Bourse, OPCVM, OPCI, immobilier… : le point sur les rendements

Il existe plusieurs types de placements au Maroc, répondant à des stratégies d’épargne et d’investissement très différentes selon l’horizon choisi, court, moyen ou long terme.

Les rendements qui en découlent varient fortement d’un produit à l’autre : certains privilégient la sécurité et la liquidité, d’autres misent sur la performance et la prise de risque.

Pour optimiser son épargne, l’investisseur peut combiner plusieurs approches, en mixant placements prudents et dynamiques. Mais il n’existe aucune recette miracle, car chaque épargnant agit selon ses objectifs, son profil et son appétence au risque.

Pour mieux évaluer les rendements offerts par les différents supports au Maroc, Médias24 a croisé les données les plus récentes et sollicité plusieurs acteurs du marché.

L’objectif est de dresser une photographie fidèle des rendements moyens observés sur les cinq dernières années, tout en mettant en lumière les tendances qui se redessinent sur le marché des placements.

Le marché boursier

La Bourse de Casablanca affiche une hausse de près de 26% depuis le début de l’année 2025. Sur un horizon de cinq ans, la progression dépasse 80%, illustrant le potentiel de rendement élevé qu’offre ce segment pour les investisseurs disposés à accepter une certaine volatilité.

« La Bourse reste un levier d’investissement puissant, mais elle exige une approche sélective et une vraie discipline de gestion », explique un analyste de marché. « Les investisseurs doivent raisonner en termes de stratégie de long terme, de diversification et de tolérance au risque ».

« Si le rendement moyen annualisé du MASI ressort autour de 12% à 13% sur les cinq dernières années, il s’accompagne d’une volatilité bien supérieure à celle des produits de taux ou de l’immobilier. Par ailleurs, le marché actions se distingue par sa capacité à créer de la valeur sur la durée, mais il demeure exposé aux cycles économiques et aux comportements spéculatifs », explique le même analyste.

Les OPCVM : un éventail de rendements selon la stratégie et l’horizon

Les Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) continuent d’occuper une place centrale dans les portefeuilles d’épargne au Maroc. Leurs performances reflètent la diversité des stratégies d’investissement, entre prudence monétaire et exposition aux actions.

Les fonds monétaires affichent un rendement moyen de 2,7% sur un an, tandis que les obligataires court terme (OCT) se situent autour de 3,4%. Ces produits, à faible volatilité, restent privilégiés pour les placements de trésorerie à court horizon.

Les fonds obligataires moyen et long terme (OMLT) enregistrent une performance moyenne de 7,1% sur un an et un rendement annualisé de 3,1% sur cinq ans.

« Les niveaux de taux observés depuis deux ans demeurent attractifs. La détente amorcée par Bank Al-Maghrib soutient les portefeuilles obligataires, notamment sur les maturités longues », explique un gestionnaire d’actifs.

Les fonds diversifiés, qui combinent actions et obligations, se distinguent par leur capacité à capter la hausse des marchés. Ils affichent 18,2% sur un an et environ 5,5% par an sur les cinq dernières années.

« Ces fonds offrent un bon compromis entre rendement et risque. Ils profitent de la dynamique boursière tout en conservant une composante obligataire qui limite la volatilité ».

Enfin, les fonds actions dominent largement le paysage. Leur performance atteint 34,6% sur un an, soit la meilleure progression du marché et environ 18,8% par an sur cinq ans, selon les rendements annualisés.

L’action reste la classe d’actifs la plus performante sur le long terme, mais aussi la plus exposée aux corrections de marché. Sur cinq ans, les fonds actions ont presque doublé, ce qui illustre la profondeur du rebond boursier.

Immobilier locatif et OPCI

« Le rendement locatif brut pour un appartement à usage résidentiel oscille en moyenne entre 5% et 8% par an », estime une source de gestion des actifs immobiliers.

Cette performance dépend fortement de la localisation du bien, et du rapport entre le prix d’achat et le loyer perçu.

« Dans les grandes villes comme Casablanca ou Rabat, un appartement bien situé rapporte rarement plus de 5% à 6% brut. En revanche, dans les zones périphériques ou dans certaines villes secondaires, on peut atteindre 7% à 8%, mais au prix d’un risque de vacance plus important ».

Pour évaluer la rentabilité réelle d’un investissement locatif, il faut déduire plusieurs éléments du rendement brut. Les frais d’acquisition, les charges de copropriété, d’entretien et de gestion, la vacance locative structurelle ainsi que la fiscalité sur les revenus locatifs.

« Quand on intègre l’ensemble de ces paramètres, le rendement net réellement perçu tourne plutôt autour de 3% à 4% par an. C’est un rendement raisonnable, mais surtout régulier, ce qui fait tout l’intérêt de l’immobilier dans un portefeuille à long terme ».

Sur un horizon de cinq ans, le rendement cumulé d’un placement locatif se situe entre 16% et 22%, selon les hypothèses retenues

« Autrement dit, un investissement d’un million de dirhams génère entre 160.000 et 220.000 DH de revenus locatifs nets sur cette période, hors éventuelle plus-value », poursuit notre source.

« L’immobilier n’est pas un produit de spéculation rapide. C’est un placement de construction patrimoniale, stable, tangible, et qui sert souvent d’ancrage de sécurité face à la volatilité des marchés financiers », conclut-il.

Par ailleurs, le secteur offre aussi d’autres portes d’entrée. Les investisseurs peuvent y accéder indirectement via le marché actions, notamment à travers des sociétés comme Aradei Capital ou Immorente Invest, spécialisées dans l’immobilier professionnel et qui rémunèrent régulièrement leurs actionnaires grâce à la distribution de dividendes issus de loyers commerciaux.

En ce qui concerne les OPCI, ce sont des placements de long terme, conçus pour générer des revenus réguliers à partir d’actifs locatifs : bureaux, commerces ou plateformes logistiques.

Leur horizon d’investissement est généralement de dix ans, même si les investisseurs peuvent souscrire ou racheter leurs parts deux fois par an, selon les dispositions prévues dans le règlement de gestion.

Leur modèle repose sur un équilibre entre performance, sécurité et liquidité, l’objectif étant de produire un flux de revenus stable tout en préservant la valeur du capital investi. Un gestionnaire de fonds souligne que la vocation première d’un OPCI est de « créer de la valeur à long terme à travers un immobilier structuré et professionnellement géré, offrant des rendements durables et maîtrisés ».

« En moyenne, le rendement locatif brut des actifs immobiliers intégrés dans les OPCI se situe entre 6% et 9%, selon les catégories d’immeubles et la qualité des locataires ».

Un placement en OPCI offre sur un horizon de cinq ans une rentabilité globale située entre 34% et 53% cumulés

« Le métal jaune reste une valeur refuge. C’est un placement qu’on peut intégrer dans une stratégie d’investissement à long terme, mais il ne faut pas en abuser. Accumuler trop d’or comporte ses propres risques, notamment en matière de sécurité ou de volatilité du cours », estime un autre gestionnaire interrogé.

L’or évolue aujourd’hui à des niveaux records, portés par les incertitudes économiques mondiales. « Cela reste un actif complémentaire, précise-t-il. En général, on recommande d’y consacrer entre 3% et 5% d’un portefeuille bien diversifié. Il est très difficile de prévoir son rendement et son évolution », poursuit le même gestionnaire.

Comptes sur carnet, dépôts à terme et bons du Trésor

« Les comptes sur carnet restent un placement de précaution plus qu’un produit de rendement. Sur les cinq dernières années, leur rémunération est restée particulièrement basse, autour de 1,8% en moyenne, avec un point bas proche de 1% en 2022″, explique une source de marché contactée par nos soins.

« Même lorsque les taux ont commencé à se redresser, l’ajustement sur les carnets d’épargne est resté très limité. En 2025, les taux se situent entre 1,9% et 2,2%, soit leur niveau le plus élevé depuis 2019. Mais c’est une amélioration symbolique car en termes réels, le rendement reste faible et à peine supérieur à l’inflation ».

« Dans ce cadre, les comptes sur carnet restent une épargne d’attente, pratique et sans risque, mais qui ne protège pas contre l’érosion du pouvoir d’achat ».

Concernant les dépôts à terme, ils restent un choix rassurant pour beaucoup d’épargnants. Ils permettent de placer son argent en toute sécurité, avec une visibilité claire sur le rendement, même si celui-ci reste modeste.

« Sur les cinq dernières années, la rémunération de ces produits s’est en effet située autour de 2,4% pour les dépôts à court terme et un peu moins de 2,7% pour ceux dépassant un an. Après plusieurs années de recul, une amélioration a commencé à se dessiner à partir de 2023″, ajoute notre interlocuteur.

« On a vu une petite tension sur les taux à partir de 2023. Les banques ont légèrement relevé leurs grilles, mais la hausse est restée contenue. En 2024, les rendements se sont stabilisés autour de 2,8% à 3% pour les dépôts d’un an, avant un léger repli observé depuis le début de 2025.

Sur cinq ans, en cumul, un compte sur carnet a généré à peine 9% de rendement, contre environ 13% à 15% pour les dépôts à terme, selon la durée et les conditions offertes par les banques

« Maintenant, si on parle du marché obligataire, il est globalement détendu. Sur le court terme, les bons du Trésor à un an se négocient autour de 2,2%, tandis que ceux à cinq ans s’établissent à environ 2,5%. Les maturités à dix ans affichent un rendement proche de 2,8%, et la courbe se redresse progressivement pour atteindre 3,3% sur vingt ans et 3,7% sur trente ans ».

« Les conditions d’émission sont restées confortables depuis le début de l’année », indique notre interlocuteur. « La demande des investisseurs institutionnels demeure forte, ce qui permet au Trésor de financer ses besoins sans exercer de pression sur les taux ».

Épargner au Maroc : comment passer du simple capital à une vraie stratégie patrimoniale

Épargner reste un sujet central pour les particuliers. Construire un capital pour mieux gérer son avenir, ses projets ou pour toute autre raison est une vraie préoccupation.

Au Maroc, les dépôts des ménages dans le circuit bancaire atteignent 948 MMDH. La question qui revient de plus en plus, c’est comment épargner au-delà des méthodes traditionnelles, comment faire fructifier son capital et gérer au mieux son patrimoine ?

Que ce soit l’assurance-vie, les unités de compte, les plans d’épargne dédiés aux particuliers ou aux enfants, les plans d’épargne retraite, les investissements en OPCVM ou en bourse, les options sont nombreuses et, au milieu de toutes ces possibilités, il reste à savoir comment faire les bons choix.

>> Comprendre les enjeux du développement patrimonial

« Quand on parle de gestion du patrimoine, l’acte d’épargne est avant tout un moyen de le développer. Mais pour y parvenir, il faut savoir pourquoi on le fait. Structurer, protéger et valoriser ses actifs financiers, immobiliers et professionnels, tout en intégrant les aspects juridiques et fiscaux : la gestion patrimoniale est une démarche à plusieurs facettes », explique Marouane Hatim, économiste et expert en gestion de patrimoine basé à Québec.

« Ainsi, la première étape, c’est de réaliser un diagnostic pour comprendre sa situation financière. Cela passe par l’analyse du train de vie, des revenus, des charges, de l’endettement et par la définition d’un horizon de placement adapté ».

Une fois ce diagnostic posé, vient la réflexion sur la stratégie de développement et les différents leviers à activer.

>> Diversification : la clé d’une stratégie solide

« C’est extrêmement important pour dessiner une stratégie de développement du patrimoine », explique-t-il.

« C’est répartir les actifs entre plusieurs classes comme l’action, l’obligataire, le monétaire, mais aussi l’immobilier ou même l’investissement direct qui peut être fait à travers certains véhicules de private equity ».

>> Miser sur les secteurs porteurs

« L’autre point de diversification, surtout pour ceux qui investissent directement en bourse, consiste à identifier les secteurs facteurs de croissance ».

On le voit avec la dynamique de l’économie marocaine portée par les grands chantiers et les événements sportifs, mais aussi par des secteurs comme la technologie, la construction ou le tourisme. Miser sur ces secteurs, que ce soit directement en actions ou via des fonds d’épargne collective, permet de capter ces opportunités de croissance.

>> L’optimisation fiscale et la protection des actifs 

L’optimisation fiscale fait également partie des leviers essentiels dans une stratégie de développement du patrimoine.

« On peut tirer parti du cadre réglementaire, notamment avec l’assurance-vie ou l’assurance-retraite, pour exploiter le potentiel du marché boursier tout en bénéficiant des abattements et des incitations fiscales, dans une logique d’investissement à long terme qui permet de cristalliser les gains ».

« Il y a aussi un point extrêmement important, celui de la protection des actifs. Parce que ces actifs-là, il faut les protéger. Il ne faut pas oublier que, parfois, il y a des retournements de situation. Il faut savoir à quel moment réviser sa politique d’investissement, à quel moment changer de stratégie. Pour cela, il faut avoir accès à l’information en permanence sur ce qui se passe dans le marché ».

>> Suivi et gestion des risques

« Bien sûr, on peut confier son investissement, son épargne à des professionnels. Mais si on est acteur direct sur son épargne, il faut avoir accès à l’information, savoir la gérer et la transformer en acte de décision pour trouver le bon moment pour changer de stratégie ».

« Il faut aussi se doter d’outils qui donnent une vision claire de la gestion patrimoniale, utiliser des outils digitaux pour suivre les placements en temps réel, paramétrer les automatismes, avoir la vraie photo, le vrai bilan de son patrimoine et de son épargne de manière fréquente », ajoute-t-il.

Ainsi, simplifier la prise de décision ou l’acte d’arbitrage quand c’est nécessaire. Ce sont des éléments essentiels pour accompagner cette approche de développement du patrimoine.

>> Objectifs clairs et maîtrise des coûts

« C’est pour cela que la bonne fixation des objectifs au préalable est très importante pour ajuster l’horizon de placement et la prise de risque qu’on va avoir, et monitorer l’exposition à certains secteurs ou à certaines classes d’actifs en conséquence ».

Et éviter « l’effet de bulle qu’on pourrait avoir, ou l’effet de dépassement de la capacité de prise de risque qui pourrait mettre le patrimoine ou l’épargne dans une zone de vulnérabilité ».

« Il y a un autre volet qui me semble important quand on parle d’optimisation, il ne faut pas oublier qu’on peut analyser les frais et les coûts aussi. Il faut bien comparer les frais qui sont inclus dans les solutions qu’on va utiliser et les frais des intermédiaires qu’on va solliciter ».

Il est essentiel de solliciter un conseiller en gestion de patrimoine, tout en examinant attentivement le niveau des frais appliqués. Ces frais doivent rester cohérents avec le niveau de risque accepté et les besoins financiers préalablement identifiés.

C’est un point extrêmement important qu’il va falloir regarder : ce que l’on paye comme prestations de services par rapport à la qualité de services que l’on va recevoir au final.

>> La régularité, moteur de la croissance patrimoniale

« Continuer à étudier la régularité de l’acte d’épargne, parce que le vrai levier pour faire grandir son patrimoine reste celui d’épargner régulièrement et de réinvestir ses gains ».

« À ce niveau, il faut étudier les sources, les revenus, les capacités à générer ces revenus, et voir dans quelle mesure on définit la proportion à épargner ».

« Quand on souhaite épargner avec régularité, il faut aussi tenir compte des mises à jour de la conjoncture économique qui vont refléter les opportunités d’épargne à saisir ».

>> Il faut aussi éviter certains pièges, comme le mimétisme dans les périodes d’euphorie

On l’a vu récemment avec la fièvre boursière : tout le monde veut investir, mais est-on est vraiment prêt, est-ce que c’est le bon timing, la bonne proportion de revenus à affecter à l’épargne et à l’investissement ?

Vouloir tout miser sur une idée magique pour doper son capital, qu’il s’agisse de la Bourse ou autre, peut être risqué. Certains sont sensibles aux tendances, d’autres ont une gestion plus prudente, de bon père de famille.

« La tolérance au risque ne doit jamais être négligée. Il faut rester adapté aux besoins réels et ne pas négliger les conséquences fiscales des décisions ».

« Enfin, les bonnes pratiques consistent à faire régulièrement un bilan patrimonial, à suivre les objectifs fixés et à mettre à jour la stratégie en permanence ».

>> Les bonnes pratiques pour un patrimoine durable

« Il faut adapter le niveau de risque accepté aux rendements attendus et privilégier la constance d’une épargne régulière et programmée plutôt que des actes isolés, spéculatifs ou dictés par un mouvement collectif ».

« Liquider ou arbitrer certains actifs sous-performants qui n’ont plus d’intérêt ou de potentiel particulier ». C’est une combinaison de plusieurs éléments : lecture de l’environnement, anticipation, diversification, optimisation fiscale et juridique, et une rigueur dans la politique d’épargne.

>> Transmission et changements générationnels

« La compréhension approfondie de l’objectif rend le conseil plus simple, plus accessible et plus fréquent. Il faut une logique où chaque décision prend en compte les changements de situation personnelle, professionnelle ou conjoncturelle. Ce sont des éléments essentiels quand on amorce l’acte d’épargner ».

Sur ce point, il y a aussi la question du changement générationnel. L’épargne peut s’accompagner de la transmission du patrimoine. Ce n’est pas un acte simple, c’est un processus qui demande réflexion, préparation, structuration. Les outils et approches ne sont pas seulement financiers, ils peuvent être juridiques et avoir des répercussions fiscales.

La planification patrimoniale doit donc intégrer ce volet successoral, en tenant compte des évolutions légales et des choix liés au contexte familial.

La baisse des taux fragilise les comptes sur carnet dont le rendement se dégrade

Depuis le 1er janvier 2025, la rémunération des comptes sur carnet a été abaissée à 2,21%, contre 2,48% au second semestre 2024. Cette baisse s’inscrit dans la continuité des ajustements observés en 2024, après un pic atteint en 2023.

Dans un contexte où l’inflation est attendue à 2,1% en 2025, selon les prévisions du haut-commissariat au Plan (HCP), ces comptes offrent-ils encore un rendement intéressant pour les épargnants ?

Les comptes sur carnet sont indexés sur les bons du Trésor à 6 mois, eux-mêmes influencés par la politique monétaire de Bank Al-Maghrib. Lors de sa réunion du 17 décembre 2024, la Banque centrale a décidé d’abaisser son taux directeur de 25 points de base, le portant à 2,5%. Ce niveau est en vigueur en ce début d’année 2025, en attendant la prochaine décision prévue lors de la réunion du 18 mars 2025.

Le lien entre le taux directeur et la rémunération des comptes sur carnet est cependant indirect. Si, en théorie, une baisse des taux d’intérêt tend à diminuer la rémunération de l’épargne, le mécanisme de transmission n’est ni immédiat ni systématique. En pratique, les banques appliquent ces ajustements progressivement, cherchant à équilibrer leur structure de financement tout en préservant leur rentabilité.

La répercussion des décisions monétaires sur les taux d’épargne est toujours plus lente que sur les taux d’emprunt. Les banques ajustent leurs offres en fonction des évolutions des taux des bons du Trésor, mais aussi de leurs propres contraintes financières.

Cette inertie explique pourquoi, bien que Bank Al-Maghrib ait abaissé son taux directeur, la rémunération des comptes sur carnet n’a pas chuté brutalement, mais plutôt de manière graduelle entre 2024 et 2025.

L’un des principaux indicateurs de l’attractivité des comptes sur carnet est leur rendement réel, soit la différence entre leur taux de rémunération et l’inflation.

Alors qu’au second semestre 2024, le rendement réel était positif, avec un taux d’épargne à 2,48% face à une inflation de 0,9%, la situation évolue au premier semestre 2025. Avec une rémunération ramenée à 2,21% et une inflation prévue à 2,1%, le rendement réel devient légèrement positif à 0,11%.

Un rendement réel positif est une bonne nouvelle en soi, mais celui-ci reste marginal. Avec un taux réel aussi faible, l’épargne ne se valorise pas réellement ; elle se stabilise tout juste. Pour un épargnant souhaitant un rendement significatif, il faut explorer d’autres options.

La baisse de la rémunération des comptes sur carnet au S1-2025 pourrait freiner leur dynamique de collecte. Au S2-2024, ces comptes avaient retrouvé une certaine compétitivité grâce à un rendement réel positif, ce qui avait encouragé l’épargne bancaire. Mais avec une inflation prévue en hausse en 2025 et une rémunération en recul, leur attrait pourrait s’affaiblir.

Le marché monétaire joue également un rôle clé dans cette dynamique. Les banques, qui financent une partie de leurs besoins via les dépôts sur carnet, ajustent leurs offres en fonction des taux des bons du Trésor et de la demande de liquidité. En période de baisse des taux, elles peuvent choisir de modérer la rémunération de l’épargne pour préserver leurs marges.

Les comptes sur carnet restent une solution de précaution pour l’épargne liquide, mais leur rémunération demeure insuffisante pour constituer un placement à long terme. Si le rendement réel positif est un signal encourageant, il est trop faible pour stimuler significativement la collecte.

Quel impact pour un épargnant ?

Prenons l’exemple d’un dépôt de 10.000 DH effectué début janvier et maintenu jusqu’à fin juin 2025.

Avec un taux de rémunération de 2,21%, l’épargnant perçoit 77,35 DH d’intérêts nets après application de l’impôt de 30% sur les revenus de l’épargne. Cependant, l’inflation entraîne une érosion du pouvoir d’achat estimée à 105 DH sur la même période.

En conséquence, la valeur réelle du capital en fin de semestre s’établit à 9.972,35 DH, soit une perte de 27,65 DH en termes réels, malgré la rémunération des comptes sur carnet.

Cet écart reste faible, mais il illustre une réalité importante : si l’épargne placée sur un compte sur carnet ne se déprécie plus fortement comme en 2022-2023, elle ne constitue toujours pas un placement réellement valorisant.

Face à cette situation, certains épargnants pourraient chercher des solutions plus attractives. Les OPCVM monétaires, investis dans les bons du Trésor à court terme, offrent souvent un rendement supérieur aux comptes sur carnet, avec une liquidité quasi équivalente.

Les dépôts à terme constituent une autre option, avec une rémunération plus élevée, mais au prix d’une moindre flexibilité. Enfin, les obligations d’État à moyen et long terme permettent une protection accrue contre l’inflation, bien que leur liquidité soit plus limitée.

Le choix du placement dépend avant tout du profil de l’épargnant. Si l’objectif est de conserver une épargne disponible à court terme, le compte sur carnet reste un bon outil. Mais pour générer un rendement intéressant, il faut s’orienter vers des placements plus dynamiques.

Le moral des ménages toujours à des niveaux bas (HCP)

Au quatrième trimestre de 2024, l’indice de confiance des ménages (ICM) s’établit à 46,5 points, au lieu de 46,2 points enregistrés le trimestre précédent et 44,3 points le même trimestre de l’année précédente.

Une toute petite amélioration qui ne permet pas de dire que le moral des ménages est bon, loin de là. Il reste à ses niveaux les plus bas, comme le montre le graphe ci-dessous:

 Évolution de l’indice de confiance des ménages

Les composantes de l’ICM portent sur la perception par les ménages de l’évolution du niveau de vie, du chômage, de l’opportunité à effectuer des achats de biens durables et de leur situation financière.

>> Dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois

Selon l’enquête du HCP, au quatrième trimestre de 2024, 81% des ménages déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois.

Et 53,8% des ménages s’attendent à une dégradation du niveau de vie au cours des 12 prochains mois. 

>> Hausse du chômage 

Au quatrième trimestre de 2024, 82,7% des ménages s’attendent à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois.

Et 80% des ménages considèrent que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables.

>> 4 ménages sur 10 déclarent s’endetter

56,5% des ménages estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses, tandis que 41,2% déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne et 2,3% affirment épargner une partie de leur revenu.

Quant à l’évolution de leur situation financière au cours des 12 derniers mois, 52,7% des ménages considèrent qu’elle s’est dégradée.

S’agissant de l’évolution de leur situation financière au cours des 12 prochains mois, 15,2% contre 31,5% des ménages s’attendent à une amélioration de leur situation financière.

Ce que pensent les Marocains des conditions de vie

– Près de 9 ménages sur 10 ne s’attendent pas à épargner au cours des 12 prochains mois. Le pessimisme persiste, donc, sur cette capacité future à épargner.

– La quasi-totalité des ménages (97,5%) déclarent que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours des 12 derniers mois.

– 8 ménages sur 10 pensent que les prix des produits alimentaires devraient continuer à augmenter.

– En 2024, 57,9% des ménages ont ressenti une dégradation de la qualité des services de l’enseignement.

– En 2024, 55,8% des ménages perçoivent une amélioration de la qualité des prestations administratives.

– 47,7% des ménages perçoivent que la qualité de la situation en matière de protection de l’environnement s’est améliorée en 2024.

– 35,8% des ménages pensent que la situation des droits de l’Homme s’est améliorée en 2024.

– En 2024, 61,2% des ménages perçoivent une dégradation de la qualité des services de santé.

Les chiffres détaillés

Évolution de l’Indice de Confiance des Ménages (ICM) et de ses composantes 

  T1/18 T2/18 T3/18 T4/18 T1/19 T2/19 T3/19 T4/19 T1/20 T2/20 T3/20 T4/20 T1/21 T2/21 T3/21 T4/21 T1/22 T2/22 T3/22 T4/22 T1/23 T2/23 T3/23 T4/23 T1/24 T2/24 T3/24 T4/24
Indice de Confiance des Ménages 87,3 87,3 82,5 79,8 79,1 74,9 74,8 77,8 75,7 65,6 60,6 61,2 68,3 63 65,5 61,2 53,7 50,1 47,4 46,6 46,3 45,4 46,5 44,3 45,3 46,1 46,2 46,5
Perspective d’évolution du nombre de chômeurs -54,5 -61,7 -65,2 -70 -75,6 -76,9 -71,8 -71,6 -70,8 -75,2 -82 -78,3 -62,2 -69,8 -78,3 -77,6 -82,8 -81,1 -83,5 -79,6 -81,4 -80,4 -81,9 -80,3 -77,5 -76,2 -76,3 -77,2
Évolution passée du niveau de vie -6,2 -5,4 -9,5 -13,3 -15 -25,4 -20,2 -20 -19,8 -24,8 -35,6 -46,6 -50,5 -50,8 -41,5 -55,2 -66,8 -73 -74,6 -78 -81,5 -84,6 -81,5 -83,2 -78,1 -78,2 -75,8 -76,2
Perspective d’évolution du niveau de vie 16,6 15 11,9 9 10 4,7 -3,7 -2,2 -4,6 -11,4 -17,4 -17,4 13,2 0,2 9,3 -1,4 -21,4 -34,3 -41,6 -43 -38,8 -43,7 -41,7 -49 -47,3 -46,1 -49,3 -46,1
Opportunité d’achat -27,2 -25,8 -30,2 -36,8 -36,3 -41,4 -37,7 -29,2 -32,6 -68 -63,5 -61,2 -61,6 -65,6 -62 -62,8 -66,7 -69,1 -74 -70,3 -69,8 -68,9 -71,5 -70,4 -72,9 -69,4 -69,7 -71,9
Situation financière actuelle des ménages -25,2 -24,1 -29,7 -28,4 -28,9 -30,8 -29,5 -26,4 -27,7 -30 -31,5 -29,1 -34,4 -38 -36,4 -40,4 -43,4 -42,9 -40,9 -42,1 -42 -41,4 -40,2 -40,3 -40,6 -40 -39,3 -38,9
Évolution passée de la situation financière des ménages -18,1 -15,2 -18,2 -20,7 -21,2 -24,2 -26 -22,1 -22,9 -27 -34 -39,9 -47,4 -50 -48 -49 -50,9 -48,7 -47,7 -53 -57,2 -57,3 -53,3 -56,1 -52,7 -53,2 -48,4 -47,7
Évolution future de la situation financière des ménages 25,9 28,1 18,2 19,1 20,7 18,3 12,8 15,9 8,5 -4,6 -11,9 0,6 21,2 14,8 15,1 15,1 8,3 -0,1 -5,9 -7,7 -5,2 -6,1 -4,6 -10,6 -13,4 -13,9 -18,1 -16,3
Autres soldes
Évolution future des prix des produits alimentaires -82,9 -84 -82,1 -86,6 -87,5 -86,5 -83,3 -82,2 -82,6 -69 -68,1 -64,6 -60,2 -67,6 -70,9 -76,3 -74,1 -74,3 -73,6 -71,8 -69,8 -67,7 -66,2 -77,6 -70,1 -79,1 -83,5 -81,8
Évolution passée des prix des produits alimentaires -86,7 -88,2 -88,1 -90,3 -88,1 -88,9 -83,7 -85,1 -82,8 -67,6 -75,1 -74,7 -74 -86,8 -86,9 -95,9 -97,9 -99,1 -99,1 -98,8 -98,7 -98 -97,9 -97,4 -96,5 -96 -97,2 -97,2
Capacité à épargner des ménages dans les mois à venir -54,5 -57,9 -64,6 -63 -62,9 -66,6 -64,4 -64,5 -65,8 -70,4 -75,1 -65,8 -60,8 -67,2 -70,4 -69,5 -72,2 -77,3 -78 -77,7 -76,1 -79,4 -80,4 -80,7 -81,5 -80,4 -78,2 -77,8

Source : HCP, Enquête permanente de conjoncture auprès des ménages

 

 

Appréciation de l’évolution de la qualité de certaines prestations administratives et sociales, de la situation des droits de l’Homme et de l’environnement

2023 2024
Amélioration Stagnation Dégradation Solde Amélioration Stagnation Dégradation Solde
Évolution de la qualité des prestations administratives 54,1% 28,1% 17,8% 36,3 55,8% 26,8% 17,4% 38,4
Évolution de la protection de l’environnement 49,1% 34,6% 16,3% 32,8 47,7% 33,4% 18,9% 28,8
Évolution de la situation des droits de l’Homme 37,0% 45,7% 17,3% 19,7 35,8% 44,6% 19,6% 16,2
Évolution de la qualité des services de l’enseignement 28,1% 26,9% 45,0% -16,9 18,1% 24,0% 57,9% -39,8
Évolution de la qualité des services de santé 14,2% 27,6% 58,2% -44,0 12,4% 26,4% 61,2% -48,8

Source : HCP, Enquête permanente de conjoncture auprès des ménages

 

Obligations, actions, immobilier… Round-up des meilleurs placements en 2024

Le contexte économique s’inscrit désormais dans un contexte inflationniste baissier. Les rendements réels des placements ont été pour certains dans le négatif pendant près de deux ans mais, avec une inflation qui s’est terminée à 3,4% au mois de décembre 2023 en glissement annuel et des perspectives de décrue sur le reste de l’année 2024, les épargnants devraient bénéficier d’un cadre plus favorable.

Si ces derniers ont une multitude de choix pour investir leur épargne, quels sont les placements les plus recommandés en 2024 ?

Premièrement, il n’y a pas de recette miracle et les stratégies de placement doivent respecter la volonté des épargnants. Certains optent pour du court terme, d’autres pour du long terme, certains ont une appétence au risque, d’autres pas.  Tout est question d’horizon de placement et de profil d’investisseur. Pour se faire une idée des tendances qui se dessinent, Médias24 a sollicité l’expertise d’une filiale d’investissement et placements d’un des groupes bancaires de la place. Voici ce qu’il en ressort.

L’OMLT 5 ans procure en moyenne 3,5% de rendement

« Ce que le client qui entre sur une classe d’actifs doit définir en premier, c’est son horizon de placement. S’il souhaite investir sur trois mois, inutile d’aller chercher de l’action. S’ensuit ce que cherche le client et son aversion au risque », nous explique-t-on. Voici pour les fondamentaux. Voyons les classes d’actifs.

Le resserrement monétaire de Bank Al-Maghrib a fait bondir les taux obligataires depuis la fin de l’année 2022. On observe désormais une détente, dans un contexte international de stabilisation des taux directeurs. Les taux obligataires demeurent toutefois encore attractifs pour les investisseurs, à des niveaux non observés depuis dix ans.

« Les niveaux de taux que l’on retrouve aujourd’hui sur l’obligataire sont des niveaux qui n’ont pas été vus depuis 2014-2015. Les espérances de performances sur les trois ou cinq prochaines années sont bien supérieures à ce qu’elles étaient il y a dix ans. L’environnement est globalement favorable. Le resserrement monétaire est arrêté au niveau global et il y a des anticipations de baisse. L’inflation baisse, ce qui favorise une baisse des taux, et cela est favorable pour tous les marchés que ce soit obligataire, actions ou diversifié », explique notre interlocuteur.

Pour un investissement globalement sécurisé, notre gestionnaire préconise les placements Obligations moyen, long terme (OMLT). « Ce que nous privilégions en termes de classe d’actifs sur du moyen, long terme, c’est généralement de l’OMLT si l’aversion au risque est élevée », explique-t-il. En revanche, s’il y a volonté d’investir sur une durée supérieure à trois ans, « le diversifié est plus approprié, surtout que l’on est dans une phase prévue d’investissements importants de l’État et du secteur privé dans le sillage de la Coupe du monde. Cela va être favorable au marché action », poursuit notre gestionnaire d’actifs.

En général, un placement monétaire entre trois mois et une année peut générer 3% de rendement. « Pour l’OMLT, plus la durée s’allonge, plus l’incertitude augmente. En moyenne, un OMLT avec une duration de cinq ans rapporte 3,5%« .

Sur le plus long terme, le diversifié et le marché actions sont intéressants

Généralement, les placements sur le marché actions peuvent s’avérer plus rémunérateurs, bien que plus risqués. C’est notamment le cas avec les fonds diversifiés qui allient obligataire et action. « Pour un diversifié au-delà de trois ans, cela peut générer, selon les stratégies, entre 4% et 5%. Pour l’action, on peut atteindre au-delà de 6%, mais généralement, on parle d’un placement d’une durée supérieure à cinq ans », explique notre source.

Au-delà de cinq ans, cela demeure souvent le meilleur choix en termes de performance. « Le marché action est généralement le meilleur choix sur ce type de duration, avec un rendement qui peut atteindre de 6% à 8%. C’est ce que les performances génèrent en moyenne, tous secteurs confondus. On peut avoir une thématique de croissance ou de rendement… Tout dépend de l’objectif du client », poursuit notre source.

Les investisseurs sont également friands d’immobilier et de placements moins classiques. L’or, par exemple, a été un placement juteux pour plusieurs investisseurs au cours des quatre dernières années. En effet, entre début 2019 et aujourd’hui, le cours de l’once d’or a progressé de 53% à 2.023 dollars l’once.

L’immobilier cyclique mais attrayant, l’or à investir avec parcimonie

Bien que le métal jaune joue régulièrement son rôle de valeur refuge, il n’en reste pas moins un investissement volatil. Cependant, il est pris en compte par certains gestionnaires. Mais étant donné le risque de volatilité du cours, une petite poche d’investissement seulement est recommandée. « L’or est un produit alternatif qu’il faut intégrer. Il faut le considérer légèrement dans l’allocation globale de l’investissement. Généralement, ces allocations sont comprises entre 3% et 5%. Il n’y a pas de rendement, et l’évolution est difficilement prédictible », explique notre gestionnaire.

L’immobilier est apprécié du marché. Il est considéré comme tangible, concret. Cependant il peut être très varié, du fait qu’il existe plusieurs types d’immobilier. « Si vous disposez d’un actif immobilier et que vous y vivez, vous êtes déjà bien exposé à l’immobilier. Vous avez mobilisé votre épargne dans un investissement intéressant. Vous avez un actif, vous épargnez dedans », explique notre source.

Si acheter en propre pour de la location peut être intéressant sur le long terme, d’autres critères doivent être pris en compte. « On parle ici de la liquidité du placement, des impôts… beaucoup de choses peuvent limiter l’attrait pour certains investisseurs. Il faut diversifier », estime notre gestionnaire.

Mais le secteur peut également être investi à travers les opérateurs du secteur. En somme, cela revient à miser sur le marché actions. « Les investissements dans l’immobilier peuvent également se faire à travers le marché actions, notamment auprès d’Aradei Capital et d’Immorente Invest qui font de l’immobilier professionnel et rémunèrent convenablement les investisseurs. Les entreprises qui font de la promotion immobilière ont connu une évolution erratique entre 2008 et aujourd’hui. C’est assez volatil, cela suit les cycles économiques », conclut-il.

Notons que depuis le début de l’année seulement, l’indice ‘MASI Participation et promotion immobilières’ affiche une progression de 20,7% contre 4,4% pour le MASI.

HCP : les sociétés augmentent leur contribution au PIB en 2022

Par cette noté publiée par le HCP, on apprend  que le secteur des sociétés (financières et non financières) a affiché une légère amélioration de sa contribution au PIB, passant de 43,7% en 2021 à 45,3% en 2022.

De son côté, la contribution des administrations publiques s’est établie à 16,1% du PIB. En revanche, celle des ménages et des Institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) s’est située à 28,9% du PIB au lieu de 30% une année auparavant. Les impôts nets de subventions sur la production et les importations ont enregistré un recul de 0,6 point par rapport à 2021 pour atteindre 9,7% du PIB.

Hausse de 5,4% du RNBD

Selon la même note, le Revenu national brut disponible (RNBD) a connu une hausse de 5,4% en 2022 pour se situer à 1.436,1 MMDH. Cette évolution est due à la hausse de 4,9% du revenu brut disponible des sociétés (financières et non financières), de 5,3% pour les ménages et ISBLSM et de 6,2% pour les administrations publiques.

Ainsi, les contributions des secteurs institutionnels au RNBD se sont situées à 64,5% pour les ménages et les ISBLSM ; 20,2% pour les administrations publiques ; 15,4% pour les sociétés (dont 2,5% pour les sociétés financières).

Le revenu disponible brut (RDB) des ménages s’est accru de 5,2% pour atteindre 910,6 milliards de DH en 2022, au lieu d’une hausse de 9,2% enregistrée en 2021. La contribution de la rémunération des salariés à ce revenu a été de 46,5%. Le revenu mixte, y compris l’excédent brut du service de logement, a contribué au RDB des ménages à hauteur de 38,7% ; les revenus de la propriété nets, les prestations sociales et autres transferts nets à hauteur de 30,9%. Toutefois, les impôts sur le revenu et le patrimoine et les cotisations sociales ont contribué négativement à hauteur de 16,1%.

Le taux d’épargne des ménages s’est situé à 11,2%

Ayant évolué de 8,3% en 2022 contre 11,7% une année auparavant, la dépense de consommation finale des ménages absorbe 89,3% du revenu disponible brut des ménages. Ainsi, le taux d’épargne des ménages s’est situé à 11,2% en 2022. De leur côté, les transferts sociaux en nature ont évolué de 9,8% contre 11% en 2021. Par conséquent, la consommation finale effective des ménages a atteint 936,4 milliards de dirhams contre 863,4 l’année précédente.

Par habitant, le revenu disponible des ménages a atteint 24.833 DH en 2022 au lieu de 23.845 DH en 2021, enregistrant ainsi une hausse de 4,1%. Suite à l’évolution de 6,6% des prix à la consommation en 2022, le pouvoir d’achat des ménages s’est dégradé de 2,5 points après une forte hausse de 6,7 enregistrée en 2021.

L’épargne nationale, avec 356,1 MMDH en 2022, a régressé de 0,9% par rapport à l’année 2021. Les sociétés financières et non financières ayant contribué pour 60,8%, les ménages et ISBLSM pour 29,7% et les administrations publiques pour 9,5%.

Endettement massif des sociétés non financières et du secteur de l’Etat

Globalement, le besoin de financement de la nation a été de 46,9 milliards de DH en 2022 et a représenté 3,5% du PIB au lieu de 2,3% une année auparavant.

Pour couvrir leurs besoins de financement, les sociétés non financières (SNF) ont marqué une très forte augmentation des crédits bancaires. Ainsi, le flux net des crédits accordés aux SNF a enregistré 44,4 milliards de DH en 2022 contre 1,2 milliard de DH en 2021, représentant ainsi 34% et 2% de leurs engagements, successivement pour 2022 et 2021.

Concernant le secteur de l’Etat, les émissions du Trésor public dans le marché intérieur ont marqué une baisse remarquable, affichant un flux net de l’ordre 20,5 milliards de DH en 2022 contre 48,6 milliards de dirhams en 2021.

Baisse de l’endettement des ménages

L’endettement des ménages (y compris les entrepreneurs individuels) auprès des banques a marqué une baisse remarquable : le flux net des crédits est passé de 20,4 milliards de DH en 2021 à 16,3 milliards de DH en 2022.

En revanche, les dépôts ont enregistré une hausse massive, affichant un flux net de 89,6 milliards de DH en 2022 contre 38,9 milliards de DH en 2021, ce qui représente 95% et 63,3% de leurs avoirs respectivement.

Par ailleurs, les sociétés financières ont enregistré un accroissement important au niveau des crédits et des dépôts : le flux net des crédits accordés par ce secteur a atteint 87 MMDH en 2022 contre 34,2 MMDH en 2021. En parallèle, les dépôts auprès de ces établissements ont affiché un flux net de l’ordre de 177,5 milliards de DH en 2022 contre 102,5 milliards de DH une année auparavant

Salon de l’épargne : l’OPCVM, idéal pour investir l’épargne grand public

L’épargne est un sujet qui intéresse de nombreux individus en quête de donner un sens à leur argent ou de préparer leur avenir ou celui de leurs enfants. Ce vendredi 3 novembre, nos confrères de Finances News Hebdo et Boursenews organisaient le premier Salon de l’Épargne au Hyatt Regency de Casablanca.

Une occasion pour des particuliers de venir se renseigner et rencontrer des grands collecteurs d’épargne, banques et assurances pour venir y découvrir les offres disponibles afin d’effectuer des placements intéressants.

L’événement a également donné la possibilité d’assister à des conférences sur cette même thématique et de découvrir les meilleurs moyens d’investir qui s’offrent au citoyen. L’un de ces moyens d’investissement d’épargne a été abordé par Reda Hilali, directeur général de Wafa Gestion et actuel président de l’ASFIM. La thématique abordée par le gérant était « L’épargne programmée : planifier aujourd’hui pour sécuriser demain ».

De l’importance d’épargner, surtout en temps inflationniste

Le premier constat dressé par Reda Hilali est que l’épargne est faible au Maroc. Le Marocain, en plus d’épargner peu, épargne sporadiquement. Une habitude qui mine la performance de son portefeuille. En plus de cela, il a une appétence limitée pour le risque.

Or, l’épargne a son importance et le directeur de Wafa Gestion en a profité pour prodiguer quelques conseils aux particuliers qui recherchent les meilleures solutions pour financer leurs projets, qu’ils concernent l’immobilier, les études de leurs enfants ou leur retraite. Notamment par le biais de l’investissement. La question étant : comment profiter de la pertinence du marché de façon optimale ?

« Un argent non investi perd son pouvoir d’achat. Nous l’avons bien vu au cours des 18 derniers mois avec l’inflation. Forcément, l’épargne oisive perd son pouvoir d’achat, d’où l’intérêt de pouvoir investir son épargne », explique Reda Hilali.

Pour cela, un épargnant dispose de plusieurs options dont la bourse, à savoir sortir directement sur les marchés avec des produits en ligne qui permettent à tout un chacun de pouvoir investir. Cependant, cela requiert un certain niveau de connaissance, d’analyse pour pouvoir faire les bons choix. L’option la plus pratique reste l’OPCVM, l’organisme de placement collectif en valeurs mobilières. Une solution plus pratique qu’un accès direct à la bourse.

L’OPCVM, le véhicule idéal pour l’investissement de l’épargnant 

Avant l’investissement d’une partie de son épargne sur le marché, un grand nombre de questions doivent être posées. « Premièrement, quel est notre profil de risque ? A-t-on le temps d’analyser le marché ou la valeur sur laquelle on souhaite investir ? Quelle est sa politique de distribution ? Est-ce le bon moment d’investir sur le marché ? Beaucoup d’investisseurs particuliers investissent directement en Bourse, mais pour le grand public, ce n’est probablement pas la meilleure option« , souligne de DG de Wafa Gestion.

Un OPCVM permet en somme de sous-traiter l’effort de connaissance de marché nécessaire à la réalisation de l’investissement. C’est une délégation du processus à des professionnels. « Quand un épargnant investit dans un OPCVM, il fait partie d’un ensemble d’investisseurs qui a plus de pouvoir pour négocier de meilleurs frais de transactions. De plus, on confie ce portefeuille à des gens qui ont le temps, l’énergie, les équipe et l’expérience pour analyser le marché et prendre les bonnes décisions, ce que l’on n’a pas nécessairement le temps de faire en tant que particulier », poursuit-il.

L’OPCVM permet également d’avoir de fait un investissement diversifié, qui fait partie des fondamentaux de l’investissement. De plus, les OPCVM sont des véhicules liquides qui permettent au particulier de retirer son argent quand bon lui semble.

Au-delà de ça, l’industrie pèse lourd. Près de 573 MMDH sont investis à travers ces véhicules, soit 40% du PIB national, dont plus de la moitié (52%) détenus par les institutionnels. « Cela représente un gage clair de fiabilité et de professionnalisme », note Reda Hilali. Parallèlement, il faut préciser que les particuliers ne détiennent que 7% des parts d’OPCVM. Une marge de progression existe bel et bien.

Mais désormais, comment bien investir ? Faut-il tout miser d’un coup ? Y aller progressivement ? À cela, Reda Hilali donne des réponses.

L’investissement fructueux est un exercice qui implique une grande discipline

L’investissement est une chose, mais l’investissement régulier en est une autre. Pour le DG de Wafa Gestion, « à partir du moment où l’investissement est fait de façon automatique, régulière et disciplinée, vous n’avez pas grand-chose à craindre même sur des actifs volatils. Mais il faut une discipline militaire. Par exemple, investir le même montant chaque mois, une méthode appelée le Dollar Cost Averaging, qui a prouvé sur plusieurs décennies que cela paie, permet de limiter les baisses de façon importante et est adapté au plus grand nombre », explique-t-il.

Un investissement régulier sur une durée longue connaîtra des cycles de marché, à la hausse comme à la baisse. « La régularité et la discipline permettent de profiter des phases de hausse, puis quand ça baisse, cela peut représenter un bon point d’entrée. Cela permet aussi de prendre d’avantage de risque. Je pense qu’étant donné la structure des placements que l’on voit, dominée par les produits de taux, nous ne prenons pas suffisamment de risques, probablement à tort », explique Reda Hilali.

Plusieurs produits existent pour faire des investissements intéressants comme les assurances-vie en unités de comptes. Mais la discipline fait le succès. Le DG de Wafa Gestion a présenté des résultats de simulations le démontrant. « Nous avons fait des simulations classiques basées sur un investissement de 1.000 dirhams par mois pendant dix ans. Au bout de dix ans, que se passe-t-il ? Nous avons pris des simulations sur les vingt dernières années dépendant des profils avec une appétence au risque et avec une aversion au risque », explique-t-il.

Il s’avère que sur des investissements orientés exclusivement sur des produits taux, peu risqués et qui rémunèrent assez peu, le gain médian à terme se situe autour de 27,8%. Si ces investissements identiques en termes de montant et de durée sont orientés sur des produits plus à risque avec une balance 50% obligataire et 50% action, le gain médian va grimper à 32%. « En investissant de manière régulière, quelle que soit la période que l’on prend sur le marché marocain de 2004 à maintenant, quoi qu’il arrive, les gains augmentent en prenant plus de risque », conclut-il.

CFG Bank lance un produit d’épargne indexé sur l’inflation

Dans un contexte marqué par une conjoncture économique inflationniste, CFG Bank offre aux épargnants un instrument de placement approuvé par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), permettant de protéger leur rendement et leur capital, souligne le groupe dans un communiqué.

Ce produit est ajusté annuellement sur la variation du taux d’inflation officiel, « basé sur l’IPC », publié mensuellement par le haut-commissariat au Plan (HCP), indique la même source.