L’Ittihad de Tanger et l’Olympique Lyonnais s’associent pour la formation
Un temps annoncé parmi les adhérents du programme de formation initié par la Fédération royale marocaine de football (FRMF), l’Ittihad Riadi de Tanger a finalement signé un partenariat avec Eagle Football Group (EFG), propriétaire de l’Olympique Lyonnais.
Cet accord porte sur plusieurs axes de collaboration :
– l’accompagnement du staff technique et de formation dans la mise en place de méthodologies d’entraînement adaptées aux standards internationaux ;
– le développement et la structuration de la cellule de haute performance et de recrutement ;
– le soutien au développement de l’académie et des programmes de formation de jeunes talents marocains.
« Nous offrons à nos partenaires un accès privilégié à une pépinière de talents et à un environnement propice à l’éclosion des jeunes footballeurs du continent africain. C’est une alliance gagnant-gagnant », assure Nassrallah El Guartit, président de l’Ittihad Riadi de Tanger.
Un modèle qui ne date pas d’hier
Ce genre d’accord n’est pas inédit entre les clubs européens et africains. Le FC Metz, par exemple, est un partenaire historique de l’Académie Génération Foot au Sénégal.
Après vingt ans de collaboration, les deux entités sont désormais liées jusqu’en juin 2033, preuve de la confiance mutuelle et de la pérennité de leur partenariat.
« Emmanuel Adebayor, Papiss Cissé ou encore Sadio Mané avaient marqué les premières années de collaboration entre les deux équipes. Ces dernières saisons, d’autres éléments sont également venus effectuer, avec réussite, leurs premiers pas en Europe sous le maillot grenat : Ismaïla Sarr ou Pape Matar Sarr, pour ne citer qu’eux », se réjouit le FC Metz.
Les conditions financières de l’accord entre l’Olympique Lyonnais et l’IRT n’ont pas été dévoilées. À titre indicatif, des chiffres officieux indiquent que le FC Metz aurait investi 20 millions d’euros entre 2003 et 2019, pour en récupérer 80 de la vente des joueurs issus de Génération Foot.
« La région de Tanger est elle aussi un véritable creuset de talents », souligne un ancien entraîneur de l’Académie de l’IRT.
Pour preuve, les deux pépites vendues cet été par le club tangérois. Abdelhamid Maali au Zamalek (428.000 euros) et le gardien Rayan Azouagh, cédé au FC Séville (91.000 euros).
Les défis du centre de formation lyonnais
Si l’expertise de l’OL en matière de formation est indéniable, elle n’est plus ce qu’elle était depuis la vente du club, notamment par Jean-Michel Aulas, président historique et ancien actionnaire majoritaire.
Dévoilé en juin 2025 par la Fédération française de football, le classement des centres de formation souligne le recul de l’OL :
– Rennes (1er) ;
– Paris Saint-Germain (2e) ;
– Monaco (3e) ;
– Lyon (4e).
Pour sa part, le récent classement mondial de l’Observatoire du football CIES (octobre 2025) classe le centre de formation de l’Olympique Lyonnais à la 34e place mondiale.
Outre le saut qualitatif réalisé par d’autres centres, le trou générationnel auquel fait face le centre de formation lyonnais explique aussi ce déclassement.
Dans son édition du 22 juin 2025, le quotidien sportif L’Équipe souligne que le changement de méthode de travail entre 2017 et 2023 n’a pas eu l’effet escompté et qu’il a été critiqué par plusieurs acteurs, car éloigné du fameux ADN lyonnais.
Le taux de rotation dans l’encadrement a également fragilisé la stabilité nécessaire au développement du programme de formation.
Pierre Sage, qui avait succédé à Jean-François Vulliez au poste de directeur du centre de formation, a quitté son poste pour devenir entraîneur de l’équipe première, avant de rejoindre Lens. Il a été remplacé par Fabien Caballero, puis par Johann Louvel un an plus tard. Même situation pour les éducateurs et le directeur de la performance, Sébastien Renaud, parti après six ans.
À cela s’ajoute un manque de moyens sous la gestion de John Textor, qui a démissionné le 30 juin 2025 après la relégation annoncée du club en Ligue 2 par la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG). La rétrogradation a été annulée le 9 juillet 2025 grâce à de nouveaux fonds injectés, mais « le centre de formation a souffert de problèmes d’intendance, nourriture, minibus… », précise la même source.
En attendant l’avènement de la génération 2009-2010, prometteuse à l’image de Benzema ou Ben Arfa, le centre de formation lyonnais multiplie ses partenariats, en France et en Afrique, notamment avec l’Ittihad Riadi de Tanger. À ce titre, le soutien au développement des infrastructures de l’académie sera crucial. Selon plusieurs témoignages, les conditions d’entraînement des jeunes n’étaient pas toujours optimales.
« On avait parfois quatre équipes sur un seul terrain à la Cité des Sports de Tanger », confie un ancien formateur. Les installations, gérées par la commune, donnaient parfois lieu à des malentendus, rendant les séances particulièrement compliquées.
Les Marocains s’imposent en force dans le football européen
Le Maroc confirme plus que jamais son statut de nation qui pèse dans la balance du football européen. La saison 2025-2026 illustre parfaitement cette dynamique. Plusieurs joueurs marocains participent à la Ligue des champions et ont une place de choix dans les plus grands championnats européens.
Dans la plus relevée des compétitions du football de club, à savoir la Champions League qui bat actuellement son plein, pas moins de quatorze joueurs marocains participent. Un contingent considérable qui fait du Maroc la première nation africaine représentée. Il se décline comme suit :
– Achraf Hakimi (Paris Saint-Germain) ;
– Brahim Díaz (Real Madrid) ;
– Ismaël Saibari et Couhaib Driouech (PSV Eindhoven) ;
– Sofiane Boufal (Union Saint-Gilloise) ;
– Ilias Akhomach (Villarreal) ;
– Maroan Sannadi (Athletic Bilbao) ;
– Samy Mmaee (Qarabağ FK) ;
– Bilal Nadir et Nayef Aguerd (OM) ;
– Yaniss Benchaouch et Ilies Belmokhtar (AS Monaco) ;
– Ayoub El Kaabi (Olympiakos) ;
– Eliesse Ben Seghir (Bayer Leverkusen).
Les joueurs marocains évoluent également dans les plus prestigieux championnats européens, avec une présence notable en France, véritable terre d’accueil historique, où 16 d’entre eux sillonnent chaque week-end les terrains de Ligue 1. Le Maroc se positionne ainsi au 3e rang mondial et africain, derrière le Sénégal (27) et la Côte d’Ivoire (19).
Aux Pays-Bas, la présence nationale est aussi importante. Avec dix joueurs en Eredivisie, il occupe la 1re place africaine et la 7e mondiale. Cette statistique reflète les liens historiques entre la diaspora marocaine et le football néerlandais, où de nombreux talents ont émergé avant de briller en sélection nationale.
En Espagne, la Liga confirme son attrait pour les joueurs marocains (15), soit la 3e nation étrangère la plus présente et surtout la première africaine.
En Italie, la Serie A compte 9 joueurs marocains, ce qui place le pays en 14e position mondiale et en 2ᵉ place africaine, juste derrière la Côte d’Ivoire (10).
En Angleterre, la Premier League, pourtant réputée difficile d’accès, aligne cinq Marocains. Cela fait du Royaume la 20e nation la plus représentée et la 4e en Afrique, devancée par le Nigéria (9), le Sénégal (6) et la Côte d’Ivoire (6).
En Allemagne, la Bundesliga n’en recense que deux. Cependant, deux autres joueurs prometteurs, Eliesse Ben Seghir et Bilal Al Khannouss, viennent de poser leur valise en Allemagne lors du mercato estival 2025.
Ces chiffres traduisent à la fois la qualité de la formation au Maroc, le travail des académies européennes auprès des jeunes issus de la diaspora, mais aussi la montée en puissance de la sélection nationale, demi-finaliste du Mondial 2022 lors d’une épopée historique.
À l’avenir, la présence des joueurs en Europe formés au Maroc pourrait davantage se renforcer grâce au programme de formation des jeunes footballeurs.
La Botola Pro fait son grand retour. Du suspense à tous les étages
Le championnat du Maroc reprend ses droits ce vendredi 12 septembre avec l’Ittihad de Tanger (IRT) qui rend visite au Hassania d’Agadir (HUSA), quelques heures avant que le Wydad (WAC) n’accueille le Kawkab de Marrakech (KACM) dans la soirée (20 h).
La domination sans partage de la Renaissance sportive de Berkane (RSB) lors de la saison dernière n’est pas un gage de réussite pour le club de l’Est en vue du nouvel exercice. Mais la constance dans les résultats laisse penser que la RSB a toutes les chances de réaliser le doublé.
La valorisation du triple vainqueur de la Coupe des confédérations de la CAF est aussi une manière de rappeler qu’il est un immense favori à sa propre succession. Mais réaliser ce coup de force nécessite de prendre à contre-pied l’histoire récente du championnat national.
Depuis vingt-cinq ans, seuls le Wydad Athletic Club et le Hassania d’Agadir ont réussi l’exploit de conserver leur titre. Et cette saison, toutes les conditions semblent réunies pour prolonger ce suspense.
Car si la compétition reste ouverte à l’incertitude, ce n’est pas seulement au regard du passé, mais aussi de l’éternelle possibilité qu’une équipe célébrée il y a peu se fasse happer par la recherche de cette lumière et cette sensation d’invincibilité, tout en oubliant de répéter les efforts et l’humilité qui l’ont conduite aussi haut.
Le Raja n’a pas besoin de lumière tant il est constamment sous les projecteurs. Qui plus est, cet été, où l’institution a connu une véritable révolution organisationnelle et financière, qui lui a offert une marge de manœuvre pour renforcer un effectif décevant la saison dernière, après avoir pourtant terminé l’exercice précédent champion et invaincu.
Même si elle a perdu son meilleur élément, en la personne d’Amine Zahzouh, l’Association sportive des Forces armées royales (ASFAR) demeure un candidat au titre plus que crédible. Mais ce n’est pas pour autant que le club de la capitale s’est reposé sur ses lauriers.
La direction sportive des FAR s’est activement renforcée dans toutes les lignes, et particulièrement en défense. À l’évidence, la traumatisante défaite en quart de finale de la précédente édition de la Ligue des champions contre Pyramids FC a laissé des traces profondes dans l’esprit des décideurs des FAR.
Privé de compétition continentale la saison passée, le Wydad Athletic Club affiche une situation bien différente. Le club n’est certes pas reparti d’une page blanche, mais c’est pourtant l’impression laissée par un mercato estival marqué par une activité frénétique.
Selon le site de référence Transfermarkt, pas moins de 51 mouvements ont été enregistrés : 27 arrivées pour 24 départs. Un va-et-vient digne des grandes destinations estivales.
Pour trouver une stabilité technique, il va falloir repasser. Et on se demande bien comment le staff technique mené par Mohamed Amine Benhachem réussira à gérer un effectif aussi pléthorique (33 joueurs). Ce sera l’une des clés de la réussite du club casablancais.
Avec un groupe composé de 24 joueurs, le Fath Union Sport (FUS) n’a pas les mêmes problèmes à résoudre. Saïd Chiba doit plutôt se creuser les méninges pour trouver le secret qui permettrait à ses joueurs d’amorcer une ère avec davantage de continuité dans les résultats.
Une bataille acharnée dans la course au maintien
Au-delà des premières places, cette nouvelle saison s’accompagne de plusieurs autres enjeux et interrogations. La Renaissance Zemamra réussira-t-elle à titiller davantage les cadors de la Botola ? Et si c’était le Hassania d’Agadir qui jouait les trouble-fête cette fois-ci ?En tout cas, son directeur sportif ne s’en cache pas.
« Nous visons le top 5 cette saison », affirmait Laurent Dechaux dans un entretien accordé à Médias24. La nomination du coach franco-comorien, Amir Abdou, répond justement à cette volonté de retrouver du caractère et de la compétitivité. L’idée est que le HUSA compte à nouveau dans le paysage footballistique du haut de tableau. Et avec un coach à la personnalité aussi affirmée, on ne risque pas de s’ennuyer.
Une chose est sûre, derrière les mastodontes de la Botola, il est difficile d’accorder sa confiance totale aux autres équipes dans la quête du haut de tableau, et encore moins de parier son salaire sur celles qui seront rétrogradées. Après avoir longtemps eu sa place à la table des grands, le Difaâ d’El Jadida (DHJ) doit désormais se contenter de lutter pour ne pas glisser vers le bas du tableau.
Une zone où la bataille s’annonce rude, aussi bien pour les clubs qui enchaînent une deuxième saison en première division (Union de Touarga, CODM) que pour ceux qui viennent tout juste de retrouver l’élite (KACM, USYM). Une élite qui a la particularité d’attirer de plus en plus de joueurs à l’expérience éprouvée et auxquels personne n’aurait pensé il y a quelques années.
La signature du gardien international marocain, Munir El Kajoui, à la RSB, semble avoir donné des idées à d’autres équipes. Si le retour de Badr Benoun au Raja semblait être écrit d’avance, personne n’avait vu venir le recrutement par le KACM de l’avant-centre Khalid Boutaib. Idem pour l’arrivée du défenseur Yunis Abdelhamid dans l’optique de renforcer la défense des FAR.
Dans la catégorie des internationaux qui ont choisi de vivre le crépuscule de leur carrière au Maroc figure également Nordin Amrabat. Sa combativité et son leadership seront des atouts précieux pour remettre le Wydad sur le droit chemin dans un championnat qui semble apprécier l’air marin.
Géographiquement, la première division fait la part belle aux équipes du littoral, de Tanger à Agadir, en passant par Casablanca et Rabat. La capitale accueille d’ailleurs à elle seule 25 % des équipes qui sont sur la ligne de départ (4/16). Bref, il ne faut pas avoir le mal de mer pour naviguer avec succès dans un championnat dont plusieurs stades risquent d’être confisqués par la Coupe d’Afrique des nations 2025.
Mais c’est le jeu. On ne va pas se plaindre que la compétition continentale ait accéléré la rénovation d’infrastructures. Au final, c’est aussi ce vent de modernité qui souffle sur la Botola et promet une saison plus intense et palpitante que jamais.
Les finances du Wydad Athletic Club à la loupe
L’Association Wydad Athletic Club (WAC) tiendra son assemblée générale annuelle le lundi 15 septembre 2025, dans un hôtel de Casablanca. Un rendez-vous crucial pour l’avenir du WAC pendant lequel un vote sera organisé dans le but d’ouvrir le capital de la société par actions simplifiée (SAS) du WAC.
En amont de ce rendez-vous, Médias24 a pu consulter le rapport financier du club casablancais pour l’exercice 2024-25. Un bilan comptable que Médias24 a pu consulter et qui se divise entre les comptes de l’Association WAC qui englobent toutes les sections (basket, hand, football féminin et école de formation) et ceux de la SAS WAC qui comprennent uniquement les résultats de l’équipe première de Football.
Justement, le rapport financier précise que les états financiers de la SAS ne sont pas encore formellement arrêtés en raison des blocages institutionnels qui empêchent la validation complète des comptes. Des procédures juridiques et judiciaires sont en cours pour débloquer la situation. Selon nos informations, une assemblée générale extraordinaire a été convoquée pour ce jeudi 11 septembre avec unique ordre du jour : mise à jour du dossier juridique de la société Wydad Athletic Club.
Même si les comptes de la SAS ne sont pas arrêtés, le rapport donne un large aperçu de la situation financière. Ainsi, l’actif circulant de la société sportive s’élève à 35 MDH, essentiellement constitué de créances à encaisser au titre des transferts, des compétitions internationales et des partenariats commerciaux.
Les produits d’exploitation de la SAS dépassent les 190 MDH.
La Coupe du monde des clubs en constitue le principal moteur, avec 86,3 MDH (près de 45 % du total).En ajoutant les subventions (État, LNFP, CAF), ces deux postes représentent environ 61 % des recettes, ce qui traduit une forte dépendance à des revenus exceptionnels.
Les produits d’exploitation issus de la billetterie s’élèvent à 23,83 MDH pour la saison 24-25 contre 5,85 MDH pour la saison d’avant, à la faveur « du retour des matchs à Casablanca et de la révision de la tarification », précise le document.
Le sponsoring progresse également de 19 %, atteignant 17,5 MDH, dont 11,9 MDH liés au maillot, 7,1 MDH aux panneaux publicitaires et 1,74 MDH valorisés en équipements sportifs dans le cadre du contrat avec Kappa.
Les droits audiovisuels s’établissent à hauteur de 6,8 MDH. Mais ils demeurent limités dans leur effet de trésorerie en raison de prélèvements opérés par la Ligue nationale de football professionnel (LNFP) et la Fédération royale marocaine de football (FRMF) pour solder d’anciens litiges.
Enfin, le merchandising n’a commencé à générer des revenus qu’à partir de l’ouverture du Store, le 9 juin 2025.
Agents, joueurs, fournisseurs… un endettement total de 120,5 MDH
Concernant l’endettement total, il atteint 120,5 MDH à la date du 30 juin 2025. Des dettes comprenant notamment des engagements envers les clubs pour transferts qui s’élèvent à 17,2 MDH, dont 9,6 MDH dus à Fluminense et 2 MDH à Casa Pia, respectivement dans le cadre des transferts d’Arthur et Samuel Obeng.
Les dettes envers les agents représentent 3,7 MDH, tandis que les fournisseurs commerciaux affichent 8,6 MDH, dont 5,7 MDH dus à l’hôtel Grand Mogador. « Cette dette a été principalement impactée par le protocole d’accord conclu avec l’hôtel Grand Mogador pour le règlement des arriérés », précise le rapport.
Le poste le plus sensible reste celui des dettes envers le personnel, qui atteignent 24,3 MDH, incluant principalement 19,7 MDH en primes de signature et 2,8 MDH en primes de rendement. Une régularisation partielle est intervenue après la clôture, avec 10,8 MDH réglés via accords à l’amiable, laissant un reliquat de 5,9 MDH.
Une provision supplémentaire de 7,6 MDH a été constituée pour sécuriser les engagements envers les joueurs. Les dettes envers des associés et créanciers divers totalisent 66,6 MDH, dont 37,9 MDH dus à l’Association sportive WAC, 27,9 MDH au président Hicham Aït Menna et 800.000 DH à Berna Invest.
À cela s’ajoutent 30,7 MDH de provisions pour litiges, couvrant divers contentieux avec d’anciens joueurs, entraîneurs, agents et fournisseurs.
Les charges d’exploitation s’établissent à 149,7 MDH. Elles sont dominées par trois blocs :
– Les charges externes (42,2 MDH) ;
– Les charges de personnel hors primes de signature (44,5 MDH) ;
– Les dotations aux amortissements / Primes de signature (21,4 MDH).
Les frais d’organisation des matchs atteignent 8,9 MDH, incluant sécurité, logistique et hospitalité. Le rapport souligne toutefois une rentabilité nette supérieure à 60 % sur l’activité matchday, grâce au rôle stratégique de la billetterie.
Les charges externes comprennent notamment les déplacements et missions (16,3 MDH), les redevances versées à l’Association (9,5 MDH), les frais d’hôtels (5,1 MDH) et les commissions d’agents (6,8 MDH).
L’impact des litiges et de la Coupe du monde des clubs
Les charges non courantes atteignent 24,49 MDH, liées principalement aux litiges sportifs et commerciaux ainsi qu’aux pénalités FIFA et FRMF.
Le club a réglé 31,6 MDH au titre de ces litiges au cours de l’exercice, dont 28,2 MDH de dossiers provisionnés l’an passé.
Parmi les cas les plus coûteux figurent ceux de Saimon Msuva (5,1 MDH), Badii Aouk (3,7 MDH) et le Stade Brestois (3,67 MDH).
De nouvelles provisions, totalisant 11,48 MDH, ont été constituées pour couvrir les risques futurs, notamment sur les dossiers Yahya Jabrane, Ounajem et Imad Khanmous.
Enfin, à l’issue de la Coupe du monde des clubs 2025, 11,2 MDH ont été prélevés par la FIFA pour le camp d’entraînement, l’hébergement et la logistique, et 2,7 MDH réglés directement par le club pour les déplacements, les visas et l’équipement de la délégation.
Par ailleurs, les comptes de l’Association Wydad Athletic Club, qui comprend l’ensemble des sections, excepté l’équipe professionnelle de football, affichent un bénéfice net de 1,65 MDH pour la saison 2024-2025, contre une perte de 1,28 MDH en 2023-2024. Le résultat net se décompose comme suit :
– Un résultat d’exploitation de 6 MDH ;
– Un résultat financier déficitaire de 50.000 DH ;
– Un résultat déficitaire lié aux opérations exceptionnelles de -4,3 MDH.
Sonasid et la FRMF : une alliance pour « porter haut les couleurs du Maroc »
Le groupe Sonasid annonce la signature d’un partenariat stratégique pluriannuel avec la Fédération royale marocaine de football (FRMF). À travers cette alliance, le sidérurgiste devient partenaire officiel des équipes nationales marocaines de football, accompagnant ainsi les Lionnes et Lions de l’Atlas dans leurs ambitions sportives, tant sur la scène nationale qu’internationale.
Ce partenariat réunit la force d’un acteur industriel national et la dimension fédératrice du football, autour d’un objectif commun : « faire rayonner le Maroc par la performance et l’engagement ».
Sonasid et la FRMF partagent des valeurs fortes telles que l’esprit d’équipe, le dépassement de soi, la rigueur et l’excellence, mais aussi une fierté profonde d’œuvrer pour un Maroc tourné vers l’avenir. En s’associant aux équipes nationales, Sonasid affirme également sa mission sociétale, en faveur de la jeunesse, de l’éducation et de l’inclusion par le sport.
« Ce partenariat va bien au-delà d’une simple collaboration. Il réunit deux forces qui font rayonner le Maroc : une industrie qui construit avec passion, innovation et résilience, et des équipes nationales qui fédèrent toute une nation dans la ferveur, la fierté et l’émotion. Il s’agit d’un engagement fort de Sonasid envers la jeunesse et le football, pour porter haut les couleurs du Royaume », souligne Ismail Akalay, directeur général de Sonasid.
Depuis plus de cinquante ans, Sonasid accompagne les grandes transformations du tissu industriel marocain. À travers sa signature « Construire le Maroc« , l’entreprise affirme son implication dans les projets structurants du Royaume, notamment les infrastructures sportives, dont plusieurs stades emblématiques.
Nous attendons le démarrage de la construction du Grand Stade de Casablanca. On y sera, bien sûr
« Nous sommes présents aujourd’hui sur tous les terrains qui sont en construction. Le rond à béton de Sonasid et les armatures de Longometal Armatures, notre filiale spécialisée, sont utilisés pour les structures des stades », a indiqué Ismail Akalay. Cette présence concerne notamment les infrastructures prévues pour la Coupe d’Afrique des nations 2025 et la Coupe du monde 2030.
Sonasid se prépare également à accompagner le chantier du futur Grand Stade Hassan II de Casablanca, destiné à accueillir les plus grandes compétitions internationales. « Nous attendons le démarrage de la construction du Grand Stade de Casablanca. On y sera, bien sûr », a affirmé Ismail Akalay.
Il a enfin rappelé que l’histoire du groupe avec les équipements sportifs ne date pas d’hier. « La plupart des stades construits depuis 1980 ont utilisé le rond à béton de Sonasid ».
Youssef Hbabi, directeur financier du groupe, a pour sa part exposé les fondements industriels et sociétaux de cette alliance. Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique de transformation plus large portée par l’entreprise, en cohérence avec ses engagements environnementaux, économiques et humains.
Sonasid, qui accompagne les grands chantiers du Royaume depuis plus de cinquante ans, a investi près de 1 milliard de dirhams sur les cinq dernières années. Son résultat net dépasse aujourd’hui les 150 millions de DH, en amélioration continue. Sa capitalisation boursière a récemment franchi le seuil symbolique des 10 milliards de DH, confirmant sa solidité financière.
Le premier axe mis en avant par le directeur financier concerne l’engagement pour un monde plus sûr et plus inclusif. Sur le volet sécurité, l’entreprise déploie des efforts constants pour prévenir les accidents, en investissant dans des dispositifs adaptés et en formant notamment des pompiers volontaires. « Nous avons un objectif permanent de zéro accident, et nous mettons tout en œuvre pour y parvenir », affirme Youssef Hbabi.
Ces pompiers volontaires ont notamment été mobilisés lors du séisme d’Al Haouz. À cela s’ajoutent des initiatives en faveur de l’accès à l’eau dans les zones rurales, du soutien à l’entrepreneuriat féminin, de la rénovation d’espaces publics, ou encore de l’intégration des enfants dans les établissements pénitentiaires.
Sonasid participe également à la construction d’écoles et d’unités préscolaires, notamment à El Jadida, et soutient des structures comme SOS Village. Plusieurs actions sont aussi menées dans le domaine du sport. « Nous croyons au pouvoir fédérateur du sport, et nous voulons l’utiliser pour avoir un impact concret sur nos territoires ».
Nous sommes le premier recycleur au Maroc et notre ambition est claire : éviter chaque année plus d’un million de tonnes d’émissions de CO2
Ce partenariat avec la FRMF vient ainsi renforcer un engagement déjà ancien dans le domaine sportif, à travers des événements comme le Sonasid Trail. Il s’inscrit dans un projet global où le sport devient un vecteur d’impact et de cohésion.
Le deuxième pilier de la stratégie de Sonasid porte sur la décarbonation. Plus de 90% de l’énergie consommée par le groupe est aujourd’hui d’origine renouvelable. Cette performance place Sonasid parmi les acteurs de référence sur le plan international en matière d’acier bas carbone. « Nous sommes le premier recycleur au Maroc, et notre ambition est claire : éviter chaque année plus d’un million de tonnes d’émissions de CO2« , souligne le directeur financier.
La performance industrielle constitue le troisième axe structurant. Dans un environnement fortement concurrentiel, Sonasid renforce sa compétitivité à travers l’innovation et la rigueur opérationnelle. La production a progressé de 23% par rapport à 2024.
Le groupe a également développé un laboratoire de R&D dédié à la sidérurgie et prépare le lancement d’un rond à béton parasismique, conçu pour répondre aux exigences de sécurité dans les zones exposées aux risques sismiques.
« Nous entraînons nos équipes comme dans le sport : battre des records, viser la performance, cultiver l’excellence », explique Youssef Hbabi. Il a également mis en avant le développement de nouveaux produits à haute valeur ajoutée, dont certains à base de cuivre ou d’aluminium, en dehors du cœur de métier historique de l’entreprise.
Nous croyons à un Maroc fort, moderne, fier de son industrie comme de son sport. Ce partenariat incarne cette vision commune
Quant au quatrième pilier, il concerne le leadership et la croissance. Sonasid est présent dans les projets structurants du pays, qu’il s’agisse d’infrastructures portuaires, d’équipements de santé ou de stades. Le groupe participe notamment à la construction des enceintes sportives qui accueilleront la Coupe d’Afrique des nations et, potentiellement, la Coupe du monde.
« Nous sommes fiers d’apporter notre pierre à l’édifice, dans tous les sens du terme, en accompagnant les projets emblématiques du Royaume », déclare-t-il.
À travers ce partenariat, Sonasid entend consolider ses engagements en matière de responsabilité sociale, de promotion de la jeunesse et de rayonnement du Royaume. « Nous croyons à un Maroc fort, moderne, fier de son industrie comme de son sport. Ce partenariat incarne cette vision commune », conclut Youssef Hbabi.
Foot. Centres de formation : penser aussi aux 40% qui ne deviendront pas professionnels
Même si le ballon rond reste le cœur battant du nouveau programme de formation, lancé par la Fédération royale marocaine de football (FRMF), la scolarité n’est pas négligée pour autant. Et pour cause, tous les jeunes ne réussissent malheureusement pas à vivre de leur passion.
Géré par Evosport, filiale de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), le programme sport-études prépare ses recrues pour le football de haut niveau, mais leur assure également une scolarité complète, du collège au lycée. D’autant que l’un ne va pas sans l’autre.
« Pour être un bon joueur, il faut être un bon élève. Il faut avoir une endurance de motivation, être persévérant, structuré et organisé. Aimer aborder des problèmes et essayer de les résoudre”, explique à Médias24 Demba Mbaye, directeur technique du centre de formation de la Renaissance sportive de Berkane.
Les enseignants se déplacent dans l’Académie du Raja pour prodiguer des cours aux jeunes.
De fait, lorsqu’ils déchaussent leurs crampons, c’est généralement pour redevenir des élèves, le matin ou l’après-midi, selon un planning qui diffère d’une structure à l’autre.Parmi les quatre centres fédéraux et les onze clubs professionnels dont les académies participent au nouveau programme de formation, certains disposent de salles de classe où des enseignants prodiguent des cours aux apprenants.
C’est notamment le cas des centres de formation du Raja Athletic Club et de la Renaissance sportive de Berkane. Pour d’autres, à l’image de l’Académie du Fath Union Sport (FUS), des cours de rattrapage et de soutien sont programmés, mais au quotidien les jeunes se déplacent dans les établissements scolaires.
En plus des enseignants, les directeurs pédagogiques suivent à la lettre le parcours scolaire des jeunes, car “la scolarité est le pilier central de notre projet de formation”, affirme Brahim El Yamani, directeur technique du centre de formation du FUS. “Si un jeune s’absente des cours le matin pour une raison ou une autre, il ne s’entraîne pas l’après-midi”.
Une position compréhensible, car aussi talentueux qu’ils soient, les jeunes footballeuses et footballeurs en herbe n’auront pas tous la chance de signer en pro. Dès lors, éviter tout décrochage scolaire est impératif. “Nous pensons constamment à notre avenir sportif. Mais nous devons obtenir un diplôme au cas où nous ne réussirions pas dans le foot”, souligne Karim Saadi, attaquant en catégorie U17 à l’Académie du Raja.
“Allier le sport et les études n’est pas toujours évident”, assume Rougui Abdelaziz, directeur pédagogique du centre de formation de la RSB. “En particulier lorsqu’il y a des déplacements. Raison pour laquelle nous avons mis en place plusieurs mesures administratives et pédagogiques, dont l’enseignement à distance et les cours de renforcement”, poursuit-il.
Pour l’heure, même s’il n’est pas aisé d’allier au quotidien la pratique footballistique et le parcours scolaire, les résultats sont pour le moins encourageants. “L’année dernière, nous avons enregistré un taux de réussite proche de 100% au collège comme au lycée”, se félicite notre interlocuteur.
À l’Académie de la Renaissance sportive de Berkane, le taux de réussite frôle les 100% au collège comme au Lycée.
Des filières dans les métiers du sport
Concernant les élèves qui éprouvent des difficultés, “on essaie d’être pragmatique et au moins de donner au joueur ce dont il a besoin pour faire une carrière de haut niveau. Certains éléments prennent des cours de langue, d’autres sont trop en retard au niveau scolaire pour espérer obtenir leur baccalauréat et sont orientés vers la formation professionnelle”, affirme Demba Mbaye.
En effet, des institutions comme la Fondation Mohammed VI pour la santé, l’OCP et l’UM6P ont prévu des filières dans les métiers du sport. Les jeunes qui n’auront pas la chance de signer un contrat professionnel auront l’opportunité d’obtenir des diplômes. Car même dans les meilleurs modèles internationaux, seuls 60% des jeunes issus des centres de formation signent un contrat professionnel.
“Nous avons donc pensé aux 40% restants dès la genèse du projet”, assure le directeur général d’Evosport. “En ce sens, nous œuvrons avec la FRMF et le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports au développement des programmes sport-études, pour assurer un équilibre entre la performance sportive et académique”.
“À l’UM6P, des cursus axés sur les métiers du sport voient le jour pour structurer l’offre de formation post-bac. Les centres de formation regroupent déjà de nombreux jeunes qui excellent sur le plan académique, et le but est de leur offrir la possibilité d’allier excellence sportive et académique pour aboutir à des modèles de réussite intégrée”, conclut Ismaïl Lyoubi.
Foot. Le Centre fédéral de Saïdia, creuset de talents et référence du nouveau modèle de formation
À Saïdia, en cette soirée printanière, les étoiles ne scintillent pas uniquement dans le ciel. Elles brillent aussi sur les pelouses du Centre fédéral de formation de football. Plus de 90 jeunes, filles et garçons âgés de 12 à 16 ans, rejoignent leurs chambres respectives après une journée bien remplie, où ils ont affûté leur technique, renforcé leur condition physique et poursuivi leur apprentissage scolaire, dans le cadre exigeant du programme sport-études.
L’accès à ce centre demeure un privilège réservé aux jeunes qui se distinguent par leur talent, leur discipline et leur détermination. Géré par Evosport, filiale de l’Université Mohammed VI Polytechnique UM6P, le Centre de Saïdia est l’une des vitrines du nouveau modèle de formation lancé par la Fédération royale marocaine de football (FRMF).
Symbole d’une vision d’excellence fondée sur un encadrement de haut niveau et une préparation complète, au service des clubs adhérents à ce programme et à celui des équipes nationales. Par le passé, ces centres fédéraux dépendaient exclusivement de la Direction technique nationale (DTN) et de la FRMF.
Aujourd’hui, ils sont pleinement intégrés au nouveau programme, visant notamment à rapprocher les jeunes de leurs familles. « Nous avons constaté que certains jeunes issus de régions éloignées étaient contraints de quitter leur foyer », explique à Médias24 Fathi Jamal, directeur du développement et du pôle formation au sein de la DTN.
« Grâce à ces Centres fédéraux, nous pouvons désormais garantir aux jeunes une proximité avec leurs familles, un facteur crucial pour leur épanouissement. De plus, ces centres offrent des infrastructures optimales pour une formation de haut niveau », ajoute-t-il. Dans un premier temps, les centres fédéraux ont pour mission de fournir des joueurs aux clubs. Mais à moyen terme, dans deux à trois ans, ce seront plutôt les clubs qui alimenteront ces centres, qui deviendront alors de véritables pôles d’excellence dédiés aux sélections régionales.
« Les meilleurs joueurs de chaque région suivront un cursus de formation identique, mais dans de bonnes conditions. Après une semaine passée au centre fédéral, les jeunes sont libérés le week-end pour rejoindre leur club respectif », explique Fathi Jamal. Le Centre fédéral de formation de football de Saïdia illustre parfaitement cette nouvelle vision. Il offre un cadre professionnel où ces jeunes talents peuvent grandir, s’épanouir et se préparer à intégrer les plus hauts niveaux du football national.
Un encadrement technique expérimenté
Après avoir animé une séance tactique axée sur la transition, le directeur sportif du Centre, Anthony Bancarel, corrobore cette vision à notre micro. « On est dans une serre à ciel ouvert. Nous disposons de bons ingrédients, d’une terre fertile et de jardiniers qui savent faire pousser les plantes », image-t-il.
Au-delà des infrastructures haut de gamme, c’est surtout un encadrement technique expérimenté qui fait la différence. Ancien joueur de Ligue 1 (Toulouse, Bordeaux), Anthony Bancarel possède une solide expérience d’entraîneur formateur, notamment avec les U17 de Toulouse, où il a contribué à l’éclosion de talents tels que Amine Adli.
Anthony Bancarel, directeur sportif du Centre fédéral de formation de football de Saidia, anime une séance tactique.
Khadija Ben Haddou incarne également ce savoir-faire professionnel. Entraîneure principale de l’équipe féminine U16 et ancienne internationale marocaine (8 sélections), elle a obtenu son diplôme UEFA A en France. Son regard sur le cadre de travail est d’autant plus pertinent. « Je travaille dans un environnement idéal pour former des joueuses plus compétitives, prêtes à relever les défis du football moderne », assure-t-elle.
Si ces encadrants se disent positifs, c’est en raison d’un dispositif de formation pensé de manière globale, prenant en considération non seulement les aspects techniques et tactiques, mais aussi le développement physique, mental et humain.
« Mon adage, c’est que certes on passe deux heures sur le terrain, mais l’important, c’est tout ce qui se passe autour : sommeil, hydratation, hygiène des pieds… Tout cela pour former des citoyens marocains respectables et respectés, tout en initiant au quotidien du sportif de haut niveau. Nous avons avant tout un rôle éducatif », souligne le directeur sportif.
De futurs citoyens qui, pour l’instant, se distinguent avant tout par des qualités footballistiques, un esprit d’équipe et surtout de grandes ambitions. A l’instar de Meryem Houssaini (milieu offensive, U17) et Hamza Jabran (défenseur central, U15). Intégrée au Centre de Saïdia il y a deux ans, après avoir réussi les tests de sélection, Meryem Houssaini est pleinement consciente de la chance qui lui a été donnée.
« Nous sommes très bien encadrés, avec un programme spécifique, des terrains de qualité, des soins, un suivi rigoureux et une alimentation saine », se réjouit-elle. Hamza Jabrane abonde dans ce sens: « la qualité des entraînements me fait progresser constamment, surtout sur le plan physique ».
Cette préparation athlétique intègre systématiquement le ballon, rendant ainsi cette phase parfois moins appréciée par les jeunes bien plus ludiques. « Nous essayons d’intégrer le ballon dans toutes les phases de la préparation physique, afin que les joueurs fournissent les efforts sans même s’en rendre compte », assure Ayoub Tannouche, référent des préparateurs physiques au Centre.
La préparation physique est un pan essentiel de la formation au sein du Centre Fédéral de formation de football à Saidia.
Développement des habiletés technico-tactiques
Un aspect essentiel où l’on insiste particulièrement sur la coordination, la motricité et la vitesse. « Ce sont des qualités à travailler dès cet âge, car il sera plus difficile de les développer par la suite », poursuit-il. Le volet athlétique prend également en compte les spécificités physiques de chaque jeune au Centre.
« En plus des séances collectives, nous adaptons la préparation grâce à une approche individualisée, ciblant pour chaque joueur ses lacunes en termes de qualités physiques, selon les résultats des tests », complète Ayoub Tannouche, titulaire d’un master spécialisé en entraînement sportif et optimisation de la performance de haut niveau.
L’approche individualisée rythme donc les semaines des jeunes footballeurs et footballeuses en herbe. « On s’entraîne quasiment chaque jour, excepté le lundi, lendemain de match. L’intensité de l’entraînement est élevée », révèle Khalid Gurichate, entraîneur formateur des U15 féminines et ancien joueur professionnel des Forces Armées Royales (FAR).
Des plans d’entraînement conçus sur la base des directives de la Direction technique nationale. « J’établis un grand principe que je décline pendant la semaine, soit d’une façon générale, soit spécifique », explique Rachid Mediouni, entraîneur formateur des U14. « Notamment, le développement des habiletés technico-tactiques sur le plan individuel », complète-t-il.
En sus, et malgré leur jeune âge, la tactique prend une place importante dans la formation des résidents du Centre de football et de formation de Saïdia. « Dès qu’ils sont sur le terrain, on travaille déjà la tactique à travers le positionnement du corps, la première touche, et on les fait rapidement évoluer à leur poste », explique Anthony Bancarel.
Un apprentissage qui sollicite d’importantes qualités cognitives. « Ce n’est pas simple d’accéder au centre, car il n’y a que les meilleurs. Ce sont des joueurs pétris de talents, ce qui facilite l’intégration de certaines stratégies”, affirme Khalid Gurichate. Preuve en est, les résultats lors des compétitions.
Les jeunes du Centre Fédéral de formation de footabll à Saidia jouissent d’un accompagnement complet.
Dans un premier temps, étant donné l’éloignement, les plus jeunes participent principalement à de nombreux matchs amicaux ainsi qu’au championnat régional, ce qui leur permet de s’initier progressivement à la compétition.
« Avec les U13, nous avons organisé des matchs amicaux. Comme ils gagnaient facilement, nous avons dû les surclasser pour leur offrir des confrontations plus élevées », indique Abdenacer Lakhyali, entraîneur formateur des U13. Quant aux U15, ils évoluent dans le cadre du championnat national, qui les amène à voyager davantage tout en leur offrant des confrontations d’un niveau beaucoup plus élevé.
L’instauration d’une véritable culture de la gagne
Dans cet environnement compétitif, l’instauration d’une véritable culture de la gagne est primordiale à chaque entraînement et pas uniquement le week-end. « Je souhaite que tous les matchs soient joués pour être gagnés, c’est pour cela que dans les exercices, il y a un quota de points. Il faut aussi avoir la haine de rater une passe facile, de ne pas gagner un duel, de ne pas mettre un but. On leur a expliqué qu’ils n’étaient pas là pour être en vacances. L’objectif, c’est la sélection pour toutes et tous », martèle Anthony Bancarel.
Dès lors, cette recherche perpétuelle d’excellence ne pèse-t-elle pas trop lourd sur les épaules de ces jeunes qui n’ont même pas encore l’âge d’avoir le permis de conduire ? En tout cas, Meryem Houssaini n’ignore pas l’importance de l’aspect mental dans sa formation. « L’aspect est essentiel car si tu perds confiance en toi, tu fais n’importe quoi sur le terrain ».
« Ils ont en effet besoin d’être soutenus psychologiquement car ils sont fragiles à cet âge », confirme Abdenacer Lakhyali. D’autant plus que concilier sport et études n’est pas toujours facile à gérer. « Ce n’est pas simple d’exceller dans tous les domaines, mais on essaie de trouver un équilibre », admet Meryem Houssaini.
Cela dit, les jeunes sont prévenus et savent où ils mettent les pieds. « Au début de leur formation, on leur explique que ce sera difficile, car ils viennent souvent d’un système associatif, avec moins de rythme tout au long de la semaine. On leur demande beaucoup de concentration mais on leur apporte aussi un cadre et un soutien pour qu’ils puissent évoluer tant sur le plan athlétique que scolaire », indique Khadija Ben Haddou.
En parallèle à leur formation footballistique, les jeunes du Centre fédéral de Saïdia suivent un cursus scolaire qui doit en faire à la fois des joueurs de haut niveau, mais aussi des élèves accomplis, capables de réussir leur parcours académique et de s’ouvrir d’autres perspectives, au-delà du terrain.
« C’est à nous de les empêcher de choisir entre le sport et les études. D’une part, parce que si demain il y a une blessure, tout peut s’arrêter. Et d’autre part, parce qu’il est essentiel de développer leur cerveau. Au haut niveau, les joueurs doivent être intelligents, capables de prendre des décisions rapidement. Pour cela, il faut un socle scolaire. Pas forcément dans les hautes sphères, mais au moins dans des sphères tout à fait normales », affirme Anthony Bancarel.
Un staff médical complet veille au bien-être des résidents
Il n’en faudra pas moins pour aider Meryem Houssaini à « devenir footballeuse professionnelle de haut niveau » et permettre à Hamza Jabrane de réaliser son rêve : « jouer la Coupe du monde 2030 avec l’équipe nationale ». Au même titre qu’un suivi médical à la pointe.Tout est mis en place pour répondre aux besoins des jeunes athlètes en cas de blessure.
Le Centre dispose d’une salle de kinésithérapie, d’installations pour les examens cliniques, d’un service de radiologie, d’un échographe, ainsi que de salles de soins encadrées par deux infirmières. Un staff médical complet veille au bien-être des jeunes, avec la présence de deux médecins, de trois kinésithérapeutes et de plusieurs stagiaires. L’écoute, la disponibilité et l’expertise sont essentielles pour assurer un accompagnement efficace.
Le Centre de formation de football de Saidia dispose d’un pôle médical à la pointe de la technologie.
« Lorsqu’un joueur se blesse, plusieurs étapes doivent être respectées », avance le Dr Issam Kallala, médecin urgentiste et spécialiste en médecine du sport. « Après l’examen médical, l’objectif est d’abord de soulager la douleur et de poser un diagnostic précis. Ensuite, on stabilise la lésion avant de déterminer le traitement à suivre, qu’il soit fonctionnel ou chirurgical », détaille-t-il.
Au-delà de la prise en charge des blessures, un programme de prévention est également mis en place pour les éviter. « En collaboration avec les préparateurs physiques, on a mis en place un programme préventif pour limiter les blessures graves ou liées à la croissance. Dans certains cas, ce programme est suivi deux à trois fois par semaine. Depuis sa mise en œuvre, le nombre de blessures a nettement diminué », se félicite Achraf Bentaha, kinésithérapeute du sport.
En somme, au Centre fédéral de formation de football de Saïdia, chaque détail compte. Encadrement technique rigoureux, suivi médical de pointe, programme scolaire structuré, soutien psychologique…tout est réuni pour permettre à ces jeunes talents de se construire, sur et en dehors du terrain, capable de porter les couleurs nationales demain.
CAN U20 2025 : « La culture de la gagne s’acquiert dès les jeunes catégories » (Fouzi Lekjaa)
« Gagner une compétition est formateur et s’inscrit dans le processus de formation des joueurs », a-t-il dit lors de la réception organisée au complexe Mohammed VI de football à Maâmora en l’honneur de l’équipe nationale U20, qui a remporté la médaille d’argent de la CAN, organisée en Égypte.
« On ne peut que féliciter l’équipe nationale pour sa qualification au prochain Mondial de la catégorie », a-t-il noté, soulignant néanmoins que la culture de la gagne s’acquiert dès les jeunes catégories. Les joueurs doivent avoir le même état d’esprit qu’il s’agisse d’un match amical ou officiel », a-t-il martelé.
Selon M. Lekjaa, « cette culture doit guider l’ensemble des joueurs qui doivent s’auto-motiver afin d’être prêts physiquement et mentalement lors du prochain Mondial et donner le meilleur d’eux-mêmes« .
S’agissant du rendement global, a poursuivi M. Lekjaa, « le public marocain s’attendait à mieux », notant que « dans certains matchs, l’équipe nationale a été proche des attentes, mais dans d’autres, elle a signé des prestations en-deçà des aspirations ».
L’objectif final est de voir des joueurs parmi la sélection U20 jouer au haut niveau et intégrer dans l’avenir l’équipe nationale A, a-t-il ajouté. « Le groupe a montré de bonnes choses. On avait un groupe solidaire et généreux. La déception est encore là, mais nous n’avons pas le temps de nous lamenter, car le Mondial approche », a indiqué, de son côté, l’entraîneur de la sélection nationale, Mohamed Ouahbi.
« Plusieurs joueurs ont été déçus de leur rendement, ce qui est bien en soi », a-t-il ajouté. « Nous allons laisser les joueurs se reposer et prendrons aussi d’autres éléments. L’exigence va être grande. La Coupe du monde signifie que nous choisirons les meilleurs du moment », a-t-il relevé.
Pour sa part, le capitaine des Lionceaux de l’Atlas, Mouad Dahak, a relevé que l’équipe nationale aspirait à ramener la CAN U20 au Maroc, mais que le groupe était focalisé désormais sur la prochaine Coupe du monde.
« Il faut tourner la page de la CAN et tâcher de nous améliorer et de nous racheter au prochain Mondial », a-t-il dit.
La troisième place est revenue à la sélection nigériane, qui a battu son homologue égyptienne par 4 tirs au but à 1 (temps réglementaire 1-1). Les quatre demi-finalistes sont qualifiés pour la phase finale du Mondial U20 qui aura lieu du 27 septembre au 19 octobre prochains au Chili.
Article 507 : voici pourquoi des ultras de Paris et de Berlin soutiennent leurs homologues marocains
Que signifie l’article 507 dont parlent les ultras du PSG et de l’Union Berlin en soutien aux ultras marocains ?
Le 9 avril dernier, en pleine rencontre de Ligue des champions opposant le Paris Saint-Germain à Aston Villa, les ultras parisiens brandissaient une banderole sur laquelle on pouvait lire : « Article 507 : Mort de la botola – Coupable de vivre ultras ».
Une semaine plus tard, ce sont les « Wuhle Syndikat », ultras de l’Union Berlin, qui leur emboîtent le pas en affichant un message : « 507, kriegt euch nicht klein, stark bleiben. Ultras aus Marokko ! ». Traduction : « 507, ne vous laissez pas abattre, restez forts. Ultras du Maroc ! »
Mais quel est donc ce fameux article 507 qui suscite une mobilisation au-delà des frontières marocaines ?
L’article 507 figure dans le Code pénal marocain. Il prévoit la réclusion à perpétuité pour tout individu commettant un volavec port d’arme, même dissimulée, et ce, y compris en l’absence de circonstances aggravantes ou de victimes. Il s’applique également si une arme est retrouvée dans un véhicule utilisé pour commettre l’infraction ou pour s’enfuir.
La question qui se pose alors est de savoir quel est le rapport entre un article qui sanctionne le port d’arme durant l’infraction de vol et les ultras du Maroc ?
Les ultras casablancais (« Green Boys » et « Eagles » de la Curva sud, supporters du Raja, et « Winners » de la Curva nord, supporters du Wydad) se sont exprimés à ce sujet à plusieurs reprises, via des actions de dénonciation, s’estimant être les plus concernés. Selon eux, cet article (ainsi que l’article 509 du même Code) est utilisé de manière abusive et disproportionnée, comme un outil de répression ciblée.
À noter que l’article 509, moins souvent cité, sanctionne quant à lui les coupables de vols commis dans certaines circonstances d’une réclusion de dix à vingt ans.
Une mobilisation inédite
Depuis des mois, voire des années, les ultras casablancais, pourtant historiquement rivaux, s’unissent pour dénoncer cet usage qu’ils jugent injuste.
Ils affirment que « les membres de leurs groupes sont confrontés à des peines sévères, en raison de l’application injuste de l’article 507″. Ils indiquent, dans ce communiqué commun, que « des jeunes, au début de leur vie, ont été lourdement condamnés à 10 ou 15 ans de prison, et ce, même en l’absence de victimes ».
Concrètement, les ultras ne demandent pas l’abrogation de cet article, mais en appellent à une utilisation plus équitable, fondée sur des faits objectifs, sans que l’appartenance à un groupe ultra ne joue en défaveur des mis en cause. Ils exhortent les autorités à mener de véritables enquêtes, plutôt que de les bâcler, avant d’engager des poursuites contre des jeunes risquant de passer plus d’une décennie derrière les barreaux.
Dans un communiqué daté du 20 mars, à l’occasion du 76ᵉ anniversaire du Raja Club Athletic, les ultras de la Curva sud (Green Boys et Eagles) affirment que « […] le simple fait d’appartenir à un groupe ultra peut être utilisé pour imputer à des individus des charges entraînant des peines allant jusqu’à dix ans ou plus […] ».
Pourtant, les trois ultras casablancais tentent depuis plusieurs années d’organiser leurs rangs à l’écart de la violence.
« En tant que groupes, nous nous efforçons également, dans toutes les régions, d’éliminer les comportements antisportifs qui ne représentent ni nos principes ni nos valeurs. Les résultats de ces campagnes sont désormais visibles sur le terrain, et chacun est responsable à ce niveau », indiquent les trois ultras de Casablanca dans le communiqué commun publié à la suite de la décision du boycott du dernier derby.
Et d’ajouter : « Les autorités concernées sont tenues d’agir pour trouver des solutions de fond, au lieu de recourir à des jugements préétablis et à une enquête bâclée. Les comportements condamnables ternissent le mouvement ultra dans son ensemble, et sont une conséquence inévitable de l’absence d’espaces de loisirs et de culture ».
« Le jeune, dès son premier contact avec la rue, ne trouve que les ultras comme exutoire à son énergie, faute d’alternatives. La criminalité est une réalité inévitable, et sa présence n’est pas conditionnée par celle des ultras ou leur absence », souligne-t-on de même source.
« Passion sans violence »
Ensemble, ils ont récemment organisé des actions symboliques, telles que les banderoles dans les stades, les messages devant les tribunaux de Casablanca et la prison locale de Aïn Sebaâ, dans le cadre d’une « campagne » placée sous le slogan « شغف بلا شغب » (passion sans violence).
Quelques années plus tôt, précisément en janvier 2019, ils se sont liés par un « pacte d’honneur » dont le but est de limiter les débordements. À travers ce « pacte », les ultras de Casablanca ont interdit les graffitis, le port d’armes blanches, les attaques ciblant les domiciles des membres, et instauré des règles de respect entre membres.
Malgré ces efforts, la répression se durcit et, selon eux, une mécanique s’installe : rixe = ultras = article 507 = lourde peine.
Quelques jours avant le dernier derby, chaque groupe a déployé, dans les gradins de différents stades, une partie d’un message fort. Reconstitué, ce message donne :
« هبت ريح ظلم و ظلام، أعجزت لسان الحق عن الكلام » : « Un vent d’injustice et d’obscurité a soufflé, réduisant la voix de la vérité au silence » ;
« ضاعت حينها العدالة في درب الأوهام » : « la justice s’est alors perdue sur le chemin des illusions » ;
« واستوى في الميزان جناة وشباب همام » : « et dans la balance, les criminels et les jeunes courageux sont devenus égaux ».
Des mots puissants qui résonnent bien au-delà des stades. En Allemagne, en France, et partout où les valeurs du mouvement ultra sont partagées.
World Football Summit. Walid Regragui : “Mon rêve est de remporter la Coupe du monde avec le Maroc”
À eux trois, le sélectionneur national Walid Regragui, Frédéric Kanouté et Geremi Njitap totalisent le plus de matchs au plus haut niveau. À l’image du sélectionneur national, le monde du ballon rond n’a plus de secrets pour le Malien Frédéric Kanouté, consultant, et le Camerounais Geremi Njitap, président de la FIFPRO Division Afrique.
À l’occasion du World Football Summit, qui se tient les mercredi 9 et jeudi 10 avril sur le campus de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) à Salé, ces trois anciens internationaux qui ont fait honneur au continent africain sur la scène européenne ont partagé leur expérience, ainsi qu’une analyse pertinente de l’évolution du football africain, mais aussi des défis à surmonter pour son développement.
À ce titre, Walid Regragui considère que le parcours historique réalisé par les Lions de l’Atlas lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar était un signal fort envoyé au continent africain sur la capacité du football continental à se sublimer et à prétendre à une place de choix sur l’échiquier mondial. « La Coupe du monde était la cerise sur le gâteau. Car c’est le résultat d’une restructuration du football national dans la lignée des plus grandes nations ».
Parce que rivaliser avec les plus fortes nations n’est pas impossible, à condition de faire les choses par étapes. « Grâce au travail de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), nous avons d’abord structuré le pays en termes de formation. D’ailleurs, dans le groupe qui a disputé le Mondial 2022, quatre joueurs étaient formés à l’Académie Mohammed VI », a souligné Walid Regragui.
« Nous sommes heureux en tant que Marocains d’avoir été un exemple à suivre », ajoute-t-il. « Il faut continuer à être régulier, gagner des matchs et des titres pour faire partie des plus grandes nations mondiales sur le long terme ».
S’il convient qu’une dynamique s’est installée en Afrique, le technicien marocain nuance ses propos en indiquant qu’il y a « encore beaucoup de travail, en termes de droit des joueurs, d’académies et de mentalités ».
Frédéric Kanouté ne dit pas autre chose. « Nous devons repenser le football en Afrique à différents niveaux. Nous avons du talent plus que dans n’importe quel autre continent, mais malheureusement, ce talent doit être exploité et accompagné par l’ensemble des parties prenantes ».
Les premiers concernés sont bien évidemment les joueurs. « En tant qu’anciens joueurs, nous essayons de transmettre des valeurs d’exigence et de professionnalisme aux nouvelles générations. C’est la meilleure manière d’aider nos jeunes à devenir de grands joueurs en étant prêts à faire des efforts, à être sérieux et à avoir un mental à toutes épreuves »,
Mais encore faut-il que tous les moyens soient mis à leur disposition pour leur permettre d’exploiter pleinement leurs talents. « En Afrique, on parle des académies, mais la plupart n’ont pas d’infrastructure, ils n’ont même pas de ballons. Alors que, pour réussir, les joueurs doivent être mis dans les meilleures conditions », corrobore Geremi Njitap.
« Les fédérations doivent prendre leur responsabilité, en mettant en place notamment un système de formation en sport-étude », insiste-t-il. « Il ne faut pas rater le nouveau Lionel Messi, car le continent africain est capable de nous donner un joueur d’une telle trempe », complète Walid Regragui.
« Nous avons besoin d’honnêteté et de compétence pour parvenir à développer un écosystème vertueux en formant des joueurs qui auront une grande valorisation sur le marché des transferts et qui apporteront des revenus qui seront investis dans les centres de formation », explique l’ex-international malien.
Si cette projection teintée d’optimisme se réalise, les différents championnats et clubs africains ont à charge de respecter leurs obligations. D’autant que, jusqu’à présent, l’un des plus gros défis en Afrique est la reconnaissance du statut de footballeur professionnel.
« Le football est un métier, les joueurs ont des droits et des engagements. Mais les clubs ne respectent pas les engagements, en ne payant pas toujours les salaires des joueurs, les bonus… Il faut améliorer l’organisation dans l’application des textes et la gouvernance », recommande le président de la FIFPRO Division Afrique.
« Il y a quelques années, la FIFA a fait des recommandations en ce sens à ses associations membres en Afrique. Mais nous sommes confrontés au non-respect des contrats en Afrique », regrette l’ancien latéral camerounais.
Au-delà du respect des clauses contractuelles, le développement du football en Afrique passera également par une meilleure estime de soi. « Il faut qu’on se respecte nous-mêmes, car on a encore beaucoup de complexes par rapport à notre potentiel », précise justement Walid Regragui.
Pour cela, il ne faut pas avoir peur de placer la barre très haut. « J’espère que, comme les joueurs, les entraîneurs et les dirigeants africains pourront occuper des postes dans d’autres continents du monde », ambitionne le sélectionneur national.
« Dans dix ans, mon rêve est que le Maroc soit le premier pays africain à soulever la Coupe du monde. Et si ce n’est pas le Maroc, que ce soit un pays africain pour qu’on puisse être respectés. Mais pour cela, il va falloir qu’on s’organise et qu’on ait une régularité pour qu’on devienne un interlocuteur sérieux », conclut-il.
Des aspirations légitimes et à la hauteur des carrières réalisées par ces trois figures fortes du football africain.
Coupe de la CAF : la Renaissance de Berkane affrontera le CS de Constantine en demi-finale
Le CS Constantine a décroché mercredi sa qualification après sa victoire face à l’autre club algérien de l’USM Alger aux tirs au but (4 à 3). Les deux formations ont fait match nul à l’aller et au retour, 1 but partout.
La demi-finale aller aura lieu le dimanche 20 avril à Berkane, tandis que le match retour sera disputé le 27 du même mois en Algérie.
La RSB a assuré sa qualification au dernier carré en battant l’équipe ivoirienne de l’ASEC Mimosas sur le score de 1 but à 0, au stade municipal de Berkane, en quart de finale retour. Les Berkanis s’étaient imposés 1 but à 0, mercredi dernier en match aller à Abidjan.
Les poulains de Mouine Chaabani, en véritables habitués de cette compétition, sont vainqueurs à deux reprises du trophée de la Coupe de la CAF en 2020 et en 2022, et deux fois finalistes en 2019 et 2024.
L’autre demi-finale opposera les Tanzaniens de Simba Sports aux Sud-Africains de Stellenbosch.
Football. Le derby casablancais a-t-il perdu son âme ?
Le prochain derby casablancais, opposant le Raja au Wydad, s’annonce comme l’un des plus ternes de l’histoire du football marocain. Pourtant, il s’agit du premier match après la réouverture du stade Mohammed V. Mais sans enjeu sportif et potentiellement sans ambiance, ce match qui faisait, il y a quelques années à peine, vibrer tout un pays, et même bien au-delà, se tiendra ce samedi 12 avril, dans un climat de désillusion généralisée.
C’est le fruit d’une accumulation de facteurs qui ont vidé le derby de son attrait, aussi bien sur la pelouse que dans les tribunes. En voici une analyse fondée sur les réactions de supporters des deux clubs de la capitale économique, sondés par Médias24.
Plus aucun enjeu sportif
Si le Raja a été prématurément éliminé de la Ligue des champions, le Wydad, lui, n’a tout simplement pas pris part aux compétitions africaines, faute de résultats satisfaisants la saison précédente. Sur le plan national, les deux clubs ont été sortis de la Coupe du Trône et ont rapidement perdu toute chance en Botola, un titre remporté par la Renaissance Sportive de Berkane (RSB). Entre-temps, les deux géants casablancais continuent de traverser une période de turbulences internes.
Les rouges comme les verts subissent aujourd’hui les conséquences de décisions hasardeuses et, surtout, d’une gestion pour le moins approximative. Les recrutements massifs, incohérents et coûteux se traduisent par des résultats quasi inexistants. Sur le terrain, les joueurs ne trouvent ni collectif, ni rythme, ni grinta. Le derby, qui devait être l’affrontement de deux géants, n’est plus qu’une rencontre entre deux blessés en pleine dérive.
Mais au-delà du rectangle vert, c’est dans les gradins que l’absence se fera le plus sentir. Le public casablancais, ce douzième homme légendaire qui a offert au monde entier des tifos spectaculaires, des chants ininterrompus et une ferveur mythique, ne cache plus sa lassitude. Pire, il envisagedeboycotter le derby.
Unanimement lassés
« Le supporter est maltraité et mal vu tout au long de l’année, et ce, depuis bien longtemps, mais quand il s’agit de faire la publicité pour la CAN, on veut le ramener au stade et le mettre en avant », nous confie un supporter d’un club casablancais. Ce sentiment, beaucoup le partagent. Le ressenti général est que la réouverture du stade Mohammed V à la veille du derby est un outil de marketing pour la CAN 2025.
« Le stade devait rouvrir ses portes fin 2024. Mais la fermeture a été prolongée jusqu’à mars 2025, pile au moment où se tient le derby », fait remarquer un supporter.
Fermé pendant plus d’un an pour des travaux de mise à niveau pour la CAN, le stade Mohammed V a privé les deux clubs de leur temple. Durant cette période, les derbies ont été relégués à Berrechid, Mohammédia ou encore à Larbi Zaouli, parfois même à huis clos. « Et pendant ce temps, à Rabat, le stade Moulay Abdellah a pu être détruit et reconstruit », relève un supporter. Selon lui, « la durée de la fermeture du stade d’honneur est injustifiée ».
« Depuis la fermeture du stade, la seule source d’argent du club devient le supporter, puisque les dirigeants sont incapables de séduire de vrais sponsors. La carte d’abonnement devient plus chère et on tire le maximum du public, soit par le merchandising soit par les cartes d’abonnements », explique un autre supporter.
Selon lui, « la magie du derby, ce n’était pas tant la qualité du jeu, souvent moyenne, mais l’enjeu, la rivalité, et surtout l’ambiance ». Une ambiance portée par un public fidèle, passionné, créatif. Un public qui, aujourd’hui, se sent trahi.
« Le traitement réservé au derby au cours des dernières années soulève plusieurs interrogations. Outre sa délocalisation et sa tenue à huis clos, même sa programmation a été des plus absurdes. Comme pour mieux enterrer cet événement, le dernier derby avait été initialement programmé un vendredi à 16 h avant d’être reporté à 18 h. Une aberration pour un match d’une telle ampleur. La preuve, c’est qu’à l’occasion de ce match vitrine de réouverture du stade, le derby a été programmé en prime time, un samedi à 20 h », poursuit notre interlocuteur.
Outre ces éléments qui retirent à cet événement tout son charme, le sentiment d’injustice du public casablancais est renforcé par le traitement économique réservé aux deux clubs. Malgré une audience bien supérieure à la majorité des clubs de première division, le Raja et le Wydad reçoivent exactement les mêmes droits TV que les autres clubs, peu importe leur histoire, leur public et leur rentabilité. Une inégalité flagrante selon eux, qui pénalise les clubs populaires, moteurs du championnat.
« La renaissance d’autres clubs, comme la RSB qui disputera bientôt la Ligue des champions africaine pour la première fois, est une bonne chose pour la diversité du football marocain. Mais elle ne doit pas se faire en enterrant vivants ceux qui ont écrit les plus belles pages de l’histoire du championnat », indique un supporter casablancais.
Et d’ajouter : « En Égypte, les deux clubs phares du pays, Ahly et Zamalek, bénéficient de plusieurs privilèges. Par exemple, leurs matchs nationaux sont souvent reportés pour privilégier les compétitions africaines. Cette approche permet à ces clubs de dominer en Afrique, tandis que les clubs marocains se retrouvent parfois contraints de jouer des matchs à quelques jours d’intervalle, malgré les longs et épuisants déplacements à travers le continent ».
L’uniformisation du traitement, l’indifférence envers le poids historique des clubs casablancais, et surtout l’amateurisme de leurs propres dirigeants ont contribué à ce naufrage collectif.
« Les équipes se sont elles-mêmes causé du tort. Une responsabilité majeure revient aux dirigeants incompétents, il ne faut pas chercher des excuses ailleurs », tranche-t-on de même source.
Des clubs malmenés par leurs propres dirigeants
C’est un fait : ni le Wydad ni le Raja ne peuvent se cacher derrière des excuses externes, aussi vraies soient-elles. Leur propre gestion interne les a menés là où ils en sont aujourd’hui.
Au Wydad, l’arrivée de Hicham Aït Manna en tant que nouveau président avait suscité l’espoir d’un renouveau, d’autant que sa mission principale était d’injecter de nouveaux fonds dans le club, mais aussi de le structurer. Cependant, plusieurs mois plus tard, le bilan est loin d’être satisfaisant : rumeurs de salaires impayés, recrutements massifs et onéreux, ainsi qu’une totale absence d’homogénéité et d’identité au sein de l’équipe. De quoi décevoir un public légitimement mécontent.
Dans un communiqué daté du 6 avril, l’Association des anciens joueurs du WAC dénonce la mauvaise qualité de la gestion du club et déplore le recrutement massif (28 joueurs et 8 membres du staff) qui n’a jamais permis de créer une équipe homogène. Une critique qui touche en plein cœur un projet de reconstruction qui n’a accouché que de frustrations.
Au Raja, c’est un autre désastre. Le club est passé d’une performance historique à un naufrage, résultat d’un sabotage interne qui a poussé l’ancien président, Adil Hala, à la démission, non sans avoir auparavant renvoyé plusieurs éléments clés de l’équipe. Certes, le coach tunisien, Lassaad Chabbi, désigné par le bureau dirigeant qui succède à Adil Hala, a permis une légère amélioration, mais trop tard. Le club a tout simplement déçu son public cette saison, après une année historique marquée par des résultats exceptionnels.