Permis marocains en Espagne : une sanction de 500 euros pour non-conformité

Selon la station de radio locale Cope, les Marocains résidant légalement en Espagne doivent faire reconnaître leur permis auprès des autorités compétentes pour éviter les sanctions lors des contrôles routiers. La Direction générale de la circulation espagnole (DGT) a renforcé les conditions, stipulant que seuls les permis obtenus avant l’établissement de la résidence en Espagne sont valables. Par ailleurs, les résidents doivent obtenir un nouveau permis en réussissant les examens officiels en espagnol, à la fois théoriques et pratiques.

Ces mesures, instaurées en 2004 par la DGT, ont pour objectif de prévenir les fraudes liées à l’obtention des permis de conduire. Elles ont conduit à la suspension de la reconnaissance automatique des permis délivrés au Maroc. Cependant, ces règles ne s’appliquent pas aux touristes marocains, qui restent autorisés à conduire en Espagne avec leur permis d’origine, sans obligation de posséder un permis international ni de procéder à une conversion.

Le quotidien local El Faro rapporte que ces réglementations ont suscité une controverse, notamment parce qu’elles touchent une catégorie vulnérable de travailleurs marocains.

Sabah Yacoubi, présidente de l’Association des travailleurs immigrés marocains (ATIM), a déclaré que l’examen théorique constitue un obstacle majeur pour ceux qui ne maîtrisent pas l’espagnol. Elle plaide pour un échange direct des permis ou, à défaut, pour que seule l’épreuve pratique soit exigée.

Face à ces mesures jugées injustes, des centaines de Marocains ont manifesté le 31 janvier 2025 devant le siège de la DGT à Madrid et l’ambassade du Maroc, réclamant une solution à ce qu’ils considèrent comme un problème discriminatoire.

Le Gran Teatro Cervantes de Tanger, la prochaine renaissance d’un joyau architectural espagnol

Situé non loin de l’ancien port de Tanger, le Grand théâtre Cervantes, édifié en 1913, constituait, à l’époque, le plus grand bâtiment dédié au spectacle en Afrique du Nord. Il fait aujourd’hui partie des édifices culturels les plus importants de la ville du Détroit. Ce bâtiment d’une grande valeur architecturale et culturelle va subir des travaux de réhabilitation, dont l’objectif est de rénover ses infrastructures de base, tout en préservant son authenticité et son esthétique. Retour sur l’histoire de ce joyau et les détails de son architecture où se mêlent différents styles : espagnol, classique, baroque, Art nouveau.

Symbole de l’architecture espagnole

Le passage à proximité du théâtre Cervantes suscite l’attention vu sa différence en termes de conception par rapport aux édifices qui l’entourent. Ceci est dû au fait que le grand théâtre est un bâtiment symbolique de l’architecture espagnole.

En effet, c’est l’architecte espagnol Diego Jimenez Armstrong, natif de Tanger, diplômé en France et disposant d’une large expérience dans sa ville natale, qui avait conçu le projet et supervisé les travaux. Le bâtiment est une structure en béton armé et l’étude technique a été réalisée par des ingénieurs et spécialistes venus d’Espagne.

La façade principale fait référence au mouvement du classicisme qui préconise une certaine monotonie conceptuelle, à travers sa symétrie, sa linéarité et son orthogonalité, notamment avec la présence des deux escaliers hélicoïdaux de part et d’autre, accessibles depuis les portes d’entrée du théâtre.

Les deux escaliers hélicoïdaux.

L’édifice est à trois corps, vu qu’il est composé d’une partie centrale et de deux parties latérales, animé par une ordonnance en termes d’ouvertures et dégageant une sobriété dans l’aspect extérieur et une unification de l’espace grâce à la hiérarchisation et à l’harmonie des volumes.

Partie centrale de la façade et les deux parties latérales.

Les ouvertures du niveau supérieur sont séparées par des colonnes qui s’inspirent des ordres de l’époque antique.

Colonnes d’ordre antique entre les ouvertures.

Toutefois, le modernisme s’impose au côté du classicisme et vient présenter le nom du théâtre et sa date d’inauguration, « Gran Teatro Cervantes 1913 », orné de céramique avec des ondulations naturelles et florales colorées.

Traitement à la céramique du modernisme et ornements floraux colorés.

Au-dessous se trouve une représentation en plâtre mettant en relief des statues de muses grecques qui s’apparente à une mise en scène intellectuelle et communicante, ainsi que quelques sculptures qui viennent au sommet central du bâtiment et brisent l’aspect régulier et symétrique, à l’instar du style baroque moderne qui vise la persuasion, l’irrégularité et le dynamisme.

Statues en plâtre des muses grecques.

 

Sculptures au sommet central de la façade

A l’intérieur, le théâtre est conçu à l’italienne et fait référence à l’Opéra, vu sa grandeur spatiale et ses dispositions architecturales, composé de fauteuils au parterre pour l’installation du public, des loges sur deux niveaux, surélevées d’arcs en forme de fer à cheval avec des colonnes finement agencées qui soutiennent cette partie.

Un style Art nouveau

Les loges disposent d’un garde-corps métallique avec une dizaine de portes qui permettent un accès pour pouvoir assister au spectacle prenant place dans un amphithéâtre. Ce dernier est une scène à ossature en bois, réalisée par l’ébéniste espagnol José de la Rosa, tandis que le volet mise en scène et éclairage a été confié à Agustin Delgado. Le style Art nouveau est présent à l’intérieur du théâtre par l’usage du vitrail polychrome importé de Saragosse.

Photo d’époque du théâtre. Tous les matériaux ont été importés de la péninsule ibérique
y compris la grille moderniste en coup de fouet qui entoure le monument.

Une pure inspiration du modernisme s’impose à travers le plafond peint par l’artiste Federico Ribera, les diverses fresques murales, les sculptures en relief réalisées par Candido Mata, apparentes au-dessus de l’estrade de la scène, et les motifs et ornements entrelacés. L’adoption de ce style a pour objectif de faire du spectateur un participant actif, que ce soit sur le plan spirituel, intellectuel ou sensuel, notamment dans des édifices culturels tel que le Gran Teatro Cervantes, qui reste un emblème à grande histoire nécessitant une conservation à la fois sur les plans esthétique, historique et architectural.

 

Ci-dessous, les plans du théâtre tels que présentés dans la documentation technique pour la restauration