Immersion spirituelle dans la médina de Fès, avec Sidi Brahim Tijani, arrière-petit-fils du fondateur de la tariqa Tijania

Sidi Brahim Tijani nous donne rendez-vous à Bab Boujloud, une des portes emblématiques de la médina de Fès. Très sobre, il porte un jean et un tee-shirt simple. Il fait un signe de la main en souriant : “Mrehba à Fès”. Puis d’ajouter, avec malice : “Etes-vous prêtes ? Nous allons beaucoup marcher”. Il fait très chaud, plus de 40 degrés, mais dès que nous embarquons dans la médina, la chaleur s’atténue, comme par magie.

À chaque coin de rue, des gens s’arrêtent pour saluer Sidi Brahim Tijani, avec déférence. Le soufi prend le temps de parler à chacun, d’adresser un mot gentil. Puis, il se tourne vers moi et commence à raconter, d’une voix posée, envoûtante : “La médina de Fès se constitue d’à peu près 363 quartiers et 363 mosquées. Dans chaque quartier, il y a toujours 5 choses essentielles : une mosquée, un hammam, une école coranique, une fontaine pour se désaltérer et faire ses ablutions et le four pour le pain”, explique-t-il.

La médina est construite de telle manière que les bâtiments s’enchevêtrent, pas d’espace, les constructions sont liées les unes aux autres. “On dirait un corps solidaire, entier, comme une seule maison avec des ruelles”, précise le Tijani.

Souk Attarine à Fès
Dans chaque quartier, il y a toujours 5 choses essentielles : une mosquée, un hammam, une école coranique, une fontaine pour se désaltérer et faire ses ablutions et le four pour le pain. Ph : Zainab Aboulfaraj

Médina de Fès = Cœur de Soufi

En se baladant dans les ruelles de la médina, les portes des riads sont discrètes, rien ne peut donner une idée de ce qui se cache réellement à l’intérieur. “L’extérieur de ces maisons peut être très modeste, tandis que l’intérieur peut être extraordinaire, ce n’est qu’un reflet du cœur du soufi. De l’extérieur, il est modeste, mais l’intérieur est sublime. Pour résumer, c’est la simplicité en public et la beauté dans l’intimité, c’est celà Fès”, précise notre guide.

RUelle fès médina
Des ruelles surprenantes en plein coeur de la médina.

Soudain, Sidi Brahim Tijani s’arrête de parler. Il est concentré avec un monsieur qui nous dépasse et qui donne des coups de fouet à son âne. Il interrompt notre conversation et en un éclair, se dirige vers lui, lui glisse un billet dans les mains, et lui dit gentiment : “Arrête de frapper cet animal. Tu lui fais du mal”. Il s’excuse auprès de nous, en expliquant qu’il ne peut voir quelqu’un faire du mal à un animal.

Vers Dar Lmraya, Fès
Vers Dar Lmraya, demeure de Sidi Ahmed Tijani. Ph : Zainab Aboulfaraj

Quelques minutes plus tard, nous bifurquons dans une petite ruelle. Nous voilà devant Dar Lmraya, lieu de résidence de Sidi Ahmed Tijani, quand il est venu d’Algérie. Le Tijani nous explique qu’au 18ème siècle, le sultan Moulay Soulaimane El Alaoui lui avait donné cette maison pour y habiter et pour y construire la grande zaouia Tijania.

Dar Lmraya
Dar Lmraya, lieu de résidence de Sidi Ahmed Tijani, quand il est venu d’Algérie. Ph : DR

Une médina construite autour des migrations

Nous nous engouffrons dans les ruelles de la médina, tandis que Sidi Brahim Tijani nous explique que la capitale spirituelle s’est construite autour de migrations. “Le fondateur du royaume du Maroc, le sultan Moulay Idriss venait du Moyen-Orient. Les Chorfas (descendants du prophète) ont suivi. Les juifs qui sont devenus musulmans, les Andalous, les familles de Sicile ont également ont élu domicile à Fès”, explique notre interlocuteur.

“Le Maroc, c’est une identité plurielle, liée à notre terre. D’ailleurs Sidi Ahmed Tijani fait partie de ceux qui sont venus d’ailleurs, pour s’installer à Fès. Et il a pu rassembler le monde ici”, explique-t-il.

Et d’ajouter : “La Médina de Fès fait rayonner ce mixage dans le pays. C’est une ville qui est construite par des migrations et qui donne une identité. Cette identité, est symbole du Maroc et de la ville de Fès.”

Sidi Brahim Tijani
Sidi Brahim TIjani, arrière-petit-fils de Sidi Ahmed Tijani, fondateur de la tariqa tijania. Ph : DR

Depuis Fès, la Tariqa Tijania a su s’implanter dans la ville, puis dans le monde, surtout en Afrique de l’Ouest. Il y a quelques mois, le ministre des Habous et des Affaires islamiques, avait déclaré que “la Tariqa Tijania joue un rôle clé dans le renforcement des relations religieuses et spirituelles entre le Maroc et plusieurs pays africains, notamment le Sénégal. Cette tariqa, d’origine marocaine, compte des milliers d’adeptes à travers le reste du continent africain. Beaucoup d’adeptes choisissent de faire une visite spirituelle à Fès, avant de continuer leur route vers la Mecque pour le grand pèlerinage.

Dar Lmraya
Dar Lmraya, où est placardée cette plaque commémore Sidi Ahmed Tijani. Ph : Zainab Aboulfaraj

Zaouïa Tijania

Nous entrons dans une ruelle animée. Les vendeurs vendent des chapelets, des Corans.  L’odeur du boukhour embaume l’air. Les personnes qui se baladent sont de multiples nationalités, surtout des visiteurs d’Afrique subsaharienne, habillés de longs vêtements amples. L’atmosphère est teinté de spiritualité. Certains vendeurs égrennent des chapelets en psalmodiant en silence. Seules leurs lèvres bougent. Nous sommes face à la Zaouia Tijania. À l’intérieur, tout est tapissé de vert. “La couleur de l’islam”, nous confie Sidi Brahim Tijani.
Mais quelle est la différence entre une Zaouïa et un Jamae جامع (Grande mosquée) ? La mosquée مسجد est un lieu des 5 prières seulement, tandis que la grande mosquée جامع , est un lieu où nous pouvons prier le vendredi.

Porte principale de la zaouia tijania à Fès
La porte d’entrée principale de la zaouïa tijania à Fès. Ph : Zainab Aboulfaraj

D’après Sidi Brahim Tijani : “La Zaouia, c’est un lieu où des affiliés d’une confrérie soufie se rencontrent pour faire les cinq prières, et pour accomplir le rituel qui est lié à cette confrérie. En même temps, c’est un lieu qui regorge de liens.”

Dans l’histoire, les Zaouïas ont eu leur poids, surtout quand Fès était la capitale du royaume. “Ces lieux étaient des lieux de rencontre, très incarnés dans la société et liés à des voies religieuses, spirituelles”, explique le Soufi. En plus de devenir une sorte de famille spirituelle. “A l’époque, chaque famille était liée à une Zaouïa. Juste avec le nom de famille, nous pouvions deviner à laquelle il appartient”, ajoute-t-il. “Il y a eu une richesse aussi venue d’ailleurs, mais une richesse aussi qui vient du pays en soi.”

Les zaouias ont servi, notamment, pendant le protectorat de refuge pour les Moujahidines, pour ceux qui combattaient pour la libération, pour l’indépendance.

Zaouia tijania
La zaouïa tijania vue d’en haut. Ph : DR

Les adeptes des zaouïas sont appelés les “Foukara” (pauvres en arabe), mais dans le sens spirituel. “من تواضع لله رفعه”, déclare notre interlocuteur. “Il faut toujours rester humble pour atteindre une connaissance religieuse, spirituelle. C’est l’une des spécificité des Foukara”, ajoute-t-il.

Ces lieux sont adéquats pour les enfants puisqu’ils y sont éduqués. “Il baignent dans l’univers soufi, ils entendent le dikr, la prière, ils grandissent avec ça, tout en respectant les plus âgés”, mentionne Sidi Brahim Tijani.

Malheureusement, les Zaouïas ont perdu de leur aura, de leur présence, déplore le Soufi. Et pour cause, la vie d’aujourd’hui est beaucoup plus consumériste, plus dans le matériel que dans le spirituel. “Dans notre société, on parle de l’argent, c’est comme si nous parlions de quelque chose de hchouma (honteux, ndlr), alors que l’argent n’est qu’énergie, une énergie du travail qu’on fait tous les jours. C’est un symbole.”

Al Qaraouiyin

Quelques minutes plus tard, nous sommes en train de nous faufiler dans les ruelles de la médina, quand des invocations nous interpellent. Un groupe de personnes est assis en plein centre d’Al Qaraouiyin, autour de la fontaine, en train de psalmodier le Coran. Le temps semble suspendu. Sidi Brahim Tijani s’éloigne discrètement de nous et s’installe à côté de la porte principale pour psalmodier à son tour. “Il étaient en train de clore le Coran, je ne pouvais pas ne pas les accompagner”, dit-il avec un grand sourire serein.

Sidi Brahim Tijani tenait à s’arrêter à Al Qaraouiyin puisqu’elle symbolise le côté scientifique de la médina. L’université est le lieu des Oulémas, du savoir et de la science. Ceci fait partie intégrante de l’esprit de la médina de Fès qui a reçu des savants du monde islamique et ailleurs.

“Al Qaraouiyin n’est pas la plus ancienne université, mais la plus ancienne encore en activité. Ici même a été fabriqué le premier uniforme d’université, avec le chapeau, l’habit, etc. Le premier diplôme au monde (chahada, licence ndlr) se trouve dans la bibliothèque de cette université emblématique”, rappelle notre guide.

Qaraouiyin Fès
L’université Al Qaraouiyin pendant la nuit. Ph : Zainab Aboulfaraj

La ville de Fès repose sur un équilibre entre la dimension religieuse et scientifique : “Entre ce qui est religieux, entre la vie de tous les jours, et entre le savoir avec un grand S : la science, le savoir, l’ouverture.”

“Nous ne pouvons situer Fès que religieusement, c’est une ville vivante où la religion, les sciences, les langues et les cultures se mélangent”, décrit le Tijani.

Le plus grand espace piéton au monde

D’après Sidi Brahim Tijani, Fès est le plus grand espace piéton au monde. “Il n’y a pas plus écologique que cela”, dit-il en rigolant. La médina peut fonctionner puisqu’elle a suivi l’évolution dans le temps. “Maintenant, nous l’avons sacralisée, avec le fait que Fès est la capitale spirituelle du pays. Nous avons peur de faire des changements, mais ils sont nécessaires”, poursuit notre interlocuteur.

Médina Fès la nuit
Fès, la nuit est magique. Ph : Zainab Aboulfaraj

“Le Maroc porte cette vocation du vivre ensemble, de la mixité, de la richesse culinaire et architecturale. Toutes ces richesses ne sont que le fruit de cette mixité qui existe depuis plusieurs siècles dans la ville de Fès. Ce n’est pas le cas ailleurs dans d’autres pays.
Maintenant, la capitale spirituelle est appelée à retrouver son identité et s’ouvrir davantage au monde. Son appellation de capitale spirituelle “pèse au niveau de son évolution” puisque la ville “devient un lieu sacré”.

Photo tijani
Une photo d’époque de la Zaouia tijania, sur l’un des murs de la maison de Sidi Brahim Tijani

Pour que Fès puisse renaître de ses cendres, Sidi Brahim Tijani préconise qu’il faut que la ville devienne un atelier gigantesque de production artisanale, pour que les artisans retrouvent leur place dans la vie. L’idéal serait d’avoir une école à Fès. Mais malheureusement, “les autorités veulent que ça devienne une vitrine ou un musée à ciel ouvert, or Fès, c’est une âme vivante.”

Que faire dans la médina de Fès absolument, selon Sidi Brahim Tijani ?

  1. Boire un thé à Bab Boujloud
  2. Visiter les souks
  3. Manger de la street food à Achabine.
  4. Acheter Lkhlii et tout ce qui a trait à la cuisine traditionnelle à Rcif
  5. Visiter les tanneries
  6. Visiter le musée de Batha d’arts islamiques

Création de la SDL « Transports et Mobilité Fès »

Au cours de cette réunion, les membres du conseil ont également adopté les statuts et la participation au capital de la société « Transports et Mobilité Fès S.A. », ainsi que la nomination du président du conseil communal, Abdeslam El Bekkali, en tant que délégué aux organes de la société.

Abdeslam El Bekkali a souligné, à cette occasion, que la création de cette société constitue « un élément important pour répondre aux enjeux liés aux transports et à la mobilité dans la ville de Fès », ajoutant que cette initiative « permettra à la capitale spirituelle du Royaume de rejoindre les autres villes marocaines ayant réalisé un saut qualitatif dans le domaine des transports urbains ».

Il a également mis l’accent sur le rôle important de cette société dans l’amélioration et la promotion des services de transport et de mobilité à Fès, à court et à long terme, ainsi que dans la réalisation du développement de la ville, précisant que le secteur des transports doit prendre en compte les dimensions de durabilité, de gouvernance et d’efficacité.

Le président du conseil a souligné, dans une déclaration à la MAP, que la création de la société de développement local « Transports et Mobilité Fès S.A. » contribuera à résoudre les nombreux problèmes que la ville de Fès connaît depuis dix ans dans le secteur du transport urbain, relevant que le conseil communal a déployé des efforts considérables et pris une série de décisions importantes pour relancer le secteur et renforcer le parc des bus.

Dans ce contexte, Abdeslam El Bekkali a indiqué qu’une étude est en cours de préparation concernant le réseau des lignes de bus nécessaires à la ville de Fès et aux nouveaux quartiers qui seront desservis par le transport urbain, assurant que des efforts seront déployés pour accompagner la nouvelle société en vue de fournir des services répondant aux aspirations des habitants de la ville.

L’objectif de la société est la gestion et l’exploitation des services de transport urbain par bus, ainsi que la réalisation de toutes études, activités et opérations commerciales conformément aux orientations de l’État et des conseils des collectivités territoriales concernées.

La société est également habilitée à fournir aux collectivités territoriales de la région qui le souhaitent, tous les services liés à son objet social conformément aux lois et réglementations en vigueur.

La société compte plusieurs actionnaires dont la wilaya de la région Fès-Meknès, la commune de Fès, la commune d’El Mechouar Fès Jdid, la commune de Ouled Tayeb, la commune de Sidi Harazem et la commune de Aïn Beida.

(Avec MAP)

Abderrafie Zouiten et Alain Weber, les artisans d’une renaissance spirituelle à Fès

Sous les cieux printaniers de Fès, les murailles de Bab Al Makina et les jardins de Jnan Sbil résonnent une fois de plus des voix du monde, venues chanter le sacré dans toutes ses formes. La 28ᵉ édition du Festival de Fès des musiques sacrées du monde, tenue du 16 au 24 mai 2025, s’inscrit sous le signe d’une « Renaissance » aussi bien culturelle que spirituelle.

Derrière cette alchimie subtile entre tradition, création et dialogue des civilisations, deux figures œuvrent dans l’ombre et la lumière : Abderrafie Zouiten, président de la Fondation Esprit de Fès, et Alain Weber, directeur artistique du festival.

Une vision royale devenue mission

Pour Abderrafie Zouiten, ce festival n’est pas un simple événement musical. Il est l’incarnation d’une vision, portée dès ses origines par le Roi Mohammed VI. Lors d’une conférence de presse tenue en marge du festival, il a rappelé avec conviction : « Dès le départ, le festival est né d’une vision royale, celle d’avoir un évènement qui puisse promouvoir l’esprit de tolérance et d’ouverture sur l’autre ainsi que le dialogue des cultures et des religions ».

La connaissance des racines et des traditions est un ancrage essentiel pour construire un avenir meilleur

Cette édition illustre particulièrement cette ambition. Le choix du thème de la renaissance ne doit rien au hasard. Il traduit, selon lui, un moment charnière pour le Maroc, en pleine effervescence culturelle : rénovation des médinas, création de musées, réhabilitation de sites historiques et montée en puissance d’une jeunesse artistique ambitieuse.

« La connaissance des racines et des traditions est un ancrage essentiel pour construire un avenir meilleur », affirme-t-il, soulignant l’importance de transmettre ces valeurs dans un monde troublé où la tolérance est plus que jamais mise à l’épreuve.

Le jumelage entre Fès et Florence, haut lieu de la Renaissance européenne, offre à cette édition une dimension symbolique forte, que le festival traduit avec finesse en intégrant la participation de jeunes artistes du continent africain, porteurs de traditions sacrées millénaires.

 

Le souffle créateur d’Alain Weber

Si Abderrafie Zouiten fixe le cap, c’est Alain Weber qui en dessine la cartographie poétique. Directeur artistique du festival depuis plusieurs années, il est l’architecte de ces grandes fresques musicales qui, chaque soir, éblouissent les spectateurs. Sa mission ? Tisser un fil narratif cohérent à partir du thème choisi, en y intégrant des artistes venus des quatre coins du monde.

« Renaissance, pour moi, c’est revenir aux grands bouleversements de l’histoire humaine, aux aspirations profondes qui nous ont traversés. Et surtout, comment, à partir d’une inspiration sacrée, l’homme se transcende, se réinvente », nous confie-t-il dans un échange avec Médias24.

Pour cette 28ᵉ édition, Alain Weber a conçu un parcours sensoriel et spirituel, traversé par les voix d’Asie centrale, les échos baroques d’Afrique, les rites vaudous réinterprétés en jazz, les danses sacrées du Kazakhstan, les chants flamencos ou encore les polyphonies méditerranéennes.

Chaque création est pensée comme une offrande, un miroir tendu au spectateur. « Ce que fait l’art, c’est exprimer ce que vous vivez intérieurement », dit-il avec une humilité désarmante.

L’artiste corse Batista Acquaviva, qui a participé à la création d’ouverture, résume ainsi son expérience avec lui : « C’est la première fois qu’on travaille ensemble, et je suis toujours sous le charme de ce qu’il peut apporter à la création artistique. Il a pu créer différentes représentations du sacré, à travers une complexité entre les musiques d’Afrique et du Moyen-Orient. »

Le festival de Fès comme quête

Plus qu’un spectacle, le Festival de Fès est une quête : celle de l’homme en quête de sens, de l’artiste en quête d’harmonie, du public en quête d’émotions vraies. Pour Alain Weber, c’est cette quête qui donne une unité à la diversité. « Quand vous venez écouter ces musiques, vous allez découvrir de nouvelles sonorités, mais surtout vous allez découvrir des choses en vous« , affirme-t-il.

Et c’est sans doute là que réside la magie du festival : dans la capacité à faire dialoguer l’ancrage et le mouvement, l’héritage et l’invention, la spiritualité et la beauté. À faire du festival non seulement un moment d’évasion, mais un acte de résistance culturelle face à l’uniformisation du monde, où la Renaissance n’est pas qu’un thème. Elle est un souffle, une promesse qui devient une réalité sensible, vibrante, incarnée. 

https://medias24.com/2025/05/17/fes-16-mai-2025-le-sacre-a-trouve-sa-scene/

Festival de Fès des musiques sacrées : La Princesse Lalla Hasnaa ouvre une 28e édition sous le signe de la renaissance

Le concert d’ouverture du Festival de Fès des musiques sacrées a offert une succession de fragments inspirés de la beauté du monde, de la multiplicité de ses expressions et de l’esthétisme d’une Afrique colorée, baroque et parfois burlesque.

Dans une scénographie narrative et chorégraphique exceptionnelle, ce spectacle a mis en scène, en sons et en images, la thématique centrale de l’édition 2025, valorisant la notion de « Renaissance » comme une impulsion de renouveau culturel, spirituel et artistique, dont le Maroc se veut un modèle.

Des dizaines d’artistes représentatifs de la programmation diversifiée du festival de Fès se sont succédé devant les murailles historiques de Bab Al Makina, parmi lesquels les femmes de Mayotte (îles Comores) qui perpétuent le rituel soufi du « Deba », l’ensemble soufi « Areej » du Sultanat d’Oman et la Compagnie Méhansio de Côte d’Ivoire.

Il s’agit également des « Kassaïdes » mourides du Sénégal, des Tambours du Burundi, de la danse mystique du « Sama » de Meknès, et du chant sacré de la renaissance, interprété par la mezzo-soprano et colorature Battista Acquaviva.

Au terme de ce concert inaugural, la Princesse Lalla Hasnaa a remis le « Prix jeunes talents-Esprit de Fès« , organisé en partenariat avec la Fondation « Esprit de Fès », aux lauréats du conservatoire de musique de la capitale spirituelle du Royaume. Ainsi, les Prix du piano, du qanoun, du violon et du luth (oud) sont revenus respectivement à Imane Berrada, à Hiba Azzegar, à Zakaria Almoubakir et à Saad Ghannami.

Neuf morts dans l’effondrement d’un immeuble résidentiel à Fès

Toutes les mesures préventives nécessaires ont été prises, dont la sécurisation de la zone et l‘évacuation des habitants des maisons avoisinantes, en vue de garantir leur sécurité en cas d’autres éventuels effondrements, ont affirmé les autorités locales de la préfecture de Fès, citées par la MAP.

Les opérations de recherche et de ratissage se poursuivent sous les décombres de l’immeuble effondré pour s’assurer de l’absence de victimes, de blessés ou de personnes piégées.

Les sept blessés ont été évacués vers les services d’urgence de l’Hôpital Al Ghassani de Fès pour recevoir les soins nécessaires, souligne la même source, ajoutant que les autorités compétentes ont ouvert une enquête sur l’effondrement de cette bâtisse qui comptait parmi les habitations menaçant ruine et qui faisait l’objet d’un ordre d’évacuation adressé à ses occupants.

(Avec MAP)

À l’occasion de la circoncision de ses deux fils, le Prince Moulay Rachid visite le Mausolée Moulay Idriss Al Azhar

À son arrivée, le Prince Moulay Rachid a été salué par le ministre des Habous et des affaires islamiques, Ahmed Toufiq, et le wali de la région de Fès-Meknès, gouverneur de la préfecture de Fès, Mouaad Jamai.

À l’entrée du mausolée Moulay Idriss Al Azhar, le Prince Moulay Rachid, accompagné des Princes Moulay Ahmed et Moulay Abdeslam, a été salué par des représentants des Chorfas Idrissiyines Kaïtouniyines, avant de visiter le mausolée.

À l’issue de cette visite, des prières ont été élevées pour préserver et assister le Roi Mohammed VI et couronner de succès ses différentes actions au service de son peuple fidèle. Des prières ont également été dites pour combler le Souverain en les personnes du Prince héritier Moulay El Hassan, du Prince Moulay Rachid et de l’ensemble des membres de l’illustre famille royale.

 

Plus de 136 MDH pour la construction de la plateforme de réserves de première nécessité de Fès-Meknès

L’attribution de ce marché a été officialisée le lundi 7 avril par le maître d’ouvrage, en l’occurrence la wilaya de la région Fès-Meknès. Il porte sur les gros œuvres, la charpente métallique, l’étanchéité ainsi que sur des lots secondaires (VRD et aménagement extérieur).

Cette plateforme régionale, qui sera située dans la commune de Aïn Chkef, s’étend sur une superficie de 20 hectares. Elle comprend la construction de quatre hangars de 5.000 m² chacun, renforcés par des équipements annexes tels qu’un mur de clôture, un héliport, des bâtiments administratifs (199 m²), un local pour le personnel (162 m²), un poste de garde (43 m²), ainsi que des installations techniques comme un poste de transformation.

L’architecte de cette plateforme est Meriem Ghandi et Novec en réalise les études techniques.

Fès : 98 MDH pour renforcer le système de vidéoprotection

Ce dispositif, porté par la société Fès Région Aménagements, a pour objectif de moderniser les infrastructures existantes en intégrant des équipements de vidéoprotection de pointe, avec un budget alloué estimé à 98 MDH.

Le projet prévoit l’installation d’un système de gestion vidéo avancé (VMS), de serveurs d’enregistrement, de caméras de vidéosurveillance, ainsi que d’un mur d’image LED et LCD pour une meilleure supervision. Des équipements complémentaires, tels que des stations de travail, des claviers joystick et du mobilier de bureau, sont également inclus.

En parallèle, des travaux d’aménagement technique seront réalisés, incluant le câblage informatique, les installations électriques, la climatisation de précision et la mise en place d’un réseau en fibre optique. Le volet infrastructurel comprend également la réalisation de micro-tranchées, de tranchées classiques et de fonçages horizontaux pour assurer le déploiement des équipements nécessaires.

Le projet sera mis en œuvre sur une période de 12 mois, suivie d’une phase de maintenance s’étendant sur trois ans.

Les études de l’autoroute Fès-Marrakech, via Khénifra et Béni Mellal, bientôt lancées

Le lancement imminent des études pour la future autoroute Fès-Marrakech a été annoncé par le ministre lors d’une rencontre du parti de l’Istiqlal tenue le 18 mars à Fès.

Les études pour la future autoroute reliant Fès à Marrakech via Khénifra et Béni Mellal débuteront dès le mois prochain avec l’accompagnement d’un bureau d’études spécialisé, a-t-il précisé.

Les préparatifs du Maroc pour accueillir la Coupe du monde 2030 ont donné un coup d’accélérateur à la mise en œuvre de ce projet, qui devrait non seulement réduire le temps du trajet entre le nord et le centre du Maroc, mais également favoriser l’essor économique des régions qu’elle traversera en facilitant les échanges commerciaux et touristiques.

En plus de cette annonce, Nizar Baraka a également mis en avant d’autres projets structurants qui renforceront la position de Fès en tant que ville stratégique sur le plan des infrastructures. Parmi ces projets figurent :

Un impact positif sur l’emploi et l’économie locale

Le ministre a insisté sur l’impact économique positif de ces projets, notamment en matière de création d’emplois. Les entreprises locales, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que les très petites entreprises (TPE), seront fortement impliquées dans la réalisation de ces infrastructures. L’accent sera mis sur les entreprises régionales afin de dynamiser l’emploi local et de favoriser le développement économique des territoires concernés.

Avec ces annonces, le Maroc confirme son engagement envers le développement de ses infrastructures de transport, notamment dans le cadre de sa préparation à accueillir la Coupe du monde 2030. L’autoroute Fès-Khénifra-Béni Mellal-Marrakech s’inscrit dans cette dynamique et constituera un levier essentiel pour renforcer l’intégration économique et territoriale du pays.

Plus de 1,2 milliard de DH pour un pôle des sciences de la santé dans la région de Fès-Meknès

Ce projet prévoit la construction de :

– un Centre Hospitalier Universitaire (CHU) euro-méditerranéen,

– une faculté euro-méditerranéenne de médecine,

– une faculté euro-méditerranéenne de médecine dentaire,

– un CHU euro-méditerranéen de médecine dentaire.

Fruit d’un partenariat entre le Conseil régional et l’Université Euromed de Fès (UEMF), ce projet vise à renforcer l’infrastructure hospitalière de la région en développant une offre de soins de niveau 3 et en améliorant la formation et l’enseignement supérieur dans le domaine médical. L’investissement global est réparti entre le Conseil régional, avec 150 MDH, et les partenaires avec 956,45 MDH.

Présidée par Abdelouahed El Ansari, président du Conseil, et en présence du wali de la région Fès-Meknès, Mouad Jamai, ainsi que du gouverneur de la province de Moulay Yacoub, Mohamed Samir El Khamlichi, cette session a permis l’examen et la validation d’une quarantaine de conventions de partenariat. Celles-ci concernent notamment la santé, l’enseignement, l’eau, l’investissement, les infrastructures et l’économie sociale et solidaire.

Parmi les projets adoptés figurent la création d’un centre numérique régional, la réalisation de la deuxième phase de Fès Smart Factory, écosystème d’innovation orienté vers l’industrie 4.0, et la mise en place d’un incubateur régional de projets.

Le Conseil a également validé une convention de partenariat avec la CDG pour la digitalisation de son administration dans le cadre du programme de développement régional, ainsi qu’un accord-cadre relatif à la gestion de l’eau.

D’autres accords ont été approuvés, notamment une convention-cadre pour la gestion des déchets ménagers et assimilés sur la période 2025-2034, un soutien aux festivals régionaux, la création d’un fonds régional pour le financement des projets d’investissement et la promotion de l’emploi. Des initiatives en faveur de la préservation des métiers de l’artisanat, de l’amélioration des conditions des détenus et du développement des zones d’activités artisanales ont également été adoptées.

Le Conseil a, en outre, validé plusieurs conventions visant à soutenir les coopératives et les groupements d’utilité économique, à améliorer la commercialisation des produits du terroir et à encourager les activités culturelles, sportives et de communication dans la région.

Dans le cadre de l’accélération de la mise en œuvre du Programme de développement régional (PDR) 2022-2027, le président du Conseil a souligné que la région, en concertation avec la wilaya et les partenaires, a identifié les projets prioritaires en tenant compte des capacités de financement, de la disponibilité des partenaires et du foncier.

(Avec MAP)

Zinco lance une nouvelle ligne de production de compteurs électriques intelligents à Fès

Avec un investissement de 12 MDH, cette nouvelle ligne vise la création de 71 emplois supplémentaires.

La nouvelle technologie adoptée permet une mesure de la consommation, une gestion à distance et une intégration dans des réseaux électriques intelligents.

Intervenant à cette occasion, le ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, a indiqué que ce projet industriel « marque une avancée significative pour notre industrie nationale, en particulier dans le domaine des technologies intelligentes, et incarne une véritable révolution dans la gestion de l’énergie ».

Le ministre a précisé que ce projet, le premier du genre au Maroc, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la vision du Roi pour renforcer la souveraineté industrielle nationale et fait partie de la banque de projets pour la substitution des importations.

La société Zinco est spécialisée dans la fabrication des compteurs d’eau, d’électricité et des poteaux en béton armé pour les lignes électriques, ainsi que dans la commercialisation de solutions d’éclairage public.

Depuis 2011, la société a évolué de la représentation commerciale de marques internationales de compteurs électriques et d’eau vers une intégration industrielle locale.

(Avec MAP)

Le Musée Al Batha des arts islamiques de Fès rouvre après restauration

Ce musée, dont l’inauguration s’est déroulée en présence du président de la Fondation nationale des musées, Mehdi Qotbi, du wali de la région Fès-Meknès, gouverneur de la préfecture de Fès, Mouaad Jamai, du président du conseil régional de Fès-Meknès, Abdelouahed El Ansari, du président de l’université Euro-Méditerranéenne de Fès, Mustapha Bousmina, ainsi que d’autres personnalités, est l’un des plus anciens et des plus prestigieux musées du Maroc.

A cette occasion, une exposition a été inaugurée, permettant au public de découvrir des documents historiques illustrant les différentes dynasties qui se sont succédé au Maroc depuis le VIIIᵉ siècle jusqu’à aujourd’hui, tout en retraçant les grands événements et moments marquants de l’histoire nationale.

Dans une déclaration à la MAP, Mehdi Qotbi a souligné que ce musée « exceptionnel » et « fascinant », qui est ouvert après sa restauration grâce à une initiative royale, contribuera à renforcer l’offre culturelle et touristique du Maroc et de Fès, une ville au patrimoine historique exceptionnel.

Il a ajouté que le Musée des arts islamiques d’Al Batha donnera une image splendide d’un islam de tolérance et de coexistence, mettant en avant l’harmonie et le vivre-ensemble qui unissent les communautés musulmane, juive et chrétienne au Maroc.

M. Qotbi a insisté sur le fait que le Maroc est un modèle de tolérance, de respect et de coexistence interreligieuse, dans un monde en pleine mutation et traversé par de nombreuses incompréhensions.

De son côté, Abdelaziz Idrissi, chef du département des musées à la Fondation nationale des musées et chargé de l’exposition inaugurale, a souligné que le musée, qui s’étend sur une superficie totale de 7.500 m², représente une réalisation majeure de la Fondation qui va contribuer à mettre en lumière la richesse culturelle marocaine à travers un parcours historique et thématique structuré.

M. Idrissi a précisé que le musée propose aux visiteurs une collection muséale d’une grande valeur, exposée pour la première fois, et qui peut rivaliser avec les plus prestigieuses collections dédiées à l’histoire de la civilisation islamique en Méditerranée.

Parmi les pièces exposées figurent des documents retraçant l’histoire de l’écriture au Maroc et l’évolution de la calligraphie arabe, ainsi que des objets emblématiques tels que le minbar « Adouate Al Andalous », l’un des rares dans le monde islamique, a-t-il poursuivi, précisant que l’exposition met également en avant le rôle du Maroc dans l’essor intellectuel et culturel du monde médiéval.

M. Idrissi a relevé que la collection du musée couvre les différentes périodes de l’histoire marocaine, depuis l’ère préislamique, la fondation de l’État islamique à Fès, les dynasties successives jusqu’à la dynastie alaouite, ajoutant que l’exposition aborde également des thèmes liés aux modes de vie et aux spécificités culturelles marocaines.

Un espace spécial est dédié à la ville de Fès, mettant en avant son rôle historique et son apport à la diffusion du savoir et à la culture marocaine à travers les siècles, a-t-il affirmé.

De son côté, le conservateur du musée, Alaa Fechtali a noté que la restauration du Musée Al Batha a été menée sous la supervision de la Fondation nationale des musées et l’Agence pour le développement et la réhabilitation de Fès, dans le respect de l’authenticité architecturale et historique du site.

Il a également mis l’accent sur l’histoire du musée, qui était au départ un palais construit sous le règne du Sultan Moulay Hassan Ier entre 1873 et 1894, en tant que résidence estivale et lieu de réception des dignitaires. L’achèvement et son embellissement ont été réalisés par le Sultan Moulay Abdelaziz en 1897.

L’inauguration du musée a été marquée par la présence de plusieurs personnalités culturelles de renom, dont les physiciens Alain Aspect et Serge Haroche, tous deux lauréats du Prix Nobel de physique.

Dans ce contexte, Serge Haroche, né au Maroc, a exprimé sa profonde joie de visiter ce musée, mettant en avant l’importance de son exposition sur l’histoire du Maroc et ses relations avec l’Espagne et le Portugal.

Il a ajouté que le musée offre une opportunité exceptionnelle d’explorer les échanges culturels entre les civilisations préislamiques et islamiques, notant que le Maroc constitue un modèle unique et exceptionnel de coexistence et de tolérance interreligieuse.

De son côté, Alain Aspect a fait part de sa fierté de visiter le Musée Al Batha des arts islamiques, saluant la qualité des explications fournies par les experts sur les trésors culturels que renferme ce lieu d’exception. Il a également exprimé son admiration pour la vision culturelle du Royaume.

(Avec MAP)