Averses orageuses, grêle et rafales de vent, ce dimanche, dans plusieurs provinces du Maroc

Dans une alerte de niveau orange, la Direction de la météorologie annonce que des averses orageuses accompagnées de grêle et de rafales de vent, allaient concerner les provinces d’Ifrane, Khenifra, Midelt et Boulemane dans la région du Moyen-Atlas. Le même phénomène va concerner la province de Figuig dans l’Oriental.

Ces éventuelles intempéries vont avoir lieu, dimanche 15 septembre de 14h à 23h, indique la même source. Quant à la pluviométrie attendue, elle va être de l’ordre de 15 à 30 mm.

Aides alimentaires à Figuig et opérations de secours à Tata après les violentes intempéries (vidéos)

Dans la province de Figuig, des distributions de vivres et de denrées alimentaires ont été organisées en faveur des familles touchées par les inondations provoquées par ces violentes intempéries, afin de répondre à leurs besoins urgents.

Dans la province de Tata, à Douar Aoukerda, les opérations de secours se poursuivent. Les équipes s’emploient à dégager les débris et à rechercher les personnes potentiellement disparues à la suite des crues.

Ces interventions s’inscrivent dans une campagne plus large visant à restaurer la normalité dans les zones gravement impactées par les inondations et les glissements de terrain.

Selon le dernier bilan actualisé au 9 septembre à 18 h, les 18 décès se répartissent comme suit : dix à Tata, trois à Errachidia (dont deux étrangers, un Canadien et un Péruvien), deux à Tiznit, deux à Tinghir (dont un Espagnol), et un à Taroudant. Par ailleurs, quatre personnes restent portées disparues dans la région de Tata, où les recherches se poursuivent activement.

Un plan d’urgence pour réparer les dégâts causés par les dernières pluies sur les infrastructures agricoles

Le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts s’est rendu le mardi 10 septembre 2024 dans la province de Ouarzazate pour constater l’impact des dernières précipitations sur l’agriculture dans les zones touchées, indique un communiqué de son département.

Mohammed Sadiki s’est arrêté au niveau du site Oum Rman relevant de la commune territoriale de Ghessate pour constater la nature et l’ampleur des dégâts enregistrés. Au niveau de ce site, les dégâts ont affecté principalement les infrastructures hydrauliques (seguias, murs de protection, siphons,…) et l’arboriculture fruitière, notamment l’olivier, le figuier, le palmier dattier et les cultures annuelles, note le ministère.

40 MDH pour les actions urgentes de réparation

Le ministre a tenu une réunion avec les membres du bureau de la Chambre régionale d’agriculture représentant toutes les provinces de Drâa-Tafilalet, en la présence du gouverneur et du président de la région, ainsi que des responsables du ministère. Cette rencontre a porté sur la situation liée à ces conditions climatiques particulières dans les provinces de Ouarzazate, Tinghir, Zagora, Errachidia et Midelt, et à son impact sur l’agriculture.

Le ministère affirme avoir dépêché ses services immédiatement après le passage des intempéries pour estimer les dégâts. Sur la base de ce diagnostic, un programme d’action a été arrêté. Ce dernier a été présenté lors de la réunion, puis lancé pour réparer les infrastructures endommagées par les averses en vue d’atténuer l’impact des dégâts au niveau des provinces de Ouarzazate, Tinghir, Errachidia, Midelt et Zagora.

Un montant de de 40 millions de DH sera alloué, dans un premier temps, aux actions urgentes de réparation des dégâts à l’échelle de la région. Un autre programme est en cours d’élaboration pour la province de Tata, qui a été frappée par des crues importantes.

Les averses orageuses enregistrées depuis le 23 août ont provoqué des crues intenses au niveau des oueds des provinces de Ouarzazate et Tinghir. Les précipitations ont atteint des records au niveau de certains sites, notamment dans la commune territoriale de Tagounite dans la province de Zagora.

Les crues ont affecté les cultures et les infrastructures hydro-agricoles des exploitations situées en bordure des oueds. Les crues ont ainsi causé des dégâts sur des arbres fruitiers (palmier dattier, pommier, olivier, figuier, …) et des cultures de maïs, de maraîchage et de fourrage, poursuit le ministère de tutelle.

Les dégâts causés aux infrastructures hydro-agricoles à l’échelle de la région ont porté notamment sur la détérioration de 29,7 km de seguias, 6 km de routes rurales et pistes agricoles, des équipements hydromécaniques, des équipements d’énergie solaire et des stations de pompage.

Les crues ont toutefois eu un impact très positif sur le remplissage des barrages (barrage Mansour Eddahbi, barrage Moulay Ali Chrif, barrage Agdez, barrage Kaddoussa, barrage Hassan Addakhil), sur l’irrigation des périmètres de petite et moyenne hydraulique (PMH), sur la nappe phréatique et sur le couvert végétal.

Eau et agriculture : le projet du barrage Kheng Grou commence à prendre forme

Les travaux de construction du nouveau barrage se poursuivent sans relâche pour gagner du temps, dans un contexte de sécheresse sévère dans la région de l’Oriental. Situé dans la province de Figuig, le barrage de Kheng Grou sera bâti dans une gorge de l’oued Kheng Grou près de Ksar Moghel, caidat Beni Tadijit.

Ce cours d’eau s’écoule entre deux reliefs montagneux, le jbel Boudhir à l’ouest et le jbel Talmest à l’est. Il résulte de la confluence de plusieurs oueds situés en amont du bassin du Guir, principalement les oueds Safsaf, Rmila, Ghazouan, Hallouf et Sahb Sabab.

Une première zone à relocaliser située dans le bassin du barrage.

L’ouvrage, en cours de construction, est de type béton compacté au rouleau (BCR). Il s’agit d’une construction de barrage par mise en place successive de couches de béton. Cette approche permet une durabilité, une rapidité dans les travaux et une économie dans les coûts. Elle présente également l’avantage de déverser facilement les crues.

Les travaux récemment initiés concernent le début du coulage des couches de béton, qui atteindront une hauteur totale de 79 m à l’achèvement du projet. Deux ans après le lancement du projet, les travaux réalisés représentent environ 2/5 du projet total, soit un taux d’avancement d’environ 37%.

En raison de la crise hydrique, les travaux sont intensifiés pour achever le projet plus tôt que la date prévue. L’ambition est qu’il soit prêt vers juillet 2026 au lieu de mars 2027. De précieux mois gagnés.

Une fois finalisé, le projet, qui permettra le stockage d’environ 1.069 millions de mètres cubes d’eau supplémentaires, constituera le plus grand barrage de la région orientale et le cinquième plus grand du Maroc.

Image satellitaire montrant le caractère aride aux alentours du site du barrage (23 juin 2024).

En marge des travaux de construction, sont prévues des opérations de relocalisation des équipements qui seront noyés par la future retenue du barrage Kheng Grou, dont la ligne électrique de moyenne tension.

Forte sécheresse dans la province de Figuig

Contrairement à ce qui est médiatisé, ce projet ne constitue en aucun cas une menace hydrique pour l’ouest de l’Algérie puisque l’oued Kheng Grou ne présente aucune connexion avec l’oued Guir, dont la source est située dans la montagne Al Ayachi (province de Midelt) et qui déverse en Algérie.

Ce projet vise à trouver une solution face à la succession des années de sécheresse dans la région de l’Oriental.

D’une année à l’autre, le niveau des nappes souterraines a baissé en raison de la limitation des eaux de surface dans le bassin de Guir. Aujourd’hui, la surexploitation des nappes menace l’approvisionnement en eau potable et l’agriculture oasienne, très répandue dans cette zone aride.

Selon le ministère de l’Equipement et de l’eau, le bassin de Guir comprend principalement trois nappes, toutes surexploitées :

Nappe du Haut Atlas : cette nappe, la plus importante, s’étend de Figuig à l’est jusqu’au Rich à l’ouest. Les ressources d’eau renouvelables annuelles sont de 211,3 millions de mètres cubes contre une consommation de 211,3 millions de mètres cubes.

Nappe du Crétacé : elle se situe aux alentours de la ville d’Errachidia où les ressources renouvelables sont de l’ordre de 154.5 millions de mètres cubes contre une consommation annuelle de 154.4 millions de mètres cubes.

– Nappe du Quaternaire : il s’agit d’une nappe superficielle où les ressources renouvelables sont de 164,7 millions de mètres cubes contre une consommation de 188,1 millions de mètres, soit un déficit de 23,4 millions de mètres cubes.

Pour préserver l’oasis de Figuig, un projet de connexion entre le barrage Rkiza, avec une capacité de 17 millions de mètres cubes, et le barrage de Sfisef, dont la capacité ne dépasse pas 20 millions de mètres cubes, est envisagé.

Potentiel exploitable dans le bassin de Guir

Le bassin de Guir compte environ 59 seuils de dérivation et des khettaras le long des principaux oueds et affluents permettant le développement des oasis et le pastoralisme. Le projet Kheng Grou est pensé dans une zone où la qualité de l’eau de surface et souterraine est bonne et pérenne.

Il est estimé qu’il cumulerait un apport d’environ 110 millions de mètres cubes, pouvant doubler en cas de crues, fréquentes dans cette zone où les précipitations sont rares, sous forme de pluies torrentielles brèves mais intenses, pouvant apporter des volumes d’eau plus importants. Les grandes vallées traversées par les oueds du bassin Guir confirment ce constat.

Le bassin de Guir alimentant les provinces de Figuig et Errachidia ne dispose que de quelques barrages moyens, à savoir le barrage de Hassan Ad Dakhil (312 millions de mètres cubes) et le barrage de Kadoussa (220 millions de mètres cubes).

Ses potentialités, justifient la nécessité d’un nouveau barrage permettant de stocker plus de ressources, tout en réduisant la pression sur les eaux souterraines en surexploitation.

 

 

Le futur projet de barrage Kheng Grou permettra de créer une immense capacité de stockage d’eau, répondant ainsi à la demande croissante en eau face à l’épuisement des ressources souterraines. Il fournira de l’eau potable à la région, contribuera à la recharge de la nappe phréatique appauvrie, protégera contre les crues récurrentes et permettra le développement d’un périmètre agricole à l’aval du barrage, dont l’aménagement sera lancé prochainement et se développera en parallèle.

Enfin, il permettra de soutenir l’agriculture oasienne à l’aval du barrage sur une superficie de 1.000 hectares de petite et moyenne hydraulique traditionnelle, et d’étendre la superficie du périmètre sur 3.300 hectares additionnels.

Voici ce qu’il faut retenir du nouveau barrage de Kheng Grou :

– Capacité du barrage : 1 milliard 69 millions de mètres cubes ;

– Début de construction : deuxième trimestre de l’année 2022 ;

– Fin des travaux : juillet 2026 (au lieu de mars 2027, prévue initialement) ;

– Coût du projet : 1.150 millions de dirhams ;

– Finalité du barrage : eau potable, irrigation agricole, protection contre les inondations et recharge artificielle de la nappe de Guir.

Démissions, commission ad hoc et élections partielles attendues : que se passe-t-il à Figuig ?

« Des élections partielles ou complémentaires se tiendront d’ici le 15 août prochain« , indique à Médias24 le président du conseil communal de Figuig, Abdenbi Afi.

Contacté par nos soins, il explique la situation du conseil communal de Figuig et les raisons pour lesquelles neuf de ses membres ont décidé de démissionner le 15 mai dernier. Bien qu’il assure que les neufs démissions n’ont pas touché au fonctionnement du conseil, puisque « aucun des démissionnaires ne faisait partie du bureau », leur décision a tout de même conduit à la création d’une commission ad hoc.

Présidée par le Pacha, délégué du gouverneur, et composée de deux cadres du conseil communal, d’un représentant de la préfecture et du trésorier provincial, cette commission a démarré ses activités le 13 juin dernier. Soit près d’un mois après la démission collective de neuf élus locaux.

De l’opposition à la démission

L’affaire remonte à novembre dernier, lorsque le conseil communal a voté et adopté l’intégration des sociétés de distribution d’eau potable. « Quatre régions ont voté dans ce sens pour appliquer la loi 81-23 relative aux sociétés régionales multiservices. C’est une loi adoptée par le Parlement et nous y avons adhéré, comme tout le monde. Et ce, même si notre cas est particulier, puisque c’est la commune qui gère la distribution de l’eau et non l’ONEE ou l’ONEP comme ailleurs », explique Abdenbi Afi.

Le problème, selon notre interlocuteur, c’est que certaines parties s’y sont opposées. « Il y a eu une opposition qui, au début, était acceptée. Mais elle s’est transformée par la suite (…). Nous avons, à plusieurs reprises, communiqué là-dessus pour corriger de fausses informations relayées auprès des citoyens. On leur a fait croire que les sociétés ne viendraient pas uniquement gérer l’eau potable, mais plutôt faire disparaître les sources d’irrigation et les sources utilisées pour laver leur linge, etc. C’est ce qui a poussé certains citoyens à protester ».

« Une coordination a été créée et s’est autoproclamée représentante des citoyens. Or, ce sont les élus qui représentent les citoyens, et ce sont les élus qui ont adopté cette mesure à 9 voix contre 8 à travers un vote démocratique. Mais cette coordination a fini par exercer une pression sur les 8 élus qui ont voté contre. Ils ont fini par démissionner, en plus d’un neuvième élu qui, de toute façon, n’a assisté qu’à une seule session en deux ans », déplore Abdenbi Afi.

Trois mois avant leur démission, ces élus, selon notre interlocuteur, ont « demandé la tenue d’une session extraordinaire pour annuler la décision qui avait été votée. Mais ce n’est pas possible, car c’était un vote démocratique, sans aucun vice ; sinon le gouverneur, qui est en charge du contrôle, l’aurait annulé ».

« Ils ont même eu recours à la justice qui a rejeté leur requête. Il n’y avait donc aucun vice, ni dans la décision, ni dans la session par laquelle elle a été votée et adoptée. Si chacun devait démissionner à chaque fois qu’un vote ne lui plait pas, toutes les communes seraient paralysées. Et, suivant ce raisonnement, tous les parlementaires qui ont voté contre la loi 81-23 devraient, eux aussi, quitter leurs fonctions. Ce n’est pas comme ça que ça marche », poursuit le président communal.

Abdenbi Afi précise également que « selon les dernières statistiques disponibles, 731 communes ont voté en faveur de l’adoption de cette mesure. Et ce, dans les régions de l’Oriental, Souss-Massa, Casablanca-Settat et Marrakech-Tensift. Il n’y a qu’une seule commune qui n’a pas voté pour, c’est celle de Jerada. Mais elle finira par y adhérer aussi car son conseil provincial a voté pour ».

En tout cas, après cette démission collective, il a fallu attendre quinze jours pour « savoir si le gouverneur approuve cette démission ». Et c’est le cas. « La loi organique 113-14, relative aux communes, prévoit dans ce type de cas la tenue d’élections partielles ou complémentaires, dans un délai de trois mois à partir de la date de démission », indique notre interlocuteur.

Selon lui, de nouvelles élections se tiendront donc avant le 15 août. En attendant, et même si « le conseil communal n’a pas arrêté ses fonctions », une commission ad hoc a été créée et a démarré ses missions le 13 juin dernier.

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Tempête de sable à Bouarfa : les explications de la DGM

« Suite à l’approche d’une dépression en altitude accompagnée d’air relativement froid dans les couches supérieures sur le nord et l’est du pays, des vents forts avec rafales localement intenses ont touché le sud de l’Oriental et le sud-est, entraînant des chasse-poussières locaux, notamment dans la province de Figuig, les 17 et 18 juin », a expliqué Lhoucine Youabed.

La tempête de sable observée à Bouarfa était alimentée par des vents de secteur sud-ouest atteignant 100 km/h. « Ce phénomène résulte du passage de la dépression en altitude, générant une accélération de l’air du sud de l’Oriental vers le nord, transportant sable et poussières du désert du sud-est ».

L’aridité du sol a amplifié l’intensité de la tempête. « L’aridité du sol a favorisé le soulèvement et le transport de la poussière ou du sable par des vents forts. Ce phénomène est devenu fréquent au Maroc suite à l’affaiblissement de la couverture végétale qui stabilise le sol », a précisé notre interlocuteur.

En ce qui concerne les prévisions des prochains jours, « des vents forts affecteront encore le sud de la région orientale et le sud-est du pays ce mercredi 19 juin », explique le directeur de la communication à la DGM. « Quelques nuages toucheront l’ouest du pays avec possibilité de bruines locales sur les plaines intérieures nord, le Rif et le plateau des phosphates. Ailleurs, le temps restera stable avec des températures autour des moyennes saisonnières dans le nord, le centre et l’est du pays, tandis qu’il fera relativement chaud dans le sud de la région orientale, le sud-est et l’extrême sud. »

Jeudi 20 juin, « les températures resteront dans les moyennes saisonnières avec un temps relativement chaud dans le sud-est et l’extrême sud du pays », poursuit Lhoucine Youabed. « Quelques nuages accompagnés de bruines locales sont attendus le matin dans l’extrême nord-ouest et le Rif. Les vents seront relativement forts sur les provinces du Sud et les plaines atlantiques centrales ».

Par ailleurs, « une hausse progressive des températures est prévue le vendredi 21 juin avec un temps relativement chaud dans le sud de la région orientale, le sud-est et l’extrême sud du pays », conclut Lhoucine Youabed.

Voici les données concernant la consommation d’eau potable à Figuig

Au cours de la réunion organisée par le ministère de l’Intérieur à Bouarfa, jeudi 21 mars, le ministère de l’Equipement et de l’eau a fourni des données sur l’état des ressources en eau à Figuig, où des manifestations contre les sociétés régionales multiservices (SRM) ont été organisées. Le déploiement des SRM au niveau des différentes régions du Royaume suscite des inquiétudes chez les locaux qui craignent une privatisation de l’eau et/ou une augmentation des tarifs.

Ces tensions ont poussé le ministère de l’Intérieur à organiser, ce jeudi 21 mars à Bouarfa, une rencontre d’information avec la société civile locale, pour expliquer et apporter des réponses aux interrogations. Dans le sillage de cette rencontre, une présentation de la situation hydrique dans la région a été faite.

« Le niveau des nappes phréatiques dans la ville de Figuig connaît une baisse, en raison de l’exploitation excessive des eaux souterraines, due à la rareté des précipitations. En février 2024, le débit de la source Meghni, à Figuig, s’est établi approximativement à 10 litres par seconde, contre 15 litres par seconde en février 2020″, constate le ministère de l’Eau.

Ce dernier est revenu sur la baisse des précipitations dans l’ensemble de la région de l’Oriental (Oujda, Dar Driouch, Bouarfa et Guercif). Celles-ci ont diminué de 30% entre 1980 et 2023. Le ministère s’est également arrêté sur les dysfonctionnements de la gestion de l’eau potable dans la commune de Figuig. Premier constat : la consommation de l’eau potable excède la moyenne de consommation individuelle quotidienne.

Jusqu’à 136 litres d’eau potable consommés quotidiennement 

La consommation d’eau potable à Figuig dépasse largement la moyenne quotidienne de consommation par individu, qui est établie à 70 litres, observe le ministère de l’Equipement et de l’eau. Ci-dessous la répartition de la consommation d’eau potable (l/j) dans la commune de Figuig :

– Ksar Hammam Tahtani : 136,75 ;

– Ksar Zernaka : 92,73 ;

– Ksar Hammam Fougani : 92,5 ;

– Ksar Loudaghir : 80,97 ;

– Ksar Lamaïz : 77,87 ;

– Ksar Laabidat : 65,57 ;

– Ksar Ouled Slimane : 57,94.

Parmi les autres dysfonctionnements soulevés par le ministère, citons :

– le manque de personnel et ressources humaines non qualifiées (deux assistants administratifs et deux ouvriers de nivellement) et absence totale de techniciens et d’ingénieurs spécialisés ;

– un réseau de distribution délabré qui complique, avec les ressources financières limitées de la commune, le fait de garantir sa maintenance ;

– le recours à la tarification forfaitaire illégale qui compromet le principe de l’accès équitable à l’eau. Quelque 1.208 compteurs forfaitaires ont été recensés au 31 décembre 2023 ;

– la connexion directe et aléatoire ;

– l’utilisation de l’eau potable pour l’irrigation des vergers de palmiers dattiers ;

– les arriérés de paiement des redevances pour la consommation d’eau potable, dont le total s’élevait à plus de 2 MDH au 31 décembre 2023.

Les SRM n’auront aucun impact sur la tarification selon l’Intérieur 

Le premier éclairage apporté par ailleurs par la délégation du ministère de l’Intérieur concernait la politique tarifaire. À ce sujet, on s’est montré catégorique : « La mise en place des sociétés régionales multiservices n’aura aucun impact sur la tarification« , a assuré Mustapha El Habti, gouverneur, directeur de la Direction des réseaux publics locaux.

Le responsable s’est montré également rassurant sur la vocation des futures SRM. Si ces entités sont érigées en « sociétés anonymes », c’est, entre autres raisons, pour leur faciliter l’accès au financement, notamment via l’endettement.

Il ne s’agit pas pour autant de « privatiser l’eau. Au contraire, elle permettra une gestion de ce secteur pour et par les Marocains », a expliqué Mustapha El Habti. « Le projet vise à asseoir le pouvoir des collectivités sur ce service, qui demeure un service public ».

Figuig. Pérégrination dans le clair-obscur des ksours de l’Oriental

Médias24 : La ville-oasis de Figuig est célèbre pour ces sept ksours, encore habités. Pourquoi ils bénéficient d’une telle notoriété, aussi bien au niveau local qu’international ? 

Youssef Zaki : Les ksours de Figuig suscitent un vif intét en raison de leur caractère unique et historique, incarnant un précieux patrimoine culturel et architectural de la région. Leur préservation et leur utilisation continue permettent aux visiteurs de vivre une immersion authentique dans la vie et la culture locales, faisant ainsi des ksours de Figuig de véritables trésors du patrimoine marocain à explorer et à savourer.

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Les ksours de Figuig représentent un héritage architectural et culturel précieux, témoignant de l’ingéniosité et de la créativité des habitants de la région

Youssef Zaki, président du CRT de l’Oriental.

 

Quelles sont les principales spécificités architecturales des ksours de Figuig ? 

Les ksours de Figuig présentent une architecture remarquable, mettant en avant plusieurs spécificités distinctives. Construits en utilisant la technique traditionnelle du pisé, ces ksours offrent solidité et durabilité avec des matériaux locaux. Leurs murs fortifiés assurent une protection contre les éléments et les invasions, tandis que leur disposition compacte favorise la convivialité et la sécurité au sein de la communauté. Les terrasses offrent des espaces de rassemblement, tandis que les tours de guet permettent de surveiller les environs. Ornées de décorations traditionnelles, les façades ajoutent une touche esthétique distinctive à ces structures. En somme, les ksours de Figuig représentent un héritage architectural et culturel précieux, témoignant de l’ingéniosité et de la créativité des habitants de la région dans la construction de leurs habitats traditionnels.

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Trois ksours incontournables à explorer lors d’un voyage à Figuig : Ksar Tizimi, Ksar Maadid et Ksar Zenaga.

Lever du soleil sur la vallée de palmiers dans l’oasis de Figuig.

 

Quel est votre top 3 des ksours qu’un visiteur en voyage à Figuig doit absolument explorer? 

Trois ksours incontournables à explorer lors d’un voyage à Figuig : Ksar Tizimi, Ksar Maadid et Ksar Zenaga. Situé au cœur de la ville, Ksar Tizimi offre une immersion dans l’architecture en pisé traditionnel et abrite des sites historiques. Ksar Maadid, niché au pied des montagnes, séduit par son cadre verdoyant et son architecture préservée. Quant à Ksar Zenaga, célèbre pour ses murs fortifiés et ses tours imposantes, il offre une plongée dans l’histoire avec ses sites historiques et permet des rencontres authentiques avec les habitants locaux. Ces trois ksours offrent une expérience immersive dans l’histoire et la culture de Figuig, avec leurs architectures uniques, leurs sites historiques et leurs vues spectaculaires.

La Palmeraie et le centre urbain de Figuig vers 1912. « Sur les confins du Maroc, d’Oujda à Figuig ». Gravure M. L. Rousselet. Librairie Hachette.

 

Au-delà des ksours, Figuig c’est aussi pas moins de 26 oasis. En hauteur, elle est un océan de palmiers verdoyants. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur la richesse paysagère de Figuig ainsi que sur son climat et sa géologie très particuliers ? 

Absolument. Figuig se démarque par sa riche diversité paysagère, notamment avec ses 26 oasis de palmiers. Ces oasis, alimentées par des sources d’eau souterraines, offrent un contraste verdoyant au milieu du désert, abritant une variété de cultures et de faune locale tout en étant essentielles à la préservation de l’écosystème régional.

Le climat désertique chaud de Figuig, avec ses étés torrides et ses hivers doux, favorise la formation et la préservation des oasis, tandis que les précipitations rares, concentrées principalement pendant les mois d’hiver, contribuent à leur vitalité. La géographie unique de Figuig, marquée par des formations rocheuses anciennes, des montagnes et des plateaux, enrichit le paysage et abrite des sources d’eau souterraines associées à des formations géologiques spécifiques. En résumé, Figuig offre un paysage singulier où se mêlent désert, oasis luxuriantes et formations géologiques fascinantes, créant un équilibre délicat mais durable qui soutient la vie végétale et animale locale.

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Les 26 oasis offrent un contraste verdoyant au milieu du désert, abritant une variété de cultures et de faune locale      

Construits en utilisant la technique traditionnelle du pisé, les ksours de Figuig offrent solidité et durabilité avec des matériaux locaux.

 

L’oasis de Figuig se démarque par ailleurs par ses jardins étagés qui sont le terreau de culture d’arbres fruitiers, céréales, plantes fourragères. Qu’est-ce que cela nous dit sur le savoir traditionnel des ksouriens et leur capacité à s’adapter à un milieu désertique ?

La présence de jardins étagés dans l’oasis de Figuig témoigne, en effet, de la remarquable capacité des ksouriens à s’adapter à un environnement désertique en utilisant leur savoir traditionnel. Cette technique agricole ancestrale, qui consiste à cultiver des cultures variées sur des terrasses successives, illustre leur profonde compréhension du terrain et des ressources en eau locales. Leur ingéniosité dans l’utilisation efficace de l’eau disponible et leur capacité à créer des microclimats favorables démontrent leur adaptabilité et leur résilience face aux défis environnementaux. En combinant leur savoir-faire traditionnel avec des méthodes d’irrigation innovantes, les ksouriens ont réussi à établir un écosystème agricole durable et productif dans un milieu désertique, soulignant ainsi leur remarquable capacité à prospérer dans des conditions difficiles.

Le système d’irrigation ingénieux des habitants est basé sur les foggaras, qui fait acheminer l’eau jusqu’aux palmeraies. Pourquoi est-il nécessaire de préserver aujourd’hui ce patrimoine culturel inédit ? 

La préservation du système d’irrigation des foggaras et du patrimoine culturel associé revêt une importance capitale pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il témoigne de l’ingéniosité des générations passées dans l’exploitation des ressources en eau dans des environnements arides, préservant ainsi une part importante de l’histoire et de la culture locales.

De plus, les foggaras sont essentiels pour l’irrigation des cultures dans les oasis, contribuant à maintenir la fertilité des terres agricoles et assurant la sécurité alimentaire des communautés locales. Cette préservation est également liée à la sauvegarde de la biodiversité locale, les oasis abritant souvent des écosystèmes fragiles. Enfin, le système des foggaras offre un exemple de développement durable et de gestion des ressources naturelles, inspirant les solutions aux défis contemporains liés à la gestion de l’eau dans les zones arides et renforçant la résilience des communautés face aux changements climatiques.

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L’accueil chaleureux des locaux reflète la tradition d’hospitalité de la région, offrant aux visiteurs une immersion sans pareille dans la culture et le patrimoine vivant de Figuig

Sentier au milieu de palmiers dans la ville-oasis de Figuig.

 

Qu’est-ce qu’un classement de Figuig sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco apportera in fine à cette oasis ? 

Ce classement apportera de nombreux avantages à cette oasis. Tout d’abord, il assurera une reconnaissance mondiale de sa valeur exceptionnelle en tant que site culturel et naturel unique, potentiellement stimulant pour le tourisme et favorisant le développement économique local. De plus, ce classement encouragera la préservation et la conservation du patrimoine de l’oasis, garantissant ainsi sa pérennité pour les générations futures. Enfin, cela ouvrira la voie à des programmes de coopération internationale et de financement pour soutenir le développement socio-économique et environnemental de la région, contribuant ainsi au bien-être des communautés locales et à la préservation de leur mode de vie traditionnel.

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La présence de jardins étagés dans l’oasis de Figuig témoigne de la remarquable capacité des ksouriens à s’adapter à un environnement désertique en utilisant leur savoir traditionnel    

Gravure ancienne représentant les murs de Ksar Ouled Slimane au début du XXe siècle à Figuig.

 

Comment décririez-vous les habitants de Figuig en quelques mots ?

Les habitants de Figuig incarnent la richesse et la profondeur de l’histoire locale, ainsi que les valeurs d’économie, de patience, de courage, de générosité et d’amour-propre. Leur accueil chaleureux reflète la tradition d’hospitalité de la région, offrant aux visiteurs une immersion sans pareille dans la culture et le patrimoine vivant de Figuig.

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Quels sont pour vous les cinq lieux incontournables à visiter à Figuig ? 

Explorez l’essence de Figuig à travers cinq destinations emblématiques. Tout d’abord, plongez dans l’histoire en explorant les ksours traditionnels comme Ksar Tizimi, Ksar Maadid et Ksar Zenaga, où l’architecture en pisé et les ruelles étroites vous transportent dans le passé. Ensuite, découvrez les oasis de palmiers, véritables joyaux de verdure où les jardins étagés révèlent le talent ancestral des habitants pour la culture des plantes et des arbres fruitiers. Poursuivez votre exploration en vous détendant dans les sources d’eau chaude naturelles, telles qu’El Maader et Ain Chaaïr, offrant des moments de bien-être et de relaxation au cœur de la nature. Ne manquez pas de visiter la majestueuse palmeraie de Ziz, avec ses vastes étendues de palmiers dattiers, offrant des paysages époustouflants à admirer. Enfin, imprégnez-vous de l’atmosphère du vieux quartier de Figuig, où les ruelles pittoresques, les souks animés et les monuments historiques comme la Grande Mosquée et la Zaouia vous plongent dans la culture et l’histoire riches de la région. Ces cinq lieux offrent une expérience immersive et inoubliable dans la culture, l’histoire et la nature exceptionnelles de Figuig.

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Vue sur les palmiers dans un Ksar à Figuig.

 

Qu’est-ce que vous imaginez comme propositions pour développer Figuig comme destination touristique de choix ?

Pour faire de Figuig une destination touristique attrayante, plusieurs mesures sont nécessaires. Tout d’abord, il faut mettre en valeur ses atouts uniques tels que ses ksours traditionnels, ses oasis luxuriantes et son riche patrimoine culturel. Des campagnes de promotion ciblées peuvent sensibiliser les voyageurs à ces aspects authentiques de Figuig.

De plus, le développement des infrastructures touristiques comme les hébergements de qualité, les restaurants proposant une cuisine locale et les activités culturelles et de plein air est essentiel pour offrir une expérience complète aux visiteurs. La création de circuits touristiques permettant de découvrir les différentes facettes de Figuig, ainsi que des initiatives de préservation de l’environnement et de développement durable, contribueront également à attirer les touristes en quête de destinations authentiques et préservées.

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Figuig, gravure ancienne vers 1912. Un cavalier près de Jbel Arja.

Sociétés régionales multiservices : L’Intérieur réplique aux idées reçues

Exit les régies communales, les agences autonomes, les gestionnaires délégués… Le Maroc se dirige vers l’instauration d’un système unifié pour la gestion de l’eau, l’électricité et l’assainissement liquide. Ces services seront bientôt gérés, à l’échelle de chaque région, par des sociétés régionales multiservices.

L’arsenal juridique est bouclé. Des projets de « conventions de gestion » ont été peaufinés, des business plans dressés. Le mécanisme sera mis en œuvre dans quatre régions pilotes, Casablanca-Settat, Souss-Massa, Marrakech-Safi et l’Oriental qui ouvriront le bal.

Dans chacune de ces régions, les conseils communaux et provinciaux ont créé des « groupements de collectivités » qui tiendront lieu de « maître de service », tout en détenant 40% des futures sociétés qui seront à capitaux 100% publics.

Officiellement, l’ensemble des communes concernées ont voté en vue de rallier ce nouveau système. Ou presque. A Figuig, l’ambiguïté demeure. Dans cette province de l’Oriental, il y a eu deux séquences contradictoires : Les élus ont d’abord rejeté le ralliement au « groupement Al Sharq Distribution », avant de faire volte face lors d’une session extraordinaire. Cette deuxième séquence fait actuellement l’objet d’un recours devant le tribunal administratif.

Le futur dispositif implique-t-il une privatisation de l’eau ? Une augmentation des tarifs ? Une vampirisation des ressources hydriques ? Lors de l’examen du cadre légal au Parlement, ces interrogations avaient été soulevées à l’échelle nationale. A Figuig, où l’eau revêt une dimension culturelle, ces mêmes inquiétudes sont toujours d’actualité. Et ont même conduit des habitants à manifester contre les SRM.

Des tensions qui ont poussé le ministère de l’Intérieur à organiser, ce jeudi 21 mars à Bouarfa, une rencontre d’information avec la société civile locale, histoire de dissiper les « idées reçues ».

Le premier éclairage touche à la politique tarifaire. A ce sujet, on se montre catégorique : « La mise en place des sociétés régionales multiservices n’aura aucun impact sur la tarification« , assure Mustapha El Habti, Gouverneur directeur de la Direction des réseaux publics locaux.

« La tarification est une question sensible, qui a un impact social. Tout changement ne pourra avoir lieu qu’après l’accord du propriétaire du service et du ministère de l’Intérieur », explique le Gouverneur.

Des précautions juridiques ont été prises au niveau de la convention de gestion. Elle prévoit le maintien des tarifs actuels. Le non-respect de cette clause sera assorti de sanctions.

Le responsable se montre également rassurant sur la vocation des futures SRM. Si ces entités seront érigées en « sociétés anonymes », c’est, entre autres raisons, pour leur faciliter l’accès au financement notamment via l’endettement. Il ne s’agit pas pour autant de « privatiser l’eau. Au contraire, elle permettra une gestion de ce secteur pour et par les Marocains », explique M. El Habti.

« Le projet vise à asseoir le pouvoir des collectivités sur ce service, qui demeure un service public« , ajoute l’intervenant.

Des propos que l’on peut vérifier à la fois dans la structure capitalistique des SRM et leurs organes de direction. Contrairement aux gestionnaires délégués actuellement en place (Lydec, Redal etc.) dont les capitaux sont 100% privés, les sociétés régionales prévoient une participation obligatoire de l’Etat. Dans les faits, les SRM pilotes seront mêmes dotées de capitaux exclusivement publics.

Dans le cas de l’Oriental, le capital de la SRM sera réparti entre l’Etat (25%), le groupement des collectivités territoriales Asharq Distribution (40%), l’ONEE (25%) et la Région (10%).

Niveau gouvernance, l’assemblée générale comptera des représentants de la GCT, de l’Etat, de la région et de l’ONEE.

Oriental. Dans l’arrière-pays, vallées, plages et grottes préhistoriques

Plages méditerranéennes, vallées boisées, montagnes rocheuses, passé préhistorique… l’Oriental concentre une richesse naturelle et historique inédite. L’été, le littoral de la région aimante les touristes locaux et étrangers. Mais au-delà de la station balnéaire de Saïdia, renommée pour ses plages, l’arrière-pays, moins connu, vaut le détour. Entre vallées, montagnes, forêts, grottes, oasis et autres plages cachées, il offre une immersion dans des paysages hétéroclites.

Youssef Zaki, président du Conseil régional du tourisme (CRT) de l’Oriental, ne dira pas le contraire : « L’arrière-pays joue un rôle essentiel dans le développement touristique de notre région. Bien que les stations balnéaires soient des moteurs de croissance incontestables, il est temps d’explorer le potentiel encore largement inexploité de toute la région de l’Oriental. »

Youssef Zaki, président du CRT de l’Oriental.

Dans les forêts de Béni Snassen

Pour le président du CRT, le foisonnement paysager de cette région « dévoile une destination qui exerce une attraction irrésistible. L’arrière-pays possède une richesse naturelle exceptionnelle avec les montagnes de Béni Snassen et ses vastes forêts. Les activités sportives et de loisirs, telles que la randonnée pédestre, le cyclisme et les circuits en âne, peuvent vraiment permettre aux visiteurs de profiter de cette beauté naturelle. Espérons que les pluies hivernales revitaliseront les rivières de Zegzel et soutiendront les cultures locales, comme les nèfles de montagne de Béni Snassen« .

La mise en valeur de l’arrière-pays de Saïdia et de Marchica devrait garantir une meilleure diversification de l’offre touristique et attirer un public friand de nature et d’activités en plein air. De plus, « l’intégration des provinces environnantes dans le développement de la région de l’Oriental pourrait également renforcer l’attractivité de la destination en offrant une expérience plus complète et immersive pour les visiteurs ».

Les touristes marocains et étrangers en quête de dépaysement trouvent naturellement leur compte en s’aventurant dans l’arrière-pays de l’Oriental. De nombreux lieux correspondent aux attentes des amoureux de paysages montagneux et de plages « cachées » dont regorge cette région. « En misant sur l’authenticité et la qualité de l’expérience, nous croyons que l’arrière-pays peut contribuer de manière significative à la diversification et à la durabilité de notre industrie touristique », estime Youssef Zaki.

Des études géologiques et archéologiques approfondies de la grotte pourraient fournir plus d’informations sur l’histoire de la région et son évolution au fil du temps

 La grotte du Chameau, un trésor spéléologique

Dans la province de Berkane, la grotte du Chameau, située dans la vallée de Zegzel, figure parmi les sites géologiques qui enrichissent le patrimoine naturel de l’arrière-pays. D’une longueur de 1,9 km, cette grotte est composée de plusieurs niveaux de grandes galeries.

En plus de son intérêt spéléologique et préhistorique, ce site présente un potentiel touristique important « en raison de sa beauté naturelle et de son histoire. Elle renferme des formations géologiques uniques, ainsi que des vestiges préhistoriques tels que des peintures rupestres et des outils en pierre. Des études géologiques et archéologiques approfondies pourraient fournir plus d’informations sur l’histoire de la région et son évolution au fil du temps. De plus, son histoire et les légendes locales qui l’entourent ajoutent une dimension culturelle à l’expérience touristique », nous explique Youssef Zaki.

Grotte du chameau

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La perspective d’une ouverture opérationnelle de la grotte du Chameau au premier semestre de 2024 promet d’attirer les scientifiques, les étudiants et les touristes marocains et étrangers

Promesse d’une expérience immersive dès 2024

Les stalactites, stalagmites et autres formations rocheuses à l’intérieur de la grotte, déclarée patrimoine national en 1953, devraient offrir, à l’avenir, une expérience visuelle unique aux visiteurs. Ouverte au tourisme en 1948, la grotte avait été fermée quelques années plus tard. Cela risque de changer bientôt puisque, nous confie le président du CRT de l’Oriental, « la perspective d’une ouverture opérationnelle au premier semestre de 2024, en respectant les normes environnementales internationales, promet d’attirer les scientifiques, les étudiants et les touristes marocains et étrangers ».

« La grotte est en train de subir un développement passionnant. Outre son aspect physique, elle s’étend pour englober une gamme d’installations conçues pour améliorer l’expérience touristique et favoriser l’interaction avec l’environnement naturel », ajoute-t-il. Des activités sportives seront ainsi proposées, notamment des ponts suspendus pour une marche immersive, une école d’escalade pour les amateurs, et même une tyrolienne pour les plus aventureux.

« Des sentiers de randonnée balisés, des kiosques proposant des produits locaux et des informations, ainsi qu’une salle d’interprétation multilingue, viendront enrichir cette expérience. Ce projet, qui a bénéficié de l’expertise du développeur, le Dr Mohamed Kadiri Boudchiche, et de la collaboration d’experts internationaux, a été soutenu par le CRT tout au long de son développement. La grotte du Chameau promet ainsi de devenir une attraction majeure, attirant divers projets complémentaires et renforçant l’attractivité de la région », assure Youssef Zaki.

Plan d'aménagement de la grotte du Chameau
Plan d’aménagement de la zone supérieure de la grotte du Chameau.
Maquette-Grotte du Chameau-Source Youssef Zaki CRT Oriental
Maquette de l’aménagement de la zone supérieure de la grotte du Chameau.

Les efforts de développement des plages de Sidi El Bachir et Cap de l’eau pourraient contribuer à promouvoir ces joyaux naturels et à créer de nouvelles opportunités pour le tourisme local

Le charme discret des petites plages

En quittant la province de Berkane en direction de la ville de Nador, l’Oriental surprend par son littoral jalonné de petites plages « enchanteresses. La région de Nador s’étire sur une impressionnante façade maritime de 153 kilomètres. À cela s’ajoute la province de Driouach avec 75 kilomètres de littoral. Entre Nador et Driouach, la zone côtière s’étend sur un total de 228 kilomètres. Ainsi, Saïdia, qui déploie sa beauté sur 16 kilomètres, ne représente qu’une petite partie de cet ensemble », précise Youssef Zaki.

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Pour le président du CRT de l’Oriental, de nombreuses petites plages cachées dans la région méritent d’être découvertes et valorisées. « Ma suggestion est d’encourager le développement de petites stations balnéaires comme Sidi El Bachir et Cap de l’eau (ou Ras El Ma, ndlr) pour en faire des destinations touristiques attrayantes pour les familles marocaines. Les efforts de développement pourraient certainement contribuer à promouvoir ces joyaux naturels et à créer de nouvelles opportunités pour le tourisme local. »

Figuig pourrait aisément se transformer en un véritable plateau cinématographique, évoquant une deuxième Ouarzazate

Entre littoral méditerranéen et ville oasienne

Selon Youssef Zaki, la station Cap de l’eau dispose d’un atout de taille avec son port de pêche pittoresque. « Il est temps d’inviter les responsables à se pencher sur le développement de cette perle méconnue. En mettant en valeur ses atouts et en investissant dans son potentiel, Cap de l’eau pourrait briller de mille feux et attirer les visiteurs en quête de découvertes authentiques et de moments inoubliables en bord de mer. »

Mais l’Oriental se distingue aussi par ses paysages et sa culture saharienne. Située à plus de 360 km au sud d’Oujda, Figuig « mérite d’occuper un rôle de premier plan. La ville oasis a le potentiel d’être un foyer d’activités après la période estivale », soutient Youssef Zaki, qui en appelle aux décideurs de la région pour valoriser « cette perle saharienne ». Notre interlocuteur souligne qu’avec son passé historique et culturel, Figuig pourrait aisément se transformer en un véritable plateau cinématographique, évoquant une deuxième Ouarzazate.

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Les sols des zones oasiennes en proie à une baisse de fertilité

Berceau des palmeraies, les oasis traditionnelles du Royaume se distinguent par leur précocité de production et une importante diversité végétale et faunistique. Une richesse menacée par la dégradation des sols des zones oasiennes qui sont d’une grande fragilité, et dont l’importance sur le plan socio-économique est indéniable. 

L’équilibre des oasis est en effet menacé par « de multiples problématiques qui entravent leur durabilité », a déploré Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture, à l’occasion du Congrès international des oasis et du palmier dattier, qui s’est tenu les 29 et 30 mai à Ouarzazate. 

Les conséquences de ces éléments déstabilisateurs s’annoncent néfastes pour la continuité et la durabilité des oasis. Le risque de les voir disparaître ne tient plus de l’utopie. D’autant que nombreux sont les facteurs et éléments aggravants : 

– une surexploitation des ressources naturelles ; 

–  des sécheresses récurrentes ; 

–  une urbanisation en forte expansion sur les terres cultivées ; 

–  des impacts amplifiés du dérèglement climatique

–  une érosion génétique animale et végétale ; 

–  un ensablement et une salinité des sols conduisant à la désertification. 

Ce dernier point est justement l’un des plus impactants. La pratique d’une agriculture soutenue a en effet provoqué une salinisation, un appauvrissement et une dégradation progressive des sols dans des agroécosystème oasiens. En conséquence, les substrats sont plus fragiles et moins fertiles comme l’indique une étude* sur l’évaluation de la fertilité des sols des palmeraies du Royaume.  

Une cartographie des sols inédite

L’étude en question a été déclinée sous forme de cartographies inédites. « Au Maroc, la cartographie de la fertilité des sols a jusqu’à présent concerné essentiellement les périmètres agricoles conventionnels des grands plateaux et plaines pluviaux et irrigués », précisent les scientifiques. 

L’état des sols des palmeraies marocaines est désormais caractérisé par « l’élaboration de cartes thématiques et de bases de données géographiques dynamiques », ajoutent-ils. Un projet qui entre dans le cadre de la convention de partenariat entre l’Institut national de recherche agronomique (INRA) et l’Agence nationale de développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA), afin d’appuyer le développement de la filière phœnicicole. 

À cet effet, les sols d’une douzaine de palmeraies ont été analysés, à travers les paramètres suivants : 

– la basicité ;  

– la salinité ; 

– la teneurs en matière organique ; 

– la teneur en phosphore assimilable ;  

– la teneur en potassium échangeable.

Les résultats ont montré que les douze palmeraies sont concernées, à des degrés divers, par des contraintes en matière d’acidité et de salinité, et par des teneurs faibles en phosphore assimilable, matière organique et/ou potassium échangeable, comme indiqué par le tableau suivant : 

Palmeraie Basicité Salinité    Matière organique Phosphore assimilable Potassium échangeable
 Mezguita N/D Contrainte majeure sur 42% des sols Teneurs faibles sur 87% des sols N/D Teneurs élevées et moyennes sur 78% des sols
 Figuig Contrainte majeure sur 20% des sols N/D Teneurs faibles sur 86% des sols Teneurs élevées et moyennes sur 86% des sols Teneurs élevées > 90 % des sols
Bouanane Contrainte majeure sur 7% des sols Contrainte majeure sur 82% des sols Teneurs faibles dans 100% des sols Teneurs faibles sur 91% des sols N/D
Errachidia Contrainte majeure sur 10% des sols N/D Teneurs faibles sur 82% des sols Teneurs faibles sur 66% des sols N/D
Aoufous Contrainte modérée sur 21% des sols Contrainte majeure sur 50% des sols Teneurs faibles >90% des sols Teneurs faibles sur 55% des sols Teneurs élevées et moyennes > 90% des sols
Erfoud Contrainte modérée sur 17% des sols  Contrainte majeure sur >90% des sols Teneurs faibles sur 70% des sols Teneurs élevées et moyennes sur 64% des sols N/D
Tinzouline Contrainte modérée sur 21% des sols Contrainte majeure sur 30% des sols N/D Teneurs élevées et moyennes sur 58% des sols N/D
Tinghir-Toudgha Contrainte modérée >90% des sols N/D Teneurs faibles sur 86% des sols Teneurs faibles sur 85% des sols Teneurs élevées > 90% des sols
Axe Meski-Boudnib Contrainte modérée sur 37% des sols N/D N/D N/D N/D
Tata Contrainte modérée sur 29% des sols  Contrainte majeure sur >90% des sols Teneurs élevées et moyennes sur 83% des sols Teneurs élevées et moyennes > 90% des sols
Akka Contrainte modérée sur 36% des sols  Contrainte majeure Sur 82% des sols N/D N/D Teneurs élevées et moyennes sur 89% des sols

 

Guelmim

 

N/D Contrainte majeure sur 42% des sols  Teneurs moyennes à élevée sur 58% des sols  Teneurs élevées et moyennes sur 63% des sols N/D

Des sols pourvus en potassium, mais faible teneur en matière organique 

Si les sols des palmeraies sont bien pourvus en potassium, les chercheurs précisent que dans les écosystèmes de Tata, Akka, Bouanane et l’axe Meski-Boudnib, les niveaux faibles des teneurs en matière organique sont généralisés.

Pour inverser la tendance, un redressement par apport d’amendements organiques est nécessaire, notamment par la valorisation des déchets verts des palmeraies, sous forme de compost. L’enrichissement des sols par les résidus de culture est fortement préconisé. 

Dans les palmeraies d’Erfoud, Tata et Akka, ce sont les niveaux élevés de salinité des sols qui sont préoccupants. Afin d’atténuer la salinité des sols, des apports d’amendements organiques sont recommandés, comme du fumier et du compost à base de palmes saines. Une application de paillis et de résidus de cultures est préconisée, à l’image du mulch.

Cette couche de matériau protecteur posée sur le sol limite l’évaporation. En matière de basicité des sols, une correction est également à prévoir, en plus « d’un redressement local de la fertilisation phosphatée, notamment dans les palmeraies de Tinghir, Errachidia et Bouanane », indiquent-t-ils. 

En plus d’une gestion raisonnée de l’irrigation, les sols des oasis marocaines se porteraient nettement mieux avec un choix de cultures basses tolérantes, telles que les plantes aromatiques et médicinales (nigelle, cumin…), des fourrages et quelques variétés de maraîchage (betterave rouge, carotte, pomme de terre…).

De manière générale, le recours aux analyses de sol pour identifier les zones à besoin de redressement de fertilité minérale demeure prioritaire. Réhabiliter, améliorer et conserver le couvert végétal n’est pas moins primordial, notamment par le biais du reboisement (Cyprès Arizona) et l’amélioration des parcours avec la plantation de l’Atriplex nummularia. 

* Évaluation de la fertilité des sols des palmeraies marocaines en vue de leur conservation et gestion raisonnée.

Auteurs :

– Abdelmjid Zouahri ;

– Oumaima Iben Halima ;

– Hamza Iaaich ;

– Rachid Moussadek ;

– Reda Meziani.

Oriental : près de 10 MDH pour l’étude de conception de 11 barrages

L’Agence régionale d’exécution des projets de l’Oriental a lancé plusieurs appels d’offres pour l’étude de conception de onze barrages dans la région de l’Oriental, notamment dans la province de Berkane, où la construction de deux retenues d’eau artificielles sont prévues, à savoir les barrages de Marjiat et Ouled Sidi Bouhria.

Le barrage de Taghzout sera construit dans la province de Driouch, alors que la province de Figuig est concernée par les barrages de Belmini et Mahroug, qui seront respectivement situés dans les communes rurales de Tendrara et Maatarka. 

Le barrage de Jmaa Lamsamda sera édifié à Mechraa Hammadi, commune rurale relevant de la province de Taourirt. Toujours dans la même province, le barrage de Lagryij se situera dans la commune rurale de Sidi Ali Belkacem. 

Dans la province de Nador, le barrage de Oued Oulili sera édifié dans la commune rurale de Oulad Daoud Zkhanine. Le barrage de Bellassoued est quant à lui envisagé à Mestferki, commune rurale de la préfecture d’Oujda-Angad. Enfin, les barrages de Guelta et Taniet Sasi sont respectivement prévus dans les communes rurales de Tiouli et Ouled Sidi Abdelhakem, relevant de la province de Jerada. 

Les études de conception de ces barrages coûteront 9,3 MDH et porteront sur : 

– la faisabilité ;

– l’hydrologie et l’hydraulique ;

– la topographie ;

– la géologie et la géotechnique.