Anodes de graphite: Falcon Energy Materials prévoit le démarrage de sa grande usine dès 2027

La compagnie Falcon Energy Materials a communiqué, ce jeudi 13 novembre 2025, les résultats d’une évaluation technico-économique confirmant la viabilité économique du projet de son usine de production d’anodes de graphite sphérique purifié et enrobé (CSPG) à Jorf Lasfar.

Menée par la société britannique Anzaplan, l’étude technique a été préparée selon les normes de l’Association pour l’avancement de l’ingénierie des coûts (AACE) avec un niveau de précision de classe 3.

« Cette étude technique confirme que l’approche de Falcon est la voie la plus crédible pour produire du CSPG de haute qualité et à faible coût à l’échelle industrielle », a déclaré Matthieu Bos, Directeur Général de Falcon.

Elle a chiffré un montant d’investissement de 86 millions de dollars pour la construction de l’usine, avec une marge comprise entre -15 % et +20 %.

En revanche, les coûts d’exploitation de ces usines sont estimés à 3.168 dollars la tonne. Ce chiffre est particulièrement favorable, car le prix consensuel actuel à long terme du produit final (le graphite sphérique et purifié, CSPG) est de 8.300 dollars la tonne. Les réactifs représentent la part la plus importante de ces coûts, s’élevant à 1.149 dollars par tonne. Ce montant représente environ 36 % des coûts d’exploitation totaux et 53 % des coûts d’opérations directs.

Rappelons que l’un des réactifs principaux de cette production est l’acide fluorhydrique, qui sera fourni par Fluoralpha, une filiale d’Innovx.

« Nous nous mobilisons désormais résolument pour combler les lacunes critiques dans la chaîne d’approvisionnement en matériaux pour batteries et pour fournir des matériaux d’anode essentiels aux fabricants et aux utilisateurs finaux occidentaux via une source fiable, conforme et qualifiée », a précisé Matthieu Bos.

L’étape prochaine consiste à finaliser l’étude d’impact environnemental, dont la livraison est attendue au premier semestre 2026. En parallèle, Falcon prévoit de lancer l’ingénierie détaillée du schéma de procédé de l’usine d’anodes et des infrastructures auxiliaires.

Ces travaux d’ingénierie nécessiteront une période de neuf mois, suivie d’un délai de construction de quinze autres mois. L’objectif est de démarrer la production dès le second semestre 2027, avec une cible annuelle de 26 000 tonnes de graphite purifié (CSPG).

En préparation des prochaines étapes, Falcon prévoit de démarrer son usine pilote avant la fin de cette année. Cette unité permettra de commercialiser par anticipation le produit que la future grande usine produira.

Dès septembre 2025, Falcon a testé avec succès son usine pilote en Chine, produisant des lots d’échantillons de 50 kg. Ces lots sont actuellement évalués par trois clients potentiels de Falcon, avant l’expédition de l’usine au Maroc prévue en novembre 2025. La mise en service finale de l’unité à Jorf Lasfar est attendue avant la fin décembre 2025.

Falcon Energy Materials : premiers échantillons de graphite d’anode livrés pour qualification

Falcon Energy Materials annonce ce jeudi 16 octobre 2025 que la construction de son usine pilote de production de graphites d’anodes entre dans sa phase finale et sera opérationnelle avant la fin de l’année.

En août 2025, la compagnie a décidé de contracter Open Steel, filiale marocaine du groupe chinois Open Building Systems, qui a déjà travaillé avec COBCO pour la construction de son usine de fabrication des matériaux actifs de cathodes (pCAM) à Jorf Lasfar.

Depuis lors, les travaux de génie civil avancent, et la fabrication de la structure métallique est terminée. Sa livraison sur site est prévue pour fin octobre, ce qui maintient l’objectif d’achèvement du bâtiment de l’usine pilote, des bureaux et des infrastructures pour fin 2025.

Du côté des équipements d’usine, Falcon a acquis et assemblé en Chine tout le matériel nécessaire à la production d’échantillons de graphite sphérique purifié et enrobé (CSPG) à grande échelle. L’usine pilote a ensuite été entièrement mise en service et testée dans les installations de Hensen en Chine, garantissant ainsi des performances optimales avant son expédition complète au Maroc.

Test des équipements de l’usine pilote de graphite d’anodes de Falcon dans les installations de son partenaire chinois Hensen.

« Cette usine pilote représente un tournant majeur pour Falcon, non seulement pour la production d’échantillons de graphite sphérique purifié et enrobé (CSPG), mais aussi pour l’implantation d’une importante usine de production d’anodes hors de Chine, nous positionnant ainsi comme un acteur clé de la chaîne d’approvisionnement mondiale des batteries », a déclaré Matthieu Bos, PDG de Falcon.

Précédemment, la révocation de son permis minier en Guinée a privé Falcon Energy des bénéfices de l’auto-approvisionnement, l’exposant davantage aux chocs de prix et aux risques sur la chaîne d’approvisionnement. La société s’est tournée vers d’autres sources en raison de l’absence actuelle d’une mine de graphite au Maroc.

« Nous sommes confiants dans la disponibilité mondiale de graphite de première qualité et testons activement plusieurs sources de haute qualité afin de garantir un approvisionnement évolutif et fiable pour nos activités en pleine croissance », a ajouté Matthieu Bos.

En mai 2025, Falcon a conclu un partenariat avec la société Fluoralpha d’InnovX pour développer une usine pilote et une unité industrielle à Jorf Lasfar, dédiées à la production de CSPG.

Parallèlement à l’avancement des travaux de l’usine pilote à Jorf Lasfar, Falcon Energy a déjà initié la commercialisation de son produit par la livraison d’échantillons issus des tests effectués sur son usine pilote dans les installations de son partenaire technique chinois, Hensen.

Des lots d’échantillons de 50 kg sont actuellement évalués par trois clients potentiels majeurs. À cette fin de commercialisation, Falcon prévoit d’exploiter l’usine pilote en Chine jusqu’en octobre 2025, avant son expédition au Maroc en novembre 2025 pour sa mise en service finale.

« Notre partenariat stratégique avec Hensen et Fluoralpha s’étend au-delà de la construction ; il signifie le développement d’une chaîne de valeur industrielle complète et résiliente, conçue pour dominer le marché mondial des batteries pour les décennies à venir », a souligné Matthieu Bos.

Malgré la révocation de son permis minier en Guinée, Falcon Energy Materials maintient le cap sur son usine de Tanger

À la suite d’une récente décision de la République de Guinée, les permis de recherche et d’exploitation d’une centaine d’entreprises minières ont été révoqués par le ministère des Mines guinéen, concernant principalement des exploitations aurifères. L’arrêté ministériel portant cette décision du gouvernement guinéen a été lu et diffusé à la télévision nationale, le samedi 18 mai 2025, par le ministre de la Communication, Fana Soumah, qui a énuméré les permis des entreprises devant être retirés et retournés gratuitement à l’État.

Parmi les permis révoqués figure celui de la compagnie Falcon Energy Materials qui a exprimé, dans un communiqué, sa dénonciation à la suite du retrait du permis minier du projet de mine de graphite Lola, situé au sud de la Guinée, près des frontières avec le Liberia et la Côte d’Ivoire.

Selon des informations obtenues par Médias24, ce litige ne devrait pas influencer le développement du projet d’usine d’anodes à Tanger, qui avance à plein régime. L’entreprise dispose déjà d’autres sources d’approvisionnement en graphite. Cependant, la priorité actuelle de Falcon est de résoudre le litige qui va à l’encontre de la législation minière guinéenne et, plus particulièrement, de l’accord précédemment conclu avec le ministère des Mines. Actuellement, Falcon évalue ses options en Guinée.

D’après son communiqué, l’entreprise basée à Abu Dhabi compte mobiliser tous les recours juridiques possibles, en Guinée comme à l’international, afin de protéger ses droits et ses investissements.

En effet, depuis 2012, Falcon Energy Materials (anciennement SRG Mining) a développé les ressources du projet Lola, depuis la découverte des premiers indices jusqu’à la réalisation d’une étude de faisabilité évaluant la viabilité économique du gisement. Présentant des retombées économiques directes pour la Guinée, le projet de la mine de Lola permettra d’atteindre une capacité de production annuelle de 2,5 millions de tonnes sur une durée de vie initiale de 25 ans. Ce projet nécessitera un investissement total de 185 millions de dollars américains, avec un retour sur investissement attendu au bout de 3,9 années.

la mine de lola de Falcon Energy Materials dont la révocation du permis minier a été décidé par la Guinée
Le projet minier de Lola inclut la construction d’une usine de traitement par Falcon à proximité du site d’extraction, renforçant ainsi les retombées économiques locales de l’exploitation pour la Guinée.

Au Maroc, le projet est sur de bons rails. L’entreprise a conclu des partenariats stratégiques avec Hensen pour la construction d’une usine de production de graphite sphérique purifié et enrobé, et avec Shanshan pour la commercialisation du graphite produit à Tanger.

D’ici la fin du premier semestre, Falcon et Hensen doivent lancer la construction d’une usine pilote d’une capacité journalière d’environ 100 kg de graphite sphérique purifié et enrobé. Cette phase préliminaire précédera la construction de l’usine principale qui devrait être opérationnelle dès le début de l’année 2027.

Design de l'usine de Tanger de inspiré de l'usine de Hensen en Chine. Les six composantes sont : (1) Usine de sphéroïdisation(2) Usine de purification (3)Usine de revêtement Usine de finition Stockage d'acide Station de traitement des eaux
Design de l’usine de Tanger, inspiré de l’usine de Hensen en Chine. Les six composantes de l’usine sont : (1) l’usine de sphéroïdisation, (2) l’usine de purification, (3) l’usine de revêtement, (4) l’usine de finition, (5) le stockage d’acide, (6) la station de traitement des eaux.

À terme, le projet vise une production annuelle de 26.000 tonnes de graphite sphérique purifié et enrobé, 18.000 tonnes de particules fines recyclables de l’usine de Tanger, et 42.000 tonnes de flocons grossiers extraits de la mine guinéenne de Lola.

Rappelons que le projet Falcon est une initiative de la société canadienne SRG Mining et bénéficie du soutien stratégique et financier de La Mancha Resources, détenue à 19,9% par Naguib Sawiris. Les prévisions financières du projet de Tanger estiment sa rentabilité future à 1,1 milliard de dollars (avec un taux d’actualisation de 8%), ce qui démontre sa viabilité économique en plus de son importance pour le futur écosystème industriel de batteries, en cours de développement.

Comment le Maroc renforce son intégration industrielle de la mine aux batteries

D’ici 2030, le Maroc disposera d’une industrie de transformation à proximité des mines, en amont de la chaîne d’approvisionnement des batteries, renforçant ainsi l’intégration locale de cette filière. L’industrie des batteries connaîtra un essor majeur avec la mise en service prochaine, au Maroc, de la première gigafactory d’Afrique.

Une R&D active, le succès de l’industrie automobile, la position stratégique du royaume et un engagement politique fort sont autant d’éléments qui pourraient faire du pays un hub régional majeur dans les années à venir.

À cela s’ajoutent les risques liés aux métaux stratégiques, dont les prix pourraient augmenter ou dont l’approvisionnement pourrait être perturbé en raison de la concentration géographique des pays producteurs. En l’absence d’une chaîne d’approvisionnement locale et efficiente, une telle pénurie affecterait directement le développement de cette industrie, laquelle dépend non seulement de matières premières, mais également de matières premières de haute qualité pour garantir des produits performants.

Aujourd’hui, le Maroc dispose de plusieurs ressources minières, notamment des phosphates, du cobalt et du cuivre, ainsi que d’une production modeste avec des potentialités en cours de développement en nickel et manganèse. Citons également des projets de développement avancé des ressources de lithium et de graphite. À terme, le Maroc disposera localement de toutes les ressources nécessaires pour l’industrie des batteries.

Cependant, la seule présence de matières brutes n’est pas suffisante, car plusieurs métaux nécessitent un traitement industriel pour la fabrication des produits finis à des teneurs industrielles précises.

Par exemple, le Maroc, qui produit annuellement des quantités importantes de cuivre (environ 100.000 tonnes de concentré), ne peut pas faire profiter directement ses industriels de ses ressources, puisque la production des mines sous forme de concentré est inutilisable par les industriels et nécessite un raffinage à l’étranger. Ce dernier est également un élément décisif, puisqu’en 2024, la décision des fonderies chinoises de réduire leurs productions a amené les prix de cuivre au-dessus de 10.000 dollars/tonne.

Afin de rattraper ce retard, plusieurs projets d’unités industrielles sont en cours de développement, avec des projets qui seront opérationnels prochainement, portés principalement par les grands groupes miniers.

Le projet de loi 72.24 modifiant la loi 33.13 relative aux mines prévoit d’introduire une nouvelle autorisation de valorisation minière qui exempte d’avoir une licence minière pour être autorisé à construire de telles unités industrielles.

Projet d’une usine de fabrication de cathodes de cobalt (Managem)

Située dans le site industriel de Guemassa, une nouvelle usine de fabrication de cathodes de cobalt à destination des producteurs de voitures électriques est prévue pour entrer en production durant le troisième trimestre de 2025 et pour une homologation avant la fin de l’année en cours.

En partenariat avec Renault comme principal offtaker, cette usine s’approvisionnera à la mine de Bou Azzer pour une production annuelle de 3.500 tonnes de sulfate de cobalt de qualité batterie. L’homologation est la phase la plus décisive pour ce projet, car le sulfate de cobalt produit devra être extrêmement pur, une condition exigée par les fabricants de batteries et en particulier les fabricants de précurseurs, les matériaux intermédiaires de base utilisés pour fabriquer les composants actifs des batteries.

La production de la mine de Bou Azzer a chuté de 15 % en 2024, atteignant seulement 1.287 tonnes de cobalt, une conséquence directe de la forte dépréciation de ce métal sur les marchés mondiaux. Dans ce contexte, les projets de valorisation locale apparaissent comme une stratégie clé pour générer de la valeur indépendamment des fluctuations internationales.

Projet d’une première fonderie de cuivre en Afrique du Nord (Managem)

Avec la mine de Tizert qui devrait entrer en production cette année, l’ambition de Managem n’est pas seulement de doubler la production du cuivre au Maroc, mais également de traiter pour la première fois le concentré de cuivre pour produire de la cathode de cuivre et des fils de cuivre pour l’industrie électrique.

Avec un investissement compris entre 10 et 15 milliards de dirhams, une première fonderie sera construite par Managem pour augmenter la valeur ajoutée du cuivre produit par le groupe, notamment celui de Tizert. En plus de la cathode de cuivre, d’autres sous-produits sont également envisagés, notamment l’oxyde de fer destiné aux industries de la sidérurgie (teneur en fer > 60 %).

Les projets de Managem ne se limiteront pas au cuivre et au cobalt, puisque ce groupe minier compte également investir dans une usine de traitement de manganèse pour la production de sulfate de manganèse de qualité batterie. Le sulfate de manganèse de qualité batterie, à 32,21 % de Mn, est destiné au matériau actif de cathode précurseur (PCAM) de type NMC et aux carbonates et tétraoxydes pour les batteries LMFP. La construction de cette usine devrait débuter prévisionnellement durant le deuxième semestre de l’année en cours.

Projet d’une usine pour la fabrication du graphite sphérique purifié et enrobé à Tanger (Falcon Energy Materials)

La société Falcon Energy Materials est portée par la société canadienne SRG Mining et un investissement important de La Mancha Resources, présidée par Naguib Sawiris qui détient 19,9 % des parts.

Le projet de l’entreprise vise la construction d’une usine d’anodes à Tanger pour la fabrication de graphite purifié sphérique enrobé. Une usine pilote, opérationnelle dès le deuxième semestre, aura une capacité de production quotidienne d’environ 100 kilogrammes de graphite purifié sphérique enrobé.

L’usine principale devrait être opérationnelle à partir du premier trimestre de l’année 2027, avec une production commercialisable moyenne de 26.000 tonnes par an de graphite sphérique purifié et enrobé, et 18.000 tonnes par an de particules fines provenant de l’usine d’anodes (pour recyclage). Ce projet prévoit des revenus de 1,14 milliard de dollars, avec un retour sur investissement attendu après une seule année. Le graphite naturel sera approvisionné à partir d’une mine en Guinée détenue par Falcon et qui est en cours de construction, avec des ressources estimées d’environ 50 millions de tonnes de graphites à une teneur de 3.98%.

Au Maroc, le groupe Managem est en train de certifier les ressources de deux gisements potentiels de graphite. Les estimations situent ces ressources entre 30 et 50 millions de tonnes de graphite avec une teneur supérieure à 12 %. Cette certification précède une décision d’investissement dans une mine dont les produits seront également valorisés, dans le cadre d’un nouveau projet, pour produire du graphite concentré à 97 % et du graphite sphérique purifié non revêtu.

Projet OCP pour l’intégration de l’industrie de la batterie

De son côté, le groupe OCP ne devrait pas rester à l’écart de l’écosystème industriel des batteries. En premier, le projet Mera Batteries, porté par InnovX, ambitionne de contribuer à la production d’1 GWh de batteries LFP.

Composant clé des batteries lithium fer phosphate (LFP), il est logique que le Maroc valorise la disponibilité du phosphate de son sous-sol. La fabrication du matériau cathodique FePO₄ repose sur un procédé relativement simple : le mélange d’un sel de fer (comme le sulfate ferreux FeSO₄) avec une source de phosphate (tel que l’acide phosphorique H₃PO₄) en solution aqueuse.

En marge du développement du programme stratégique Mzinda Meskala, le groupe OCP projette la construction d’un complexe industriel Mzinda. Ce complexe sera intégré au Phosphate Hub Mzinda par des activités de valorisation en aval (downstream), permettant d’ajouter de la valeur aux dérivés de phosphate à mesure qu’ils progressent dans la chaîne d’approvisionnement, en se rapprochant davantage des clients finaux, les précurseurs.

À court terme, la disponibilité du lithium ne pose aucun problème majeur, malgré la récente volatilité des prix observée sur les marchés internationaux. Les réserves actuelles et les capacités de production permettent de répondre à la demande immédiate, bien que des tensions puissent survenir localement en fonction des dynamiques géopolitiques et des contraintes logistiques.

Cependant, à moyen et long termes, les projections sont beaucoup plus préoccupantes. Selon les estimations de l’Agence internationale de l’Énergie (AIE), la demande mondiale devrait être multipliée par six d’ici 2030, voire par quarante d’ici 2040, en raison de l’essor de l’industrie des véhicules électriques.

Dans ce contexte, le Maroc a une opportunité stratégique à saisir. Plusieurs gisements et indices de lithium ont déjà été identifiés sur son territoire, notamment dans l’Anti-Atlas et à Bir El Mami. En exploitant ces potentialités, le Royaume pourrait bien positionner son industrie dans la production de batteries LFP, à court et à long termes.

Falcon Energy Materials et Shanshan annoncent un partenariat pour commercialiser les anodes du projet de Tanger

Après avoir réussi à lever 6 millions de dollars canadiens par placement privé, la compagnie Falcon Energy Materials et le chinois Shanghai Shanshan New Material ont signé une feuille de route pour un partenariat stratégique visant à développer la future clientèle de l’usine de production d’anodes en graphite purifié sphérique enrobé de Falcon à Tanger.

Pour Falcon, s’associer à Shanghai Shanshan New Material représente un atout majeur, étant donné que cette entreprise est le premier producteur mondial de matériaux d’anode en graphite synthétique, avec une part de marché de 21% en 2024. Le groupe chinois dispose d’une base de production de divers matériaux d’anode, avec une capacité de production actuelle de 700.000 tonnes par an en Chine et un projet de développement de 100.000 tonnes par an en Finlande.

En tant que futur partenaire commercial, Shanshan sera responsable de l’intégration de Falcon dans la chaîne d’approvisionnement complexe des batteries. Il collaborera étroitement avec Falcon pour qualifier son produit de graphite sphérique purifié et enrobé selon les spécifications des utilisateurs finaux.

« Nous sommes ravis d’accueillir Shanshan au sein de notre consortium. Suite à notre redomiciliation à Abu Dhabi l’année dernière, nous avons créé une plateforme unique, basée aux Émirats arabes unis, tout en restant ouverts à des partenariats avec des leaders du secteur tels que Shanshan », a commenté Matthieu Bos, PDG de Falcon.

Les modalités de cet accord de cinq ans, renouvelable et débutant au lancement de la production de l’usine de Tanger, stipulent notamment le versement d’une redevance sur le revenu brut à Shanshan pour la phase initiale, suivie d’une redevance réduite pour les phases ultérieures.

Outre cet accord avec Shanshan, axé sur la commercialisation des produits de son usine d’anodes à Tanger, Falcon a précédemment établi un partenariat stratégique avec Hensen. Cette collaboration porte sur une dimension technique, permettant à Falcon de bénéficier de son expertise en ingénierie, approvisionnement, qualification et construction d’usine de fabrication d’anodes.

Durant le deuxième trimestre de l’année 2025, Falcon et Hensen lanceront la construction d’une usine pilote qui aura une capacité de production quotidienne d’environ 100 kilogrammes de graphite purifié sphérique enrobé.

Sa mise en service durant le deuxième semestre de l’année 2025 permettra de partager ses produits avec les clients de Shanshan et de nouveaux prospects, servant ainsi deux objectifs majeurs : développer la clientèle de l’usine d’anodes de Tanger et qualifier les produits de Falcon auprès des utilisateurs finaux.

Une fois réussie la qualification du graphite sphérique purifié et enrobé issu de l’usine pilote, Shanshan s’engagera à aider Falcon à conclure un accord d’achat contraignant avec un acheteur international utilisant la marque Shanshan. En contrepartie de cette assistance, Shanshan et Falcon concluront un accord de commercialisation.

« L’intégration de Shanshan au cadre de partenariat de Falcon nous permettra de nous ancrer solidement dans la chaîne d’approvisionnement CSPG à ce moment crucial de notre histoire. La stratégie et la structure de Falcon sont véritablement uniques et ne peuvent être reproduites par personne à court ou moyen terme », a déclaré Matthieu Bos, PDG de Falcon.

Rappelons que le projet Falcon est une initiative de la société canadienne SRG Mining, placée sous la présidence de Benoît LaSalle, qui dirige également AYA Gold & Silver. Le projet bénéficie du soutien stratégique et financier de La Mancha Resources, détenue à 19,9% par Naguib Sawiris. Les prévisions financières du projet estiment sa rentabilité future à 1,1 milliard de dollars (avec un taux d’actualisation de 8%), ce qui montre sa viabilité économique. À pleine capacité, le projet vise une production annuelle de 26.000 tonnes de graphite sphérique purifié et enrobé, 18.000 tonnes de particules fines recyclables de l’usine de Tanger, et 42.000 tonnes de flocons grossiers extraits de Guinée.

Métaux stratégiques : voici ce qu’il faut savoir sur les projets de mines en cours de développement au Maroc

À l’heure où la transition énergétique s’impose comme une priorité mondiale, le Maroc se positionne en pionnier sur le continent africain avec une ambition légitime de devenir un hub régional dans l’industrie des batteries électriques.

Aujourd’hui, un tissu industriel intégré se met en place avec notamment la mise en service prochaine de la première gigafactory africaine et plusieurs unités, en amont, dédiées à la production des composants essentiels des batteries, tels que les cathodes et les anodes.

Cependant, la durabilité de cette industrie naissante est intrinsèquement liée à l’accès à des métaux critiques à un prix compétitif et en quantité suffisante, dont l’approvisionnement ne doit pas être brutalement interrompu en raison d’une dépendance excessive à un seul pays.

Indispensables, le lithium, le nickel et le graphite sont importés

Si le Maroc dispose de ressources importantes en cobalt et en phosphates, il reste toujours tributaire de l’importation de plusieurs ressources indispensables pour la fabrication des batteries telles que le lithium, le nickel, le graphite

À ce jour, des centaines d’indices miniers devraient être déchiffrés pour découvrir l’exploitabilité de plusieurs métaux critiques, dont principalement le lithium, le cuivre, le cobalt, les terres rares… En 2024, l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) a lancé 44 projets d’exploration de métaux critiques répartis dans les quatre coins du pays.

En parallèle, plusieurs projets de développement minier de métaux critiques ont progressé au-delà de leur phase d’exploration durant cette année et devraient connaître leur première production prochainement.

La mine de cuivre de Tizert (province de Taroudant)

L’utilisation du cuivre dans les batteries lithium-ion est privilégiée en raison de sa conductivité électrique et thermique élevée, ainsi que de ses nanostructures uniques qui optimisent les performances électrochimiques. Son rôle principal est celui de collecteur de courant, garantissant le flux ordonné des électrons durant les cycles de charge et de décharge, tout en demeurant un composant fixe au sein de la batterie pour assurer une énergie stable et performante.

Managem, le principal producteur de cuivre au Maroc avec une production actuelle de 100.000 tonnes de concentré, s’apprête à doubler sa capacité grâce au nouveau projet de Tizert.

Située entre Taroudant et Tata, la mine de cuivre de Tizert, un projet de mine de classe mondiale, est en phase finale de construction avec une première production prévue durant le deuxième semestre de l’année 2025. La majorité des travaux a dépassé les 90%, à l’exception notable de la construction de la digue (85%), du génie civil de l’usine (83%), de l’installation électrique (17%) et du montage (46%).

La mine de Tizert, dont les ressources sont estimées à 56,8 millions de tonnes avec une teneur de 1,03% en cuivre et 23 g/tonne d’argent, a une durée de vie prévue de 17 ans.

Lancé en 2022, ce projet a nécessité un investissement de 440 millions de dollars (plus de 3,85 milliards de DH). Il ambitionne de devenir la plus grande exploitation minière souterraine de la région, intégrant les principes de la mine intelligente grâce à la numérisation des processus, à l’intelligence artificielle, à l’automatisation basée sur les données des machines et des événements, au suivi en temps réel des véhicules et du personnel, ainsi qu’à une intégration avec des systèmes de planification tiers pour un suivi fluide et instantané de l’avancement des travaux.

Précédemment, le groupe Managem a cédé sa filiale, qui exploitait la mine d’Oumejrane dans la province de Zagora. Pour Managem, cette décision stratégique vise à se concentrer sur ses principaux actifs, considérant qu’il serait plus optimal de céder cette entité à une autre partie capable de développer le projet.

Bien que Purple Hedge soit une entreprise nouvellement créée et donc peu connue, le communiqué annonçant l’acquisition de la Compagnie minière d’Oumejrane révèle que sa direction possède une expérience significative dans des projets miniers africains.

Outre un potentiel minéral estimé à environ 82.000 tonnes de concentrés de cuivre, la cession de la Compagnie minière d’Oumejrane devrait permettre à la nouvelle entité, Purple Hedge, d’exploiter quatre licences d’exploration couvrant 200 km². Ces licences pourraient être utilisées pour développer les ressources déjà découvertes.

Plus au nord, dans la province d’Azilal, le projet minier de Tabaroucht, développé par la Compagnie minière de Touissit (CMT), a atteint à son tour sa phase finale de développement. Les études menées auparavant ont permis d’estimer des réserves à 2 millions de tonnes de minerai à une teneur de 1,4% de cuivre. Le projet entre désormais dans sa phase finale, avec une décision d’investissement proche qui déterminera sa faisabilité économique et opérationnelle.

Les complexes miniers de phosphates de Mzinda et de Meskala

Outre son utilisation connue dans les engrais, le phosphate est un composant clé des batteries lithium fer phosphate (LFP). Cette technologie, particulièrement prisée pour sa stabilité, sa sécurité et son excellent rapport qualité-prix, séduit les principaux constructeurs automobiles. Ces derniers l’intègrent déjà, ou prévoient de l’adopter à grande échelle, pour équiper leurs nouveaux modèles de véhicules électriques.

La fabrication du matériau cathodique FePO4 repose sur un procédé relativement simple : il suffit de mélanger un sel de fer (comme le sulfate ferreux FeSO₄) avec une source de phosphate (tel que l’acide phosphorique H₃PO₄) en solution aqueuse. Cette simplicité de production, combinée à sa disponibilité locale, ouvre des perspectives prometteuses pour le développement de ce type de batterie au Maroc.

En complément de ses sites historiques majeurs situés à Benguerir et à Khouribga, le groupe OCP, dans le cadre de son programme stratégique (SP2M), prévoit d’étendre ses activités dans deux nouvelles zones : Mzinda-Safi et Meskala-Essaouira.

Le projet du corridor Mzinda-Safi ambitionne d’atteindre, d’ici 2028, une capacité de production annuelle de 12 millions de tonnes de roche, de 3 millions de tonnes d’acide phosphorique et de 8,4 millions de tonnes d’engrais.

Concernant le corridor Meskala-Essaouira, l’objectif est de parvenir, à l’horizon 2030, à une capacité annuelle de 20 millions de tonnes de roche, de 1 million de tonnes d’acide phosphorique et de 2 millions de tonnes d’engrais.

Pour s’inscrire dans l’ère de la mine 5.0, ces nouveaux projets miniers devront intégrer une combinaison d’innovations technologiques et d’approches responsables. Au cœur de cette transformation figurent les technologies digitales avancées comme l’automatisation intelligente des processus, l’Internet des objets (IoT) et l’intelligence artificielle, qui permettront d’optimiser les opérations minières.

Parallèlement, l’exploitation des ressources non conventionnelles et l’adoption massive d’énergies renouvelables (solaire et éolien) viendront compléter cette modernisation technologique. Ces avancées s’accompagneront d’une démarche durable rigoureuse, intégrant pleinement les principes du développement durable pour minimiser l’impact environnemental.

La mine d’étain d’Achemmach (province de Khemisset)

L’étain est un métal stratégique pour les batteries grâce à sa grande capacité théorique de stockage du lithium, surpassant ainsi le graphite. Allié à d’autres matériaux comme le silicium ou le carbone, il gagne en stabilité et résout les problèmes liés à son expansion lors des cycles de charge et de décharge, ouvrant la voie à des batteries plus performantes et durables.

Au-delà des batteries, l’étain, souvent sous forme d’alliage, est de plus en plus utilisé dans les composants électroniques, les panneaux photovoltaïques, les pièces d’automobiles…

Dans le monde, la majorité des réserves mondiales en étain sont détenues par la Chine à hauteur de 38%, alors qu’en Afrique, la République démocratique du Congo et le Rwanda possèdent les plus grandes réserves.

Le projet Achemmach, situé à environ 50 km au sud-ouest de Meknès, est sorti de sa léthargie grâce à l’acquisition en mai 2024 de Samine, ancienne filiale de Managem. Cette acquisition a permis d’étendre le corridor minier de 5 km entre Achemmach et Bou El Jaj, doublant ainsi le potentiel en étain de la région. Les ressources totales estimées s’élèvent désormais à 39,1 millions de tonnes à une teneur de 0,55 % Sn, contenant 213.000 tonnes d’étain.

Sur le plan géologique, les minéralisations d’étain d’Achemmach et de Djebel El Hammam présentent des similitudes, étant toutes deux hébergées dans des roches sédimentaires altérées par la tourmaline. Cependant, elles se distinguent par leur profondeur : si le gisement d’Achemmach est enfoui en profondeur, nécessitant une exploitation souterraine, celui de Djebel El Hammam affleure en surface, offrant des perspectives d’exploitation à ciel ouvert, plus économiques et prometteuses pour l’entreprise.

Ces nouveaux développements, couplés à de nouvelles nominations managériales et à des financements additionnels, marquent un tournant décisif pour ce projet, longtemps retardé par des difficultés financières. Cette fois, l’acquisition de Samine devrait significativement réduire les coûts, puisque l’usine de traitement de l’ancienne mine d’El Hammam pourrait être réutilisée pour le projet Achemmach.

Une décision d’investissement finale (FID) est attendue avant la mi-2025, ouvrant la voie au lancement de la construction. À terme, ce projet renforcera la souveraineté minière du Maroc en ajoutant l’étain à la liste des métaux produits dans le pays.

D’autres projets prometteurs pour l’industrie des batteries

A coté de ces projets de mines, plusieurs travaux d’exploration sont actuellement menés par l’ONHYM et des opérateurs privés qui, ces dernières années, ont accru leurs investissements dans le secteur minier.

Parmi les métaux critiques dont le Maroc manque, figure le graphite. Actuellement, l’ONHYM conduit des travaux de développement pour dérisquer un prospect de graphite situé au niveau de Jbilet, dans les environs de Marrakech.

Mais avant que cela ne puisse se concrétiser, le groupe Falcon Energy Materials prévoit la construction d’une usine de production d’anodes avancées à Tanger, avec une capacité cible de 25.000 tonnes par an. L’usine s’approvisionnera en graphite auprès d’une mine actuellement en cours de construction, exploitée par le même groupe en Guinée.

Ce projet est porté par la société canadienne SRG Mining, avec Benoit LaSalle (également directeur de AYA Gold & Silver) à la présidence du conseil d’administration de Falcon. Il bénéficie également du soutien financier de La Mancha Resources, détenue par l’homme d’affaires Naguib Sawiris.

Parallèlement au développement du graphite, l’exploration d’un autre composant majeur des batteries progresse. Piloté par Lithium Africa, une entreprise basée à Singapore, ce programme débutera par la prospection du lithium dans la région de Bir El Mami, avant d’étendre les prospections à trois autres sites identifiés notamment au niveau de l’Anti-Atlas.

À la fin, ce qui permettra d’accélérer davantage l’exploration des métaux critiques et de soutenir la souveraineté industrielle du Maroc, notamment celle liée à la transition énergétique, c’est la prochaine réforme du code minier. Cette réforme introduira plusieurs innovations, comme la création d’un cadastre minier pour plus de transparence et de gouvernance, la mise en place d’une Commission nationale des minéraux stratégiques et critiques sous tutelle ministérielle, ainsi que l’établissement d’une liste officielle de ces minéraux.

Falcon Energy Materials lève 6 millions de dollars canadiens pour son projet maroco-guinéen de graphite

Dans un communiqué daté du 17 mars 2025, la compagnie Falcon Energy Materials a annoncé une levée de fonds de 6 millions de dollars canadiens pour accélérer son projet de production de graphite, qui comprend la construction d’une mine en Guinée et d’une usine d’anodes à Tanger.

Design de l’usine de Tanger inspiré de l’usine de Hensen en Chine. Les six composantes de l’usine sont : (1) usine de sphéroïdisation, (2) usine de purification, (3) usine de revêtement, (4) usine de finition, (5) stockage d’acide, (6) station de traitement des eaux.

Prévue pour être finalisée avant le 24 mars prochain, Falcon Energy Materials prévoit une émission privée de 10.000.000 d’unités au prix de 0,60 dollar canadien par unité. Chaque unité comprend :
1. Une action ordinaire de la société.
2. Un bon de souscription non transférable qui permet à son détenteur d’acheter une action supplémentaire au prix de 0,75 dollar canadien par action, et ce, pendant une période de 36 mois à partir de la date de clôture de l’émission.

« Nous sommes très heureux d’accueillir plusieurs nouveaux actionnaires de renom, disposant de solides relations d’affaires en Europe, de l’autre côté de l’Atlantique et à travers le monde. Avec les catalyseurs prévus pour Falcon, leur soutien nous place dans une excellente position pour faire progresser le développement de nos projets au Maroc et en Guinée », a déclaré Matthieu Bos, directeur général de Falcon.

Pour rappel, la société canadienne SRG Mining est à l’origine du projet de graphite, avec Benoit LaSalle, également directeur de AYA Gold & Silver, à la présidence du conseil d’administration de Falcon. Le projet bénéficie également du soutien de La Mancha Resources, présidée par Naguib Sawiris qui détient 19,9 % des parts et a promis un investissement allant jusqu’à 50 millions de dollars canadiens pour financer les initiatives de Falcon.

Au Maroc, une étude de faisabilité pour la construction de l’usine d’anodes à Tanger est prévue au cours de cette année avec une production cible de 25.000 tonnes par an de matériaux d’anodes avancées à partir du premier trimestre de l’année 2027. Elle constituera la base pour l’établissement d’une étude d’impact pour compléter le processus d’autorisation au Maroc.

La valeur actuelle nette (NPV) du projet, calculée avec un taux d’actualisation de 8 %, est estimée à 1,1 milliard de dollars. Le projet nécessite un investissement total de 106 millions de dollars au Maroc et 185 millions de dollars en Guinée. Le retour sur investissement est prévu après un an, avec des coûts opérationnels de 3.193 dollars par tonne et un prix de vente de 9.000 dollars par tonne de graphite sphérique purifié et enrobé.

À terme, une production commercialisable moyenne de 26.000 tonnes par an de graphite sphérique purifié et enrobé, 18.000 tonnes par an de particules fines provenant de l’usine d’anodes (pour recyclage), ainsi que 42.000 tonnes par an de flocons grossiers de graphite extraits de la mine guinéenne.