La flotte de RAM ne sera pas repeinte en rouge (Source autorisée)

« Le changement de couleurs de la flotte n’est absolument pas d’actualité, sachant que la combinaison actuelle reflète l’identité nationale propre au Maroc tout en assurant une reconnaissance facile de la compagnie », tient à corriger une source proche du transporteur public qui s’étonne de la vitesse de circulation d’une « rumeur totalement infondée ».

Tout en reconnaissant que certaines livrées spéciales avaient été introduites sur des Boeing de type 787-9 Dreamliner et 737 MAX 8 pour marquer des événements particuliers comme le 60e anniversaire de la compagnie, notre interlocuteur rappelle que ces initiatives étaient limitées à quelques avions et ne représentaient pas une refonte complète des couleurs de la flotte.

Après avoir insisté sur le fait qu’une livrée entièrement rouge pourrait altérer, voire ruiner la reconnaissance de la marque Royal Air Maroc, notre source a conclu son propos en affirmant que la cohérence visuelle était essentielle pour maintenir une image forte et identifiable dans un secteur aussi concurrentiel que celui de l’aéronautique.

Face à l’anarchie médiatique, l’ANME appelle à une régulation « plus ferme »

Dans un communiqué, l’ANME souligne l’émergence de « pratiques dangereuses qui fragilisent la profession » : l’usurpation du statut de journaliste, la normalisation du sensationnalisme, et la confusion entre journalisme et création de contenu sur les réseaux sociaux.

Elle alerte sur la montée d’un climat où l’information rigoureuse et encadrée cède la place à une anarchie médiatique alimentée par la recherche effrénée d’audience et de profit.

Face à ces dérives, l’Association appelle à un encadrement législatif plus strict et à un renforcement des réglementations existantes afin de lutter contre la prolifération des contenus trompeurs. Elle insiste sur la distinction essentielle entre les médias professionnels, soumis à des obligations légales et éthiques, et certains créateurs de contenu qui exploitent les plateformes numériques à des fins lucratives, souvent en contournant les règles fiscales et déontologiques.

L’ANME salue également les efforts des autorités en matière de régulation du secteur, notamment à travers le travail de la commission provisoire pour la gestion des affaires du secteur de la presse et de l’édition. Elle appelle enfin à une mobilisation collective des institutions et de la société civile pour protéger le droit du public à une information fiable et de qualité.

Guigou : la vérité sur les rumeurs de viols collectifs

Ce qui est hallucinant dans cette « affaire » n’est pas l’ampleur des atrocités qu’auraient subies les présumées victimes, mais la manière dont la rumeur (quelques médias, et surtout les réseaux sociaux) a « enveloppé » la chose.

Jusqu’à la semaine dernière, peu de gens, hormis les amoureux du « Maroc profond », les commerçants des souks hebdomadaires et les inconditionnels des randonnées dans le Moyen Atlas, étaient au courant de l’existence de cette paisible petite commune rurale relevant de la province de Boulemane. Soudain, tous les projecteurs ont été braqués sur Guigou avec une médiatisation à outrance, y compris dans des médias internationaux.

La situation géographique de la commune rurale de Guigou.

À l’origine, la rumeur évoque un réseau composé d’un important exploitant agricole, d’un enseignant et d’un gradé de la gendarmerie qui auraient pour habitude d’abuser de collégiennes et de lycéennes de cette commune grâce aux « bons offices » d’une autre élève un peu plus âgée, bien que n’ayant même pas 20 ans. Pire : la rumeur évoque le fait que plusieurs des 16 victimes étaient tombées enceintes.

Mais la vérité est tout autre, comme nous l’explique une source judiciaire autorisée.

Les faits selon les premiers éléments de l’enquête

Notre source parle d’une seule victime, dont le calvaire ne date pas d’hier, ni de la semaine dernière, mais de plusieurs années. Appelons-là M.

À l’âge de 11 ans, la fillette a été violée (avec défloration) par son cousin qui en avait 15 au moment des faits, soit il y a cinq ans. Selon les premiers éléments de l’enquête, le cousin de M. a continué à abuser d’elle durant toute cette période. Jusqu’à récemment où elle a tenté de mettre fin à ses jours.

Lors de l’enquête menée par la gendarmerie, elle a tout dévoilé, et son cousin, âgé aujourd’hui de 20 ans, a été arrêté et écroué pour les besoins des investigations.

Le frère de M., lui, décide de mener une autre enquête, à sa manière. Il « perquisitionne » le téléphone de sa sœur et tombe sur les numéros de plusieurs hommes de la commune de Guigou. Il en avertit ses parents et les enquêteurs.

La jeune victime, aujourd’hui âgée de 16 ans, passe encore une fois aux aveux, menant à l’arrestation de deux hommes et d’une femme qui servaient d’intermédiaire entre M. et ses (deux) clients.

À l’heure où nous publions ces lignes, l’enquête est toujours en cours sous la supervision du parquet compétent, celui près de la cour d’appel de Fès.

En plus du cousin, des deux hommes et de la femme qui servait d’entremetteuse, un gendarme (sous-officier) est également interrogé en liberté provisoire.

En parallèle, les associations des parents d’élèves de Guigou ont diffusé un communiqué pour condamner la manière dont les médias ont couvert cette « affaire », sans le moindre égard pour la réputation de cette commune et de ses habitants, dont des centaines d’élèves adolescentes se trouvent stigmatisées de manière très grave.

Ironie du sort : le lycée de Guigou, transformé par certains médias en « scène de crime », figure parmi les meilleurs établissements scolaires publics du pays, aux niveaux régional et national, comme l’attestent les très bons résultats obtenus par ses élèves lors des précédents examens du baccalauréat.

Bank Al-Maghrib met en garde contre une présumée plateforme d’investissement usurpant son identité

« Un contenu médiatique sous forme d’article de presse publié via un lien usurpant l’identité d’un site d’information électronique informe sur une présumée plateforme d’investissement de Bank Al-Maghrib. Ce contenu médiatique utilise frauduleusement l’identité de Bank Al-Maghrib ainsi que l’image de son wali en s’appuyant vraisemblablement sur des mécanismes d’intelligence artificielle », indique BAM dans un communiqué.

L’article susmentionné met en avant de fausses promesses de gains associées à ladite plateforme d’investissement, précise la même source.

Bank Al-Maghrib tient à informer le grand public que ce contenu est faux et se réserve le droit d’engager toute action nécessaire pour préserver son image et ses droits.

 

Fact-checking. La vraie histoire d’une mirobolante découverte pétrolière au large d’Agadir

Du pétrole à Agadir ? Depuis plusieurs décennies, le Maroc poursuit inlassablement ses efforts d’exploration pour découvrir des gisements d’hydrocarbures capables de réduire sa dépendance énergétique. Dernièrement, le Maroc a annoncé des découvertes non négligeables de gaz naturel, une ressource essentielle devant alimenter plusieurs de ses centrales électriques. Ces découvertes prennent une grande importance dans un contexte géopolitique marqué par la flambée des prix du gaz à l’échelle mondiale, conséquence directe du conflit russo-ukrainien.

Cette dynamique récente de découvertes est le fruit d’une dizaine d’années d’efforts de l’ONHYM qui a su attirer des dizaines de compagnies d’exploration, séduites par un code d’hydrocarbures attractif et un environnement d’investissement favorable dans un pays encore sous-exploré.

Durant le mois de décembre 2024, plusieurs médias sont tombés dans le piège d’une fake news récurrente, publiée par un journal espagnol nommé « Ecoticias »  il y a plusieurs années déjà. Ce média, spécialisé dans les questions environnementales, diffuse périodiquement cette même intox, dont les dernières versions ont été publiées en octobre 2024 et en décembre 2024, mais c’est cette dernière qui a été massivement partagée et relayée dans des vidéos sur les plateformes YouTube et TikTok, les plus populaires auprès des Marocains.

Exemple de contenu circulant dans les réseaux sociaux.

L’article en question date du 10 décembre 2024, et annonce que « l’Espagne dispose d’un grand gisement de pétrole et qu’elle ne veut pas exploiter pour le moment, et que le Maroc a découvert un grand gisement de pétrole avec des réserves prouvées de 1 milliard de tonnes » .

Cet article a été repris par plusieurs médias nationaux, citant soit directement ce journal, soit d’autres médias ayant annoncé que la compagnie Europa Oil & Gas a publié un communiqué de presse annonçant cette découverte. Cette information s’est propagée très rapidement, d’autant que plusieurs créateurs de contenus dans les médias sociaux ont repris l’information sans s’assurer de sa véracité.

Pour couper court à ces rumeurs, nous allons expliquer pourquoi une découverte de pétrole n’est actuellement pas possible au large d’Agadir.

Peut-on confirmer qu’il existe actuellement des activités d’exploration pétrolière au large d’Agadir ?

Plusieurs compagnies pétrolières mènent des explorations pétrolières le long des côtes marocaines, du nord au sud. Au large d’Agadir, trois compagnies sont particulièrement actives :

Toutes ces informations sont disponibles sur le site de l’ONHYM, où tout le monde peut consulter les données relatives aux blocs offshore attribués et ceux disponibles pour l’exploration, en toute transparence.

Ci-dessous, la carte mise à jour de l’ONHYM indiquant la localisation de tous les permis de recherche d’hydrocarbures. Les blocs ouverts à l’investissement sont représentés en jaune, tandis que les autres sont attribués à des compagnies d’exploration agréées.

Cependant, l’examen de la carte de l’ONHYM ne révèle aucun bloc offshore nommé « Inezgane » au large d’Agadir, ni de bloc détenu par la compagnie Europa Oil & Gas sur cette zone.

Ci-dessous une carte interactive pour explorer tous les permis de recherche d’hydrocarbures et leur localisation :

Est-ce que la compagnie Europa Oil & Gas est présente au Maroc ?

Conformément au code des hydrocarbures (Loi 21-90), les travaux de reconnaissance ou d’exploration sont subordonnés à l’obtention préalable d’un permis de recherche ou d’une concession d’exploitation, lesquels ne peuvent être accordés qu’après la conclusion d’un accord pétrolier avec l’État et la publication de l’octroi du permis au Bulletin officiel.

La compagnie britannique Europa Oil & Gas a démarré officiellement ses activités d’exploration pétrolière au Maroc en novembre 2019. À cette date, le ministère marocain de l’Énergie, des Mines et de l’Environnement lui a accordé six permis de recherche d’hydrocarbures offshore, couvrant une zone nommée Inezgane, pour une durée initiale de trois ans à compter du 17 novembre 2019.

À l’échéance de ces trois ans, la compagnie britannique d’exploration a décidé de ne pas renouveler son permis et a quitté le Maroc pour des raisons de restructuration financière. Elle a toutefois annoncé l’existence d’un potentiel pétrolier significatif dans cette zone, une information publiée par Médias24 le 22 novembre 2022.

En juillet 2024, l’ONHYM et Esso Exploration ont signé un accord pour le lancement des travaux de reconnaissance d’hydrocarbures en offshore, qui devraient couvrir deux zones situées dans l’océan Atlantique : la zone offshore Safi-Essaouira et la zone offshore Agadir-Ifni. Cette dernière est d’une superficie totale d’environ 109.246 km², elle inclut désormais la licence « Inezgane » d’une superficie moindre de 11.228 km² précédemment détenue par Europa Oil & Gas.

Existe-il vraiment des ressources dans la licence d’Inezgane ?

Les travaux menés par Europa Oil & Gas ont mis en évidence un potentiel pétrolier, mais n’ont pas permis d’identifier des ressources certifiées. Seuls le forage de puits, suivi d’une certification des découvertes, sont capables de déterminer si des hydrocarbures ou d’autres fluides sont présents, une étape qui n’a pas été franchie.

Europa Oil & Gas s’est appuyé sur des données sismiques et sur les résultats de puits environnants à la licence, tous infructueux, pour identifier « un potentiel pétrolier significatif dans la zone ». Leur espoir de trouver le « jackpot » est d’atteindre un niveau ignoré par les anciens forages d’exploration, une formation d’âge Crétacé Inférieur.

Les travaux de prospection, fondés sur des données sismiques et les résultats d’études précédentes, ont permis d’identifier quatorze (14) prospects présentant différents types de structures pouvant piéger les hydrocarbures, notamment des failles et des dômes de sel. Ces derniers, abondants dans cette zone, présentent des similitudes structurales avec plusieurs champs pétroliers offshore en Afrique de l’Ouest.

Grâce au traitement des données sismiques, Europa Oil & Gas a évalué un potentiel initial de deux milliards de barils d’équivalent pétrole répartis sur les 14 prospects identifiés.

Cette estimation ne considère ni les difficultés d’exploitation, ni le contenu pouvant être présents dans un système pétrolier. Outre le pétrole, on peut trouver du gaz naturel, de l’eau ainsi que d’autres fluides, dont la présence peut significativement modifier les résultats finaux.

Prospects pétroliers identifiés par la compagnie « Europa Oil & Gas » dans la licence d’Inzegane.

Les campagnes de forage menées précédemment à proximité de la licence d’Inezgane, notamment celles de Shell (bloc offshore Taghazout, 2004), Kosmos (bloc offshore d’Agadir, 2014) et Cairn Energy (bloc offshore Bas Draa, 2013), se sont soldées toutes par un échec sans révéler aucune trace d’hydrocarbures.

En revanche, des traces de pétrole ont été détectées lors de forages plus au sud. Notamment, un puits foré par Genel Energy en 2014 qui a intersecté une formation pétrolifère au large de Sidi Ifni, mais les tests de production n’ont pas permis d’obtenir des débits économiquement viables.

Par ailleurs, un autre forage, situé au large de Tarfaya (environ 600 kilomètres au sud d’Agadir), a mis au jour du pétrole lourd, dont la récupération posait des défis techniques et économiques.

Du côté espagnol, plusieurs forages ont été réalisés dans des blocs offshore situés aux alentours des îles canariennes de Lanzarote et Fuerteventura, en direction des côtes marocaines. Ces explorations se sont révélées, pour la plupart, infructueuses.

Seule la compagnie espagnole Repsol a découvert en 2015 des traces de gaz naturel, mais en quantités trop faibles pour être économiquement exploitables.

En l’absence d’un puits qui permettra de trancher le contenu de ces pièges, toute information concernant une découverte de pétrole reste à vérifier.

L’exemple le plus concret est celui de la Mauritanie, où des forages d’exploration sauvage (Wildcat Drilling) ont permis la découverte du gisement de Birallah, dont les ressources sont estimées à environ 1,4 trillions de mètres cubes. Toutefois, ce type de forage risqué ne peut être mené que par de grandes compagnies pétrolières disposant des capacités financières nécessaires pour investir dans de tels risques.

Actuellement, la zone d’Inezgane est reprise par Esso Exploration qui devrait commencer prochainement ses travaux de reconnaissance, puis d’exploration dans une zone offshore plus vaste allant d’Agadir à Sidi Ifni.

Depuis l’épuisement des champs pétroliers de la région de Sidi Kacem et de petites exploitations de la région d’Essaouira, aucun champ exploitable n’a été découvert au Maroc hormis la présence de condensats (hydrocarbures liquides et légers récupérés lors de l’extraction de gaz) dans le champ de Meskala, ou bien les schistes bitumineux de Timahdit et de Tarfaya nécessitant plus de coûts pour leur transformation en pétrole.

15 pays, dont le Maroc, lancent une initiative pour promouvoir l’intégrité des contenus en ligne

Le Maroc est représenté à ce Forum par la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, qui prend part à Riyad au Dialogue ministériel de la DCO sur les Fake news.

Dans son allocution à cette occasion, Mme Seghrouchni s’est attardée sur la question des Fake news et les dimensions qu’elle a prises à la lumière de l’évolution numérique et du développement rapide des technologies de pointe, soulignant que le Maroc, qui accorde une grande importance à cette question en raison de ses répercussions négatives dans divers domaines, œuvre à créer un environnement numérique sain qui garantit la protection de la vie privée et les droits de l’individu.

La coordination dans le cadre de la DCO et l’échange de bonnes pratiques à cet égard permettront de faire face au phénomène des Fake news et d’en limiter les effets, a-t-elle considéré.

Organisé sur le thème « Dialogue ministériel sur les fausses nouvelles : vers l’adoption d’une voie unifiée », le Forum a connu la participation de plusieurs ministres des États membres de la DCO.

En marge du forum, l’Organisation, basée dans la capitale saoudienne, a annoncé le lancement de l’initiative pour promouvoir l’intégrité des contenus en ligne, via une déclaration conjointe qui a été ratifiée par l’Arabie saoudite, le Maroc, Bahreïn, le Bangladesh, Chypre, Djibouti, la Gambie, le Ghana, la Jordanie, le Koweït, le Nigeria, Oman, le Pakistan, le Qatar et le Rwanda.

L’initiative, menée et parrainée par le Koweït et présentée lors de la 3e assemblée générale de l’Organisation de coopération numérique, vise à promouvoir le respect de la diversité sociale et culturelle et à lutter contre la désinformation en ligne grâce à des efforts de médiation et de coordination entre les entreprises, les gouvernements et d’autres parties concernées, telles que les organisations internationales et la société civile.

La déclaration prévoit la création d’un comité ministériel de haut niveau chargé de superviser la mise en œuvre de l’initiative sur l’intégrité des contenus en ligne, tandis que les pays qui l’ont approuvée ont réaffirmé leur engagement à promouvoir « une économie numérique inclusive, transparente et sûre qui permette aux individus de s’épanouir ». Selon la Déclaration, le secteur privé et les réseaux sociaux devraient être « un partenaire dans ces efforts pour promouvoir un impact social positif, plutôt qu’un moyen de répandre des influences négatives ». Dans cette déclaration, la DCO réaffirme son engagement à améliorer la confiance dans l’espace virtuel en relevant les défis en matière d’éthique et de protection de la vie privée associés aux technologies émergentes.

(Avec MAP)

Justice : Fouad Abdelmoumni poursuivi en état de liberté pour « actes criminels punis par la loi »

Après achèvement des procédures d’interrogatoire de l’intéressé, ce Parquet a décidé de le poursuivre en état de liberté pour « outrage à des corps constitués et diffusion d’allégations mensongères et signalement d’un crime fictif dont il sait l’inexistence » , ainsi que de le convoquer pour une audience de procès, a précisé le porte-parole du Parquet (substitut du Procureur du Roi près le Tribunal de première instance de Casablanca), dans une déclaration à la presse.

Dans ce cadre, le Parquet affirme que l’intéressé « a bénéficié des garanties et droits qui lui sont conférés par la loi durant l’enquête menée par la Police judiciaire et son interrogatoire » , sachant qu’il a été avisé des raisons de son interpellation, ainsi que sa famille, et de son droit de garder le silence et de l’ensemble de ses droits légaux, note la même source.

Et d’ajouter que le Parquet veillera au suivi du déroulement de cette affaire, « conformément à la loi, et à  ce que soient réunies des garanties et des conditions du procès équitable, en consécration du principe de l’égalité de tous devant la loi ».

Le substitut du Procureur du Roi a affirmé que suite au communiqué de ce Parquet, en date du jeudi 31 octobre 2024, au sujet de l’ouverture d’une enquête judiciaire contre une personne et son placement en garde à vue pour être soupçonnée d’avoir commis des actes criminels punis par la loi, ce Parquet tient à informer l’opinion publique des mesures prises dans le cadre de cette affaire, sans déroger au respect fondamental du principe de la présomption d’innocence.

« Contrairement aux informations erronées publiées sur certains réseaux sociaux à propos de cette affaire, ce Parquet a supervisé sous sa responsabilité les procédures d’enquête auprès des services de la police judiciaire » , a précisé la même source.

Et de relever qu’en consécration du principe constitutionnel relatif au droit d’accès à l’information, et partant du rôle qui lui revient pour informer l’opinion publique au sujet des questions qui peuvent susciter son intérêt, comme cela a été le cas dans plusieurs questions où il veille à communiquer, ce Parquet informe l’opinion publique que l’intéressé a été déféré, ce vendredi matin 1er novembre, devant ce Parquet, « après achèvement des procédures d’enquête et accomplissement de toutes les garanties prévues par la loi » .

L’intéressé a ainsi fait l’objet d’un interrogatoire « conformément aux règles juridiques en vigueur, sur la diffusion de données et d’allégations attentatoires aux intérêts du Royaume et à certaines de ses instances, et qui dépassent les limites de la liberté d’expression et représentent des éléments constitutifs de crimes punis par la loi », a-t-il dit.

(Avec MAP)

Enquête judiciaire et maintien en garde à vue de Fouad Abdelmoumni

Le parquet ne le nomme pas, mais il s’agit de Fouad Abdelmoumni, d’après nos vérifications. Il est soupçonné d’avoir commis des actes criminels punis par la loi, notamment le signalement d’un crime notoirement fictif dont il sait l’inexistence et la diffusion de nombreuses fausses informations. Le parquet fait allusion aux accusations d’espionnage contre le Maroc, allégations sans aucun fondement, en l’occurrence la présumée «affaire Pegasus».

En application des instructions du parquet, l’intéressé a été interpellé en vue de son audition, et compte tenu des besoins de l’enquête, le parquet a ordonné son maintien en garde à vue conformément aux dispositions légales en vigueur, selon la même source.
Le parquet se charge ainsi de gérer l’ensemble des procédures de l’enquête menée par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) dans le cadre de cette affaire, et veillera à prendre les mesures légales nécessaires, à la lumière des résultats de l’enquête, une fois achevée.

(Avec MAP)

Droit d’accès à l’information : débat institutionnel pour la révision du cadre juridique

Dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée internationale du droit à l’information, la Commission du droit d’accès à l’information (CDAI) a annoncé avoir initié, depuis plusieurs semaines, un débat institutionnel pour réviser la loi n° 31-13 relative au droit d’accès à l’information au Maroc.

La Commission du droit d’accès à l’information indique que cette révision vise à mieux répondre aux exigences d’accessibilité et à surmonter les défis identifiés après plus de six ans de sa promulgation et plus de cinq ans de son entrée en vigueur. Elle a également rappelé qu’elle a émis en 2023 une délibération pour la révision de la loi n° 31-13, dans laquelle elle a mis en avant les fondements et les orientations générales de cette révision, qui ont émané de l’exercice de ses fonctions, lui permettant d’identifier plusieurs problématiques relevées lors de l’examen des plaintes reçues.

Ladite délibération a été soumise au chef du gouvernement, qui a chargé le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration de coordonner avec la Commission pour l’étudier et prendre les mesures appropriées y afférentes, ajoute le communiqué, notant que plusieurs réunions ont été tenues entre les deux parties, en présence des institutions membres du comité de pilotage, pour définir la méthodologie de travail et la mettre en œuvre.

À cet égard, la Commission a réitéré son appel aux institutions et instances concernées par le droit d’accès à l’information à déployer davantage d’efforts pour renforcer les mesures nécessaires à garantir l’exercice de ce droit, notamment à travers la désignation de personnes chargées de fournir les informations, l’établissement de bases de données dans les différents services administratifs et leur mise à disposition auprès des personnes concernées pour leur permettre de remplir pleinement leurs fonctions. Elle a, de même, appelé à prendre les mesures nécessaires pour activer la publication proactive des informations et respecter les délais en vigueur permettant d’examiner les demandes et les plaintes, afin que les citoyens et les étrangers résidant légalement au Maroc puissent exercer leur droit d’accès à l’information.

Ces mesures garantiront ainsi une plus grande ouverture de l’administration, son rapprochement de l’usager et le renforcement de la confiance entre les deux parties, outre une participation citoyenne effective, le renforcement du rôle de l’opinion publique dans la remise en question et le contrôle des politiques publiques, en plus de favoriser la circulation d’informations correctes provenant de sources vérifiées, tout en luttant contre les risques des fake news.

Avec (MAP)

Création de l’Observatoire marocain de lutte contre la diffamation et l’extorsion

L’annonce de la création de l’Observatoire marocain de lutte contre la diffamation et l’extorsion a été faite lors d’une conférence organisée le samedi 30 mars à Rabat par le site d’information « Barlamane.com ». Cette conférence, tenue sous le thème de « La diffamation et les causes nationales justes, de la contrainte à l’opportunité », a réuni le ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, Mohamed Mehdi Bensaid, ainsi qu’un ensemble de chercheurs, de juristes et de personnalités diverses.

L’Observatoire marocain de lutte contre la diffamation et l’extorsion aura pour mission de traiter les questions liées à ces deux phénomènes à l’échelle nationale et de détecter les pratiques visant à nuire aux causes nationales justes. Karima Sellam, présidente du comité préparatoire de l’Observatoire, a expliqué que cette nouvelle structure cherchera à repérer et à suivre les pratiques de diffamation et d’extorsion, ainsi que les fausses informations qui portent atteinte aux causes nationales justes, en particulier la question de l’intégrité territoriale du Royaume.

La présidente du comité et avocate au barreau de Casablanca a souligné que l’Observatoire marocain de lutte contre la diffamation et l’extorsion vise à contrer les « fake news » susceptibles de nuire aux individus et aux institutions nationales et de dévaloriser les efforts et les réalisations du Maroc dans divers domaines.

(Avec MAP)

Désinformation : le tsunami qui guette le Maroc est celui des fake news !

L’une des fausses informations les plus répandues concerne une supposée alerte lancée par un mystérieux personnage du nom de Frank Hoogerbeets, un Néerlandais présenté par de nombreuses pages influentes sur les réseaux sociaux, et même certains médias, comme un expert en sismologie. On lui attribue une prédiction selon laquelle un tsunami frappera les côtes marocaines, portugaises et espagnoles entre le 19 et le 21 septembre courants.

Des vidéos au montage grossier, souvent flanquées d’une musique de fond angoissante, pullulent sur internet. Le ton y est grave et solennel. Il n’en fallait pas moins pour pousser certaines familles à s’isoler loin des côtes en prévision d’une catastrophe imminente, comme le rapportent certains témoins.

Un cabotin de la sismologie

Le nom de Frank Hoogerbeets est d’ailleurs apparu très rapidement après la catastrophe. On pouvait lire, dans certains articles publiés peu de temps après le séisme, que ce « spécialiste » avait prévu qu’un tremblement de terre allait incessamment frapper le Maroc.

En réalité, il n’en est rien. Sur sa chaîne YouTube, la dernière vidéo précédant le séisme de la région d’Al Haouz montre les anticipations sismiques de Frank Hoogerbeets. Il avait prévu, d’après ses lectures, des tremblements de terre dans plusieurs régions du monde… dont le Maroc ne faisait pas partie.

En pratique et au stade actuel des connaissances scientifiques, il est impossible de déterminer préalablement la date et le lieu de la survenue d’un séisme. En effet, malgré de nombreux progrès scientifiques, les études sismologiques les plus sérieuses ne permettent pas de définir ces paramètres. En revanche, les failles géologiques sont connues. La cartographie des plaques tectoniques permet de situer les endroits les plus exposés aux activités sismiques, mais on ne peut en aucun cas prévoir le moment de la secousse.

Dans une vidéo qui a eu beaucoup moins de succès sur les réseaux sociaux, Mohamed Chlieh, sismologue et chargé de recherches à l’Institut de recherche pour le développement, fait une analogie qui permet de cerner l’ampleur de cette incertitude : « Anticiper un tremblement de terre, c’est comme anticiper un accident de la route. Les failles géologiques on sait où elles sont, les routes on sait où elles sont. Mais dire qu’il y aura un accident au kilomètre X à telle heure, à telle seconde, c’est impossible ! »

Les prédictions de Frank Hoogerbeets relèvent davantage de la voyance que de la science. Il prétend tirer ses conclusions, qu’il n’hésite pas à couvrir d’un apparat scientifique, suivant les positions, les itinéraires et les alignements des astres et des planètes. En effet, la qualité de sismologue qu’il revendique est dolosive, car aucune des analyses livrées ne respecte l’orthodoxie scientifique ou ne se base sur des données géologiques avérées. Il ne s’agit en somme que de supputations qui visent à alimenter le sensationnel ou le mystique.

« C’est d’ailleurs ce qui caractérise les charlatans de la prémonition« , estime Najib Mokhtari, ingénieur marocain et producteur de vidéos de vulgarisation scientifique, dans une capsule dédiée au spécialiste néerlandais. « C’est un procédé qui consiste à faire une multitude d’annonces vagues et des expressions chronologiquement approximatives telles que ‘tôt ou tard’, jusqu’à ce que la prophétie se réalise un jour. »

Le fact-checking, un combat déséquilibré

Face à cette déferlante de fake news et de panique, les professionnels des médias au Maroc tentent, tant bien que mal, d’éclairer l’opinion publique à travers des articles documentés et des informations vérifiées. Plusieurs médias ont développé des rubriques fact-checking pour contrer les fausses informations.

Une tâche à laquelle s’est également attelée l’agence nationale MAP en lançant le service SOS Fake News, destiné à rassurer les citoyens en cette période particulièrement trouble.

A cette initiative louable de l’agence de presse nationale, s’ajouteront d’autres projets en cours de finalisation. L’objectif est le même : faire face aux flux grandissants d’intox qui circulent sur les réseaux sociaux.

C’est le cas d’un collectif regroupant des lauréats et des étudiants de l’Institut supérieur de l’information et de la communication, regroupé sous le nom Atlascoom. Il s’agit d’une newsroom qui est actuellement en train de finaliser la production d’un contenu à la fois informatif et ludique, pour contrer la propagation exponentielle des fake news sur les réseaux sociaux au Maroc.

Haitam Bachari, diplômé de l’ISIC, est à l’origine de cette initiative. « Au deuxième jour qui a suivi la catastrophe, j’ai vu l’ampleur des fausses informations qui circulaient sur les réseaux sociaux, alimentées par une grande frange d’influenceurs qui se sont rendus sur le lieu du sinistre. J’ai contacté la direction de l’ISIC et je lui ai proposé l’idée de la newsroom, et elle a répondu favorablement à ma sollicitation. »

Ce groupe d’une dizaine de personnes, réparti entre débutants et expérimentés, se partagent la charge de travail : « Nous allons opérer sur trois volets : la mobilisation populaire, le volet légal dont la protection des mineurs, la déontologie et l’éthique journalistique et finalement la lutte contre les fake news. Au lancement, nous avons prévu une compilation des fake news les plus partagées sur les réseaux sociaux. Ensuite, nous procéderons au monitoring, en soumettant au fact-checking toute information qui circule sur les réseaux sociaux. Notre plateforme sera présente sur les réseaux sociaux Instagram, Tiktok et Facebook », précise Haitam Bachari.

A ces initiatives institutionnelles ou organisées s’ajoutent les efforts individuels d’influenceurs engagés, conscients des dangers et des mouvements de panique que les fake news peuvent engendrer. Cette situation alerte sur l’urgence de l’éducation aux médias. Un sujet sur lequel nous reviendrons dans le prochain article de cette série.

Pour l’heure, si la menace d’un tsunami imminent sur les côtes marocaines est à écarter, le tsunami d’intox est quant à lui bien réel, et ses dégâts difficilement mesurables.

Le CESE appelle à renforcer l’arsenal juridique contre les fake news

Ahmed Réda Chami, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), a présenté, ce mercredi 15 février lors d’une rencontre, les conclusions de l’avis du CESE, intitulé « Fake news : de la désinformation à l’accès à une information avérée et disponible ».

Mettant en exergue le fait que la désinformation pouvait avoir de lourdes conséquences sur la société, il a recommandé en premier lieu de pouvoir accéder et disposer d’informations vérifiées et officielles. Il a également souligné que le combat contre la désinformation relevait de la responsabilité du gouvernement, des professionnels et des citoyens. « Les citoyens doivent préserver leur sens critique. »

Par ailleurs, Ahmed Réda Chami a présenté les résultats d’une étude menée par le CESE à ce sujet, qui a concerné 626 participants.

Il en ressort que 93% des répondants ont déjà reçu des informations erronées. Plus de la moitié (51%) a admis avoir déjà partagé une fausse information, sans le faire exprès. Enfin, 30% d’entre eux jugent difficile de trouver l’information avérée.

Les recommandations du CESE

Lors de cette rencontre, le président du Conseil a émis les recommandations suivantes :

– vérifier les informations en mettant en place une plateforme nationale de fact checking, accessible au grand public, qui permette l’accès à toutes les informations officielles nationales et en recensant les initiatives déjà lancées par les médias nationaux ;

– apporter le soutien financier aux médias qui vérifient l’information en veillant à préserver leur indépendance ;

– renforcer l’arsenal juridique et la loi contre les fake news par un délai de publication de 24 heures des informations officielles et avérées ;

– créer un label de qualité dédié aux plateformes et sources d’informations avérées ;

– améliorer les compétences des professionnels du secteur, en termes de vérification de l’information, à travers de la sensibilisation et des formations ;

– sensibiliser les citoyens aux dangers de la désinformation à travers divers supports médiatiques et moyens de communication.

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