Six feux de forêt au Maroc en 24 heures

Dans un communiqué publié ce vendredi 20 juin, l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) fait le point sur la situation des incendies de forêts à travers le Royaume.

« Grâce à la vigilance et aux interventions rapides et coordonnées des services compétents en la matière, tous les incendies ont été maîtrisés », note l’ANEF. La superficie totale touchée est estimée à 20 hectares.

Par province :

Tétouan : 15 ha – feu maîtrisé, opérations d’extinction des fumerons en cours ;
• Khénifra : 3,5 ha ;
• Chefchaouen : 1,1 ha ;
• Khémisset : 0,095 ha ;
• Midelt : 10 m² – origine naturelle (foudre) ;
• Casablanca : 0,02 ha ;
• Taza et Sidi Slimane : foyers hors domaine forestier.

Depuis le 1er janvier jusqu’au 20 juin 2025, le Maroc a enregistré :

• 111 incendies (un chiffre en baisse par rapport à la moyenne décennale – 130 incendies) ;
• une superficie totale brûlée de 130 ha, soit quatre fois moins que la moyenne des dix dernières années.

Pour rappel, l’ANEF avait identifié, sur la base de ses modèles scientifiques de prédiction, un niveau de risque élevé à extrême d’éclosion d’incendies de forêt entre le 16 et le 20 juin dans plusieurs provinces, notamment Azilal, Béni Mellal, Chefchaouen, Kénitra, Khémisset, Larache, Tanger-Assilah, Tétouan, M’diq-Fnideq, Taounate, Taza, Nador, Al Hoceima, Ouezzane…

L’ANEF appelle à la plus grande vigilance de la part des citoyens, en particulier dans les zones forestières à risque. Il est ainsi impératif :

• de ne pas allumer de feu en milieu naturel ;
• de ne pas jeter de mégots ou de déchets inflammables ;
• de signaler immédiatement toute fumée ou comportement suspect aux autorités locales ou aux agents des eaux et forêts ou à la protection civile.

Incendie dans la forêt Ouadras à Aïn Lahcen (Tétouan), 15 hectares ravagés

L’opération se déroule dans des conditions climatiques difficiles, marquées par des rafales de vent du Chergui et des températures élevées, qui ont contribué à la propagation rapide des flammes ayant ravagé, jusqu’à présent, environ 15 hectares, composés essentiellement de conifères et d’essences secondaires.

Dans une déclaration à la MAP, le directeur provincial de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) à Tétouan, Halim Akaâboun, a souligné que l’incendie s’est déclenché avec deux foyers rapprochés, précisant que « le premier foyer a été maîtrisé à 90%, tandis que les efforts se poursuivent pour circonscrire complètement cet incendie ».

Le responsable a précisé que les équipes d’intervention, composées d’environ 500 éléments des Forces armées royales, de la Gendarmerie royale, des Forces auxiliaires, de la Protection civile, de l’ANEF et des autorités locales, ainsi que des agents de la Promotion nationale et des volontaires de la population locale, et appuyées par 4 avions « Canadair » des Forces Royales Air, sont toujours mobilisées pour maitriser cet incendie.

Il a, en outre, noté que d’importants moyens logistiques et techniques ont été déployés, comprenant notamment des camions-citernes, des véhicules de première intervention, des ambulances, des bulldozers et d’autres engins.

M. Akaâboun a rappelé que les cartes de prévision publiées par l’ANEF, à travers ses bulletins d’alerte, permettent d’identifier les zones à risque élevé, en fonction des conditions météorologiques, notamment la hausse des températures et les vents de « chergui » enregistrés ces deux derniers jours.

Une enquête judiciaire a été ouverte par les services de la Gendarmerie royale, sous la supervision du parquet compétent, pour déterminer les circonstances du déclenchement de cet incendie.

Incendie dans la forêt de Bourd (province de Taza) : 40 hectares détruits

Les espèces forestières touchées par l’incendie qui s’est déclaré dans la forêt de Bourd sont le chêne vert, le pin d’Alep et les herbes secondaires, a précisé à Médias24, Mourad Essaâfadi, directeur provincial de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) à Taza.

Une fois informées, des équipes d’intervention composées d’éléments de l’ANEF, de la Protection civile, des autorités locales, de la Gendarmerie royale, des Forces auxiliaires et des Forces armées royales (FAR) se sont mobilisées pour se rendre sur les lieux et entamer l’opération d’extinction des feux.

Il a souligné que les équipes d’intervention ont été confrontées à plusieurs difficultés sur place, notamment un terrain accidenté, des vents forts qui changent constamment de direction, des températures élevées et des difficultés d’accès au foyer du feu, ce qui a prolongé la durée de lutte contre l’incendie.

Les équipes d’intervention provinciales, soutenues par des équipes terrestres des FAR et deux avions Canadair, poursuivent leurs efforts pour circonscrire l’incendie.

Certaines résidences menacées par l’incendie ont également été évacuées, a précisé le responsable, notant que les efforts se poursuivent conformément aux instructions du centre de commandement sur place, supervisé par le gouverneur de la province de Taza, qui surveille la situation et prend les mesures appropriées.

 

 

Feux de forêt. Seuls 6.000 hectares incendiés en 2023, une prouesse pour les équipes marocaines

En dépit des conditions climatiques estivales favorables au déclenchement des feux de forêts, la couverture forestière du Royaume a été relativement épargnée par rapport à l’année dernière. « Jusqu’au 5 octobre 2023, 395 incendies de forêts ont été enregistrés. Ils ont touché une superficie de 6.420 hectares contre 22.800 en 2022, soit une diminution de près de 70% », souligne un communiqué de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF).  

Toutefois, « la superficie incendiée en 2022 reste supérieure à la moyenne des superficies incendiées au cours des dix dernières années qui est de 4.580 hectares« , ajoute la même source. Concernant la répartition géographique des superficies incendiées, constituée d’essences secondaires et de formations herbacées (60%), ainsi que de formations arborées (40%), elle s’établit comme suit : 

– l’Oriental a été la région la plus touchée avec une superficie de 2.553 hectares et 57 départs de feu

– la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima a été marquée par 143 départs de feu, causant la perte de 1.665 hectares

– un peu plus de 1.000 hectares ont été incendiés dans la région de Fès-Meknès.

Des épisodes de chaleur extrême

A l’origine de ces feux de forêts, des conditions climatiques difficiles dans les régions à risques, notamment un été caniculaire avec des épisodes de chaleur extrême où des records absolus de températures ont été enregistrés. 

« Cette augmentation des températures combinée à la diminution de l’hygrométrie de l’air et l’avènement fréquent des vents secs et chauds de type Chergui sont de nature à accentuer la vulnérabilité des forêts marocaines qui, à l’instar de l’ensemble des forêts méditerranéennes, deviennent extrêmement inflammables durant la saison estivale », précise l’ANEF. 

Cela dit, le Maroc enregistre, à l’échelle du bassin méditerranéen, le taux le plus faible en termes de surface incendiée par rapport à la surface forestière totale du pays, grâce notamment au dispositif de surveillance et d’intervention. 

Ce dispositif qui est toujours d’actualité « a été mis en place par l’ensemble des intervenants impliqués dans les politiques de prévention et de lutte contre les feux . Il est toujours actif en ce début de mois d’octobre en raison des conditions météorologiques exceptionnelles qui multiplient les risques de départ de feux », prévient l’ANEF.      

« L’Agence nationale des eaux et forêts exhorte les utilisateurs des espaces forestiers tels que les campeurs, les apiculteurs, les éleveurs, à faire preuve de vigilance et à limiter au maximum l’utilisation du feu pendant cette période pour éviter tout acte susceptible de causer des incendies », conclut la même source.

Risque « extrême » de feux de forêt dans 8 provinces

Après analyse de données relatives notamment aux types de forêt, à leurs niveaux de combustibilité et d’inflammabilité et aux paramètres topo-climatiques, l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) a repéré :

Un risque extrême (niveau rouge) dans les provinces de Tanger-Assilah, Chefchaouen, Taza, Sefrou, Ifrane, Khénifra, Oujda-Angad et Taroudant ;

Un risque élevé (niveau orange) dans les provinces de Fahs-Anjra, Tétouan, Larache, Taounate, Al Hoceima, Beni Mellal, Azilal, Tiznit, Al Haouz et Agadir-Ida Ou Tanane ;

Un risque moyen (niveau jaune) dans les provinces de Ouezzane, Berkane et Essaouira.

L’ANEF appelle à la vigilance et demande aux riverains des forêts et à tous les citoyens estivants, et visiteurs, ainsi qu’aux personnes travaillant en milieux forestiers, de prendre les précautions nécessaires pour éviter les départs de feux de forêt et d’alerter rapidement les autorités locales en cas d’observation de fumées ou de comportements suspects.

Récit. Comment le feu de forêt du Jbel Kharbouch a été maîtrisé

D’habitude, la forêt du Jbel Kharbouch est un petit paradis sur terre. Dans la nuit du mercredi 26 juillet, ce lieu de toute beauté s’est transformé en enfer. En cause, un feu d’origine criminelle ayant détruit plus de 100 hectares de pins, chêne vert et autres essences secondaires. Au fond, ce n’est pas vraiment une surprise, tant la province de Chaouen est tristement sujette aux incendies de forêt. 

L’addition aurait été plus lourde sans l’intervention éclair des équipes de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), en coordination avec les éléments de la protection civile de la gendarmerie, sans oublier la population locale qui a été d’un grand secours. Des moyens humains appuyés par des Canadair et les données fournies à distance par les équipes du Centre national de gestion des risques climatiques forestiers, depuis Rabat. 

Un feu maîtrisé à 75%

À notre arrivée sur les lieux, le jeudi 27 juillet en fin de matinée, la situation était stable, « nous sommes dans la phase finale de maîtrise du feu », assure Mohamed Hakam, directeur provincial de l’ANEF. « Actuellement il y a trois équipes qui interviennent au niveau de trois points pour stabiliser la situation », a-t-il ajouté, avant qu’une fumée noir n’émane d’essence secondaire, à une dizaine de mètres de nous. 

Quelques secondes après l’apparition d’une fumée noire, des pins centenaires étaient la proie des flammes. Alors que les arbres crépitaient, des cendres ont voltigé dans le ciel, rendant l’air irrespirable.

Deux équipes, composées de cinq agents chacune, ont encerclé ce nouveau foyer et se sont lancées dans une opération périlleuse, soutenues par deux véhicules de première intervention (VPI). Ces derniers sont décisifs car ils ont la capacité de fournir une source d’eau et le matériel nécessaire au plus près du foyer, d’autant que le relief est escarpé et certains endroits difficiles d’accès.

Les cinq agents qui composent la première équipe se sont répartis les tâches. Celui qui porte la lance à incendie est secondé par trois autres agents dont l’objectif est d’éviter que le tuyau de 20 m qui achemine l’eau ne se coince dans la végétation

Le dernier agent tente d’éteindre les braises. Le plus souvent, il s’agit de branches de pin tombées au sol et qui sont susceptibles de raviver les flammes. Surtout si le vent s’en mêle. Pour le moment, seule une brise légère rafraîchit l’atmosphère. Les éléments dirigés par le coordinateur provincial de l’ANEF sont venus à bout du foyer, avant qu’un deuxième ne se déclare quelques mètres plus loin. 

Pendant ce temps, d’autres agents se mobilisent sur le versant sud du Jbel Kharbouch, en prise depuis la veille avec un important foyer. C’est l’un des deux plus grands sites actifs. L’intervention est particulièrement risquée en raison de la topographie des lieux.

Mohamed Hakam, directeur provincial de l’ANEF, donne ses consignes aux agents de terrain.

« D’autant que le vent y souffle beaucoup plus fort », explique Mohamed Hakam. Mais il se montre vite rassurant car « plus de 75% du feu a été maîtrisé ». En d’autres termes, plus que quelques heures avant que toutes les personnes engagées dans cette course contre la montre ne relâchent une pression décrite comme intense, qui dure depuis plus de 24 heures.  

Un incendie d’origine criminelle

Tout a commencé dans la nuit du mardi 25 au mercredi 26 juillet. Des guetteurs locaux ont signalé un départ du feu à 1h30 du matin. La première intervention a été lancée vingt minutes plus tard, grâce à la proximité des agents de ce site à risque, notamment le responsable local relevant de l’ANEF. Rapidement, plusieurs autres foyers se sont déclarés à un kilomètre de distance.

« C’est un acte criminel. Une personne a été arrêtée par les autorités compétentes. Elle a allumé plusieurs feux en descendant des pentes escarpées en pleine nuit », révèle Mohamed Hakam. Entre 2 et 6 heures du matin, trois sites actifs ont été maîtrisés par les agents locaux, malgré la difficulté de progresser dans le noir, en pleine montagne. Une véritable prouesse.
Au moment de l’intervention de l’équipe provinciale à l’aube, deux sites étaient encore actifs. En arrivant sur les lieux, un travail de prospection a d’abord été opéré par le directeur provincial de l’ANEF et d’autres responsables en vue de déterminer et hiérarchiser les différents sites d’intervention. « Puis nous avons affecté chaque équipe à un site en lançant les opérations terrestres », indique Mohamed Hakam. 

Plus de 300 agents ont été mobilisés, dont des éléments de l’ANEF (52), la Protection civile (15), les Forces auxiliaires (85), des jeunes relevant du programme Awrach (30), les autorités locales (10), la Gendarmerie royale (3) ainsi que la population locale (30). 

30 largages par Canadair

Vers le coup de midi, un nouveau point sur la situation a été fait. Devant l’incapacité des équipes à progresser à cause de la hauteur des flammes, il a été décidé de lancer la procédure pour faire appel au Canadair. « Nous avons demandé un soutien aérien pour plusieurs raisons. D’abord à cause de la topographie des sites qui les rendent difficiles d’accès. De plus, le vent commençait à se lever et la végétation était dense », explique Mohamed Hakam. 

Ainsi, pour éviter une aggravation de la situation, le mercredi 26 juillet en début d’après-midi, six Canadair ont effectué 30 largages, en suivant une rotation composée de deux Canadair. Le travail aérien et celui effectué sur le terrain sont complémentaires, et ils ont tous les deux été décisifs dans la circonscription du feu.

« Les Canadair sont utiles sur un terrain accidenté comme celui-là. Ils font baisser l’intensité des flammes pour permettre aux agents sur le terrain de progresser et d’éteindre le feu », détaille notre interlocuteur.  De surcroît, « nous sommes constamment en liaison avec le Centre national de gestion des risques climatiques forestiers qui nous permet d’être plus précis et efficace dans nos interventions, en nous informant sur le profil topographique du site notamment et les données météorologiques. » 

En usant de technologies modernes, le Centre national de gestion des risques climatiques forestiers permet d’assurer le suivi en temps réel des incendies, de guider et de protéger les équipes d’intervention, mais aussi de prédire les feux de forêt. Il n’en faut pas moins pour venir à bout d’un feu qui résistait encore au moment de notre départ. 

Feux de forêt : le Maroc se prépare à une saison encore plus intense

Il n’y a pas que la province de l’Alberta au Canada qui souffre de la précocité des feux de forêt. « Depuis le 1er janvier jusqu’au 9 mai 2023, pour la première fois de l’histoire du Maroc, nous avons enregistrés 65 départs de feu pour une superficie incendiée de l’ordre de 600 ha », annonce à Médias24, Fouad Assali, directeur de la Reforestation et des risques climatiques et environnementaux, relevant de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF). 

A la lumière de ce chiffre record, la réunion organisée ce mardi 9 mai par l’ANEF, dans les coursives du Centre national de gestion des risques climatiques forestiers, est de la plus haute importance. A cette occasion, le directeur de l’Agence, Abderrahim Houmy, a mis en avant le bilan des feux de forêt en 2022, le Plan d’action 2023 qui nécessitera 200 MDH et le Plan directeur de gestion des feux de forêts pour la prochaine décennie. 

Une période de sécheresse exceptionnelle

A l’instar de nombreux pays du pourtour méditerranéen, le Maroc possède un couvert végétal dense et hautement inflammable. Sur les 9 millions d’hectares de forêt que compte le Maroc, les deux tiers sont susceptibles d’être concernés par des foyers d’incendie.  

En 2022, il y a eu 500 incendies touchant 22.762 ha de superficie forestière, déclenchés à 99% par l’activité humaine. « Nous avons été confrontés à des feux exceptionnels et surtout concomitants », déplore Abderrahim Houmy.

Les feux de forêt ont particulièrement touché les régions suivantes :

– Tanger-Tétouan-Al Hoceima  : 188 départs de feu et 18.704 ha incendiés ;

– Fès-Meknès : 99 départs de feu et 1.775 ha touchés.

« Ces feux ont été accentués par une période de sécheresse exceptionnelle et une zone particulièrement ventée (Chergui). Toutes ces conditions se sont accumulées lors du mois de juillet », complète Fouad Assali. Les superficies incendiées sont constituées au tiers d’arbustes, de formations herbacées et d’alfa.

« L’augmentation des températures et la diminution de l’hygrométrie de l’air ne sont pas non plus étrangères à cet état de fait. Sans l’intervention des autorités compétentes, nous aurions perdu plus de 130.000 ha supplémentaires », souligne Fouad Assali. 

Déjà 65 départs de feu en 2023

Cette année, les 65 départs de feu enregistrés jusqu’à présent laissent présager une saison de feux de forêt encore plus intense et longue. Si, par le passé, cette période courait de la mi-août à la première semaine de septembre, ces dernières années, elle s’étend de début juillet à la mi-septembre.

Pour en diminuer l’impact et les conséquences, l’ANEF a mis en place une stratégie dont les actions préventives et opérationnelles s’établissent comme suit : 

– le débroussaillement (350 ha) ;

– l’entretien des tranchées pare-feu (596 km)  ; 

– l’aménagement de points d’eau (68) ; 

– l’ouverture et la réhabilitation des pistes forestières ;  

– la construction et l’entretien des postes de vigie (80);  

– la mobilisation de 1.317 guetteurs d’incendies à raison d’un salaire mensuel de 2.200 DH, de mai à septembre ;

– l’achat de 25 véhicules de première intervention supplémentaires, renforçant ainsi le parc à 120 véhicules. 

En termes d’approvisionnement en eau, la situation est un peu plus ardue que l’année dernière. En effet, selon la Direction générale de l’hydraulique, le taux de remplissage des barrages, ce mardi 9 mai, est de 32,4%. Moins que l’année précédente à la même époque (34,4%). Or, les barrages sont la principale ressource en eau pour les Canadair, afin de combattre les feux de forêt. 

« Les autorités compétentes ont effectué des prospections au niveau d’au moins 16 barrages sur l’ensemble du territoire national. Ces édifices, dont les réserves sont supérieures à 200 Mm3 (Al Wahda, 9-Avril, Garde Loukkos…) seront opérationnels dans le cadre de la lutte contre les feux de forêt », assure Fouad Assali.

Le directeur de la Reforestation et des risques climatiques et environnementaux tient à préciser que l’approvisionnement effectué par les Canadair n’impacte aucunement les réserves en eau de ces barrages. « Les quantités d’eau ponctionnées sont insignifiantes. Pas plus de quelques mètres cubes par passage. »  

Six Canadair et cinq drones

L’intelligence artificielle tient une place prépondérante dans le Plan d’action 2023. En plus d’un Canadair supplémentaire qui vient s’ajouter aux cinq que possédait déjà le Maroc, les équipes d’intervention auront 5 drones à leur disposition contre un seul l’année dernière. 

« Ils servent non seulement à la surveillance, mais aussi à guider les équipes sur le terrain lors des interventions, et à assurer le suivi des opérations de reboisement et la lutte contre la déforestation », précise Abderrahim Houmy. La prédiction est également un pilier de la lutte contre les feux de forêt, car elle permet aux équipes d’intervention d’anticiper la mise en place des moyens de lutte. 

En ce sens, l’ANEF a renforcé l’utilisation des nouvelles technologies en élaborant un nouveau Web système basé sur l’intelligence artificielle et les Big Data. L’objectif est de cartographier le risque d’incendie de forêt pour enclencher les alertes d’intervention adéquates. 

« Une plateforme de prédiction quotidienne des feux de forêt a été mise en place pour la région pilote de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, la première en son genre dans tout le bassin méditerranéen », se félicite Fouad Assali. Un outil développé grâce aux Supercalculateur relevant de l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguérir et des données pertinentes de la Direction générale de la météorologie (DGM).

« Le système produit une carte quotidienne des scores de risque d’éclosion avec une résolution très fine, accompagnée d’une explicabilité du risque. Cela va fournir de précieuses informations aux équipes prépositionnées de lutte sur le terrain, en tenant compte de facteurs tels que l’évolution de la météo, des images satellites récentes, des informations socio-économiques, et de la nature et l’état du couvert forestier », poursuit-il. 

Un nouveau Plan directeur décennal 

En plus de ce plan d’action, un nouveau Plan directeur a été présenté pour la période 2023-2033. Ce plan, qui est toujours en cours de validation par l’ensemble des parties prenantes, a été élaboré pendant près de trois ans. Il s’appuie sur plusieurs axes prioritaires de prévention et de lutte contre les incendies de forêt, en vue de diminuer la superficie incendiée. 

Ce nouveau cycle de gestion des feux de forêt s’appuie sur la connaissance et l’évaluation du risque, la prévention, la préparation et l’intervention, ainsi que l’action post-incendie et la réhabilitation. En matière de connaissance et d’évaluation du risque, l’ANEF prévoit les mesures suivantes : 

– recherches scientifiques et techniques ; 

– connaissance et identification des causes des incendies de forêt ; 

– cartographie et évaluation des risques.

En termes de prévention, le nouveau cycle de gestion des feux de forêt insiste sur les éléments suivants : 

– la sensibilisation du public, sachant que 99% des feux de forêt en 2022 sont d’origine humaine ; 

– l’aménagement structurel anti-feu, tel que des réseaux de chemins facilitant la circulation des pompiers, secours, personnels d’entretien ou de surveillance ; 

– la prédiction, le pré-positionement et la surveillance.

En ce qui concerne la préparation et l’intervention sur le terrain, l’Agence nationale des eaux et forêts a mis en place plusieurs procédures préparatoires, en collaboration avec les autorités compétentes, pour une meilleure coordination lors des interventions. 

Quant aux actions post-incendie, elles incluent le nettoiement, le reboisement et la réhabilitation des superficies incendiées. L’analyse de la sévérité du phénomène constitue un levier important pour en diminuer l’impact et la gravité.

Le Maroc en passe de recevoir un Canadair supplémentaire

« La société canadienne Cascade Aerospace s’apprête à livrer au Maroc le premier appareil équipé d’un nouveau cockpit, encore plus performant que celui du CL-415″, rapporte le forum bien informé FAR-Maroc.

« La firme De Havilland se chargera de la peinture et des dernières retouches avant de le remettre au Maroc », ajoute la même source.

Pour renforcer sa flotte, le Royaume a acquis trois Canadair CL-415 pour une somme totale de 1,2 milliard de DH. Déterminants dans la lutte contre les feux de forêts, ils seront progressivement livrés à partir de 2023. « Ces Canadair sont des avions d’occasion CL-215, remis au niveau des cinq Canadair CL-415 qui composent la flotte marocaine », précise une source bien informée.

Et d’expliquer que « les CL-415 n’étant plus commercialisés par le fabricant et les CL-515 indisponibles, le Maroc a donc opté pour des bombardiers CL-215 d’occasion comme l’ont fait la Grèce et l’Espagne ».

Ces avions acquis par le Royaume ont été construits en 1987. La remise à niveau de certaines composantes a donc été nécessaire « afin de mutualiser l’entretien de la flotte marocaine », complète notre source. Et de préciser : « Des réacteurs et des systèmes d’avions CL-415 y ont été installés. »

D’une longueur de près de 20 m et d’une envergure de 29 m, ces avions du fabricant Bombardier Aéronautique, dont l’autonomie de vol dépasse les 2.000 km, sont capable d’écoper près de 6.000 litres d’eau dans leurs deux réservoirs en 12 secondes, en effleurant un plan d’eau (mer, rivière, lac, retenue de barrage).

Taounate : l’incendie dans la forêt de Jbel Lakraa est maîtrisé

Les équipes d’intervention relevant des services des Eaux et forêts, de la Protection civile, des Forces armées royales (FAR), de la Gendarmerie royale et des forces auxiliaires, ont réussi à stopper la propagation des feux vers les zones voisines, notamment aux douars limitrophes de la forêt.

Cet énième incendie recensé dans le pays reflète les effets du changement climatique. Contrairement à ceux enregistrés en été, cet incendie s’est déclenché en plein milieu de l’automne. “C’est une situation exceptionnelle”, nous explique un spécialiste des feux de forêt.

La sécheresse et le manque de précipitations en sont les principales causes”, ajoute notre interlocuteur, préoccupé par les conditions climatiques extrêmement favorables au déclenchement des feux de forêt, notamment dans les régions du Nord, peuplées de biomasse combustible et d’espèces forestières conifères résineuses, hautement inflammables.

Selon l’Administration de la défense nationale, en Commission parlementaire des affaires étrangères et de la défense, la superficie totale incendiée par 36 grands feux de forêt a atteint les 3.000 hectares en 2022. Sans compter  l’incendie dans la forêt de Jbel Lakraa.

1,2 MMDH pour renforcer la flotte marocaine de Canadair en 2023

C’est ce qui ressort du rapport sur le budget sectoriel de l’Administration de la défense nationale pour l’année 2023, présenté à la Commission des affaires étrangères et de la défense.

Le Maroc possède actuellement cinq Canadair (C-415) opérationnels. Les trois avions supplémentaires acquis ont récemment effectué des vols d’essai réussis au Canada. La flotte marocaine de Canadair va ainsi passer à 8 avions. La livraison commencera en 2023.

3.000 hectares de forêts incendiés en 2022

La superficie totale incendiée par 36 grands feux de forêt a atteint les 3.000 hectares en 2022 au Maroc.

En effet, plusieurs provinces du Royaume ont été touchées cet été par de multiples feux de forêt, dont Larache, Chefchouaen et Tétouan. Le Moyen Atlas n’a pas non plus été épargné, avec d’importants feux à Ifrane et Khénifra.

Plus au sud, les palmeraies ont été le théâtre d’une vingtaine d’incendies qui ont ravagé 200 ha de palmiers dattiers, selon l’Agence nationale de développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA).

Les opérations d’intervention (568) et de circonscription des incendies (2.492) ont mobilisé 1.426 éléments des Forces armées royales (FAR). Les cinq avions Canadair CL-415 et les appareils Turbo Thrush engagés dans cette lutte ont effectué un total de 1.084 heures de vol, soit le double des heures de vol réalisées en 2021.

La réactivité des équipes d’intervention au sol et la multiplication des largages par Canadair ont permis au Maroc de limiter les dégâts. Malheureusement, trois décès sont à déplorer parmi la protection civile.

Au Maroc, intelligence artificielle, drones et Canadair contre les feux de forêt

Les feux de forêt d’Al Hoceima et Chefchaouen quasiment circonscrits

Les équipes d’interventions poursuivent leurs efforts pour maîtriser l’incendie le plus important, déclaré le samedi 20 août, dans la commune rurale de Fifi, relevant de la province de Chefchaouen.

« Les opérations terrestres ont repris très tôt ce matin” affirme une source du Centre national de gestion des risques climatiques forestiers à Médias24. “La dispersion des flammes a été stoppée et le feu quasiment circonscrit”. Le bilan provisoire fait état d’environ 430 ha ravagés.

Le feu déclaré ce vendredi 19 août, dans la forêt de Ghandrou, dans la province d’Al Hoceima “a été circonscrit à 90%”, affirme notre source. Et d’ajouter : “près de 70 hectares ont jusqu’à présent été incendiés”

L’incendie enregistré ce lundi 22 août, dans la forêt de Lkoudiate, relevant de la province d’Ifrane n’a pas encore été maîtrisé. Selon nos informations, le feu a principalement atteint des fougères, une espèce végétale de petite taille aux feuilles très divisées. La superficie totale touchée est de l’ordre de 400 ha dont 10 ha d’arbres.

A Mezraoua, une commune de la province de Taounate, le feu de forêt enregistré le samedi 20 août, n’a toujours pas été circonscrit, contrairement à celui qui s’est déclaré ce lundi 22 août en fin d’après-midi, dans une oasis à Tamanart, relevant de la province de Tata.

Quatre feux de forêt sont en cours à Ifrane, Taounate, Al Hoceima et Chefchaouen

Un nouveau feu de forêt s’est déclaré ce lundi 22 août à midi, dans la forêt de Lkoudiate, relevant de la province d’Ifrane. En plus des équipes d’interventions terrestres, deux avions bombardiers d’eau de type Canadair mènent des opérations de largage d’eau.

Ce feu de forêt s’ajoute aux trois incendies qui embrasent depuis le vendredi 19 août, plusieurs massifs forestiers du nord du pays. Le plus important des incendies enregistrés ce week-end, se situe dans la commune rurale de Fifi, relevant de la province de Chefchaouen. Selon nos informations, ce feu de forêt qui s’est déclaré le samedi 20 août, a été « maîtrisé à 70%” assure une source à Médias24.

A Mezraoua, une commune de la province de Taounate, un incendie a également été enregistré le samedi 20 août, en fin d’après-midi. Les opérations des équipes terrestres se poursuivent pour maîtriser ce feu, ainsi que celui enregistré, le vendredi 19 août au soir, dans la forêt de Ghandrou, relevant de la province d’Al Hoceima.

Un suivi du développement de la situation sera assuré jusqu’à l’extinction complète et définitive des feux, précise notre source.