Télécoms : perturbations chez certains opérateurs marocains après la panne électrique massive en Europe

Des perturbations de la connexion internet ont été constatées ce lundi chez certains opérateurs télécoms, tant au niveau de la fibre optique que de la connexion 4G.

Orange Maroc a communiqué officiellement. Selon l’opérateur, ces problèmes sont liés à la panne massive d’électricité qui a touché la péninsule ibérique. « Perturbation du trafic Internet suite à la panne massive d’électricité en Espagne et au Portugal qui affecte les liens internationaux », a indiqué Orange Maroc dans une publication sur ses réseaux sociaux.

Selon une source professionnelle, ces perturbations sont dues aux interconnexions à l’Europe via des câbles sous-marins. « Il n’y a pas de coupure totale de connexion, mais une congestion du trafic et une forte baisse du débit », explique à Médias24 une source professionnelle.

 

Lundi en fin de matinée, une coupure de courant d’une ampleur exceptionnelle a frappé l’ensemble de la péninsule ibérique, paralysant notamment le trafic ferroviaire en Espagne et affectant brièvement le sud de la France.

Selon les gestionnaires des réseaux électriques espagnol (Red Eléctrica) et portugais (REN), tel que rapporté par l’AFP, l’incident serait lié à un problème sur le réseau de transport d’électricité, dont la cause est encore en cours d’analyse.

Cette panne a également eu des répercussions sur les infrastructures numériques, perturbant les liaisons internationales utilisées par les opérateurs internet.

Justice : un opérateur télécom condamné pour atteinte à la propriété privée

Un opérateur de télécommunications ne peut installer un boîtier de fibre optique à l’entrée d’un immeuble qu’avec l’accord exprès du propriétaire. La demande des locataires ne suffit pas. C’est ce qui ressort d’un récent litige examiné par la justice commerciale marocaine.

Tranché fin 2024 par la cour d’appel de Casablanca, le conflit a opposé une société de télécommunications, l’un des principaux opérateurs du marché marocain, à une société immobilière propriétaire d’un immeuble à usage professionnel situé au quartier Benjdia.

Selon les éléments du dossier, dont Médias24 détient copie, l’opérateur a installé un boîtier de distribution de fibre optique sur la façade d’entrée de l’immeuble. Cette installation, réalisée en janvier 2022, a été effectuée sans autorisation du propriétaire des lieux. Le dispositif a été fixé au marbre de l’entrée au moyen de tiges métalliques, ce qui a, selon la société immobilière, causé des dommages matériels : fissures, affaiblissement de la structure et dégradation esthétique.

Saisie par le propriétaire, la juridiction commerciale de première instance avait déjà condamné l’opérateur à retirer le dispositif, à remettre les lieux en l’état et à verser 15.000 dirhams à titre de réparation. Cette décision a été contestée par les deux parties : l’opérateur par voie d’appel principal, la société immobilière par voie d’appel incident pour réclamer une indemnisation plus élevée.

Propriété privée contre service public

L’opérateur justifiait son intervention par la nécessité de répondre à la demande de plusieurs occupants de l’immeuble, dont trois entreprises clientes, souhaitant bénéficier d’une connexion haut débit. Il soutenait que l’installation du boîtier ne représentait aucun danger, ni préjudice esthétique ou structurel, s’agissant d’un équipement « léger, discret et installé selon des techniques modernes ». Il contestait également le montant du préjudice, arguant de l’absence de preuve formelle de détérioration.

De son côté, la société immobilière rappelait être l’unique propriétaire de l’immeuble, et donc seule habilitée à autoriser l’occupation ou la modification de ses parties communes. Elle insistait sur l’absence d’autorisation et invoquait une atteinte grave à son droit de propriété, un enrichissement sans cause au profit de l’opérateur et des nuisances réelles liées à la présence du dispositif.

Une atteinte au droit de propriété

La cour d’appel de commerce de Casablanca a confirmé le jugement de première instance dans son intégralité. Elle a souligné que le droit de propriété ne peut être restreint que pour des motifs d’intérêt public clairement établis, ce qui n’était pas le cas en l’espèce.

Dans ses attendus, la cour rappelle que : « Le droit de propriété est un droit constitutionnel et ne peut être restreint que si cela est justifié par une nécessité de développement économique ou social ».

Elle ajoute que : « le fait pour l’opérateur d’avoir fixé un boîtier réseau sur la façade de l’immeuble appartenant à la requérante sans en obtenir l’autorisation constitue une atteinte à son droit de propriété ». Et précise : « le fait que l’opérateur ait reçu des demandes d’abonnés ou d’entreprises situés dans l’immeuble ne peut en aucun cas remplacer le consentement du propriétaire, seul habilité à autoriser l’occupation de la façade de son bien ».

Concernant les dommages allégués, la cour estime que le constat d’huissier produit par la requérante, accompagné de photographies, suffit à établir l’existence de dommages réels, sans qu’il soit nécessaire d’ordonner une expertise complémentaire.

Selon nos informations, l’arrêt de la cour d’appel a bien été exécuté par l’opérateur, qui a retiré le dispositif et dédommagé le propriétaire. Un procès-verbal d’exécution a été dressé le 15 janvier 2025.

Maroc Telecom réalise 8,9 MMDH de chiffre d’affaires au premier trimestre 2025

Au 31 mars 2025, le chiffre d’affaires consolidé du groupe Maroc Telecom atteint 8,9 MMDH, en légère progression de 0,1% à change constant. Cette évolution résulte d’une croissance de 4,1% au sein des filiales africaines, venue compenser le recul de 3,7% enregistré sur le marché marocain.

L’EBITDA ajusté ressort à 4,39 MMDH, avec une marge proche de 50%, témoignant d’une rentabilité toujours élevée.

Le résultat opérationnel ajusté s’élève à 2,71 MMDH, soit un taux de marge de 30,5%. Le résultat net ajusté part du groupe atteint 1,44 MMDH.

Les flux de trésorerie opérationnels ajustés (CFFO) s’établissent à 2,5 MMDH. La dette nette ressort à 20,9 MMDH, avec un ratio dette nette sur EBITDA de 1,1 fois.

La base clients du groupe atteint près de 80 millions à fin mars 2025, en progression de 3,6%, tirée principalement par le parc des filiales Moov Africa (+6,5%).

Activités au Maroc

Les activités domestiques enregistrent un chiffre d’affaires de 4,55 MMDH. L’EBITDA s’élève à 2,41 MMDH, avec une marge de 53,1%, tandis que le résultat opérationnel s’établit à 1,6 MMDH. Le flux de trésorerie généré par les activités au Maroc est de 1,57 MMDH.

Sur le plan commercial, la base clients mobile s’établit à 18,8 millions, et les accès haut débit fixe à 1,43 million. Le développement du FTTH se poursuit sur le territoire, dans un environnement commercial marqué par une pression concurrentielle sur les segments mobile et ADSL.

Le partenariat stratégique conclu avec Inwi marque une évolution majeure dans le modèle d’investissement. Deux entités communes seront créées. L’une, dédiée au déploiement de la fibre jusqu’à l’abonné, prévoit l’installation d’un million de prises en deux ans, puis trois millions à l’horizon de cinq ans.

L’autre, centrée sur le développement des infrastructures passives pour la 5G, projette 2.000 tours à trois ans et 6.000 d’ici dix ans.

Le montant engagé pour cette première phase atteint 4,4 MMDH. L’accord reste soumis à l’autorisation de l’ANRT. Il inclut également une résolution amiable du contentieux opposant Maroc Telecom à Inwi, avec un ajustement à la baisse de l’indemnité versée.

Maroc Telecom a également lancé sa nouvelle offre mobile 100% digitale « iNJOY », conçue pour les jeunes utilisateurs. Cette offre sans engagement permet de composer son forfait de manière personnalisée via une application mobile ou le site dédié, à partir de 59 dirhams par mois. Le groupe a par ailleurs signé un partenariat avec Visa pour développer des solutions de digital banking dans l’ensemble des pays où il est implanté.

Dans le segment B2B, Maroc Telecom a conclu des accords avec Zoho, fournisseur de solutions cloud pour la gestion des entreprises, ainsi qu’avec Vodafone Business pour le développement de services autour de l’Internet des objets, de la cybersécurité, du cloud et du SD-WAN.

Filiales Moov Africa

Les filiales Moov Africa affichent un chiffre d’affaires de 4,63 MMDH.

L’EBITDA ajusté atteint 1,97 MMDH, et le résultat opérationnel s’établit à 1,1 MMDH. Les flux de trésorerie générés ressortent à 939 MDH.

La base clients Mobile s’élève à 57,3 millions, avec des progressions marquées sur plusieurs marchés comme le Niger, le Togo, la Côte d’Ivoire et le Tchad.

Le parc Haut Débit fixe franchit le seuil des 280.000 accès. Ces performances reposent sur l’expansion du mobile money, la généralisation des smartphones, et la demande croissante en data, notamment pour le streaming et les réseaux sociaux.

Le développement de la fibre se poursuit dans les zones urbaines, avec pour objectif de répondre aux besoins des entreprises, du télétravail, du e-commerce et des services cloud. Les investissements dans l’extension des réseaux et la modernisation des infrastructures se poursuivent, avec une attention particulière portée aux zones rurales, où la couverture reste encore limitée.

Fait marquant 

Le conseil de surveillance a nommé, à compter du 1er mars 2025, Mohamed Benchaâboun en tant que président du directoire, succédant à Abdeslam Ahizoune. Les autres membres du directoire ont vu leurs mandats reconduits jusqu’en mars 2027. Cette nouvelle gouvernance accompagne l’entrée du groupe dans une nouvelle phase stratégique, orientée vers la modernisation des réseaux, l’innovation digitale et l’élargissement des partenariats à l’international.

Perspectives

Maroc Telecom engage une nouvelle étape de son développement. Le renforcement de la couverture fibre, la structuration du marché 5G à travers des infrastructures partagées, l’intégration de services numériques innovants et l’essor du mobile money sur le continent africain figurent au cœur de sa stratégie.

Dans un environnement technologique et concurrentiel en mutation rapide, le groupe mise sur une croissance plus intégrée, ancrée dans les usages et ouverte à des collaborations renforcées, pour consolider ses performances à moyen terme.

Télécom. L’ANRT fixe de nouvelles règles de partage des infrastructures fibre optique

Un opérateur téléphonique peut aujourd’hui offrir des services de raccordement en fibre optique sans disposer de réseaux dans un quartier. C’est en gros la portée de la dernière décision de l’ANRT datée du 4 mars.

Avec cette décision, DG/05/2025, portant sur les offres techniques et tarifaires relatives au partage des infrastructures FTTH exploitées par les trois opérateurs et dont Médias24 détient copie, le régulateur veut mettre à profit l’expérience du partage de l’infrastructure cuivre (ADSL).

Dépasser les échecs de l’ADSL

En d’autres termes, l’ANRT veut passer au-delà des échecs de ce partage en proposant un cadre nouveau. En effet, après la série de plaintes, de procédures judiciaires et de sanctions concernant le partage des réseaux cuivre, le régulateur passe à une nouvelle phase où il oblige les trois opérateurs à « mutualiser leurs infrastructures de fibres existantes ou à venir » tout en « coordonnant leurs efforts pour l’exploitation et le déploiement » de la fibre.

À travers cette décision, chaque opérateur peut être un opérateur d’infrastructure (détenteur de l’infrastructure) ou OC, opérateur commercial. Des OTT (offres techniques et tarifaires) doivent fournir toutes les informations techniques et financières permettant de raccorder un client final, de suivre sa consommation, voire d’assurer les services après-vente (SAV) pour le compte des uns et des autres.

Ainsi, avec cette décision, chaque opérateur pourra avoir deux rôles : opérateur commercial (OC) et/ou d’infrastructure (OI). Chaque opérateur OI devra louer – dans des conditions assurant la non-discrimination et l’objectivité permettant une concurrence loyale – à un opérateur OC qui le demande, chaque segment de l’infrastructure, y compris les câbles arrivant chez le client final.

Donc un opérateur commercial peut demander de louer toute la ligne depuis le serveur de l’opérateur infrastructure (OI) jusqu’au PTO (la prise dans le domicile de l’abonné). Chaque opérateur OI devra traiter les demandes de SAV des OC dans des délais très réduits.

Pour ce faire, chaque opérateur OI publie sa liste des tarifs pour tout type d’infrastructure. L’OI devra aussi mettre à disposition de l’espace (physique) dans ses locaux/équipements s’il s’avère nécessaire de loger les équipements de l’OC. En gros, l’OI loue à l’OC le câble lui-même, ainsi que le service et le débit, ce qui peut aller jusqu’à l’équipement dans le domicile de l’abonné. Concrètement, si un client décide de changer d’opérateur, même si cet opérateur n’est pas installé dans la ville ou le quartier en question, son concurrent est obligé de lui louer l’ensemble de l’infrastructure nécessaire pour cette opération dans une limite où le débit ne dépasse pas les 1 Gb/s.

Le régulateur va encore plus loin dans le cas de la commande et du SAV, où il stipule une automatisation des processus avec des « webservices » à mettre en place pour « gérer les échanges entre l’OI et chaque OC ».

Concernant les tarifs, la décision préconise que les tarifs proposés par chaque OI doivent « contribuer à dynamiser la concurrence » au profit des utilisateurs finaux.

Pas de changements sur les tarifs

Comment cette décision se répercute-t-elle sur le marché ? Selon nos informations, les différents acteurs ont proposé des tarifs « symétriques », c’est-à-dire identiques. C’est d’ailleurs ce que nous avons pu constater sur les OTT des opérateurs, puisque aussi bien la dénomination de l’annexe concernant la tarification, son code couleur ou les tarifs affichés sont identiques.

Selon nos sources, Inwi a ouvert l’accès à ses infrastructures FTTH aux autres acteurs du marché à partir de ce jeudi 13 mars, ouvrant le bal de l’opérationnalisation des offres commerciales.

 

Toutefois, confie une de nos sources, « la tarification actuelle au client final est imposée par l’ANRT, mais avec l’augmentation de la couverture de la fibre et la rentabilisation des infrastructures, des baisses de prix graduelles devraient être perceptibles à moyen terme ».

C’est d’ailleurs un des enjeux majeurs de cette décision : la rationalisation et l’accélération des investissements dans l’extension du réseau de fibre optique. « Au lieu que chaque opérateur investisse séparément dans l’infrastructure dans un même quartier, chacun pourra se concentrer sur une zone et faire profiter les autres de l’infrastructure créée ».

Selon notre source, l’ANRT s’est conformée au souhait de sa tutelle pour accélérer la mise en place de la stratégie « Maroc Digital 2030 ». Celle-ci préconise de rendre 5,6 millions de foyers éligibles à la fibre optique d’ici 2030, contre 1,5 million en 2022.

Aujourd’hui, on compte moins d’un million d’abonnés à la fibre. Avec la mutualisation de l’infrastructure, cet objectif peut être atteignable.

Le régulateur répond aussi à un principe de réalisme : on ne peut pas lancer la 5G (qui est d’ailleurs dépendante du réseau de fibre), alors que les opérateurs sont encore pleinement investis dans le développement de la technologie fibre. Avec cette décision, une partie des milliards de dirhams prévus dans le développement de la fibre optique (plus de 20 MMDH) pourrait mieux se disséminer sur le territoire national au lieu de rester cantonnée dans les quartiers les plus rentables.

Une décision qui devrait dégager des ressources financières pour le lancement imminent des appels d’offres pour la 5G, qui pourrait survenir en marge du GITEX Africa le mois prochain à Marrakech.

En attendant, depuis février dernier, les nouveaux OTT ont bien été publiés sur les sites respectifs des opérateurs télécoms, comme stipulé par la décision de l’ANRT.

5G, fibre optique et voix : le point avec le groupe Orange sur ses activités au Maroc

Lors de cette rencontre, le débat a principalement porté sur la 5G et son déploiement au Maroc. Sur ce volet, le groupe Orange a fait comprendre que les équipements sont là, dont certains doivent être upgradés, et qu’il ne reste à présent que les modalités de déploiement à fixer. Etant l’une des exigences du cahier des charges du Mondial 2030, que le Maroc organisera avec l’Espagne et le Portugal, l’opérateur prévoit que tout sera en place pour l’opérationnalisation de cette technologie d’ici là.

5G : « Les discussions avec le régulateur sont à un stade avancé »

Sur ce volet, l’opérateur dispose déjà du savoir-faire nécessaire et d’une expertise qu’il a notamment développée à l’échelle européenne. Le premier, selon Christel Heydemann, directrice générale du groupe Orange, « c’est qu’on sait designer, ingénierer et utiliser les bandes de fréquences dans certains pays. La première utilisation de la 5G, notamment au Maroc, nous permettra ainsi d’écouler encore plus de trafic pour nos clients, grâce à des bandes de fréquence 5G ».

« Ce sera le premier résultat, et c’est d’ailleurs de cette façon que nous avons commencé en France et dans beaucoup d’autres pays d’Europe, parce que les réseaux sont actuellement saturés par le trafic data de nos clients qui consomment toujours plus. Et le premier enjeu pour nous, c’est d’utiliser le spectre au mieux, et de designer nos réseaux au mieux pour pouvoir écouler le maximum de trafic ».

« Au Maroc, on est aujourd’hui à un stade avancé des discussions avec le régulateur », ajoute-t-elle. « J’aurais d’ailleurs tendance à être d’accord avec le fait que la 4G n’est pas entièrement optimisée au Maroc », et qu’il est donc encore un peu tôt pour passer à la 5G, « mais il faut savoir que les bandes de fréquence 5G sont aujourd’hui indispensables pour continuer à permettre aux Marocains de consommer le réseau et d’avoir un trafic dans une zone comme Casablanca, où il y a beaucoup d’habitants ».

« Pour le déploiement de la 5G, on aura simplement à upgrader les sites mobiles 4G existants »

« Si elle n’existait pas, les citoyens de la métropole seraient vraiment limités. Et je peux vous dire aussi que, que ce soit en France ou en Espagne par exemple, on a tout d’abord déployé la 5G comme réservoir de trafic en plus de la 4G, parce qu’on peut utiliser les bandes de fréquence 5G pour les clients qui ont un téléphone 4G et qui utilisent la 4G. C’est une priorité, et je pense qu’il y a consensus là-dessus, en tous les cas entre tous les opérateurs du Royaume, et on devrait pouvoir convaincre le régulateur ».

En ce qui concerne les préparatifs de la 5G, Christel Heydemann souligne qu’aujourd’hui, « au Maroc, on a de la 4G. On a des sites, et on n’a pas besoin d’un opérateur neutre. L’enjeu, c’est surtout d’avoir des terminaux abordables, parce que l’une des raisons pour lesquelles, en Europe et aux Etats-Unis, la 5G a mis beaucoup de temps à se déployer, c’est que les premiers terminaux coûtaient jusqu’à 1.300 euros, ce qui restreignait largement » le champ de déploiement.

« Cela a donc fait que la capacité à pénétrer le marché était très faible. Au Maroc, on est prêt. Il y a certes du travail qui reste à faire, mais il n’y a pas d’enjeu d’infrastructures, puisqu’on a déjà nos sites mobiles. Il s’agira simplement d’upgrader les sites mobiles 4G existants, ce qui demandera des investissements considérables. Pour nous, la 5G est donc vraiment un enjeu de continuer à améliorer la qualité du réseau pour nos clients« , ajoute-t-elle, notant que « le Royaume est d’ailleurs le pays qui nous demande le plus d’investissements, parce que le trafic y est élevé ».

« On fera tout ce qu’on peut pour proposer la 5G pour le Mondial 2030 »

L’autre enjeu évoqué par la directrice générale du groupe est « la nécessité d’avoir des terminaux adaptés. On pourra ainsi utiliser la 5G pour faire ce que l’on appelle le fixed wireless access, qui est la fibre sans fil grâce à un modem 5G. C’est quelque chose que le groupe vient tout juste de lancer dans certains pays d’Europe, et que les Américains ont lancé depuis très longtemps. Ces dernier avaient d’ailleurs lancé, dès le début, la 5G pour faire de la fibre sans fil ».

L’opérateur prévoit par ailleurs d’être prêt pour le Mondial, d’autant que la 5G est l’une des exigences du cahier des charges de la FIFA pour cet évènement mondial.

« La première étape sera d’avoir les fréquences », précise la responsable d’Orange. « C’est important pour les grands événements sportifs. Orange était d’ailleurs le premier partenaire des Jeux olympiques cet été. On a utilisé la 5G privée pour capter avec des caméras installées sur les bateaux, puisqu’on ne pouvait pas avoir du fil sur toutes les zones. On était également partenaire de la Coupe d’Afrique des nations à Abidjan en Côte d’Ivoire au mois de janvier. On a donc ce savoir-faire des grands événements sportifs et de leur connectivité, et donc bien sûr qu’on fera tout ce qu’on peut pour proposer la 5G pour le Mondial 2030« , dont une partie aura lieu au Maroc.

S’agissant des modalités d’attribution, Christel Heydemann explique que cela s’effectue généralement par lots techniques. « À Paris par exemple, on était tout seul. Mais généralement, ce sont des lots techniques et des appels d’offres, et il se trouve qu’Orange est l’un des opérateurs qui dispose de la plus grande capacité pour y répondre ».

« Pour ce qui est de la Coupe du monde 2030, elle aura lieu aussi bien au Maroc qu’en Espagne. Etant également présents en Espagne, nous discutons aussi avec les équipes espagnoles. C’est un projet d’ampleur, parce qu’il s’agit d’amener les meilleures images et de garantir la meilleure expérience notamment pour les spectateurs dans les stades mais, surtout, pour les téléspectateurs dans le monde. Il y a également tout ce qui a trait à la captation d’images et à l’arbitrage visuel, mais les organisateurs de Coupes du monde de football connaissent tous ces enjeux, et ont l’habitude de lancer des appels d’offres, et nous en tant qu’opérateur, nous avons l’habitude d’y répondre ».

« La 5G nous apportera des capacité supplémentaires »

« Pour cet événement mondial, il y aura également l’accompagnement des spectateurs. Il faut que les visiteurs qui viendront au Maroc aient la meilleure connectivité, laquelle passe par les réseaux existants, sur lesquels il faudra renforcer la connectivité, comme cela a été le cas pour les JO 2024 à Paris. Pour s’y préparer, on a l’habitude dans notre métier d’anticiper. On connaît le trafic sur les réseaux, et il y a des équipes spécialisées dans ce volet. Si l’on a des manques de fréquences, cela représente pour nous le T0. C’est donc du refarming [réaffectation du spectre, ndlr] de fréquence auquel il faudra procéder, qui se compte en semaines ou en mois, mais pas en années, et on a encore du temps devant nous d’ici 2030″.

« Une fois de plus », insiste Christel Heydemann, « c’est quelque chose que l’on a l’habitude de faire et qu’on a déjà fait pour la 4G. De ce point de vue, la 5G n’est pas très différente de la 4G ». Et il se trouve que le groupe a déjà énormément investi dans la modernisation de son réseau, précise pour sa part Hendrik Kasteel, CEO d’Orange Maroc, qui souligne « la spécificité du Maroc quant au niveau de consommation de la data mobile par client qui est beaucoup plus élevé », en comparaison à d’autres pays.

« Cette consommation est plus élevée que sur la zone Afrique et Moyen-Orient, parce que les tarifs restent faibles, et que les usagers qui passent par l’IPTV sont nombreux. Cela fait que le niveau de croissance du trafic internet est exponentiel au Maroc. On a donc besoin de capacités supplémentaires, et c’est ce que la 5G va apporter en premier lieu ».

« La fibre optique est la technologie la plus avancée et la plus pérenne en termes de débit »

Pour ce qui est de l’évolution du déploiement de la fibre optique, le groupe Orange précise qu’au « niveau mondial, il a été prouvé que c’est la technologie la plus avancée et la plus pérenne quand on parle de débit. Il y a encore des capacités pour l’upgrader si l’on fait les bons designs de réseau, ce qu’évidemment chez Orange on a maintenant l’habitude de faire, ayant fait le choix de commencer à déployer la fibre il y a plus de dix ans ».

« Nous sommes aujourd’hui l’opérateur qui a déployé le plus de fibre en Europe. Orange a déployé plus de fibre que la somme de ce qui a été déployé par Deutsche Telecom, Telecom Italia, British Telecom et Vodafone », fait savoir Hendrik Kasteel.

« Toutefois, chaque pays a ses spécificités, d’où l’importance d’avoir du savoir-faire local. Ce sont des enjeux de génie civil, de permis, et des enjeux de ciblage géographique. Il faut également savoir réaliser les plans dans la bonne vitesse, puisqu’il y a des enjeux de régulation aussi, et de réglementation », souligne la directrice générale du groupe.

« En Afrique et au Moyen-Orient, la fibre a commencé à être déployée tôt. Il en est de même au Maroc, qui a commencé très tôt sur cette technologie. Orange Maroc a d’ailleurs contribué à ce déploiement, avec un niveau d’investissement important ».

« Je crois que près de 2,8 millions d’équivalent de logements sont déjà raccordables », estime, quant à lui, Jérôme Hénique, CEO d’Orange OMEA. « Le Maroc reste le premier pays fibré dans la région, en nombre d’équivalent logements fibres et en nombre de lignes ».

Le Royaume prévoit d’ailleurs, sur décision royale, d’atteindre 4,6 millions de foyers fibrés en 2026, et près de 5,8 millions de foyers en 2030.

La voix se maintient, près de 900.000 clients seulement chez Orange Maroc

La voix est l’autre activité du groupe Orange. Si l’on a tendance à croire qu’elle est en baisse, le groupe précise qu’elle continue à se maintenir, avec un trafic qui augmente de 25% par an sur ses réseaux depuis très longtemps. « On a encore 900.000 clients qui font de la voix au Maroc rien que chez l’opérateur Orange », précise le CEO d’Orange OMEA. « Il ne faut donc pas la sous-estimer ».

Christel Heydemann se dit, quant à elle, « contente parfois d’avoir la voix en back-up aussi. D’ailleurs, dans certains pays, notamment d’Europe, on essaie de décommissionner la 2G, mais cela s’avère très compliqué, parce qu’on sous-estime toujours le trafic qui reste sur cette activité. Parfois ce sont des systèmes sensibles, des systèmes d’entreprises, des systèmes de résilience, des connectivités d’objets et d’ascenseurs… »

« C’est donc une course éternelle pour toujours anticiper, investir dans les réseaux et être toujours prêts avant que le trafic n’arrive. En Afrique, le chiffre d’affaires de la voix classique est encore en croissance parce qu’on a encore beaucoup d’extensions de déploiement vers des zones rurales ou ultra-rurales. Ce n’est évidemment pas le cas au Maroc, où notre réseau Orange couvre déjà la totalité de la population ».

« Dans la prochaine phase, nous aurons de la voix sur de la data, et on arrivera par la suite à l’intelligence artificielle avec les chatbots vocaux. À ce moment-là, nous allons retrouver une autre forme de voix qui va recréer du trafic et sur lequel les attentes d’expérience client vont être similaires à ce qu’on a de la voix, avec des besoins de latence très faibles. C’est la prochaine vague technologique qu’on va voir arriver dans les réseaux. Certes, ce n’est pas pour 2025, mais ça viendra », conclut la directrice générale du groupe.

Coopération numérique : le Maroc et la France misent sur la fibre optique et la 5G

La ministre de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a rencontré le mardi 29 octobre à Rabat une délégation d’hommes d’affaires, entrepreneurs et investisseurs français, dans le but de renforcer la coopération maroco-française dans les domaines du numérique et des technologies de pointe.

Christel Heydemann, directrice générale du groupe Orange, a exprimé l’engagement de son groupe à soutenir la transformation numérique du Royaume, notamment en matière de développement de la fibre optique et de la 5G. « Nous comptons poursuivre nos investissements pour accompagner la montée en puissance des infrastructures numériques, essentielles pour le futur du Maroc », a-t-elle déclaré.

Elle a également évoqué la perspective de la Coupe du monde de football 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal, soulignant que cet événement représente une opportunité majeure pour renforcer l’image du pays grâce à des infrastructures numériques modernes et attractives.

Pour Amal El Fallah Seghrouchni, cette visite illustre un partenariat stratégique entre le Maroc et la France, fondé sur une volonté commune de renforcer les relations dans des secteurs clés comme le numérique.

« Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de développement de partenariats vertueux et durables dans le domaine du digital », a-t-elle indiqué, mettant en avant la transformation économique du Maroc, devenue une destination prisée des entreprises internationales investies dans l’innovation numérique et les technologies avancées.

Cette démarche s’aligne sur la Stratégie nationale « Maroc Digital 2030 », qui vise à positionner le Maroc en tant que leader régional de la digitalisation et à renforcer son rôle dans l’économie mondiale.

Amal El Fallah Seghrouchni a conclu en affirmant que cette rencontre marque une étape importante dans la coopération bilatérale, misant sur les acquis du partenariat franco-marocain pour promouvoir de nouvelles initiatives dans le secteur numérique. Elle a souligné que ce secteur représente un levier fondamental pour répondre aux défis futurs, tels que la digitalisation des services publics et la création d’emplois pour la jeunesse marocaine.

Inwi se branche au câble sous-marin Medusa reliant le Maroc et l’Europe

Après Orange, l’opérateur télécom Inwi a annoncé, ce lundi 29 janvier, la signature d’un accord de partenariat stratégique avec Medusa Submarine Cable System, pour le renforcement de sa connectivité transméditerranéenne.

Cet accord porte sur la fourniture et l’exploitation de liens de fibre optique dédiés dans le nouveau câble sous-marin, Medusa, le plus long de la Méditerranée, indique Inwi dans un communiqué.

« Medusa relie l’océan Atlantique à la mer Méditerranée et à la mer Rouge, créant ainsi une nouvelle liaison de l’Asie à l’Atlantique. Il permet ainsi le développement régional de la société de l’information et de ses acteurs », précise l’opérateur. Cette infrastructure reliera le Maroc à l’Europe du Sud, connectant Nador à Marseille. Elle permettra de répondre à la croissance constante du trafic fixe et Internet et offrira des chemins de connectivité diversifiés et sécurisés aux clients de Inwi, particuliers et professionnels.

Câbles de fibre optique : les coulisses de l’augmentation des droits d’importation pour soutenir l’industrie nationale

Le 10 novembre, lors de l’examen des amendements des mesures fiscales et douanières du PLF2024, un amendement proposant d’introduire une nouvelle mesure au PLF, qui n’était pas prévu avant, a été accepté.

Il s’agit de porter les droits d’importation aux « câbles à base de fibre optique en verre non travaillé optiquement ou autres » de 2,5% à 10%.

L’argument avancé est la protection de l’industrie locale.

Des taux plus élevés ont été proposés, mais non retenus

Contacté par nos soins, Mustapha Brahimi, député PJD ayant assisté à la discussion de la première partie du PLF 2024 le 10 novembre dernier, nous explique que son parti a proposé d’augmenter le taux actuel à 17,5%.

« Nous avons une nouvelle industrie qui s’implante au niveau national en matière de fibre optique. Les droits d’importation sont un mécanisme que l’on ajuste en fonction de la situation sur le terrain », nous explique-t-il.

« A titre d’exemple, en période de sécheresse, les taxes sur les céréales sont supprimées, tandis que lors d’une bonne année de production, les droits d’importation sont augmentés, pour inciter la consommation locale. Il en est de même pour l’industrie. Lorsque l’on a une industrie nationale, nous devons la protéger de différentes manières, et l’augmentation des droits d’importation en est une. »

Et d’ajouter : « Le taux de 17,5% proposé par le PJD a été refusé. Celui retenu s’élève à 10%, dans l’objectif d’encourager davantage l’industrie nationale et de limiter l’importation. »

Le taux de 10% a été proposé par Fouzi Lekjaa séance tenante et accepté.

Le parlement prolongement de discussion à la CCI

Selon nos informations, un taux encore plus élevé a été demandé par les fabricants nationaux. Ces derniers ont réclamé 40% de droit d’importation.

La demande a été introduite par une importante société qui produit localement. Sa demande a fait l’objet d’examen à la Commission Consultative des Importations (CCI). Cette commission est chargée de donner son avis sur toutes les mesures visant la protection et l’amélioration de la compétitivité de l’Industrie nationale.

Il se trouve que la demande de l’industrie locale a trouvé écho au niveau de la commission après des discussions de plusieurs mois. Mais l’avis favorable n’est pas arrivé à temps pour que la mesure soit introduite lors de la première mouture du PLF. D’où le rattrapage fait lors de l’examen au parlement.

L’avis favorable a concerné le principe de protection, mais le taux restait à discuter. Et au regard des échanges en commission, le gouvernement ne comptait pas aller au-delà des 10% consentis.

Tout en faisant un geste pour l’industrie locale, l’Etat doit aussi veiller à ce que le besoin au niveau national soit totalement assouvi surtout que la demande connaitra certainement une hausse au regard des nombreux projets structurants à venir, à leur tête ceux lancés pour préparer l’organisation du Mondial 2030.

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, la fibre optique n’a pas pour seul usage le secteur des télécoms.  Elle est sollicitée dans plusieurs domaines et pour différents usages comme dans le ferroviaire, l’électricité, l’automobile, le médical, …

Au Maroc, l’industrie de la fibre optique se développe de plus en plus. Plusieurs producteurs nationaux opèrent sur le marché national. On peut citer, à titre d’exemple, FBR Câbles, une société de fabrication de câbles à fibre optique à Bouskoura. Il y a aussi Furukawa Electric à Tanger Automotiv City, fournisseur de solutions à base de fibre optique.

Médias24 reviendra sur les implications de cette mesure et les arguments avancés par la branche nationale.