La mère de Mohamed Boudrika devant la justice marocaine, lui, toujours en détention à Hambourg

MISE À JOUR : Selon une source judiciaire, le parquet a décidé de classer l’affaire à l’égard de la mère de Boudrika, faute de preuves. 

La mère de Mohamed Boudrika est suspectée d’avoir volé 6 millions de dirhams dans le coffre-fort de son défunt demi-frère. Dans le cadre de cette affaire, elle a été déférée devant le parquet compétent le mercredi 16 avril. Celui-ci a décidé de la poursuivre en état de liberté provisoire, indique à Médias24 une source judiciaire.

Selon les informations recueillies, sept autres personnes sont également impliquées dans cette affaire à caractère familial.

« Cette affaire n’a aucun lien avec le dossier de son fils, Mohamed Boudrika. Il s’agit d’un différend strictement familial impliquant la famille maternelle et non la famille Boudrika », précise la même source.

Il est toutefois légitime que des interrogations surgissent quant à un éventuel lien avec Mohamed Boudrika, tant les ennuis judiciaires se multiplient autour de son nom. En détention à Hambourg depuis neuf mois, sa situation reste en suspens en attendant la décision des autorités allemandes concernant la demande d’extradition formulée par le Maroc.

Des rumeurs font état d’un transfert imminent vers le Maroc, prévu pour le mardi 22 avril. Contactées à ce sujet par nos soins, les autorités allemandes n’ont pas souhaité faire de commentaire. Le bureau fédéral du parquet de Hambourg a indiqué « ne pas être en mesure de fournir des informations à ce sujet ».

Pour rappel, le tribunal régional supérieur de Hambourg a jugé recevable, le 26 février dernier, la demande d’extradition et ordonné le maintien en détention de Mohamed Boudrika. Toutefois, la décision finale revient à l’Office fédéral de la justice, qui, également contacté par nos soins, a préféré ne pas commenter, invoquant la confidentialité propre aux procédures de coopération judiciaire internationale.

Pour rappel, un autre membre de la famille Boudrika fait face à la justice. Il s’agit de Abdellah Boudrika, frère cadet de Mohamed, qui a été condamné à deux reprises à la prison ferme pour falsification de documents. Une première fois à cinq ans, puis à six ans.

L’un de ses procès en appel est actuellement en cours. Il a débuté le 10 mars devant la cour d’appel de Casablanca.

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Extradition de Mohamed Boudrika : la justice allemande déclare la demande du Maroc “recevable”

La demande d’extradition de Mohamed Boudrika vers le Maroc est déclarée « recevable’’, par le tribunal régional supérieur de Hambourg. La décision date du 26 février dernier. C’est ce qu’indique à Médias24 le bureau du procureur de Hambourg.

Selon la même source, le tribunal régional supérieur a également « ordonné le maintien de la détention en vue de l’extradition« .

Il convient de préciser que, selon les informations recueillies auprès de la même source, ceci ne constitue qu’une étape de la procédure d’extradition qui démarre par une demande dont les documents doivent être examinés, puis soumis au tribunal régional supérieur. Celui-ci ne statue que sur la recevabilité de la demande ; l’approbation, elle, dépend de l’Office fédéral de la justice.

Pas d’indications sur le délai

En attendant cette prochaine étape, Mohamed Boudrika sera donc maintenu en détention, sachant que cela fait près de 8 mois qu’il l’est déjà.

Le bureau du procureur de Hambourg, contacté par Médias24 à plusieurs reprises, n’a jamais donné d’indications concernant la durée de détention restante, même potentielle, de Mohamed Boudrika. Et ce, parce qu’aucun délai n’oblige les autorités allemandes à le libérer même de manière provisoire.

Selon Soufiane Bairouk, juriste basé en Allemagne, contacté par Médias24, « le droit allemand permet la détention provisoire dans le cadre d’une extradition, même en l’absence d’actes illégaux sur le territoire allemand ». Cela dit, « la durée de détention peut être contestée si la procédure d’extradition est anormalement longue ou disproportionnée ».

Le droit allemand prévoit « des garanties pour prévenir des détentions prolongées injustifiées, notamment via un contrôle régulier de la proportionnalité et des alternatives à la détention », sachant qu’il n’existe « pas de délai maximal pour le traitement d’une demande d’extradition », mais qu’une lenteur excessive peut donner lieu à des contestations juridiques.

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Extraditions : le Maroc émet deux fois plus de demandes qu’il n’en reçoit

39 demandes d’extradition adressées aux autorités marocaines en 2023, contre 72 émises par le Royaume. C’est ce que révèle le rapport annuel de la présidence du ministère public de 2023.

L’analyse des données relatives aux demandes d’extradition adressées au Maroc et émises par les autorités marocaines en 2023 met en lumière plusieurs importants aspects concernant la coopération judiciaire internationale, et les défis auxquels le Maroc est confronté dans ce domaine.

Tout d’abord, en ce qui concerne les demandes reçues par le Maroc, 39 demandes d’extradition ont été émises par différentes autorités judiciaires étrangères. Parmi celles-ci, seules 8 ont été exécutées, soit un taux d’exécution d’environ 20,5%. Ce taux relativement faible peut être attribué à une multitude de facteurs, tels que la complexité des procédures judiciaires, les exigences légales marocaines, ou encore des considérations diplomatiques.

Il est également important de noter que ces 8 extraditions exécutées concernent uniquement les demandes reçues en 2023, tandis que le nombre total d’extraditions effectuées sur l’année, toutes périodes confondues, s’élève à 25.

Le Maroc fait face à un grand nombre de demandes en cours de traitement (31), ce qui montre qu’une part importante des demandes d’extradition reste en suspens. Parmi les pays ayant adressé des demandes au Maroc, la France se distingue avec 10 demandes, suivie de l’Espagne (5) et de l’Arabie saoudite, de la Suisse et de la Tunisie (3 chacune).

42 demandes d’extradition adressées à l’Espagne

D’autre part, les autorités marocaines ont émis un total de 72 demandes d’extradition à l’international, soit presque le double des demandes reçues. Là encore, l’Espagne se distingue, avec 42 demandes émises à son adresse, représentant 59% du total des demandes marocaines.

Selon la présidence du ministère public, cette concentration des demandes vis-à-vis de l’Espagne s’explique en partie par la proximité géographique et la présence d’une large communauté marocaine dans ce pays. La France et l’Allemagne suivent avec 5 demandes chacune. Cependant, malgré le grand nombre de demandes émises, seulement 6 extraditions ont été effectivement réalisées, soit un taux d’exécution de 8,3%.

Ce faible taux d’exécution soulève plusieurs interrogations sur les obstacles rencontrés par le Maroc pour obtenir l’extradition de suspects. Parmi ces obstacles, on retrouve des questions juridiques complexes, des considérations politiques, ainsi que des problèmes liés à la coopération judiciaire internationale.

Les données révèlent également une asymétrie importante entre les demandes reçues et les demandes émises par le Maroc. En effet, le Maroc semble beaucoup plus actif dans l’émission de demandes d’extradition qu’en matière de réponse aux demandes étrangères. Cette différence souligne l’importance de renforcer la coopération judiciaire internationale et d’adapter les accords bilatéraux d’extradition pour faciliter la mise en œuvre des demandes d’extradition.

À noter que, selon le rapport de la présidence du ministère public, les demandes émises par le Maroc concernent principalement des infractions transnationales, telles que le trafic de drogue (11 demandes), mais aussi des infractions liées à la cybercriminalité et des actes de terrorisme, chacune faisant l’objet d’une seule demande.

Il convient de rappeler que les délais de traitement des demandes d’extradition peuvent s’avérer très longs. L’exemple de Mohamed Boudrika, en détention à Hambourg depuis juillet 2024, en est une parfaite illustration.

Dans un précédent article, Soufiane Bairouk, juriste basé en Allemagne, explique qu’il n’existe pas, en droit allemand, un délai maximal pour le traitement d’une demande d’extradition. Si les législations diffèrent d’un pays à l’autre, de manière générale, les demandes de ce type traînent dans le temps. D’où le faible nombre de demandes exécutées.

Arrestation à l’aéroport de Casablanca d’un ressortissant koweïtien recherché par Interpol

Le prévenu a été appréhendé à son arrivée au Maroc à bord d’un vol, précise la même source, ajoutant que l’opération de pointage dans la base de données de l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol) a révélé que le suspect fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités judiciaires koweïtiennes, pour son implication présumée dans des crimes financiers et économiques.

Il a été placé en garde à vue dans le cadre de la procédure d’extradition, relève la même source, notant que les autorités judiciaires koweïtiennes ont été avisées de cette interpellation, dans l’attente de l’envoi du dossier d’extradition.

Cette interpellation s’inscrit dans le cadre de la coopération sécuritaire internationale, ainsi que des efforts soutenus déployés par les services de sûreté marocains en matière de poursuite et d’interpellation des personnes recherchées au niveau international pour des crimes transfrontaliers.

Mohamed Boudrika a-t-il bénéficié de la libération provisoire ?

Contacté par Médias24, le bureau du procureur de Hambourg indique que Mohamed Boudrika “est toujours en détention dans l’attente de son extradition”. Il ne bénéficie donc d’aucune libération provisoire contrairement à certaines rumeurs.

L’ancien président du Conseil d’arrondissement de Mers Sultan à Casablanca a été placé en détention en juillet dernier sur la base d’une décision d’extradition provisoire.

Entre-temps, les documents officiels de la demande d’extradition émanant du Maroc ont bien été reçus par les autorités allemandes. Depuis, la demande d’extradition est toujours en cours de traitement. L’homme d’affaires et politique marocain reste donc en détention.

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Affaire Boudrika. « Aucune décision n’a été prise sur l’admissibilité de l’extradition au Maroc » (parquet de Hambourg)

En détention à Hambourg, en Allemagne, depuis juillet dernier, Mohamed Boudrika, ancien coordinateur du RNI à la préfecture de Mers Sultan et ex-président du Raja Club Athletic, attend toujours l’achèvement de la procédure d’extradition.

Contacté par nos soins, le parquet de Hambourg indique que “la situation reste inchangée” et que Mohamed Boudrika “reste en détention en attendant son extradition”.

Pour l’heure, “aucune décision n’a été prise sur l’admissibilité de l’extradition. En conséquence, aucune date n’a encore été fixée pour l’achèvement d’une éventuelle extradition”, indique-t-on de même source.

La demande d’extradition doit d’abord être examinée par le bureau du procureur de Hambourg, avant d’être soumise au tribunal régional supérieur compétent de Hambourg. Cette juridiction est en mesure de statuer sur la recevabilité de la demande d’extradition qui ne pourra être approuvée que par l’Office fédéral de la Justice.

Démis de plusieurs fonctions

Il reste donc plusieurs étapes avant l’achèvement de cette procédure d’extradition. En attendant, l’ancien président du conseil d’arrondissement Mers Sultan à Casablanca est en détention depuis plus de deux mois.

Son arrestation à Hambourg n’était pas une surprise, puisque Mohamed Boudrika était considéré en “cavale” depuis février dernier. Chose qu’il a toujours niée, répondant qu’il n’avait rien à se reprocher et qu’il avait confiance en la justice de son pays.

Après avoir invoqué un état de santé fragile, Mohamed Boudrika avait promis à plusieurs reprises de revenir au Maroc, sans toutefois tenir sa promesse. Entre-temps, le RNIste a été condamné, par contumace, à un an de prison avec sursis pour émission de chèque sans provision et révoqué de son poste de président de conseil d’arrondissement Mers Sultan par la justice administrative sur demande du représentant de la tutelle, le gouverneur de la préfecture d’arrondissement Mers Sultan.

Il a été remplacé par Zakaria Benkirane au poste de coordinateur du RNI à la préfecture Mers Sultan, et par Adil Hala à la présidence du Raja Club Athletic.

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Mohamed Boudrika. “La demande d’extradition est en cours d’examen” (Parquet de Hambourg)

“Les documents officiels d’extradition ont maintenant été reçus. La demande d’extradition est actuellement en cours d’examen”, indique à Médias24 le bureau du procureur de Hambourg au sujet de Mohamed Boudrika, ancien président du conseil d’arrondissement Mers Sultan à Casablanca et ex-président du Raja Club Athletic.

Contacté par nos soins, le bureau du procureur de Hambourg explique la situation de Mohamed Boudrika, arrêté en Allemagne en juillet dernier et, depuis, placé en détention “sur la base d’une décision d’extradition provisoire”.

Selon le bureau du procureur de Hambourg, les documents reçus seront examinés puis soumis au tribunal régional supérieur compétent de Hambourg pour statuer sur la recevabilité de la demande d’extradition. Celle-ci devra tout de même être approuvée par l’autorité en mesure d’accorder l’autorisation d’extradition. Il s’agit de l’Office fédéral de la justice.

“La procédure est en cours”, nous indique-t-on de même source sans partager davantage d’informations à ce stade.

Une arrestation prévisible

Pour l’heure, Mohamed Boudrika reste donc en détention. En parallèle, la procédure d’extradition suit son cours. La situation dans laquelle se trouve le député RNI était prévisible depuis plusieurs mois. Depuis fin janvier 2024, des rumeurs relatives à une fuite à l’étranger circulent à son sujet. L’homme d’affaires a tenté d’y répondre, surtout pour les réfuter, en prenant la parole à plusieurs reprises via les réseaux sociaux. Il a assuré s’être dirigé à Londres, en Angleterre à cause de soucis cardiaques, notamment pour subir une opération chirurgicale.

En attendant son retour au Maroc, comme il l’a promis sur ses réseaux sociaux et à travers des interviews en visio-conférence, le promoteur immobilier a été condamné en mars dernier à un an de prison avec sursis pour émission de chèque sans provision.

Les rumeurs autour de ses éventuels soucis judiciaires n’ont pas cessé de croître depuis. Des plaintes pour faux d’une part, des accusations d’escroquerie d’autre part… toutes ces allégations ont été réfutées par le concerné qui assurait n’avoir aucun problème judiciaire et affirmait être visé par une campagne dont le but est de lui nuire.

Pourtant, Médias24 avait relevé une affaire commerciale portant sur une action en paiement relative à des lettres de change qui oppose Mohamed Boudrika, représentant de la société « Jnane Madyouna » à la plaignante « Boissons Platina ». Le 29 janvier dernier, le tribunal de commerce de Casablanca s’est déclaré compétent pour statuer sur cette affaire dont le fond n’a pas encore été examiné. Le dossier en est encore au stade de la notification depuis mars 2024. Sachant que Mohamed Boudrika est à l’étranger depuis fin janvier, sa notification devient difficile. Le tribunal correctionnel de Aïn Sbaâ qui l’a reconnu coupable d’émission de chèque sans provision le 6 mars dernier l’a condamné par contumace, faute de notification.

Son absence lui a fait perdre plusieurs de ses fonctions, même s’il affirmait détenir un dossier médical en béton lui assurant trois mois de congé pour raison médicale. Ce dossier n’a visiblement pas convaincu la justice administrative marocaine qui l’a révoqué de ses fonctions de président du conseil d’arrondissement Mers Sultan à Casablanca.

Il a continué à occuper le poste de président du Raja Club Athletic à distance jusqu’à son arrestation à Hambourg en juillet dernier. Un communiqué du comité dirigeant du club, daté du 19 juillet, annonce avoir nommé Adil Hala, nouveau président du club et ce, n’étant “pas en mesure de communiquer avec Mohamed Boudrika”. En constatant la vacance du poste de président, le comité dirigeant a décidé d’appliquer les dispositions de l’article 23 du règlement interne du club en le remplaçant par le premier vice-président.

Pour l’instant, Mohamed Boudrika fait toujours partie des députés. Son arrestation et sa détention ne lui retirent pas son droit à la présomption d’innocence. Seule une décision judiciaire pourra trancher sur sa responsabilité pénale et seule une décision de la Cour constitutionnelle décidera du sort de son siège de parlementaire, à moins qu’il ne présente sa démission comme l’ont fait d’autres élus confrontés à des affaires judiciaires.

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Le baron de la drogue Nordin El Hajjioui bientot extradé vers la Belgique

Selon les médias belges, Nordin El Hajjioui est l’un des grands barons de la drogue et est aussi en lien avec les multiples attaques à la grenade que subit la ville d’Anvers depuis des années. « La Justice pense qu’il donnait ses ordres depuis Dubaï pour que ces attaques soient perpétrées », explique Faroek Özgünes, journaliste de VTM, expert en justice.

Belge d’origine marocaine, Nordin El Hajjioui fuit la Belgique en 2016 et se réfugie à Dubaï pour éviter une arrestation et y gérer ses opérations, poursuit la même source.

« Cela fait quatre ans que la justice anversoise demande l’extradition de ce suspect », a déclaré le ministre de la Justice, Paul Van Tigchelt.

Deuxième inculpé extradé vers la Belgique par les Émirats arabes unis dans ce dossier de trafic de drogue, Nordine El Hajjioui risque jusqu’à 20 ans de prison ferme, conclut-on.