L’italien Azimut dans le tour de table de deux filiales de Red Med Capital

Après s’être implanté en Égypte en 2019, Azimut Holding poursuit son expansion dans la région MENA avec cette nouvelle entrée sur le marché marocain. Le groupe a ainsi acquis 29% de Red Med Asset Management et 25% de Red Med Securities, deux entités phares du groupe Red Med Capital, selon deux communiqués du groupe.

Fondé en 2004 et basé à Rabat, Red Med Capital intervient dans plusieurs domaines : gestion d’actifs, courtage, finance d’entreprise, private equity et immobilier.

Red Med Asset Management gérait environ 18 milliards de DH d’actifs à fin 2024, se positionnant parmi les principaux gestionnaires d’actifs indépendants au Maroc. L’entreprise a connu une croissance significative, avec une augmentation annuelle moyenne de 30% des actifs sous gestion depuis 2017.

De son côté, Red Med Securities a doublé sa part de marché en un an, passant de 2,3% en 2023 à 4,4% en 2024, notamment grâce à ses activités de trading et d’introduction en bourse.

L’investissement d’Azimut Holding s’inscrit dans un contexte favorable. En effet, le marché de la gestion d’actifs marocain connaît une expansion rapide. Depuis l’introduction des OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières) en 1995, ce secteur affiche une croissance annuelle moyenne de 33,5%. Fin 2024, les actifs sous gestion au Maroc dépassent 640 milliards de DH, dans un cadre réglementaire strict supervisé par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC).

Pour Giorgio Medda, CEO d’Azimut Holding, cette opération constitue « une opportunité stratégique majeure dans un marché en forte croissance, de plus en plus tourné vers des solutions d’investissement sophistiquées ». En s’alliant à Red Med Capital, Azimut espère combiner son expertise internationale avec une connaissance approfondie du marché marocain.

De son côté, Abdeslam Ababou, fondateur et président de Red Med Capital, souligne que « cette collaboration permettra d’élargir notre offre de produits, de renforcer nos compétences et d’affronter les nouvelles dynamiques du marché des capitaux au Maroc ».

L’opération reste soumise à l’approbation des autorités de régulation marocaines, mais elle constitue déjà une avancée significative pour Azimut et Red Med Capital dans leur ambition commune de développer le secteur financier marocain et d’attirer davantage d’investissements internationaux.

Tamwilcom accueille la 5e conférence annuelle des institutions de garantie du Réseau euro-méditerranéen

Autour du thème « Vers de nouveaux horizons financiers : généralisation de l’accès des PME méditerranéennes aux instruments de garantie de crédit », l’événement a rassemblé des acteurs clés du secteur, notamment les représentants des institutions de garantie du pourtour méditerranéen et de la région MENA, ainsi que les représentants des principaux bailleurs de fonds et institutions financières internationales, indique un communiqué de Tamwilcom.

La séance d’ouverture a été marquée par les interventions de Hicham Zana Serghini, directeur général de Tamwilcom, de Mohammed Tarik Bchir, directeur du Trésor et des finances extérieures au ministère de l’Économie et des finances, de Nagla Bahr, représentante principale du Réseau EMGN, et de Nasser Kamel, secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée.

Les participants ont ensuite eu l’opportunité d’explorer les stratégies et les meilleures pratiques permettant une meilleure intégration des garanties de crédits aux systèmes financiers nationaux des pays de la région euro-méditerranéenne, fait savoir le communiqué. Les échanges ont ainsi mis en avant le rôle essentiel des systèmes de garantie de crédit en tant que levier à même de renforcer la résilience des entreprises et du tissu économique, en particulier des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), et de faciliter leur accès au financement.

La conférence a par ailleurs examiné les perspectives des institutions financières internationales et des bailleurs de fonds multilatéraux pour une meilleure adaptation des dispositifs de garantie de crédits aux besoins spécifiques des PME de la région, permettant ainsi de favoriser leur accès au crédit et de soutenir leur développement.

Tamwilcom est en effet membre actif au sein du Réseau euro-méditerranéen de garantie depuis sa création en 2012, marquant son engagement en faveur de la dynamisation du secteur de la garantie dans la région, conclut la même source.

BANK OF AFRICA. Tout savoir sur les avantages de l’offre Supply Chain Finance, dédiée aux entreprises

 

M24 Brand Studio : La Supply Chain Finance, c’est quoi ?

Selma Kadiri Hassani : Dans le cadre du développement de l’offre digitale de la Global Transaction Banking, BANK OF AFRICA a lancé, en synergie avec sa filiale Maroc Factoring, l’offre Supply Chain Finance intégrant l’ensemble des écosystèmes, donneurs d’ordre et fournisseurs. Il s’agit de solutions de financement et d’accompagnement innovantes permettant d’optimiser les flux de trésorerie des entreprises, à travers une plateforme collaborative en ligne, 100% digitale et en Selfcare, intitulée SCF by BANK OF AFRICA.

– Quelles sont les raisons pour lesquelles une entreprise peut recourir à la SCF ?

– À la suite de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les délais de paiement, le donneur d’ordre, en tant que client Grande Entreprise de notre banque, a besoin d’optimiser son poste fournisseur. La SCF permet au client donneur d’ordre de déléguer la gestion de son poste fournisseur à la banque en termes de paiement et de gestion de l’échéancier. Grâce à cette solution, le donneur d’ordre offrira à ses fournisseurs un accès à une source de financement alternative compétitive et à moindre coût, avant l’échéance et à la demande. Avec cette option de paiement anticipé de la facture, les fournisseurs peuvent accéder à leur fonds de roulement immédiatement, de 100% du montant de la facture.

– Comment se fait le traitement des factures sur la plateforme digitale SCF ?

– Une opération SCF est structurée autour de quatre acteurs : le donneur d’ordre, le fournisseur, la banque et Maroc Factoring. Tous collaborent via la même plateforme digitale, avec chacun sa propre vision. Elle est sécurisée et accessible à l’ensemble des acteurs 24 h/7 j. Elle permet aux utilisateurs une expérience digitale en parfaite autonomie.

Pour le donneur d’ordre, il charge via un interfaçage avec son SI, ses factures validées au préalable, et les transmet à la banque via la plateforme digitale.

Le fournisseur est notifié par rapport à la validation de sa facture et a le choix d’attendre la date d’échéance pour être réglé ou de demander un paiement anticipé de sa facture, qui lui permet d’être crédité de façon immédiate. Le donneur d’ordre et le fournisseur peuvent suivre en temps réel les statuts des factures.

Aujourd’hui, la plateforme prend en charge le confirming et le reverse factoring. Demain, le receivable finance et l’escompte dynamique.

– Quels sont les avantages de l’offre SCF de BANK OF AFRICA ?

– La SCF favorise la collaboration au sein de l’écosystème de la chaîne de valeur et offre plusieurs avantages aux parties prenantes.

Pour le donneur d’ordre, les avantages sont :

Et pour le fournisseur :

– Y a-t-il des prérequis pour qu’une entreprise puisse en bénéficier ?

– Aucun prérequis n’est nécessaire. L’accès à la plateforme est gratuit et est ouvert aux clients comme aux non-clients de notre banque. La PME souhaitant bénéficier du paiement anticipé a besoin d’ouvrir un compte chez Bank of Africa.

– Quelles sont les perspectives de développement de la SCF sur le marché marocain ?

– Le marché marocain offre un environnement riche en opportunités pour le développement de la SCF. À terme, avec une digitalisation croissante, la généralisation des mécanismes SCF améliorera la compétitivité des entreprises marocaines, facilitera leur intégration dans les chaînes de valeur et soutiendra la croissance économique nationale.

 

Contenu proposé par BANK OF AFRICA

 

La BERD veut renforcer son engagement avec le Maroc

Dans un communiqué annonçant sa visite au Maroc, du 4 au 6 décembre pour prendre part au Forum sur l’investissement en Afrique qui aura lieu à Rabat, Odile Renaud-Basso s’est félicitée de l’engagement des autorités marocaines, tout en saluant les progrès réalisés par le Maroc en matière de réformes structurelles, en particulier la modernisation des entreprises publiques.

La présidente de l’institution financière basée à Londres a également salué « l’accélération de la transition verte » dans le Royaume.

Selon le communiqué, Odile Renaud-Basso profitera de sa visite au Maroc pour s’entretenir avec des responsables marocains et des représentants du secteur privé. Elle compte aussi mettre à profit sa participation au Forum sur l’investissement en Afrique pour rencontrer des représentants des banques du continent, notamment la Banque africaine de développement (BAD), afin de renforcer  » le partenariat stratégique pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) en Afrique subsaharienne ».

Africa Financial Summit 2024 : Casablanca rassemble les leaders de la finance africaine

Organisé par Jeune Afrique Media Group en partenariat avec International Finance Corporation (IFC), le sommet abordera les réformes nécessaires pour renforcer la résilience du secteur financier africain et lever les freins au financement des économies du continent, peut-on lire dans un communiqué.

Organisée sur le thème « Le temps des puissances financières africaines est venu », cette édition marquera la première tenue de l’AFIS au Maroc, en collaboration avec des institutions marocaines telles que le ministère de l’Économie et des finances, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) et la Bourse de Casablanca.

L’AFIS 2024 se concentrera sur cinq axes majeurs pour structurer les transformations nécessaires, notamment la création de solutions de marché pour orienter les ressources vers des investissements productifs, l’amélioration de l’interopérabilité des paiements transfrontaliers et la consolidation de l’industrie financière. Ces mesures visent aussi à intégrer la main-d’œuvre informelle, qui constitue 83% de l’économie africaine, via la digitalisation des services financiers, et à construire un marché boursier panafricain, souligne le communiqué.

Les discussions réuniront des dirigeants du secteur privé africain, comme Aida Diarra (Visa), Idrissa Nassa (Coris Bank International) et Mohamed El Kettani (Attijariwafa bank), ainsi qu’une cinquantaine de ministres de l’Économie et des finances, et plusieurs gouverneurs de banques centrales. En tout, plus de 30 panels et tables rondes permettront aux participants de discuter des opportunités et des défis de la finance africaine dans un contexte de transformations globales.

Le choix du Maroc, pays hôte, s’inscrit, selon les organisateurs, dans une stratégie de positionnement du Royaume comme hub financier régional, grâce à Casablanca, qui possède une infrastructure financière solide.

Fondé en 2021 par Jeune Afrique Media Group avec le soutien de l’IFC, l’AFIS œuvre pour une finance africaine inclusive et durable. Ce sommet vise à réunir les acteurs financiers et institutionnels les plus influents pour promouvoir un secteur financier panafricain fort, au service du développement économique du continent.

Supply Chain Finance : un levier de financement alternatif pour les entreprises

– M24 Brand Studio : Dans le contexte actuel, quel est l’intérêt pour une entreprise de recourir à la Supply Chain Finance ?

Ghizlane Zizi : Tout d’abord, il convient de rappeler ce qu’est la Supply Chain Finance (SCF). C’est un ensemble de solutions à destination d’entreprises de toute taille, visant à optimiser leur fonds de roulement et à améliorer leur liquidité.

Ces solutions couvrent l’ensemble des étapes de la chaîne de valeur allant de l’approvisionnement à la production, puis la phase d’expédition, et même la phase post-expédition, à travers des produits d’extension des délais de paiement.

Parmi les produits les plus répandus d’un programme SCF, figurent le factoring et le confirming. Le factoring, ou affacturage, est une technique de financement à court terme qui permet à l’entreprise de bénéficier d’un paiement anticipé de ses créances avant la date d’échéance. Le confirming, ou reverse factoring, permet aux entreprises de faire bénéficier leurs fournisseurs du financement de leurs factures avant l’échéance de paiement. Le financement et le règlement de ces factures fournisseurs à l’échéance est alors pris en charge par la banque.

Concrètement, la mise en place d’un programme SCF implique trois acteurs : l’acheteur, qu’on appelle également donneur d’ordres, son fournisseur ainsi que l’établissement financier qui assure la gestion des paiements ainsi que les éventuels besoins en financement qui en découlent.

Ces programmes offrent des avantages tant pour le donneur d’ordres que pour son fournisseur.

Pour le donneur d’ordres, ces solutions permettent notamment de :

Pour le donneur d’ordres, la SCF constitue également une démarche inclusive envers son écosystème de TPME.

Pour le fournisseur, elle permet un soulagement des besoins de trésorerie à travers une optimisation notable du fonds de roulement. Un programme SCF donne au fournisseur accès des moyens de financement plus accessibles (plateforme digitale) et plus compétitifs (à moindre coût, sans garantie et sans impact sur les lignes bancaires courantes).

– Un mot sur le profil-type des entreprises marocaines qui utilisent les solutions SCF…

– Les solutions SCF répondent aux besoins de toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. Néanmoins, le profil des entreprises bénéficiaires varie en fonction des produits.

Par exemple, pour le confirming, le besoin émane généralement d’une grande entreprise (donneur d’ordres), avec un large écosystème, qui souhaite faire bénéficier ses fournisseurs de conditions de financement avantageuses.

Pour le factoring, le besoin émane plutôt du fournisseur, qui peut être une entreprise de toute taille souhaitant bénéficier d’un paiement anticipé de ses créances qui sont, en général, émises par de grandes entreprises.

D’un point de vue sectoriel, au Maroc, plusieurs secteurs disposent de la masse critique nécessaire pour mettre en œuvre avec succès des programmes SCF qui sont très prisés pour le développement du tissu industriel. On peut citer pour exemple les secteurs pharmaceutique, agro-alimentaire, BTP, automobile, grande distribution, et bien d’autres.

– Comment est structurée l’offre du groupe Attijariwafa bank en la matière ?

– Il y a lieu de rappeler que les produits d’affacturage comme le confirming ou le factoring sont commercialisés par Attijari Factoring Maroc, acteur majeur dans le secteur du financement et la gestion des créances, et ce depuis plus de vingt-cinq ans.

La nouvelle offre SCF déployée par la banque capitalise à la fois sur cette expertise, mais également sur un dispositif global intégrant une plateforme digitale multiproduit ainsi que la contribution de l’ensemble du réseau Attijariwafa bank, offrant une expérience client optimale.

En effet, à travers la plateforme digitale Attijari Supply Chain Finance, le donneur d’ordres a la possibilité d’automatiser le paiement de ses factures. Quant au fournisseur, il peut alors accéder à travers cette plateforme à ses créances validées par le donneur d’ordres et demander le financement anticipé de ses factures à des conditions avantageuses.

C’est à travers cette même plateforme que nous offrons d’autres produits de financement de la chaîne de valeur, notamment le Factoring, l’extension des délais de paiement ou encore le financement distributeurs.

Notre ambition à moyen terme est de poursuivre le développement de solutions SCF adaptées à chaque étape de la chaîne de valeur. Ces solutions seront également intégrées dans cette même plateforme, offrant ainsi un accès unique à l’ensemble des solutions de paiement et de financement développées, tant aux donneurs d’ordres qu’aux fournisseurs.

Voici comment s’est comporté le secteur bancaire en 2023

L’année 2023 a écumé les challenges dans le domaine de la stabilité financière mondiale. L’inflation et les resserrements de politique monétaire qui s’en sont ensuivis dans le monde ont mis sous pression les équilibres financiers.

Dans sa 11e édition, Bank Al-Maghrib (BAM) a dressé son rapport annuel de stabilité financière en 2023. La Banque centrale est notamment revenue sur la solidité des institutions bancaires du pays, principale source de financement de l’économie.

BAM relève que, malgré le contexte difficile, les banques sont parvenues à maintenir une solidité de leur fondamentaux au regard des principaux indicateurs d’activité, de rentabilité, de liquidité et d’adéquation des fonds propres.

La Banque centrale note toutefois une décélération de l’activité bancaire en 2023. « En 2023, le total agrégé des actifs des banques a atteint 1.789 MMDH, en hausse de 4,8%, contre 7,6% un an auparavant, soit 122% du PIB contre 128% en 2022, sous l’effet de la décélération aussi bien des crédits que des dépôts bancaires.

Cependant, si le rythme de progression des crédits ralentit, la diversification du portefeuille s’améliore.

Les ménages représentent près de 30% du portefeuille crédit des banques

Le portefeuille crédit des banques est diversifié sur le plan sectoriel. Les ménages captent la part la plus importante, « avec une part de 29%, cumulant un encours de 319 MMDH, suivis des ‘activités financières’, avec un montant de 158 MMDH, soit une part de 14%, des ‘autres services’, avec un montant de 156 MMDH, soit une part de 14%, et des industries manufacturières, avec un montant de 101 MMDH représentant 9% », précise le rapport de BAM.

Le secteur bancaire est légèrement moins concentré en 2023 qu’en 2022 avec une amélioration de l’indice de Herfindhal-Hirschman [IHH, qui va de 0 à 1, ndlr] à 0,134 contre 0,138 en 2022. Cette baisse dénote une plus grande diversification sectorielle du portefeuille crédit destiné aux entreprises.

L’un des points également abordés dans le rapport concerne les créances en souffrances, en hausse par rapport à l’année précédente.

Un rebond des créances en souffrance, mais des provisions suffisantes

Après une légère accalmie du niveau des créances en souffrances en 2022, un rebond de 6,7% a été observé l’an dernier, atteignant un total de 94,8 MMDH. « Le taux moyen de sinistralité dans le secteur bancaire a légèrement augmenté à 8,5% en 2023, après 8,4% en 2022 », indique le rapport.

Cette hausse est principalement conduite par une évolution plus prononcée des impayés des entreprises non financières, par rapport à ceux des ménages. Les créances en souffrances des ménages ont augmenté de 6,5% en 12 mois à 41,8 MMDH, alors que celles des entreprises non financières ont affiché une hausse de 6,9%, à près de 70 MMDH, soit un taux de risque de 11,4%. « Leur répartition sectorielle montre une augmentation de 3,1% dans le secteur primaire, représentant respectivement 21,7% et 8,9% des crédits octroyés aux secteurs de la pêche et de l’agriculture », indique le rapport. Dans le secteur du BTP, une hausse de 14,1% des créances en souffrance a été observée.

Malgré ce rebond, le niveau de provision des banques permet de garantir un taux de couverture. « Le montant des provisions spécifiques a atteint près de 64 MMDH, enregistrant une augmentation de 5,3%, contre 5,8% en 2022, stabilisant le taux de couverture autour de 68% », explique le rapport.

En plus des provisions règlementaires, les banques ont augmenté de 681 MDH leurs provisions générales pour atteindre 13,9 MMDH. « Ces provisions servent, en sus des fonds propres prudentiels, de matelas pour couvrir les risques non avérés liés aux secteurs sensibles aux fluctuations économiques », précise BAM.

Les activités de marché ont dopé les résultats

Dans son rapport, la Banque centrale souligne que les banques ont nettement amélioré leurs profits en 2023, avec une progression du résultat net du secteur de 20,4%. Cette hausse notable est principalement conduite par l’amélioration très forte des opérations de marché de 158%, dans un contexte de hausse des taux monétaires et obligataires.

Les revenus des banques ont affiché une hausse de 16,5% à 58,4 MMDH. Cette progression des revenus est tirée notamment par « une hausse de 6,8% de la marge sur commissions, d’un rebond du résultat des opérations de marché et, dans une moindre mesure, d’une hausse de 3,5% de la marge d’intérêt », précise le rapport.

La marge d’intérêt continue de peser de façon prépondérante (72%) dans le PNB des banques. « La part de la marge sur commissions est restée stable autour de 15% en 2023, tandis que le résultat des opérations de marché a retrouvé son niveau des années 2016-2021, s’établissant à 18% », précise le rapport.

Le coefficient moyen d’exploitation des banques en 2023 s’établit ainsi à 46,6%, comparé à 52,9% en 2022. Le coût du risque a progressé de son côté de 22,7% à 16,4 MMDH.

« La rentabilité des banques s’est améliorée avec un ratio de rentabilité des fonds propres (ROE) à 8%, contre 6,9% l’année précédente », conclut le rapport.

Analyse. Comment les marchés boursiers mondiaux évolueront d’ici fin 2024

La faculté de droit Souissi de Rabat lance sa Business School

Fruit de l’expertise du Département des sciences économiques et gestion relevant de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES) Souissi de Rabat, la Souissi Business School (SBS) ouvre ses portes aux étudiants désireux de se former aux métiers de la gestion, en leur proposant une offre de formation diversifiée, composée de trois parcours d’excellence pour répondre aux besoins croissants du marché du travail, indique la FSJES-Souissi dans un communiqué.

Le premier parcours d’excellence s’intitule « Comptabilité-Contrôle-Audit« . Il vise à former des professionnels de la comptabilité et de l’audit capables de fournir des analyses financières pointues pour guider les décisions stratégiques des entreprises.

Dans un monde en constante évolution numérique, le deuxième parcours d’excellence en « Marketing-Management Digital et Commerce Électronique » met l’accent sur les compétences en marketing, gestion des médias sociaux et e-commerce, préparant ainsi les étudiants à exceller dans l’univers digital.

Le troisième parcours est en « Finance et Blockchain« . Il est axé sur les marchés financiers, les investissements et les technologies de la blockchain, et offre une formation de pointe pour les futurs experts en finance et nouvelles technologies.

Ces formations sont spécialement conçues pour les étudiants titulaires d’un Bac+2 en économie et gestion ou tout autre diplôme reconnu équivalent (DEUG, DEUP, DUT, BTS, DTS, etc.).

La SBS s’engage à offrir un environnement d’apprentissage stimulant et une équipe pédagogique hautement qualifiée pour encadrer les étudiants tout au long de leur parcours académique, précise la FSJES-Souissi. Le lancement de cette nouvelle business school marque une étape cruciale dans l’engagement de la faculté de droit Souissi-Rabat à fournir une éducation de qualité, ancrée dans la réalité du monde professionnel.

Al Barid Bank et l’UM6P s’allient pour l’innovation en matière de services financiers 

Selon un communiqué conjoint, cet accord de collaboration vise à :

– Promouvoir la recherche appliquée, le développement et l’innovation dans les domaines liés à la finance et des nouvelles technologies en favorisant la collaboration, l’échange de connaissances et
de compétences entre les deux parties à travers des initiatives spécifiques, notamment l’organisation de challenges d’open innovation dans le domaine bancaire ;

– Promouvoir l’entrepreneuriat innovant à travers l’accompagnement d’Al Barid Bank des startups émergentes de l’écosystème de l’UM6P ;

– Soutenir la montée en compétence des collaborateurs d’Al Barid Bank et de ses filiales grâce à des programmes de formation continue comprenant des parcours couvrant diverses thématiques. En outre, les collaborateurs d’Al Barid Bank pourront également prendre part à
des séminaires, des tables rondes et des conférences sur des sujets liés à l’activité financière.

Ces différents domaines de collaboration seront mis en œuvre dans le cadre d’accords spécifiques. Leurs modalités d’exécution seront définies au cas par cas d’un commun accord entre les deux parties, précise le communiqué.

La Bourse est-elle prise en otage par les banques ?

L’entrée des banques dans le capital de la société gestionnaire de la Bourse de Casablanca date de 2016. Détenue exclusivement depuis la grande réforme des marchés des capitaux du début des années 1990 par les sociétés de Bourse, à parts égales, la société gestionnaire de la place avait alors ouvert son capital à de nouveaux acteurs du monde de la finance. La part des actionnaires historiques (les sociétés de bourse) est descendue à 20%. Et le premier actionnaire est devenu le secteur bancaire avec une part de 39%, suivi de la CDG (25%), des compagnies d’assurances (11%) et de Casablanca Finance City (5%).

Cette démutualisation du capital de la Bourse, comme on l’appelait en 2016, avait pour objectif d’impliquer tous les acteurs du marché dans le développement de la place. Mais il s’avère, selon plusieurs acteurs du marché, qu’elle a produit l’effet inverse.

Les banques en situation de conflit d’intérêt ?

« Le principal rôle d’une Bourse est de financer les entreprises, via des levées de capitaux sur le marché actions ou obligataire. C’est un canal qui concurrence de manière directe le canal bancaire, dont le principal gagne-pain réside également dans le financement de ces mêmes entreprises. En étant actionnaire de leur principal concurrent dans le financement des entreprises, les banques sont, par principe, juges et parties. Et en tant qu’acteurs économiques rationnels, elles n’ont pas intérêt à ce que la Bourse joue pleinement son rôle au risque de leur grignoter des parts de marché sur les crédits qu’elles distribuent aux entreprises, qu’il s’agisse de crédits de trésorerie ou d’investissement », estime le patron d’une banque d’affaires, qui parle d’une situation de « conflit d’intérêt » à laquelle les pouvoirs publics n’ont peut-être pas pensé en démutualisant le capital de Bourse.

En théorie, cette thèse se tient. Mais est-elle soutenue par des faits, des situations où les banques actionnaires ont pris des décisions qui vont à contre-courant de l’intérêt de la place ?

Pour nos sources, il y a deux indicateurs qui ne trompent pas : le premier est le bilan de la Bourse de Casablanca depuis que cette démutualisation a été opérée. Depuis 2016, le nombre d’introductions en Bourse n’a pas dépassé le nombre de cinq. Et aucune action de grande envergure n’a été réalisée pour faciliter l’accès des entreprises, notamment les TPME, au marché.

Deuxième indicateur : la colère des banques, exprimée fin 2021, face au développement de la dette privée, ces opérations de financement obligataire négociées directement entre les entreprises et les investisseurs institutionnels. Profitant des taux bas sur le marché obligataire, plusieurs grandes entreprises ont réalisé d’importantes levées sans passer par les banques, et souvent pour rembourser des crédits bancaires libellés à des taux bien supérieurs. Ce que les banques ont considéré comme une concurrence déloyale, allant jusqu’à se plaindre de ces pratiques auprès du Wali de Bank Al-Maghrib.

LIRE AUSSI : Dette privée : les non-dits de l’étrange inquiétude des banquiers

Pour un banquier d’affaires qui pointe également cette situation de conflit d’intérêt, cet épisode a été la preuve que les banques considèrent le financement désintermédié par la voie des marchés des capitaux comme un sérieux concurrent. Et agissent de manière officielle et officieuse pour le freiner autant que possible.

Pour ces acteurs du marché, qui veulent que le débat soit lancé sur ce sujet, il est évident qu’une pareille situation crée de la confusion. D’autant que les banques tiennent toute la chaîne, à la fois celle du crédit bancaire et celle de l’accès au marché. « Quand un client se présente pour financer un projet d’investissement par exemple, son banquier a plus intérêt à lui vendre du crédit qu’à lui proposer une introduction en Bourse. Car il a tout simplement plus intérêt à placer son crédit, plus rémunérateur que le service de conseil financier pour une IPO », estime notre banquier d’affaires.

Pour lui, comme plusieurs de nos sources qui s’inscrivent dans ce même raisonnement, la solution serait de coter la société gestionnaire de la Bourse de Casablanca, d’ouvrir son capital à d’autres acteurs neutres et au grand public, pour que la stratégie de la Bourse puisse être claire, transparente, et permettre aux dirigeants de la société gestionnaire d’échapper au contrôle exclusif des actionnaires actuel.

Les contre-arguments de Adil Douiri

Patron de CFG Bank et actionnaire, à ce titre, de la Bourse de Casablanca, Adil Douiri n’est pas contre cette idée de cotation de la société gestionnaire. Il trouve même qu’elle serait très intéressante. Mais il s’inscrit toutefois en désaccord total avec ceux qui considèrent que la présence des banques dans le capital de la Bourse est un frein au développement du marché.

C’est un débat qui n’a pas de sens, selon lui. « Cela fait 30 ans que je suis acteur du marché. Et cela fait 30 ans que le nombre de sociétés cotées en Bourse ne dépasse pas les 75. Le problème ne date donc pas de 2016, date d’entrée des banques dans le capital de la Bourse », fait-il remarquer.

Et contrairement à ce qu’avancent les tenants de la thèse du conflit d’intérêt, Adil Douiri estime que les banques ont, au contraire, tout intérêt à ce que les entreprises se financent sur le marché. Car le financement par crédit ne peut se faire, ou se développer, sans l’amélioration des fonds propres des entreprises. Plus une entreprise dispose de leviers de financement de ses fonds propres, plus ses marges d’endettement bancaires s’élargissent. Et tout le monde y gagne, à commencer par l’entreprise elle-même. Et toute l’économie du pays. Le conflit d’intérêt n’existe donc pas, selon cet actionnaire-banquier de la Bourse.

Adil Douiri s’interroge d’ailleurs : comment les banques-actionnaires de la Bourse peuvent-elles empêcher le marché de se développer ? Et soulève également une question de fond : qu’est-ce qui fait que le nombre d’entreprises cotées n’évolue pas depuis 30 ans ? La réponse, selon lui, est très claire : c’est le manque de demande, l’envie des entreprises marocaines d’entrer en Bourse. Et ce problème, ce n’est pas la Bourse de Casablanca, ni son Conseil d’administration, qui peut le résoudre, mais les pouvoirs publics, la Direction du Trésor notamment.

« S’il l’on veut réellement développer le marché, il faut agir sur la demande, voir de près pourquoi les entrepreneurs ne viennent pas se financer sur le marché. C’est cela la vraie question », estime-t-il.

Les freins à la demande sont connus, nous dit Adil Douiri. En premier lieu, la peur de la transparence.

« La transparence du passé, pas tant celle de l’avenir », précise-t-il. Car quand un entrepreneur décide de s’introduire en Bourse, il est prêt à jouer la transparence sur le futur, mais il a surtout peur de dévoiler les pratiques du passé, les années où il sous-déclarait ses revenus, gonflait ses charges, ne payait que la moitié de l’IS dû réellement…

Et pour lever ce frein, comme d’autres, il faut agir sur la réglementation. Un domaine réservé, souligne le patron de CFG Bank, à la direction du Trésor, et sur lequel les actionnaires de la Bourse n’ont pas la main.

« Le ministère des Finances ne traite pas le sujet du développement du marché de manière sérieuse. Cette question ne fait pas partie de ses priorités. C’est cela la réalité. Et je parle de tous les gouvernements successifs depuis au moins 30 ans, pas seulement de celui qui est actuellement aux affaires. Pour lever ce frein de la transparence du passé, cette peur de se dévoiler, on peut par exemple décréter que toute entreprise qui veut s’introduire en Bourse peut bénéficier d’une amnistie sur les quatre derniers exercices fiscaux. Une mesure simple, mais qui peut créer un déblocage significatif », affirme-t-il.

Mais pour faire cela, il faut que le gouvernement accorde de l’importance au développement du marché. Car, comme le signale Adil Douiri, les pouvoirs publics ont tout intérêt à ce que les entreprises aillent en bourse, pour assurer d’abord leur pérennité, leur survie au fondateur, et pour qu’elles opèrent dans la transparence financière et fiscale.

Le problème, selon lui, n’est pas tant la constitution du tour de table de la société gestionnaire de la Bourse, la présence des banques ou pas dans son capital, mais l’intérêt qu’accordent les pouvoirs publics au développement des marchés des capitaux pour lever l’ensemble des freins à la demande.

Le secteur financier demeure résilient face aux séquelles de la crise sanitaire (Comité des risques systémiques)

Le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques (CCSRS) a tenu, jeudi 14 juillet, sa quinzième séance au siège de Bank Al-Maghrib (BAM) à Rabat, d’après un communiqué de la banque centrale.

Le comité a examiné et approuvé le rapport sur la stabilité financière au titre de l’année 2021 et fait le point sur l’état d’avancement de la feuille de route de stabilité financière couvrant la période 2022-2024.

Il a également passé en revue la synthèse des travaux mensuels de ses représentants tenus depuis le début de la crise sanitaire. Les indicateurs de suivi examinés continuent de montrer jusqu’ici la résilience du secteur financier face aux séquelles de cette crise.

Ci-après, quelques principales synthèses tirées de l’examen du secteur financier, telles que listées par BAM :

Le secteur bancaire demeure solide et résilient sur le plan de la rentabilité, de la liquidité et de la solvabilité. Après une contraction observée en 2020, le résultat net cumulé des banques a connu, au titre de l’exercice 2021, un rebond de 76,4%. Le ratio de liquidité à court terme s’établit à des niveaux confortables.

Les ratios de solvabilité et de fonds propres de première catégorie se situent à 15,8% et 12% à fin 2021, sur base sociale, pour des minimas réglementaires de 12% et 9%. Sur base consolidée, ces ratios ressortent respectivement à 13,9% et à 11,2%.

L’exercice de macro stress test de solvabilité réalisé par Bank Al-Maghrib en juin 2022 montre une résilience du secteur bancaire, face à des scénarii simulant la dégradation des conditions macroéconomiques.

Les infrastructures de marchés financiers continuent de faire preuve d’une forte résilience, tant sur le plan financier qu’opérationnel, et présentent toujours un niveau de risque faible pour la stabilité financière.

De son côté, le secteur des assurances connaît un retour à la situation d’avant-crise. Ce secteur a pu reprendre une bonne dynamique pour atteindre un niveau de croissance de son chiffre d’affaires de 9,9% en 2021, contre 1% un an auparavant. Le résultat financier a rebondi de 64,7%, profitant de la bonne performance du marché boursier, tandis que la marge d’exploitation s’est repliée, en raison notamment de l’augmentation de la sinistralité qui a retrouvé son niveau d’avant-crise. Le secteur a ainsi vu son résultat net progresser de 35% et son taux de rendement des fonds propres (ROE) se hisser à 9,5%.

Le ratio des plus-values latentes sur les placements s’est amélioré, passant de 13% en 2020 à 15,5% en 2021. Sur le plan prudentiel, le secteur continue de dégager une marge de solvabilité confortable par rapport au minimum réglementaire. Cette marge, qui ne couvre à ce jour que le risque de souscription, pourrait être amenée à baisser avec l’entrée en vigueur du cadre prudentiel de la Solvabilité Basée sur les Risques (SBR). Par ailleurs, les exercices de stress tests réalisés font ressortir une bonne résilience des entreprises d’assurances aux chocs sur le portefeuille actions et immobilier, et aux conditions macroéconomiques et techniques défavorables.

Concernant les régimes de retraite, l’intégration des enseignants contractuels des AREF (Académies régionales d’éducation et de formation) au régime des pensions civiles géré par la Caisse marocaine des retraites (CMR), devrait atténuer, sur le long terme, les déficits accumulés.

Cependant, du fait de l’horizon de viabilité très réduit de ce régime, l’intégration de ces enseignants n’aura pas d’impact significatif sur sa pérennité à court terme. La réforme paramétrique qu’a connue le régime général du Régime collectif d’allocation de retraite (RCAR) a permis l’amélioration de ses horizons de viabilité, sans toutefois permettre d’asseoir une tarification équilibrée des droits futurs. Le rétrécissement des marges de manœuvre d’une année à l’autre nécessite l’accélération de la mise en place de la réforme systémique des régimes de retraite.