Fitch Ratings : la réforme des OPCVM au Maroc n’a pas d’impact sur les notes des fonds monétaires

Fitch Ratings juge que la nouvelle réglementation marocaine des OPCVM aura un impact neutre sur les notes nationales des fonds monétaires qu’elle évalue actuellement.

La loi nᵒ 03.25 modernise le cadre régissant l’industrie, avec pour objectif de renforcer la protection des investisseurs, d’accroître la transparence et de favoriser l’essor international du secteur.

Le texte introduit de nouvelles catégories de parts, ouvre la voie à de nouvelles stratégies telles que les fonds indiciels ou encore les fonds libellés en devises, et ajuste les exigences de gouvernance pour l’ensemble des acteurs.

Impact neutre sur les fonds monétaires notés par Fitch

Fitch indique ne pas anticiper de changement dans les notations : les cinq fonds monétaires notés par l’agence sur l’échelle nationale restent évalués « AAAmmf(mar) ».

Selon l’agence, les mesures adoptées « visent avant tout à améliorer la protection des investisseurs » et pourraient même soutenir, à terme, une croissance des encours sous gestion, alimentée par de nouveaux flux d’investisseurs particuliers et internationaux.

La réforme confère à l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) un périmètre de supervision élargi, couvrant aussi bien les sociétés de gestion que les dépositaires.

Les gestionnaires devront désormais :

L’AMMC pourra également prononcer des sanctions renforcées, incluant le retrait d’agrément en cas de non-conformité.

À la publication de la loi au Bulletin officiel, une période de mise en conformité de six mois s’ouvrira pour toutes les sociétés de gestion déjà agréées.

Les gestionnaires notés devraient se conformer dans les délais

Fitch attribue également des notes qualitatives IMQR aux sociétés de gestion lorsqu’une comparaison avec les standards internationaux n’est pas pertinente, notamment dans les marchés où certaines pratiques sont moins contraignantes.

À fin septembre 2025, l’agence notait sept sociétés de gestion, représentant 70% de l’industrie marocaine. Elle anticipe une mise en conformité complète de l’ensemble de ces acteurs dans les délais impartis.

Fitch continuera de suivre la transition réglementaire, conformément à son cadre IMQR fondé sur cinq piliers : processus et ressources d’investissement, gestion des risques, organisation, service client et performance des fonds.

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Fitch attribue à Saham Bank la note « BB », perspective stable

Fitch a publié la première notation de Saham Bank. L’agence attribue à l’établissement une note de long terme « BB », couvrant ses engagements en dirhams comme en devises étrangères, assortie d’une perspective stable.

La note de viabilité est fixée à « BB-« , tandis que la note de soutien gouvernemental s’élève à « BB ». Les notations nationales, long terme et court terme, « AA(mar) » et « F1+(mar) », demeurent inchangées.

Franchise et activité

Saham Bank, anciennement Société Générale Marocaine de Banques, figure au 4ᵉ rang du secteur par produit net bancaire et au 5ᵉ rang par part de marché des crédits (7,7% à fin juin 2025). Historiquement tournée vers les multinationales, la banque renforce sa présence auprès des PME et des particuliers. Fitch estime que cette diversification, sous son nouvel actionnariat, contribuera à une croissance plus rapide et à une rentabilité accrue.

Le portefeuille de crédits est jugé globalement solide, mais le taux de créances compromises atteignait 12,5% fin juin 2025, en raison notamment du poids de sa filiale de crédit à la consommation. L’agence prévoit une baisse progressive de ce ratio d’ici fin 2026, grâce aux recouvrements et à des radiations sélectives.

Rentabilité et capitalisation

La rentabilité s’améliore : le résultat net a progressé de 31% au premier semestre 2025, porté par une forte réduction du coût du risque (-62% sur un an). Le ratio CET1 atteignait 13,9% fin 2024, le plus élevé du secteur. Fitch s’attend à un léger recul vers 13% fin 2025, mais considère ce niveau comme adéquat.

La banque est majoritairement financée par les dépôts clientèle (83% du passif non-capitalisé à fin juin 2025), exclusivement collectés au Maroc. Une part importante de comptes courants non rémunérés contribue à maintenir un coût de financement compétitif.

Fitch confirme la note souveraine du Maroc à BB+, perspective stable

Fitch Ratings maintient la note souveraine du Maroc à BB+, assortie d’une perspective stable. Il s’agit de la note de défaut émetteur à long terme en devises.

L’agence souligne que la notation « BB+ » repose sur des politiques macroéconomiques jugées saines, un soutien important des créanciers officiels, un profil d’endettement favorable et des réserves internationales confortables.

Ces éléments sont toutefois contrebalancés par des indicateurs de développement et de gouvernance inférieurs à ceux des pairs, un endettement public encore élevé et une exposition marquée aux aléas climatiques.

Trajectoire budgétaire

L’agence prévoit que le déficit budgétaire de l’administration centrale se stabilisera à 3,8% du PIB en 2025, avant de reculer à 3,1% en moyenne sur 2026-2027.

Les recettes fiscales devraient se maintenir autour de 18,7% du PIB, portées par les réformes fiscales, malgré la fin des mesures exceptionnelles de 2024 et la baisse des taux d’imposition en 2025. Les recettes non fiscales devraient, elles, se replier à 3,6% du PIB en moyenne.

Du côté des dépenses, Fitch anticipe une baisse à 25,8% du PIB sur 2025-2027, la hausse des dépenses sociales étant compensée par le recul de l’investissement public à 6% du PIB, contre 7,4 % en 2024, en raison de l’achèvement de grands projets.

Dette publique et financement

La dette du gouvernement central devrait reculer progressivement à 67% du PIB en 2025, puis 65,3% en 2027, tout en restant au-dessus de la médiane des pays « BB ».

La structure de la dette demeure favorable : à fin 2024, 88% de l’encours était à moyen et long terme, 89% à taux fixe et 75 % libellés en dirhams. La dette extérieure reste principalement concessionnelle.

Dépenses d’infrastructures et risques

Fitch attire l’attention sur le vaste programme d’infrastructures lié à la Coupe du monde 2030, évalué à environ 18% du PIB. Bien que la majorité de ces projets doive être financée par des partenariats public-privé, l’agence identifie des risques potentiels pour les finances publiques via les garanties accordées ou une contribution budgétaire plus importante.

Croissance et agriculture

La croissance du PIB réel est restée stable à 3,8% en 2024, freinée par une contraction agricole. Fitch table sur un rebond à 4,4% en 2025, puis une moyenne de 3,9% sur 2026-2027, portée par de meilleures conditions climatiques, la performance des industries exportatrices et les projets d’infrastructure.

Compte courant et réserves

Le déficit du compte courant devrait se creuser légèrement à 1,4% du PIB en 2025 et 2,4% en moyenne en 2026-2027, du fait de la hausse des importations liées aux projets d’infrastructure.

Les réserves de change restent solides, atteignant 45 milliards USD en août 2025, soit l’équivalent de 5,3 mois de paiements externes, au-dessus de la médiane des pays comparables. Le FMI a par ailleurs approuvé en avril un deuxième accord de ligne de crédit modulable de 4,5 milliards USD, offrant une marge de sécurité supplémentaire.

Enjeux sociaux et gouvernance

Fitch relève la persistance de tensions sociales autour de la protection sociale, de l’éducation et de la santé. Sans remettre en cause la stabilité politique, elles pourraient accroître la pression budgétaire. Sur le plan de la gouvernance, le Maroc obtient un score moyen de 41,1 selon les indicateurs de la Banque mondiale, traduisant des progrès modérés mais encore insuffisants par rapport à ses pairs.

Sensibilité de la note

La notation pourrait être abaissée en cas d’augmentation significative du ratio dette/PIB, de perspectives de croissance durablement plus faibles ou d’une réduction notable des réserves internationales. À l’inverse, une baisse soutenue de la dette, des réformes renforçant la croissance potentielle et une amélioration des indicateurs de gouvernance pourraient conduire à une amélioration de la note.

Fitch maintient la note du Maroc à « BB+ » avec une perspective stable

Fitch Ratings a maintenu la note du Maroc à « BB+ » avec une perspective stable, dans ses notations publiées le 8 octobre 2024. Cette décision s’appuie sur les solides fondamentaux macroéconomiques du pays, le soutien de ses créanciers officiels et des réserves de liquidités confortables. Fitch note cependant que ces atouts sont contrebalancés par des indicateurs de développement inférieurs à ceux de ses pairs, un endettement public élevé et une exposition accrue aux conditions climatiques défavorables.

La croissance économique du Maroc, qui a atteint 3,4% en 2023, devrait ralentir à 3,0% en 2024, en raison de la baisse de la production agricole liée au manque de précipitations. Fitch prévoit une reprise graduelle de la croissance à une moyenne de 3,5% sur 2025-2026, soutenue par une stabilisation de la production agricole et une performance solide des secteurs non agricoles, tels que le tourisme et l’automobile.

Sur le plan budgétaire, le déficit est projeté à 4,1% du PIB en 2024, en légère baisse par rapport à 4,3% en 2023. Fitch anticipe une réduction progressive du déficit à une moyenne de 3,6% sur 2025-2026, soutenue par des mesures de consolidation budgétaire et une diminution des subventions. Les dépenses sociales devraient cependant continuer à peser sur les finances publiques.

En ce qui concerne la dette publique, Fitch s’attend à ce qu’elle atteigne 70% du PIB en 2024, un niveau qui resterait stable au cours des années suivantes. Bien que ce ratio soit supérieur à la moyenne des pays notés « BB », le risque de refinancement demeure contenu grâce à une structure de dette majoritairement à taux fixe et libellée en dirhams.

Les investissements directs étrangers (IDE) devraient se redresser en 2024 après une année 2023 marquée par des flux faibles, en raison d’une conjoncture mondiale défavorable. Ce rebond serait stimulé par l’augmentation des investissements dans le secteur automobile.

Les réserves de change du Maroc, estimées à 37,3 milliards dollars en août 2024, continueront à jouer un rôle crucial dans la stabilité économique du pays, renforcées par une ligne de crédit flexible de 5 milliards dollars accordée par le FMI.

Fitch souligne enfin que, malgré une relative stabilité politique, le Maroc reste confronté à des défis en matière de gouvernance et de tensions sociales, notamment en raison du chômage élevé parmi les jeunes urbains.

Fitch revoit à la hausse la notation autonome du groupe OCP à BBB-

Selon le rapport de Fitch Ratings, cette révision est le reflet des solides performances. L’agence considère que « l’expansion des capacités d’OCP et la flexibilité de ses actifs soutiendront une génération d’EBITDA structurellement plus élevée sur l’ensemble du cycle à l’avenir. La flexibilité dans les dépenses d’investissement pour la croissance amortira les éventuelles baisses de prix des engrais inférieures aux attentes ».

Fitch note qu’OCP poursuit son expansion avec une capacité additionnelle de 3 millions de tonnes sur le court terme, dont 1 million de tonnes mises en service en mai 2023. Le groupe augmente également sa flexibilité pour produire différents types d’engrais phosphatés, y compris le superphosphate triple (TSP) qui ne nécessite pas d’ammoniac.

La grande capacité et la flexibilité d’OCP, associées à sa position de coût avantageuse sur les courbes du coût mondiales, soutiendront une génération d’EBITDA structurellement plus élevée.

Un profil d’entreprise solide

Fitch souligne que les niveaux des indicateurs financiers sont conformes à un profil de crédit autonome de ‘BBB-‘ (Investment Grade) soutenu par la solidité de l’activité du groupe.

La marge de fonds de fonctionnement (FFO) élevée de 20-21% soutient la capacité de désendettement du groupe, plus particulièrement si les dépenses d’investissement sont ajustées en cas de baisse de revenus. En effet, une marge FFO élevée est un signe positif de la capacité de l’entreprise à générer des liquidités et à réduire sa dette. Par ailleurs, historiquement, lors de périodes de baisse des prix (prix bas des engrais en 2019-2020), Fitch note qu’OCP a maintenu une marge bénéficiaire robuste d’environ 30%, démontrant sa compétitivité dans le secteur.

Fitch rappelle qu’OCP maintient une stratégie qui permet d’adapter le rythme des dépenses en fonction des conditions du marché, du niveau du levier financier ainsi que de la liquidité.

https://medias24.com/2023/10/21/fitch-ratings-maintient-la-note-du-maroc-a-bb-avec-perspective-stable/

Fitch Ratings table sur une amélioration de la profitabilité des banques marocaines en 2023

Dans une note diffusée ce mercredi 26 juillet, l’agence de notation américaine Fitch Ratings est revenue sur la résilience des banques marocaines malgré les défis macroéconomiques qui persistent.

Pour l’agence, les banques sont sorties de la pandémie avec des fondamentaux de crédit raisonnables, les plaçant dans une bonne position pour fournir des performances saines en 2023 dans un environnement de hausse des taux.

Une activité économique timide attendue cette année, impactant les perspectives commerciales

Fitch Ratings table sur des perspectives commerciales modestes pour les 7  principales banques marocaines cette année, notamment en raison d’une activité économique globalement modérée.

« Le crédit non consolidé des banques a chuté de 1 % en mai, la hausse des taux d’intérêt ayant freiné la demande des entreprises et des ménages, tandis que les banques sont devenues plus sélectives dans leurs prêts afin de réduire le risque de crédit. La qualité des actifs a continué de se détériorer au premier trimestre 2023, le ratio de prêts douteux non consolidés augmentant à 8,7 % (fin 2022 : 8,4 %). Une détérioration supplémentaire est prévue en 2023, même si cela devrait être gérable compte tenu de l’approche prudente des banques en matière de prêts », souligne l’agence.

Une amélioration de la rentabilité cette année

Elle rappelle cependant que la rentabilité des banques s’est légèrement améliorée en 2022. Un scénario qui devrait se confirmer cette année. « Le ratio résultat d’exploitation moyen/actifs pondérés des risques augmentant de 10 pb à 1,8 %, bénéficiant de charges de dépréciation plus faibles alors que les marges d’intérêt nettes étaient stables. Nous prévoyons que la rentabilité s’améliorera à un rythme plus rapide en 2023, car les charges de dépréciation devraient continuer de baisser tandis que des taux plus élevés commenceront à se répercuter sur les taux de prêt« , explique Fitch Ratings.

La capitalisation est restée stable avec un ratio fonds propres Tier 1 des sept plus grandes banques autour de 10 %. Une amélioration est attendue ; il devrait en effet s’améliorer légèrement à fin 2023, soutenu par une génération de capital interne saine et une croissance modeste.

Le financement et la liquidité restent adéquats, d’après les analyses de Fitch Ratings. Les banques sont principalement financées par des dépôts de clients stables (dont 76 % étaient des comptes courants et des comptes d’épargne à faible coût à fin 2022), et la concentration d’un seul déposant est modérée par rapport aux standards des marchés émergents.

« En juin 2022, le Parlement marocain a approuvé une législation permettant aux banques d’émettre des obligations sécurisées. Si elle est mise en œuvre avec succès, elle contribuera à diversifier davantage les sources de financement et à réduire le coût de financement des banques », conclut Fitch Ratings dans son résumé.