Grâce à l’IA, une étude marocaine évalue avec plus de précision la vulnérabilité à la pollution des eaux souterraines dans le Loukkos

Combinant la méthode DRASTIC-LU/LC, qui évalue la sensibilité de l’eau souterraine à être affectée par une contamination provenant directement de la surface, avec le maching learning ou l’apprentissage automatique, quatre scientifiques marocains ont étudié la vulnérabilité des eaux souterraines de Rmel à la pollution.

Couvrant une superficie de 240 Km2, la nappe aquifère de Rmel (Loukkos) fait en effet face à des menaces croissantes de pollution en raison de la croissance démographique et du développement économique, pointe l’étude parue récemment dans la revue internationale Groundwater for Sustainable Development.

L’étude, qui s’est étalée sur deux ans, a mis en évidence la variation significative de la vulnérabilité à travers la nappe. Elle met en lumière également le potentiel de l’association de l’IA avec l’analyse géo-spatiale qui offre, contrairement aux méthodes classiques, une approche plus précise et objective de la cartographie des zones vulnérables.

52 échantillons d’eau analysés  

52 échantillons d’eau ont été analysés en somme pour les concentrations de nitrates, en tenant compte de huit facteurs influençant la vulnérabilité, à savoir la profondeur et la lithologie de la nappe, la recharge nette, la texture du sol, la topographie, l’impact de la zone vadose, la conductivité hydraulique et l’utilisation des terres.

Quatre algorithmes d’apprentissage automatique ont été utilisés à cet effet avec la méthode DRASTIC-LU/LC : la perceptron multicouche (MLP), l’algorithme d’ensachage (BA), les K-plus proches voisins (KNN) et les arbres extrêmement randomisés (ERT).

« L’article, partie d’un projet de doctorat préparé par l’étudiant Morad Chahid, et encadré par les professeurs Jamal Eddine Stitou El Messari, Ismail Hilal et ma personne, a eu le mérite de paraître dans une revue scientifique de grande renommée. L’étude s’est étalée sur une période de deux ans. Nous avons eu recours à la télédétection spatiale -les données radar et satellites ont été collectées à partir du site de la NASA– que nous avons couplées au maching learning, le tout en exploitant des données basées sur des prélèvements effectués par l’Agence du bassin hydraulique (ABH) du Loukkos », explique à Médias24 Mourad Aqnouy, professeur-chercheur à la Faculté de sciences et techniques d’Errachidia, qui a pris part à l’étude.

Le sud et le nord-ouest de la nappe enregistrent les niveaux de vulnérabilité les plus élevés 

Les résultats mettent en évidence une variation significative de la vulnérabilité à travers la nappe aquifère de Rmel, avec des niveaux élevés à très élevés dans les régions du sud et du nord-ouest, et des niveaux modérés à faibles dans les zones du nord-est et du centre.

Les cartes de vulnérabilité ont été validées en comparant les concentrations de nitrates observées dans les échantillons d’eau, confirmant la précision du modèle choisi, affirme l’étude. La profondeur des eaux souterraines, la recharge nette et la conductivité hydraulique ont été identifiées comme les facteurs les plus importants influençant la vulnérabilité à la pollution dans le périmètre étudié.

D’après l’étude en question, la fusion des algorithmes d’apprentissage automatique avec les données géo-spatiales offre une approche plus précise et objective de la cartographie des zones vulnérables, surmontant efficacement les limites des méthodes traditionnelles. Elle peut ainsi servir d’outil précieux pour les politiques publiques et la gestion des eaux souterraines.

« Contrairement aux méthodes classiques qui ne permettent que l’évaluation individuelle des forages, la méthode à laquelle nous avons eu recours permet une interpolation spatiale sur l’ensemble du périmètre étudié, à savoir au niveau des 52 forages assujettis à l’analyse », confirme Mourad Aqnouy.

Sadiki : 12,5% des Marocains n’ont pas accompli le rituel de aïd Al-Adha l’année dernière (étude)

Selon une étude de terrain conduite par le ministère de l’Agriculture, portant sur Aïd al-Adha de l’année précédente, 49% des ménages achètent les animaux destinés au sacrifice entre trois et sept jours avant la fête, 24% les acquièrent un ou deux jours avant, tandis que 27% les achètent plus d’une semaine à l’avance.

Les résultats de cette étude ont été présentés le mercredi 5 juin, lors d’une réunion de la Commission des secteurs productifs à la Chambre des représentants. Le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts a également souligné que l’année précédente, 87,5% des ménages ont accompli le rituel du sacrifice, notant que 94% d’entre eux proviennent du milieu rural.

L’Aïd précédent avait vu l’abattage de 6 millions de têtes, dont 5,5 millions d’ovins (soit 92%) et 510.000 caprins (8%). Le nombre de bêtes importées destinées au sacrifice s’élevait à 120.000 têtes, soit 2,1%, a précisé Mohammed Sadiki.

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Empreinte numérique : plus de 1.500 publications relatives au gouvernement ont été publiées par jour entre 2021 et 2023

L’étude dresse le bilan des deux premières années de l’empreinte numérique du gouvernement marocain.

Elle examine et analyse l’empreinte numérique des différents acteurs gouvernementaux et leur évolution, explique l’Observatoire des opinions publiques numériques.

L’empreinte numérique est une mesure quantitative de la présence du gouvernement, y compris celle du chef du gouvernement, sur l’ensemble des médias sociaux, blogs, forums, presse numérique et sites web, exprimée en nombre de personnes touchées par les publications le concernant, rappelle l’observatoire.

Une personne touchée est un internaute qui se sera arrêté plus de 10 secondes sur une publication.

En deux ans, le gouvernement Akhannouch a touché 10,8 milliards de personnes et publié près de 1,1 million de publications.

Le digital, l’indispensable médium de la communication publique 

L’Observatoire des opinions publiques numériques constate que le digital s’impose comme un médium indispensable de la communication publique. Le nombre de personnes touchées par l’actualité gouvernementale, à travers le digital, a augmenté de plus de 21% par rapport aux deux dernières années du gouvernement précédent, précise la même source.

Cette dernière fait également état de l’évolution du nombre de publications concernant l’action gouvernementale, de plus de 57% par rapport aux deux dernières années, avec une moyenne d’environ 1. 500 publications par jour. Un Marocain ayant accès à Internet n’en n’aura néanmoins consulté qu’une tous les deux jours, nuance l’observatoire.

Les réseaux sociaux, notamment Facebook, Twitter, Instagram et Tik Tok, concentrent la quasi-totalité de l’impact. Facebook se taille la part du lion avec 90,6% du nombre de personnes touchées sur la période étudiée.

L’empreinte numérique du chef du gouvernement prédomine

« L’empreinte numérique du chef du gouvernement domine l’ensemble du gouvernement. Chaque Marocain ayant accès à Internet se sera arrêté, en moyenne, sur trois publications par mois citant le chef du gouvernement. Il faut également se souvenir que le chef du gouvernement a fait l’objet d’un fort ‘bad buzz’ durant le troisième trimestre 2022, ce qui mécaniquement influence le niveau de son empreinte numérique », poursuit l’Observatoire des opinions publiques numériques.

« Dans le top 5 des ministères, on retrouve en tête le ministère de la Santé et de la protection sociale, mais avec une forte baisse de 60% entre l’année 1 (octobre 2021-septembre 2022) et l’année 2 (octobre 2022-septembre 2023). Ce recul est essentiellement dû à la diminution des publications relatives à la pandémie de Covid-19, qui alimentaient la grande majorité de l’empreinte numérique de ce ministère.

« Dans ce même top 5, le ministère de l’Equipement et de l’eau et le ministère de l’Industrie et du commerce sont les deux seuls ministères dont l’empreinte numérique a augmenté entre l’année 1 (octobre 2021-septembre 2022) et l’année 2 (octobre 2022-septembre 2023), respectivement de +12% pour l’Equipement et l’Eau et +47% pour l’Industrie et le Commerce », poursuit l’Observatoire.

La plus forte progression de l’ensemble du gouvernement est celle du ministère de la Transition énergétique et du développement durable (98%).

Top 5 de l’engagement sur Facebook et LinkedIn 

Un engagement est un like, un commentaire et/ou un partage d’une publication. Le niveau d’engagement mesure le degré d’intérêt et l’implication des internautes dans la communication publique gouvernementale, précise l’Observatoire des opinions publiques numériques.

Afin d’analyser la pertinence et l’impact de l’information et des contenus diffusés par les ministères, l’Observatoire a analysé le volume des actions d’engagement généré par les comptes sociaux de chaque ministère. D’abord sur Facebook, plateforme essentielle au Maroc pour toucher le grand public, puis sur LinkedIn, qui peut produire un réel impact sur des cibles professionnelles.

« Sur Facebook, le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication arrive en tête du top 5. Facebook étant un réseau social qui est majoritairement constitué des 18-35 ans ; investir dans cette plateforme pour ce ministère reste logique. Il aura produit plus de 1.760 publications sur Facebook pendant deux ans. Les quatre autres ministères qui suivent reflètent certainement les grands sujets d’intérêt des internautes marocains : l’éducation, l’eau et les infrastructures, l’industrie/le commerce et la santé », souligne l’étude.

Concernant LinkedIn, le ministère de l’Industrie et du commerce représente à lui seul 46% des engagements des cinq premiers ministères. Il est suivi respectivement par le ministère de l’Equipement et de l’eau et le ministère de la Transition énergétique et du développement durable.

« La communication de certains ministères est en train de réussir le pari de la visibilité et même de l’engagement sur les différents réseaux. Il faut espérer que ces exemples servent à d’autres », conclut l’Observatoire des opinions publiques numériques.

Al Hoceima : l’étude de micro-zonage sismique confiée au groupement Maroc Ingenov et LPEE

L’Agence urbaine d’Al Hoceima a retenu le groupement Maroc Ingenov et LPEE pour la réalisation de l’étude de micro-zonage sismique. Ce groupement s’est vu attribuer ce marché pour 4.800.000 DH.

Tanger-Tétouan-Al Hoceima est une région de fréquente activité sismique ; elle vit sous la menace permanente de secousses telluriques. Elle se caractérise par la présence de « déformations récentes et de failles actives », expliquait l’Agence urbaine d’Al Hoceima dans le document de l’appel d’offres lancé en octobre dernier.

La ville d’Al Hoceima, plus spécifiquement, fait partie des régions ayant enregistré le plus grand nombre de tremblements de terre au cours des trois dernières décennies, selon le Réseau de surveillance sismique. Deux furent particulièrement destructeurs : celui de 1994, de magnitude 5,3 sur l’échelle de Richter, et celui de 2004, de magnitude 6,3 avec plus de 600 morts, 926 blessés, 15.230 sans-abris et des dégâts importants aussi bien en ville qu’à la campagne.

Pour prévenir les effets de ces aléas, et dans l’optique d’une planification qui tienne compte de la notion du risque dans l’aménagement du territoire, l’Agence urbaine compte réaliser une étude de micro-zonage sismique de la ville. Il s’agit d’études sismiques visant à réduire la vulnérabilité sismique des zones urbaines fortement exposées, d’évaluer les différences de vulnérabilité du cadre bâti et d’élaborer des plans d’intervention appropriés à l’échelle intra-urbaine de la ville d’Al Hoceima.

Cette étude concerne l’ensemble de l’aire urbaine de la commune d’Al Hoceima et sa périphérie, couvrant une superficie totale d’environ 1.772 ha.

L’étude en question se déroulera en quatre phases :

1- Collecte et exploitation des données disponibles sur l’aire d’étude et définition des sites d’investigation.

2- Investigation, analyse des données et évaluation de la vulnérabilité.

3- Préparation des cartes de micro-zonage et de la vulnérabilité.

4- Etablissement d’un plan d’intervention.

La dynamique associative au Maroc en 2019, sous la loupe du HCP

Le nombre d’institutions sans but lucratif (ISBL) actives au Maroc a atteint près de 187.834 unités en 2019, contre 44.771 unités en 2007, ressort-il de l’enquête nationale du Haut-commissariat au plan (HCP) sur le secteur des ISBL, communément appelées société civile.

L’enquête a ciblé un échantillon de 14.500 unités, “représentatif des différentes composantes de ce secteur et de l’ensemble du territoire national”, explique-t-on.

Un tissu associatif jeune et très localisé

Le tissu associatif est relativement constitué d’ISBL jeunes :

L’âge moyen des présidents des ISBL varie entre 46 ans et 51 ans, fait-on savoir. Par ailleurs, seules 10,3% d’entre elles sont présidées par des femmes.

Cinq régions du Maroc s’emparent de près des deux tiers (64%) des associations. Les régions Casablanca-Settat et Marrakech-Safi rassemblent à elles seules plus du quart des ISBL (26,3%) actives au niveau national. Elles sont suivies des régions de Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra et Souss-Massa.

Selon l’étude du HCP, le champ d’activité des ISBL privilégie une action de proximité. En effet, “près des trois quarts de ces institutions sont à rayonnement local, privilégiant ainsi les actions de proximité au niveau des quartiers, des douars, des communes urbaines ou rurales”.

Quant au réseau de partenaires, il ressort de l’étude que 28,5% des associations entretiennent des relations de partenariat avec d’autres agents économiques pour la réalisation de leurs actions, les partenaires publics étant les plus sollicités :

S’agissant des partenariats au niveau international, « seules 1,3% des associations sont engagées dans ce type de partenariat”, précise-t-on.

Ressources humaines et financières

Le nombre d’employés engagés à plein temps dans le secteur des ISBL a atteint 116.610 actifs en 2019, souligne le rapport. Dans le détail, les domaines de la « Culture, Sport et Loisirs », du « Développement et Logement » et des « Services sociaux, intermédiaires philanthropiques et promotion du bénévolat » occupent près des deux tiers de l’emploi à plein temps du secteur.

Par ailleurs, 272.000 personnes étaient employées à temps partiel en 2019, et plus d’un million étaient engagées en tant que bénévoles au service des ISBL en 2019.

Si les ressources humaines du secteur sont assez confortables, il n’en est pas de même pour les ressources financières qui s’élevaient à 34,4 milliards de DH en 2019.

Plus précisément :

“Celles, dont le budget dépasse un million de DH, ne représentent que 1,3% des ISBL, mais concentrent 64,3% des ressources globales du tissu associatif”, souligne le rapport.

En 2019, les ISBL ont dépensé 76% de leurs ressources financières, soit 26,2 milliards de DH. Notons que la dépense annuelle moyenne est de l’ordre de 139.500 DH par institution. 

“Les dépenses annuelles de la majorité des ISBL restent toutefois faibles”. En effet, près de 27% des unités ont déclaré avoir dépensé moins de 5.000 DH en 2019.

Conditions d’activité et contraintes au développement

“Les conditions dans lesquelles les ISBL fonctionnent sont, souvent, peu propices pour mener à bien leurs activités et en assurer le bon suivi”, souligne l’enquête du HCP.

Plus de la moitié des associations (54,7%) ne possèdent pas de local pour exercer leurs activités. Dans le détail, 9,2% sont locataires, 9,5% propriétaires de leurs locaux et 26,6% sont hébergées à titre gratuit (principalement par des institutions publiques (57,4%) ou par l’un de leurs membres (35%)), selon l’enquête.

La non-disponibilité d’un local est un obstacle, parmi d’autres, au développement des activités des ISBL. D’autres sont mis en avant dans le rapport de l’enquête, à savoir :

Les conditions sociale, économique et professionnelle de la femme marocaine en chiffres (HCP)

Il ressort de cette étude, actualisée à l’occasion de la Journée nationale de la femme marocaine (10 octobre), la persistance des inégalités de genre dans plusieurs aspects de la vie quotidienne.

Intitulé « La femme marocaine en chiffres, 2023 », le rapport annuel met à jour les chiffres relatifs à la santé de la femme marocaine, son éducation et formation, son insertion sur le marché du travail, son emploi du temps quotidien, son rapport à la vie publique ainsi qu’à la vulnérabilité et à la pauvreté. Une partie du rapport est par ailleurs consacrée à la prévalence de la violence à l’égard des femmes.

« Les informations contenues dans ce recueil, disponible sur le site web institutionnel du HCP, sont ventilées par sexe aussi bien pour l’ensemble du Maroc que pour le milieu de résidence urbain et rural », lit-on dans le rapport du haut-commissariat au Plan (HCP).

Notons que les données ne sont pas toutes actualisées et certaines statistiques datent de 2019, notamment celles concernant la pauvreté et la violence à l’égard des femmes, tandis que les informations relatives à la part du temps professionnel et du temps domestique dans la charge du travail productif datent de 2012.

Santé, bien-être et espérance de vie

En 2022, l’espérance de vie des femmes à la naissance est nettement supérieure à celle des hommes, se situant aux alentours de 78,6 ans, soit 3,4 ans plus que les hommes.

Par ailleurs, le taux de fécondité des adolescentes (15-19 ans) est de 18,8 % au niveau national, avec une répartition inégale entre l’urbain (15,4) et le rural (23,5). Celui des femmes âgées entre 20 et 24 ans s’élève à 84,5% contre 105,9% pour les (25-29 ans). Par rapport aux années 2004 et 2014, les taux de fécondité sont en baisse pour toutes les tranches d’âge.

En 2022, le mariage des mineurs a connu une augmentation (14.971 cas) par rapport à 2020 (12.600), tandis que la proportion de mariages polygames n’a pas évolué depuis 2010, représentant 0,3% des actes de mariages établis. Le nombre de divorces judiciaires prononcés a, pour sa part, quasi-doublé entre 2020 (38.884 cas) et 2022 (61.147 cas)

Le rapport rappelle qu’en 2019, 56,5% des femmes étaient victimes de violences (tous contextes confondus). Dans le détail, 15,4% des femmes étaient victimes de violences sur le lieu du travail et 52,1% victimes de violences domestiques (familiale ou conjugale).

Accès inégalitaire à l’éducation et la formation 

En 2022, la proportion des jeunes (15-24 ans) alphabétisés s’élevait à 95,4% pour les femmes contre 97,9% pour les hommes. La disparité au niveau des sexes est toutefois constatée au niveau de l’accès à la formation. En effet, 30,8% de la population de 25 ans et plus ayant au moins le niveau secondaire collégiale sont des femmes, contre 45,5% d’hommes.

Le rapport fait également ressortir une inégalité territoriale en matière de scolarisation. Dans le milieu urbain, le taux de scolarisation des filles âgées entre 15 et 17 ans (96,1%) est deux fois supérieur à celui des filles scolarisées dans le milieu rural (47,6%).

Marginalisation des femmes dans le marché du travail

La femme active marocaine, jusqu’à nos jours, n’arrive toujours pas à connaître sa meilleure place dans la société. Elle est d’avantage marginalisée du marché du travail, selon les derniers chiffres du rapport annuel du HCP.

La participation au marché du travail des femmes diplômées âgées entre 25 et 59 ans (33,3%) demeure faible et largement en deçà de celle des hommes diplômés et de la même tranche d’âge (92,2%). Par conséquent, le chômage affecte plus les femmes marocaines que les hommes. En 2022, 34,8% des femmes diplômées du supérieur étaient au chômage, contre 20,8% des hommes diplômés du supérieur.

Une autre donnée qui marque le hiatus qui existe entre les femmes et les hommes au niveau de l’intégration dans le marché de l’emploi, concerne les jeunes âgés de (15-24 ans) qui ne sont ni en éducation, ni en emploi, ni en formation (NEET) : 37,3% d’entre eux sont des femmes contre 13,5% d’hommes.

L’ANP étudie la gestion des crises au niveau des ports marocains

L’ANP lance un appel d’offres pour la réalisation d’une étude axée sur la gestion des crises au niveau des ports marocains.

« Une perturbation dans un ou plusieurs principaux portes est susceptible de se répercuter rapidement sur la chaîne d’approvisionnement et aurait un impact immédiat sur la fabrication et la production », fait savoir l’ANP. Face à l’ampleur des risques, une mise en place de mesures concrètes pour assurer la non-interruption des activités est primordiale.

C’est dans ce sens que l’agence dirigée par Nadia Laraki consacre un budget de 1,5 million de DH pour l’élaboration de l’étude qui repose sur trois missions distinctes :

– la description de l’environnement portuaire marocain,

– l’analyse des risques disponibles et potentiels afin de mieux orienter la réponse face à des crises futures,

– l’élaboration d’un plan de gestion des crises et un plan de continuité d’activité par port.

Relance de l’appel d’offre pour la refonte globale

Pour assurer sa transformation institutionnelle, l’ANP relance une étude pour laquelle une enveloppe de 8,5 millions de DH a été consacrée. Le délai global maximal de la réalisation de l’étude est de 240 jours, fait-on savoir.

Comme expliqué dans un précédent article, l’objectif est de se conformer aux nouvelles dispositions réglementaires, notamment la loi cadre 50-21, portant réforme des établissements et entreprises publiques (EEP) et qui prévoit, entre autres, la transformation des établissements publics marchands en sociétés anonymes, ainsi que de la loi 82-20 portant création de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État et de suivi des performances des établissements et entreprises publics.

L’étude repose dans un premier temps sur une analyse du cadre juridique, institutionnel et opérationnel actuel de l’ANP et de ses filiales, ainsi qu’une évaluation du cadre législatif et réglementaire régissant le secteur portuaire marocain. Les stratégies étatiques dans ce secteur et le positionnement de l’agence vis-à-vis de ses partenaires publics et privés font également l’objet de l’étude.

L’objectif est ensuite d’identifier les scénarios détaillés pour l’évolution du secteur portuaire et de la transformation institutionnelle de l’ANP, conformément aux conclusions développées en amont, et d’établir un benchmark à propos du modèle économique et de gouvernance de cette agence, avant l’opérationnalisation de son nouveau statut.

Une étude data révèle les profils des MRE originaires de Rabat

La ville de Rabat a accueilli vendredi 4 août la première édition du colloque « Diaspora Connect », tenu à l’Université Mohammed V de Rabat, sous le thème « Les chemins des possibles pour un développement local et régional : Jeunesse de la diaspora marocaine dans les perspectives et les attentes ».

L’événement, qui a rassemblé plus de 200 invités, a été organisé par la mairie de Rabat, en partenariat avec l’Association internationale des maires francophones (AIMF), qui assiste 100 maires africains dans la mobilisation de leur diaspora, à travers le programme panafricain « Invest in diaspora », lit-on dans un communiqué de l’association.

Intervenant lors du colloque, Samir Bouzidi, CEO d’Impact Diaspora, une start-up spécialisée dans l’ethno-marketing et la mobilisation 2.0 (via le digital, la data…) des diasporas du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, a dévoilé les principales conclusions d’une étude sur le profilage data de la diaspora marocaine originaire de Rabat.

Présents dans de nombreux secteurs d’activité 

Réalisée auprès d’un échantillon de 25.462 Marocains résidant à l’étranger (MRE) originaires de Rabat, identifiés sur LinkedIn, l’étude fait état de la présence transcontinentale de cette diaspora présente dans les pays d’accueil suivants : France, Espagne, Italie, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Canada, Etats-Unis, Arabie saoudite, Qatar et Emirats arabes unis.

Les MRE originaires de la capitale opèrent dans de nombreux secteurs, notamment les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), les services financiers, l’enseignement et la recherche, le consulting et les services aux entreprises, le sport, la culture et le tourisme, la santé, les médias et communication ainsi que les biens de consommation.

En France par exemple, 20,11% des personnes sondées ont déclaré opérer dans le secteur des NTIC, tandis que 13,91% interviennent dans les services financiers et 11,91% sont dans l’enseignement et la recherche.

En Espagne, 12,33% des MRE sondés ont affirmé opérer dans le secteur de l’enseignement et de la recherche, tandis que 11,17% d’entre eux exercent dans le secteur du consulting et des services aux entreprises. Enfin, 10,43% opèrent dans le domaine sportif, culturel et touristique.

En Italie, 14,31% sont dans l’enseignement et la recherche, contre 10,18% qui opèrent dans le consulting et les services financiers et 9,35% qui exercent dans les sphères sportive, culturelle et touristique.

Des statuts variés

Les statuts des MRE originaires de Rabat sont tout autant divers. Les principaux statuts de cette diaspora sont les suivants : ingénieur, étudiant, directeur, consultant, cadre financier, manager, assistant/coordinateur, chef de projet, agent de services, commercial et conseiller clients.

Si l’on prend les mêmes pays d’accueil cités plus haut, à commencer par la France, l’étude révèle que 25% ont un statut d’ingénieur contre 23% ayant un statut d’étudiant. Enfin, 5% sont des directeurs.

En Espagne, 12% des MRE sondés sont des étudiants, 10% sont des managers et 6% possèdent le statut d’ingénieur. En Italie, 14% ont un statut d’étudiant contre 7% de managers et 5% d’ingénieurs.

En conclusion de sa présentation, Samir Bouzidi a invité les décideurs en charge de la stratégie publique de mobilisation des MRE ainsi que des entités privées telles que les banques à intégrer davantage les potentialités du digital pour affiner la connaissance de la « mosaïque MRE » et mieux mobiliser leurs contributions individuelles et collectives.

Sur la base de modélisation ethno-marketing des MRE, il a prévenu que les MRE qui envoient aujourd’hui massivement de l’argent au Maroc pour aider leur famille diffèrent substantiellement de ceux qui pourraient, demain, investir ou apporter leurs compétences ou réseaux, lit-on encore dans le communiqué de l’AIMF.

Intervenant à son tour lors de cet événement, la maire de Rabat, Asmaa Rhlalou, a affirmé s’engager à mettre en place, prochainement, un guichet unique dédié à la diaspora au niveau de la mairie, afin de faciliter et libérer tous les potentiels. Les préparatifs sont déjà lancés avec les autorités de tutelle et celles en charge des MRE, conclut le communiqué.

Une étude démontre une amélioration des usages et de la réglementation des pesticides au Maroc

L’enquête qui a servi de base à cette étude a été réalisée en 2020-2021. Elle n’est donc pas si récente, même si sa publication remonte à quelques jours. Elle a été réalisée par des chercheurs qui ont longuement travaillé sur la question, en particulier dans le Loukkos.

« Ce qu’il faut retenir de cette étude, c’est qu’il y a une amélioration significative de l’utilisation des pesticides au Maroc, notamment dans la culture de la pastèque, due en grande partie aux efforts fournis par l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), aussi bien sur le volet réglementaire et du contrôle que sur celui de la sensibilisation et de la formation des agriculteurs », nous déclare Mohamed Benicha, l’un des auteurs de cette étude. Notre interlocuteur est directeur de recherche en chimie analytique et de l’environnement, et spécialisé dans les résidus des pesticides, la fertilité des sols ainsi que les analyses physico-chimiques et isotopiques au Centre régional de Tanger de l’Institut national de recherche agronomique (INRA).

Le contexte de l’étude

Intitulée Assessment of pesticide use by determination of environmental indicators: case study of watermelon from Loukkos (Northwest Morocco), cette étude a été récemment publiée par le Journal euro-méditerranéen pour l’intégration environnementale. Elle fait partie d’un vaste programme visant à mettre à jour les informations sur les pesticides, à promouvoir une utilisation plus sûre et à améliorer la réglementation pour leur application.

Menée conjointement par la faculté des sciences et techniques de Tanger et l’INRA de Tanger, son objectif était de décrire les pesticides dans la culture de la pastèque du Loukkos, à travers la détermination des indicateurs agro-environnementaux. Le Loukkos est l’une des régions agricoles les plus importantes du Maroc, caractérisée par des activités agricoles intensives. Ce périmètre englobe plusieurs cultures, y compris celle de la pastèque.

Certes, le recours aux pesticides améliore significativement les rendements, en réduisant les multiples attaques de ravageurs et les maladies qui causent des dommages aux produits et des pertes économiques importantes aux agriculteurs, mais une utilisation généralisée et non appropriée pourrait avoir des conséquences à la fois sur la santé humaine et sur l’environnement.

L’Espagne a d’ailleurs récemment alerté sur la présence d’un pesticide non autorisé, à savoir le méthomyl, dans un lot de pastèques exportées du Maroc. Il s’agit d’un pesticide interdit par l’ONSSA depuis le 26 septembre 2022. La présence du pesticide non autorisé est donc postérieure à l’étude, et elle a été signalée après l’interdiction de son usage par l’ONSSA.

Le but de cette étude était principalement d’évaluer l’intensité de l’utilisation des pesticides sur la culture de la pastèque dans la région du Loukkos, et les impacts sur l’environnement et la santé humaine, afin de minimiser leur utilisation.

Pour ce faire, ses auteurs ont examiné, dans 41 exploitations, des indicateurs de pression des pesticides appliqués, à savoir l’indicateur du nombre de traitements, celui de la fréquence de traitement et celui de la quantité de substances actives. « Il s’agit d’indicateurs qui fournissent des informations pertinentes sur la performance environnementale et qui représentent un moyen efficace pour la durabilité environnementale », d’après Mohamed Benicha.

La charge de pesticides appliquée aux exploitations étudiées

Les résultats ont montré que la culture de la pastèque dans cette zone est sous la pression de nombreuses maladies et ravageurs, notamment l’oïdium, le mildiou, les mineuses et les acariens, qui peuvent réduire considérablement le rendement et la qualité. Le mildiou, par exemple, est causé par le Phytophthora infestans. Cet agent pathogène provoque la pourriture de la tige et des feuilles, entraînant des pertes économiques importantes – pas moins de 10 milliards d’euros par an dans le monde. Cette maladie, qui ne peut être traitée qu’à titre préventif, est identifiable par des taches rondes et brunes localisées sur la face supérieure des feuilles.

Divers pesticides sont ainsi utilisés par les agriculteurs de la région pour y faire face. « La culture de la pastèque reçoit donc des traitements préventifs et curatifs pour lutter contre ces nuisibles et améliorer la qualité et la quantité de ce fruit, par une diversité de matières actives, surtout les fongicides, qui représentent plus de 46% des traitements appliqués« , souligne M. Benicha.

Toutefois, cette étude ne s’est pas intéressée à l’analyse d’éventuels résidus de pesticides, ni dans la pastèque, ni dans le sol, ni dans la nappe phréatique. « Pour confirmer la présence de résidus sur les pastèques, cette étude doit être suivie d’autres études en laboratoire. Notre enquête nous permet seulement de démontrer la charge de pesticides appliquée« , nous confie Mohammed Abbou, un autre auteur joint par Médias24, doctorant au sein du laboratoire de physico-chimie des matériaux, de substances naturelles et environnement, au département de chimie de la faculté des sciences techniques à l’Université Abdelmalek Essâadi de Tanger.

En effet, les auteurs concluent que d’autres études sont nécessaires, utilisant des indicateurs de risque pour la santé et l’environnement, pour compléter ces résultats. Elle démontre également « les progrès réalisés au Maroc en matière de sécurité environnementale, jugés dans le monde entier à travers l’utilisation d’indicateurs de durabilité, qui permettent la multiplication rapide des moyens de contrôle de l’utilisation des pesticides, et l’utilisation durable de ces matières pour les générations futures ».

« En général, les agriculteurs respectent les délais avant récolte (DAR) des pesticides utilisés ainsi que les doses homologuées, ce qui écarte un éventuel risque de résidus dans le produit final », nous expliquent encore les deux auteurs contactés.

70 marques de pesticides récemment interdites par l’ONSSA

L’étude recommande ainsi la rationalisation de ces substances chimiques à travers l’utilisation d’indicateurs agro-environnementaux, servant d’outil d’aide à la décision pour le suivi des cultures, afin de réduire leur utilisation et le coût de production, mais aussi d’éviter d’éventuels effets sur l’environnement.

Dans ce sens, Mohamed Benicha rappelle que « l’ONSSA fournit déjà des efforts considérables dans la réglementation de l’usage des pesticides, en interdisant régulièrement des substances jugées toxiques. Cette semaine par exemple, elle a interdit une nouvelle liste de 70 marques de pesticides à usage agricole« . Ceci fait partie des mise à jour effectuées par l’ONSSA de manière régulière.

« L’Office a entamé en 2020 un vaste programme visant à établir un système de traçabilité. Il a d’abord démarré par un ‘nettoyage’ au niveau des vendeurs, pour ne laisser que ceux qualifiés et qui ont un certain niveau de connaissances dans le secteur, avant d’instaurer un système de traçabilité dans les exploitations agricoles par l’adoption d’un registre phytosanitaire. Il a ensuite entamé la sensibilisation et la formation des agriculteurs aux dangers des pesticides et à leur usage », poursuit Mohamed Benicha.

Ce dernier de conclure : « D’autres enquêtes ont été réalisées sur d’autres cultures, où un grand effort a été remarqué en matière de traçabilité. Celle de la fraise, par exemple, est pionnière dans le domaine. Les pesticides y sont utilisés de manière très réglementée et durable. Le niveau de traçabilité y est également élevé. »

Les cancérologues marocains de plus en plus exposés au burn-out (Étude)

Le cancer est la deuxième cause de décès dans le monde. Cette maladie, responsable de dix millions de morts environ chaque année, nécessite une prise en charge par davantage de professionnels de santé. Ces derniers, qui font déjà face aux tensions habituelles dans les relations soignant-patient, se retrouvent exposés à des tensions plus spécifiques à la maladie cancéreuse, comme la confrontation à la souffrance et à la mort, ce qui les conduit au burn-out.

C’est ce qui ressort d’une étude intitulée « Burn out among physicians and caregivers in oncology : the Moroccan experience », réalisée par seize chercheurs marocains au CHU Hassan II de Fès, au département d’épidémiologie de la Faculté de médecine et de pharmacie de Fès, et à l’Institut de recherche sur le cancer de Fès. Elle a été publiée récemment dans des revues spécialisées.

L’étude a été menée auprès de différentes équipes au sein des services d’oncologie et de radiothérapie de huit hôpitaux marocains (CHU et hôpitaux régionaux). Elle démontre un sentiment élevé d’épuisement émotionnel et de dépersonnalisation chez les professionnels de santé sondés, et un faible sentiment d’accomplissement de soi.

Sur les 118 personnes qui ont participé à cette étude, 62,7% sont des médecins, 75,4% travaillent dans des hôpitaux universitaires et 53,4% dans les services de radiothérapie.

Par ailleurs, 64,4% sont des femmes, 50% sont mariés, 55,9% n’ont pas d’enfant, 50% vivent avec un conjoint et/ou un enfant, 79,7% n’ont aucun antécédent personnel de maladie chronique, et 73,7% ont des proches suivis pour une maladie chronique ou un cancer.

Contexte de l’étude

« Cette étude part d’un projet initial lancé auprès des patients des services d’oncologie », explique le Dr Samia Khalfi, radiothérapeute au service de radiothérapie du CHU Hassan II de Fès, jointe par Médias24.

« C’est une sorte d’enquête de satisfaction ou d’état des lieux par rapport à l’annonce du diagnostic », poursuit-elle. « Au Maroc, on ne dispose pas d’un référentiel d’annonce qui codifie la façon dont celle-ci doit se faire au sein d’un hôpital. Chaque médecin fait donc à sa manière. »

D’après les réponses collectées, « il s’est avéré qu’il y avait un grand problème par rapport aux médecins cancérologues, dans la mesure où la plupart sont en situation de burn-out et, par conséquent, ne consacrent pas le temps nécessaire pour expliquer le diagnostic aux patients ».

« C’est à partir de là que l’on a eu l’idée de mener cette étude sur le burn-out« , qui a pour objectif d’évaluer la prévalence du burn-out et son impact psychologique sur les professionnels de santé, et de déterminer les facteurs qui prédisposent au risque de burn-out.

La surcharge de travail, principale cause du burn-out

D’après le Dr Samia Khalfi, « le burn-out chez les médecins oncologues est principalement dû à une charge de travail élevée, compte tenu du déficit des professionnels de santé ».

L’autre raison évoquée par notre interlocutrice a trait « au nombre élevé de gardes. Il y a également la nature de l’oncologie en tant que spécialité, qui est déprimante. Dans les services d’oncologie, les médecins sont davantage en contact avec des patients en fin de vie ou au dernier stade de la maladie. Ils sont donc plus exposés au burn-out par rapport aux radiothérapeutes, qui voient plutôt des patients curatifs ».

 

Épuisement émotionnel et faible sentiment d’accomplissement de soi

Dans la présente étude, les auteurs prennent en considération trois dimensions du burn-out : l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation et l’accomplissement personnel. Si 60,2% des participants estiment que le nombre d’employés est suffisant, 65,3% d’entre eux considèrent que la charge de travail est élevée.

Par ailleurs, 58,5% estiment que les moyens de protection dans ce service sont insuffisants, et les trois quarts pensent que l’organisation du travail est insuffisante. Ce manque d’équipement et d’organisation est significativement associé à un très faible niveau d’accomplissement de soi.

Les résultats de l’étude démontrent également que le sentiment d’épuisement émotionnel est très élevé (81,4%), en particulier chez les professionnels de santé ayant un proche atteint d’une maladie chronique ou d’un cancer, ceux qui travaillent dans des hôpitaux régionaux et auprès des femmes.

Il en ressort aussi un score élevé pour le sentiment de dépersonnalisation (79,7%), notamment chez les hommes et les professionnels ayant des antécédents de suivi psychiatrique.

« Des niveaux significativement élevés d’épuisement émotionnel et de dépersonnalisation s’expliquent, pour leur part, par le fait que les oncologues traitent majoritairement des patients métastasés ou en fin de vie, avec un taux de mortalité plus élevé par rapport aux radio-oncologues, qui traitent majoritairement des cancers curables », soulignent les auteurs.

En ce qui concerne le sentiment d’accomplissement personnel, il est faible (46,6%) chez la majorité des participants de l’étude, particulièrement chez les femmes et les soignants qui considèrent que les mesures de protection et l’organisation du travail sont faibles.

« La prévalence élevée d’épuisement émotionnel et un faible sentiment d’accomplissement personnel chez les femmes oncologues pourraient s’expliquer par le manque de mentorat, le manque de confiance des patients et le fait d’être des mères qui travaillent pour subvenir aux besoins de leur famille », ajoutent les auteurs.

« Être marié et avoir des enfants protège contre la dépression et l’anxiété »

Pour ce qui est des facteurs prédictifs de la dépression et de l’anxiété, l’étude relève une association significative entre le nombre élevé d’astreintes par mois et l’épuisement émotionnel chez les professionnels de santé. « L’augmentation de la charge de travail est un facteur de risque de survenue de la dépression et de l’anxiété », indique-t-elle. Elle démontre aussi une association significative entre les antécédents psychiatriques des soignants et la survenue de la dépression et de l’anxiété.

Des niveaux d’anxiété élevés ont par ailleurs été observés chez les soignants qui n’ont pas d’enfants, tout comme des scores élevés de dépression chez les divorcés et les célibataires. Il y a donc une association significative entre la dépression et l’état matrimonial. Etre marié et avoir des enfants sont considérés comme des facteurs de protection contre la dépression et l’anxiété.

Recommandations des auteurs

« Il y a plusieurs volets à traiter pour faire face au burn-out chez les médecins oncologues. Tout d’abord, le manque de médecins doit être résolu, notamment par une hausse des postes de recrutement par le ministère de tutelle », explique le Dr Samia Khaldi.

« En ce qui concerne le problème de l’organisation du travail, on aimerait qu’il y ait, au niveau des hôpitaux, une démarche qualité pour réduire la charge de travail. Les médecins sont généralement amenés à accomplir les tâches des infirmiers ou des brancardiers car il n’y a pas assez de personnels. »

« Il serait également préférable de mettre en place des tests psychologiques et psychotechniques pour le choix des spécialités, au lieu de les choisir par classement. Des personnes qui ont tendance à déprimer ou à être particulièrement sensibles ne doivent pas exercer certaines spécialités, telles que l’oncologie ou la chirurgie par exemple », suggère encore le Dr Samia Khaldi.

« Enfin, il faudrait mettre en place un suivi psychologique au profit des médecins cancérologues. Cette approche n’existe pas dans les hôpitaux marocains », conclut-elle.

 

Antibiorésistance, transmission de maladies… Alerte aux effluents hospitaliers (étude marocaine)

Dans un récent article scientifique, Latifa Mouhir, professeure au département Génie des procédés et environnement à la Faculté des sciences et techniques de Mohammedia de l’Université Hassan II de Casablanca, ainsi que trois autres chercheurs, Sayerh Fatimazahra, Saafadi Laila et Monsif Khazraji, ont alerté sur la dangerosité des effluents hospitaliers, rejetés dans les milieux récepteurs.

Cet article s’intitule « Review of hospital effluents : special emphasis on characterization, impact, and treatment of pollutants and antibiotic resistance » (en français, « Bilan des effluents hospitaliers : accent particulier sur la caractérisation, l’impact et le traitement des polluants et de la résistance aux antibiotiques »). Il a été publié début février dans des revues spécialisées.

Son objectif est d’ »améliorer les connaissances sur la composition de ces effluents et leur impact sur la santé humaine ainsi que sur l’environnement, en mettant en évidence les différentes techniques de traitement adaptées à ce type d’évacuations, avant leur rejet dans l’environnement », explique la Pr Mouhir, jointe par Médias24.

Aucun traitement spécifique aux effluents hospitaliers

L’article part d’une observation initiale. « Les effluents hospitaliers sont directement rejetés dans les réseaux d’assainissement collectifs« , explique la Pr Mouhir. « Ce constat n’est pas spécifique au Maroc. Ces effluents, y compris dans différents pays du monde, passent par les stations de traitement, au même titre que les effluents domestiques. Il n’y a donc pas de traitement spécifique aux effluents hospitaliers. »

« Au niveau des stations d’épuration, qui sont plutôt des stations biologiques, des micro-organismes assurent le traitement biologique des effluents. En présence d’effluents hospitaliers, qui sont toxiques, ces micro-organismes restent inactifs« , poursuit notre interlocutrice.

« Les effluents hospitaliers, générés à grande échelle par les établissements de santé, entraînent des effets négatifs sur le milieu aquatique et la santé humaine en raison de leur forte charge en matière organique et de la présence de divers contaminants émergents. Nous commençons à avoir de nombreux polluants émergents, tels que les désinfectants, les médicaments, les bactéries, les virus et les parasites. »

La toxicité des eaux usées hospitalières est 5 à 15 fois plus importante que les effluents urbains

« Ces effluents véhiculent également des antibiotiques qui favorisent l’émergence de micro-organismes résistants aux antibiotiques dans l’environnement, ce qui est grave. Cette résistance, devenue une problématique mondiale, se manifeste dans différents pays et cause la transmission de différentes infections. »

L’article démontre que les hôpitaux utilisent quotidiennement un volume considérable d’eau, entre 400 et 1.200 litres, selon le nombre de lits dont ils disposent. En parallèle, ils génèrent jusqu’à 400 l/j d’eaux usées.

Ces eaux usées constituent un danger pour l’environnement et l’homme, en raison de leurs caractéristiques infectieuses et toxiques. Celles-ci, dont la toxicité est 5 à 15 fois plus importante que les effluents urbains, comportent une large gamme de polluants dangereux, tels que les résidus pharmaceutiques et les substances chimiques, et peuvent être à l’origine de divers dangers chimiques, biologiques et physiques, notamment la transmission de maladies, en particulier lors des périodes de pandémie.

Elles peuvent également induire le développement d’un certain nombre de bactéries dangereuses, qui provoquent l’apparition de plusieurs maladies liées à l’eau, en particulier dans les pays en développement.

Résistance aux antibiotiques

L’article fait état également d’une utilisation excessive et persistante d’antibiotiques par les hôpitaux, dont 30 à 90% ne sont pas absorbés par le système humain. Les résidus sont donc rejetés dans les effluents, qui s’accumulent à leur tour dans les systèmes de traitement des eaux usées, créant un environnement propice à la résistance aux antibiotiques, une des préoccupations mondiales majeures.

« Certes, les antibiotiques jouent un rôle important dans la prévention et le traitement des infections en empêchant les fonctions essentielles des bactéries. Cependant, l’activité de ces différents antibiotiques sur les bactéries entraîne le phénomène de résistance aux antibiotiques. C’est l’une des menaces les plus graves pour la santé publique dans le monde, car elle limite les possibilités de traitement des infections communautaires », expliquent les auteurs de cet article.

Lire aussi : Résistance aux antibiotiques : « La recherche scientifique n’est pas bien servie à l’échelle internationale » (A. Remmal)

« Ce phénomène était auparavant limité aux milieux cliniques. Mais au fil des ans, l’utilisation massive des antibiotiques a entraîné l’émergence d’organismes résistants dans l’environnement, en particulier dans l’eau », ajoutent-ils. « Cette résistance est devenue une source majeure de mortalité dans le monde, car le nombre de gènes résistants aux antibiotiques n’a cessé d’augmenter. »

« Malgré les nombreux risques associés à ces eaux usées, les exigences légales quant à leur traitement sont encore insuffisantes. Il est rare de trouver une législation dans ce sens ou même des recommandations de gestion de ces matières. »

Des paramètres supérieurs aux normes autorisées par l’OMS

Dans cet article, les chercheurs se sont également intéressés à la caractérisation microbiologique, physico-chimique et écotoxicologique des eaux usées hospitalières. Il en ressort que les paramètres microbiologiques et physicochimiques dépassent les normes autorisées par l’Organisation mondiale de la santé, faisant courir aux organismes vivants des risques énormes.

« Compte tenu des multiples risques associés à ces rejets, un traitement à la source pour éliminer ou minimiser tout polluant dans l’environnement est nécessaire. L’introduction de ces polluants dans les ressources en eau et le système alimentaire par diverses voies est considérée comme une menace sérieuse pour les humains et les autres organismes. »

« Heureusement, la nouvelle politique de construction des hôpitaux au Maroc prend en considération cette problématique, et les réseaux commencent à être séparés, entre assainissement collectif et effluents hospitaliers », précise la Pr Mouhir.

« Des efforts sont fournis pour protéger les ressources en eau par les méthodes actuelles de traitement, impliquant des processus physicochimiques tels que l’absorption, les procédés d’oxydation avancés et les processus biologiques », conclut Pr Mouhir.

L’étude de la mise en place d’un système d’alerte au tsunami confiée à Omazine Consulting

Sis à Kénitra, Omazine Consulting est un bureau d’études, de conseil, d’ingénierie et de formation fondé en 2011. De source sûre, nous apprenons que le ministère de l’Equipement et de l’eau lui a confié la mise en place d’un système d’alerte au tsunami, dont le coût était estimé à 1.572.480 DH lors du lancement de l’appel d’offres. 

Le bureau d’études sera accompagné dans sa mission par un groupement d’enseignants-chercheurs marocains. En l’espace de 420 jours, cet attelage aura pour mission : 

– le diagnostic et l’état des lieux exhaustifs (90 jours) ;

– le benchmarking international (60 jours) ;

– l’étude d’exposition au risque de tsunami (90 jours) ;

– l’étude de pertinence de la mise en place d’un système d’alerte au tsunami (60 jours) ;

– la formulation d’un processus d’alerte et d’un guide d’établissement d’un plan d’urgence territorial (90 jours) ;

– le dossier d’appel d’offres et du coût financier de la mise en place du système d’alerte au tsunami au Maroc.

La position géographique du Royaume l’expose aux tsunamis, même si ces derniers sont assez rares. En témoigne celui du 1er novembre 1755. Provoquée par un tremblement de terre survenu au Portugal, à Lisbonne, la vague avait dévasté les côtes atlantiques, causant d’énormes dégâts humains et matériels.

Pour gagner du temps et sauver des vies en cas de tsunami, le Maroc a souhaité renforcer sa résilience à ce phénomène naturel. El Jadida a par ailleurs été désignée par l’Unesco pour représenter le continent africain dans le cadre du programme “Tsunami Ready”, au même titre que la ville d’Alexandrie, en Egypte. 

A noter que le terme “tsunami” est composé de deux termes japonais : “tsu” (port) et “nami” (vague). Il désigne une onde provoquée par le rapide mouvement d’un grand volume d’eau dans l’océan ou en mer. Ce mouvement est généré par l’activité sismique (88%), l’activité volcanique, les glissements de terrain (10%) et l’activité météorologique (2%). 

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