Eau et énergie. Le méga deal Taqa, Nareva, FM6I et l’ONEE en infographie

Cinq projets de stations de dessalement ; 1.200 MW de capacité renouvelable éolienne ; interconnexion entre les bassins du Sebou et de l’Oum Er-Rbia… entre autres projets annoncés ce lundi 19 mai dans le cadre d’un partenariat stratégique maroco-émirati.

Un méga-deal signé entre, d’un côté, le consortium composé de Taqa Morocco, de Nareva et du Fonds Mohammed VI pour l’investissement et, de l’autre côté, le gouvernement marocain et l’ONEE portant sur un investissement total de 130 MMDH.

Installation de Nezha Hayat, nouvelle DG du Fonds Mohammed VI pour l’investissement

À cette occasion, Mme Fettah a félicité la nouvelle directrice générale pour la haute confiance royale placée en elle, soulignant que cette nomination vient couronner son parcours remarquable dans le secteur financier, notamment à la tête de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC).

La ministre a exprimé sa confiance quant à la capacité de Mme Hayat à poursuivre la dynamique enclenchée et à renforcer le rôle du Fonds dans l’écosystème du capital-investissement national et à accompagner les chantiers structurants de transformation économique du Royaume, dans une logique d’impact, de partenariat et de performance.

Elle a également salué le travail accompli par Mohamed Benchâaboun, directeur général sortant, dont l’engagement a permis de poser les fondements institutionnels et opérationnels du fonds et d’en amorcer efficacement les premières initiatives destinées à soutenir les entreprises marocaines.

Créé sur hautes instructions royales en réponse aux défis de la relance post-Covid, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement constitue un levier stratégique pour la mobilisation de financements privés au service du développement économique. Il a pour vocation de catalyser l’investissement productif, notamment à travers la mise en place de fonds sectoriels et thématiques et le déploiement d’outils dédiés comme les dispositifs CapAcces et CapHospitality.

Plusieurs ministres et responsables ont pris part à cette cérémonie.

Nezha Hayat prend les rênes du Fonds Mohammed VI pour l’investissement

Nommée ce lundi 12 mai par le Roi Mohammed VI au poste de directrice générale du Fonds Mohammed VI pour l’investissement, Nezha Hayat est diplômée de l’Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC) à Paris.

Jusque-là présidente de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), Nezha Hayat a démarré sa carrière professionnelle en Espagne, en tant que directrice du département de Corporate finance à la société de bourse Bravo y Garayalde et succursale de Banco Inversion Marbella.

En 1993, elle rejoint la Banque nationale de Paris en qualité de responsable de la clientèle privée internationale et de l’exploitation de la succursale off-shore de Tanger.

En 2007, elle est nommée membre du directoire de la Société générale Maroc, en charge du pôle gestion privée et institutionnelle.

Elle a également présidé la Commission bancaire de la Confédération générale des entreprises au Maroc (CGEM) et siégé au Conseil d’administration de la Bourse des valeurs de Casablanca (BVC).

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FM6I. Deux fonds débloqués, les autres en négociation avancée

Nous en savons un peu plus sur les fonds thématiques et sectoriels que le FM6I envisage de mettre en place.

Deux fonds ont été débloqués, confirment nos sources. « Un des deux fonds a déjà concrétisé des participations dans des entreprises », nous assurent-elles.

Un premier fonds a été structuré avec Mediterrania Capital. Selon nos sources, il s’agit d’un fonds généraliste pour développer les entreprises locales ou les champions nationaux. Nous ignorons à ce stade la taille du fonds et sa structuration. Ces informations seront probablement dévoilées en juin prochain.

Nos sources indiquent que la contribution du fonds est minime, mais elle a permis à Mediterrania d’attirer plus d’investisseurs nationaux et internationaux. C’est l’une des plus grosses levées de fonds réalisées par Mediterrania Capital à ce jour.

FM6I continue les discussions avec une douzaine d’autres fonds pour closer comme c’est le cas d’Afric Invest qui attend l’approbation de l’AMMC. Selon nos sources, ce fonds sera aussi généraliste et se focalisera sur les PME et les entreprises de tailles intermédiaires.

https://www.medias24.com/2024/10/30/exclusif-un-entretien-avec-c-accelerateur-dinvestissement-maroc-france-et-fm6i/

Cap Hospitality : un succès confirmé, des révélations prometteuses pour le tourisme marocain

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à fin octobre, 14,6 millions de touristes avaient visité le Maroc depuis le début de l’année 2024, un nouveau record qui impose des exigences accrues en termes de qualité d’accueil et de service. Le programme Cap Hospitality, avec des financements allant jusqu’à 100 millions de dirhams, dont les intérêts sont intégralement couverts par l’État, apparaît comme un levier stratégique pour transformer l’offre hôtelière nationale.

Lors de cette nouvelle édition de l’émission « Zone Franche », organisée sous forme d’une table ronde dans le studio de Médias24 à Casablanca, en partenariat avec BANK OF AFRICA, Hamid Bentahar, président de la Confédération nationale du tourisme, a salué cette tendance exceptionnelle. « Chaque mois, on constate des performances record. On vient de dépasser les performances de l’année dernière sur 12 mois, lors des 10 premiers mois de l’année. Donc, c’est quelque chose d’exceptionnel ».

Cap Hospitality, un premier bilan très prometteur

Les premiers chiffres confirment l’efficacité du programme. Salma Bellamine, directrice exécutive du Fonds Mohammed VI pour l’investissement, a indiqué que près de 100 demandes ont déjà été déposées, avec 30 projets approuvés en deux mois seulement. Cette rapidité témoigne de l’engouement des hôteliers à moderniser leurs établissements pour répondre aux exigences du marché.

L’impact régional est également significatif. Imad Barrakad, directeur général de la SMIT, a insisté sur la diversité géographique des projets soutenus : « Près de 40 établissements à Marrakech, 20 à Casablanca-Settat, et un nombre important à Souss-Massa et Drâa-Tafilalet. Ces régions, parfois touchées par des fermetures d’hôtels, profitent d’une attention particulière pour revitaliser leur activité touristique ».

Pour renforcer son impact et garantir une large adoption, BANK OF AFRICA s’est mobilisée en organisant une tournée régionale de sensibilisation. Des étapes dans des villes clés telles que Marrakech, Tanger, Fès et Agadir ont permis de présenter les opportunités du programme, d’accompagner les hôteliers dans leurs démarches et de répondre à leurs interrogations sur ce mécanisme inédit.

Dans ce cadre, Imane Berrada Rhzioual, responsable Financement de la promotion immobilière et de l’hôtellerie au sein de BANK OF AFRICA, a également souligné que ce soutien s’accompagne d’une démarche de proximité, avec des focus groupes régionaux pour sensibiliser les professionnels et adapter les projets aux spécificités locales.

Pour garantir son efficacité, le programme repose sur des critères exigeants. Parmi eux, l’obligation d’ouvrir les établissements dans un délai de 18 mois après le déblocage des fonds. La responsable Financement de la promotion immobilière et de l’hôtellerie à BANK OF AFRICA a expliqué l’importance de cette mesure : « Si cette condition peut sembler contraignante, elle est indispensable pour une mise en œuvre rapide et efficace des rénovations ».

Ce mécanisme ne se limite pas à la rénovation. Il permet également l’extension des infrastructures, avec des projets incluant des chambres supplémentaires, des espaces de restauration ou des installations d’animation. Ces évolutions visent à répondre à la demande croissante et à améliorer la compétitivité des établissements marocains.

Un cap vers l’excellence hôtelière

Avec près de 25.000 chambres concernées à terme, Cap Hospitality s’annonce comme un pilier de la réinvention du tourisme marocain. Ce programme accompagne la stratégie nationale qui a pour ambition de renforcer l’attractivité touristique du Maroc et de se préparer aux échéances majeures de la Coupe d’Afrique des nations 2025 et de la Coupe du monde 2030.

Pour Othmane Cherif Alami, président du Conseil régional du tourisme Casablanca-Settat, « le tourisme est un secteur d’opportunités capable d’apporter prospérité et espoir dans toutes les régions du Maroc. Cap Hospitality est une première étape pour ancrer durablement l’excellence de notre destination ».

Il a également souligné le rôle déterminant du Conseil régional du tourisme dans cet écosystème. « Nous accompagnons les destinations, particulièrement sur l’expertise produit, en veillant à ce que l’hôtellerie soit revue et améliorée, pour répondre aux attentes des visiteurs et maintenir l’attractivité de nos régions ».

Par ailleurs et malgré son succès, Cap Hospitality ne prétend pas résoudre tous les défis du secteur. Comme l’a rappelé Hamid Bentahar, « Cap Hospitality est une excellente solution pour la rénovation, mais elle s’inscrit dans une stratégie globale. Il reste d’autres mécanismes à développer pour répondre aux besoins des petites structures et des projets émergents ». En effet, alors que les premiers résultats confirment le potentiel du programme, les discussions ont également mis en lumière des ajustements nécessaires, notamment pour élargir l’accès aux petites structures et renforcer l’accompagnement sur le terrain.

En conclusion, cette table ronde a confirmé que le Maroc est prêt à relever les défis du tourisme de demain, avec un secteur hôtelier rénové, inclusif et tourné vers l’excellence.

 

Le FM6I et le GBPM vont lancer le nouveau produit de dette subordonnée

Le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement et le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) vont organiser une cérémonie pour officialiser le lancement du produit dette subordonnée, nommé « CapAccess ».

Ce produit entre dans le cadre des différents mécanismes du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement (FM6I) et révélés par Médias24.

CapAccess interviendra en apportant aux entreprises de la dette subordonnée qui viendra s’ajouter aux fonds propres de ces dernières. En effet, l’une des barrières à l’accès aux financements bancaires pour les entreprises est la sous-capitalisation. L’ancien ministre Benchaaboun l’avait expliqué lors d’un déplacement à la CGEM début février : « La promotion de l’investissement productif passe par le renforcement des entreprises dans un contexte de sous-capitalisation chronique, qui est à l’origine de l’essentiel des difficultés d’accès au financement ». CapAccess est une solution qui viendra remédier à cette barrière.

Selon nos sources, l’éligibilité des entreprises sera décidée par les banques. Tamwilcom interviendra en garantie. Le FM6I mettra au maximum un tiers du financement.

En novembre dernier, le FM6I avait réalisé une levée de fonds auprès de la Banque européenne d’investissement (BEI) pour un montant équivalent à 5,4 MMDH. Cette enveloppe servira en partie à appuyer les produits de dette subordonnée en partenariat avec le secteur bancaire afin de mieux financer les entreprises dans leurs projets d’investissements. Le but étant de parvenir à maintenir des ratios financiers adéquats

Pour rappel, le FM6I vise à générer entre 120 et 150 MMDH d’investissement dans l’économie. Il interviendra via plusieurs fonds dédiés, notamment un fonds start-up, un fonds infrastructures, un fonds sectoriel et le fonds dette évoqué précédemment.

https://medias24.com/2023/11/12/fm6i-le-produit-de-la-dette-subordonnee-pour-les-entreprises-en-preparation/

https://medias24.com/2024/02/08/a-la-cgem-benchaaboun-explique-comment-le-fm6i-contribuera-au-renforcement-du-capital-investissement/

À la CGEM, Benchaâboun explique comment le FM6I contribuera au renforcement du capital-investissement

Au Maroc, le capital-investissement a une marge de progression conséquente sur le front du financement des entreprises, notamment celui des PME. Cette donne a été étayée par Chakib Alj, président de la CGEM, lors de la rencontre organisée en partenariat avec l’AMIC, le mercredi 7 février dans les locaux  du patronat marocain, portant sur le capital-investissement comme levier de croissance des PME marocaines.

Des résultats encore en-deçà des attentes

« Le capital-investissement représente aujourd’hui un levier déterminant, notamment auprès des entreprises familiales, souhaitant marquer un tournant dans leur croissance ou préparer leur succession », a souligné le patron des patrons. « À titre indicatif, sur l’année 2022, 23 sociétés de gestion faisant partie de l’AMIC, via 46 fonds de sous-gestion, ont eu un impact sur 160 entreprises ».

Force est d’admettre que le nombre de 160 entreprises touchées en 2022 par les fonds précités demeure faible par rapport au stock d’entreprises existantes au Maroc. En clair, l’on relève l’apport significatif du capital-investissement dans la solidification des fondamentaux d’une centaine d’entreprises seulement, en termes de structure bilancielle et de gouvernance.

Chakib Alj a également indiqué qu’en 2022, les levées de fonds par les 46 sociétés de gestion se sont élevées à près de 1,2 MMDH, avec plus de 900 MDH d’investissements réalisés – portant le total des investissements cumulés depuis plus d’une quinzaine d’années, à près de 11, 4 MMDH .

« Ces chiffres encourageants restent bien loin des attentes. Il est possible de faire beaucoup plus », estime le président de la CGEM.

« Certes, ce n’est pas assez, mais je pense que c’est une réalisation importante puisqu’au cours de ces années, nous avons permis l’émergence de champions marocains tous secteurs confondus », rétorque Hatim Ben Ahmed, président de l’AMIC.

Pour consolider l’existant et faire évoluer le secteur, « l’activation imminente du Fonds Mohammed VI pour l’investissement représentera un tournant majeur dans le paysage du capital-investissement au Maroc », conviennent les participants.

Mohamed Benchaâboun, directeur général du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, était présent à l’évènement.

Un nouveau départ pour le capital-investissement

L’ancien argentier du Royaume a partagé la vision stratégique du fonds, tout en revenant sur les actions en cours pour l’activation des sous-fonds thématiques – avec la présélection de 17 sociétés de gestion de fonds thématiques et sectoriels –, ainsi que sur l’offre de dette subordonnée à court terme.

Il est utile de rappeler que la dette subordonnée permet de combler une insuffisance de financement lorsqu’une entreprise emprunteuse n’a pas assez d’actifs corporels à offrir en garantie ou est dans l’incapacité de maintenir des ratios financiers adéquats.

« L’industrie du capital-investissement est appelée à vivre une inflexion majeure, l’amenant à jouer un rôle moteur dans la croissance des entreprises marocaines et dans la relance de l’économie nationale », a souligné l’ancien ministre de l’Economie et des finances. « La promotion de l’investissement productif passe par le renforcement des entreprises dans un contexte de sous-capitalisation chronique, qui est à l’origine de l’essentiel des difficultés d’accès au financement ».

Benchaâboun est formel : « L’un des premiers objectifs du Fonds Mohammed VI a été de créer les conditions de l’émergence d’une industrie du capital-investissement robuste disposant des compétences humaines et des moyens financiers pour accompagner les entreprises qui veulent investir ».

Cette assertion de Mohamed Benchâaboun amène légitimement à espérer, à l’instar de Chakib Alj, que l’opérationnalisation imminente du FM6I constituera un tournant majeur pour le capital-investissement en tant que moteur de croissance des PME marocaines.

La BEI met 500 M€ dans le Fonds Mohammed VI pour l’investissement

Signée en marge du Forum pour l’investissement en Afrique (AIF-Africa Investment Forum) qui se tient à Marrakech, cette lettre de mandat ouvre la voie à un partenariat stratégique entre les deux institutions, indique le fonds dans un communiqué.

Cette enveloppe serait en priorité allouée au financement des projets d’infrastructures, au déploiement d’instruments de financement innovants en faveur des entreprises marocaines et au soutien de l’activité du fonds dans le Private Equity et le Venture Capital, précise la même source.

Elle pourrait également s’accompagner d’instruments de garantie et d’un appui en matière d’assistance technique à travers la mobilisation d’outils innovants en cours de structuration avec la Commission européenne. Ce financement viendrait s’ajouter aux ressources du fonds, constituées actuellement de 15 milliards de DH issus de son capital initial. Il permettrait de renforcer davantage son action et de remplir en partie son objectif en matière de levée de fonds en faisant levier sur ses fonds propres.

(Avec MAP)

Comment le Fonds Mohammed VI peut révolutionner la Bourse de Casablanca

Les effets directs de l’opérationnalisation du Fonds Mohammed VI pour l’investissement (FM6I) sont connus : financer à travers des opérations de private equity des entreprises − des grandes comme des PME − dans des secteurs à fort potentiel de développement. Cela se fera à travers des fonds thématiques, opérant dans les secteurs de l’infrastructure, la tech et l’innovation, le tourisme, l’industrie, l’eau, l’énergie… Une partie de ses fonds thématiques interviendra via des injections de capitaux durs et des prises de participation directes dans les entreprises sélectionnées.

Le montant des investissements projeté en equity est élevé, il est est libellé en dizaines de milliards de DH, pour une dotation totale de 45 milliards de dirhams. Un montant énorme qui sera réparti, dans une première vague, sur au moins une centaine d’entreprises ou de projets, selon les estimations d’un professionnel du capital risque, et qui produira un effet de levier estimé entre 120 à 150 milliards de dirhams en termes de financements, comme révélé par le patron du fonds, Mohamed Benchaâboun, dans Médias24.

LIRE AUSSI : Modes d’intervention, prochaines étapes : comment le FM6I va fonctionner

Une nouvelle génération d’entreprises sera préparée à s’introduire en Bourse

Vu la vocation du FM6I, les entreprises qui seront financées sont des firmes ayant besoin de fonds propres et n’ayant pas un accès direct au marché des capitaux pour effectuer des levées. D’un point de vue purement financier, c’est une nouvelle génération d’entreprises qui d’habitude se finance auprès des banques, qui va intégrer l’industrie du private equity, ouvrir son tour de table à un investisseur institutionnel, entrer dans une logique de transparence financière, de bonne gouvernance, de reportings réguliers, d’exigence d’efficacité opérationnelle et financière.

Une étape importante pour les préparer ensuite à s’émanciper, un fonds de private equity n’étant pas censé rester éternellement dans le tour de table des cibles financées. Et la voie royale de sortie d’un capital risqueur n’est autre que la Bourse, à travers des IPO.

« C’est exactement le schéma qui peut vraiment permettre un vrai décollage de la Bourse de Casablanca, qui n’arrive toujours pas à attirer de nouvelles sociétés. Quand on passe l’étape du capital risqueur, on est généralement prêt et ouvert à l’idée de s’ouvrir sur le marché des capitaux. Et c’est l’un des principaux freins actuels aux introductions en Bourse. Le Fonds Mohammed VI va contribuer en quelque sorte à institutionnaliser le tour de table d’une nouvelle génération d’entreprises, à les accompagner dans leur développement. Mais l’objectif ultime doit être de pérenniser leur accès au financement de leur fonds propres pour assurer leur développement futur. Cela ne peut se faire que via le marché boursier », souligne notre source.

Bien sûr, toutes les sorties qui vont se faire dans un terme de cinq ans ou sept ans, selon l’horizon d’investissement de chaque fonds thématique et la maturité de chaque entreprise, peuvent passer par d’autres canaux. Comme la cession des parts acquises par le FM6I à un autre fonds d’investissement ou à plusieurs fonds qui prendront le relais pour assurer une autre phase de développement de l’entreprise. Mais selon diverses sources du marché, l’idéal serait de privilégier la voie de la Bourse de Casablanca. Et cela dépend de plusieurs paramètres, comme la volonté de l’entrepreneur d’entrer en Bourse, la maturité de son projet, les valorisations qui seront offertes, mais aussi de la volonté politique de l’Etat et du FM6I de participer à l’essor du marché marocain des capitaux.

Un remake des opérations de privatisation par la Bourse des années 1990

« Si sur 100 entreprises financées en capitaux propres dans les trois prochaines années, on arrive à conduire 50 entreprises en Bourse d’ici 2030, ce serait excellent. Cela permettra de presque doubler la taille du marché, de mettre du papier frais dans le circuit pour permettre à des institutionnels marocains de continuer d’investir en Bourse, de diversifier leur portefeuille, mais surtout de pérenniser les sources de financement de ces entreprises pour qu’elles puissent continuer d’avoir accès aux capitaux et d’assurer leur développement futur. Vu son caractère public, le Fonds Mohammed VI peut jouer un rôle important dans ce cercle vertueux en mettant sur orbite une nouvelle génération de sociétés cotées, pour casser les freins psychologiques qui empêchent la Bourse de se développer », ajoute notre expert.

L’Etat avait d’ailleurs déjà joué ce rôle d’accélérateur du marché à la fin des années 1990 et début des années 2000, en privilégiant pour les grandes opérations de privatisation la voie de la Bourse de Casablanca. Cela a permis de mettre sur le marché des valeurs comme la BMCE, la Samir, Maroc Telecom… Ce qui a créé un effet d’entraînement sur tout le marché et ouvert l’appétit d’autres grandes entreprises privées à faire des IPO, ou du moins des levées de dette sur le marché obligataire.

Cette dynamique créée dans les années 1990 et 2000 peut être reproduite, avec une ampleur encore plus grande, à travers l’intervention du FM6I. Cela fera bouger non seulement la Bourse de Casablanca et les entreprises qui y seront nouvellement cotées, mais boosterait toute l’industrie de la haute finance, en hibernation depuis plus d’une dizaine d’années.

« La Bourse, c’est tout un écosystème. Une opération d’introduction en Bourse ou de levée de capitaux fait travailler plusieurs intervenants : les banque d’affaires, les commissaires aux comptes, les cabinets de conseil juridique, les sociétés de Bourse qui font le placement des titres, des boîtes de communication, et dans une seconde étape, les brokers qui font du trading sur ces titres, les sociétés de gestion d’actifs… En plus du secteur du capital risque qui peut doubler voire tripler de taille avec le Fonds Mohammed VI, c’est toute l’industrie de la finance qui se remettra en marche si l’on s’inscrit dans cette démarche et cette finalité de privilégier les sorties par la voie de la Bourse », explique notre acteur du marché. C’est dire que le marché casablancais s’apprête à vivre sa deuxième révolution, après celle du début des années 1990…

LIRE AUSSI : Comment l’industrie du capital-investissement peut doubler de taille

Gestion des fonds sectoriels et thématiques : le FM6I a reçu 46 dossiers de candidature

Le premier appel à manifestation d’intérêt lancé par le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement le 8 mai 2023, pour la sélection de sociétés de gestion de fonds sectoriels ou thématiques, a suscité une « forte mobilisation des sociétés de gestion, à la fois au niveau national et international », indique un communiqué du Fonds publié ce vendredi 14 juillet.

Au total, 46 dossiers de candidature ont été déposés, dont 24 par des soumissionnaires locaux, 17 par des internationaux et 5 par des consortiums mixtes. Les propositions reçues couvrent un large spectre de secteurs et thématiques, incluant notamment l’industrie, la promotion des petites et moyennes entreprises, l’agriculture, le tourisme et plusieurs autres thématiques innovantes, précise la même source.

« Le nombre important et le caractère diversifié des propositions reçues confirment le potentiel de l’industrie du capital investissement au Maroc en tant que source de financement pour les entreprises et témoignent de l’adhésion des sociétés de gestion à la démarche proposée par le Fonds Mohammed VI », poursuit le communiqué. Tout en adoptant les meilleurs standards de l’investissement responsable, les sociétés de gestion seront appelées à apporter aux entreprises marocaines les solutions de financement nécessaires pour renforcer leurs capitaux propres et rehausser leurs capacités à investir, créer des emplois durables et se développer sur de nouveaux marchés géographiques.

Les prises de participation du Fonds Mohammed VI dans les fonds thématiques ou sectoriels serviront de levier aux sociétés de gestion pour mobiliser des capitaux nationaux et internationaux, et permettront de massifier l’impact économique et social de l’industrie du capital-investissement.

Pour rappel, la date limite de dépôt des dossiers de candidature par les soumissionnaires, en réponse à l’appel à manifestation d’intérêt, était fixée au 13 juillet 2023 à 23h59. Les dossiers de candidature reçus sont examinés par le Fonds Mohammed VI selon un « processus robuste de sélection » en plusieurs étapes :

– une étape de présélection sur la base notamment de la stratégie d’investissement proposée, de l’expérience de l’équipe de gestion et de la qualité des performances réalisées dans la gestion de fonds similaires ;

– une étape de sélection sur la base de la capacité des soumissionnaires présélectionnés à mobiliser des fonds auprès d’autres investisseurs ;

– une étape de négociation de la documentation juridique et de contractualisation.