Congrès du PAM : plusieurs dirigeants poussent Fatima Ezzahra El Mansouri à être la candidate du consensus

L’incrimination de trois élus du Parti authenticité et modernité (PAM) dans l’affaire de trafic international de drogue, dite du Malien, pèsera-t-elle sur le prochain congrès du PAM qui aura lieu du 9 au 11 février prochain ? Ce qui est sûr à ce jour, c’est que l’affaire alimente toutes les conversations. Malgré la présomption d’innocence, beaucoup considèrent déjà ces accusés comme coupables. Le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi, également secrétaire général du parti, se fait discret. La volonté de plusieurs barons du parti de le voir remplacé est antérieure à l’incarcération des trois élus en question. Mais elle a certainement été renforcée par le scandale.

L’ampleur de l’affaire a d’ailleurs créé une onde de choc dans la société marocaine. Beaucoup critiquent désormais le mélange entre politique et affairisme, voire entre politique et magouilles. On se demande si l’on fait de la politique pour faire des affaires ; ou si l’on fait des affaires pour accéder à la politique. Si les législatives devaient avoir lieu demain, il est clair qu’elles se joueraient d’abord sur le terrain de la moralité.

« Un problème pénal et pas partisan »

Contacté par Médias24, un membre du bureau politique reconnaît une responsabilité morale du secrétaire général actuel, mais il estime qu’il n’a aucune responsabilité dans les agissements présumés criminels des deux personnalités qui ont été incarcérées par la justice dans l’attente de leur procès. Les deux personnalités en question sont Saïd Naciri, président du conseil préfectoral de Casablanca, et Abdenbi Bioui, président de la région de l’Oriental, auxquelles on peut ajouter le frère de Bioui, lui aussi élu local et président de commune. Tous les trois sont encartés au PAM.

« Si cette affaire fait l’effet d’une véritable claque qui salit l’image du PAM, il s’agit néanmoins d’un problème pénal et pas partisan, d’autant que notre parti a pris ses distances avec ces deux personnes », argue notre interlocuteur, faisant référence aux deux prévenus les plus en vue que sont Saïd Naciri et Abdenbi Bioui.

« Le secrétaire général n’a rien à se reprocher »

« Ni le secrétaire général sortant ni ses prédécesseurs n’étaient au courant de leurs activités ; sans quoi il est évident qu’ils auraient réagi immédiatement en les écartant du parti », poursuit-il. Les mis en cause ont intégré le parti en 2009, soit bien avant l’arrivée de Abdellatif Ouahbi à la tête du secrétariat général, ajoute-t-il.

À la question de savoir s’il n’aurait pas été préférable qu’il démissionne de son mandat de ministre de la Justice, il répond que cette décision n’appartient pas au PAM, mais au seul chef du gouvernement.

Les instances dirigeantes ont pris leurs distances avec les deux prévenus dès que l’affaire a éclaté, en publiant un communiqué très clair, soulignant le gel de leur adhésion au parti.

« Une cellule de veille pour éviter un tel scénario à l’avenir »

Selon notre interlocuteur, le secrétaire général sortant ne doit pas faire l’objet d’une chasse aux sorcières en étant tenu responsable de leurs agissements. Mais, poursuit-il, cette affaire doit être l’occasion de « mettre en place des mécanismes pour que les personnes assumant des responsabilités soient irréprochables ».

« Dans la mesure où les accusés ont reçu la bénédiction de notre parti pour se présenter aux élections, nous nous devons de mettre en place une cellule de veille pour que ce genre de situation ne se reproduise plus avec les nouvelles instances qui seront désignées lors du prochain congrès », estime notre source, qui plaide pour des mécanismes aptes à désigner des responsables irréprochables.

« Fatima Ezzahra El Mansouri est obligée de se présenter »

Confirmant l’analyse de son camarade sur l’absence de responsabilité pénale du secrétaire général sortant, un autre dirigeant nous confie que Abdellatif Ouahbi n’a d’autre choix que de s’abstenir. Il ne peut pas se porter candidat, car il faut tourner la page d’un scandale dont le parti n’avait pas besoin.

« Entre la base partisane qui estime que l’heure de Fatima Ezzahra El Mansouri est arrivée et cette malheureuse affaire qui tombe juste avant la tenue du congrès, il serait inconcevable que le secrétaire général soit candidat à un deuxième mandat, comme si de rien n’était », avance ce membre important du PAM. Selon lui, la présidente du Conseil national est obligée de se présenter pour assurer la continuité du parti, malgré ses hésitations ayant trait à l’absence de temps à consacrer à sa famille.

S’il reste encore un mois pour que les candidats puissent légalement se déclarer, notre interlocuteur affirme que la réunion du bureau politique, qui aura lieu ce jeudi 4 janvier, permettra de la convaincre d’annoncer sa candidature très rapidement afin qu’elle devienne la candidate du consensus.

« La grande majorité des 3.000 congressistes ont déjà été désignés »

Interrogée sur les derniers préparatifs du congrès, notre source révèle que les noms des 3.000 congressistes régionaux sont désormais connus. Prochaine étape ? Désigner les membres du Conseil national, qui seront au nombre de 400.

Selon lui, Marrakech a élu 549 congressistes, Tanger 319, Oujda 300, Fès 300, Souss-Massa 260, Rabat 300, Casablanca 300, Béni Mellal 270, Guelmim 150, Laâyoune 53, Dakhla 27 et, enfin, 50 du côté des MRE.

https://medias24.com/2023/11/22/pam-le-5e-congres-national-du-parti-aura-lieu-en-fevrier-2024-samir-goudar/

https://medias24.com/2023/12/31/recit-ce-que-lon-sait-de-laffaire-de-trafic-international-de-drogue-ou-bioui-et-naciri-sont-mis-en-cause/

Congrès du PAM : deux noms émergent mais aucune candidature officielle

Qui succédera à Abdellatif Ouahbi à la tête du deuxième parti politique du pays ? A ce stade, il n’y a encore aucune candidature officielle même si le processus de renouvellement des instances du PAM, dont le secrétariat général du parti, est lancé.

Mais il est de coutume, dans des échéances courues ou incertaines, que les prétendants ne se déclarent officiellement qu’à la dernière minute. Et de ce qui ressort de nos différents échanges avec des cadres internes du parti, c’est le scénario le plus probable.

Cela dit, des noms circulent déjà. Et les deux noms qui reviennent le plus souvent sont ceux de Fatima Ezzahra El Mansouri et Abdellatif Ouahbi.

Vers un duel d’avocats ? 

Nous avons tenté de joindre les deux concernés à plusieurs reprises pour savoir s’ils avaient l’intention de se présenter, en vain.  Des PAMistes, proches de l’actuel secrétaire général sortant, nous confirment sa volonté de rempiler pour un deuxième mandat.

Ils sont unanimes. Abdellatif Ouahbi veut briguer un deuxième mandat, mais « il attend de connaître la décision de la numéro deux du parti avant de se porter candidat ou de jeter l’éponge ».

Des soutiens de Mansouri, quand à eux, nous ont fait part de l’hésitation de la présidente du conseil national. « Ce n’est pas exclu », nous dit-on.

Nos sources avancent que Fatima Ezzahra El Mansouri est « la grande favorite » qui bénéficie du soutien de la base, des militants, des membres du bureau politique et du conseil national sortants.

Mais il faudra attendre la fin du mois de décembre pour connaître sa décision, donc un mois avant la date limite de dépôt des candidatures.

Avocate de profession, Fatima Ezzahra El Mansouri a fait ses débuts en politique au Mouvement de tous les démocrates (MTD, qui a muté en 2008 pour devenir le Parti authenticité et modernité (PAM).

Après avoir commencé sa carrière politique comme conseillère municipale à Marrakech, elle a été la deuxième Marocaine à devenir maire en 2009, avant d’entamer un deuxième mandat en 2021.

 « L’architecte du passage de l’opposition à la majorité »

« Talentueuse, elle a joué un grand rôle pour débrancher progressivement l’ancien secrétaire général, Ilyas El Omari , qui a dû se résoudre à partir », révèle un de ses proches, en précisant que la numéro 2 du parti depuis 2016 a su gérer sans trop de heurts le départ d’El Omari, qui était loin d’être acquis.

Et de poursuivre que Mansouri a su faire exister autrement le PAM dans les médias pour effacer l’image de l’ancien secrétaire général, et surtout préparer son parti à rejoindre, pour la première fois depuis sa création, l’exercice du pouvoir dans le futur gouvernement après des années d’opposition.

Un défi remporté en octobre 2021, date à laquelle elle sera nommée ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville du gouvernement Akhannouch.

En parallèle de son engagement politique, Fatima Ezzahra El Mansouri a été désignée en 2014 par le magazine américain Forbes comme l’une des vingt jeunes femmes les plus influentes du monde politique et des affaires en Afrique, puis élue au classement Young Global Leaders 2014, qui récompense des leaders mondiaux reconnus pour leur capacité entrepreneuriale et leur créativité.

Ouahbi aimerait rempiler à la tête du PAM

Inscrit au barreau de Rabat, le secrétaire général sortant du PAM a, quant à lui, initié son parcours politique en 1976 au sein de l’USFP, avant de rejoindre en 1991 les rangs du Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste (PADS),

Après près de deux décennies au sein de ce parti d’extrême gauche qui n’a jamais eu d’élus au Parlement, Abdellatif Ouahbi décide donc d’intégrer en 2010 les rangs du PAM naissant avant d’être élu en 2016 député de la circonscription de Taroudant-Nord.

Très actif à la Chambre des représentants où il a présidé le groupe parlementaire de son parti, il a été particulièrement mobilisé contre le gouvernement de Abdelilah Benkirane, avec des interventions musclées très médiatisées. Celles-ci lui ont valu d’émerger et de se faire remarquer avant de succéder en février 2020 à Hakim Benchamach au poste de secrétaire général.

« Son principal fait d’armes est d’avoir réussi à boucler son mandat »

Malgré le fait qu’il ne se soit pas encore déclaré à la course au leadership, tous nos interlocuteurs affirment qu’il leur a fait part de sa volonté de se présenter, mais uniquement dans le cas où il n’aurait pas de concurrent sérieux.

« Si, en réalité, ce sont Fatima Ezzahra El Mansouri et Mehdi Bensaïd qui pilotent le PAM, Ouahbi peut se targuer d’être le premier secrétaire général à parvenir au bout de son mandat de quatre années », précise un membre du bureau politique en ajoutant qu’aucun de ses prédécesseurs n’y était arrivé avant lui.

N’excluant pas un rebondissement de dernière minute avec une candidature « alternative », l’une de nos sources évoque les noms de Mehdi Bensaïd, qualifié de « véritable secrétaire général adjoint dans les faits », ou de Younes Sekkouri qui connaît parfaitement les arcanes de son parti pour avoir été son directeur exécutif avant de prendre ses distances.

Quoi qu’il advienne d’ici février prochain et quel que soit le nom du futur secrétaire général qui sera élu, tous nos interlocuteurs avancent que même si elle renonce à se présenter pour des raisons personnelles, Fatima Ezzahra El Mansouri est et restera la véritable numéro 1 du parti…

Les explications de Fatim Ezzahra El Mansouri sur les nouvelles aides au logement

Après la séance de travail du 17 octobre dernier présidée par le Roi Mohammed VI qui a donné le coup d’envoi effectif de la mise en place du dispositif d’aide directe au logement, Fatim Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, a dévoilé à la presse le processus qui devrait permettre aux primo-acquéreurs de bénéficier d’une aide publique.

Dispositif et montant des aides directes à l’acquéreur

Selon la ministre de tutelle, ce nouveau programme sera étalé sur la période 2024-2028. Pour rappel, il vise à renouveler l’approche liée à l’accès à la propriété en soutenant directement le pouvoir d’achat des ménages, à travers une aide financière directe aux acquéreurs éligibles.

Ce dispositif concerne aussi bien les Marocains résidant au Maroc que ceux qui résident à l’étranger, et qui ne disposent pas d’une résidence principale au Maroc et n’ont bénéficié d’aucune aide au logement.

Un projet de décret a d’ailleurs été élaboré par le département de Fatim Ezzahra El Mansouri, qui précise les conditions et les formes du soutien direct aux familles. Il entrera en vigueur le 1er janvier 2024.

Dans le détail, les montants de l’aide directe seront répartis à hauteur de 100.000 DH pour l’acquisition d’un logement dont le prix de vente est inférieur ou égal à 300.000 DH TTC, et à 70.000 DH pour l’acquisition d’un logement dont le prix de vente est compris entre 300.000 DH TTC et 700.000 DH TTC. Ce système étend donc l’aide au logement aux couches moyennes et ce, pour la première fois, selon la ministre.

En rupture avec l’ancien système qui privilégiait la défiscalisation, le nouveau dispositif permettra de soutenir directement le pouvoir d’achat des Marocains à travers une aide directe pour l’accession à la propriété.

Optimiste sur le succès de ces aides publiques, la ministre a affirmé que les banques devraient financer massivement les primo-acquéreurs.

Quelles conditions d’éligibilité et modalités ?

Le décret qui énonce les modalités d’octroi impose aux futurs bénéficiaires d’être de nationalité marocaine, de n’avoir bénéficié d’aucun avantage accordé par l’Etat en matière de logement et de ne pas être propriétaire à la date d’acquisition d’un bien immobilier destiné au logement.

De plus, le compromis de vente devra être passé devant un notaire. Chaque logement − qui sera réalisé dans le respect total des plans d’aménagement en vigueur et en conformité avec les normes techniques de sécurité et de qualité − devra, d’une part, disposer d’un permis d’habiter daté à partir du 1er janvier 2023 ; d’autre part, faire l’objet de la première vente (les ventes de deuxième main ne sont pas admises).

Pour faciliter les démarches aux acquéreurs et assurer la transparence, le processus de gestion du dispositif des aides − de l’inscription des demandeurs jusqu’aux paiements des aides − sera dématérialisé au niveau d’une plateforme gérée par la CDG comme tiers de confiance et connectée à la conservation foncière et à l’administration fiscale.

Muni du permis d’habiter du promoteur et de son numéro de CIN, le candidat remplira le document de la plateforme. Après l’envoi d’une réponse par le ministère sous sept jours, il finalisera son achat immobilier en passant devant un notaire pour signer le contrat définitif. Le montant de l’aide sera remis dans un délai maximal de 15 jours sous forme de virement bancaire ou de chèque libellés à l’intention du notaire. L’acquéreur devra alors, dans un délai d’un mois, tout finaliser et au besoin contracter un crédit bancaire: cette aide sera considérée comme une avance par l’acquéreur et le financement bancaire, adossé à une hypothèque, ne devrait pas poser de problème estime-t-elle.

Afin d’aider les personnes qui ne savent pas utiliser l’outil informatique, le ministère a prévu de signer des conventions avec des cybercafés et autres points de services pour réaliser gratuitement toutes les opérations nécessaires.

Quels impacts sociaux et économiques ?

Selon Fatim Ezzahra El Mansouri, 70.000 à 100.000 unités devraient être écoulées la première année. Les aides devraient coûter au budget de l’Etat 9,5 milliards de DH à partir de la première année. le précédent dispositif coûtait 3,5 milliards de DH annuellement. Le surcoût est donc de 6 milliards de DH.

Concernant le programme de logements sociaux qui a pris fin en 2020, la ministre a révélé qu’il restait 100.000 unités à produire jusqu’en 2026, sur la base des conventions signées. Par conséquent, les promoteurs peuvent soit poursuivre l’ancien programme et profiter des avantages fiscaux qui lui sont liés, ou alors y renoncer pour s’inscrire dans le nouveau programme, mais sans possibilité de cumuler les deux avantages.

L’objectif social de ces programmes est de lutter contre l’habitat insalubre, de renforcer le pouvoir d’achat des ménages à faible revenu et de la classe moyenne, d’améliorer les conditions de vie des ménages et de faciliter l’accès au logement, de couvrir les besoins en logement des ménages à revenu modéré et de ceux issus de la classe moyenne, et enfin de contribuer à réduire le déficit en logement.

Sur le front économique, les retombées permettront de maintenir la position du secteur dans l’économie nationale, de promouvoir la création annuelle d’emplois dans le secteur, de faire participer les petites et moyennes entreprises du secteur privé, et de réguler et contrôler le marché immobilier.

En dernier lieu, pour mettre en œuvre le programme d’aide directe au logement et accompagner la rénovation de la planification urbaine et territoriale en tenant compte des spécificités de l’espace urbain et du monde rural, 12 Agences régionales de l’urbanisme et de l’habitat seront créées à terme.

La fin des dérogations

La ministre a insisté sur le respect des plans d’aménagement, confirmant la fin des dérogations. Celles-ci ont « provoqué des crises urbanistiques » par le passé. Elle évoque dorénavant un respect scrupuleux des plans d’aménagement.

Le nouveau programme permet à tout petit promoteur immobilier de vendre des logements bénéficiant indirectement de cette aide aux acquéreurs: ce n’était pas le cas avec le précédent lancé en 2010 et qui en 10 ans, a permis de réaliser 650.000 logements. Le nouveau dispositif va augmenter la production de 10% par an par rapport aux 116.000 logements qui étaient produits chaque année. FZ Mansouri a également relevé la baisse récente des mises en chantier (-14%). Elle escompte que le nouveau dispositif va proovoquer une relance.

Décret sur l’aide au logement : pourquoi un nouveau report en Conseil de gouvernement

À la sortie du Conseil de gouvernement, la ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville nous a annoncé que l’examen du contenu du décret 2.23.35 fixant les formes d’aide au logement, et les modalités de leur attribution aux acquéreurs de logements destinés à l’habitation principale, était reporté à la prochaine réunion du Conseil, à savoir le 12 octobre prochain.

Selon Fatima Ezzahra El Mansouri, ce report s’explique par le fait que le sujet du jour du Conseil de gouvernement concernait le versement des aides mensuelles aux sinistrés du séisme.

De plus, la ministre a indiqué qu’une conférence de presse sera organisée pour répondre à toutes les questions relatives aux objectifs de cette aide publique, quelques jours après l’adoption du décret.

Comment Marrakech se prépare à l’arrivée des conférenciers du FMI et de la Banque mondiale après le séisme

Hormis les travaux nécessaires à l’aménagement du site de Bab Ighli, la ville de Marrakech et la plupart de ses grands hôtels ont fait l’objet d’un lifting pour accueillir l’événement planétaire des Assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale, qui se tiendront du 9 au 15 octobre.

« La municipalité a mis à niveau les axes de circulation de la ville »

Sollicitée par Médias24, la maire est revenue sur la nature de la mise à niveau de la ville ocre et la mobilisation des autorités locales et des professionnels, initiée depuis plusieurs mois.

Saluant le maintien de cet événement qui permettra de relancer le tourisme après les annulations de réservations à la suite du séisme du 8 septembre, Fatima Ezzahra El Mansouri avance que la ville a entrepris plusieurs chantiers pour que tout se déroule dans les meilleures conditions.

Pour y parvenir, la municipalité a effectué de nombreux travaux d’envergure, avec une rénovation des axes routiers principaux de la ville qui permettront de fluidifier la circulation. Elle a également procédé à un renforcement de la signalétique pour les 20.000 participants, dont 14.000 étrangers.

« Aucun vestige du séisme n’est apparent »

« Soixante-douze heures après le tremblement de terre, nous avons fait disparaître tous les gravats dans la vieille médina et sommes en train de démolir toutes les maisons menaçant ruine, qui pourraient s’effondrer et constituer un danger pour les riverains », explique la ministre de l’Habitat. Elle précise que tous les monuments historiques endommagés de la ville ocre ont fait l’objet d’un renforcement des structures porteuses et d’une installation d’échafaudages de restauration.

Citant l’excellente organisation de la COP22 sur le même site de Bab Ighli qui avait valu à Marrakech une exposition planétaire positive en 2016, Fatima Ezzahra El Mansouri s’est dit persuadée que la bonne tenue de la réunion du FMI et de la Banque mondiale permettra de surmonter rapidement la mini-crise touristique engendrée par le séisme.

« Le maintien des Assemblées va montrer que Marrakech reste une destination incontournable »

De son côté, le propriétaire de l’hôtel Sirayane nous a confirmé que ses confrères hôteliers avaient rapidement effectué les travaux nécessaires pour accueillir cet événement dans les meilleures conditions.

Précisons tout de même que la quasi-totalité des structures d’hébergement n’ont pas été touchées, car toutes construites en respectant les normes parasismiques.

Mehdi Bennani affirme que le séisme qui a endeuillé tout le Maroc a aussi permis de montrer au monde entier sa résilience et sa capacité à surmonter rapidement la catastrophe. Il souligne le travail fantastique des autorités et de la société civile pour gérer au mieux la situation et maintenir la tenue des Assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale.

« Des participants de haut niveau qui influeront sur les indécis »

« Ce grand raout planétaire qui va faire rayonner le Maroc à l’international tombe à pic, car il prouve à tous ceux qui auraient pu en douter que Marrakech a résisté et qu’elle est toujours une destination mondiale incontournable », estime l’hôtelier. Selon lui, la participation de 14.000 dirigeants financiers de haut niveau aux Assemblées annuelles va non seulement redonner confiance aux marchés émetteurs étrangers, mais aussi constituer une incroyable publicité mondiale, gratuite de surcroît.

L’arrivée programmée de personnalités comme des gouverneurs de banques centrales et des ministres aurait, selon lui, déjà commencé à rassurer les touristes étrangers qui avaient prévu d’annuler leur séjour. Ces derniers ont finalement décidé de le maintenir ou de le reporter.

Prudent, l’hôtelier préfère cependant attendre la fin de l’événement prévu le 15 octobre pour avoir davantage de visibilité et déterminer si le niveau de reprise sera à la hauteur des hautes saisons précédentes. D’ici là, il espère que les nationaux viendront en masse après la campagne de l’ONMT.

Bien plus optimiste, un autre opérateur, membre de la CNT, se dit persuadé que les Assemblées annuelles se passeront mieux que la COP22 en termes d’image et de promotion de la destination, avec une relance accélérée des arrivées qui avaient connu quelques annulations après le séisme.

« Sachant que les autorités ont effectué des contrôles qualitatifs stricts dans tous les hôtels qui accueilleront les 14.000 dirigeants qui viennent travailler, ce chiffre représente autant de personnes qui pourront faire une promotion gratuite pour le Maroc et un vivier d’arrivées familiales », conclut notre source, soulignant que tous les événements prévus dans la ville ocre sont maintenus.

Fatima-Zahra Mansouri : « Les premiers logements sociaux seront financés à partir de 2024 »

« Il n’y a pas de retard particulier sur le dossier des logements sociaux, car après l’adoption de la loi de finances en janvier, il a fallu que l’on se concerte avec les banques avant de mettre en place une plateforme digitale qui permettra de distribuer l’aide directe aux primo-acquéreurs intéressés », a tenu à corriger Fatima-Zahra Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville. Selon elle, le dispositif sera bientôt fonctionnel.

« Le dispositif sera bouclé dans quelques semaines »

Fatima-Zahra Mansouri rappelle d’abord qu’elle nous avait annoncé, en décembre dernier, que sa partie réglementaire serait adoptée à la fin de ce même mois, puis en janvier. Elle s’est ensuite voulue rassurante sur le délai restant : « La sortie du décret en mars ou en mai ne changera pas grand-chose, car tous les projets inscrits à une certaine date pourront bénéficier du dispositif d’aides publiques directes. »

Pour témoigner de l’avancement du processus d’adoption, la ministre révèle également qu’une réunion se tiendra le vendredi 24 mars avec le ministère des Finances pour ficeler les derniers points et, in fine, faire aboutir le processus d’attribution des aides à travers un décret dédié qui entamera un circuit classique d’adoption au secrétariat général du gouvernement puis, enfin, au Conseil du gouvernement.

Sur le délai nécessaire pour fournir un cadre réglementaire au dispositif, Fatima-Zahra Mansouri s’est contentée d’indiquer « quelques semaines au plus », précisant, une fois encore, « qu’il n’y avait pas de retard particulier« .

« L’attribution d’aides directes ne dépendra pas d’une signature avec la FNPI »

« Contrairement au programme précédent qui reposait sur des conventions et des contrats avec des leviers de défiscalisation, conférant un rôle important aux promoteurs immobiliers, celui que nous sommes en train de mettre en place repose plutôt sur une aide directe à la population. Ceci dit, s’il y a un équilibre à trouver entre les promoteurs et les acquéreurs potentiels pour que le programme fonctionne correctement, le nouveau programme est essentiellement fait pour booster la demande », explique la ministre, ajoutant que la faisabilité du dispositif d’aides n’est pas conditionnée à une signature avec la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI).

En d’autres termes moins diplomatiques, son projet de distribution d’aides directes n’aura aucun mal à aboutir malgré les critiques récurrentes des promoteurs immobiliers sur les prix de vente des logements sociaux imposés par son département qui, selon eux, seraient beaucoup trop bas pour qu’ils puissent dégager une marge bénéficiaire.

« Il faudra attendre 2024 pour débloquer les financements nécessaires »

Interrogée sur le montant du budget d’aides publiques inscrit dans la loi de finances 2023, Fatima-Zahra Mansouri affirme qu’aucune enveloppe n’avait été allouée pour l’instant. Par conséquent, les projets immobiliers aux permis d’habiter déposés en 2023 ne seront pas subventionnés avant l’année 2024.

Malgré notre insistance pour connaître le coût des subventions publiques, ou a minima une fourchette de la facture totale, la ministre a catégoriquement refusé de nous communiquer la primeur de cette information, qui sera dévoilée à l’opinion publique et aux acteurs concernés « en temps voulu ».

« Tout ce que je peux garantir, c’est que le décret contenant les modalités d’attribution sortira bien en 2023, et que sa date de sortie n’impactera absolument pas le bon déroulement du programme », s’est-elle contenté d’ajouter, se disant toutefois très optimiste sur un aboutissement rapide.

« Les petits promoteurs immobiliers pourront construire des logements sociaux »

A la dernière question portant sur un éventuel accord avec la Fédération nationale des promoteurs immobiliers – qui continue de remettre en question la rentabilité du programme à des prix intenables en termes de coût de revient d’un logement social à 300.000 dirhams ou moyen standing à 600.000 dirhams –, la ministre révèle avoir récemment tenu plusieurs réunions avec ses représentants et introduit une nouveauté qui devrait les réconcilier, et ainsi mettre fin au « blocage passé ».

« La grande nouveauté, c’est que nous ne serons plus sur des minimums de 500 logements comme par le passé, qui ne permettaient l’accès qu’aux plus gros promoteurs immobiliers. Aujourd’hui, nous passons à une logique d’encouragement des PME dans les petites villes, sachant que la majorité des précédents logements avait été réalisée sur l’axe Rabat-Casablanca », conclut Fatima-Zahra Mansouri. « Il n’y a aucun obstacle insurmontable avec la FNPI », glisse-t-elle.

Lutte contre le blanchiment de capitaux : les agents immobiliers devront rendre des comptes sur les transactions

Après les avocats, notaires et adouls, c’est désormais aux agents immobiliers de se joindre à l’effort de lutte contre le blanchiment de capitaux. Le ministère de l’Habitat a émis un arrêté astreignant ces professionnels à une obligation de vigilance dans un secteur à haut risque.

Qu’est-ce qu’un agent immobilier ? Il s’agit de « toute personne physique ou morale qui fournit, de façon habituelle ou professionnelle, des services pour le compte d’autrui, liés à l’achat ou à la vente d’un immeuble ou à la participation à celui-ci ». Publié au Bulletin officiel du 19 janvier, l’arrêté définit ainsi une profession qui ne bénéficie, pour l’heure, d’aucun cadre juridique précis.

Le texte du ministère de l’Habitat vient en application de la loi 43-05 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux. Cette loi inclut les « agents et intermédiaires » immobiliers dans la liste des professions assujetties à des devoirs spécifiques.

Un dispositif interne anti-blanchiment

Les agents devront adopter un dispositif interne de veille et de contrôle permanents, basé sur la gestion des risques liés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme. Ce système doit couvrir les relations d’affaires, les clients habituels et occasionnels.

La même obligation s’étend aux « bénéficiaires effectifs ». Autrement dit, et entre autres, aux « personnes physiques qui possèdent ou contrôlent en dernier ressort le client ou la personne physique pour le compte duquel les opérations sont effectuées ». Cette disposition sera facilitée par la création annoncée d’un registre national listant ces personnes.

En substance, le dispositif de veille devra s’appuyer sur une évaluation continue et actualisée des risques internes. Les clients devront être acceptés en tenant compte de ces risques, ce qui induit des mesures pour leur identification, ainsi que toutes les parties impliquées dans les transactions. Lesquelles doivent faire l’objet d’un suivi minutieux. Tout soupçon doit être déclaré à l’Autorité nationale du renseignement financier.

Avant d’entrer en relation d’affaires ou de conclure une transaction, même si celle-ci est occasionnelle avec un client potentiel, l’agent immobilier devra préparer une fiche d’information au nom de ce client sur la base des données contenues sur les pièces d’identité délivrées par une autorité marocaine qualifiée ou un organe étranger reconnu.

Ces documents doivent être valides et porter la photo du client. L’arrêté fixe la liste de ces données consignées dans la fiche, selon que le client soit une personne physique ou morale.

Les clients à risque

La prudence est particulièrement de mise pour les clients jugés à « risque élevé ». Il s’agit, notamment, des personnes jugées comme tel par l’agent lui-même, qui s’appuiera sur les données incluses dans leurs formulaires et les fiches d’information. Mais aussi, plus généralement, les étrangers non résidents, les associations à haut risque ainsi que les ressortissants et sociétés de pays sur lesquels le GAFI recommande une « vigilance renforcée ».

Dans ces cas, l’agent immobilier doit recueillir des informations supplémentaires sur le client, sur les raisons des opérations réalisées ou envisagées, mais aussi sur la source de l’argent ou des biens de l’intéressé. S’il s’agit d’une agence personne morale, l’accord de l’organe sera obligatoire avant d’entamer toute relation d’affaires.

Les opérations douteuses

L’agent immobilier sera tenu de fixer, pour chaque catégorie de clients, des seuils concernant les opérations qui sont réalisées, de sorte que les dépasser conduit à considérer les opérations comme inhabituelles.

L’agent immobilier devra ainsi s’assurer que les opérations réalisées par ses clients sont « parfaitement cohérentes » avec sa connaissance de ses clients, de leurs activités, de la nature des risques qu’ils représentent et de l’origine de leurs fonds.

Les opérations qui doivent faire alerter un agent immobilier sont celles qui ne « semblent pas avoir un objectif légitime apparent » ; celles impliquant des « frais totalement différents des opérations habituelles du client » ; celles qui se déroulent « dans des circonstances d’une complexité inhabituelle ».

Toute opération jugée « inhabituelle », « complexe » ou « suspecte » doit être signalée au ministère de l’Habitat. Si cette démarche est de nature à « éveiller l’attention du client », l’agent peut s’y soustraire, tout en déposant une déclaration de soupçon auprès de l’ANRF.

L’agent immobilier devra fournir annuellement au ministère de l’Habitat, et au plus tard trois mois après la clôture de l’exercice comptable, un rapport sur le dispositif de vigilance et de contrôle interne ainsi que sur les activités de contrôle réalisées.

En cas de manquement à son devoir de vigilance, l’agent engage sa responsabilité

L’arrêté parle bien d’obligations. Une notion qui implique des sanctions en cas de manquements. L’agent peut ainsi encourir une sanction pécuniaire pouvant atteindre 1 million de dirhams. Sans préjudice de sanctions pénales plus graves.

La sanction pécuniaire est, le cas échéant, prononcée par le ministère de l’Habitat. Ce département assure les missions de supervision et de contrôle sur ces trois professions. Ces décisions sont susceptibles de recours devant le tribunal administratif.

Près de 20.000 bâtiments menaçant ruine recensés dans trois régions

Ce programme concerne les villes de Casablanca, Rabat-Salé, Essaouira, Tétouan, Marrakech et Fès, a indiqué, le lundi 16 janvier, la ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville, Fatima Zahra Mansouri, à la Chambre des représentants.

Près de 6.000 bâtiments ont été recensés dans la région de Rabat-Salé, 10.000 à Tanger-Tétouan-Al Hoceima et 4.000 à Casablanca, a-t-elle relevé. Cette classification sera élargie aux autres villes la semaine prochaine. Elle permettra de mettre en place une base de données et un observatoire de vigilance, de suivi et d’évaluation de ce programme.

Grâce à l’Agence nationale pour la rénovation urbaine et la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine (ANRUR), le ministère dispose d’une vision claire pour traiter le phénomène, a ajouté la même source.

Depuis 2012, 78 accords ont été signés concernant plus de 41.000 bâtiments et abritant 76.000 familles, a souligné la ministre dans une autre réponse sur le « bilan du programme de réhabilitation des bâtiments menaçant ruine ».

La situation de 16.000 bâtiments, soit 40%, a été réglée jusqu’à présent, et les conditions de vie de 40.000 familles, soit 52%, ont été améliorées. Le montant total investi par l’État s’élève à 7 milliards de dirhams (MMDH), dont une contribution du ministère de 2,2 MMDH.

La ministre a toutefois reconnu un ralentissement dans la mise en œuvre du programme, compte tenu de l’existence d’un ensemble de contraintes, telles que l’absence de données, le manque d’expérience et les revenus limités des bénéficiaires, exprimant son espoir que la vision 2022-2026 produise des résultats positifs à cet égard.

Aide au logement : Fatima-Zahra Mansouri fait le point sur les discussions avec la FNPI

Si les prix des logements subventionnés pour les primo-acquéreurs ont été fixés à 300.000 et 600.000 dirhams, la seule inconnue concerne le montant des aides publiques directes qui leur seront allouées en lieu et place de l’ancien système, lequel accordait des dégrèvements fiscaux aux promoteurs chargés de construire ces appartements, réservés aux ménages à revenus modestes ou à la classe moyenne.

« Un changement de paradigme prévu pour janvier prochain »

Sur l’absence d’accord définitif entériné, Fatima-Zahra Mansouri nous explique que « ce qui perturbe les acteurs de l’écosystème immobilier, c’est que nous allons complètement changer de paradigme. Nous ne serons plus dans l’ancienne logique de convention promoteurs-Etat, mais plutôt dans un système où nous allons allouer un certain montant à un citoyen pour l’aider à accéder à la propriété ».

Malgré notre forte insistance pour connaître le montant, ou au moins une fourchette, de la subvention qui sera débloquée par le ministère des Finances aux primo-acquéreurs, la ministre se dit incapable de nous donner cette information. Car faute de consensus général des acteurs de l’écosystème, qui réclament du temps pour se mettre d’accord, cette annonce pourrait se révéler fausse. La ministre préfère donc ne pas s’avancer.

Le décret contenant le montant et les modalités d’attribution devait à l’origine être publié en décembre. Maintenant, Fatima-Zahra Mansouri nous assure que ce dossier sera définitivement tranché courant janvier 2023.

« Il est inimaginable de faire perdre de l’argent aux promoteurs alors que l’Etat a besoin d’eux »

S’il est vrai que les négociations devaient aboutir courant décembre, avant l’adoption du projet de loi de finances 2023, Fatima-Zahra Mansouri a tenu à souligner que le retard ne devait pas être interprété comme un conflit entre les promoteurs et le ministère, qui assume son rôle de positionnement auprès des citoyens.

Les discussions sont toujours ouvertes avec l’ensemble des acteurs de l’écosystème immobilier, mais la priorité du gouvernement est d’abord l’intérêt des Marocains, assure-t-elle.

« N’ayant pas encore eu accès au décret qui fixera tous les détails relatifs à la nouvelle approche retenue par l’Etat, les promoteurs sont inquiets. Cependant, la première étape consistera à trouver un consensus entre les membres du gouvernement, avant d’être en mesure de rapprocher nos points de vue et de trouver un terrain d’entente avec ces partenaires, qui sont essentiels », révèle la ministre. Elle juge d’ailleurs « inimaginable de faire perdre de l’argent aux promoteurs alors que sans eux, le projet des logements sociaux ou moyens ne pourra jamais se réaliser ».

« Tous les primo-acquéreurs, sans condition de revenus, pourront bénéficier de l’aide publique »

Autre question : un plafond de revenu des ménages qui acquièrent un premier logement fera-t-il partie des modalités d’attribution de cette aide publique ? Fatima-Zahra Mansouri affirme que la seule condition pour y avoir droit sera de ne pas posséder un bien immobilier et de n’avoir jamais reçu une aide pour acquérir un appartement qui aurait été revendu entretemps.

« Le gouvernement a un positionnement de produit et pas de revenus », rappelle la ministre, qui assure que « n’importe quel citoyen marocain issu d’une catégorie socio-professionnelle aisée ou pas, pourra par conséquent acheter un logement social ou moyen et recevoir dans le même temps une subvention de l’Etat ».

Logements subventionnés : le point avec la FNPI sur le blocage des discussions avec l’État

Le gouvernement, en concertation avec les promoteurs immobiliers, travaille sur un nouveau mécanisme d’aide au logement. Un mécanisme qui adresse l’aide directement aux acquéreurs, au lieu de l’ancien système qui accordait des avantages aux promoteurs.

Si le principe est acté et validé par tous, les modalités de l’aide font l’objet de divergences, notamment en ce qui concerne la valeur des biens, comme nous le rapportions précédemment. Le projet de loi de finances devait justement entériner cette aide.

Deux niveaux d’aide

Deux niveaux d’aide ont été définis. En premier lieu, pour les ménages à revenus modestes. Ces derniers pourront acquérir un appartement social dont le prix sera plafonné à 300.000 dirhams TTC. En second lieu, pour les familles de la classe moyenne. Celles-ci pourront acquérir un logement qui sera vendu à 600.000 dirhams au maximum.

Selon le ministre délégué, il faudra cependant attendre quelques jours pour connaître “les détails concernant le montant de l’aide, ses conditions et les modalités pour en bénéficier, qui seront déterminés dans un décret sur lequel se penche le ministère de l’Économie et des finances”.

Selon Mustapha Allali, vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI), la confirmation ministérielle d’un prix TTC de 300.000 dirhams pour les logements sociaux ne permettra pas à la FNPI de dégager le moindre bénéfice, en raison du cahier des charges coûteux imposé par l’État.

“Le blocage persiste toujours”

“300.000 dirhams, c’est presque le même prix de vente que celui de l’ancien programme, qui était de 290.000 dirhams TTC, à la différence que l’Etat nous remboursait les 40.000 dirhams de TVA et que nous pouvions dégager une petite marge de bénéfices”, rappelle Mustapha Allali. Or cela ne sera plus possible si les promoteurs doivent s’acquitter en sus des taxes (TVA, enregistrement, conservation foncière…), estime-t-il.

Sur la base de la forte inflation qui a impacté tous les intrants (fer, ciment…) nécessaires à la construction de ces logements, Mustapha Allali avance qu’à moins de construire à perte, il est impossible de conserver le même prix de vente, qui devrait être d’au moins 360.000 DH, selon la FNPI.

“Partant du fait que Ssi Lekjaâ a confirmé le prix de 300.000 dirhams et que nous n’avons eu aucun retour, le blocage persiste toujours”, résume Mustapha Allali. Il affirme ne voir “aucune rentabilité” dans ce programme, sauf pour les promoteurs ayant acquis une réserve foncière importante lorsque les prix étaient plus bas.

“Le même problème risque de se poser pour les logements à 600.000 DH”

Selon notre source, le même problème risque de se poser si le cahier des charges des logements à 600.000 dirhams, réservés aux classes moyennes, est trop contraignant en termes de coûts de construction (matériaux imposés, superficie minimale ou maximale, énergie renouvelable…).

D’après le promoteur, pour éviter un éventuel blocage du même type, à savoir un manque de rentabilité pour les promoteurs concernés, la FNPI propose que ces logements aient un prix de vente au mètre carré sans plafond ni plancher du métrage.

“Plutôt que de nous imposer de construire des appartements d’une superficie de 50 ou 60 mètres carrés, les promoteurs seront libres de choisir de construire des logements de 35 ou 40 mètres carrés, dont le prix de départ pourra être de 210.000 ou 220.000 dirhams. Cela permettra aux jeunes couples qui ne peuvent pas se permettre d’acheter un F3 de commencer par un studio de 35 mètres carrés, puis de le revendre plus tard pour un F2, voire un F3”, avance Mustapha Allali. Dans ce sens, il demande aux ministères concernés de “fournir un effort, soit financier soit au niveau de l’urbanisme, avec par exemple l’ajout d’un étage dans une zone R+4 pour diminuer la charge foncière”.

Le montant des subventions sera au moins égal à 14% du prix de vente TTC

Concernant le montant et les modalités d’attribution des aides publiques (chèque de l’État, dégrèvement…), qui seront révélés dans quelques jours selon Fouzi Lekjaâ, le vice-président de la FNPI assure ne pas en connaître les détails. Il tient cependant à rappeler que le format d’aides directes est une ancienne proposition de la FNPI.

Face à notre insistance, Mustapha Allali indique que le montant des subventions devrait être au moins supérieur aux 40.000 dirhams qui étaient auparavant remboursés aux promoteurs de l’ancien programme de logements sociaux à 290.000 dirhams, soit un minimum de 14% du prix de vente TTC.

À l’instar du vice-président, qui conclut son propos en espérant que les négociations finiront par aboutir avant l’adoption du PLF 2023, la ministre de l’Aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, Fatima Zahra Mansouri, nous a confirmé qu’elles étaient toujours en cours et qu’un accord serait bientôt trouvé.

En attendant de connaître les détails de l’attribution des subventions publiques, nous publions ci-après l’article 8 du PLF qui liste les conditions provisoires d’obtention de ce soutien au logement.

Conditions provisoires d’obtention de l’aide de l’État pour le soutien au logement

“Il est institué une aide de l’État pour le soutien au logement au profit des acquéreurs de logements destinés à l’habitation principale. Les formes et les modalités d’octroi de ladite aide seront fixées par voie réglementaire.”

“Les acquéreurs desdits logements bénéficient de l’aide de l’État pour le soutien au logement dans les conditions suivantes :

1– l’acquéreur doit être de nationalité marocaine, n’ayant bénéficié d’aucun avantage accordé par l’État en matière de logement et ne pas être propriétaire, à la date de l’acquisition, d’un bien immobilier destiné au logement ;

2– le compromis de vente et le contrat de vente définitif doivent être passés par-devant notaire ;

3– le contrat de vente définitif doit indiquer l’engagement de l’acquéreur à :

– affecter le logement à son habitation principale pendant une durée de quatre (4) années à compter de la date de conclusion du contrat d’acquisition définitif ;

– consentir au profit de l’État une hypothèque de premier ou deuxième rang en garantie de la restitution de l’aide accordée, en cas de manquement à l’engagement précité.”

“La mainlevée de l’hypothèque ne peut être délivrée qu’après production par l’intéressé des documents justifiant que le logement acquis a été affecté à son habitation principale pendant une durée de quatre (4) années. Ces documents sont :

– une demande de mainlevée ;

– une copie du contrat de vente ;

– une copie de la carte nationale d’identité électronique comportant l’adresse du logement objet de l’hypothèque ou un certificat administratif indiquant la durée d’habitation effective ;

– des copies des quittances de paiement de la taxe de services communaux.”

Logement social: les négociations aboutiront avant l’adoption du PLF 2023 (FZ Mansouri)

« Les négociations  entre le ministère de l’Habitat et la FNPI ne sont pas dans l’impasse. Nous avons été d’accord sur tous les grands principes et nos interlocuteurs sont conscients du fait que l’Etat est prêt à faire un effort de mobilisation pour soutenir les citoyens via une aide directe acceptable », explique la ministre en ajoutant que le montant du logement social est toujours en cours de négociation.

Des partenaires tombés d’accord sur 80% des termes du programme

Selon elle, la seule certitude actuelle est que les grands contours du programme sont un accès des classes moyennes au logement avec une tranche de prix qui n’existait pas avant et où une aide directe sera dégressive en fonction de la catégorie sociale avec plus d’aides aux plus vulnérables.

Sachant que « la FNPI est un partenaire de premier ordre », le ministère et les promoteurs immobiliers sont par conséquent condamnés à s’entendre, selon la ministre, sur les termes du programme de logements sociaux avant la fin du mois courant.

« S’il est vrai que lors de notre dernière réunion avec la fédération, l’ensemble des intervenants ont fait part de leur volonté défiscaliser ce programme, nous nous sommes quittés en tombant d’accord sur plus de 80% des termes du programme ».

Pas de défiscalisation pour les promoteurs mais un montant d’aide publique qui reste à définir

Tout en s’étonnant que certains puissent parler d’échec du dialogue alors que les promoteurs sont essentiels pour mener à terme le programme de logements sociaux, Mansouri affirme être fermée à une éventuelle défiscalisation des programmes immobiliers qui feront l’objet d’une aide publique.

« Nous ne connaissons pas encore les montants de l’aide publique qui sera débloquée pour rendre abordables les logements sociaux car tout l’intérêt du dialogue actuel est de jauger les attentes des uns et des autres pour pouvoir faire une proposition acceptable par tous », précise la ministre.

Des négociations qui aboutiront avant l’adoption de la loi de Finances 2023

Si certains évoquent d’ores et déjà une enveloppe publique de 4 MMDH destinée aux acquéreurs, notre interlocutrice affirme que le montant du système d’aides directes ne sera connu qu’après la fin des discussions avec les promoteurs.

Sur le temps nécessaire pour faire aboutir les négociations sur le prix de vente qui sera fixé et sur les sommes des aides à verser, Mansouri préfère d’abord temporiser avant de donner comme ultime date d’adoption, celle de la loi de Finances 2023.

https://medias24.com/2022/09/22/logement-social-pas-encore-dentente-avec-les-operateurs/

Fatima-Zahra Mansouri : “La question d’un remaniement n’a jamais été abordée avec le PAM”

Médias24 : Une question estivale pour commencer. Avec vos deux casquettes de ministre et de maire, avez-vous eu le temps de prendre des vacances ?

Fatima-Zahra Mansouri : J’ai en effet pris quelques jours de repos avec mes enfants, car les vacances sont souvent le meilleur moyen de réfléchir à l’année à venir.

Mais en réalité, un ministre n’est jamais vraiment en vacances, car le propre de la responsabilité est d’être toujours disponible et joignable en cas d’urgence gouvernementale.

– Un an après les élections, avez-vous trouvé votre place dans la majorité, sachant que votre parti n’avait aucune expérience gouvernementale préalable ?

– Il nous a surtout fallu trouver notre place dans ce nouveau monde qui est en train de se mettre en place et qui nous a tous surpris, après avoir enchaîné des crises comme celle du Covid que l’on pensait derrière nous et qui a refait des siennes.

Ensuite est venue la guerre entre l’Ukraine et la Russie qui a complètement déstabilisé l’ensemble des indicateurs économiques et des chaînes de distribution de la planète.

L’exercice le plus difficile a donc été de trouver sa place face à cette nouvelle donne, avec un programme gouvernemental qui soit porteur d’ambitions pour s’y adapter.

Sachant qu’une année n’est pas suffisante pour juger si nos engagements auprès des Marocains ont été tenus, on peut cependant dire qu’un an après les élections, la participation du PAM au gouvernement donne des résultats plus que satisfaisants.

– En tant que numéro 2 du PAM, comment évaluez-vous les rapports au cours de la première année de votre alliance avec le RNI et PI ?

– Plutôt bons car il n’y a jamais eu de véritable divergence ou d’absence de convergence dans la politique que nous voulions mener. En effet, dès le départ, nous avons été très clairs en conditionnant notre participation à l’exécution du contenu d’une feuille de route commune.

Si le débat entre partis a pu apparaître sur certaines questions, le chef du gouvernement et le parti de l’Istiqlal restent à l’écoute lors des réunions ponctuelles de la majorité.

– Pas de clash en une année entière ?

– Absolument aucun, si ce n’est des discussions pour répondre aux attentes des Marocains.

Le PAM apporte de la fraîcheur, de la jeunesse et de la parité, avec une forte présence de femmes du PAM à la tête de départements ministériels importants qui étaient auparavant dédiés aux hommes

– Concrètement, qu’apporte le PAM à ce gouvernement ?

– De la fraîcheur, de la jeunesse et de la parité, avec une forte présence de femmes du PAM à la tête de départements ministériels importants qui étaient auparavant dédiés aux hommes. C’est important, car c’était l’un des engagements majeurs de notre parti.

De plus, je pense que l’absence d’expérience gouvernementale et l’accumulation d’expérience dans l’opposition peuvent parfois donner un autre angle d’attaque et faciliter l’exécution d’un programme.

Que ce soient Mehdi Bensaïd, Ghita Mezzour, Leila Benali, Younes Sekkouri, Abdellatif Ouahbi, Abdellatif Miraoui ou moi-même, nous sommes tous porteurs de vrais projets au sein de nos ministères.

– Un petit bilan général de la coalition RNI-PAM-PI…

– Ce dont nous sommes le plus fiers est d’avoir réussi à maintenir l’équilibre des finances publiques de notre pays, dans une année extrêmement difficile où tout est parti dans tous les sens avec des prix qui ont explosé.

Malgré cela, les finances publiques du Maroc se portent bien, et c’est un acquis majeur dont la coalition actuelle peut se féliciter d’autant plus que ce n’est pas le cas partout ailleurs.

Hormis ce challenge, on a pu compenser sur les produits de première nécessité et répondre aux attentes des citoyens par exemple sur le prix des livres pour cette rentrée scolaire.

Cette coalition, qui a répondu à la crise par une présence forte, est également porteuse d’un grand chantier royal qui est celui de la généralisation à venir de la protection sociale.

C’est en effet une véritable révolution qui se prépare avec les Ramedistes qui vont entrer en masse dans ce programme en 2023, avec pas moins de 11 millions d’adhérents ; et le fait de la mettre en œuvre aussi rapidement est un succès en soi.

La reprise du dialogue social a permis de repenser les montants du SMIG et du SMAG, mettre en place un congé paternité, revaloriser les salaires de nos médecins qui ont beaucoup souffert durant la crise, revoir le statut de nos ingénieurs qui font le Maroc de demain…

Sans oublier bien évidemment les programmes ambitieux Awrach et Forsa, la Charte de l’investissement qui était bloquée depuis des années et, enfin, le dialogue lancé par mon département autour de l’urbanisme et de l’habitat qui va relancer le secteur.

Ce dialogue social est une grande avancée politique qui est le fruit de la coalition de nos trois partis.

– Quid de vos réalisations personnelles en tant que ministre ?

– En un an, nous avons réussi à déclencher des dynamiques importantes dans le secteur de l’urbanisme, comme la mise en place de plans d’aménagement dans des grandes villes qui étaient inexistants depuis plus de vingt-cinq ans pour certaines, voire trente.

Nous sommes arrivés à réaliser 90% de nos objectifs, avec des plans d’aménagement de nouvelle génération qui permettent plus de souplesse pour mieux penser les territoires ; sans compter une circulaire qui a permis de repêcher plusieurs dossiers d’investissements qui avaient été rejetés.

Une campagne de proximité dans le monde rural va également permettre d’alléger les procédures pour inciter les gens à construire dans les règles de l’art et dans la sécurité.

Entre l’action pour des “Villes sans bidonvilles” qui se poursuit, et les 2 milliards de dirhams engagés sur la politique de la ville dans 200 communes, la dynamique est déclenchée.

On peut donc considérer que le bilan est assez conséquent, même si nous ne faisons que commencer notre mandat avec un livre blanc à venir qui servira de feuille de route dans le futur.

– Est-il vrai que vous allez consacrer 4 MMDH d’aides directes aux acquéreurs dans le cadre du programme des logements sociaux ?

– Sachant que nous sommes en plein dialogue, je ne connais pas encore le montant attribué, mais avec l’appui du chef du gouvernement et de la ministre des Finances, le budget des fonds nécessaires pour rebooster le secteur de l’habitat sera connu en octobre prochain.

– Le président du RNI répète souvent que le climat au sein de la majorité est bon ; quelle est votre perception ?

– En ma qualité de Pamiste, je considère que la feuille de route sur laquelle nous nous sommes mis d’accord est en train d’être mise en œuvre et que le chef du gouvernement répond présent à chacune de nos sollicitations.

Au risque de me répéter, l’ambiance est donc très bonne au sein de la majorité.

– Que pensez-vous du manque de communication du chef du gouvernement ?

– Je pars du principe que quand le chef du gouvernement s’est exprimé huit fois en l’espace de deux sessions parlementaires et qu’il a fait une sortie médiatique importante d’une heure, sans compter sa communication sur les réseaux sociaux, il n’y a pas de déficit de communication.

Si auparavant il y avait beaucoup de parlote, notre gouvernement fonctionne différemment. Le chef du gouvernement a son propre style, et le plus important est d’être efficace et au service des Marocains.

– Que faut-il penser des rumeurs qui donnent le PAM sortant de la coalition ?

– Je dois d’abord préciser que ni le secrétaire général ni la présidente du Conseil national ne décident de l’entrée ou de la sortie de notre parti du gouvernement.

C’est le parlement du parti que j’ai le privilège de présider qui décide de ces orientations et, pour répondre à votre question, cette question n’a jamais été à l’ordre du jour ni au sein du PAM ni avec le chef du gouvernement.

– Est-il question d’un remaniement à venir de certains ministres du PAM ?

– Le chef du gouvernement est le seul à pouvoir proposer à Sa Majesté un éventuel remaniement, mais cette question n’a jamais été abordée auprès des chefs des partis.

Le cas échéant, nous discuterions en interne et prendrions les décisions qui s’imposent.

– Qu’en est-il de l’information de Jeune Afrique donnant partants MM. Ouahbi et Miraoui ?

– Porteur de plusieurs chantiers très importants, comme le Code de procédure pénale et la Moudawana qui va certainement être discutée après le dernier discours royal, le changement de M. Ouahbi à la tête du ministère de la Justice n’est pas d’actualité.

Idem pour M. Miraoui qui a la lourde charge de réformer le ministère de l’Enseignement supérieur, et qui fait du mieux qu’il peut.

– Par conséquent, vous démentez complètement l’information de Jeune Afrique ?

– A ce jour, le chef du gouvernement n’a pas abordé avec nous la question d’un éventuel remaniement ni d’un PAM sortant.

– On dit aussi que Ouahbi sera tôt ou tard remplacé à la tête du parti par Fatima-Zahra Mansouri…

– Vous m’avez posé cette question à plusieurs reprises par le passé, mais pour l’instant ma seule ambition est de servir mon pays au poste où je suis.

Nous sommes à un peu plus d’une année du congrès du PAM, où les instances se réuniront pour renouvellement. Nous verrons si M. Ouahbi a la volonté de se représenter ou de partir et, au final, ce sont les militants qui auront le dernier mot.

A l’image du dernier congrès où il y avait eu cinq candidats au poste du secrétariat général, le débat sera mené en interne, mais aujourd’hui, je ne me pose pas ce genre de question et me cantonne à mon rôle actuel de ministre et de maire de Marrakech.

La digitalisation permet d’atténuer la corruption.

– Quelles sont les trois ou quatre actions que vous tenez absolument à exécuter à terme pour tenir vos promesses électorales ?

– Il est difficile de répondre à votre question, car le PAM représente pas moins de sept secteurs différents ; mais en tant que gouvernement, c’est la santé et l’éducation nationale qui sont prioritaires, suivies de la problématique de l’eau et la facilitation des investissements.

Egalement la formation professionnelle des jeunes et la numérisation du pays, car nous sommes arrivés à la conclusion que la digitalisation permet d’atténuer la corruption.

– Ne pensez-vous pas pécher par excès d’optimisme, sachant que certains experts pensent qu’il faudra au moins vingt ans pour améliorer le système de santé au Maroc ?

– Malgré les difficultés et eu égard à la conjoncture actuelle, nous avons intérêt à être optimistes, sans quoi il n’y a pas lieu d’assumer nos responsabilités ministérielles.

Si l’optimisme s’impose à nous, nous sommes réalistes. Car notre objectif au bout de cinq ans de mandat n’est pas de changer totalement le système actuel, mais de le réformer dans la bonne direction, avec des chantiers qui devront être menés à court, moyen et long terme.

Les chantiers de la santé et de l’éducation sont extrêmement importants pour notre pays, car si demain nous avons une école de qualité, nous aurons automatiquement des médecins qui prodigueront des soins de meilleure qualité.

Bien que ces chantiers prendront du temps pour être menés à bon port, l’essentiel pour notre coalition est de tracer un cap et de s’y tenir.

Je ne dis pas que l’école ou que nos hôpitaux seront complètement réformés d’ici cinq ans, mais si nous arrivons à lancer une dynamique vertueuse, notre contribution sera déjà énorme.

L’ancienne coalition (avec le PJD) était un mariage forcé et que l’actuelle est une union consentante.

– Quelle différence entre la coalition actuelle et celle menée par le PJD, à part des rangs plus serrés ?

– Sachant qu’à l’époque nous étions dans l’opposition, je peux simplement dire que l’ancienne coalition était un mariage forcé et que l’actuelle est une union consentante.

– Selon vous, quelle est la perception populaire de l’année du PAM au pouvoir ?

– La relation entre les gestionnaires de la chose publique et la population est une relation où les attentes sont très importantes et où les résultats ont besoin de temps.

Nous sommes parfaitement conscients de la frustration de la population qui survient dans le cadre d’une crise qui a impacté le pouvoir d’achat, même si nous avons pris des mesures majeures pour atténuer ses effets.

Partant de là, je pense que notre gouvernement, qui a un mandat de cinq ans grâce à la voix du peuple, ne pourra être comptable de son action ou inaction qu’au terme de son mandat ; car avant cela, il est difficile d’apporter des résultats probants.

Pour redresser la barre, il va donc falloir laisser du temps aux ministres du PAM qui font de leur mieux pour être à la hauteur de la confiance que leurs électeurs ont placée en eux.

Au sein de la coalition et vu l’ampleur des problèmes quotidiens à surmonter, l’idéologie n’est pas vraiment d’actualité

– De qui, du RNI ou du PI, vous sentez-vous le plus proche en termes de projet de société ?

– Etant confrontés à des problèmes du quotidien des Marocains comme le stress hydrique…, l’idéologie n’est pas vraiment d’actualité, et notre priorité est plutôt de régler ces problèmes.

– Quel est l’avenir du trio RNI-PI-PAM  à court et à moyen terme ?

– Sachant que, pour l’instant, le trio travaille en parfaite intelligence aussi bien au niveau national qu’au niveau régional, il n’y a aucune raison de briser une alliance qui fonctionne bien.

– Et pour 2026, ce sera chacun pour soi ?

– Lors de la prochaine élection électorale, chacun de nous sera porteur d’un projet. Et, bien sûr, ce sera le moment de faire valoir d’abord le bilan collectif, puis celui de chaque parti, pour que nos concitoyens puisent choisir celui qui mérite de mener le futur gouvernement.

– En d’autres termes, vous imaginez le même tiercé gagnant, dans un autre ordre ?

– Rien n’est impossible, sachant que nous avons appris à travailler ensemble…