Feuille de route du commerce extérieur : le Maroc table sur 160 MMDH d’exportations supplémentaires d’ici 2027

« Fruit d’une concertation avec 1.000 participants lors de nos tournées dans les 12 régions, la feuille de route basée sur 524 propositions permettra de développer nos exportations et de réduire notre déficit commercial », nous a déclaré le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, en ajoutant que l’horizon 2027 s’explique par l’échéance de fin du mandat électoral des régions.

 « Un potentiel d’exportation de 120 MMDH dans 22 pays identifiés »

Avant de revenir sur les priorités et les objectifs du plan d’action devant le chef du gouvernement et plusieurs ministres, Omar Hejira a affirmé qu’il s’imposait pour mieux exploiter l’important potentiel qui a été identifié.

Fort d’un réseau de 12 accords de libre-échange représentant un marché potentiel de 2,3 milliards de consommateurs, le Maroc a, selon lui, une marge de manœuvre importante sachant que 82% de ses exportations sont concentrées dans cent pays et que 92% d’entre elles émanent de six secteurs d’activité seulement.

Afin de réduire le déficit commercial, le secrétaire d’État a ajouté que le plan d’action a identifié 22 pays prioritaires et 200 produits à fort potentiel représentant un potentiel d’exportation de 12 MMDH vers l’Afrique et de 120 MMDH vers l’ensemble de la planète.

« 80 MMDH supplémentaires en 2026, puis en 2027 »

« L’objectif est d’élargir notre base exportatrice, avec 400 nouvelles sociétés d’export par an qui généreront 80 MMDH et 76.000 nouveaux emplois », a expliqué Omar Hejira en laissant entendre que 800 nouvelles entreprises et 152.000 emplois seront créés d’ici 2027 pour 160 MMDH d’exportations supplémentaires.

Reposant sur plusieurs nouveautés facilitant le processus d’exportation, le programme va mettre à la disposition des candidats à l’export une plateforme intitulée « One shop store export » contenant les potentialités d’exportation et des études de marché, ainsi qu’une assurance-export pour couvrir les risques de non-paiement des exportateurs.

Lancement de 27 missions de prospection pour élargir le spectre

En outre, 27 missions de prospection à l’étranger seront lancées en 2025 pour renforcer la présence des opérateurs sur les marchés traditionnels et pour explorer les opportunités existantes sur les nouveaux marchés.

Le contenu du plan d’action comprendra aussi des mesures de renforcement des exportations des produits de l’artisanat et la création d’offices régionaux d’appui au commerce extérieur dans l’ensemble des régions du Royaume.

« Un plan qui va améliorer le taux de couverture des importations »

Sollicité à son tour, le président de la CGEM a affirmé que ce plan allait totalement transformer le visage du secteur de l’exportation grâce à un accompagnement public qui était réclamé depuis longtemps par les opérateurs.

« Grâce aux nouveautés introduites par cette feuille de route, notamment au niveau de l’assurance et de la classification des marchés qui faciliteront la tâche aux exportateurs, nous allons faire un bond significatif en termes de chiffre d’affaires à l’export », a conclu Chakib Alj, pour qui sa mise en œuvre permettra, d’ici 2027, d’améliorer le taux de couverture des importations et de générer de nombreuses nouvelles opportunités d’emploi.

Feuille de route du commerce extérieur 2025–2027 : Aziz Akhannouch fait le point avec les départements concernés

Lors de cette réunion, selon un communiqué des services du chef du gouvernement, le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a présenté la feuille de route du commerce extérieur 2025-2027, articulée autour de trois objectifs stratégiques : la création de quelque 76.000 postes d’emploi nouveaux, l’élargissement de la base des exportations à travers la création chaque année de 400 nouvelles sociétés d’export, et la réalisation de 84 milliards de dirhams supplémentaires dans le secteur de l’export.

Le chef du gouvernement a souligné au cours de cette réunion que le gouvernement a œuvré, en application des hautes directives royales, à renforcer le commerce extérieur et à promouvoir les exportations nationales, en tant que levier de la croissance et du développement, mettant l’accent sur l’importance d’apporter un accompagnement et des encouragements aux petites et moyennes entreprises marocaines désireuses d’investir le domaine de l’export.

La feuille de route du commerce extérieur pour la période 2025-2027 comprend six chantiers de réforme, dont l’accélération de la digitalisation du commerce extérieur, la création de bureaux régionaux pour accompagner cette digitalisation et la promotion des exportations des secteurs de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire.

La nouvelle feuille de route du commerce extérieur sera dévoilée avant fin janvier (Hejira)

Tout en rappelant que les exportations marocaines ont atteint 430 milliards de DH en 2023, contre 716 MMDH pour les importations, le secrétaire d’État au Commerce extérieur, Omar Hejira, estime que cet important déficit commercial de 286 MMDH doit faire l’objet d’une dynamisation des exportations, avec une nouvelle stratégie.

« S’appuyer sur les régions pour booster les exportations nationales »

Et d’ajouter que la priorité de ce plan d’action national, dont l’élaboration est en cours, sera d’accroître leur volume au niveau des 12 régions du Maroc. Une tournée régionale a ainsi permis d’identifier, en moins d’un mois, de nombreux freins à l’export, et de réunir 524 propositions, dont 80% émanant des régions et 20% du ministère.

Portées par 1.200 élus et opérateurs économiques, ces propositions ont pour objectif d’améliorer la compétitivité, de simplifier les procédures, d’accompagner les PME, de diversifier les marchés d’exportation et, enfin, d’équilibrer le tissu d’exportation monopolisé à 85% par 3 régions.

Sur les pistes qui permettront de multiplier les ventes à l’étranger de biens manufacturés et de services, le secrétaire d’État istiqlalien précise qu’un chatbot (robot informatique de chat) pour le commerce extérieur sera bientôt lancé afin que les acteurs concernés puissent interagir avec le ministère de tutelle concernant leurs attentes.

« 120 milliards de dirhams de manque à gagner »

« Dans le but de promouvoir nos échanges commerciaux, cette nouvelle stratégie fera l’objet de plusieurs annonces relatives à tous les marchés extérieurs du Maroc, y compris les pays avec qui nous avons signé des accords de libre-échange (USA, Turquie, Union européenne, ZLECAf, Mercosur…) », indique Omar Hejira. Il ajoute que plusieurs mesures correctives seront bientôt annoncées pour renforcer la part des exportations vers les pays où le déficit commercial marocain est important.

Pour cela, il cite une étude ministérielle de 2020, actualisée en 2023, qui a montré que le Maroc affichait un manque à gagner de 120 MMDH, dont 10% concernent l’Afrique, et qui a surtout identifié les produits, les marchés et les destinations qui doivent faire l’objet d’efforts.

Afin de réduire, dans un premier temps, puis d’éliminer ce manque à gagner en capitalisant sur les nombreuses potentialités sous-exploitées, 12 bureaux régionaux dédiés au développement du commerce extérieur seront créés d’ici fin janvier, sur l’ensemble du territoire national.

S’appuyant sur ses résultats qui contiennent plusieurs pistes d’action, notre interlocuteur avance que la nouvelle stratégie 2025-2027 devrait permettre de rattraper, dans les prochaines années, la perte constatée en boostant tous les marchés étrangers, notamment sur le continent.

« Je travaille avec le ministre de tutelle en bonne intelligence »

Sur son apport pour développer le niveau des exportations et réduire les importations, Omar Hejira avance que le ministre [Ryad Mezzour, ndlr] et son secrétaire d’État, qui appartiennent au même parti, ne font qu’un, et que sa nomination aura pour effet d’accélérer le rythme de travail de son département.

« Sachant que l’industrie marocaine réalise des performances exceptionnelles en termes d’emplois et de ventes à l’étranger, nous nous devons de multiplier les exportations nationales avec une nouvelle feuille de route qui permettra de booster leur niveau », conclut Omar Hejira, pour qui les premiers résultats commenceront à se faire sentir d’ici aux prochaines élections législatives de 2026.

Rappelons que 92% des exportations marocaines sont concentrées dans six secteurs clés, à savoir l’automobile (34,4%), l’agriculture et les industries alimentaires (19,3%), les phosphates et dérivés (17,8%), les produits en cuir (10,7%), l’aviation (5,3%) et l’électronique (4,3%).

Agadir : première rencontre de concertation régionale sur la Feuille de route du commerce extérieur

La première rencontre de concertation régionale sur l’élaboration de la Feuille de route du commerce extérieur pour la période 2025-2026 s’est tenue mardi 26 novembre à Agadir.

S’exprimant à cette occasion, le Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Industrie et du commerce, chargé du Commerce extérieur, Omar Hjira a indiqué que la Feuille de route du commerce extérieur 2025 a pour objectif de mettre en place un cadre d’action cohérent et consensuel comprenant des mesures concertes dédiées à l’accélération des exportations marocaines et à la promotion et le renforcement du rayonnement international des produits nationaux.

Le responsable gouvernemental a, dans ce sens, mis en avant les diverses potentialités de la région Souss Massa en tant que véritable pôle économique à l’échelle nationale.

Par ailleurs, M.Hjira a insisté sur l’importance de valoriser davantage les secteurs industriels prometteurs dans la région, citant à cet égard la construction navale, le textile, l’industrie chimique, l’industrie mécanique et minière, et l’industrie agroalimentaire, ainsi que l’industrie de transformation des produits de la mer.

Cette réunion à Souss Massa, vise à recueillir des propositions et des mesures réalistes et réalisables, et ce dans le sillage d’une approche participative impliquant l’ensemble des acteurs économiques opérant dans les secteurs d’export et du commerce extérieur, a-t-il expliqué, soulignant la possibilité de conclure des partenariats avec la région dans le cadre du plan d’action en matière du commerce extérieur.

Pour sa part, le wali de la région de Souss-Massa, gouverneur de la préfecture d’Agadir Ida-Outanane, Said Amzazi, a souligné que cette réunion constitue une opportunité de concertation entre tous les acteurs concernés, dans la perspective d’élaborer des recommandations efficaces et efficients, permettant à la région qui regorge d’énormes potentialités, de tirer profit de la Feuille de route du commerce extérieur.

De son côté, le président du Conseil régional, Karim Achengli a noté que le plan de développement de la région place le secteur de l’industrie et du commerce extérieur au centre de ses préoccupations, faisant part de l’adhésion totale de Souss Massa aux différentes étapes d’élaboration du plan d’action du commerce extérieur 2025.

Lors de cette réunion, les autres intervenants ont passé en revue les atouts et les contraintes liés au secteur d’export et de commerce extérieur au niveau de la région Souss Massa.

A noter que les rencontres régionales de concertation pour l’élaboration de la Feuille de route du commerce extérieur 2025, visent à mettre l’accent sur les potentialités de chaque région à travers le Royaume.

Cette Feuille de route sera élaborée dans le cadre d’une démarche participative visant à assurer un développement pérenne et équilibré pour le secteur du commerce extérieur, et ce à la lumière des recommandations et propositions qui seront formulées lors des différentes réunions de concertation.

(Avec MAP)