Doray, la marque espagnole de miel, installe une usine au Maroc
Doray, dont 80% des ventes proviennent des marchés internationaux, a débuté son aventure au Maroc au début des années 1990. Aujourd’hui,le pays représente déjà 30% de son chiffre d’affaires, au même niveau que les États-Unis, selon le journal El Correo.
L’implantation d’une nouvelle unité de production au Maroc permettra non seulement de renforcer sa position sur ce marché clé, mais aussi d’accéder plus facilement à d’autres destinations comme l’Arabie saoudite et l’Égypte, grâce à des accords bilatéraux plus favorables qu’en Europe, rapporte la même source.
Basée à Espartinas, en Andalousie, Doray continue également d’investir dans la promotion du miel andalou et espagnol à travers sa marque propre. Longtemps tournée vers la production pour des marques blanches, l’entreprise met désormais l’accent sur le développement de produits innovants adaptés aux tendances de consommation actuelles. Parmi ses nouvelles références, on retrouve des sauces et toppings à base de miel, associés à des ingrédients comme le piment, la truffe noire ou le wasabi.
Avec l’ouverture de son usine marocaine, Doray prévoit d’augmenter ses effectifs locaux pour atteindre un niveau similaire à celui de son site en Espagne, qui emploie actuellement plus de 30 personnes. Cette expansion confirme la place stratégique du Maroc dans le développement industriel et commercial de la marque à l’échelle mondiale.
Cannabis. Production, autorisations, bénéficiaires…, le bilan des activités de l’ANRAC en 2024
Le conseil d’administration de l’ANRAC s’est tenu ce jeudi 26 décembre, à Rabat. L’occasion de dresser le bilan de ses activités en 2024 et d’élaborer des pistes de travail pour l’année 2025.
Place donc au bilan de cette année 2024.
L’ANRAC a examiné et traité, au cours de cette année, 4.158 demandes d’autorisation, et en a délivré 3.371 dont les bénéficiaires sont les suivants :
– 3.056autorisations au profit de 2.907 agriculteurs pour l’activité de culture et de production de cannabis contre 430 autorisations délivrées en 2023 ;
– 315autorisations au profit de 158opérateurs.
Elles se répartissent comme suit :
77autorisations pour l’activité de transformation ;
83autorisations pour l’activité de commercialisation ;
67autorisations pour l’activité d’exportation ;
35autorisations pour l’activité d’importation des semences ;
50autorisations pour l’activité de transport ;
1 autorisation pour l’activité d’exportation des semences ;
2 autorisations pour l’activité de création et d’exploitation de pépinières.
Les 158 opérateurs concernés comprennent :
35 coopératives ;
87 sociétés ;
36 personnes physiques.
Pour ce qui est du travail de certification, l’ANRAC a certifié 7,6 millions de semences importées de cannabis sur la base de 30 autorisations d’importation octroyées par l’ONSSA à 21 importateurs. Elle a aussi autorisé l’utilisation de 1. 717 quintaux de semences Beldia, sur la base des 112 autorisations d’utilisation de ces semences octroyées par l’ONSSA à 112 coopératives.
En 2024, 2.169 hectares ont été plantés en cannabis licite par 2.647 agriculteurs regroupés au sein de 189 coopératives. Voici la répartition de ces plantations :
1.701 hectares semés avec la variété locale Beldia par 1.767 agriculteurs regroupés en 109 coopératives ;
468 hectares semés avec les variétés importées par 880 agriculteurs regroupés en 80 coopératives.
Quant à la production en cannabis licite en 2024, elle s’élève à 4.082,4 tonnes, avec un rendement moyen de 20 q/ha. Cette production est répartie comme suit :
2.786,7 tonnes issues de la variété Beldia, avec un rendement moyen de 17 q/ha.
1.295,7 tonnes issues des variétés importées, avec un rendement moyen de 28 q/ha.
Au conseil d’administration de l’ANRAC, il a été souligné que les opérations de suivi et de contrôle réalisées par cette institution durant l’exercice 2024 ont montré que toutes les activités relatives au cannabis, entreprises par les agriculteurs et les opérateurs, sont conformes aux dispositions réglementaires.
Pour ce qui est de l’année 2025, l’ANRAC s’est engagée à redoubler ses efforts pour consolider les actions entreprises et promouvoir les initiatives requises pour structurer le développement de la filière du cannabis dans un cadre légal qui assure aux agriculteurs un exercice sécurisé et valorisé de leur activité, et qui garantit aux opérateurs de cette filière des conditions optimales d’accessibilité aux marchés internationaux. La finalité est de contribuer au développement socio-économique des zones concernées par la réglementation, à savoir les trois provinces de Chefchaouen, Taounate et Al Hoceïma.
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Rappelons que cette année 2024 a connu un grand fait marquant : la grâce royale accordée le 19 août à 4.831 personnes en relation avec la culture illicite du cannabis. Ce geste royal a été bénéfique aux concernés et à leurs familles. Il leur a permis de se consacrer de nouveau à leur gagne-pain quotidien, mais dans la légalité et sans craindre de se retrouver pourchassés ou derrière les barreaux.
L’autre point saillant dans le bilan de l’ANRAC est l’augmentation substantielle des cultures licites autorisées par cet organisme étatique. La légalisation du cannabis pour des usages licites a d’abord bénéficié aux agriculteurs, à leurs familles et aux coopératives qui ont été créées. Et quand l’activité licite progresse, cela signifie que l’activité illégale recule.
Souss-Massa. Les performances de la filière agrumicole en amélioration
La récolte des variétés précoces d’agrumes a démarré dans la région de Souss-Massa à la fin du mois de septembre. Les premières exportations ont été expédiées il y a quelques jours, stimulées par des prévisions de production plus élevées que lors de la campagne précédente. Selon la direction régionale de l’agriculture de Souss-Massa, les vergers d’agrumes occupent un peu plus de 39.000 hectares dans le Souss, soit près de la moitié de la superficie nationale dédiée à cette filière.
D’après nos informations, la production prévisionnelle est estimée à 471.550 tonnes, soit une hausse de 28 % par rapport à la campagne 2023-2024. Dans le détail, la production attendue des variétés de petits fruits (Clémentine, Nour, Nova, Ortanique, Nadorcott) s’élève à 297.750 tonnes, en hausse de 26 %.
Celle des variétés d’oranges (Navel, Salustiana, Sanguine, Maroc Late) est estimée à 155.800 tonnes, en hausse de 37 %. Enfin, la production prévisionnelle de citrons et autres agrumes devrait atteindre 18.000 tonnes. Sur le plan des exportations, une augmentation de 39 % est prévue pour un total de 380.100 tonnes, dont 301.750 tonnes de petits fruits et 74.550 tonnes d’oranges.
Des résultats en nette amélioration, en raison « des conditions climatiques qui étaient meilleures lors de cette campagne par rapport à la précédente, où les vergers avaient souffert de cinq vagues de chaleur. Cette année, le climat a été favorable pendant la floraison et la nouaison », explique à Médias24 une source professionnelle.
« Certes, il y a bien eu des vagues de chaleur, mais moins nombreuses que lors de la campagne précédente et, surtout, elles sont intervenues après le 15 juillet, au-delà du stade critique du cycle de production des agrumes qui correspond à la nouaison (le moment où les fruits commencent à se former, ndlr) », poursuit-elle. Ainsi, le rendement s’est amélioré, tout comme la qualité.
« En termes de qualité, l’absence de vagues de chaleur fréquentes et extrêmes, qui retardent la coloration, a été bénéfique aux fruits. En plus de la coloration et du calibre, qui sont meilleurs que l’année dernière, le taux de jus et de sucre est également satisfaisant », précise notre interlocuteur.
Une amélioration de la coloration est attendue
En outre, si la récolte précédente avait révélé un problème de granulation, qui se traduit par un fruit à l’aspect blanchâtre et sec, c’est moins le cas pour la campagne 2024-2025. De plus, « les prochaines pluies annoncées devraient également contribuer à améliorer la coloration des fruits », annonce-t-il.
Cela dit, les conditions climatiques n’ont pas été optimales tout au long du cycle de production. « Les fortes rafales de vent qu’a connues la région au mois d’avril ont causé des marbrures sur les fruits dans les fermes où il y avait moins de brise-vent comme les cyprès. »
De surcroît, les ressources hydriques n’étaient pas illimitées. Certains producteurs en ont souffert, notamment ceux qui dépendent des dotations agricoles provenant des barrages. « Il y a eu des vergers qui ont été arrachés en totalité pour laisser place à d’autres cultures nécessitant moins d’eau, comme le cactus, la vigne ou la pêche nectarine notamment dans les zones de Oulad Teima et El Guerdan », déplore notre source.
« Dans le meilleur des cas », poursuit notre source, « ces agriculteurs ont donné un peu d’eau aux arbres pour les maintenir en vie en attendant que les barrages se remplissent. Certains ont réduit la superficie de 40 à 60 %, en fonction des dotations qu’ils recevaient habituellement des barrages. »
Cette réalité ne date malheureusement pas d’hier. Bien que la mise en place du Plan Maroc Vert a permis d’augmenter la superficie agrumicole à l’échelle nationale de 45.000 hectares, passant de 85.000 en 2008 à 130.000 hectares en 2020, les dernières années sèches ont mis à mal ce développement. Environ 35.000 hectares d’agrumes ont été arrachés ces dernières années, ramenant ainsi la superficie agrumicole en dessous des 100.000 hectares.
Fruits rouges. Tout ce qu’il faut savoir sur la campagne 2023-2024
Bien que la superficie dédiée aux fruits rouges se soit stabilisée au cours des deux dernières années, les exportations marocaines de fruits rouges, qu’il s’agisse de produits frais ou transformés, ont connu une nette hausse lors de la campagne 2023-2024, en particulier pour la myrtille.
Certes, la filière fait face à plusieurs défis, tels que le stress hydrique dans la région du Souss et la flambée des prix des intrants agricoles. Mais elle maintient de solides performances à l’export. Selon l’Association marocaine des producteurs de fruits rouges, ces produits agricoles riches en antioxydants sont cultivées dans le Gharb, le Loukkos et le Souss. Ils occupent une superficie de 12.500 hectares :
– 5.300 hectares de myrtilles ;
– 4.300 hectares de framboises ;
– 2.500 hectares de fraises ;
– 150 hectares de mûre et baie de goji ;
La répartition géographique de cette surface se décline comme suit :
– 7.290 ha dans le Gharb ;
– 4.960 ha, répartis entre Souss Massa et Dakhla ;
La production marocaine de fruits rouges, qui s’étale généralement de septembre à juillet, est en grande partie destinée à l’exportation. À fin juin 2024, 206.720 tonnes de produits frais et transformés ont été exportées, principalement vers l’Europe, marquant une hausse de 8% par rapport à la campagne précédente.
En détail, les exportations de produits frais, totalisant 144.435 tonnes, ont augmenté de 7%. Les produits transformés, quant à eux, atteignent 62.285 tonnes et ont connu une hausse de 11%. Les ventes des myrtilles fraîches et transformées, ont enregistré la plus forte augmentation, avec 75.084 tonnes exportées, soit une hausse de 32%. Cette croissance est en grande partie attribuable aux exportations de myrtilles transformées (7.598 tonnes), qui ont plus que doublé en l’espace d’un an.
En revanche, les exportations de framboises (67.933 tonnes) et de fraises (61.076 tonnes), affichent un léger recul, respectivement de 4% et 1%. La campagne d’exportation des fraises a été affectée par une baisse de 3% des ventes de produits frais, qui s’élèvent à 18.407 tonnes. De même, les exportations de framboises fraîches ont connu une diminution de 6%, atteignant 56.093 tonnes pour les produits frais. A contrario, les exportations de framboises transformées ont progressé, atteignant 11.840 tonnes, soit une hausse de 7%.
Entre 6.000 et 7.000 m³ d’eau par hectare
La fiabilité et la proximité géographique de l’écosystème marocain de fruits rouges lui confèrent un avantage certain sur un marché où la concurrence est féroce. Toutefois, la filière fait face à plusieurs obstacles majeurs qui entravent sa croissance, notamment le stress hydrique, particulièrement dans le bassin de production d’Agadir.
Un hectare de fruits rouges nécessite entre 6.000 et 7.000 m³ d’eau. Étant donné que l’eau dessalée n’est pas systématiquement privilégiée pendant le cycle de production, les eaux souterraines restent la principale source d’irrigation pour les producteurs. « L’eau dessalée ne répond pas à toutes les spécificités et besoins des cultures de fruits rouges. Les stations de dessalement, comme celle d’Agadir, ont été conçues selon un cahier des charges basé sur la tomate comme culture de référence », déplore l’AMPFR.
La teneur en certains éléments dans l’eau dessalée n’est pas adéquate par rapport aux besoins de la myrtille, une culture sensible au chlorure. « L’eau de mer a une salinité totale qui varie de 33 à 39 g/l. Le chlore tout seul représente jusqu’à 19 g/l », détaille Fouad Amraoui, chercheur et professeur en hydrologie à l’Université Hassan II de Casablanca.
« Le dessalement peut ramener la salinité de l’eau à moins de 1 g/l pour qu’elle serve à l’usage domestique. Le chlore donc représente 40 à 50%, soit 400 à 500 mg/l. Pour certaines cultures sensibles comme les fruits rouges, l’utilisation de l’eau dessalée peut être un frein à moyen terme en matière de rendement agricole et de salinisation des sols », ajoute-t-il.
Ravageurs et hausse du prix des intrants
Dès lors, les exploitants tentent d’optimiser leur consommation hydrique à partir des eaux souterraines. « Les producteurs utilisent des sondes, des capteurs et des agrotextiles (matériaux offrant une protection contre le soleil, ndlr) pour gérer au mieux et limiter l’utilisation des ressources en eau », assure à Médias24 l’Association marocaine des producteurs de fruits rouges.
Les brûlures sur les plantes, causées par des vagues de chaleur extrême et le chergui
Autres problématiques majeures, les conditions climatiques, à l’image des températures extrêmement élevées qui ont été enregistrées dans le Souss lors de la campagne 2022-2023. En outre, le changement climatique impacte les cycles de production. « Ce décalage des saisons résulte sur un décalage des fenêtres de production et une perte de rendement allant de 5 à 20% », regrettent les professionnels du secteur. De plus, les producteurs se retrouvent parfois dans l’incapacité d’honorer leur programme d’exportation.
La flambée des prix des intrants agricoles a également un impact sur la filière des fruits rouges, notamment la hausse des frais de structures, du carburant, des engrais (20 à 30%) et les coûts de location du terrain (150%). Sans oublier l’augmentation des prix des produits phytopharmaceutiques (20 à 30%), qui ont une importance capitale.
Sachant que la majorité des plants de fruits rouges utilisés au Maroc sont importés, le risque d’importer des plants contaminés est grand. D’autant que le Xylella fastidiosa, une bactérie qui empêche la plante de s’alimenter connaît un développement inquiétant en Espagne, « pays d’où sont importés 93% des plants de fraises », souligne notre source, qui préconise le développement d’une filière de multiplication de plants localement.
Pis, avec l’intensification du réchauffement climatique « et la limitation des matières actives de gestion des insectes, le Thrips, les acariens ou encore les pucerons deviennent un problème journalier. Il faut donc augmenter la vigilance et veiller au respect strict des mesures prophylactique », conclut l’AMPFR.
Sonasid : la nouvelle licence d’importation des billettes n’impactera pas le groupe
La billette est un matériau utilisé dans l’industrie de la sidérurgie-métallurgie, notamment pour la production de fil machine et de ronds à béton vendus aux acteurs du BTP. Le 14 juin dernier, l’Administration des douanes et impôts indirects a publié une circulaire informant que les importations de billettes seront soumises à une licence d’importation.
Cette décision intervient dans le but de protéger la production locale et d’assurer une certaine traçabilité de l’origine des billettes. Il convient de rappeler que quelques entreprises locales approvisionnent 70% du marché. Les 30% restants sont fournis par des importations. C’est cette part qui fait l’objet de la mesure de protection (licence d’importation). Les conditions de délivrance des licences d’importation n’ont pas été explicitées.
Un meilleur contrôle souhaité sur les origines de la billette
Cette mesure, même si les contours ne sont pas encore totalement explicités, aura pour but d’établir une traçabilité de la billette qui entre au Maroc, et de doper le marché local face aux importations étrangères.
Contacté à ce sujet, Ismaïl Akalay, directeur général de Sonasid, nous explique que « les autorités ont décidé de mettre en place une licence pour importer de la billette, car les importations étaient généralement effectuées depuis des pays non producteurs de billettes. Soumettre l’importation de billette à une autorisation permettra de connaître son origine ainsi que sa qualité. C’est une information importante car ces données étaient inconnues ».
Mais le dirigeant rappelle que « cela devrait notamment avoir un impact en cas de mise en place d’une éventuelle taxe carbone ». Pour le moment, les conditions de délivrance des licences n’ayant pas été détaillées, il est impossible de savoir s’il y aura des interdictions d’importation de certains types de billettes ou en fonction de leur provenance. Le futur le dira.
Côté bourse, quelles sont les implications opérationnelles pour un opérateur côté comme Sonasid ?
Sonasid deviendra producteur de billettes dès cette année
Le groupe côté n’est factuellement pas concerné par la décision douanière et la licence sur l’importation de billette. En effet, le groupe assure la production de ses billettes au niveau de son aciérie depuis des années, et importait une quantité limitée de certaines nuances dont il ne disposait pas. Grâce à son plan d’excellence opérationnelle, visant à optimiser sa production et à réduire ses coûts, Sonasid produira l’intégralité de sa billette à partir de cette année.
« Il existe sur le marché international une nuance spécifique de billettes nécessaire à la production de certains aciers. N’étant pas en mesure de la produire au Maroc, Sonasid importait en moyenne 40 à 60 Kt par an de cette qualité de billette. Dans le cadre de l’exécution de notre plan stratégique portant sur l’excellence opérationnelle, l’optimisation des coûts et le développement de produits à haute valeur ajoutée, nous avions consacré un investissement de 5 millions d’euros afin de permettre à Sonasid de produire pour la première fois au Maroc cette billette », nous explique Ismaïl Akalay.
Le groupe a opté pour ce choix de façon à limiter ses coûts. « Nous prévoyons de démarrer cette année la production de cette billette. Nous attendons également d’importants gains en termes de coûts pour cette nouvelle nuance produite par Sonasid en comparaison avec celle qui était importée. À l’avenir, à l’exception de quelques achats réalisés de manière opportune si le prix se rapproche de celui de la ferraille, nous n’en importerons plus ».
Si une éventuelle taxe carbone est mise en place, le groupe pourrait en revanche en bénéficier du fait de sa production majoritairement alimentée par les énergies renouvelables. « Les billettes produites à partir du minerai en provenance du Moyen-Orient notamment commençaient à rentrer au Maroc de manière importante. Aujourd’hui , nous émettons 400 kilos de CO2 par tonne de billette produite, alors que la billette importée produite à base minerai en émet 2 tonnes », conclut le dirigeant.
SIAM. « Les cultures exportatrices d’eau n’ont pas que des inconvénients » (Rachid Benali)
Les exportations agricoles marocaines ont été produites grâce aux ressources en eau du pays. Mais il serait réducteur de limiter la notion d’eau virtuelle exportée dans les fruits et légumes à cet unique aspect. C’est en tout cas l’avis de Rachid Benali, reçu sur le plateau de Médias24, ce mercredi 24 avril, lors du Salon international de l’agriculture, organisé à Meknès.
Si le président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader) n’ignore pas que le Maroc exporte de l’eau dans les fruits et légumes, il souligne aussi que le pays en importe beaucoup plus. Tout en insistant sur l’importance socio-économique des cultures exportatrices, en offrant des journées de travail pour la main-d’œuvre rurale, 70 fois plus que ne le font les cultures céréalières selon ses mots.
Les résultats soulignent que le Royaume a été un importateur net d’eau virtuelle au cours de la période étudiée. Autrement dit, « la balance de l’eau virtuelle est positive, au profit du Maroc« , précise Abdeslam Boudhar, l’auteur principal de l’étude. « Il faut mettre en avant l’importance socio-économique des cultures exportatrices », insiste Rachid Benali.
« Certes, ces filières ne paient pas le juste prix de l’eau qu’elles utilisent », reprend-il, « mais en parallèle, elles sont une source d’emploi importante pour le monde rural. Le Maroc est un pays où il y a 16 millions d’habitants dans les zones rurales dont 13 millions qui vivent directement de l’agriculture ».
Sur l’ensemble de cette population, « 3 millions et demi sont employés dans le secteur agricole, notamment pour produire des tomates et des fruits rouges », précise M. Benali. A titre d’exemple, notre interlocuteur indique qu’un hectare de tomate, dont une grande partie de la production est exportée, offre du travail à 7 personnes en moyenne.
En comparaison, « un hectare de blé emploie 0,1 travailleur par hectare. Si on arrête les exportations, que va-t-on faire de toutes ces personnes ? », s’interroge Rachid Benali, qui exprime par la même occasion son incompréhension sur le fait que l’on se focalise sur les produits exportés.
« Mais combien d’hectares cela représente vraiment ? Si l’on prend les fruits rouges, la tomate, le melon et l’avocat, on atteint une superficie de 30.000 ha. Le problème hydrique au Maroc se pose pour toutes les superficies cultivées. Si on doit trouver des solutions, il faut traiter la problématique de l’eau dans sa globalité », avance-t-il.
Irriguer les cultures exportatrices à partir de l’eau dessalée
Pour assurer un équilibre entre le besoin d’exporter et celui de rationaliser l’eau, le président de la COMADER suggère d’installer les cultures dites consommatrices et exportatrices d’eau dans des zones côtières pour une irrigation à partir de l’eau dessalée. « Le meilleur exemple a été mis en œuvre par le ministère de l’Agriculture du projet de Dakhla, qui est inépuisable et autonome, grâce à l’eau pour l’irrigation, ainsi que l’éolien et le photovoltaïque pour l’énergie », se réjouit le président de la COMADER.
Concrètement, il s’agit d’un périmètre irrigué d’une superficie de 5.200 ha qui entrera en production à l’horizon 2025 dans la province de Dakhla-Oued Eddahab, plus précisément dans la commune de Bir Anzarane. Ce périmètre agricole sera exclusivement irrigué à partir de la future station de dessalement de Dakhla. Elle sera alimentée par un parc éolien qui produit une énergie allant de 40 à 60 mégawatts.
Une station de la plus haute importance, qui a nécessité 2,5 milliards de dirhams (MMDH), dont 1,35 MMDH d’investissement public, pour une capacité de 37 millions de m³ au prix de 2,50 DH/m³. Si l’on en croit la Direction de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole (DIAEA), d’autres projets d’irrigation par dessalement de l’eau de mer sont identifiés ou en cours d’étude.
Les zones concernées sont Sidi Rahal (périmètres d’irrigation associé à la station de dessalement de Casablanca), Tan-Tan (associé à une unité de dessalement en cours d’étude dans le cadre de la convention de partenariat avec la région de Guelmim-Oued Noun), l’Oriental, Boujdour, Tiznit et Essaouira.
Cela dit, l’eau dessalée n’est pas une solution miracle pour toutes les cultures. Il est vrai que la production de l’eau dessalée prend en considération les exigences des cultures, conformément à la norme marocaine de l’irrigation qui fixe les valeurs limites universelles (ou seuils tolérables) pour les paramètres bactériologiques, parasitologiques, toxiques et physico-chimiques des eaux destinées à l’irrigation.
Néanmoins, pour certaines cultures qui ont des exigences particulières telles que la teneur en certains minéraux, la salinité, le pH, etc. , « des ajustements sont nécessaires pour assurer une production optimale et sont opérés par les agriculteurs », concède la DIAEA. C’est le cas des fruits rouges.
Lancement des candidatures pour la 2e édition du programme Go To Market
La 2e édition du programme « GO TO MARKET » est lancée, offrant aux entreprises exportatrices dans les secteurs de l’industrie et des services une opportunité d’accompagnement à l’international.
Initié par le ministère de l’Industrie et du commerce, en collaboration avec le ministère de l’Économie et des finances, l’AMDIE et l’ASMEX, cet appel à manifestation d’intérêt invite les entreprises intéressées à soumettre leur dossier de candidature avant le lundi 1er avril 2024.
Ce programme cible les entreprises dont le chiffre d’affaires à l’export annuel dépasse 5 MDH sur les deux derniers exercices, et qui disposent d’un business-plan démontrant un potentiel confirmé à l’export ou des opportunités non encore exploitées, avec une programmation structurée des opérations sur la période 2024-2025, ainsi qu’un positionnement dans un nouveau produit ou un nouveau marché.
Il s’agit d’un accompagnement sur mesure, individualisé et différencié selon le profil de l’entreprise et articulé autour de ses ambitions et besoins réels et spécifiques en matière de développement à l’international. Il vise à appuyer les entreprises pour renforcer leur compétitivité à l’international et leur offrir les moyens appropriés pour mieux accéder aux marchés étrangers.
Le Maroc est le seul pays africain et arabe à réguler l’export de ses météorites(Dr Hasnaa Chennaoui)
Dr Hasnaa Chennaoui, professeure à l’université Hassan II de Casablanca, spécialiste des météorites et cratères d’impact, a consacré un article scientifique à la nouvelle réglementation marocaine sur la collecte et l’exportation des météorites.
Paru dans la revue de référence Meteoritics & Planetary Science, l’article expose les grandes lignes d‘une réglementation unique en son genre dans la région ainsi que par rapport à d’autres pays à fort potentiel de collecte de météorites.
« Il était indispensable pour nous que cette nouvelle législation au Maroc soit accessible et compréhensible par les chercheurs du monde entier qui travaillent sur les météorites, d’où cet article paru dans la revue Meteoritics & Planetary Science. Je ne connais aucun laboratoire dédié à l’étude de la matière extraterrestre qui n’a jamais travaillé sur des météorites provenant du Maroc. Idem pour les musées internationaux. Tous les conservateurs de collections de météorites dans le monde entier disposent en effet de météorites d’origine marocaine« , se félicite la chercheuse marocaine.
Genèse d’une réglementation unique dans la région
En 2014, le Maroc met à jour sa loi relative aux mines incluant un article, qui citait le géopatrimoine comme incluant les fossiles, les minéraux et les météorites. Cet article dispose que leur collecte et leur exportation seraient réglementées par décret.
En 2019, le Service géologique marocain et l’Association pour la protection du patrimoine géologique du Maroc (APPGM), à laquelle adhère notre interlocutrice, préparent le décret d’application de cet article, discuté et approuvé par le gouvernement marocain et mis en œuvre en février 2020.
« L’exportation de météorites ainsi que d’autres échantillons du géopatrimoine national tels que les fossiles ou les minéraux n’était ni totalement légale ni illégale, avant le décret de 2020, car il n’existait pas de réglementation spécifique. En 2004, j’avais intégré l’APPGM pour exercer du lobbying avec l’espoir d’asseoir une législation consacrée à la valorisation du patrimoine géologique. L’idée de base était de mettre en place un projet de loi dédié, en collaboration avec la direction de la Géologie. Différentes moutures ont vu le jour au travers des années. Du fait de la complexité du processus législatif, le projet de loi a été mis de côté au profit du projet de décret d’application de l’article qui figurait dans la loi relative aux mines », raconte Dr Hasnaa Chennaoui.
« Au lieu de poursuivre le projet de loi sur le patrimoine géologique qui était très lourd, nous avions ainsi décidé de travailler sur le décret d’application de cet article qui a été mis en œuvre en février 2020 », explique-t-elle.
Un système gagnant-gagnant
Destiné aux différents acteurs concernés par les météorites, notamment les chercheurs, les collectionneurs, les commerçants, les exportateurs et les acheteurs internationaux de météorites, cet article est d’une grande importance et utilité, estime Dr Hasnaa Chennaoui, puisqu’il expose, avec clarté, la législation marocaine en la matière.
« Tout un chacun a la possibilité de soumissionner une demande, auprès de la direction de la Géologie, relevant aujourd’hui du ministère de la Transition énergétique et du développement durable, pour être officiellement autorisés à ramasser que ce soit des fossiles, des minéraux ou des météorites. Les chasseurs sont amenés à renseigner des informations indicatives telles que le lieu de la découverte ou encore la classification primaire de leurs trouvailles (ex : taille). Ils s’engagent par ailleurs à laisser une part de chaque objet exporté, l’équivalent d’une vingtaine ou d’une quarantaine de grammes selon la masse totale, au niveau de la direction de la Géologie », note la spécialiste marocaine des météorites.
Elle estime que c’est une réglementation gagnant-gagnant, qui permettrait la collecte et l’exportation légales de météorites selon des règles claires, bénéficiant à la fois aux chasseurs et aux scientifiques mais aussi au pays.
Un système qui a en outre l’avantage d’être unique dans la région ainsi que par rapport à d’autres pays à fort potentiel de collecte de météorites. « Le Maroc est le seul pays africain et arabe disposant d’une réglementation qui autorise et régule l’export des météorites. Tous les pays voisins ayant un grand potentiel en termes de météorites, comme le Sultanat d’Oman, interdisent strictement l’export de ces roches. C’est ce qui était initialement prévu dans l’ancien projet de loi sur lequel nous travaillions. Sauf que ce système ne protège aucunement ce patrimoine qui demeure, même en cas d’interdiction, sujet à l’exportation illégale », souligne Chennaoui.
Les météorites marocaines contribuent à au moins 50% de la littérature scientifique internationale
Les premières météorites ramassées au Maroc datent des années 2000. Elles étaient collectées particulièrement par des nomades qui maitrisent les roches de leur environnement, explique notre interlocutrice. « La communauté marocaine de chasseurs de météorites a commencé dès lors à s’installer progressivement. Nous sommes ainsi passés de nomades à des personnes qui en ont fait leur métier. Aujourd’hui, nous comptons plus de 16.000 météorites collectés sur le sol marocain et dans les pays de la région « , renchérit-t-elle.
« Un météorite est une roche extraterrestre de différentes tailles. Avant qu’elle ne rentre dans l’atmosphère terrestre, la roche est appelée un météoroïde. Une fois dans l’atmosphère de la Terre, elle est dénommée météore, ce à quoi nous référons par phénomène lumineux. Quand elle atteint la surface de la Terre, à ce moment là, nous parlons de météorite, dont la taille peut varier de quelques grammes à des tonnes. La plus grosse chute observée de météorite dans le Sud du Maroc (région de Ouarzazate) est celle de Tamdakht, tombée en décembre 2008 et vue par des milliers de témoins oculaires de Agadir, Marrakech, Ouarzazate. Nous avons estimé la masse totale collectée à plus de 500 kg », rappelle l’experte.
Plus ils sont rares, plus ils coûtent cher. « Le prix de vente des météorites dépend de leur rareté. Les météorites ordinaires coûtent approximativement quelques milliers de dirhams pour le kilogramme. Mais par exemple une météorite lunaire extrêmement rare, dénichée au début des années 2000 au Maroc, s’est commercialisée à 10.000 dollars pour le gramme. Aujourd’hui les météorites lunaires étant beaucoup plus répandues, leur prix a chuté de façon drastique », poursuit notre experte insistant sur l’importance du rôle que jouent les chasseurs de météorites.
« Les météorites ramassés par les chasseurs marocains contribuent en effet à au moins 50% de la littérature scientifique internationale dédiée aux météorites », précise-t-elle.
Si le Maroc est une terre habituelle de météorites De facto, disposant aujourd’hui d’une réglementation ambitieuse lui permettant de mieux préserver ces roches extraterrestres, il n’en reste pas moins que la vente illicite des météorites persiste encore dans le pays.
« L’entrée en vigueur du décret de 2020 avait coïncidé avec Covid. Il n’a donc malheureusement pas eu l’effet escompté. Les statistiques ne sont pas à la hauteur de ce que l’on souhaiterait. Malgré le fait que ces efforts profitent aux chasseurs de météorites et qu’il s’agisse d’un système gagnant-gagnant, la vente illégale de météorites persiste au Maroc, notamment sur les réseaux sociaux. Mon article intervient donc pour expliquer à toutes les personnes intéressées qu’il n’y a aucun intérêt de rester dans l’illégalité », conclut Hasnaa Chennaoui.