Femmes et accès à l’emploi : un programme national de création de crèches sera lancé en juin

Dans une déclaration à la presse à l’issue d’une réunion consacrée à la promotion de l’emploi, présidée par le chef du gouvernement en présence des départements ministériels concernés, M. Messoudi a souligné que ce programme s’inscrit dans le cadre des efforts du ministère visant à élargir l’offre nationale en matière de crèches et à favoriser l’insertion professionnelle des femmes.

Le ministère réalisera, dans ce sens, une étude-diagnostic dans les mois à venir, en vue de l’élaboration d’un plan d’action d’ici la fin mai, a précisé le responsable, faisant savoir que la première phase de mise en œuvre du programme démarrera en juin.

Cette réunion s’inscrit dans le cadre du suivi de la mise en œuvre de la feuille de route pour le secteur de l’emploi, ainsi que de la mise en place des mécanismes de gouvernance et des mesures de coordination entre les différents acteurs.

Emploi : le gouvernement promet de soutenir les entreprises agricoles des jeunes en milieu rural (El Bouari)

Dans une déclaration à la presse à l’issue d’une réunion consacrée au sujet de la promotion de l’emploi, M. El Bouari a indiqué que cette rencontre, présidée par le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, en présence des départements ministériels concernés, a constitué une occasion d’examiner la problématique de la perte des postes d’emploi dans le secteur agricole et de discuter des moyens à même de remédier à cette situation.

À cet égard, le ministre a souligné que les récentes précipitations enregistrées dans le Royaume ont contribué à relancer l’activité agricole et à redynamiser le monde rural, ajoutant que cette réunion s’est penchée sur les mécanismes à mettre en place pour restaurer la confiance et renforcer l’emploi, en particulier au profit des jeunes.

 

 

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du suivi de la mise en œuvre efficace de la feuille de route de l’emploi et de la mise en place des mécanismes de gouvernance et d’outils de coordination entre les différents intervenants.

Feuille de route de l’emploi : Aziz Akhannouch préside une deuxième réunion de suivi

Cette réunion, la deuxième du genre présidée par M. Akhannouch depuis la diffusion, en février dernier, de la circulaire relative à la feuille de route, a été l’occasion d’examiner les mécanismes à même de renforcer l’intégration sociale et professionnelle des catégories les plus vulnérables, notamment les jeunes et les femmes, et d’apporter un soutien aux familles en milieu rural, catégories qui constituent un axe majeur de la feuille de route de l’emploi, et ce, à travers des initiatives visant à réduire la cadence des pertes d’emplois dans le secteur agricole, à aplanir les difficultés confrontant l’accès de la femme au travail et à lutter contre la déperdition scolaire, indique un communiqué du département du Chef du gouvernement.

La réunion a permis d’aborder les modes de mise en œuvre et d’opérationnalisation effective de ces initiatives, centrés sur la promotion de l’emploi en milieu rural, particulièrement l’encouragement de la catégorie des jeunes à créer des startups actives dans le secteur agricole, précise la même source.

L’accent a également été mis sur les mesures adoptées pour lutter contre la déperdition scolaire et baisser de moitié le nombre des élèves ayant arrêté la scolarité, à travers le renforcement des établissements pionniers, l’élargissement du concept de l’école de la deuxième chance et la mise en œuvre de mesures à même d’encourager les élèves à poursuivre leur scolarité ou à accéder à des formations professionnelles.

Parmi les autres mesures examinées figure la promotion de l’accès de la femme au marché de l’emploi, principalement par l’aplanissement des entraves, notamment celles relatives à la garde des enfants, et ce à travers le renforcement de l’offre en garderies.

Le chef du gouvernement a, par la même occasion, réitéré l’attachement du gouvernement à assurer la mobilisation des différents secteurs et la convergence de leurs actions en vue de garantir l’efficience des mesures gouvernementales contenues dans la feuille de route de l’emploi, mettant l’accent sur l’importance de la mise en place d’un système de bonne gouvernance garantissant la coordination des interventions de l’ensemble des départements concernés.

Il a, par ailleurs, souligné que la feuille de route contribuera à insuffler une dynamique multisectorielle pour la promotion de l’emploi à travers des mesures pratiques illustrant la conviction du gouvernement que l’emploi constitue une priorité nationale majeure, du fait de sa contribution à préserver la dignité des citoyens et à garantir les conditions d’une vie décente pour les familles.

Il est à noter que la feuille de route de l’emploi, qui comprend 8 initiatives pratiques pour renforcer la dynamique de l’emploi et réduire le chômage, a été dotée par le gouvernement d’une enveloppe budgétaire d’environ 15 milliards de dirhams.

https://medias24.com/2025/04/05/feuille-de-route-2030-pour-lemploi-que-vaut-vraiment-la-nouvelle-strategie/

Ramener le chômage à 9% en 2029 nécessitera une croissance moyenne de 7,9% par an (Etude PCNS)

La Feuille de route pour l’emploi, dévoilée par le gouvernement, se veut une réponse stratégique aux déséquilibres profonds du marché du travail national. Elle intervient dans un contexte de stagnation du taux d’activité, de chômage élevé chez les jeunes, de faible participation féminine et de prévalence du secteur informel, notamment en milieu urbain.

Portée par un budget de 15 milliards de dirhams, cette feuille de route repose sur huit axes prioritaires, allant du soutien aux TPME à la modernisation de la formation professionnelle, en passant par la lutte contre le décrochage scolaire et l’amélioration de l’accès des femmes à l’emploi.

Objectif : ramener le taux de chômage à 9 % d’ici 2030 et générer 1,45 million de nouveaux emplois dans les six prochaines années, dans l’hypothèse d’un retour des précipitations à leur niveau normal.

Toutefois, une telle stratégie, aussi structurée soit-elle, ne peut réussir que si elle s’inscrit dans une trajectoire macroéconomique soutenable. La création massive d’emplois attendue suppose en effet un alignement étroit entre les politiques publiques d’emploi et les dynamiques de croissance économique.

C’est à ce niveau qu’intervient la réflexion portée par un Policy Paper du Policy Center for the New South, signé par le Professeur Aomar Ibourk et Tayeb Ghazi. Ce travail cherche à confronter les ambitions politiques aux contraintes économiques réelles, en s’appuyant sur une modélisation de la relation entre croissance économique et emploi.

Avant de passer à l’analyse des scénarios, les auteurs proposent une approche méthodique, fondée sur l’estimation de l’élasticité emploi-croissance. Cet indicateur permet de mesurer dans quelle mesure une augmentation du PIB réel est susceptible de générer des emplois (toutes choses étant égales par ailleurs). Il constitue ainsi un outil de projection essentiel pour évaluer différentes trajectoires possibles du marché du travail à l’horizon 2029.

Sur cette base, quatre scénarios sont formulés, chacun traduisant un niveau d’ambition et un degré de contrainte économique différent. Ces scénarios ne visent pas seulement à illustrer des perspectives contrastées, mais aussi à éclairer les choix stratégiques auxquels le pays devra faire face pour traduire les promesses de la feuille de route en résultats concrets.

Voici les scénarios :

Scénario 1 : Réduction du chômage à 9 % en 2029 – une ambition hors de portée ?

Le premier scénario, directement aligné sur les objectifs de la feuille de route, suppose une baisse du taux de chômage de 13,3 % en 2024 à 9 % en 2029, soit une réduction de 4,3 points de pourcentage en cinq ans. Pour atteindre ce résultat, la croissance de l’emploi devrait s’élever à 9,2 % sur la période, soit 1,8 % en rythme annuel. Compte tenu de l’élasticité estimée à 0,23, cela implique une croissance annuelle réelle du PIB de 7,9 % – un niveau très éloigné des tendances récentes, puisque la croissance moyenne sur 2004 n’a été que de 4,3 %, et les projections pour 2025-2029 ne dépassent pas 3,5 %.

Ce scénario met en évidence un écart structurel entre les objectifs politiques et la réalité économique. En l’état, une telle croissance du PIB ne peut être atteinte sans une transformation structurelle profonde du modèle productif, impliquant une reconfiguration du tissu économique, une forte montée en gamme industrielle, un afflux massif d’investissements et une amélioration de la productivité globale.

Scénario 2 : Stabilisation du chômage – une trajectoire modérément soutenable

Dans ce second scénario, les auteurs examinent l’hypothèse d’une simple absorption des 500.000 nouveaux entrants prévus sur le marché du travail entre 2024 et 2029, sans résorption du chômage actuel. Pour cela, une croissance de l’emploi de 4,6 % est nécessaire sur cinq ans, soit environ 0,9 % par an. Avec une élasticité de 0,23, cela suppose un taux de croissance du PIB de 4 % par an – légèrement au-dessus des prévisions actuelles, mais plausible si certaines mesures de soutien à l’emploi et à l’investissement sont efficacement déployées.

Il est à noter que ce scénario constitue une trajectoire de stabilisation : il ne permet pas d’améliorer significativement le taux de chômage, mais évite une détérioration. Il est donc plus réaliste à court terme, mais insuffisant pour répondre aux défis structurels du marché du travail.

Scénario 3 : Division du chômage par deux – un horizon théorique

Le troisième scénario pousse plus loin l’ambition en visant une réduction du chômage à 6,65 %. Cela impliquerait une création nette de 2,4 % d’emplois par an, soit un total de 12,3 % sur cinq ans. Dans ce cas, l’économie marocaine devrait croître à un rythme annuel de 10,4 %, ce qui relève d’un objectif quasi utopique dans l’environnement régional et international actuel.

Ce scénario, s’il permet de fixer un cap ambitieux, reste hors de portée dans les conditions actuelles, sans inflexion majeure des politiques publiques ni transformation du tissu économique. Il a surtout une valeur indicative, en ce qu’il met en évidence l’ampleur des efforts à consentir pour enclencher une dynamique de croissance réellement inclusive.

Scénario 4 : Prolongement des tendances actuelles – le scénario par défaut

Le dernier scénario est celui de l’inertie : il repose sur l’hypothèse que l’économie marocaine poursuivra, sans inflexion majeure, sa trajectoire actuelle. Il prolonge ainsi les tendances observées en matière de croissance et de création d’emplois. Concrètement, il s’appuie sur une croissance annuelle moyenne du PIB de 3,5 % sur la période 2025-2029, en ligne avec les prévisions officielles, et sur une élasticité emploi-croissance maintenue à son niveau actuel de 0,23. Avec ces paramètres, la croissance annuelle de l’emploi serait limitée à 0,8 %.

Résultat : le taux de chômage ne baisserait que faiblement, passant de 13,3 % à 11,9 % en 2029, selon les projections. Ce scénario met en évidence un risque clair : en l’absence de réformes structurelles, les dynamiques démographiques et les frictions du marché du travail continueront de neutraliser les efforts budgétaires et politiques. Autrement dit, l’ambition affichée par la feuille de route resterait largement hors de portée si elle n’est pas accompagnée d’un choc réformateur à la hauteur des enjeux.

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Il est essentiel de bien saisir l’un des enseignements majeurs de cette étude : avec un niveau d’élasticité emploi-croissance de 0,23, il est clair que la croissance économique, à elle seule, ne suffit pas à générer des emplois en quantité suffisante. Dès lors, relever ce niveau d’élasticité apparaît comme une condition indispensable pour rendre la croissance plus inclusive et plus porteuse d’opportunités.

350.000 emplois d’ici 2026, l’objectif et les mesures à court terme de la feuille de route

On en sait davantage sur les objectifs de la feuille de route dédiée à l’emploi dévoilée par le gouvernement ce mercredi 26 février. La circulaire envoyée aux départements ministériels a été suivie par l’envoi, ce jeudi 27 février, d’une note de travail précisant les objectifs. Médias24 a consulté le document.

Nous livrons dans cet article les éléments centraux qui composent cette feuille de route et ses objectifs. Nous reviendrons sur le sujet avec des papiers plus détaillés pour chaque mesure ou axe.

Il est important de noter que les objectifs formulés par le gouvernement sont conditionnés par la pluviométrie et l’impact de cette dernière sur le secteur agricole, ainsi que par l’hypothèse d’unz croissance de 4,5% par an hors agriculture.

Il est ainsi expliqué que « l’ambition formulée dans un scénario de pluviométrie normale et de croissance non agricole de 4,5% / an, vise à atteindre à horizon 2030 :

La déclinaison sectorielle de la création nette d’emploi

Secteur

Objectif de création nette d’emplois à horizon 2030

Agriculture forêt et pêche

0

Industrie (y c. Artisanat)

250k – 300k

Commerce

250k – 300k

BTP

250k – 300k

Transport non touristique

75k – 100k

Administration générale et services sociaux fournis à la collectivité

125k – 175k

Tourisme

150k – 200k

Autres services

150k – 200k

Les objectifs à court terme : 350.000 emplois en 2026

La feuille de route s’assigne des objectifs à court terme. « Trois interventions auront pour objectif de permettre, à horizon 2026, de sécuriser une création d’emplois nette de 350.000 emplois pérennes« , lit-on dans le document.

Il s’agit dans un premier temps d’accélérer la mise en œuvre du dispositif de la charte dédiée aux investissements entre 1 et 50 MDH. Ce dispositif devait voir le jour avant fin 2023, puis promis pour 2024. Il n’en fut rien.

La feuille de route pour l’emploi promet donc une accélération de sa mise en œuvre, « pour lancer de nouveaux projets qui porteront 35.000 à 40.000 créations d’emploi ». 

La deuxième mesure urgente est le renforcement des politiques actives de l’emploi (Idmaj, Tahfiz Taehil), la généralisation de l’apprentissage et une prime à l’emploi spécifique aux TPE permettant d’atteindre un nombre d’insertions de 422.500 emplois en 2025, avec un budget supplémentaire accordé de 2 milliards de dirhams.

Enfin, la troisième intervention vise à ralentir les pertes agricoles « par des actions favorisant le retour à une superficie emblavée en céréales supérieure à 4 MHa et l’emploi à travers un plan d’action qui sera déterminé par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du développement rural et des eaux et des forêts ».

La note explique par ailleurs qu’à l’horizon 2026, « des problématiques plus profondes de l’emploi doivent être adressées, notamment autour de cinq priorités », que voici :

  1. Fusion des politiques actives de l’emploi sous une prime à l’emploi unique qui stimule la création d’emploi au sein des entreprises.
  2. Renforcement des missions et responsabilités de l’ANAPEC en établissant un parcours d’intermédiation intégré qui commence par des career center dans l’éducation nationale et qui accompagne l’ensemble des chômeurs de façon personnalisée.
  3. Réduction des barrières à l’activité des femmes notamment avec des modèles de crèches de proximité et une sécurisation du transport.
  4. Réduction d’un tiers du décrochage scolaire à horizon 2026, pour atteindre 200K élèves en 2026 contre 300K aujourd’hui.
  5. Amélioration des dispositifs de formation en veillant à l’adéquation et à l’agilité des différents cursus de formation par rapport aux besoins et attentes du marché du travail.

Gouvernance : un tableau de bord pour suivre l’emploi

En matière de gouvernance, un système a été mis en place avec pour objectif « de converger vers un tableau de bord, conçu comme un outil clé pour suivre les indicateurs de l’emploi et optimiser le pilotage des interventions ».

La gouvernance retenue pour ce chantier s’articule autour de trois volets :

  1. Un pilotage et un suivi de la mise en œuvre de la feuille de route nationale de l’emploi, assurés par le comité ministériel de l’emploi présidé trimestriellement par le chef du Gouvernement et réunissant les parties prenantes clés de ce chantier.
  2. Une gouvernance de la donnée, portée par la DEPF au sein du ministère de l’Économie et des finances, fondée sur les données émanant du HCP et axée sur la centralisation et l’harmonisation des définitions et des indicateurs de l’emploi des autres producteurs de donnée (CNSS, DGI) pour assurer une base commune d’analyse et d’évaluation, essentielle à la prise de décision et au pilotage..
  3. Une cellule de suivi de la mise en œuvre des interventions et de pilotage, portée par les services du chef du Gouvernement, visant à assurer le suivi opérationnel des initiatives et projets d’incitation à la création d’emplois dérivés de cette feuille de route et des stratégies sectorielles, en collaboration avec les départements concernés.