L’ACAPS lance le programme « Émergence » pour accompagner la transformation numérique des assurances

L’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) a lancé, ce jeudi 3 avril, le « Programme Émergence« , dont l’objectif est de favoriser l’échange, de stimuler la créativité et de promouvoir une vision partagée pour accompagner la transformation numérique du secteur des assurances, indique un communiqué de l’ACAPS.

À travers une série d’ateliers organisés du 7 avril au 30 mai, les réflexions seront enrichies par l’apport d’experts internationaux et l’analyse de retours d’expérience concrets. L’objectif est en effet d’offrir aux acteurs du secteur un cadre structuré de réflexion, avec l’appui de talents technologiques qui contribueront à la modélisation des cas d’usage sous forme de prototypes simplifiés, explique la même source.

En favorisant le dialogue entre experts et acteurs du secteur, le Programme Émergence contribue à renforcer les synergies et à structurer une réflexion collective sur les défis et opportunités liés à l’innovation technologique. Il vise à faire émerger des cas d’usage innovants et porteurs d’impact pour le développement du secteur, ajoute le communiqué.

Le Programme Émergence est porté par la Cellule Innovation & Insurtech, créée en janvier 2023 par l’ACAPS. Sa mise en place répond à la nécessité d’anticiper les évolutions du marché, fortement influencées par l’essor des technologies numériques et leur impact sur les modèles économiques et les attentes des consommateurs.

Norme ISO 20022. La communauté SWIFT bancaire marocaine face à l’échéance de 2025

Le secteur bancaire mondial s’apprête à adopter la norme ISO 20022, un standard international élaboré par le Comité technique TC68 des services financiers de l’ISO, qui vise à uniformiser l’échange de données entre institutions.

Déjà mise en œuvre dans de nombreux pays, cette norme repose sur un format XML permettant une transmission plus structurée et détaillée des informations de paiement.

À l’échelle internationale, la transition vers ISO 20022 s’inscrit dans un processus encadré par SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), qui prévoit une période de coexistence entre les anciens formats de messages (MT) et le nouveau standard jusqu’en novembre 2025.

Ce calendrier de migration a pour objectif de permettre aux acteurs financiers d’adapter progressivement leurs systèmes tout en assurant une continuité dans les échanges transfrontaliers. Dans ce contexte, le nouveau format, basé sur XML, offre l’avantage de permettre la transmission de données plus détaillées et mieux structurées, améliorant ainsi la transparence et l’efficacité des paiements.

Alors, qu’en est-il du Maroc ?

Au Maroc, le secteur bancaire, fortement intégré aux échanges internationaux, fait face à la nécessité de moderniser ses systèmes de paiement. À la date de rédaction de cet article, soit neuf mois avant l’échéance de novembre 2025, aucune banque marocaine n’a officiellement communiqué sur l’adoption de la norme ISO 20022.

Entre opportunités de modernisation et risques de non-conformité

L’adoption de cette norme représente une opportunité pour les banques marocaines d’améliorer leur interopérabilité avec les réseaux internationaux et de renforcer la compétitivité de leurs services. En migrant vers ce nouveau système, ces institutions pourraient offrir des services plus efficaces et réduire les coûts liés aux opérations de paiement.

Pour les entreprises marocaines, l’utilisation d’ISO 20022 constitue également une opportunité d’optimiser la gestion de leurs flux financiers et d’accroître la transparence des transactions.

Contacté par Médias24, Mouad Ichchou, Trade finance & Cash management specialist, indique que la norme ISO 20022 représente une opportunité pour les banques marocaines.

« En adoptant cette norme, les banques marocaines s’offrent l’occasion d’étoffer leurs offres de services ‘Open Banking’, par exemple l’échange des données en temps réel avec les systèmes adoptant la même norme de leur clientèle entreprise, ainsi que de servir l’ambition d’une automatisation de la prise en charge end-to-end d’une opération de virement sans intervention humaine, par exemple. Par ailleurs, ces nouveaux standards renforcent la transparence et la conformité des opérations internationales, permettant aux banques d’explorer et d’analyser davantage les métadonnées de la nouvelle structure des messages pour une opération de paiement, à titre d’exemple aussi », explique notre source.

« L’adoption de cette norme engendre des coûts, non seulement pour la migration des systèmes, mais aussi pour la formation des équipes impliquées, qu’il s’agisse de l’informatique, de l’organisation, du traitement des opérations, de la conformité, de la correspondance bancaire, de la banque transactionnelle ou encore de la monétique. Toutefois, ces coûts restent limités au regard des risques de perturbation dans le traitement des paiements à l’échelle nationale et de l’opportunité qu’offre cette transition pour s’aligner sur le langage de l’innovation et des technologies émergentes, dites Fintech », explique-t-il.

Un retard dans la mise en œuvre d’ISO 20022 comporte des risques. Et les risques liés à la non-conformité dépassent largement les coûts associés à cette transition. En cas de non-conformité, les transactions pourraient être retardées ou nécessiter des intermédiaires pour effectuer la conversion des messages, ce qui pourrait entraîner des coûts supplémentaires conséquents et des délais dans le traitement des paiements. De plus, l’isolement progressif des banques marocaines sur la scène internationale pourrait affecter la compétitivité du système financier national.

Gozem lève 30 millions de dollars avec Al Mada Ventures pour son expansion en Afrique francophone

Gozem est une plateforme innovante de covoiturage et de fintech opérant en Afrique de l’Ouest francophone. Elle a réussi à lever 30 millions de dollars lors d’un tour de financement de série B. 15 millions de dollars sont levés en capital et 15 millions de dollars en dette.

Ce financement a été mené par SAS Shipping Agencies Services et Al Mada Ventures. L’objectif est de soutenir l’expansion de Gozem et de renforcer ses services financiers.

Objectif : développement de nouveaux marchés

Selon Al Mada Ventures, le financement levé sera principalement utilisé pour soutenir le développement de solutions de financement de véhicules, ainsi que pour approfondir la présence de Gozem dans de nouveaux marchés d’Afrique de l’Ouest et du Centre. La plateforme prévoit également de renforcer son offre de services bancaires numériques. Cela dans l’optique de favoriser l’inclusion financière et d’aider davantage d’Africains à accéder à des services bancaires de qualité.

Lancée en 2018 en tant que service de covoiturage au Togo, Gozem a rapidement évolué pour devenir une super application. Elle offre une gamme de services numériques, allant de la mobilité à l’e-commerce, en passant par le financement de véhicules et la banque digitale.

Elle est présente aujourd’hui au Togo, au Bénin, au Gabon et au Cameroun. La plateforme a déjà conquis un large public, avec près de 10.000 conducteurs inscrits et plus d’un million d’utilisateurs.

Morocco Fintech Center, un guichet unique pour développer les FinTechs (BAM)

Le 15 janvier 2025, l’assemblée générale constitutive de l’association Morocco Fintech Center (MFC) s’est tenue au siège de Bank Al-Maghrib à Rabat. Cette nouvelle structure a pour ambition de soutenir et structurer l’écosystème FinTech marocain en fournissant des solutions concrètes aux besoins des start-up innovantes.

Le MFC vise à constituer un guichet unique pour les start-up FinTech en leur offrant :

Par ailleurs, l’association s’engage à promouvoir un écosystème collaboratif, en favorisant les partenariats et les opportunités de réseautage, tout en soutenant la recherche et le développement en matière d’innovation financière.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale visant à réduire les obstacles au financement des PME par la digitalisation. Lors de l’Africa Financial Industry Summit (AFIS), en décembre dernier, Abderrahim Bouazza avait annoncé la création du pôle FinTech de Bank Al-Maghrib pour fédérer les efforts des acteurs du secteur et encourager les porteurs de projets innovants.

Selon lui, « la digitalisation permet de réduire les coûts et les risques associés au financement, tout en augmentant l’efficacité des opérations ». Le Morocco Fintech Center entend prolonger cette dynamique en proposant un cadre favorable au développement des FinTechs marocaines.

Sous la présidence de Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, le premier conseil d’administration a désigné Mustapha Lahlali comme directeur exécutif de l’association.

Ce conseil a également défini les actions prioritaires, arrêté le budget et validé les contributions des membres. Ces engagements visent à mobiliser les ressources nécessaires pour construire un écosystème FinTech national compétitif, ouvert sur les marchés régionaux et internationaux.

Le Morocco Fintech Center regroupe des acteurs publics et privés de premier plan, notamment :

Solutions de paiement : Connect Money prévoit de s’implanter au Maroc

Fondée en 2024 par Ayman Essawy, Marwan Kenawy et Momtaz Moussa, Connect Money s’est rapidement imposée comme un acteur clé dans l’écosystème fintech égyptien. La startup propose une plateforme d’émission de cartes bancaires en marque blanche, permettant aux entreprises de divers secteurs de proposer des cartes de débit et de crédit à leurs clients sous leur propre marque, sans développer d’infrastructure fintech, ni obtenir de licences réglementaires.

Dans un entretien accordé à Arab News, Ayman Essawy, PDG de Connect Money, a annoncé que l’entreprise prévoit de s’implanter en Arabie saoudite d’ici mi-2025 avant de s’attaquer au marché marocain.

« Nous voyons une grande opportunité d’expansion, en particulier en Arabie saoudite et au Maroc. L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus dynamiques de la région, et la fintech y connaît une croissance significative », a déclaré Essawy.

Des solutions adaptées aux entreprises marocaines

L’expansion de Connect Money vers le Maroc s’inscrit dans un contexte favorable où le secteur des paiements numériques est en pleine effervescence.

Les principaux clients potentiels de Connect Money au Maroc pourraient inclure des entreprises de télécommunications, de logistique, de pétrole et de gaz, ainsi que des fintechs locales et des banques cherchant à élargir leur offre de services numériques.

Les cartes bancaires en marque blanche, cœur de l’offre de Connect Money, permettent aux entreprises de proposer des cartes de paiement à leurs clients sous leur propre marque. Connect Money gère l’ensemble du processus, de l’émission à la distribution, en passant par la vérification d’identité (KYC), le support client et le développement d’applications mobiles bancaires. Cette approche simplifie l’accès aux services financiers et ouvre la voie à une plus grande inclusion bancaire.

Connect Money a récemment bouclé une levée de fonds d’amorçage de 8 millions de dollars, menée par Disruptech Ventures et Algebra Ventures. Ces fonds seront utilisés pour poursuivre la croissance de l’entreprise sur ses marchés existants, notamment en Égypte et au Maroc, tout en investissant dans l’innovation et les technologies avancées.

Cash Plus : « Notre vision est de devenir une Super App » (Nabil Amar) (2/2)

« Nous sommes une entreprise technologique qui vous facilite la vie »,  nous expliquait Nabil Amar, président du Conseil d’administration de Cash Plus dans la première partie de cet échange. L’opérateur, qui a démarré dans le transfert d’argent, activité qu’il continue d’exercer, se voit aujourd’hui comme une Fintech marocaine et se donne les moyens de cette vision.

Les services de Cash Plus ne se limitent pas seulement aux services financiers. « Chez Cash Plus, vous pouvez non seulement effectuer des transferts d’argent, mais aussi déposer un dossier maladie, envoyer un colis, et bientôt faire encore plus de choses. Notre objectif est de rapprocher les services du quotidien des citoyens afin de les accompagner dans tous les aspects de leur vie quotidienne », confie notre interlocuteur.

La dernière levée effectuée permettant le retour du fonds MCP dans le capital de l’entreprise, accompagné cette fois-ci par deux autres fonds prestigieux (SFI et un fonds néerlandais), vise trois objectifs que nous détaille le top management de l’opérateur marocain : devenir une banque digitale, adresser les besoins des Marocains de la diaspora et renforcer les équipes.

Développement du réseau physique, le projet de banque digitale, distribution des aides directes, paiement électronique, IPO… Nous abordons dans cette seconde partie la stratégie de l’opérateur et ses ambitions sur chacun de ces marchés.

 Médias24. Vous avez démarré avec 10 points de vente en propre. Aujourd’hui, vous êtes à près de 8.000 points. Un forte accélération à partir de 2022. Est-ce que vous vous concentrez exclusivement sur la franchise, ou continuez-vous également à développer des points de vente en propre ?

Nabil Amar. Nous continuons à développer des points de vente en propre. Aujourd’hui, notre réseau compte près de 8.000 points de vente, dont environ 600 en propre. Le reste, soit environ 7.400 points, est constitué d’entrepreneurs, avec 40% de femmes, ce qui constitue une véritable fierté pour nous. En effet, lorsque l’on parle de ces 7.400 points, ce sont autant de familles que nous soutenons. Il y a un vrai maillage territorial, principalement en milieu urbain, mais nous nous développons de plus en plus dans les zones rurales. Depuis cinq ans, nous avons fait un focus particulièrement important sur le rural.

Changer de nom n’a aucun sens. Au contraire, notre marque est un levier pour exploiter cette confiance et renforcer notre position.

– Cash Plus a pris la décision en 2022 d’aller plus vite. Comment avez-vous trouvé les financements nécessaires pour cette expansion ?

– J’ai approché MCP et Saâd Bendidi. Et comme ils croyaient fermement en notre projet et connaissaient notre entreprise, nous avons signé avec eux pour la deuxième fois. De plus, nous avons obtenu des financements supplémentaires de la SFI (Société Financière Internationale) et d’un fonds néerlandais, qui ont investi environ 60 millions de dollars dans l’entreprise. Ces fonds nous permettent aujourd’hui de relever les défis liés à notre ambition de devenir une banque digitale, d’adresser les besoins des Marocains de la diaspora et de renforcer nos équipes.

– Vous avez donc pour projet de devenir une banque digitale…

– Aujourd’hui, nous avons 1,5 million de bénéficiaires qui retirent leur argent chez Cash Plus, mais qui cash-out immédiatement. Nous avons donc dû développer des solutions pour offrir plus de services financiers digitaux.

– Vous avez mentionné des mots clés comme Banque digitale, établissement de paiement, service de proximité et service financier. Le nom Cash Plus ne devient-il pas un peu réducteur par rapport à ce que vous êtes devenus ?

– Cash Plus est une marque forte et bien établie. Elle inspire confiance, et c’est notre plus grande force. Nous avons des millions d’utilisateurs fidèles et cela fait partie de notre identité. Changer de nom n’a aucun sens. Au contraire, notre marque est un levier pour exploiter cette confiance et renforcer notre position.

– Parmi les activités de Cash Plus, il y a la logistique et l’e-commerce. Parlez-nous un peu plus de ce segment.

– C’est un segment que nous adressons à travers notre filiale Tawsil qui gère la logistique du Last Mile Delivery. Cette filiale opère dans ce que l’on appelle les 3PL, « Third Party Logistics », c’est-à-dire les prestataires logistiques tiers. Nous avons un modèle unique au Maroc : nous ne possédons pas de moyens logistiques propres. Ce modèle disruptif nous a permis de traiter aujourd’hui 150.000 colis par mois. Nous sommes fiers de cette startup qui fonctionne indépendamment et est dirigée par son propre directeur général.

– Mais il y a bien des synergies avec Cash Plus ?

– Absolument, c’est l’une de nos grandes forces. Nos clients peuvent déposer un colis dans n’importe quelle agence Cash Plus et le récupérer dans l’agence de leur choix.

Notre vision est de devenir une super app. Une application qui permet aussi de répondre aux besoins quotidiens de nos utilisateurs.

– Et quand vous parlez de la banque digitale, quels sont vos projets sur ce segment ?

– C’est là que nous entrons dans le domaine des portefeuilles électroniques avec Cash Plus Mobile. Nous avons un portefeuille de près de 3 millions de clients, dont 2 millions sont actifs et effectuent au moins une opération par mois. Nous avons également lancé notre propre carte de paiement, avec environ 200.000 cartes émises. Aujourd’hui, notre principal défi est de faire en sorte que ces clients utilisent l’application mobile pour leurs besoins quotidiens.

Notre vision est de devenir une super app. Une application qui ne se limite pas aux services financiers, mais qui permet aussi de répondre aux besoins quotidiens de nos utilisateurs. Dans un futur proche, les utilisateurs pourront non seulement effectuer des paiements, mais aussi réserver un taxi, louer une trottinette électrique ou acheter un billet de bus, tout via l’application Cash Plus. L’idée est de centraliser tous les paiements et services de la vie quotidienne dans une seule application.

– Sur un sujet connexe, le marché des paiements électroniques connaît une mutation majeure, comment Cash Plus se positionne-t-il par rapport à cela ?

– Nous suivons ce secteur depuis longtemps, mais nous avons senti que le marché n’était pas encore prêt pour accueillir un nouvel acteur. Aujourd’hui, notre volonté est de compléter ce qu’a réalisé le CMI au cours des dernières années. Cet acteur détient 98 % de parts de marché, mais ce marché concerne principalement 70.000 commerçants. Or, au Maroc, il y en a plus d’un million et demi. Nous pensons qu’il existe une grande demande parmi ces commerçants qui n’ont pas encore été adressés. Notre objectif est donc de nous attaquer à ce marché inexploité, tout en collaborant avec d’autres acteurs pour éduquer et accompagner les commerçants vers l’acceptation des paiements électroniques.

– Pourquoi cette grande partie du marché est-elle restée jusqu’à présent ignorée ?

– A mon avis, cela tient à des questions de timing. Avant, pour accepter les paiements par carte, il fallait équiper les commerçants avec un TPE (terminal de paiement électronique) coûteux (environ 4.000 à 5.000 dirhams). De plus, la transaction elle-même coûtait cher (3 à 3,5 %). Et puis, la carte n’était pas suffisamment répandue. Aujourd’hui, nous avons 20 millions de cartes émises, mais 85 % ne servent qu’au retrait, et seulement 15 % au paiement.

Ce qui change aujourd’hui, c’est l’adoption du paiement sans contact (NFC) qui supprime la barrière du code PIN et facilite l’utilisation des cartes. Le renouvellement générationnel joue également un rôle : les jeunes, qui ont grandi avec la technologie, adoptent naturellement ces moyens de paiement. De plus, aujourd’hui, un TPE ne coûte plus 5.000 dirhams. Il existe même des solutions via smartphone permettant aux commerçants d’accepter les paiements facilement et à moindre coût.

Enfin, l’afflux massif de touristes ces deux dernières années a encore renforcé la nécessité pour les commerçants de s’adapter aux paiements par carte ou téléphone. Un facteur qui va s’accentuer avec l’organisation de la Coupe du monde 2030.  Tout cela crée un environnement propice au développement du paiement électronique et ouvre des opportunités à Cash Plus pour s’adresser à cette clientèle.

L’IPO serait une option, mais pas une finalité. Tout dépendra du contexte et des opportunités.

– Pour faire simple, Cash Plus compte se concentrer donc sur les centaines de milliers de commerçants non desservis ?

– Exactement. Le marché existant est déjà saturé et ultra-concurrentiel. Nous, nous nous concentrons sur une clientèle que les acteurs historiques ont négligée. Depuis notre lancement, nous avons toujours ciblé des segments non adressés par la concurrence. Nous allons donc continuer dans cette direction pour toucher une clientèle qui n’a jamais été prioritaire pour les acteurs traditionnels.

– Des projets imminents ?

– Une de nos nouvelles initiatives est Cash Plus Venture, un fonds de capital-risque qui investit dans des start-ups à fort potentiel avec lesquelles nous pouvons créer des synergies. Nous avons déjà investi dans Weego, une start-up de mobilité, et dans Slaati, une entreprise de distribution de produits FMCG (produits de grande consommation). Nous souhaitons également accélérer nos investissements dans la mobilité, en particulier dans les secteurs des taxis et de la mobilité électrique. Deux projets sont en cours de finalisation dans ce sens.

– Sinon pas d’IPO en vue  ?

– Si nous avons besoin de plus de fonds pour soutenir notre croissance, une IPO pourrait être envisagée. Cependant, ce n’est pas une priorité pour nous. Nous avons une entreprise profitable, non endettée, avec une croissance de plus de 30% chaque année. L’IPO serait une option, mais pas une finalité. Tout dépendra du contexte et des opportunités.

Cash Plus : l’ambition d’une « Fintech marocaine » à l’assaut des 2 milliards de dirhams (1/2)

8.000 agences, un réseau qui représente deux fois plus que celui du deuxième acteur du marché et un chiffre d’affaires de 1,2 MMDH. Pendant la crise sanitaire du Covid en 2020, Cash Plus, avec un réseau moins important à l’époque, « a distribué à lui seul 25% des aides, toutes institutions financières confondues ». L’entreprise est aussi l’un des acteurs majeurs dans la stratégie de distribution des aides directes, lancée fin 2023.

À en croire l’ambition de l’opérateur, ces chiffres seront dépassés en 2027. Cash Plus compte atteindre les 10.000 agences et porter son chiffre d’affaires à plus de 2 MMDH.

Comment une petite entreprise qui a commencé en 2004 dans le transfert d’argent avec dix agences a-t-elle pu, en l’espace de deux décennies, devenir l’un des leaders d’un secteur où les poids lourds, notamment des filiales bancaires, ne manquent pas ?

 Nous sommes une FinTech, l’une des plus grandes de la région. Rentable, qui plus est ! 

Des débuts en 2004 en tant que Ramapar à la naissance de la marque Cash Plus en 2012, en passant par les opportunités offertes par les réformes réglementaires ou encore les changements dans l’actionnariat, l’histoire de Cash Plus est une succession d’adaptations stratégiques que nous explorons avec Nabil Amar, président du conseil d’administration, lors d’un entretien qui a duré plus d’une heure et demie.

L’entreprise, qui efface sans cesse les frontières entre les secteurs traditionnels et numériques, développe son maillage territorial tout en ayant l’ambition de devenir une « banque digitale ». Mais, au fond, que représente réellement Cash Plus ? La question mérite d’être posée.

« Nous sommes une entreprise technologique qui vous facilite la vie », répond sans détour Nabil Amar. « Nous sommes une FinTech, l’une des plus grandes de la région. Rentable, qui plus est ! »

Nabil Amar, président du conseil d’administration de Cash Plus.

Au début, une histoire d’entreprise familiale

« Cash Plus, c’est d’abord l’aboutissement d’une histoire entrepreneuriale. Au lancement en 2004, notre objectif était simple : répondre à une problématique bien précise, celle du transfert d’argent. Puis, au fur et à mesure, nous avons construit un petit réseau avec des entrepreneurs et, progressivement, celui-ci s’est élargi à travers de nouveaux services et produits. Aujourd’hui, Cash Plus est un établissement de paiement agréé par la Banque centrale. Nous opérons principalement dans les services financiers. Mais, avec le temps, nous avons évolué en une institution qui se concentre sur les défis liés à la proximité avec les citoyens », tente de résumer le dirigeant.

En 2004, le père de Nabil Amar crée une entreprise de transfert d’argent. Le secteur était alors exclusivement réservé aux banques. Jusqu’en 2009, l’entreprise proposait un seul produit : Western Union, sous mandat de la Société Générale.

« Puis, au fil des années, nous avons progressivement élargi notre périmètre, notamment avec l’arrivée de la réforme des établissements de paiement et la première réglementation sur les sociétés de transfert de fonds (STF) », relate Nabil Amar. « Nous avons obtenu la licence nécessaire pour travailler avec d’autres opérateurs. Ce fut un tournant majeur ».

Médias24 : Quelle a été la réaction de vos partenaires de l’époque face à cette diversification ? Comment avez-vous géré cette transition ?

« Cette transition a été principalement imposée par la réglementation. Pour nous, le défi était énorme, car nous devions travailler avec plusieurs opérateurs de transfert d’argent et donc disposer de différents systèmes d’information. À l’époque, il était difficile d’avoir une vue d’ensemble des transactions, car il fallait attendre le lendemain matin pour connaître l’état de la caisse. Une dizaine de systèmes différents dans chaque agence. Chaque fin de journée, un fichier Excel était envoyé pour consolider les données de plus de cent agences et dresser l’état de la caisse », nous confie Nabil Amar qui, au moment de ces évènements, ne faisait pas encore partie de l’entreprise.

« C’est dans ce contexte que j’ai rejoint l’entreprise familiale. Je travaillais dans le domaine des ERP. Mon père m’a suggéré de proposer une solution en tant que prestataire. Avec mon associé, nous avons décidé de créer un système d’agrégation des opérateurs de transfert d’argent, car aucun n’existait à l’époque », poursuit-il.

L’anecdote a son importance. Car, quand en 2014, Cash Plus entame son processus d’institutionnalisation avec l’entrée du fonds Méditerranea Capital, ce dernier a vite vu l’importance du système d’information qui n’était pas encore la propriété de l’entreprise. Ils ont alors proposé de racheter le système, voire l’entreprise. J’ai accepté, et j’ai ainsi intégré Cash Plus en tant que directeur des opérations et du système d’information », confie notre interlocuteur.

C’est ce qui fait dire aujourd’hui à Nabil Amar que Cash Plus est « une entreprise technologique« . « Notre métier repose essentiellement sur la technologie, au quotidien. Le cash management, la conformité, l’audit, la gestion des risques sont des aspects cruciaux, mais au cœur de tout cela se trouve le système d’information. Lorsque celui-ci fonctionne correctement, il nous permet d’élargir notre champ d’action, de diversifier nos services et de répondre rapidement aux besoins du marché ».

Parfois, nous prenons des décisions rapidement, même via WhatsApp. C’est là que la technologie joue un rôle clé, en nous permettant de prendre des décisions rapides 

Actionnariat : MCP, la famille Tazi, et ceux qui ont raté le coche

Médias24 : L’entrée de Mediterranea Capital Partners (MCP) en 2014 a été un évènement majeur pour Cash Plus…

Nabil Amar : L’entrée de MCP en 2014 n’a pas été un choix anodin. Le fondateur avait pour objectif principal d’institutionnaliser l’entreprise et d’introduire une nouvelle gouvernance afin d’accompagner la croissance de la société. Dès le début, son ambition était de créer un réseau de milliers de points de vente. Cependant, pour y parvenir, il fallait à la fois réunir les talents nécessaires et disposer de moyens financiers suffisants. Une activité comme celle de Cash Plus nécessite d’importants investissements financiers, et ces fonds ne pouvaient être mobilisés sans une gouvernance solide. Mediterranea Capital a donc été perçu comme un partenaire capable de nous apporter à la fois des talents et des ressources financières.

L’un des premiers défis a été de transformer l’équipe managériale. Mediterranea Capital a non seulement injecté de l’argent, mais aussi introduit une nouvelle équipe pour piloter les différentes directions, à commencer par la direction générale en la personne de Hazim Sebbata. Ce changement nous a permis de poser les bases de notre développement.

Ensuite, nous avons lancé plusieurs initiatives importantes. En 2014, Cash Plus comptait 200 points de vente. Nous avons entrepris une stratégie de croissance externe en rachetant Eurosol, le troisième acteur du marché, fin 2015. Cette acquisition nous a permis de passer de 300 points de vente à 600 début 2016, augmentant ainsi considérablement notre visibilité sur le marché.

Nous avons également travaillé sur la marque, car il était essentiel de bâtir une identité forte. Nous avons choisi une communication proche des citoyens, avec une touche décalée et un ton plus léger, en utilisant notamment la darija pour nous connecter avec un public large. Nos cibles étaient initialement les 28-40 ans, mais nous avons également voulu préparer l’avenir en nous adressant aux jeunes.

En parallèle, nous avons travaillé sur des chantiers organisationnels et internes cruciaux. Nous avons développé de nouvelles équipes, réformé notre communication, mis en place des processus de gouvernance, de conformité, d’audit et de reporting financier, et surtout, nous avons modernisé notre système d’information.

– En 2018, MCP quitte le tour de table. Pourquoi ?

– Un fonds d’investissement a une durée de vie limitée et, par nature, il cherche à sortir de son investissement. Ainsi, après environ cinq ans d’implication dans Cash Plus, l’opportunité s’est présentée en 2018 pour Mediterranea Capital de réaliser son premier exit. Nous avons alors entrepris un roadshow pour rencontrer de potentiels investisseurs, et c’est à ce moment-là que nous avons rencontré la famille Tazi. Leur enthousiasme pour notre histoire et la dimension sociale de notre entreprise a été immédiat. Leurs valeurs et leur fibre sociale, associées à notre mission d’inclusion financière, ont fait écho.

En 2018, Richbond devient actionnaire. À ce moment-là, l’entreprise réalisait environ 350 millions de DH de chiffre d’affaires, et la famille Tazi nous a accompagnés dans notre développement.

Parfois, la chance joue un grand rôle dans l’histoire d’un entrepreneur. C’est un peu ce qui nous est arrivé 

– Est-ce que Karim Tazi est un actionnaire passif ou actif ?

– C’est un actionnaire extrêmement actif, mais dans le domaine du conseil. Il ne s’immisce jamais dans les opérations quotidiennes. Nous avons une gouvernance très proche, agile, mais qui respecte en même temps l’autonomie de l’équipe de gestion.

Nous organisons des comités de gestion mensuels avec nos actionnaires, ce qui permet un reporting régulier. Les informations sont transmises chaque mois à nos actionnaires et, bien sûr, il y a des conseils d’administration. Cependant, ce qui est essentiel, c’est la communication quotidienne avec nos actionnaires. Parfois, nous prenons des décisions rapidement, même via WhatsApp. C’est là que la technologie joue un rôle clé, en nous permettant de prendre des décisions rapides et de nous développer efficacement dans un secteur qui est pourtant fortement régulé.

Cette indépendance vis-à-vis des banques ou des institutions financières est un atout majeur. Nous bénéficions d’une gouvernance agile qui prend des décisions rapides. Nos actionnaires sont des entrepreneurs qui comprennent les défis que rencontre un dirigeant et la complexité du parcours entrepreneurial. De plus, ils sont très attentifs aux évolutions des marchés, pas uniquement au marché marocain, mais aussi à une échelle mondiale.

– Avant de conclure avec Richbond, aviez-vous rencontré d’autres investisseurs potentiels ? Si l’information n’est pas confidentielle…

– Il y a prescription (rires). En effet, nous avons eu l’opportunité de rencontrer plusieurs grands groupes, notamment dans le secteur bancaire. Dès 2016, nous étions en pleine phase de due diligence avec la Société Générale. Toutefois, cette opération n’a pas abouti en raison de facteurs internes à la banque. Une autre institution bancaire marocaine a également manifesté son intérêt, mais sa proposition n’a représenté que 50% de l’offre initiale que nous avions reçue. À cette époque, nous faisions face aux défis liés à notre taille modeste, et nombreux étaient ceux qui doutaient de notre potentiel. Beaucoup pensaient que la digitalisation risquait de mettre en péril les réseaux physiques, un point que nous avons toujours contesté et que nous soulignons régulièrement.

Une question récurrente que l’on nous pose est : « Comment se fait-il qu’une entreprise comme Cash Plus continue de traiter du cash dans un monde de plus en plus digitalisé ? » C’est un grand débat, mais il faut comprendre la réalité du terrain. Si l’on connaît un peu la population marocaine et ses habitudes, on saisit pourquoi le cash reste encore largement utilisé au Maroc.

Nous avons également rencontré de nombreuses institutions internationales, y compris des grands groupes du secteur des télécommunications. Cependant, ces derniers n’étaient pas particulièrement intéressés par ce que nous leur proposions.

Si l’on connaît un peu la population marocaine et ses habitudes, on saisit pourquoi le cash reste encore largement utilisé au Maroc

– Et comment votre chemin a-t-il croisé celui de la famille Tazi ?

– Parfois, la chance joue un grand rôle dans l’histoire d’un entrepreneur. C’est un peu ce qui nous est arrivé. Une banque d’affaires a entendu dire que nous cherchions un nouveau partenaire financier et a pris contact avec nous. Ils nous ont mis en relation avec des investisseurs patrimoniaux marocains intéressés par ce secteur. C’était la famille Tazi.

Lorsque nous avons rencontré Karim Tazi, le feeling a été immédiat. Il a une forte fibre sociale, ce qui correspondait parfaitement à nos valeurs et à ce dont nous avions besoin.

Dès 2022, nous avons décidé de viser une nouvelle phase de croissance. Nous avions conscience qu’il était crucial de continuer à croître et à étendre notre réseau, tout en consolidant nos positions sur le marché.

– N’aviez-vous pas eu peur que la croissance soit trop rapide ?

– Non, sincèrement, on ne l’a pas ressenti ainsi. Ce n’est que sur les quatre dernières années que nous avons réellement pris conscience de notre taille, notamment lors de la distribution des aides de Tadamon pour le Covid. Nous avons été surpris de constater que nous avions distribué 25% des aides, toutes institutions financières confondues, banques et établissements de paiement. Et quand on regarde notre part de marché, c’est vraiment significatif.

– Pourquoi cette décision d’aller encore plus vite en 2022 ?

– Nous voyions déjà venir le sujet des aides sociales qui allait devenir un enjeu majeur. En 2022, le sujet devenait très concret, et nous avons réalisé qu’il fallait le traiter rapidement et efficacement.

Pour y répondre, il fallait d’abord augmenter la capacité de notre réseau, donc grossir encore plus vite. Mais, pour cela, il fallait également accompagner cette expansion. Nous avons donc décidé d’ouvrir des agences propres, satellites, qui servent de relais pour notre réseau franchisé, notamment en termes de formation et d’accompagnement.

Entre 2022 et aujourd’hui, nous avons ouvert 400 nouveaux points de vente en trois ans et renforcé notre réseau franchisé. Nous avons également mis l’accent sur l’amélioration de notre système d’information, car cette croissance nécessite un solide support technologique.

L’État avait également exprimé son souhait de ne pas distribuer les aides en cash, mais plutôt sur des comptes. Cela nous a poussés à renforcer notre système de Core banking pour pouvoir absorber ces flux, et à développer un portefeuille de services plus digitalisés. L’objectif n’était pas seulement d’avoir des comptes, mais de créer une offre qui permettrait à ces bénéficiaires d’utiliser leur argent autrement.

À suivre…

Attijariwafa Bank et CEED Maroc s’allient pour dynamiser l’écosystème des fintechs

Cette convention marque le début d’une collaboration axée sur six domaines clés de coopération :

– L’open innovation ;
– La culture d’innovation ;
– L’expertise d’innovation ;
– L’intrapreneuriat ;
– L’investissement ;
– Le mentoring.

L’objectif de cette collaboration est de valoriser l’innovation en tant que moteur de création de valeur, bénéficiant tant à la banque qu’à son écosystème d’innovation, à l’échelle nationale et internationale, indique un communiqué d’Attijariwafa Bank.

Dans le cadre de ce partenariat global, le groupe Attijariwafa bank, à travers Wenov (son entité Innovation) et CEED Maroc, lancent la 4e édition du programme d’Open. Ce programme vise à identifier des startups/fintechs dont les solutions pourront accélérer les projets de transformation au sein du groupe.

Les startups ou fintechs sélectionnées bénéficieront d’un programme d’accélération qui comprendra des séances de cocréation avec les équipes métiers. Les « proof of concept » les plus aboutis donneront lieu à la signature de bons de commande à la fin du programme.

Les éditions précédentes ont permis la réalisation de 24 expérimentations, dont plus de la moitié se sont concrétisées, permettant de réduire le Time-to-Market des projets innovants au sein du groupe, mais aussi de participer au développement de startups et fintechs de l’écosystème.

CEED Maroc est membre du réseau international de CEED (Center of Entrepreneurship and Executive Development), une organisation non gouvernementale qui accompagne les entrepreneurs pour le développement de leurs entreprises dans les marchés émergents.

CashPlus ambitionne de doubler ses revenus et son réseau d’agences d’ici 2027

CashPlus a fêté ses vingt ans. Durant cette période, le groupe a connu de nombreuses mutations dans son activité. Opérant auparavant sur le transfert d’argent seulement, le groupe a développé au fur et à mesure des années un arsenal de produits et services financiers.

Désormais, il est doté d’un plan stratégique à l’horizon 2027 appelé « LifePlus » avec des objectifs ambitieux. Pour ce faire, le groupe avait ouvert son capital en novembre dernier en levant un total de 600 MDH auprès de Mediterrania Capital, de la SFI et d’un fonds néerlandais. Cette somme servira à financer les ambitions du groupe.

Lors d’une conférence de presse le 7 mars, le groupe a présenté quelques chiffres clés le concernant et a livré ses principales ambitions d’ici quatre ans.

1,2 MMDH de revenus en 2023

Le groupe est devenu en vingt ans l’un des acteurs les plus dynamiques de la Fintech au Maroc. Durant la conférence, Nabil Ammar, président du conseil d’administration du groupe, a dévoilé quelques chiffres concernant les performances du groupe à fin 2023.

En termes de revenus, le groupe a dépassé la barre symbolique du milliard de dirhams pour atteindre 1,2 MMDH en fin d’année dernière. En une année, le groupe a traité pour 100 MMDH de flux, tous produits confondus.

Au-delà du transfert d’argent, Cash Plus a diversifié ses services et permet notamment de payer ses factures, ses impôts, ses billets de train et autres grâce à ses interfaces avec ses partenaires. Le groupe a également développé son application mobile rassemblant tous les services disponibles dans ses agences avec plus de 140 services différents. Cette application rassemble 500.000 utilisateurs mensuels.

Le groupe entend désormais fortement améliorer ses indicateurs dans le cadre de son plan stratégique.

Un revenu doublé d’ici 2027 et un réseau multiplié par 2,5

Le groupe dispose de piliers de développement pour poursuivre sa forte croissance. Cela passera notamment par la démultiplication de son nombre d’agences pour couvrir un maillage territorial plus vaste et plus rural.

« Notre croissance implique que notre réseau continuera à grandir. Nous avons identifié encore énormément de potentiel et d’endroits qui ne sont pas encore servis. Nous souhaitons aller chercher plus d’utilisateurs et plus d’utilisations », explique Hazim Sebbata, CEO de CashPlus. Le groupe a l’ambition de passer de 8.000 agences à 20.000 d’ici 2027 pour continuer de servir le maximum de personne, notamment dans le Maroc rural.

Cette acquisition client passera également par le biais du numérique. « Nous assumons notre ‘schizophrénie’. Nous faisons du cash, et nous faisons également du cashless. Nous souhaitons nous développer sur les deux volets, pour laisser le choix au client », explique le DG. Pour le numérique, le groupe a l’ambition de se rapprocher des Marocains où qu’ils soient, c’est-à-dire au Maroc et également en Europe. L’objectif étant d’utiliser la notoriété, l’image et les multiples partenariats du groupe pour capter les transferts de MRE à leur famille dans le Royaume.

D’ailleurs, sur la partie mobile, le groupe ambitionne d’ici la fin de son plan stratégique de passer de 500.000 utilisateurs à 4 millions. « Notre objectif est d’aller chercher les Marocains là où ils se trouvent et de continuer à rechercher de la proximité pour devenir le compagnon au quotidien de nos utilisateurs », poursuit le CEO du groupe.

Un portail centralisé de service financiers et du quotidien d’ici 2027

L’autre pilier majeur du groupe est la SuperApp. Malgré ses 140 services déjà disponibles sur son application, le groupe entend enrichir ses services. Il souhaite devenir un One-Stop-Shop des services financiers. « C’est un axe stratégique pour nous dans les prochaines années. Il y a des applications bancaires qui font très bien le travail de transferts ou de paiement, d’autres applications qui existent pour les services du quotidien. Mais une seule plateforme pour les services financiers et ceux du quotidien, il n’y en a pas. Nous souhaitons poursuivre les efforts dans les transferts d’argent et digitaliser le cash en le ramenant sur les comptes wallet », explique Nabil Ammar.

Concernant les paiements, le groupe souhaite suivre la tendance mondiale de la dématérialisation et développer des cartes numériques sur mobile. Mais le président du conseil d’administration annonce vouloir aller plus loin dans les limites du produit et faire de CashPlus le portail clé pour les services financiers. « Nous ne sommes pas une banque, mais il y a beaucoup de choses à faire. Simuler un crédit, se renseigner sur les taux en vigueur, déposer un dossier de crédit auprès d’une institution, sont possibles avec une application mobile. Pourquoi ne pas le faire ? »

Pour ce faire, le groupe compte également miser sur la cybersécurité pour garantir la sécurité de ses services à ses clients. « Nous sommes tous confrontés à des menaces. Notre objectif est de faire un partenariat avec la DGSSI pour avoir toute la conformité en termes de sécurité, être conformes en matière de sécurité et assurer la sécurité de nos clients et de nos transactions », conclut-il.

En construisant cette equity story avec des institutionnels solides au tour de table, le groupe devient un prétendant sérieux à une IPO. Si le groupe ne s’épanche pas trop sur les détails, il ne réfute pas non plus cet objectif à terme. D’ailleurs, en novembre dernier, le DG du groupe nous expliquait concernant l’IPO : « C’est l’une des options. Il en existe d’autres sur la table, mais il est encore trop tôt pour s’orienter vers une option en particulier. »

(Début de présentation à 23 minutes et 42 secondes)

La start-up Tookeez lève 15 millions de DH auprès d’Azur Innovation Fund

Imaginé par Hicham Amadi et les sœurs Wiam et Siham Elmejjad, dirigeants et fondateurs de plusieurs entreprises IT dont le spécialiste marocain des programmes de fidélité 2WLS, Tookeez répond aux défis de fidélisation client en offrant une solution innovante : une unité de valeur numérique universelle de conversion des points de fidélité, permettant une utilisation flexible dans un large réseau de partenaires commerçants, indique un communiqué de la start-up.

Ainsi, Tookeez est un système qui agrège les points de fidélité de nombreuses enseignes dans un même portefeuille. Ce dernier permet de réaliser des transactions au sein d’un large réseau de commerces et de marques, ce qui fait de la plateforme une source de revenus complémentaires.

Il a été conçu pour répondre aussi bien aux besoins des marques et des commerçants que des consommateurs finaux :

Marques : Tookeez permet aux marques, tout en maintenant l’identité de leurs propres programmes, d’offrir à leurs clients le moyen de transformer leurs points simplement et instantanément dans un réseau large et varié ;

Commerçants : Tookeez offre l’opportunité aux commerçants, notamment les TPE, de disposer d’un outil de fidélisation accessible ;

Consommateurs : Tookeez permet aux membres de différents programmes de fidélité d’accumuler des points dans chaque programme et de les convertir comme bon leur semble dans un large réseau de partenaires.

Une ambition africaine et internationale

Avec cette levée de fonds, Tookeez envisage d’accélérer son expansion au Maroc, sur l’ensemble du continent et dans la région MENA, tout en poursuivant ses investissements dans le développement technique, notamment dans la technologie blockchain. Un second pays africain devrait être couvert d’ici 2026.

« Nous sommes honorés de la confiance de nos investisseurs. Cette levée de fonds marque une étape cruciale dans notre développement. Notre objectif est d’atteindre 4 millions de membres utilisateurs d’ici 2028. Pour faire de Tookeez un véritable écosystème d’inclusion économique et financière pour notre continent », a déclaré Siham Elmejjad, CEO de Tookeez, citée dans le communiqué.

Arrabet Holding, ou la convergence d’innovations technologiques

Arrabet Holding est née de la vision des fondateurs de Mobiblanc, entreprise de technologie spécialisée dans le développement de solutions digitales depuis 2011, qui se veut plus large et intégrée : celle de consolider et diversifier la présence dans le domaine numérique. Avec son siège à Casa-Anfa et quatre sociétés sous son égide, chacune spécialisée dans un segment différent de la technologie, Arrabet cherche à propulser l’écosystème technologique.

Mohammed Benboubker, son cofondateur, nous invite à découvrir Arrabet Holding, basée à Casablanca Finance City, une entité qui ambitionne de s’engager activement dans la cocréation d’un avenir technologique intégré.

Médias24 : Quels sont les objectifs d’Arrabet au Maroc et à l’international ?

Mohammed Benboubker : Les objectifs d’Arrabet Holding au Maroc et à l’international s’articulent autour de plusieurs axes stratégiques. Je les liste en cinq points :

– devenir un One-Stop-Shop qui offre une gamme complète de services et de solutions technologiques ;
– atteindre une taille critique, que ce soit pour le marché ou en tant que marque employeur ;
– adresser les défis actuels et futurs en termes d’exigences techniques, de robustesse, de scalabilité et d’innovation ;
– enrichir notre pool de partenaires stratégiques pour enrichir notre écosystème et offrir les solutions les plus avancées ;
– incarner une vision pionnière qui soutient la réputation du Maroc en tant que Tech Nation en initiant des programmes de montée en compétence dans l’innovation, la deep tech et la technologie verte.

En résumé, Arrabet vise à jouer un rôle de premier plan dans l’évolution du secteur technologique au Maroc et au-delà.

– Concrètement, quelles sont les activités de chacune des sociétés de Arrabet ?

– Le groupe réalise son développement à partir d’Arrabet Holding qui contrôle l’ensemble des véhicules par métier. Chaque société est en effet spécialisée dans un domaine précis et collabore pour répondre aux besoins du marché avec des offres et des compétences complémentaires : le conseil, le build et l’intégration.

Mobiblanc s’attache particulièrement au développement de solutions technologiques qui améliorent la mobilité et l’expérience client.

Un exemple phare de notre travail est la refonte de l’application Myinwi, entreprise en 2020. Ce projet, auquel nous collaborons toujours, est aujourd’hui l’application phare sur le marché technologique ; celle qui a posé les standards en termes d’architecture et de business.

Foster Processing se spécialise dans l’intégration de solutions numériques innovantes, offrant un service de conseil technologique qui tient compte des spécificités des secteurs prioritaires comme la finance et le retail. Nous guidons les clients vers les solutions les plus adaptées à leurs besoins et facilitons la mise en relation avec notre réseau de partenaires. Un projet emblématique est notre collaboration avec la Fondation Arrawaj pour l’implémentation d’un core banking system, d’une solution mobile wallet, renforcée par un programme de change management pour adopter de nouvelles méthodes de travail et réussir la transformation engagée.

Ackordéon se consacre au nearshoring technologique, offrant des services spécialisés pour le recrutement dans le secteur des technologies. Depuis début 2023, nous avons établi un centre de services avec un grand retailer français, mobilisant des experts technologiques pour collaborer avec leur digital factory.

The Frontline Unit se positionne comme un collectif d’experts dotés de compétences pointues, mobilisés pour répondre aux défis technologiques spécifiques auxquels les clients sont confrontés. Ces individus s’intègrent dans les organisations en apportant un regard externe et expert, essentiel pour conseiller et guider efficacement les stratégies de transformation digitale. En s’appuyant sur leur expertise approfondie, ils fournissent un accompagnement sur mesure, garantissant la mise en œuvre réussie et l’atteinte des objectifs stratégiques, en agissant comme un véritable bras technologique pour leurs clients.

Ensemble, ces entités incarnent la vision d’Arrabet Holding pour une synergie efficace et une expertise pointue, permettant d’aborder diverses problématiques technologiques tout en se concentrant sur les objectifs et les besoins de nos clients.

– Quelles sont les réalisations phares de Mobiblanc ?

– Nous avons démarré notre aventure en 2010. Nous voulions nous imposer comme un acteur incontournable dans le domaine des solutions mobiles. L’internationalisation de nos activités en 2013 a été une étape naturelle dans notre quête de croissance et d’excellence. Cette expansion a été suivie de collaborations stratégiques avec des géants tels que Salesforce et AWS, débutées en 2015, et d’une expansion dans plusieurs pays de la région depuis 2017. Notre présence s’étend désormais à 16 pays, une croissance qui témoigne de notre adaptabilité et de notre ambition.

L’atteinte, récemment, du seuil des 100 collaborateurs est une étape significative, mais le plus important est la validation d’un business modèle qui a propulsé une réflexion plus large. En diversifiant nos activités vers des expertises spécifiques, nous avons renforcé notre capacité à dupliquer notre succès, profitant d’une synergie accrue entre nos filiales.

– Quels sont les projets et partenaires phares au Maroc et à l’étranger ?

– Dans les télécoms, nous avons tissé des liens étroits avec les trois opérateurs marocains et avons étendu notre influence dans de nombreux pays de l’Afrique francophone. Ces partenariats ont été le terreau fertile pour la gestion de projets d’envergure et la création conjointe de solutions qui répondent efficacement aux besoins de nos clients et améliorent significativement leur service.

L’innovation chez Mobiblanc transcende les frontières sectorielles en s’élargissant à des domaines aussi dynamiques que la fintech et le retail. Nous avons par exemple déployé une solution de mobile wallett d’une banque en Mauritanie, avec une première phase déjà livrée et une extension en cours pour englober plus largement les services financiers et bancaires de l’institution.

Dans le secteur du retail, nous soutenons un grand groupe, en apportant notre expertise au Maroc sur des enjeux de fidélisation, et en France, en participant activement à leur digital factory. Au-delà de la fourniture de solutions technologiques, Mobiblanc s’engage à enrichir l’expérience client. Cette orientation nous a naturellement conduits vers des projets pionniers, avec des partenaires matures, dans le développement des premières super applications au Maroc. Chacune de ses initiatives est une brique supplémentaire dans l’édifice de notre mission : utiliser la technologie pour tisser des liens significatifs, améliorer les interactions entre les entreprises et leurs clients et contribuer positivement aux communautés que nous servons.

Vantage Payment Systems obtient l’agrément d’établissement de paiement de Bank Al-Maghrib

Vantage Payment Systems (VPS) a introduit depuis 2014 des solutions sécurisées dans le domaine des paiements avec des solutions comme Payzone et Payxpress, indique un communiqué de ce fleuron de la fintech, fondée par Ali Bettahi, fondateur de la holding Equity Invest, qui compte plusieurs participations dans le monde de la technologie au Maroc.

« L’obtention de l’agrément d’établissement de paiement va nous permettre d’accélérer notre croissance », a déclaré Mustapha Badr Ezzaman, en sa qualité de directeur général de VPS. « Cet agrément est à la fois une reconnaissance de notre légitimité en tant que fintech engagée dans la voie de l’innovation financière, et le résultat de plusieurs années de développements technologiques et humains au service des solutions de paiement électroniques et de la sécurité des transactions », poursuit-il.

De manière concrète, l’agrément obtenu permet à VPS de diversifier ses services, les rendant flexibles, faciles à utiliser et surtout adaptés à divers secteurs d’activités et modèles économiques.

Le lancement de nouvelles offres de services de paiement par VPS va permettre de compléter et de renforcer l’offre du secteur des paiements et d’insuffler une nouvelle dynamique sur le marché, ce qui favorisera la réduction de la circulation du cash et le développement de l’inclusion financière, conclut le communiqué de VPS.