Santé numérique : le Maroc accueillera le Gitex Future Health Africa en avril 2026
L’annonce a été faite à l’occasion de la troisième édition de Gitex Africa Morocco par le ministre de la Santé et de la protection sociale, Amine Tehraoui. Ce nouvel événement est organisé en partenariat avec Kaoun International, la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS).
Gitex Future Health Africa/Maroc intégrera notamment Gitex DIGI_Health, une plateforme spécialisée dans les technologies de la santé.
Cet événement « reflète la conviction inébranlable du Royaume que la santé constitue un droit fondamental et universel. À l’heure où l’innovation médicale redessine le paysage sanitaire du continent africain, son impact s’étend aux infrastructures, au développement des compétences, à l’élargissement de l’accès aux soins et à l’amélioration des traitements », a déclaré le ministre de la Santé, Amine Tehraoui.
Il a ajouté que « grâce à des partenariats internationaux ciblés, à des investissements structurants et à une coopération renforcée, nous avons l’opportunité unique de bâtir des systèmes de santé résilients, inclusifs et équitables, capables de répondre aux besoins de toutes les populations, sans distinction ».
« En tant qu’acteur majeur dans les domaines de la santé, de la formation et de la recherche scientifique, la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé s’engage, aux côtés du ministère de la Santé et de Kaoun International, à faire du Maroc un hub continental de la Health Tech, en mettant à contribution son expertise médicale et académique dans le développement de la santé numérique et des technologies médicales au Maroc et en Afrique », a souligné Youns Bjijou, le directeur délégué de la FM6SS.
L’événement vise à accompagner les dynamiques de transformation numérique des systèmes de santé en Afrique, en s’appuyant notamment sur les avancées de l’intelligence artificielle, de la collecte de données et des technologies connectées. Il mettra en avant le rôle des partenariats public-privé dans cette transition.
Pour Trixie LohMirmand, directrice générale de Kaoun International, qui organise Gitex à l’échelle mondiale, « il y a aujourd’hui, notamment en Afrique, une volonté pressante des gouvernements et des institutions de santé de moderniser et numériser leurs services pour élargir leur portée, réduire les coûts et améliorer les résultats pour les patients ».
Le salon accueillera pendant trois jours une série de conférences, d’ateliers et une grande exposition réunissant des décideurs, chercheurs, praticiens et entreprises innovantes. Parmi les thématiques qui seront abordées : la sécurité des données, les diagnostics assistés par l’IA, l’intégration des systèmes d’information ou encore la gestion des hôpitaux intelligents.
Médecine de précision : le Maroc dévoile son projet de génome de référence
Cette étude pose les fondations d’un génome de référence propre au Maroc, un outil essentiel pour le développement d’une médecine de précision à l’échelle nationale, indique un communiqué de la Fondation Mohammed VI des Sciences de la Santé (FM6SS).
Pilotée par des chercheurs de la FM6SS au sein du Centre Mohammed VI de la Recherche et de l’Innovation (CM6RI), l’étude repose sur le séquençage complet du génome de 109 individus issus de différentes régions du Royaume, ajoute la même source, notant que ce travail a permis d’identifier plus de 27 millions de variantes génétiques, dont 1,4 million inédites à l’échelle mondiale.
Les chercheurs ont mis en évidence 15.378 mutations fréquentes spécifiques à la population marocaine, et construit un génome de référence baptisé MMARG (Moroccan Major Allele Reference Genome), précise-t-on, relevant que ce dernier constitue une alternative locale au génome international standard (GRCh38), inadapté aux spécificités génétiques du pays.
Le travail a mobilisé divers chercheurs nationaux dans le domaine de la génomique, de la bio-informatique et de la médecine et a engagé un dispositif avancé pour l’interprétation et la sécurisation des données.
Cette publication marque une accélération de la recherche biomédicale au Maroc. La suite du programme prévoit l’élargissement de la cohorte étudiée, afin d’affiner davantage le modèle génétique de référence à l’échelle nationale et d’améliorer la connaissance sur les prédispositions héréditaires aux maladies dans la population marocaine, conclut le communiqué.
La FM6SS lance un Hub de médecine de précision
Après avoir fait ses preuves en tant qu’acteur majeur dans le domaine de la Médecine 4.0, la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS) annonce la création d’un Hub de médecine de précision.
Ce projet ambitieux vise à renforcer les capacités de diagnostic, de traitement et de services de pointe en intégrant des technologies de nouvelle génération et une approche interdisciplinaire, indique un communiqué de la Fondation.
Le Hub sera structuré autour de trois unités complémentaires :
– Une plateforme génomique, équipée de technologies de séquençage de nouvelle génération (NGS), de génotypage avancé et de monitoring permettant des analyses approfondies pour un diagnostic précis et personnalisé.
– Un laboratoire de culture cellulaire, dédié au développement de nouvelles options en matière de thérapies cellulaires.
– Une unité clinique, qui sera intégrée à l’Hôpital universitaire international Mohammed VI de Rabat, qui assurera la prise en charge des patients et la mise en œuvre des avancées de la médecine de précision.
Le tout supporté par une biobanque avec un datacenter dédié, qui constituera une ressource nationale pour la conservation des échantillons biologiques et des données associées.
En intégrant la médecine de précision dans le parcours de soins, ce projet permettra d’améliorer significativement la détection précoce, le diagnostic et le suivi des maladies complexes, notamment en oncologie et dans les maladies rares.
La FM6SS lance à Dakhla l’Académie africaine des sciences de la santé
La cérémonie de lancement s’est déroulée le samedi 23 novembre à l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé à Dakhla, indique un communiqué de la Fondation.
Située à Dakhla, l’Académie africaine des sciences de la santé a pour mission de promouvoir une coopération Sud-Sud fédératrice, mobilisatrice pour une souveraineté sanitaire africaine. Elle a pour objectif de créer un espace d’échange et de partenariat pour promouvoir la recherche scientifique en santé, dans un contexte qui s’adapte aux spécificités de l’Afrique. Elle met également l’accent sur l’excellence dans l’enseignement des sciences de la santé, en proposant des formations qui répondent aux besoins du continent.
Le rôle de l’AAHS consiste également à fédérer des experts, à travers la création de réseaux africains, pour mettre en place des stratégies, mener des projets de recherche, diffuser les connaissances et les bonnes pratiques en santé, devenant ainsi une instance et une task force majeure pour la santé africaine.
L’AAHS entretient des partenariats stratégiques avec des institutions comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des acteurs de l’industrie pharmaceutique pour encourager la coopération en matière de santé.
Elle participe également à la collecte et à l’analyse des statistiques en matière de santé à travers l’initiative Big Data et agit à titre non-lucratif en tant qu’observatoire africain, répondant aux questions de santé publique des pouvoirs publics marocains et des instances africaines ou mondiales.
Les champs d’action de l’Académie regroupent la santé humaine (santé publique, urgences, cardiologie), la santé animale (vétérinaire et sécurité alimentaire), ainsi que la santé environnementale (réchauffement climatique, désertification, eau et stress hydrique).
À travers ses différentes initiatives, l’AAHS ambitionne de devenir un hub pour le développement de la santé en Afrique, favorisant l’innovation scientifique et l’organisation de colloques et congrès pour contribuer à l’amélioration durable des systèmes de santé africains.
Pr Khalid Sair : “L’objectif est d’atteindre en robotique entre 300 et 600 interventions par an” (eHealth forum)
Le directeur général de l’hôpital universitaire Cheikh Khalifa, Pr Khalid Sair, s’est livré à Médias24 sur la robotique au Maroc, les défis et son intégration dans le système hospitalier dans le cadre de la deuxième édition du « International eHealth Forum » organisé par la FM6SS et le centre d’innovation e-santé, en partenariat avec le ministère de la Santé et de la protection sociale.
Médias24: Vous nous avez expliqué tout à l’heure qu’il y a une différence entre robotique générale et robotique chirurgicale ? Pouvez-vous nous en dire plus ?
Pr Khalid Sair: Il faut savoir que les applications de la robotique dans le milieu hospitalier sont très larges. Concernant le robot chirurgical, on peut l’utiliser notamment dans la logistique hospitalière, comme pour le stockage du dispensaire en pharmacie, on peut en user pour la stérilisation. Le robot est d’ores et déjà utilisé pour la réhabilitation ou la rééducation.
Récemment, il y a eu l’introduction dans l’arsenal thérapeutique chirurgical du robot chirurgical au Maroc. C’est une première. Alors, la question qui se pose : Est-ce que l’humain reste toujours nécessaire avec l’émergence de ces nouvelles technologies ? En fait, lorsque nous parlons de robot chirurgical, c’est une télé chirurgie. L’homme garde sa technicité et agit à distance. Il lui en faut même plus parce qu’il faut être formé à l’activité robotique chirurgicale. Il faut que les médecins gardent leur place dans la décision.
-Comment la robotique a-t-elle été intégrée dans votre quotidien à l’hôpital ?
-Nous sommes actuellement sur un projet d’acquisition. Nous allons bientôt installer un robot chirurgical très performant dans notre structure, dans quelques mois, peut-être même dans un mois. On s’y prépare.
Pour ce faire, il faut des locaux spéciaux, avec une haute connexion. Il faut préparer un ensemble d’installations et le personnel (chirurgical, paramédical…). Le robot travaille pour plusieurs spécialités. Il peut y avoir des interventions d’urologie, de chirurgie thoracique, de chirurgie gynécologique. Par la suite, il y aura probablement l’arrivée de l’ORL et de la chirurgie cardiaque.
4 spécialités chirurgicales vont essentiellement bénéficier des nouvelles technologies
-Parmi ces spécialités que vous venez de citer, quelles sont les spécialités médicales qui vont le plus profiter de ces technologies ?
-Ce sont principalement quatre spécialités chirurgicales : l’urologie, la chirurgie digestive, la gynécologie et la chirurgie thoracique. Il va falloir former les chirurgiens qui vont accéder au bloc opératoire, chose que nous avons déjà entamée.
-Comment se passe cette formation ?
-D’abord, il faut commencer par la formation théorique, acquérir le diplôme qui donne le droit d’accéder au robot chirurgical. Dans cette formation, il y a beaucoup de stimulations. On fait appel à des proctors, c’est-à-dire des experts qui exercent sur le robot depuis longtemps. Ils viennent nous accompagner.
-Est-ce que vous avez des résistances du corps médical face à ces nouvelles technologies, à la robotique ?
-Je ne pense pas, surtout que nous sommes dans un hôpital digitalisé. Tout le monde travaille avec des machines connectées, avec un système d’information hospitalier. Tout le monde attend le robot. La plupart du personnel, qu’il soit médical ou paramédical, adhère à ce projet de robotisation. C’est une très bonne nouvelle.
-Est-ce qu’on peut dire aussi que les opérateurs privés marocains participent au développement ou à l’utilisation de la robotique médicale au Maroc ?
-Nous sommes sur l’introduction d’une machine connectée, donc nous allons impliquer nos ingénieurs biomédicaux. Nous allons enregistrer tout ce qu’on fait avec le robot et constituer une data. À partir de là, nous pourrons faire des recherches impliquant médecin et ingénieur.
-Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face en termes d’intégration de la robotique médicale dans vos services ?
-On parle de défis, en termes de coût, d’infrastructure et de formation, surtout quand on fait rentrer le robot le plus performant, le plus coûteux. Si nous prenons les interventions à part, cela risque de générer un surcoût. Qui va le supporter ? Certes, nous sommes une institution à but non lucratif, mais il faut essayer de rentabiliser le robot. L’installation coûte très très cher. Là, nous avons pris le robot le plus performant, donc le plus cher. C’est énormément coûteux pour notre structure. Donc il faut des règles pour rentabiliser ce robot.
Il faut donc choisir les interventions à faire par ce robot. Il faut de la performance, un personnel bien formé. Le volume des interventions doit être étudié. Il faut qu’on atteigne un certain niveau dès la première année. Si on atteint 200 à 300 interventions, c’est une très bonne chose. L’objectif est d’atteindre une activité de robotique entre 300 et 600 interventions par an. Il faut préserver le matériel et essayer de prolonger la vie du robot au-delà de 15 ans, même s’il y en a actuellement qui travaillent pendant 20 ans et qui continuent, à condition qu’il y ait une maintenance.
-Est-ce qu’ils sont informés avant l’utilisation de ces robots ?
-Pas tous, mais une grande partie de la population est au courant. L’activité de la robotique a commencé 25 ans auparavant dans les hôpitaux occidentaux. Il y a même des patients ici, au Maroc, qui demandent à se faire soigner à l’étranger pour faire des interventions en robotique.
Le patient est mis au courant, il doit adhérer
-Ma question est par rapport à l’acte médical en soi, est-ce que le patient est au courant ?
-Nous avons une procédure obligatoire. Nous devons bien sûr tout expliquer au patient, et il doit adhérer, donc c’est dans la transparence totale. Ces actes chirurgicaux rentrent dans le cadre du consentement avant d’accéder à une intervention qu’elle soit robotique ou non. Nous sommes tenus d’expliquer le fonctionnement, l’apport par rapport à une intervention sous laparoscopie.
-A-t-on une idée sur la manière dont les patients au Maroc perçoivent l’utilisation de la robotique dans les soins médicaux ? Sont-ils ouverts à l’idée ou plutôt réticents ?
-Ceux qui demandent à aller à l’étranger pour se faire soigner par robotique connaissent très bien. Là, c’est notre rôle et celui des médias d’informer la patientèle des bienfaits de la robotique.
Pr. Saber Boutayeb : “L’ADN du CM6RI est de répondre à de grandes problématiques nationales” (eHealth forum)
Les travaux de la deuxième édition de l’International eHealth Forum ont eu lieu les 30 et 31 octobre, dans les locaux de l’Université Mohammed VI des Sciences et de la santé. Le thème de cette édition est “L’ère de la santé numérique vers des soins de qualité”. L’événement est organisé par la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la santé et le centre d’innovation e-santé de l’université Mohammed V de Rabat, en partenariat avec le ministère de la Santé et de la protection sociale.
Le directeur du Centre Mohammed VI pour la recherche et l’innovation, Pr. Saber Boutayeb, s’est livré à Médias24, sur la genèse, les projets du CM6RI, le domaine de la recherche au Maroc, et les projets à l’international.
Médias24 : Il est rare de voir dans un pays africain la création d’un centre de recherche et d’innovation. Cela témoigne-t-il d’une réelle volonté de progrès ? Pouvez-vous nous raconter la genèse de ce centre ? Pourquoi a-t-il été créé et dans quel objectif ?
Pr. Saber Boutayeb : Le Maroc est un pays en mouvement et nos autorités veulent qu’on soit absolument performants en recherche. La Covid-19 a accéléré la recherche un peu partout dans le monde. De là est née l’idée, au sein de la Fondation Mohamed VI des sciences et de la santé, d’avoir un centre de pointe, de recherche appliquée, c’est-à-dire dont le produit final doit être utilisé au Maroc, ou ailleurs, avec un bienfait sur la santé des concitoyens.
De façon générale, sur notre continent, la culture des centres de recherche est relativement absente, assez embryonnaire. Au Maroc, nous sommes conscients que nous devons avoir de grands centres de recherche pour permettre l’accélération de la production scientifique.
De quoi votre centre de recherche est-il constitué ?
Le centre de recherche est constitué de l’humain avant tout. Nous avons toutes les compétences nécessaires à l’épanouissement des chercheurs. Nous avons des biostaticiens, des rédacteurs de protocoles, une plateforme avec la technologie des appareils de séquençage, un laboratoire de cryométrie en flux, un laboratoire de chimie analytique, des spécialistes de laboratoires – qui sont capables d’utiliser ces machines de la meilleure manière, des projects managers et des ingénieurs – qui vont pouvoir faire le lien avec l’hôpital. Ils feront en sorte que le cycle de la recherche ne se termine pas avec une publication scientifique, mais que le produit soit valorisé, et que le cycle de recherche soit court.
Quand un chercheur travaille, isolé, il ne peut pas maîtriser toute la chaîne de valeurs. À un moment, il doit trouver des financements. L’idée est de mettre tout ce beau monde au même endroit. Actuellement, nous avons 27 chercheurs confirmés sur site et un certain nombre de chercheurs associés. Nous priorisons la cohérence d’équipe, donc nous choisissons des CV pointus et qui ont la culture du travail ensemble.
L’intelligence artificielle est l’un des outils qui permettent de réduire le cycle de recherche et de valider le plus rapidement les hypothèses. Qu’en pensez-vous ?
L’intelligence artificielle, et le digital de manière générale, se trouvent aujourd’hui dans tout le circuit de recherche. Quand nous avons une belle idée, nous allons explorer ce qui a été fait ailleurs, et nous nous faisons aider par des outils d’intelligence artificielle. Ces derniers permettent de faire un benchmark de la situation. Ces outils vont être beaucoup plus rapides et efficients. Le digital, nous le trouvons dans des machines. Les chercheurs doivent être très tech friendly. Une fois que nous avons les données, elles doivent être interprétées. À ce moment-là, nous avons besoin d’un Data scientist, d’un bioinformaticien. Le pain quotidien de ces spécialités ce sont ces outils. Les logiciels vont permettre d’interpréter cette data de façon très rapide, pointue et précise et de permettre de valoriser ce qui est produit par les appareils de recherche. C’est valable aussi pour la data qui vient de l’hôpital, nous pouvons nous faire aider par l’IA pour la structurer, mieux l’interpréter et l’utiliser en pratique pour faire bénéficier les patients de ce genre de progrès.
Peut-on avoir un ordre d’idée sur la durée du cycle de recherche ? A-t-il été réduit ?
Le cycle de la recherche est passé à peu près à trois ou quatre ans pour un bon cycle avec une production valorisable intéressante. 20 ans auparavant, le cycle de recherche était de 8 à 10 ans. Les progrès sont liés autant à l’IA qu’à d’autres intrants qui ont permis de raccourcir le cycle. La qualité des chercheurs, les appareillages, les financements, peuvent permettre d’accélérer la recherche, mais dans tous les cas, le digital est un acteur dans ce progrès majeur d’accélération du cycle de recherche.
Vos recherches sont-elles centrées principalement sur des problématiques marocaines, régionales, universelles ou bien les trois à la fois ?
Au niveau du centre, nous faisons un tri entre les travaux qui peuvent avoir une pertinence locale, ce qui n’enlève rien à la valeur de ce genre d’études. On a comme ADN de répondre à de grandes problématiques nationales, par exemple, nous avons une étude en cours sur l’impact de la pollution. Au niveau africain, nous avons travaillé aussi sur un séquençage du virus Mpox pour savoir exactement d’où viennent les cas qui ont été détectés au Maroc. Nous avons des projets d’envergure internationale où nous collaborons avec des collègues de l’Université de Montréal sur la génomique.
Justement, êtes-vous connectés à ces centres internationaux ?
Certaines collaborations peuvent être ponctuelles, principalement comme pour soumissionner à une bourse de recherche internationale sur une thématique internationale. Il y a également les collaborations institutionnelles qui s’inscrivent dans le temps. Elles sont dirigées par les institutions. La Fondation Mohamed VI des sciences et de la santé a signé un mémorandum d’entente avec l’Université de Montréal. L’institution est en contact avec l’université du Michigan pour un mémorandum, en phase de signature, et des projets en cours.
À l’international, nous voyons grand. Nous collaborons également avec des universités marocaines. Nous sommes une plateforme à visée nationale. Nous travaillons avec toutes les bonnes volontés, toutes les équipes bossent sur des projets impactant pour la santé de nos concitoyens mais on s’inscrit aussi dans le cadre de la recherche mondiale.
Est-ce que avez donné des exemples de projets en cours notamment pour le virus Mpox et est-ce que vous avez d’autres projets qu’on pourrait éventuellement feuilleter ou des résultats de recherche ?
La décision du top management de la Fondation est de favoriser l’initiation de la recherche. Un chercheur, pour démarrer, a besoin d’un coup de main financier sur certains sujets. Au niveau de la Fondation, on a mis en place un mécanisme où le chercheur obtient un fonds d’amorçage, qui peut même atteindre le million de dirhams. Ce dernier va lui permettre de se concentrer sur la rédaction de son protocole et la mise en place de la recherche. Les premiers financements sont garantis, en attendant de travailler sur les bourses internationales, puisqu’il faut que nous soyons compétitifs au niveau international.
Le CMRI positionne-t-il le Maroc sur la chaîne internationale de la recherche et de l’innovation ?
Notre centre est relativement jeune, mais nous commençons à avoir de la production scientifique, en l’occurrence des articles de brevets en cours, des brevets déjà obtenus. Nous essayons de travailler, à l’international, sur des thématiques émergentes comme la médecine de précision. Nous avons besoin d’une data nationale, d’études de la génomique des Marocains, afin d’adapter ces grands projets, certes internationaux, mais qui ont des particularités locales. Nous travaillons avec les collègues hospitaliers, universitaires et chercheurs de niveau top mondial dans le cadre d’un consortium de recherche.
Clôture eHealth Forum : Une convention signée et plusieurs prix décernés
Les travaux de la deuxième édition du International eHealth Forum se sont terminés, ce jeudi 31 octobre. L’événement, organisé par la FM6SS et le centre d’innovation e-santé, en partenariat avec le ministère de la Santé et de la protection sociale, a attiré plus de “300 experts en santé et en numérique”, comme le mentionne Pr. Younes Bjijou, directeur délégué de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS).
Pour le président du centre d’innovation e-santé de l’Université Mohammed V de Rabat, Pr. Anass Doukkali, ce forum “réussi” a connu “un foisonnement d’échanges, d’exposition de solutions, de présentations de travaux de recherches, et la liste est longue”. Les avancées les plus récentes ont été discutées lors de panels riches et variés. “Ce forum est l’occasion de rendre nos systèmes plus inclusifs et plus humains”, précise le co-organisateur. La date de la prochaine édition est annoncée, ça sera pour novembre 2025.
Au cours de la cérémonie, un memorandum d’entente a été signé entre le Centre d’innovation e-santé et le Moroccan British competency network dans le cadre d’une collaboration pour le progrès de projets de santé digitaux.
Signature d’une convention entre le Centre d’innovation e-santé et le Moroccan British competency network. Ph. DR
Plusieurs distinctions
Concernant, “Call for startup” où des startupeurs ont pitché leur projet devant un jury d’experts, le 1er prix a été décerné à Clinika, le 2ème à Apotec et le 3ème à Doctoria.
Dr. Mohammed Taouil a remporté le prix de la meilleure thèse, tendis que la meilleure communication orale revient à Dr Soufiane Touiti.
Enfin, concernant le hackathon, 4 grands gagnants se sont distingués, et remportent un prix de 10.000 dirhams. Il s’agit de : Arc Health, de l’UM6SS, Blood Care, de l’Emsi, Voice Pathology de l’université Mohammed V de Rabat et enfin Octopus de l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah de Fès.
eHealth Forum. Quels défis rencontrent les start-up de la healthtech ?
Les travaux de la 2e édition de l’International eHealth Forum se poursuivent ce jeudi 31 octobre, dans les locaux de l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé. Le panel « Construire des start-up healthtech réussies » a mis en lumière les défis et les forces des start-up du domaine de la santé.
Le milieu est très prometteur, même s’il rencontre une « réglementation stricte, des enjeux de financement et des obstacles technologiques », a commenté Imane Bara, modératrice et directrice Entrepreneuriat au Centre Mohammed VI pour la recherche et l’innovation.
Pour Abdelmoughite Abdelmoumen, directeur du département stratégie Tamwilcom, les défis se concentrent sur l’accès au marché. « Ce sont des marchés spécifiques, et il est très difficile d’accéder aux marchés publics ». Le responsable a mentionné en outre le défi du développement international et la réglementation, deux aspects primordiaux pour les startupers.
Abdelmoughite Abdelmoumen a souligné que, du fait de leur développement rapide, les start-up nécessitent des conseils juridiques et financiers, mais également l’accès aux ressources humaines. Sans oublier, l’aspect protection de la propriété intellectuelle, où au niveau international, « c’est compliqué pour les petites start-up », a-t-il précisé.
« On ne peut être que fiers de la place qu’occupe le Maroc sur le continent », a déclaré Zineb Benhamou, program manager chez 212 founders de CDG Invest. L’heure est à l’optimisme. Elle liste les points positifs dans le domaine de la santé digitale. « Depuis 2019, il y a une prise de conscience des institutions pour faire émerger les start-up, et de la nécessité de structurer chaque étape », a indiqué Zineb Benhamou.
Sur la question du financement, elle a affirmé que « plusieurs fonds peuvent accompagner la croissance des start-up », et a souligné « la maturité de l’écosystème et des business angels ». Zineb Benhamou a cité en exemple le collectif de business angels, M Founders, qui vient apporter de la complémentarité aux entrepreneurs.
Le thème de la 2e édition de l’International eHealth Forum est « L’ère de la santé numérique vers des soins de qualité ». L’événement est organisé par la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé et le Centre d’innovation e-santé de l’université Mohammed V de Rabat, en partenariat avec le ministère de la Santé et de la protection sociale.
Quel avenir pour les feuilles de soins papier au Maroc ? (Hassan Boubrik)
La 2e édition de l’International eHealth Forum s’est ouverte, ce mercredi 30 octobre, dans les locaux du campus Anfa-City de l’Université Mohammed VI des Sciences et de la santé, sur le thème “L’ère de la santé numérique vers des soins de qualité”.
L’événement est organisé par la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la santé et le Centre d’innovation e-santé de l’université Mohammed V de Rabat, en partenariat avec le ministère de la Santé et de la protection sociale.
Le directeur de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), Hassan Boubrik, s’est exprimé lors de l’inauguration du forum sur les chantiers de digitalisation de son secteur.
La CNSS veut « être un véritable catalyseur pour l’innovation », déclare d’emblée Hassan Boubrik. Dans ce sens, une feuille de route sur la transformation digitale a été déployée avec un budget de 1,2 milliard de dirhams, et un budget supplémentaire de 500 millions de dirhams qui relève de la partie infrastructures. Le plan s’étale sur 4 à 5 ans.
Il s’agit d’offrir une « meilleure qualité de service à nos assurés et à nos affiliés, avec un coût moindre », précise le responsable. En outre, l’objectif est d’exploiter la data dont dispose la CNSS.
« Nous disposons des bases de données les plus importantes au niveau du Maroc. Nous avons listé les pathologies, les consommations en matière de santé, et donc nous pouvons exploiter ces données pour nous accompagner, nous assurer dans notre vie, et notamment dans nos relations avec la CNSS et avec les différents acteurs de la santé ».
Les feuilles de soins papier, obsolètes, vont bientôt disparaître. « L’objectif du projet de feuilles de soins électroniques est de digitaliser, de bout en bout, le parcours du patient en termes d’assurance de la vie », explique le directeur général de la CNSS. Cette feuille de soins pourra centraliser toutes les données indispensables pour une meilleure prise en charge. « Toute la data qu’on récupère sera plus rapidement exploitable et beaucoup plus faible ».
“Demain, si on a des feuilles de soins électroniques, sur les 95% de dossiers qui ne nécessitent pas un contrôle médical, on sera capable de rembourser dans les 24 h”, affirme Hassan Boubrik.
Cette digitalisation permettra de réguler le coût. “Les feuilles de soins papier coûtent entre 400 et 500 millions de dirhams par an. Ce projet de feuilles digitalisées a un coût de 30 millions de dirhams”, précise le directeur de la CNSS.
Top départ pour la 2e édition de l’International eHealth Forum
La 2e édition du Forum international pour la santé digitale s’est ouverte ce mercredi dans un amphithéâtre comble du campus Anfa-City, à l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé.
L’événement est organisé par la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la santé et le Centre d’innovation e-santé de l’université Mohammed V de Rabat, en partenariat avec le ministère de la Santé et de la protection sociale.
Lors de la cérémonie inaugurale, le directeur délégué de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS), le Pr Youns Bjijou, a lu le mot du Pr Lahcen Belyamani, président de la fondation. Le responsable a indiqué que cet événement s’inscrit dans la vision éclairée de Sa Majesté le roi Mohammed VI.
« Notre engagement est plus fort que jamais. Le numérique redéfinit notre approche de la médecine en transformant radicalement le diagnostic et le traitement », a déclaré le directeur délégué de la FM6SS. Ce forum nécessite « une réflexion approfondie face aux défis, une ouverture aux solutions novatrices », a-t-il précisé. L’objectif est de disposer d’une plateforme riche et stimulante avec des échanges sur les sujets d’actualité tels que la couverture sociale généralisée, la sécurité des données en santé, la révolution de la médecine d’urgence, l’écosystème des start-up health-tech. Ensemble, nous explorons comment nous pouvons l’intégrer dans notre réalité marocaine », a-t-il conclu.
Une approche proactive
Le nouveau ministre de la Santé et de la protection sociale, Amine Tahraoui, s’est à son tour exprimé sur cet événement d’envergure. Il qualifie ce forum de « moment charnière dans notre système de santé ».
« Le Maroc a eu des avancées significatives, nous avons vu l’émergence de plateformes en lignes, d’un écosystème de start-up. Ce mouvement global contribue au changement de la santé numérique. Il est essentiel d’accélérer notre réforme numérique. Il faut une intégration plus profonde des produits e-santé, et intégrer l’intelligence artificielle », a souligné le ministre de la Santé. « La transformation numérique de la santé est une nécessité pour optimiser les ressources et garder une meilleure qualité de vie ».
L’essentiel est d’avoir une approche « proactive », où nous « pouvons améliorer notre système de santé et garantir un accès équitable aux soins ».
Selon le Pr Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition digitale et de la réforme de l’administration, le « forum guide notre démarche dans notre transformation digitale au niveau africain et international ». Il s’agit d’une « dynamique cruciale » où la santé devient plus accessible et inclusive. Le numérique devient « un facteur d’équité et d’égalité garantissant à chaque Marocain l’accès à des soins de qualité où qu’il soit”, a expliqué la ministre. Son cheval de bataille, c’est le « anywhere, anytime, to anybody » [partout, tout le temps, pour tout le monde, ndlr].
L’intelligence artificielle permet une détection plus précoce des maladies. “Sur le plan administratif, l’IA va simplifier la tâche aux praticiens, en libérant les médecins pour qu’ils aient plus de temps à accorder aux patients, davantage de fluidité dans les hôpitaux et, en définitive, une meilleure qualité de soins », a précisé le Pr Amal El Fellah Seghrouchni. « Nous disposons d’un écosystème solide où les start-up vont œuvrer pour le secteur et le renforcer avec des formations et des financements. Toutefois, cette transformation numérique doit être suivie par la protection des données personnelles, a-t-elle alerté.
Quant au directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale, Hassan Boubrik, il a commenté que ce forum d’eHealth « s’impose comme un rendez-vous de référence ».
Lancement du premier diplôme universitaire en « Pathologies du Football au Maroc »
Le diplôme universitaire en « Pathologies du football au Maroc » vise à former des professionnels de santé spécialisés, capables d’identifier et de traiter les pathologies spécifiques aux footballeurs. Le coup d’envoi de la formation a été donné ce mardi 22 octobre dans les locaux de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS), à Rabat. Ce diplôme fait partie du premier axe de formation qui découle d’un partenariat-cadre entre la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé.
Lors de cette formation, des experts de haut niveau, reconnus dans le domaine du football, partagent leurs connaissances avec les participants. Ces spécialistes proviennent d’établissements prestigieux en Europe. La formation est destinée aux médecins du sport et ceux du football. D’ailleurs, des médecins impliqués dans le suivi des clubs de la Botola (la compétition nationale de football) sont sur place pour en bénéficier également.
Lancement du premier diplôme universitaire en “Pathologies du football au Maroc” par la FM6SS et la FRMF. Crédit : Médias24
Un des objectifs annoncés est “d’améliorer les soins sur la traumatologie du sport”, nous indique le Dr Christophe Baudot, directeur médical de la Fédération royale marocaine de football et directeur médical pôle santé et sport de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé.
“Le lancement de ce diplôme renforcera non seulement les compétences des professionnels de santé, mais également la culture de prévention, et permettra d’offrir des soins adaptés aux spécificités du football. Grâce à cette initiative, nous créons un cadre propice à l’excellence médicale dans le football”.
Ambiance studieuse lors du 1er module du diplôme universitaire en “Pathologies du football au Maroc” dans les locaux de la FM6SS. Crédit : Médias24
Bientôt une clinique du sport accréditée par la FIFA
Le Dr Christophe Baudot souligne la nécessité de “développer des axes dédiés à la chirurgie et à la traumatologie du sport, non pas uniquement pour les footballeurs professionnels, mais aussi pour les sportifs de façon générale et même les amateurs”. Le spécialiste nous en dit davantage sur les projets d’offres de soin à venir. “D’ici un an et demi maximum, la première clinique du sport, accréditée par la FIFA, verra le jour”, annonce le directeur médical pôle santé et sport de la FM6SS.
La structure de santé sera adossée au Complexe Mohammed VI de Football, à Maâmora. Elle permettra une prise en charge globale, complète, des sportifs, des footballeurs et des amateurs, dans le cadre de la médecine et de la chirurgie de rééducation.
Concernant le laboratoire Mohammed VI anti-dopage, les démarches ont été lancées, il y a plusieurs mois, pour recevoir une accréditation de l’Agence mondiale anti-dopage (AMA). Une “démarche longue et difficile” mais nécessaire, selon le responsable.
L’objectif global est de mettre en place une meilleure prise en charge des sportifs, dans un souci de performance. “Ce n’est pas uniquement pour les grands événements footballistiques à venir, mais dans un cadre plus large, celui de la bonne prise en charge de nos sportifs, amateurs ou professionnels. Tout un chacun mérite une prise en charge optimale, que ce soit dans de petites ou de grandes villes”, conclut le Dr Christophe Baudot.
Au Gitex 2024, la FM6SS conclut un partenariat avec Kaoun International
Cette collaboration positionne la Fondation en tant que partenaire clé de l’événement World Future Health du Gitex, soulignant son engagement à favoriser des échanges significatifs dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la recherche à l’échelle mondiale, indique la Fondation dans un communiqué.
Les entités de la Fondation qui prennent part au Gitex Africa incluent notamment l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé, l’Hôpital Universitaire International Mohammed VI de Bouskoura, le Centre International Mohammed VI de la Recherche et de l’Innovation, le Centre Mohammed VI de Formation Continue, le Laboratoire National Mohammed VI d’Analyses Médicales, le Laboratoire National Mohammed VI d’Anatomopathologie et le Centre International Mohammed VI de Simulation en Sciences et Santé.
Dans le cadre de leur participation au Gitex Africa 2024, les directeurs de ces entités ont pris part à un panel, sur le thème « Construire un écosystème numérique de santé pour l’excellence dans la formation et les soins : la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé, un modèle ».
Les sujets abordés ont porté, entre autres, sur la stratégie pour un écosystème santé et sciences intégré, les nouvelles compétences et emplois dans la santé numérique, l’éducation médicale innovante avec la simulation et l’intelligence artificielle, la télémédecine, et l’importance de l’harmonisation des systèmes d’information hospitaliers.