on est une toute petite entreprise. Les gens ont perdu confiance ; je crois qu’il y a un lien de causalité entre ces erreurs et les baisses de créations d’entreprises. L’auto-entrepreneuriat est l’antichambre de la création d’entreprise », explique Zakaria Fahim.

Pour notre interlocuteur, un accompagnement est nécessaire pour faire redémarrer les créations d’entreprises et permettre aux petits entrepreneurs de développer leurs marchés. « Souvent ils n’ont pas les codes, ni l’accompagnement adéquat pour s’en sortir, c’est pourquoi il faut revoir cette politique d’accompagnement de la TPME. Il y a une culture commerçante qui vise à vendre ce que l’on sait que le marché va consommer, et non une culture où l’on communique, où on promeut et on market le produit avant de vendre. Il y a un manque de valorisation. Il ne faut pas non plus donner de l’argent sans avoir un accompagnement non-financier », conclut-il.

https://medias24.com/2024/03/27/ompic-pres-de-7-000-entreprises-creees-a-fin-janvier-2024/

OMPIC : près de 7.000 entreprises créées à fin janvier 2024

Ces entreprises se répartissent entre personnes morales (4.756) et personnes physiques (2.176), précise l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC) dans le tableau de bord général de son baromètre de la création des entreprises.

La répartition sectorielle fait ressortir la domination du commerce avec une part de 36,01%, suivi du Bâtiment et travaux publics (BTP) et activités immobilières (17,72%), des services divers (17,39%), des transports (8,75%), des industries (8,05%), des hôtels et restaurants (5,75%), du secteur des technologies de l’information et de la communication (2,58%), des activités financières (2,07%) et de l’agriculture et pêche (1,69%).

Par région, Casablanca-Settat domine le classement avec 1.857 entreprises créées en janvier dernier, devant Tanger-Tétouan-Al Hoceima (1.163), Marrakech-Safi (823), Rabat-Salé-Kénitra (767), Souss-Massa (504), l’Oriental (469), Fès-Meknès (402), Laâyoune-Sakia El Hamra (334), Béni Mellal-Khénifra (213), Drâa-Tafilalet (209), Dakhla-Oued Ed-Dahab (134) et Guelmim-Oued Noun (57).

Par forme juridique, la société à responsabilité limitée à associé unique (SARL AU) arrive en première position avec une part de 66,4%, suivie de la société à responsabilité limitée (SARL) avec 32,8% et de la société anonyme (SA) avec 0,4%.