Villes sans bidonvilles : la moyenne annuelle des bénéficiaires a triplé entre 2021 et 2025

La moyenne annuelle des ménages bénéficiaires du programme « Villes sans bidonvilles » est passée de 6.200 entre 2018 et 2021 à près de 18.500 entre 2021 et 2025, a relevé le secrétaire d’État chargé de l’Habitat, Adib Benbrahim, le lundi 26 mai à la Chambre des représentants.

Adib Benbrahim a précisé que ce programme a permis de déclarer 62 villes et centres urbains sans bidonvilles et d’améliorer les conditions de vie de plus de 366.000 familles. Environ 74.000 ménages sont actuellement concernés par des unités de logement achevées ou en cours de réalisation.

Il a souligné les résultats encourageants enregistrés par le programme « malgré les contraintes qui ont jalonné sa mise en œuvre sur le terrain, notamment la hausse continue du nombre de familles éligibles ».

Le secrétaire d’État a également évoqué les lenteurs dans les opérations d’auto-construction dans le cadre des projets de relogement sur des lots de terrain.

Il a, à ce propos, indiqué que la circulaire du chef du gouvernement relative à la programmation de nouvelles opérations destinées à traiter les unités d’habitation restantes dans le cadre du programme « Villes sans bidonvilles », concernant environ 120.000 familles, adopte désormais l’approche des aides au logement ou du programme de logement social.

Adib Benbrahim a rappelé que le programme « Villes sans bidonvilles », lancé en 2004 par le Roi Mohammed VI, visait initialement 270.000 familles réparties sur 85 villes et centres urbains.

PAM : l’initiative « Génération 2030 » expliquée par Fatima Ezzahra El Mansouri

Que faut-il penser du lancement par le Parti authenticité et modernité (PAM) du programme « Génération 2030 », visant à encourager les jeunes à présenter leurs propositions sur une plateforme digitale et lors de rencontres physiques dans toutes les régions du Maroc pour participer à l’élaboration des futures politiques publiques ?

Sollicitée par Médias24, la coordinatrice nationale de la direction collégiale du PAM a répondu sans détour à cette question en exposant la finalité participative de cette initiative qui s’inscrit, selon elle, dans l’esprit qui a prévalu à la création de son parti avec le Mouvement de tous les démocrates (MTD). Il ne s’agit pas, selon notre interlocutrice, d’opportunisme électoraliste lié à l’approche des élections, mais d’un choix de fond, une valeur du PAM.

Un concept initié par l’organisation de la jeunesse du parti

« ‘Jeel 2030’ est une initiative qui a été prise par la jeunesse du parti à laquelle notre bureau politique a donné sa bénédiction en la validant », affirme Fatima Ezzahra El Mansouri, pour qui cette démarche retrouve l’esprit initial du PAM qui s’interrogeait sur l’avenir du Maroc à travers des séances d’écoute dans toutes les régions du pays.

Partant du constat que les jeunes sont « peu ou pas entendus » dans la plupart des partis politiques, alors qu’ils sont un réservoir d’idées essentiel, c’est donc le même dispositif inclusif qui a motivé le lancement de cet outil qui vise à recueillir leurs attentes pour élaborer des politiques publiques.

Un concept en trois actions

Rappelant que le PAM s’est toujours prévalu de mettre en avant la jeunesse et la femme, la coordinatrice nationale estime que cette initiative peut se résumer en trois principales actions, dont la première est une plateforme digitale qui a rencontré un grand succès dès le début de son lancement.

Cet outil numérique permet aux jeunes qui s’y inscrivent d’échanger et, surtout, de partager leurs préoccupations ainsi que leur vision du Maroc idéal qu’ils ambitionnent de construire.

Sur le choix de l’agenda 2030, Fatima Ezzahra El Mansouri tient à préciser que si cette date n’est pas une fin en soi, sa portée symbolique s’est imposée à ses concepteurs, dans la perspective du Mondial de football qui a généré une dynamique avec de nombreux chantiers pour encourager son succès.

Hormis la plateforme, notre interlocutrice ajoute que les deux autres actions consistent en des réunions qui seront organisées avec les jeunes de chaque région et des workshops qui permettront de consolider les interactions entre le rendu digital et celui des meetings territoriaux pour apporter un complément à la mise en place du programme du parti.

Une démarche participative au centre de l’initiative

Si la vocation de « Génération 2030 » consiste à recueillir les attentes de la jeunesse, la coordinatrice nationale estime que sa priorité est de favoriser une démarche participative, en citant son expérience à la tête de la mairie de Marrakech et son initiative Demsekken, qui reposaient sur le dialogue.

S’appuyant sur l’historique idéologique du PAM qui, depuis sa création, a toujours choisi de privilégier la jeunesse, les femmes et la territorialité, la dirigeante souligne qu’il est essentiel d’être à l’écoute – préalable pour élaborer des politiques publiques liées à l’emploi, au logement, à la culture…

Aucune ambition électorale

À la question de savoir si l’initiative « Jeel 2030 » ne signait pas en réalité le début officieux de la campagne électorale des scrutins prévus en 2026, Fatima Ezzahra El Mansouri s’inscrit en faux en déclarant que lancer cette initiative à un an et demi des élections est tout à fait normal.

« Sachant que notre bureau politique a lancé plusieurs initiatives antérieurement, ce nouveau programme s’inscrit simplement dans la continuité de son travail, et sûrement pas dans la perspective du scrutin », précise la dirigeante du PAM, dont le parti sera prêt « le moment venu » à affronter les futures élections législatives avec des candidats qui mèneront la bataille autour d’un programme électoral.

Et d’ajouter qu’à chaque fois qu’un parti est en hibernation, on lui reproche de ne rien faire, et que dès qu’il s’active avec une initiative novatrice, on lui reproche des visées électorales, alors qu’une telle démarche s’inscrit dans la vie normale d’un parti qui active ses différentes instances.

Devant notre insistance pour savoir si le PAM est au gouvernement en semaine et en campagne le week-end, la dirigeante conclut que son parti n’est pas dans une logique de campagne et que sa priorité est de continuer à travailler, sachant que dans le temps politique, un an et demi est une longue durée.

Registre national, contrôle par drones et relogement : la nouvelle recette pour éradiquer les bidonvilles (F.E. El Mansouri)

Depuis plusieurs décennies, la prolifération croissante de l’habitat insalubre constitue un point noir dans l’aménagement du territoire, entachant l’image du Maroc.

C’est la raison pour laquelle les autorités concernées ont élaboré, en juillet 2024, une nouvelle feuille de route qui devrait y mettre un terme à l’horizon 2028, soit deux ans avant le Mondial 2030.

Changement d’approche sociale

Sollicitée par notre rédaction pour en savoir plus sur son plan d’action, la ministre de l’Habitat explique avoir effectué un changement d’approche pour résoudre le problème des villes abritant des bidonvilles.

« En effet, par le passé, nous démolissions ces bidonvilles en maintenant les populations sur place, mais la tâche était compliquée par le fait que nous ne trouvions pas de foncier public aux alentours, et que la plupart des personnes étaient relogées très loin de leur travail et des lieux de scolarisation de leurs enfants », expose Fatima Ezzahra El Mansouri en ajoutant que cette politique a créé des problèmes sociaux majeurs, outre le fait de consommer beaucoup de foncier public.

Depuis octobre 2021, son ministère a privilégié une approche intégrée avec le lancement d’appels à manifestation d’intérêt destinés aux promoteurs immobiliers qui proposent leurs propres parcelles pour réaliser, pour le compte de l’État, des logements sociaux à 250.000 dirhams ou bénéficiant d’une aide directe de l’État, dans lesquels seront relogés les anciens habitants des bidonvilles. Ces derniers ne devront débourser que 100.000 dirhams pour devenir propriétaires.

La proximité, un critère majeur de sélection des promoteurs immobiliers 

Dans le cadre de ces appels à manifestation d’intérêt lancés, notre interlocutrice précise que l’un des critères essentiels de sélection est que le foncier soit proche du lieu d’habitation de ces populations.

Sachant que le foncier public à la disposition des autorités pour reloger ces populations n’est pas très important et est souvent en périphérie des zones concernées, tout l’intérêt de cette opération réside en effet dans la proximité.

Ce choix permet d’accélérer le programme de relogement avec des promoteurs encouragés à construire du fait de la solvabilité de l’acquéreur final étatique, et des populations satisfaites d’être relogées à proximité de leur ancien lieu d’habitation.

« De gros progrès de relogement ont eu lieu à Skhirat, Témara et à Casablanca »

« Ce programme, qui a commencé dans la région de Skhirat et Témara, avec près de 70% de la population relogée dans des logements décents, s’est poursuivi en juillet dernier, avec un appel à manifestation d’intérêt pour réaliser 62.000 logements dans la capitale économique qui a déjà permis de reloger 7.000 ménages », révèle la ministre, qui rappelle que Casablanca compte 50% de bidonvilles sur un total de 120.000.

À la question de savoir si cet objectif était réalisable en trois années, la ministre se dit très optimiste en citant la ville de Smara qui sera déclarée dans moins de deux mois « ville sans bidonvilles ».

Cette ville en abritait plusieurs, dont les célèbres bidonvilles de Rbieb et Lagouiz.

Un registre national des bidonvilles et un système de contrôle par drones

Son département et celui de l’Intérieur, qui pilotent l’opération, seraient ainsi mieux outillés pour faire face à la prolifération des bidonvilles, grâce à la création d’un registre national qui permet de lutter contre l’économie clandestine. En effet, certaines personnes en quête de profit cherchaient à bénéficier de deux ou trois logements sociaux dans plusieurs villes du Maroc.

Mis en place depuis 2023 par le ministère de l’Habitat, ce nouveau registre aurait permis de démontrer qu’il existait 14.000 doublons, avec des personnes enregistrées deux fois, et parfois plus.

Tout en reconnaissant que le système d’attribution de logements aux habitants des bidonvilles a longtemps été un business lucratif, la ministre souligne qu’il n’est plus possible de postuler à plusieurs reprises et qu’il n’y aura plus aucun doublon à l’avenir.

De 6.200 relogements annuels à une moyenne de 18.500

Toujours en vue de réduire le phénomène de prolifération, un système de drones, mis en place en 2022 par le ministère pour maîtriser les territoires avec un système d’informations géographiques (SIG), a permis de passer d’une moyenne de relogement des populations de 6.200 par an à 18.500.

« Le recensement, qui se faisait manuellement par les autorités, avait pour effet d’encourager la prolifération des bidonvilles, alors que le nouveau système qui parvient à contrôler en temps réel leur nombre d’habitants et leur éventuelle extension permet aux autorités d’intervenir le cas échéant », conclut Fatima Ezzahra El Mansouri, pour qui les efforts consentis permettront de régler le problème du relogement des habitants des 120.000 bidonvilles du Maroc dans moins de trois ans.

Aide au logement : plus de 35.000 bénéficiaires en une année

Interrogée lundi 6 janvier sur le bilan de l’aide au logement à la Chambre des représentants, la ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, Fatima Ezzahra El Mansouri a précisé que le nombre des bénéficiaires du programme s’est établi à plus de 35.000, dont 26% de Marocains résidant à l’étranger et 32% de jeunes.

La responsable gouvernementale a ajouté que 63% des bénéficiaires ont reçu une aide financière de 70.000 DH, alors que 37% ont bénéficié d’une aide de 100.000 DH.

Concernant les retombées économiques de ce programme, la ministre a expliqué qu’il a contribué à l’essor du secteur de la construction, avec une hausse de 9,45% des ventes de ciment, de 1,7% des crédits immobiliers et de 7,2% des prêts accordés aux promoteurs immobiliers.

Mme El Mansouri a noté que le programme d’aide directe au logement s’emploie à généraliser ce soutien pour couvrir les villes n’ayant pas suffisamment bénéficié du programme de logement social, telles que Settat, El Jadida, Benslimane, Oujda, Berkane et Taza.

La production annuelle des unités de logement destinées aux classes à faibles et moyens revenus avoisine 113.000, y compris l’auto-construction, a-t-elle ajouté.

Pour ce qui est des objectifs d’origine fixés pour l’année 2024, la ministre a noté que le programme a réussi à dépasser l’objectif de 75.000 unités de logement, entre aide directe et logement social, pour atteindre 94.000 unités, soit un taux de réalisation de 125%.

A cette occasion, elle a passé en revue les réalisations des précédents programmes de logement lancés en 2002, notant qu’ils ont enregistré un bilan positif qui a permis, jusqu’en novembre 2024, la réalisation d’environ 727.000 unités de logement ayant obtenu le certificat de conformité dans le cadre du programme de logement social (250.000 DH), dont 680.000 unités livrées, en plus de la réalisation d’environ 30.000 unités de logement ayant obtenu le certificat de conformité dans le cadre du programme de logement à faible coût (140.000 dirhams).

La ministre a rappelé que le gouvernement a lancé un nouveau programme d’aide directe au logement pour la période 2024-2028, assurant que ce programme vise à couvrir les besoins en logement de la classe moyenne et celle à faibles revenus et à contribuer à la réduction du déficit en logement à travers l’implication du secteur privé, en particulier les petites et moyennes entreprises.

(Avec MAP)

Vers une 2e phase du programme national pour le développement des centres ruraux émergents

Intervenant ce lundi 6 janvier à la Chambre des représentants, la ministre a souligné que la deuxième phase de ce programme comprend 24 centres, mettant en avant la complémentarité entre les différents acteurs et départements ministériels afin de garantir une mise en œuvre avec davantage de célérité et d’efficacité.

Dans la même veine, la ministre a estimé que ce programme joue un rôle central dans la consolidation du développement socioéconomique de ces centres, ainsi que dans le renforcement des infrastructures, des équipements et des services publics, en plus de sa contribution à la promotion du tourisme et à la valorisation du patrimoine culturel.

La responsable gouvernementale a indiqué qu’un programme préliminaire a été établi dans le cadre du programme national, comprenant 77 centres ruraux, à raison d’un centre pour chaque province, conformément à une étude réalisée par le ministère en 2017.

Elle a ajouté que parmi ces centres, 37 ont bénéficié des programmes du ministère dans le cadre des conventions de la politique de la ville, avec un coût total estimé à 395 millions de DH, notant que des conventions de partenariat ont été signées au titre de la première phase du programme national pour le développement des centres ruraux émergents, avec 12 centres pilotes, soit un par région.

Mme El Mansouri a, par ailleurs, précisé que la première phase a ciblé directement 16.000 ménages, tandis que 40.000 familles en ont bénéficié de manière indirecte, pour un montant total de 1,05 MMDH, auquel le ministère a contribué à hauteur de 375 MDH.

(Avec MAP)

Programme « Daam Sakane » : le point avec Fatima Ezzahra El Mansouri

Dans cette interview, la ministre de l’Aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville dresse un bilan d’étape, à début décembre, du programme d’aide directe au logement social qui a déjà bénéficié à plus de 30.000 demandeurs. Elle évoque les répercussions positives et prometteuses pour le secteur du bâtiment, qui a connu une hausse de 14% des autorisations de construire durant les 10 premiers mois de 2024.

Médias24 : Combien de demandes ont été déposées depuis le lancement de l’opération le 2 janvier 2024 ?

Fatima Ezzahra El Mansouri : Sur hautes instructions de Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste, le Maroc a initié un grand chantier national, baptisé « Daam Sakane » pour l’amélioration des conditions de vie et d’habitat des citoyens, et le maintien de l’élan et du dynamisme du secteur de l’habitat, dans un contexte où les défis socio-économiques étaient de plus en plus pesants.

Lancé le 17 octobre 2023, ce programme, qui s’inscrit dans le cadre des orientations du Nouveau Modèle de développement et qui se base sur la capitalisation des anciens programmes du ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, a pour but de participer au renforcement du pouvoir d’achat de la classe à faible revenu et moyenne par la mise en place d’un paradigme de production de logement, fondé sur l’accompagnement financier des ménages par voie directe pour faciliter l’accès à la propriété immobilière.

Ainsi, depuis le démarrage effectif du dispositif début janvier 2024, le programme de l’aide directe au logement a connu un engouement sans précédent, notamment avec l’enregistrement de plus de 119.607 demandes (104.250 demandeurs) jusqu’au 4 décembre 2024.

En faisant abstraction des mois de janvier et février, marqués par une affluence exceptionnelle, on enregistre un afflux mensuel moyen de 6.300 demandes.

Combien de dossiers ont été validés pour recevoir le montant de l’aide directe ?

– Si le taux d’éligibilité des demandes s’élève à 89%, il faut cependant noter qu’un nombre significatif de demandeurs, après avoir vérifié leur éligibilité, diffèrent le dépôt de leur dossier complet, le temps de trouver un logement correspondant à leurs besoins.

Ainsi, au 9 décembre 2024, le nombre total des bénéficiaires atteignait 30.848.

Quelles sont les principales causes des dossiers refusés ?

– Quelle est la ventilation des aides accordées pour les biens d’un prix inférieur à 300.000 DH et ceux d’une valeur comprise entre 300.000 et 700.000 DH ?

Il est également à noter que les frais du notaire sont limités à 2.500 DH TTC pour les bénéficiaires d’un logement dont le prix d’acquisition est inférieur ou égal à 300.000 DH.

– Quels sont les profils des demandeurs ?

– Quel est le genre et l’âge moyen des bénéficiaires ?

– Sachant que la production du programme est estimée à 114.000 logements sociaux, pensez-vous arriver à subventionner 60.000 à 70.000 logements d’ici fin 2024 comme vous nous l’aviez annoncé ?

– L’année 2024 est considérée comme une année d’adaptation du marché immobilier, et une année transitoire entre le programme d’aide et l’ancien programme de logement social de 250.000 DH.

Actuellement, la cohabitation des deux programmes permet d’atteindre une production nationale d’environ 75.000 unités par an, soit une moyenne adaptée à la capacité annuelle de production nationale en logements pour les classes sociale et moyenne.

Les indicateurs positifs relatifs au secteur laissent présager une reprise saine et graduelle du secteur pour les années à venir, avec une hausse de 8,88% des ventes de ciment entre janvier et novembre 2024, une hausse de 14% des autorisations de construire entre janvier et octobre, une hausse de 1,6% des crédits à l’habitat en novembre, une hausse de 7,7% des crédits aux promoteurs en novembre et, enfin, la création de 57.000 emplois dans le secteur.

Sachant que ces indicateurs révèlent une croissance progressive du nombre de bénéficiaires du programme d’aide au logement, en phase avec l’évolution du marché immobilier et la dynamique de l’offre et de la demande, une reprise graduelle et durable du secteur est donc anticipée.

– Au rythme actuel, quand est-ce que l’ensemble de la production de logements sociaux trouvera preneur ?

– Selon les données de la DGI, 80,6% des unités produites dans le cadre du programme de logement social à 250.000 DH ont été commercialisées depuis le début du programme, et ce rapport est demeuré constant en 2023, puisque la commercialisation a été de 79,6%.

En 2024, année de lancement du programme « Daam Sakane », le rythme de la production du logement social a connu, lors des trois premiers trimestres, une baisse de 37,6% par rapport à l’année 2023, tandis que sa commercialisation sur la même période a enregistré une augmentation de 15%.

Ainsi, et en attendant la fin du précédent programme et la transition complète vers le nouveau dispositif, dont la production, la cohabitation entre les deux programmes s’effectue au bénéfice des citoyens.

Aide au logement : 29.000 bénéficiaires au 11 novembre 2024

Répondant à une question sur les « mécanismes de mise en place du programme d’aide directe au logement », la ministre a souligné que le programme d’aide au logement a favorisé une tendance positive des indicateurs portant sur le décollage du secteur du bâtiment grâce à une augmentation de 14% du nombre de projets autorisés, de 24,8% des ventes de ciment et de 12,1% du nombre de transactions immobilières.

Les crédits accordés au logement ont également augmenté de 1,49%, tandis que ceux destinés aux promoteurs immobiliers se sont inscrits en hausse de 5,57%, a-t-elle ajouté, précisant que 97% des unités de logement sont produites par des petites et moyennes entreprises.

La ministre a mis l’accent sur le « succès » de ce programme qui, au cours de la première phase de son lancement (janvier-juin), a atteint une moyenne de 2.500 bénéficiaires par mois, alors qu’au cours des derniers mois (août-octobre), le nombre de bénéficiaires s’est élevé à 3.500, se félicitant de cette « cadence significative ».

Mme El Mansouri a rappelé que l’État a contribué à hauteur de 30% pour les classes à faibles revenus, ajoutant que le ministère a signé un accord avec les notaires pour réduire les droits d’enregistrement, notant que dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme, une plate-forme numérique a été mise en ligne pour permettre l’inscription via la carte d’identité nationale uniquement.

En réponse à une autre question sur la plateforme numérique destinée aux permis de construire, la ministre a fait savoir que son département tient des réunions périodiques avec les services du ministère de l’Intérieur chargés de superviser cette plateforme afin de procéder à l’évaluation notamment de ses performances, ce qui a permis de réduire les délais, simplifier les procédures et garantir la transparence à la faveur d’une batterie de mesures.

Ces mesures, a-t-elle expliqué, ont porté notamment sur l’amélioration des rendez-vous et la réduction des délais en application du principe du « silence de l’administration vaut acceptation » conformément à la loi n°55-19 portant sur la simplification des procédures et formalités administratives.

En matière de préservation des archives , la ministre a indiqué que la plateforme permet aux architectes d’accéder aux archives de l’avis technique des membres de la commission, en recevant par courrier électronique les procès-verbaux détaillés des commissions.

Elle a fait part de la disposition du ministère à proposer de nouvelles améliorations à cette plateforme et à hisser ses performances et la qualité des services fournis.

(Avec MAP)

8,11 MMDH dédiés au traitement des bâtiments menaçant ruine depuis 2012

Dans une présentation devant la Commission de l’Intérieur, des collectivités territoriales, de l’habitat et de la politique de la ville, Fatima Ezzahra El Mansouri a souligné les progrès significatifs réalisés pour lutter contre les logements menaçant ruine.

Selon les informations fournies, de nombreuses conventions ont été signées depuis la réalisation du recensement officiel des bâtiments menaçant ruine en 2012, afin d’améliorer la situation de près de 43.036 bâtiments, abritant environ 75.600 familles. Le coût total de ces conventions s’élève à 8,11 milliards de DH, dont 2,275 milliards de DH ont été directement financés par le ministère de l’Habitat.

À la fin de l’année 2023, le gouvernement a réussi à traiter un total de 18.324 bâtiments, améliorant ainsi les conditions de logement de plus de 46.900 familles. 

15.194 bénéficiaires du programme d’aide au logement

Le nombre de demandes d’aide directe au logement a atteint environ 80.000, provenant de différentes régions du Royaume, dont 89% remplissent les conditions d’éligibilité, a précisé la ministre, ajoutant que 20% de ces demandes sont soumises par des Marocains résidant à l’étranger.

Ce rythme a un impact positif sur l’économie nationale, notamment sur les ventes de ciment qui ont augmenté de 21%, les prêts au logement de 1,4% et les prêts aux promoteurs immobiliers de 4,2%, a-t-elle précisé.

Fatima Ezzahra El Mansouri : ce qu’apporte le PAM à la coalition gouvernementale avant le scrutin de 2026 (2/2)

Ministre et maire depuis plus de 30 mois, Fatima Ezzahra El Mansouri dirige également le deuxième plus grand parti du Maroc. Prolixe sur l’action « bénéfique » des ministres du PAM au sein de la coalition gouvernementale, elle nous répond sans éluder les difficultés rencontrées dans ses propres chantiers ministériels comme la lutte contre les bidonvilles ou l’aide directe au logement.

En sa qualité de leader de parti, notre interlocutrice expose ses priorités pour remédier à l’exode rural et aux destructions d’emplois dans la ruralité. Elle évoque les améliorations nécessaires du système médical, ses propositions de réforme comme celle du Code pénal ou de la Moudawana, sa position sur le remaniement gouvernemental qu’on dit imminent et, enfin, sur les chances de son parti de remporter le scrutin législatif de 2026.

Médias24 : Quelle a été la contribution de votre parti à la coalition gouvernementale tripartite ?

Fatima Ezzahra El Mansouri : Il nous faudrait des heures pour en parler mais, d’un point de vue politique, les ministres du PAM ont apporté beaucoup de fraîcheur à la scène politique.

– En termes de jeunesse ?

– Non, plutôt une fraîcheur en termes d’idées, de courage et de présence sur le terrain. Nos ministres sont en effet très engagés et ont chacun et chacune leur propre feuille de route.

Ainsi, quand ils sont confrontés à une crise, ils ne se débinent pas et la gèrent correctement. C’est la raison pour laquelle je pense que le PAM a pu devenir une réelle plus-value dans ce gouvernement.

J’en veux pour preuve leur intervention et leur présence remarquables au Parlement aux côtés de nos deux partenaires politiques.

Code pénal et Moudawana, ce qu’en pense le PAM

– On attendait une contribution importante de votre parti sur la réforme du Code pénal qui n’a toujours pas été adoptée. Comment expliquez-vous ce retard ?

– Il s’agit d’un Code pénal dont l’adoption ne peut pas se faire en seulement deux ans et demi. Sa refonte nécessite beaucoup de temps, car elle est déterminante pour notre société.

Avant d’y arriver, il faut multiplier les débats pour établir les liens entre deux individus et adapter les répressions qui en découlent.

– Cette réforme s’éternise depuis le dernier gouvernement…

– Quand nous sommes arrivés, le ministre de la Justice l’a retirée pour pouvoir en faire une lecture avec les valeurs modernistes que notre gouvernement défend.

Dès sa création, le PAM ne s’est en effet jamais caché de vouloir faire adopter une réforme judiciaire avec des avancées majeures en termes de liberté publique et individuelle.

Il y a dans notre pays des conservateurs et des progressistes. Je suis sûre que nous finirons par trouver un juste équilibre qui laissera plus de champ à l’individu, tout en préservant ce référentiel qui est le nôtre

– Que suggérez-vous pour avancer ?

– Je ne rentrerai pas avec vous dans ce débat qui incombe au ministre de la Justice. En effet, j’aime qu’on respecte mes prérogatives et, généralement, je n’aime pas débattre de ce qui ne m’appartient pas.

Cela dit, au PAM, nous croyons que l’individu est une centralité, que nous sommes dans une société où un individu est responsable, et que s’il est responsable, on ne peut pas continuer à l’envisager comme un mineur quand il est majeur, ou alors comme un majeur quand il est mineur.

– Il y a pourtant des archaïsmes judiciaires à dépasser ?

– Aujourd’hui, comme dans toutes les sociétés, il y a dans notre pays des conservateurs et des progressistes.

Partant de cette réalité, je suis sûre que nous finirons par trouver – comme le Maroc a toujours su le faire – un juste équilibre qui laissera plus de champ à l’individu pour exister, pour s’épanouir et pour devenir un acteur à part entière de notre société tout en préservant ce référentiel qui est le nôtre.

Si notre parti s’appelle authenticité et modernité, c’est parce que nous croyons qu’il ne faut pas être soit authentique soit moderne. L’exercice le plus difficile est de s’inscrire dans un équilibre dual que le Maroc réussit divinement.

– Peut-on imaginer que la réforme du Code pénal sera adoptée avant la fin de votre mandat?

– Je ne peux pas m’engager sur un agenda qui est celui du ministre de la Justice.

Maintenant, je l’espère parce que je pense que notre gouvernement a la capacité de convaincre par rapport à des réformes courageuses et ambitieuses dont le pays et les Marocains ont besoin.

Le PAM ne demande pas un Code pénal sans moralité ou détaché du référentiel religieux qui est très ancré au Maroc

– Vous faites partie d’une coalition avec le parti conservateur qu’est l’Istiqlal. Cela ne va-t-il pas être compliqué d’atteindre un consensus ?

– Il est possible qu’on ait du mal à arriver à un consensus. Maintenant en ce qui concerne notre engagement partisan, nous sommes prêts à accepter des compromis, mais pas de compromission.

C’est la raison pour laquelle je vous disais que le Code pénal est un code sociétal. S’il sera difficile d’atteindre un consensus, je pense que, grâce à l’intelligence des uns et des autres, nous trouverons les équilibres pour faire passer ce Code pénal qui je l’espère sera un plus qu’on laissera à nos enfants et nos petits-enfants.

– Malgré vos convictions modernistes, pensez-vous que le peuple marocain qui est conservateur acceptera certaines évolutions ?

– Mon parti ne demande pas un Code pénal sans moralité ou détaché du référentiel religieux qui est très ancré au Maroc.

Mais certaines avancées sont nécessaires pour sortir d’une schizophrénie que nous portons tous en nous parce que l’exercice difficile est de faire cohabiter l’authenticité et la modernité tout en gardant un équilibre.

Cela ne sera pas facile, mais cette réforme pénale est nécessaire et, encore une fois, j’ai confiance en l’intelligence des Marocains et des partis politiques pour que nous puissions dialoguer, débattre et sortir avec un consensus.

– Que proposez-vous concrètement pour réformer la Moudawana ?

– Notre parti a été auditionné par la commission à qui nous avons communiqué un rapport consistant. C’est pour moi l’occasion de dire bravo à toutes ces femmes issues des partis politiques ou de la société civile qui se sont engagées et qui font la différence dans le développement de notre pays.

Sur la réforme de la Moudawana, les militantes de notre parti ont fait un travail formidable qui a été présenté à la commission, avec plusieurs lignes rouges non négociables comme par exemple le mariage des mineurs.

Les propositions du PAM sont difficiles à résumer, mais en ce qui concerne le mariage des mineurs par exemple, nous sommes catégoriques. Nous considérons qu’une jeune fille ou un jeune homme mineurs sont censés être à l’école pour s’épanouir.

Ainsi, si l’Etat n’accorde pas le droit de vote à un enfant qui n’a pas encore atteint sa maturité, il n’y a pas de raison qu’on permette à une jeune fille de se marier et d’enfanter. En effet, elle est censée se développer physiquement, et les médecins s’accordent à dire que la croissance ne s’achève que vers 18 ans, voire 20 ans.

La loi doit interdire le mariage des mineurs.

– Plus aucune exception, comme c’est encore le cas aujourd’hui ?

– À mon sens, non.

– Passons au dossier de l’égalité dans l’héritage qui inquiète la plupart des partis, de peur de perdre leurs électeurs ? En tant que femme, iriez-vous jusqu’à interdire l’héritage par Taassib ?

– Quand vous êtes un couple et que vous avez deux enfants, la probabilité de n’avoir que des filles existe. Et en cas de décès du mari, il est malheureusement courant de se voir spoliée par un arrière-cousin qui probablement n’avait pas de bonnes relations avec la famille.

Etant avocate, j’ai eu à gérer une affaire qui m’a profondément choquée. Une maman et sa fille mineure sont venues me consulter à mon bureau pour m’expliquer que moins de quarante jours après le décès de son mari, son cousin les a obligées à vendre la maison qui était une petite bicoque et qu’elles se sont retrouvées à la rue.

Selon moi, avoir une lecture très orthodoxe et créer de l’injustice n’est pas la volonté de Dieu

Maintenant, il y a un texte précis dans le Coran qui détermine toutes les règles de l’héritage. Nous ne demandons pas de faire fi du texte.

Cela dit, la situation d’aujourd’hui n’est pas la même que celle qui prévalait lors de l’apparition de l’Islam, qui avait édicté des textes avec des règles pour éviter les injustices sociales et pour protéger la femme et les enfants.

Certes, il y a un texte précis, mais il y a une finalité aussi du texte qui se base sur la justice. Maintenant, il y a un certain nombre de mécanismes qu’il faut renforcer pour permettre à un jeune couple qui n’a que des filles de pouvoir sortir de ce système-là.

– Par des donations ou la légalisation des testaments ?

– Les donations existent, mais je pense plutôt à des mécanismes juridiques qui peuvent protéger vos enfants en cas d’accident si vous n’avez pas eu le temps de faire des donations.

Quand vous lisez le Coran, 4% seulement de ses textes sont des règles contraignantes, alors que tout le reste peut être interprété, car l’esprit de l’Islam est basé sur des valeurs universelles, de justice, d’équité et de protection des plus faibles qu’il importe de ne pas mettre en péril.

Selon moi, avoir une lecture très orthodoxe et créer de l’injustice n’est pas la volonté de Dieu.

– Mais entre la théorie et la pratique, on arrive à des situations d’inégalité qui perpétuent le patriarcat ?

– Ce sera toute l’intelligence de notre rite malékite qui fait partie de l’exception marocaine. Notre pays a réussi à créer un espace de liberté, avec des gens de différentes sensibilités, pour éviter les restrictions et la censure.

En tant que femme qui n’est ni « alem » ni théologienne, mais qui vit sereinement avec son temps, aime son pays et sa religion, il est primordial d’éviter, sous prétexte d’une interprétation erronée du texte, de créer de l’injustice.

– On ne peut donc pas retoucher les textes, et l’égalité parfaite homme-femme n’est pas pour demain…

– L’égalité parfaite entre l’homme et la femme n’existe nulle part.

Dois-je vous rappeler qu’aujourd’hui, les différences au niveau des salaires, et les difficultés d’accès à des postes ou à la politique subsistent dans tous les pays dits développés ?

Certains partis politiques en Europe, et tous les pays qui se disent égalitaires entre hommes et femmes payent aujourd’hui des pénalités parce qu’ils n’arrivent pas à atteindre les quotas exigés pour l’accès à la femme.

Au Maroc, l’Islam est une religion d’Etat et nous avons la chance extraordinaire d’avoir l’institution de la Commanderie des croyants qui est habilitée à trancher en termes d’interprétation ; et c’est d’ailleurs ce qui permet à notre pays de pouvoir évoluer avec beaucoup de sagesse sans heurts et sans révolte.

Quand c’est nécessaire, on finit toujours par converger, comme en 2003 avec l’adoption de la nouvelle Moudawana.

L’égalité homme-femme n’est malheureusement une réalité nulle part, mais plutôt un idéal auquel on aspire. Le plus important est que nos concitoyennes prouvent tous les jours qu’elles sont engagées, capables, émancipées, et contribuent à l’économie de leur pays, en tant que fonctionnaires, femmes d’affaires, cadres supérieures, artistes, femmes de religion et j’en passe.

Notre société évolue dans le bon sens, mais il est vrai qu’il y a encore un saut important à faire, sans pour autant être dans la rupture et le rejet.

Etant une femme d’évolution, je pense qu’entre l’ancien Code de la Moudawana en 2003, dont la réforme avait été une vraie révolution, et le nouveau Code de la famille de 2024, ce sera un autre pas en avant pour la famille.

Tout en étant optimiste, je ne fais pas partie de celles qui veulent faire passer les choses en force car, selon moi, il est déjà extraordinaire d’ouvrir le débat entre les différents courants ; et cette liberté est déjà une réussite.

70% des bidonvilles résorbés

– Passons à un autre registre, celui de votre périmètre d’action en tant que ministre.  Où en est le programme d’éradication des bidonvilles qui s’éternise depuis vingt ans ?

– Déclenché en 2004, ce programme, qui a pour vocation d’éradiquer les bidonvilles de toutes les villes, a connu de francs succès, mais le problème concerne le recensement de la prolifération des habitations insalubres.

Pendant longtemps, il y a eu une absence de planification qui permettrait d’anticiper une politique de l’habitat pour éventuellement accueillir ces flux entre le rural et l’urbain, et donc maîtriser plus facilement cette prolifération.

C’est pour cette raison qu’on s’est retrouvés avec une augmentation de 70% des demandes de relogement par rapport au chiffre initial de 2004, qui était de 230.000, contre plus de 400.000 après le début du programme.

Mais, à ce jour, nous avons réussi à résorber 70%. Pour vous donner des chiffres édifiants, nous étions entre 2018 et 2021 à une moyenne annuelle de traitement des bidonvilles de 6.200 ménages et, aujourd’hui, depuis l’arrivée de ce gouvernement, nous sommes arrivés à 18.600 ménages par an.

– En d’autres termes…  

– Que nous avons trouvé des solutions de relogement à 18.600 ménages par an en deux ans et demi.

C’est un chiffre qui en dit long sur la volonté du ministère de l’Intérieur et de notre département qui travaillent de concert avec une approche innovante, qui fait la part belle au partenariat privé, avec une redynamisation des territoires où le relogement dans les appartements est complexe.

Aujourd’hui, nous avons un certain nombre d’outils modernes, comme les drones, pour pouvoir maîtriser nos territoires et trouver des solutions en amont et éviter de nous retrouver avec des territoires entiers de clandestinité.

Nous avons attaqué le dossier le plus compliqué, et je suis heureuse de l’avancée des choses à Casablanca où il subsiste 64.000 ménages clandestins sur un total national de 120.000 ménages qui vivent dans des bidonvilles.

Nous avons lancé un appel à manifestation d’intérêt pour développer un partenariat public-privé, à savoir que l’Etat va contribuer au travers de l’aide au logement, plus les 40.000 DH que nous versons, plus la contribution du bénéficiaire qui nous amène à des logements sociaux tels que nous les connaissons.

Sur les 64.000 demandes à Casablanca, nous avons reçu 64.000 offres de promoteurs immobiliers qui s’intègrent complètement. Aujourd’hui, nous finalisons les signatures avec les différents partenaires, à savoir le ministère des Finances et le ministère de l’Intérieur, pour pouvoir accompagner ce programme qui va se faire sur quatre ans.

– C’est-à-dire ?

– Cela signifie que dans quatre ans, il n’y aura plus de bidonville à Casablanca.

– Mais si la sécheresse devait se poursuivre, avec l’exode rural qui va drainer des milliers de nouveaux arrivants, ce programme sera voué à l’échec…

– C’est une réalité, mais nous allons faire en sorte de planifier, d’anticiper et d’avoir une politique de l’habitat. Pour la première fois, le ministère a lancé six plans régionaux d’habitat pour connaître la réalité de nos territoires.

– Vous avez cartographié les territoires pour recenser les besoins ?

– Exact, pour savoir où nous avons du foncier disponible et où nous n’en avons pas. Cartographier les besoins de chaque région de façon à pouvoir initier des plans d’aménagement et des dynamiques orientées et spécifiques. Parce que les besoins de Drâa-Tafilalet ne sont pas les mêmes que ceux de Casablanca.

Mais il y a aussi une triste réalité, c’est qu’il existe une économie croissante du logement clandestin.

– Vous voulez dire un business illégal ?

– En effet, il y a des gens qui profitent de la détresse des mal-logés pour gagner de l’argent. Mais, pour la première fois, nous avons établi un registre des bénéficiaires qui a montré que certains déposaient plusieurs dossiers de relogement. Nous avons trouvé 14.000 doublons, à savoir des gens qui ont bénéficié de deux logements.

Nous avons multiplié les contrôles pour mieux maîtriser nos territoires pour anticiper les problèmes. Et je pense qu’on y arrivera.

– Est-ce qu’on peut imaginer que d’ici 2030, il n’y ait plus aucun bidonville au Maroc?

– J’espère même avant, parce que la pression est surtout concentrée sur sept territoires : Guercif, Marrakech, Larache, Kénitra, Rabat, Taroudant, et Casablanca où nous avons déclenché une dynamique qui porte ses fruits.

– C’est terrible pour l’image du Maroc, qui se prépare à accueillir le Mondial, de voir subsister des bidonvilles…

– Il est surtout honteux de savoir que, dans un pays qui se développe, il y ait encore des Marocains qui vivent dans ces conditions-là. C’est d’abord cela qui nous touche et puis ensuite, bien sûr, si des visiteurs du Maroc ont aimé montrer la plus belle image que nous ayons de nous-mêmes, ces quartiers dits clandestins n’ont plus de raison d’être aujourd’hui dans un Maroc qui connaît des programmes d’habitat d’envergure.

– Un bilan sur votre politique d’aide au logement ?

– Vendredi dernier (17 mai), nous sommes arrivés à 11.175 bénéficiaires sur les 72.000 inscrits. Pendant le Ramadan, j’ai reçu plusieurs promoteurs immobiliers qui étaient très emballés par ce programme.

– Pourtant, plusieurs dirigeants de la FNPI ont parlé d’un véritable parcours du combattant au niveau des agences urbaines qui font preuve d’une bureaucratie décourageante pour les mises en chantier…

– Les chiffres disent le contraire, avec une hausse des ventes de ciment de 21% par rapport à l’année dernière, des mises en chantier qui ont augmenté de 56 % par rapport 2023, ainsi que l’augmentation de l’octroi des crédits.

Tous ces indicateurs montrent que ce programme marche très fort et les promoteurs sont tous emballés. Si un promoteur a fait un mauvais business plan, et que la conjoncture est ce qu’elle est et qu’il n’a pas pu résorber son stock, ce n’est pas le rôle de l’État qui est de redynamiser un secteur, de créer de l’emploi et de réduire un déficit.

Maintenant, est-ce que l’administration marocaine, de façon générale, est un parcours du combattant ? Oui, mais on est en train de mettre en place une digitalisation pour pouvoir faciliter et raccourcir les procédures.

– Que faites-vous au ministère pour préparer le Mondial 2030?

– Nous travaillons avec les différents départements et la Fédération royale marocaine de football pour les accompagner sur tous les plans d’aménagement comme par exemple les fan zones des supporters qui ne peuvent pas assister aux matchs.

Et puis nous accompagnerons les territoires qui vont accueillir les matchs par de la politique de la ville, de la mise à niveau et de l’embellissement de ces territoires-là.

– Pensez-vous pouvoir remplir le cahier des charges de la FIFA d’ici 2026 ?

– Je ne connais pas très bien les règles de la FIFA, mais quand le dossier sera approuvé en juin prochain, tous les départements concernés vont se mettre au travail pour respecter les échéances imposées.

– Question d’actualité sur le remaniement qu’on dit imminent. Est-ce une rumeur ou une information ?

– Un remaniement, c’est quelque chose de très courant dans la vie d’un gouvernement. Mais, à ce stade, nous n’avons pas encore tenu de réunion pour arrêter les conditions du remaniement.

Il n’y a pas de problème politique entre nos trois partis. Il y a parfois des désaccords mais sans plus… Des désaccords qu’on sait régler avec intelligence et par le dialogue et la bonne volonté des uns et des autres.

S’il y a une volonté politique de remaniement, nous ne sommes pas contre, mais je ne peux pas vous en dire plus.

– Au sein de votre parti, avez-vous des demandes de ministrabilité ?

– Je suppose qu’il y a des ambitions qui sont légitimes car, quand on a de solides compétences et un parcours militant, il est normal de se positionner et de candidater, mais je n’ai à ce jour reçu aucune requête de personne.

– Est-ce que votre prédécesseur à la tête du parti restera ministre de la Justice ?

– On n’a pas encore ouvert ce chantier, mais je considère que Abdellatif Ouabi est un bon ministre de la Justice.

Il a souvent fait polémique, parce que c’est un personnage qui a réussi à créer un vrai débat en portant le Code de procédure pénale qui était en dormance depuis des années, et qui est aujourd’hui au Parlement.

En cas de remaniement, est-ce qu’il restera et est-ce que moi je resterai ? Je suis incapable de vous répondre.

– Êtes-vous devenu un véritable parti de gouvernement après deux ans et demi ?

– Absolument, car le PAM est constitué de gens engagés qui ont une vision et qui ont fait leurs preuves.

Nous avons commis des erreurs, mais nous avons su nous redresser et acquérir une légitimité populaire qui s’est accrue avec le temps, et qui devrait se confirmer dans les urnes grâce à notre bonne gestion des villes, des régions et notre travail au gouvernement.

Partant de ce constat, je pense que nous sommes devenus un parti indispensable à la scène politique.

– Les priorités du PAM pour la deuxième partie du mandat ?

– Le véritable challenge, c’est l’emploi pour notre population qui est jeune.

Certains ont des compétences, mais nous avons aussi beaucoup de jeunes Marocains qui n’ont pas de compétences et qui n’arrivent pas à s’intégrer à un tissu économique pourtant florissant.

C’est par conséquent la priorité des priorités, il n’y en a pas d’autres.

– Avez-vous des chances de gagner les élections en 2026 ?

– Tous les partis veulent arriver premier ; mais l’idée n’est pas d’arriver premier pour la gloire, mais plutôt de défendre une manière de voir, une manière de faire et une société à laquelle on aspire.

Est-ce que mon parti arrivera premier ? Il n’y a pas de raison que ce ne soit pas le cas.

– Vous y croyez vraiment ?

– Je ne me prononcerai pas, mais nous avons acquis une véritable légitimité populaire qui s’appuie sur notre sincérité dans l’engagement et notre proximité en termes d’écoute des attentes et doléances de nos électeurs.

– Trois mois après le Congrès, comment évaluez-vous ce système de direction collégiale ?

– Ayant fait partie des gens qui ont proposé ce système collégial, je considère que ce mode de fonctionnement nous permet d’être plus efficients, car notre complémentarité collégiale permet de sortir du système classique du « zaïm » en faisant de la politique autrement, en s’ouvrant aux autres et en libérant les potentialités.

Ce système nous a permis de renforcer nos institutions pour que chacun puisse être autonome et en cohérence.

– Cette direction tripartite est donc appelée à durer ad vitam æternam ?

– Je ne sais pas, la décision restera entre les mains du bureau politique et des militants ; mais il n’y a pas de raison qu’elle soit remise en question pour l’instant, car elle a créé une bonne dynamique partisane.

Fatima Ezzahra El Mansouri : « Ma lecture de l’action gouvernementale à mi-mandat » (Première partie)

Ministre et maire depuis plus de 30 mois. Outre ces deux casquettes, Fatima Zahra El Mansouri en assume une troisième : celle de cheffe de parti. Trois missions et pas des moindres.

Comment se passent ses journées et comment arrive-t-elle à concilier ses différents mandats ? C’est l’une des premières questions qu’on lui a posées ce lundi 20 mai lors de notre entretien, avant de parler bilan et réalisations. « La tâche n’est pas simple, car il s’agit de deux fonctions qui nécessitent un engagement à plein temps. Mais on y arrive avec beaucoup de passion et de détermination », nous répond-elle.

« Quand je suis à Rabat, je fais une mise au point avec mes équipes de la mairie tôt le matin et en fin de journée », explique la ministre. « De la même manière, quand je suis à Marrakech, je fais la même chose avec le ministère. Le reste du temps, j’essaie de m’acquitter de mes fonctions partisanes qui se font généralement le soir et le week-end », poursuit-elle.

Ce qui l’aide, c’est que très jeune, elle s’est toujours levée à 5 heures du matin. « Cette discipline m’aide énormément, parce qu’une bonne partie de ma réflexion, de mon travail, se fait entre 5 et 8 heures du matin. Par contre, comme il faut tenir le coup physiquement, je me couche très tôt », confie-t-elle.

Même si ses fonctions sont souvent incompatibles avec l’exercice politique qui se fait le soir, elle maintient le rythme et concilie ses différentes responsabilités. Pour Fatima Zahra El Mansouri, il est plus facile de concilier sa mission entre le ministère de l’habitat et la mairie qu’avec un autre département, car il ya une forte connexion avec la gestion des territoires et de la ville.

 

Les premiers mois de son mandat, elle les a consacrés à la définition de sa feuille de route. « C’est là où l’exercice a été le plus difficile », confie-t-elle. Le conseil de la ville a adopté son plan d’action communal (PAC) en l’espace d’une année, dans les délais réglementaires. Idem au niveau du ministère, où un dialogue concerté avec les professionnels, la société civile et les services extérieurs a été mis en place en vue de définir la feuille de route ministérielle. « Nous sommes arrivés aujourd’hui à la phase de mise en œuvre et de déclinaison de plusieurs projets d’envergure ».

Les feuilles de routes définies, où en est leur exécution ? Mais au-delà, quelle est son appréciation du travail gouvernemental ? De la coalition de la majorité ? Quid de la problématique de l’emploi, du chômage… ? Entretien.

– Après deux ans et demi de mandat, quelle est votre appréciation de l’action de la coalition dont le PAM fait partie?

– Très sincèrement, je considère que c’est un bilan satisfaisant.

Certes, il est encore perfectible mais je ne pense pas qu’il y ait un gouvernement au monde qui puisse se targuer d’avoir un bilan parfait.

Et si ce n’est pas le cas, c’est pour la simple raison que les attentes de nos citoyens sont nombreuses.

Je me dois de rappeler que les conjonctures complexes et oppressantes des guerres et de la période post-Covid ont impacté toutes les économies de la planète, et il n’y a donc pas de raison que le Maroc échappe aux conséquences de ces événements indépendants de notre volonté.

Cela dit, nous nous en sortons plutôt bien grâce à l’unité qui caractérise notre coalition.

Cela s’explique par la cohérence, le respect et l’harmonie dans la prise de décision entre nos trois partis sous la présidence de Aziz Akhannouch, qui a toujours su accorder l’espace qu’il fallait à la discussion, la réflexion et à la prise de décision.

Cet équilibre et cette bonne entente contribuent énormément à notre bilan, et le fait d’avoir une stabilité politique au sein de notre gouvernement permet de déclencher des dynamiques importantes dont on peut aujourd’hui attester le succès par des chiffres.

Nous avions annoncé une amélioration de la croissance, et si nous n’avons pas encore atteint l’objectif prévu, c’est pour la bonne raison que nous ne sommes pas encore arrivés à la fin du mandat.

Nous sommes cependant parvenus à un taux de croissance de 3,2% contre -7% en 2020.

– Un taux négatif qui s’expliquait par la pandémie et la paralysie de l’économie mondiale ?

– C’est vrai que c’était une conjoncture particulière, mais quand on compare la moyenne de croissance actuelle, il est indéniable que la dynamique de la relance est là.

Pour ce qui est du déficit budgétaire, nous avions fixé comme objectif 3% en 2026, et nous sommes arrivés à 4,4% en comparaison à l’année précédente, où nous étions à 5,5%.

De plus, nous sommes en train d’installer un État social pour respecter  la volonté royale qui est partagée par nos trois partis, en développant les infrastructures nécessaires pour y arriver rapidement.

Si le Maroc a réussi à faire aboutir un grand nombre de chantiers, une approche sociale pour renforcer l’humain s’imposait, afin de le stabiliser et lui offrir des opportunités et des leviers économiques pour pouvoir s’intégrer dans notre société.

Quand on sait que 3,5 millions de ménages bénéficient aujourd’hui d’une subvention sociale directe, c’est l’équivalent de presque 12 millions de Marocains concernés.

De plus, 22 millions de Marocains bénéficient de l’AMO et d’une couverture sociale, les ressources humaines ont été revalorisées avec une augmentation des salaires, 16.500 nouveaux postes ont été créés au ministère de la Santé, et un effort important a été consenti en termes d’infrastructures avec la création de plusieurs dispensaires de proximité qui ont permis une nette amélioration des prestations médicales.

Mais nous ne sommes qu’au début du processus, car quand vous déclenchez une action politique et que vous exprimez une volonté politique forte de construire un Etat social, il y a le moment de la mise en place et celui du bénéfice qui n’est pas immédiat.

Alors oui, aujourd’hui nous sommes conscients que les Marocains qui vont à l’hôpital ne bénéficient pas encore de 100% des services auxquels ils doivent avoir droit, mais la dynamique est enclenchée.

Les moyens réservés à cet effet par notre gouvernement ont augmenté de plus de 35% par rapport à l’ancien gouvernement.

– Certains analystes estiment que la lutte contre le chômage est un échec…

– Nous sommes conscients du fait que les chiffres actuels du chômage ne sont pas rassurants, mais il ne faut pas les analyser par rapport à un pourcentage ou à une évolution d’une année sur l’autre, mais plutôt en termes de création de postes ou d’absence de création d’emplois.

L’emploi dans le secteur non agricole a en effet augmenté, avec un chiffre record de 621.000 emplois, alors que les emplois perdus le sont essentiellement dans le secteur agricole à cause de la sécheresse.

– Des centaines de milliers d’emplois ont été détruits dans la ruralité…

– Oui, malheureusement, mais je me dois de préciser que la sécheresse est un phénomène qui est aujourd’hui universel.

C’est la raison pour laquelle le ministre de l’Agriculture et le chef du gouvernement réfléchissent à une nouvelle approche du monde agricole.

Du côté du ministère de l’Aménagement du territoire, nous menons une réflexion sur les territoires pour pouvoir créer de nouvelles dynamiques d’emplois et offrir de nouvelles opportunités au monde rural.

L’idée étant de trouver des solutions pour ne pas vider nos campagnes et voir l’exode rural se poursuivre.

Pour garder ces populations là où elles ont toujours vécu et où elles rêvent de faire grandir leurs enfants, il faut leur offrir des alternatives et des opportunités comme l’industrie agroalimentaire qui se met en place ; créer des opportunités dans les territoires agricoles en développant des pôles et des centres émergents pour qu’il y ait une attractivité économique qui puisse créer de l’emploi dans le monde rural.

Sur la deuxième partie de notre mandat, il faudra parvenir à un consensus entre les trois partis pour trouver des solutions concrètes.

Ainsi, dès le début de notre mandat, nous avons adopté une Charte de l’investissement qui est entrée en vigueur et contribue énormément à l’attractivité des investisseurs étrangers ou marocains.

On en a fait un challenge et, croyez-moi, il a été compliqué de créer un consensus autour de cette charte qui implique plusieurs départements dont chacun a sa propre vision des choses.

Une convergence était par conséquent nécessaire et, aujourd’hui, le gouvernement a relevé ce défi qui génère des milliards de dirhams d’investissements.

– Vous vous félicitez d’un taux de croissance de 3,2% qui n’est cependant pas suffisant pour faire décoller le pays, alors que d’autres pays africains arrivent à 7%. 

– Le Maroc est quand même à un stade assez avancé de son développement, alors que des pays européens sont sur des taux de croissance de 1% à 2%.

Si je préfère ne pas nous comparer à ces pays, cela ne veut pas dire que le Maroc ne peut pas atteindre un taux de croissance de 6% ou 7%.

Il finira par les atteindre et, sans vouloir me cacher derrière la conjoncture internationale, je pense qu’avec tout ce qui a été mis en place dans ce gouvernement, si nous n’avions pas subi les effets du Covid ainsi que les effets de la guerre entre la Russie et l’Ukraine qui a eu un impact lourd, nous y serions déjà arrivés.

Pour vous donner un exemple, le secteur dont j’ai la charge a subi un impact terrible de l’inflation sur les intrants.

Une inflation qu’on n’avait pas connue depuis des décennies, et qu’il a fallu gérer sans lâcher les Marocains sur leur pouvoir d’achat.

Tout cela pour dire qu’il y avait nos promesses, mais qu’il y avait aussi des aléas conjoncturels qu’on ne pouvait pas anticiper qui ont nécessité des dépenses supplémentaires comme sur le transport.

En effet, avec la flambée des prix des carburants, l’Etat a déboursé 8 milliards de DH.

De plus, pour minimiser l’impact des dépenses d’électricité sur le pouvoir d’achat de nos concitoyens, 20 milliards de DH ont été injectés.

Lors de la première année de notre mandat, nous avons dépensé 40 milliards de DH pour la compensation, alors qu’aujourd’hui nous sommes redescendus à 16 milliards de DH grâce à notre politique de lutte contre l’inflation.

C’est le résultat d’une politique macroéconomique portée par une volonté du gouvernement.

S’il n’y avait pas cette cohérence et volonté politique de déclencher de nouvelles dynamiques économiques et sociales, il faut se poser la question de savoir si avec un autre gouvernement, on aurait pu relever les défis comme nous les relevons aujourd’hui.

De plus, nous n’avons pas rompu le dialogue social, qui était en dormance, alors que les partenaires sociaux sont essentiels pour le bon fonctionnement d’un Etat.

Nous avons eu le courage dans la conjoncture actuelle de maintenir ce dialogue et d’oser revaloriser le SMIC et le SMAG.

Sans compter les fonctionnaires qui n’avaient pas été augmentés depuis longtemps, et la bonne gestion de la crise de l’Education.

Nous sommes ouverts à la critique constructive, car nous savons que notre bilan n’est pas parfait.

Il ne le sera pas parce qu’un bilan d’un gouvernement ne cesse d’évoluer par rapport aux attentes légitimes des citoyennes et des citoyens.

– Le chef du gouvernement avait promis un million d’emplois supplémentaires au terme de son mandat en 2026 ; cette promesse est-elle toujours d’actualité alors que des centaines de milliers d’emplois ont été détruits dans le monde rural ?

– Cela n’engage que moi, mais je suis très optimiste car le programme de l’aide au logement peut créer de nombreux emplois.

Quand j’ai été nommée à la tête du ministère, le secteur immobilier était fragile et essoufflé vu qu’il subissait la fin d’un programme social depuis décembre 2020.

Le marché de l’immobilier nécessite en effet de la confiance, car il faut que les promoteurs et les potentiels acquéreurs sentent que l’Etat est engagé.

Or ce n’était pas le cas puisque le gouvernement précédent n’était plus engagé depuis décembre 2020.

 – Pour quelle raison ?

– Car l’ancien programme social arrivait à terme, et s’il a généré un impact positif en réduisant le déficit en logement, il y a eu ensuite deux années où il n’y avait plus la visibilité dont les promoteurs immobiliers avaient besoin.

La conjoncture a impacté les intrants avec une flambée des prix, qui a fait que le secteur a commencé à perdre de l’emploi avec une baisse importante des mises en chantier.

Six mois après le lancement de notre programme d’aide directe au logement, la tendance s’est complètement inversée, avec une augmentation de la production du ciment de plus de 21% par rapport à l’année dernière.

Les crédits habitat ont également cru de 1,4%, et les crédits bancaires accordés aux promoteurs immobiliers sont en hausse de plus de 4,4%.

Idem pour les mises en chantier qui ont augmenté de 52% par rapport à 2023.

Tout cela va créer de l’investissement et de l’emploi ; ce qui, en plus d’avoir un impact social positif, permettra de réduire notre déficit et de générer une relance économique.

Sachant que le bâtiment emploie plus de 1,2 million de personnes, j’ai bon espoir que nous allons bientôt commencer à voir les premiers impacts.

Nous sommes conscient de la difficulté des challenges, d’autant plus que si nous avons une autre année de sécheresse, les choses seront compliquées.

Mais je pense qu’on ne peut juger réellement un gouvernement sur ses engagements de départ qu’à la fin de son mandat.

Il nous reste donc encore deux ans et demi.

– La lutte contre le chômage semble pourtant mal engagée…

– Si nous prenons les chiffres sans tenir compte du contexte conjoncturel, oui.

Mais on ne peut pas interpréter un chiffre sans tenir compte du contexte, sinon cela n’a pas de sens.

– Et si les aléas climatiques devaient se poursuivre jusqu’en 2026 ?

– Des solutions existent.

Ainsi grâce à la volonté de Sa Majesté, le gouvernement a réussi à dégager une aide de 20 milliards de DH pour les agriculteurs que nous n’abandonnerons pas à leur sort.

Si le monde agricole continue à souffrir des aléas climatiques, le gouvernement prendra ses responsabilités en accompagnant davantage les agriculteurs.

Que ce soit pour le Maroc, ou le monde entier qui est soumis au réchauffement climatique, la réflexion prioritaire est au monde rural.

– Donc la solution consiste à creuser l’endettement public ?

– Si un jour, je devenais ministre de l’Agriculture, je pourrais répondre, mais aujourd’hui nous avons un ministre qui fait un excellent travail et un chef du gouvernement qui est très concerné par ce département pour l’avoir dirigé pendant des années.

Nous ne sommes pas dans l’expectative ou dans l’improvisation, car nous travaillons également avec le ministère de l’Equipement et de l’eau qui fait un travail formidable pour trouver des solutions au stress hydrique, grâce à la multiplication des centrales de dessalement qui vont permettre de rattraper le retard injustifié au regard des besoins actuels et à venir.

– Quid du stress hydrique dans votre ville qui est la locomotive touristique du Maroc ?

– Dieu merci, le ministre en charge de ce lourd secteur m’a rassurée par rapport à cette année, mais une ville touristique comme Marrakech ne peut pas se contenter d’être rassurée à court terme.

Ensuite, il y a OCP qui lance son projet de dessalement, et nous aurons, dans les années à venir, des solutions comme la future autoroute de l’eau qui va impacter positivement le monde agricole.

Au-delà du tourisme, on ne peut pas imaginer qu’il n’y ait plus de fruits et légumes sur les étalages marocains.

Sachant que notre politique agricole n’a pas démarré avec ce gouvernement ni avec le précédent, je pense qu’il y a plutôt de l’espoir que du pessimisme.

– Vous excluez toute coupure d’eau à Marrakech dans l’immédiat ?

– Je ne pense pas qu’on arrivera à cette extrémité.

Marrakech gère au mieux l’irrigation de ses espaces verts, et nous avons lancé il y a un mois une politique de réutilisation des eaux usées afin que la palmeraie, les espaces verts et les golfs de la ville ne soient plus irrigués par l’eau potable.

Nous réfléchissons aussi à donner aux hôtels et aux propriétaires privés l’accès à ces eaux usées, moyennant une cotisation de telle sorte qu’on puisse réduire cette charge de consommation.

– Et pour la Coupe du monde de 2030 ?

– N’étant pas voyante, je ne l’espère pas, mais les stations de dessalement ont bien avancé.

Grâce au rythme effréné avec lequel le ministre a rattrapé le retard, l’espoir est d’actualité.

En bonne Marrakchie, je ne m’inquiète pas outre mesure pour le Maroc qui a toujours su réussir les défis qui se posaient à lui.

– Avez-vous des informations sur le programme spécial d’emploi pour le monde rural ?

– Non, car l’usage veut qu’il soit d’abord présenté aux membres du gouvernement.

Comme cela n’a pas encore été le cas, je n’ai pas d’écho sur ce dossier.

Mais le gouvernement travaille là-dessus, et nous avons tenu une réunion avec le chef du gouvernement sur l’exigence de création d’emplois de tous les secteurs, y compris agricole.

Quoi qu’il en soit, je vous affirme que les chiffres du secteur dont j’ai la charge sont extrêmement rassurants grâce à cette visibilité que nous avons pu donner et qui a rétabli la confiance.

Ainsi, si vous voyez les chiffres des agences urbaines, vous verriez à quel point aujourd’hui il y a une dynamique de mise en chantier qu’on ne voyait plus.

C’est un véritable exploit, car 258 documents d’urbanisme ont été adoptés en l’espace de deux ans et demi. Nous avons abouti à ce chiffre pour mettre en place de la visibilité pour le propriétaire.

– Vous voulez dire que rien n’avait été fait auparavant ?

– Pas du tout, j’ai commencé mon propos en disant que le Maroc a accumulé des acquis en termes de chantiers extrêmement lourds, d’infrastructures, de projets et de programmes stratégiques.

Je ne suis pas du genre à accabler mes prédécesseurs, car ceux qui sont dans cette logique sont des gens qui n’ont rien produit, et ce n’est pas mon cas.

Mais, aujourd’hui, j’ai un bilan positif que je défends.

Ma prédécesseure a malheureusement manqué de chance en arrivant dans la conjoncture terrible du Covid, mais malgré cela, elle a réussi un certain nombre de choses.

Maintenant, force est de constater que sur l’aide au logement, peut-être que la conjoncture ne le permettait pas, mais je pense que l’approche consistant à savoir valoriser son bilan ne remet pas en question le travail de ceux qui m’ont précédés.

C’est juste que je pense que sur ces deux années et demi, ce département a de quoi se targuer d’un bilan positif.

Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à se référer aux chiffres du programme « Ville sans bidonville » qui a commencé en 2004.

– Quelles sont les réussites de votre gouvernement ?

– En premier lieu, ce qui nous manquait était d’avoir un gouvernement où les gens ne se tapent pas dessus, car je pense qu’une cohérence politique est vitale.

D’abord, cela dégage une image rassurante sur ce qu’est la politique dans notre pays, et les Marocains ont besoin de se réconcilier avec la politique.

Nous sommes tous effrayés par l’abstention, et le seul moyen d’y remédier est de montrer une image rassurante, avec un personnel politique cohérent et respectueux malgré ses divergences partisanes.

Je ne suis pas en train de vous dire que nous sommes des « Bisounours », mais pendant les dix années qui ont précédé ce gouvernement, la cohérence était loin d’être une priorité.

C’est un constat que beaucoup de gens ont fait publiquement, y compris des membres du gouvernement.

Ce n’était un secret pour personne et, aujourd’hui, la cohérence politique est une réalité dont on ne peut que se féliciter.

Le respect des prérogatives des uns et des autres aide beaucoup.

Cette première réussite nous a d’ailleurs permis de faire face à plusieurs crises, comme celle du pouvoir d’achat liée à l’inflation, ou celle des enseignants où il fallait une solidarité et un sens de l’écoute.

Elle nous a permis d’avancer sur des chantiers importants.

– À votre crédit, vous avez réussi à faire baisser l’inflation, alors que des pays voisins ou européens n’y sont toujours pas arrivés.

– C’est une réussite liée à l’excellente gestion de la ministre des Finances et du ministre du Budget, qui nous a permis d’augmenter nos recettes de plusieurs milliards de dirhams.

C’est d’ailleurs l’augmentation des recettes qui nous a permis de maintenir l’équilibre social du pouvoir d’achat par toutes les compensations sur les produits de première nécessité, pour le transport et les agriculteurs.

Elle nous a aussi permis de dégager des moyens supplémentaires pour déclencher de nouvelles dynamiques.

Parmi les grands succès, il y a l’Etat social qui est un concept essentiel pour réduire les disparités insupportables entre les Marocains.

Et on ne peut que se féliciter du fait que notre gouvernement ait réussi, sous l’impulsion de Sa Majesté, à débloquer sur la première partie de son mandat de nombreuses subventions qui connaîtront encore quelques réajustements.

Ainsi, le Registre social unifié (RSU) est un outil efficace qui a permis de libérer un certain nombre d’aides directes.

Idem pour l’amélioration du secteur de la santé, car les êtres humains que nous sommes traversent tous des moments de fragilité qui nécessitent une prise en charge de qualité.

– Pour l’instant, la qualité de l’offre médicale publique n’est pas au niveau. Les gens qui ont de l’argent ne vont pas dans les hôpitaux, mais dans des cliniques, et les défavorisées sont obligés de s’endetter ou de se contenter de soins médiocres, faute d’infrastructures ou de personnel motivé ?

– C’est la raison pour laquelle une couverture sociale généralisée a été mise en place.

En attendant que l’État puisse former suffisamment de médecins et d’améliorer leurs conditions de travail, et de multiplier les infrastructures de qualité.

– Une partie des médecins choisit de s’exiler à l’étranger pour avoir de meilleures conditions de travail ?

– C’est vrai, mais pourtant Dieu sait que notre pays a tellement plus d’opportunités à offrir que d’autres qui se disent plus développés.

C’est tout le challenge que gèrent aujourd’hui le ministre de la Santé et le ministre de l’Enseignement supérieur, à savoir faire comprendre aux étudiants en médecine que quand un État vous forme, il est normal de le servir pour résorber le déficit actuel.

– D’ici 2026, pensez-vous que la construction en cours de plusieurs CHU permettra d’améliorer la qualité de l’offre médicale et de mettre fin à la médecine à deux vitesses pour les riches et les pauvres ?

– Oui, il y en a déjà trois, dont celui de Tanger qui a été inauguré par Sa Majesté, et ceux de Rabat et Marrakech.

– Quand les Marocains pourront-ils bénéficier d’une offre médicale à la hauteur de celle qui est dispensée dans les cliniques, mais qui reste très onéreuse ?

– Je pense qu’au-delà de mes espérances, tout est mis en place pour arriver à d’excellents résultats d’ici 2026.

Nous ne pourrons pas former suffisamment de médecins en deux ans et demi, mais l’important, c’est d’avoir un cap et le courage qu’il faut pour pouvoir mettre en œuvre cette réforme qui n’est pas facile.

Cela nécessitera des années, mais on voit déjà que sur l’infrastructure, il y a eu un grand effort de fait.

Un énorme programme de plus de 400 centres de santé de proximité. Et, croyez-le, moi qui travaille dans la proximité à Marrakech, le centre de proximité, c’est le premier point des patients.

Maintenant, s’il est vrai qu’un système de santé ne se construit pas en cinq ans, les bases sont lancées grâce à une volonté politique forte.

– Après le tremblement de terre, on a constaté qu’il y avait plusieurs déserts médicaux…

– Dans les montagnes, il n’y a en effet pas toujours d’endroit où se soigner, car les populations sont très dispersées.

S’il y a une fierté à tirer de ce drame humain terrible, c’est que le Maroc n’a eu besoin d’aucun médecin étranger, car les praticiens marocains étaient largement suffisants.

Lors de mes visites dans la région sinistrée par le séisme, le ministre de la Santé m’a certifié que nos ressources humaines régionales sanitaires avaient été capables de gérer la crise sans aucun renfort médical étranger.

C’est considérable, parce que ce n’est pas un événement anodin dans des territoires difficiles d’accès qu’on ne peut pas comparer aux territoires des plaines.

– Quelle serait la solution ? des unités médicales mobiles ?

– Il y a les unités mobiles, mais il y a aussi des centres ruraux où vous retrouvez tous les équipements nécessaires pour soigner les populations.

On ne peut pas dire que ces gens ne sont pas soignés, car il y a eu un effort colossal e,t encore une fois, nos ressources humaines ont pu gérer cette crise.

– Le lundi 20 mai a démarré la décompensation partielle du gaz, dont le prix de la bouteille va augmenter de 10 dirhams (de 40 à 50 DH). Cela va faire beaucoup de mécontents parmi les couches défavorisées ?

– Evidemment, car personne n’est heureux d’accueillir une augmentation tarifaire, d’autant plus à la veille de Aïd el Kébir qui engendre aussi un débat autour du prix des moutons.

Ce que je peux dire, c’est que le gouvernement a fait en sorte que cette hausse nécessaire soit partielle et évolutive pour qu’il n’y ait pas d’impact brutal.

Il ne faut pas oublier qu’elle s’est faite après que le gouvernement a mis en place les aides directes.

Si le prix du gaz va effectivement augmenter, les dépenses des citoyens ont été allégées grâce a l’implication de l’État qui a débloqué plusieurs aides financières.

– Votre parti a-t-il soutenu cette augmentation ?

– Est-ce que vous pensez qu’on l’a fait de gaieté de cœur, et que c’était une décision facile ?

Quand on est un acteur politique responsable, il y a des décisions difficiles qu’il faut prendre.

Cela dit, au risque de me répéter, nous avons mis en place des mécanismes pour accompagner au mieux les populations défavorisées.

Aide au logement : plus de 8.500 bénéficiaires au 19 avril 2024

Dans une réponse lue le mardi 23 avril en son nom, à la Chambre des conseillers, par la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Ghita Mezzour, la ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, Fatima Zahra El Mansouri, a souligné que ce programme, qui s’étend de 2024 à 2028, suscite un « intérêt intense et grandissant chez les Marocains depuis son lancement en janvier 2024 ».

La responsable gouvernementale a révélé que le nombre de demandes a totalisé plus de 65.000 dans les différentes régions du Royaume, dont 90% remplissent les conditions pour en bénéficier dans un délai n’excédant pas 30 jours. S’ils ne reçoivent pas de réponse dans le délai imparti, les demandeurs peuvent renouveler l’inscription pour bénéficier de l’aide directe au logement, a-t-elle ajouté.

Selon les données évoquées par la ministre, 20% des demandes d’aide directe au logement, qui couvrent toutes les régions du Royaume, ont été présentées par des Marocains résidant à l’étranger, tandis que 38% sont présentées par des femmes.

Fatima Zahra El Mansouri a fait remarquer, à cet égard, que son département tient des réunions périodiques avec la Fédération nationale des promoteurs immobiliers, l’Ordre national des notaires et la Caisse de dépôt et de gestion, pour évaluer l’efficacité de l’opération. Une séance de travail sera programmée avec les banques dans le même objectif.