Grâce royale pour le Belgo-Marocain Abdelkader Belliraj

Abdelkader Belliraj fait partie d’un groupe de 31 détenus condamnés « dans des affaires d’extrémisme et de terrorisme », graciés le lundi 31 mars par le Roi Mohammed VI, à l’occasion de la fête de Aïd al-Fitr.

Ils ont été graciés après avoir « revu leurs orientations idéologiques et rejeté l’extrémisme et le terrorisme », a expliqué un communiqué du ministère de la Justice.

Arrêté en 2008, le Belgo-Marocain avait été condamné à la réclusion à perpétuité l’année suivante après avoir été accusé d’être le chef d’un réseau d’islamistes radicaux et d’avoir commis six meurtres en Belgique à la fin des années 1980 et au début des années 1990, ce qu’il a nié catégoriquement. Sa peine avait été confirmée en appel en 2010.

(Avec AFP)

322 bénéficiaires du programme Moussalaha dédié aux condamnés dans les affaires d’extrémisme

Le Centre Mossalaha pour la réhabilitation et la réinsertion des détenus condamnés dans les affaires d’extrémisme et de terrorisme a clôturé, mardi 2 juillet à la prison locale de Salé, la 14e édition du programme « Moussalaha » (Réconciliation).

Il s’agit de la deuxième édition organisée dans le cadre du Centre Mossalaha, créé en vertu d’une convention de partenariat signée en novembre 2023 par des partenaires en application des directives royales avec pour objectif la mise en œuvre de stratégies et de programmes de protection contre l’extrémisme violent et la réhabilitation et la réinsertion des détenus condamnés dans des affaires d’extrémisme et de terrorisme.

Au cours de la cérémonie de clôture, une vidéo a été diffusée présentant les principales étapes de cette édition qui a duré 4 mois et demi de formation et de réhabilitation religieuse, juridique, socio-économique et psychologique. Aussi, le nombre d’heures de mise en œuvre du programme a atteint 232 heures, dont 183 heures de formation et 59 heures consacrées à des activités parallèles, dont le théâtre, le dessin, le jardinage et le développement des capacités de lecture, d’écriture et de calcul.

 

Lancé en 2017, le programme de réhabilitation « Moussalaha » s’adresse aux prisonniers condamnés pour extrémisme et terrorisme et qui expriment le désir d’y participer. Au total, 235 détenus ont été libérés, dont 170 détenus qui ont bénéficié d’une grâce royale (dont 10 détenus qui avaient précédemment bénéficié d’une réduction de peine dans le cadre d’une grâce royale, et 4 détenus qui ont également bénéficié d’une grâce royale sur les amendes), portant ainsi le pourcentage de bénéficiaires de la grâce royale à 66,76% de l’ensemble des détenus participants.

Bientôt un centre de réinsertion des détenus condamnés dans les affaires de terrorisme

La convention a été signée par le secrétaire général de la Rabita Mohammadia des Oulémas, Ahmed Abbadi, le délégué général à l’Administration pénitentiaire et à la réinsertion, Mohamed Salah Tamek, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, et le coordonnateur de la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus, Abdelouahed Jamali Idrissi.

Cette convention vise à renforcer l’efficacité du partenariat institutionnel entre les parties signataires et l’ensemble des partenaires et acteurs institutionnels, à intensifier les efforts et à contribuer à la stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme.

En vertu de cet accord, le centre sera chargé des missions de lutte contre l’extrémisme violent, de réhabilitation et de réinsertion des détenus condamnés dans les affaires de terrorisme et d’extrémisme.

Pilotage du programme « Moussalaha »

Le centre va également piloter le programme de réhabilitation « Moussalaha » dans sa formule actuelle en vue de garantir sa pérennité et d’assurer le suivi et l’accompagnement des bénéficiaires après leur libération.

S’exprimant à cette occasion, Ahmed Abbadi a indiqué que la création de ce centre intervient « en application des hautes directives royales en vue de capitaliser sur les expériences et les bonnes pratiques accumulées dans le cadre du programme Moussalaha pour la réhabilitation et la réinsertion des condamnés dans des affaires d’extrémisme et de terrorisme, et qui a joué un rôle important et efficace dans la lutte contre l’extrémisme chez les pensionnaires des établissements pénitentiaires. La création du centre vise aussi à assurer la pérennité de ce programme, son institutionnalisation et l’amélioration de ses performances ».

Le centre sera également chargé de nouvelles missions : la conception de programmes de prévention de l’extrémisme, la mise en place d’un système de veille, la prise de mesures à même de protéger l’entourage familial direct des bénéficiaires du programme « Moussalaha » contre l’adoption d’idées extrémistes, et la réalisation d’études, recherches, rencontres, conférences et des sessions de formation dans ce domaine, a-t-il fait savoir.

Ahmed Abbadi a rappelé que d’autres missions, notamment la supervision des orientations générales du centre et les délibérations et décisions relatives à l’élaboration de la stratégie d’action du centre, seront confiées à un conseil d’orientation présidé par le secrétaire général de la Rabita Mohammadia des Oulémas. Il sera composé des partenaires permanents du programme Moussalaha et des acteurs institutionnels participant au programme.

(Avec MAP)

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