Partenariat entre Ithmar Capital et le fonds souverain du Nigeria pour la création d’une plateforme d’investissement

Ithmar Capital et Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA), le fonds souverain du Nigeria, ont récemment signé un accord de collaboration pour la structuration conjointe d’une plateforme d’investissement.

L’accord a été signé en marge de la 4ᵉ réunion annuelle de l’Africa Sovereign Investors Forum (ASIF) qui s’est tenue à Abuja, au Nigeria, du 15 au 17 juin.

Portée par Ithmar Capital et première du genre en Afrique, la plateforme d’investissement compte mobiliser des capitaux à grande échelle et sur le long terme pour combler le déficit chronique en infrastructures du continent, estimé entre 130 et 170 milliards USD par an, et stimuler une croissance durable et inclusive.

Dans cette optique, elle adoptera une démarche modulaire par secteur, avec un lancement progressif des véhicules. Le premier, dédié aux énergies renouvelables, ciblera des projets greenfield et brownfield dans les pays membres de l’ASIF.

Quatre autres fonds souverains africains, ceux du Sénégal (Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques), du Rwanda (Agaciro Development Fund), d’Éthiopie (Ethiopian Investment Holdings) et du Ghana (Ghana Infrastructure Investment Fund), ont rejoint l’initiative en signant des lettres d’intérêt. D’autres fonds de pays membres sont également en voie d’adhérer à cette dynamique.

Lors de cette réunion, Ithmar Capital a été réélu à l’unanimité par acclamation à la présidence d’ASIF pour un nouveau mandat de trois ans. La réunion a aussi connu l’adhésion de deux nouveaux membres à l’ASIF. Il s’agit de : Ghana Petroleum Funds et Mutapa Investment Fund (Zimbabwe).

Red Med Private Equity acquiert 20% de Granal, filiale d’Africorp Mining

Ce partenariat vise à soutenir le plan de développement 2025-2027 de l’entreprise, permettant à Granal d’étendre son implantation, d’élargir son offre et d’accompagner le développement des infrastructures au Maroc. L’entreprise prévoit l’ouverture de nouveaux sites et une diversification de ses activités dans une logique d’intégration verticale, indique un communiqué de Granal.

Cité dans le communiqué, Omar Lahlou, président de Granal, souligne que cet investissement apporte des ressources stratégiques pour accompagner l’expansion de l’entreprise et renforcer sa proximité avec ses clients : « Cette opération marque une étape majeure dans la trajectoire de Granal. L’entrée de Red Med Private Equity (RMPE) nous apporte des ressources stratégiques pour poursuivre notre expansion, renforcer notre proximité avec nos clients et soutenir le développement des infrastructures marocaines avec des matériaux de qualité, issus d’un savoir-faire éprouvé ».

De son côté, Jaafar Harti, CEO d’Africorp Consortium, met en avant l’objectif de structurer des pôles d’excellence et d’anticiper les besoins du secteur des infrastructures et du BTP : « Le développement de Granal reflète la vision d’Africorp : structurer des pôles d’excellence et accompagner le développement du pays », a-t-il précisé. 

Sous la direction de Mounir El Grioui, directeur général de Granal, l’entreprise s’est forgée une réputation d’excellence en matière d’exploitation de carrières et d’innovation industrielle, poursuit la même source. « Chez Granal, nous avons toujours misé sur l’expertise de nos équipes et la proximité avec nos clients. Grâce à cette nouvelle dynamique, nous continuerons à structurer notre offre et à anticiper les besoins du marché des infrastructures », explique-t-il.

Depuis sa création, Granal a élargi son réseau, passant d’un site initial à neuf actuellement, avec une présence notamment à Benslimane, Tanger et Khemisset.

Pôle financier public. L’ANGSPE s’attaque à un chantier complexe pour plus de synergies

La création d’un pôle financier public, envisagée par l’État à travers l’ANGSPE, sera certainement un casse-tête.  Multiplication des acteurs, trop de chevauchements, pas assez de clarté. Le secteur financier public marocain ressemble à un puzzle éclaté, où banques publiques, fonds d’investissement et institutions financières coexistent sans toujours fonctionner en synergie.

Face à ce millefeuille institutionnel dont le total bilan est estimé à 500 milliards de dirhams de total bilan. Mais par où commencer, et surtout, jusqu’où ira la réforme ? C’est la question à laquelle doit répondre l’étude stratégique lancée par l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE).

Elle vise à « clarifier les prérogatives des acteurs financiers publics, éviter les chevauchements et renforcer la complémentarité de leurs interventions, tout en créant des synergies plus marquées avec les acteurs privés ».

Comme expliqué dans un précédent article, l’ANGSPE prévoit ainsi de mener une étude approfondie sur le positionnement des différents véhicules d’investissement publics afin d’éviter les redondances et d’assurer une complémentarité efficiente dans leurs interventions.

Périmètre éclaté

Selon l’ANGSPE, le périmètre financier public du portefeuille concerné par cette étude compte notamment :

Certaines structures cumulent financement et investissement (CDG, FHII, FM6i…).

D’autres remplissent des missions de service public, notamment le soutien à l’agriculture, au monde rural, aux PME/PMI et à l’inclusion financière (CAM, Finéa…).

La réforme de ce gros portefeuille pesant un total bilan consolidé estimé à plus de 500 milliards de dirhams est, selon Mohamed Benahmed, expert international en stratégie et financement du développement durable, « un pas nécessaire qui permet de renforcer la capacité de mobilisation des ressources nationales et internationales et de mise en place de mécanismes de financements innovants et compétitifs des politiques et programmes de développement économique et social, des infrastructures structurantes, des technologies innovantes… ».

Et d’ajouter que, « Cette réforme a le potentiel de générer d’importantes économies d’échelle par la mutualisation des moyens techniques, informatiques, humains et financiers, ce qui favorise une meilleure efficacité opérationnelle du secteur financier public ».

Une réforme qui nécessitera, selon M. Benahmed, le regroupement de certaines institutions et la cession de certaines autres. Pour cela, il faut délimiter le périmètre de chacune des institutions.

Selon un autre expert financier ayant requis l’anonymat, « il y a des parties de ce patrimoine dont il va falloir trancher le sort, car si certaines institutions ont un rôle de mission publique qui n’entre pas dans le cadre de la concurrence du marché, d’autres sont des opérateurs économiques structurés qui, bien qu’ils soient de capitaux ou de participations publics, remplissent un rôle commercial qui ne justifie pas qu’ils soient gardés dans le giron de l’État. Et finalement, il y a les fonds d’investissement qu’il va falloir réorganiser, peut-être même réfléchir sur la manière de les transformer en banques publiques d’investissement en les fusionnant avec d’autres structures ».

En gros, faire de l’ordre dans ce patrimoine qui a des contextes et des histoires de création et d’évolution de missions différents.

À titre d’exemple, les institutions telles que la CDG ou ses différentes filiales ou ex-filiales ont commencé à voir le jour depuis les années 1950. D’autres sont plus récentes, comme le fonds Mohammed VI pour l’investissement.

Des synergies à identifier

Ce grand ménage devrait, selon l’ANGSPE, générer plus de synergies du portefeuille public. « Les synergies recherchées visent à améliorer les performances financières et à maximiser la rentabilité des participations de l’État », souligne à Médias24 l’ANGSPE, tout en précisant que cette approche devrait permettre de créer des complémentarités et de mettre en place des mécanismes de coordination plus performants, favorisant ainsi une allocation plus judicieuse des ressources financières pour soutenir les grands chantiers structurants.

Et d’ajouter : « Avec l’avènement du Fonds Mohammed VI pour l’investissement, l’action de l’investissement public en capital doit être revue dans une logique d’efficience et de clarification du positionnement et des prérogatives des différentes structures d’investissement concernées afin d’éviter les redondances et d’assurer une complémentarité efficiente dans leurs interventions ».

Cependant, souligne Mohamed Benahmed, qui était par ailleurs ancien numéro deux du FEC, « cette réforme ne peut pas se faire sans l’harmonisation des cadres réglementaires spécifiques de chaque institution, l’harmonisation des systèmes d’information, des processus opérationnels et des différentes cultures institutionnelles. Cela exige une approche systémique de gestion du changement pour garantir son succès ».

En effet, les différentes institutions ont des statuts et des tutelles différentes. Certaines dépendent d’un département en particulier, d’autres du chef du gouvernement, d’autres, comme la CDG, n’ont pas de tutelle au niveau du gouvernement.

Pour notre expert, la réforme doit tenir compte des résistances grâce à une pédagogie et à une communication transparente et régulière auprès des collaborateurs, syndicats, clients et partenaires afin d’anticiper et de gérer efficacement les inquiétudes qui lui sont liées.

Dans les faits, selon l’ANGSPE, l’étude précédant cette réforme devra se faire en trois phases. La première est la réalisation d’un diagnostic stratégique, financier, prudentiel et opérationnel. Cette phase sera suivie d’un benchmark international de pôles financiers publics, de recommandations sur l’opportunité et les scénarii de constitution d’un pôle public financier. Finalement, la formulation des recommandations pour la mise en œuvre du schéma cible et la proposition d’une feuille de route pour la réforme.

Mostafa Hassani, DG de Valoris Management, nouveau président de l’ASFIM

Dans le cadre de cette nouvelle gouvernance, l’ASFIM a désigné un bureau exécutif composé de plusieurs figures du secteur de la gestion d’actifs au Maroc :

Lors de cette session, le Conseil d’administration a tenu à saluer le travail accompli par le Président sortant, Réda Hilali, ainsi que les membres de son Bureau exécutif.

 

InnovX lance Athar Investment Fund, un nouveau fonds d’investissement d’impact dédié à l’agriculture

InnovX lance son nouveau fonds d’investissement d’impact, Athar Investment Fund, dont l’ambition est d’accompagner les acteurs engagés pour la transformation des chaînes de valeur alimentaires africaines.

Le lancement d’Athar Investment Fund reflète l’engagement d’InnovX de contribuer à développer une agriculture durable et résiliente, essentielle à la sécurité alimentaire sur le continent africain, indique un communiqué d’InnovX.

Le fonds Athar a pour mission de soutenir les acteurs pionniers de la transformation des chaînes de valeur alimentaires en Afrique en proposant des mécanismes de financement et d’accompagnement sur mesure, ajoute la même source.

« Nous agissons pour une conception plus inclusive de la notion de ‘performance de l’investissement’, où la rentabilité financière n’est plus un critère d’évaluation unique. Nos décisions d’investissement accordent une importance égale à la viabilité économique des projets et à leur impact social, économique et écologique », explique Marouane Mortabit, directeur général d’Athar Investment Fund, cité dans le communiqué.

Pour accompagner cette ambition, Athar Investment Fund met en place une méthodologie scientifique et rigoureuse de mesure de l’impact, conçue pour répondre aux enjeux du changement climatique, de croissance inclusive du stress hydrique et à la nécessité de créer des modèles agricoles résilients, note InnovX.

Résolument tourné vers l’agriculture d’avenir, Athar Investment Fund mobilise des ressources stratégiques et financières pour soutenir les entreprises engagées dans la transformation agroalimentaire, le développement d’infrastructures agricoles durables et la structuration des filières agricoles, conclut le communiqué.

Attijariwafa bank lance un fonds d’investissement marocain dédié aux projets d’Efficacité énergétique

Le « FAEE » est un levier pour le groupe Attijariwafa bank pour catalyser les projets innovants et durables en matière d’efficacité énergétique à travers le continent africain, tout en promouvant des pratiques financières responsables et des investissements à fort impact environnemental et social, annonce un communiqué de la banque.

Ce fonds est lancé en partenariat avec Econoler, « une firme de renommée internationale possédant plus de 40 ans d’expérience dans la conception, la mise en œuvre, l’évaluation et le financement de programmes et de projets d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables ». Econoler a participé à l’élaboration et à la mise en œuvre d’environ 4.000 projets dans plus de 160 pays.

Attijariwafa bank Corporate and Investment Banking a rassemblé plus de 120 participants issus du monde institutionnel, corporate et des grandes entreprises à l’occasion du lancement de son nouveau fonds.

Intervenant dans le cadre de cet événement, Youssef Rouissi, directeur général délégué en charge du pôle Corporate and Investment Banking, est revenu sur le rôle du secteur privé et bancaire dans la mise en œuvre de la trajectoire de transition énergétique afin « d’apporter le capital humain et financier nécessaire à l’équilibre et à la bancabilité de ces investissements à fort impact social ».

« Le FAEE vise à soutenir et à accélérer la transition énergétique et la décarbonation des entreprises marocaines et africaines, en leur offrant une solution complète et clé en main », a-t-il rajouté.

Ainsi, et pour compléter l’offre du Groupe, le FAEE a signé lors de cet évènement un MOU avec Vinci Energies, un des partenaires techniques jouant un rôle majeur dans la mise en œuvre des projets d’efficacité énergétique chez les clients.

TGCC : désengagement de Mediterrania Capital confirmé au profit d’investisseurs locaux

Le fonds Meditarrania Capital, présent dans le capital de TGCC, a effectué sa sortie, nous confirme une source autorisée.

Il s’agit d’une sortie naturelle après une période d’investissement de six années, ce qui est la norme d’un cycle d’investissement de ce genre.

Le fonds a participé à renforcer les fondamentaux et la gouvernance du groupe, jusqu’à l’emmener à l’IPO en décembre 2021.

Le fonds détenait jusqu’à la semaine dernière un total de 7,26% du capital et l’a désormais cédé sur le marché à de nombreux investisseurs locaux durant plusieurs séances.

Cette session devrait accroître le flottant en bourse. Notons que la capitalisation boursière du groupe frôle désormais les 10 MMDH à l’heure où ces lignes sont écrites, et que le titre enregistre une croissance de près de 70% en YTD.

Le FM6I et la BAD veulent accroître les sources de financement de l’investissement productif au Maroc

Signé par le président de la BAD, Akinwumi Adesina, et le directeur général du FM6I, Mohamed Benchaâboun, lors des Market Days du Forum pour l’investissement en Afrique (AIF), tenu du 8 au 10 novembre à Marrakech, ce partenariat permettra aux deux institutions d’identifier les initiatives qui pourraient faire l’objet d’un financement conjoint, ainsi que d’explorer d’autres mécanismes de financement, tels que le partage des risques par le biais de produits de garantie, indique un communiqué conjoint.

La BAD a confirmé son soutien aux initiatives lancées par le Fonds et a réitéré son engagement à travailler à ses côtés pour mobiliser divers modèles de financement et variétés d’options d’assistance technique.

Faisant du Fonds un levier majeur pour renforcer l’intervention de la BAD au Maroc, ce partenariat est la concrétisation d’une ambition partagée par les deux institutions consistant à renforcer le rôle du secteur privé dans le financement de l’économie marocaine, souligne le communiqué.

A noter que le Fonds Mohammed VI pour l’investissement a lancé trois initiatives majeures pour catalyser l’investissement productif au Maroc, conformément aux orientations royales. Dans ce sens, le Fonds finalise actuellement le processus de sélection des sociétés de gestion chargées de gérer des fonds thématiques et sectoriels, destinés à offrir aux entreprises marocaines des solutions de financement pour renforcer leur capacité d’investissement, créer des emplois durables et développer leurs activités sur de nouveaux marchés géographiques.

La deuxième initiative porte sur un produit de dette subordonnée, qui viendra compléter son offre de financement en fonds propres, et qui permettra également aux entreprises marocaines de financer leurs projets d’investissement tout en renforçant leurs fonds propres.

Quant à la troisième initiative, elle concerne le développement des outils innovants pour préparer des projets d’infrastructures et prendre des participations dans ces projets afin d’accélérer le rythme de la mise en œuvre des projets d’infrastructures durables au Maroc.

A ce titre, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement compte, à travers ces différentes initiatives, mobiliser 30 milliards de DH aux côtés de son capital initial de 15 MMDH.

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Parc à thème de Marrakech : un projet estimé à 3 milliards de DH qui attend des investisseurs

Entre animation ludique et éducation culturelle, l’idée d’un parc à thème dans la ville ocre consiste à transporter les visiteurs locaux et étrangers dans l’histoire du pays et du continent africain, avec des spectacles grandioses et de grandes reconstitutions historiques.

Une immersion dans l’histoire du Royaume et de l’Afrique

Cette infrastructure, totalement inédite au Maroc, s’appuiera sur des valeurs axées autour de l’authenticité, de l’émotion, de l’innovation et enfin de l’excellence artistique, qui permettront de créer des spectacles et des décors époustouflants avec des centaines d’acteurs, des costumes élaborés, des effets spéciaux et des décors immersifs.

Destinée aux visiteurs de tous âges, cette expérience éducative prendra la forme de grands spectacles qui mettront en scène des batailles épiques, mais également des révoltes, des reconstitutions historiques, des tournois de chevaliers et des spectacles nocturnes son et lumière.

Des attractions multiples avec des hébergements pour toutes les bourses

Pour cela, le parc proposera des attractions du type montagnes russes, promenades en bateau, spectacles d’animaux, expositions, aires de jeux pour enfants…

Sans compter des jardins paysagers, des labyrinthes, des fontaines, des espaces verts, des villages thématiques abritant des boutiques, des restaurants, des expositions, et des activités interactives à l’aide de bornes numériques.

Quant aux visiteurs désireux de prolonger leur expérience de découverte dans ce parc à thème d’envergure mondiale, ils auront le choix entre des hôtels thématiques et des campings.

« Le terrain nécessaire de 200 hectares a déjà été identifié »

Réalisées par le fonds Ithmar et par un fonds d’investissement qatari, les études préliminaires désormais terminées ont conclu à la faisabilité du projet et sa rentabilité pour un investisseur éventuel.

Un terrain de 200 hectares a déjà été identifié dans une zone bien desservie par l’autoroute A7, mais également par la ligne ferroviaire reliant Casablanca à Marrakech.

Avant cette identification, plusieurs réunions tenues avec les autorités locales et des partenaires qataris ont permis de mobiliser l’assiette foncière, qui devra asseoir le projet.

Un projet ficelé qui ne nécessite plus qu’un investisseur

Selon notre source, le projet est actuellement en stand-by, mais des discussions de haut niveau avec la partie qatarie vont permettre de le relancer et de le faire aboutir sous peu, dans le cadre d’une mission qui sera bientôt organisée au Moyen-Orient.

Pour cela, la SMIT va élaborer, d’ici septembre 2023, un cahier des charges d’exécution du projet, avec une note détaillée sur le déroulement de la mission de prospection. Il s’agit d’identifier les investisseurs à cibler et de présenter le support du pitch, ainsi qu’un programme de visites.

En parallèle, une mission de prospection d’autres éventuels partenaires privés est programmée pour le mois de novembre prochain dans plusieurs pays étrangers.

Une étape nécessaire avant sa contractualisation. Celle-ci devra faire l’objet d’une intervention du chef du gouvernement qui précédera le début des travaux d’une durée de 18 mois. En espérant que le projet intéresse un ou plusieurs investisseurs privés.

Une conversation avec Saâd Bendidi : 2. « Le capitalisme national doit avoir plus d’ambition » 

Malgré les changements importants qu’a connus l’économie marocaine au cours des trente dernière années, l’investissement privé demeure assez faible. Une problématique qui a attiré l’attention aussi bien des organisations internationales que des plus hautes autorités du pays. S’en est ensuivie une série de mesures, comme la réforme de la Charte de l’investissement et la création du Fonds Mohammed VI pour l’investissement, doté de plus de 15 milliards de dirhams. Toutefois, l’économie nationale est-elle prête à l’envol du capital privé ? C’est la question que nous allons traiter avec Saâd Bendidi, fin connaisseur de l’économie nationale et de son tissu entrepreneurial.

Peu d’ambitions internationales

Tout d’abord, pour notre interlocuteur, une des principales faiblesses de notre capitalisme national a un lien avec l’ambition. Pour lui, très peu d’initiatives d’investissements nationaux dans des secteurs nouveaux ont été observées ces dernières années. « Je n’ai pas vu de secteurs traditionnels qui aillent, franchement, vers des gains de productivité et des positionnement internationaux », estime-t-il.

Les années Méditel, FinanceCom, ONA et Saham

L’horizon purement national maintient souvent les groupes nationaux dans une taille inférieure à leur potentiel. « Quand les groupes nationaux parviennent à un seuil, ils se dispersent horizontalement, ce qui fait qu’ils ne mènent pas l’aventure entrepreneuriale au diapason international. »

C’est particulièrement le cas du secteur industriel, où les investissements nationaux restent faibles car les opportunités de croissance et de rentabilité ne sont pas au rendez-vous. Selon Saâd Bendidi, il n’y a pas assez d’entrepreneurs qui pensent qu’ils ont la capacité d’avoir de la rentabilité dans le secteur. Pour illustrer son propos, il cite un secteur qu’il connaît bien : la minoterie. « Nous avons réalisé une étude pour benchmarker le secteur au Maroc par rapport à la Turquie, l’Argentine et l’Ukraine. Premièrement, on était les plus chers en électricité, et en termes de salaires, on était plus chers que l’Argentine, tout en n’étant pas très productifs. On était pénalisé sur le coût salarial et la productivité. »

La solution qui s’impose dans ce secteur, comme d’autres au niveau industriel, est d’améliorer massivement la productivité pour se mettre aux standards. Ce qui implique de proscrire les emplois à faible valeur ajoutée, pour monter en gamme. Il faut atomiser de nombreux process et redéployer les emplois sur une plus grande valeur ajoutée. Une posture volontariste qui a de nombreuses conséquences économiques et sociales, que beaucoup d’entrepreneurs ne veulent pas mener.

Un problème de succession

Cette autolimitation est aussi en lien avec les problèmes de succession. « Très souvent, après le parcours d’un entrepreneur fondateur de premier ordre, il n’est pas dit que ses enfants soient des entrepreneurs ayant le même talent et le même courage », estime Saâd Bendidi. Pour lui, même si l’entreprise va bien à un certain moment, il n’est pas garanti qu’elle puisse pérenniser ses activités. Et en l’absence d’un bon modèle de succession, ni d’incitations, notamment fiscales, des transmissions plus simples et finançables ne se passent pas.

Par ailleurs, le système financier et bancaire n’est pas outillé pour jouer son rôle dans ces cas-là. Dans de nombreux pays, ces conditions permettent de réaliser des transmissions décidées, préparées et dans la douceur. Au Maroc, les cas sont assez rares. « Il y a beaucoup de rendez-vous ratés sur ce plan-là. Il y a beaucoup d’entreprises qui ont eu des phases ascendantes, mais après la maladie, ou la disparition ou le retrait du fondateur, ça stagne, ça périclite », affirme Bendidi.

L’industrie du capital-investissement a un rôle à jouer dans ce sens, et plus généralement dans la dynamique de l’investissement privé. Toutefois, les montants investis restent relativement bas au niveau national. Ils tournent bon an mal an autour de 700-800 millions de dirhams ces dernières années, avec des pics exceptionnels dépassant le milliard comme en 2021 (1,085 milliard dans 30 entreprises) et en 2018 (1,024 milliard dans 16 entreprises). Souvent, la question de la taille des entreprises et de leur niveau de structuration, ainsi que les niveaux de rendements internes sont des justifications avancées par les acteurs du secteur pour expliquer le manque de deals. En 2022, le montant des investissements a atteint 914 millions de dirhams dans 45 entreprises.

Une majorité de très petites entreprises, peu structurées

Pour Saâd Bendidi, « il y a des deals intéressants mais pas beaucoup ». Pour lui, tout dépend de la taille des entreprises et du type de capital-investissement. Dans le segment des petites et moyennes entreprises, c’est assez actif. Mais il n’y a pas une offre en capital-investissement suffisamment forte et structurée qui y soit dédiée.

L’absence d’une offre est grandement déterminée par le temps, qui doit être consacré à la structuration des petites entreprises pour qu’elles entrent dans des cercles vertueux de croissance. « Ce n’est pas que ça n’intéresse pas l’industrie du capital-investissement, mais il faut que le couple risque-profit soit équilibré. Et un marché secondaire qui puisse reprendre une participation par la suite », souligne Saâd Bendidi. Il déplore par ailleurs la faiblesse du rôle des banques d’affaires au Maroc en tant qu’apporteurs d’affaires. Selon lui, dans des marchés structurés, tout passe par ce genre d’institutions. La banque d’affaires met en lien l’entrepreneur avec des capital-investisseurs.

Au niveau national, le business se situe, selon lui, surtout dans les mid caps. C’est une taille où le travail d’accompagnement, au-delà de l’apport en capital, est plus efficace. Selon lui, le capital-investissement a plusieurs rôles en dehors de l’apport financier. Il s’agit d’apport des process, au niveau de la stratégie, des process budgétaires et des processus RH. « Notre rôle est d’accompagner des entreprises qui ont un projet et des ambitions pendant quelques années pour les conduire d’un palier à un autre ; certes en apportant des fonds propres à même de la rendre bancable, mais pas seulement. Après, il faut que l’on puisse sortir de diverses manières en revendant en bourse, aux actionnaires ou à d’autres investisseurs. »

Venture Capital en retard

Au niveau du segment du financement de l’innovation, le Maroc accumule aussi un retard significatif par rapport à l’Afrique ou le Moyen-Orient. Pour notre interlocuteur, une des principales faiblesses du Maroc est en lien avec l’absence d’un tissu étoffé d’universités qui travaillent en collaboration avec des entreprises innovantes. Le peu d’expériences recensées n’est pas forcément orienté vers le marché international. Pour Saâd Bendidi, notre écosystème n’est pas très favorable à cela, car bouger ses capitaux n’est pas très aisé.

Certains pays avec une très forte population ont préempté ce marché au niveau africain

Troisièmement, certains pays avec une très forte population ont préempté ce marché au niveau africain. « L’Egypte, le Nigeria ou l’Afrique du Sud sont beaucoup plus avancés que nous. La logique de ces pays est d’avoir un nombre d’investissements potentiels (deal flow) très important. Il faut un pipeline de projets très important et être branché avec une communauté internationale dans le Venture Capital (VC) dès la série A, qui puisse accompagner les entreprises. Le Maroc a un peu raté le virage, mais ce n’est jamais trop tard pour se rattraper. »

Cela signifie mobilité des capitaux et des humains, facilité de transaction, contexte juridique de création-dissolution d’entreprises très rapide… pour pouvoir disposer d’un écosystème. Il faut qu’au départ, « il y ait un nombre de projets avec une ambition internationale ». Car, quand plusieurs entreprises sont dans le même secteur, il y a une émulation des complémentarités, et ça va très vite. « On ne peut donc pas parler de la création d’un réseau de startups au niveau national, ça ne marche plus comme ça. D’emblée, on est sur un marché mondial avec peut-être des opérateurs qui font du VC au Maroc, mais qui vont agréger au niveau continental et international », conclut Saâd Bendidi.

Financement. Focus sur les fonds d’investissement et leur business model

De par leurs prises de participation dans le capital des sociétés, les fonds d’investissement sont considérés comme des associés à part entière de la société investie pendant une durée qui est toutefois limitée dans le temps, variant généralement entre quatre et sept ans avant leur sortie du capital. « Un fonds d’investissement est à distinguer d’une holding d’investissement. Cette dernière est généralement liée à des groupes industriels ou financiers dont la durée de vie et d’investissement sont illimitées », nuance Khalil Azzouzi, joint par Médias24.

Les fonds d’investissement ont pour vocation d’apporter les fonds, le savoir-faire, l’expertise et le réseau relationnel dans un objectif d’accélération de croissance et de création de valeur aux parties prenantes des sociétés investies. En effet, le fonds d’investissement est composé de deux structures juridiques : l’une portée par l’équipe de gestion et l’autre dédiée au fonds levé auprès des investisseurs.

Khalil Azzouzi explique que l’équipe de gestion, constituée en société de gestion, est appelée communément General Partners (GPs). Sa mission est la gestion opérationnelle du fonds et la prise de décisions concernant le financement des projets sélectionnés. Elle démarche, analyse et sélectionne les projets cibles, et assure ensuite un accompagnement stratégique préliminaire avant d’aboutir à un modèle économique qui doit se traduire en un plan d’affaires (Business Plan), relayé par les investisseurs des fonds, ou Limited Partners (LPs), qui apportent les fonds nécessaires pour investir dans les projets. Les sociétés de gestion ont pour vocation de lever plusieurs fonds et de les gérer. Chaque fonds peut avoir une stratégie d’investissement et des investisseurs différents. L’équipe de gestion, elle, demeure le pilote de ces fonds.

Les LPs peuvent être des institutions financières internationales ou locales, et parfois des industriels ou family offices. Par exemple, les bailleurs de fonds qui constituent le tour de table d’Azur Innovation Fund sont Tamwilcom (ex CCG), la Banque africaine de développement, le fonds de développement du gouvernement hollandais (DGGF) et de la banque allemande de développement KFW, CIH Bank, BMCE Bank of Africa, Sanlam et l’agence Masen. « Au total, 99% de l’enveloppe d’un fonds provient généralement des LP’s et 1% de l’équipe des GPs. La prise de participation de ces derniers a une dimension d’implication et de prise de responsabilité et de risque quant à l’alignement des intérêts des parties », précise notre interlocuteur. Une fois le fonds d’investissement créé, il est constitué généralement en société anonyme (SA) avec les organes de gouvernance y afférents.

Les deux parties constituent un comité d’investissement pour valider ou non la prise de participation dans les projets proposés par l’équipe de gestion. Deux modèles de comités d’investissement coexistent : les fonds d’investissement avec des comités d’investissements discrétionnaires dont la décision d’investissement revient à l’équipe de gestion, et des membres experts indépendants invités auxdits comités. L’autre modèle, qui est non discrétionnaire, délègue le pouvoir de décision aux investisseurs des fonds qui siègent au comité d’investissement. Dans ce dernier modèle, l’équipe de gestion n’a aucun pouvoir dans la décision d’investissement.

Le modèle d’affaires d’un fonds d’investissement

« Il faut dissiper le mythe selon lequel un fonds d’investissement, et encore moins un fonds de capital-risque, sont des mécanismes de financement à fonds perdus », lance Khalil Azzouzi. Il explique que le fonds d’investissement, comparé aux autres outils de financement, qui sont essentiellement basés sur de la dette, demeure plus risqué et est régi par des concepts de choix d’investissements, de bonne gouvernance et d’éthique, et de calculs économiques rigoureux.

En effet, l’équipe de gestion est engagée vis-à-vis des investisseurs sur un rendement minimum, communément appelé « taux de rendement interne » (TRI), ou « hurdle rate« , qui répond aux attentes des actionnaires du fonds en matière de rentabilité économique attendue. En effet, si les projets investis connaissent la réussite espérée par l’équipe de gestion, le TRI devrait se situer au-delà de l’objectif fixé par les investisseurs. La plus-value dégagée au-delà du TRI fixé est distribuée à hauteur de 20% (carried interest) pour l’équipe de gestion, et de 80% pour les investisseurs, en plus du capital initial et du rendement minimum promis par l’équipe de gestion (hurdle rate) », explique l’investisseur.

La majorité des fonds d’investissement interviennent dans les capitaux des projets à titre minoritaire. Ce qui veut dire que les fondateurs des projets gardent la main dans la gestion quotidienne de leur projet. Néanmoins, l’équipe de gestion, en tant que membre du conseil d’administration, continue d’apporter son soutien, son savoir-faire, son expertise et ses conseils stratégiques en plus de son réseau relationnel aux porteurs de projet. « Ceci est d’autant plus important pour les startups, qui manquent souvent d’expérience en matière de gestion d’entreprises », souligne l’investisseur.

Et, alors que la phase d’investissement dure quatre à sept années, vient ensuite la phase de désinvestissement qui compte en moyenne cinq années, durant laquelle toutes les participations devraient être cédées, à travers plusieurs options préalablement convenues avec les promoteurs des projets à travers un pacte d’actionnaires. Les différentes options consistent en la cession des participations du fonds aux fondateurs, la cession à des investisseurs stratégiques quand les fondateurs ne souhaitent pas le rachat de la participation du fonds, l’introduction en bourse quand les fondamentaux de la société le permettent ou encore la cession des participations à des fonds de développement qui souhaiteraient reprendre le relais des fonds initiaux pour accompagner les projets vers de nouveaux horizons.

Au-delà de la dimension financière et économique, les fonds d’investissements de la nouvelle génération sont tous engagés sur des performances en termes d’impact social, environnemental et de gouvernance (ESG). « C’est ce que nous appelons les fonds d’investissements à impact, dont nous faisons partie », souligne notre interlocuteur.

Comment un fonds d’investissement lève-t-il les fonds ?

« Le processus de levée de fonds est long et fastidieux. Entre la préparation du mémorandum à présenter aux investisseurs et la levée effective d’un fonds appelée closing, il faut compter 18 à 24 mois en moyenne », précise notre interlocuteur. En effet, l’équipe de gestion doit convaincre les investisseurs potentiels moyennant la rédaction d’un mémorandum reprenant l’expérience de l’équipe de gestion, ses compétences, ses réalisations, la stratégie d’investissement proposée, son impact socio-économique et environnemental, la pertinence des choix sectoriels et du marché cible, le mode et les modalités de prise de participation dans les projets, le rendement cible du fonds à lever, le mode de gouvernance en place, ainsi que les projets cibles identifiés appelés deal flow.

Pour ce faire, l’équipe de gestion organise un « road show » durant lequel les investisseurs potentiels du fonds, aussi bien locaux qu’internationaux, sont approchés pour leur présenter le projet de levée de fonds, ses projections et ses perspectives. Viendra par la suite la phase juridique et légale assistée par les avocats d’affaires des différentes parties pour ficeler le partenariat avec les droits et obligations de chacun des acteurs, régis par des contrats qualifiés de pactes d’actionnaires entre investisseurs, et par un règlement de gestion détaillé de la société de gestion. Plus le nombre d’investisseurs est important, plus les compromis prennent en général du temps à aboutir.

La durée de vie d’un fonds d’investissement est en général de dix ans, extensible de deux années suivant les cas. La gestion du fonds est déléguée à l’équipe de gestion (GPs) moyennant un engagement contractuel qui couvre les aspects liés aussi bien à la bonne gouvernance, à l’éthique et à la déontologie qu’à la performance.