Incendie dans la forêt Ouadras à Aïn Lahcen (Tétouan), 15 hectares ravagés

L’opération se déroule dans des conditions climatiques difficiles, marquées par des rafales de vent du Chergui et des températures élevées, qui ont contribué à la propagation rapide des flammes ayant ravagé, jusqu’à présent, environ 15 hectares, composés essentiellement de conifères et d’essences secondaires.

Dans une déclaration à la MAP, le directeur provincial de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) à Tétouan, Halim Akaâboun, a souligné que l’incendie s’est déclenché avec deux foyers rapprochés, précisant que « le premier foyer a été maîtrisé à 90%, tandis que les efforts se poursuivent pour circonscrire complètement cet incendie ».

Le responsable a précisé que les équipes d’intervention, composées d’environ 500 éléments des Forces armées royales, de la Gendarmerie royale, des Forces auxiliaires, de la Protection civile, de l’ANEF et des autorités locales, ainsi que des agents de la Promotion nationale et des volontaires de la population locale, et appuyées par 4 avions « Canadair » des Forces Royales Air, sont toujours mobilisées pour maitriser cet incendie.

Il a, en outre, noté que d’importants moyens logistiques et techniques ont été déployés, comprenant notamment des camions-citernes, des véhicules de première intervention, des ambulances, des bulldozers et d’autres engins.

M. Akaâboun a rappelé que les cartes de prévision publiées par l’ANEF, à travers ses bulletins d’alerte, permettent d’identifier les zones à risque élevé, en fonction des conditions météorologiques, notamment la hausse des températures et les vents de « chergui » enregistrés ces deux derniers jours.

Une enquête judiciaire a été ouverte par les services de la Gendarmerie royale, sous la supervision du parquet compétent, pour déterminer les circonstances du déclenchement de cet incendie.

Un plan d’urgence pour restaurer et valoriser la forêt urbaine de Sidi Maâfa à Oujda

Dans le cadre de la stratégie Forêts du Maroc 2020-2030, Abderrahim Houmy, DG de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), a présidé le lancement officiel du projet d’aménagement paysager et récréatif de la forêt urbaine de Sidi Maâfa.

Lors d’une réunion présidée par le wali de la Région de l’Oriental, gouverneur de la préfecture d’Oujda Angad, Khatib El Hebil, l’ANEF a présenté aux partenaires institutionnels le projet d’aménagement paysager et récréatif de la forêt urbaine de Sidi Maâfa.

Selon un communiqué de l’ANEF, ce projet vise à concilier la préservation des écosystèmes forestiers et les besoins croissants des habitants en matière d’espaces verts et de loisirs.

S’étendant sur 1.650 hectares, le complexe forestier de Sidi Maâfa représente un patrimoine naturel exceptionnel, jouant un rôle essentiel dans l’équilibre écologique et l’amélioration du cadre de vie des habitants d’Oujda. Cependant, les effets du changement climatique, notamment la sécheresse prolongée, ont entraîné un dépérissement massif des peuplements de pins d’Alep, les rendant vulnérables aux pathogènes et altérant la qualité paysagère et sylvicole du site.

Face à cette situation alarmante, un programme d’urgence a été mis en place par l’ANEF afin d’enrayer la dégradation de la forêt et de restaurer son rôle écologique et récréatif.

Ce programme d’intervention structuré sur trois ans (2024-2026) s’articule autour de trois axes majeurs :

>Lutte contre le dépérissement et préservation du couvert forestier :

>Reboisement et diversification des essences adaptées au climat local :

>Aménagement paysager et valorisation éco-touristique

L’ANEF renforce la lutte contre le braconnage à la veille de la nouvelle saison de chasse

Dans un communiqué, l’ANEF annonce le renforcement du contrôle afin de « protéger la faune marocaine et de poursuivre les contrevenants avec la plus grande rigueur ».

Entre les 12 et 22 septembre 2024, plusieurs infractions graves à la législation sur la chasse et la faune sauvage ont été constatées dans différentes régions, témoignant de l’ampleur de ce phénomène. A Safi, dans la zone de Youssoufia, un braconnier a été surpris en flagrant délit de chasse en période de fermeture. Lors de l’intervention des agents forestiers, une arme de chasse de type prohibé a été saisie. Un procès-verbal a été dressé, rapporte l’ANEF.

A Taounat, deux infractions distinctes ont été signalées. Dans la forêt du Moyen Ourgha, un contrôle routier a permis d’intercepter deux individus en possession de 9 perdreaux et 7 palombes, capturés en période de fermeture avec des moyens illégaux. Dans une autre affaire, sur un terrain privé dans une amodiation de chasse à Tafrante, un braconnier utilisant un chien Slougui a agressé les agents forestiers après avoir été surpris en pleine infraction. Le chien a été saisi et l’enquête est en cours.

A Zaio, une chasse illégale en réserve permanente avec des moyens prohibés a été rapportée par la Sûreté nationale. Un pigeon colombin a été capturé illégalement, et l’arme utilisée a été saisie.

A Taroudant et dans la région d’Ighrem, une infraction de chasse et détention d’une gazelle de Cuvier, espèce protégée, a été constatée après intervention rapide des agents forestiers. Deux ressortissants étrangers et un citoyen marocain ont été identifiés. L’arme de chasse, le véhicule et d’autres moyens illégaux ont été saisis.

L’ANEF rappelle que ces infractions représentent non seulement une menace pour la biodiversité, mais qu’elles peuvent également constituer un danger pour le personnel forestier. En effet, le 19 septembre, un braconnier a tenté de s’infiltrer dans une réserve de gazelles à Safi et a tiré en direction d’un gardien avant de prendre la fuite.

Le communiqué rappelle que, pour ces infractions, les sanctions encourues varient selon la gravité des délits. Les contrevenants risquent des amendes allant de 8.000 à 100.000 dirhams, avec, dans les cas les plus sérieux, des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 6 mois. L’ANEF tient à rappeler que ces mesures visent à dissuader toute récidive et à garantir la protection du patrimoine naturel, puisque chaque année l’agence recense près de 300 actes de braconnage à travers le pays.

Plus de 34 MDH pour l’entretien de 4 forêts à Tanger

Une enveloppe budgétaire de 34,6 millions de DH a été allouée à la mise à niveau et au renforcement de la protection des forêts urbaines aux alentours de la ville de Tanger.

Ce programme, qui fait l’objet d’une convention multilatérale, vise à réduire les risques d’incendies dans les forêts urbaines, à faciliter la lutte contre les incendies, à protéger les ressources forestières et à renforcer la prise de conscience sur l’importance de la protection des forêts.

Cette convention, approuvée par la commune de Tanger lors de sa session ordinaire du mois de février, concerne essentiellement les forêts de Donabo, Rmilat, Cap Spartel et Rahrah.

Selon une note d’information de la commune, ce programme comprend l’installation de 87 bornes d’incendies dans les zones à risques, l’ouverture de 9 kilomètres de nouvelles voies pour faciliter l’accès des équipes d’intervention et des engins, et l’entretien de 2 kilomètres de voies existantes.

Il porte également sur la construction d’une clôture sur une distance de 1.500 mètres pour empêcher tout accès non autorisé, l’ouverture de fossés de protection contre les incendies et l’élargissement des fossés existants, ainsi que la réalisation des opérations de nettoyage des arbres brûlés et de débroussaillement.

Le programme ambitionne aussi de reboiser les zones touchées par les incendies et les zones qui connaissent une détérioration du couvert forestier, en plus de la création d’une zone tampon autour des maisons.

(Avec MAP)

Bientôt un système de vidéosurveillance dans la forêt de Bouskoura à Casablanca

Le projet consiste à doter la forêt de Bouskoura d’un système de vidéosurveillance constitué notamment de :

Ce projet de vidéoprotection permettra de sécuriser la forêt et ses visiteurs contre les risques inhérents à la forêt et ses installations (incendie, vandalisme, dégradation des équipements, etc.) comme aux visiteurs eux-mêmes (vols, agressions), note-t-on dans l’appel d’offres.

Le périmètre d’intervention du projet est représenté comme suit :

Zone principale : Couverture intégrale : périmètre, accès et intérieur.

Zone complémentaire : Couverture des zones sensibles du périmètre et des passages intérieurs.

 

Les prestations confiées au bureau d’études Navec dans le cadre du marché sont les suivantes :

Les femmes des forêts marocaines : entre pénibilité, exploitation et lutte pour l’autonomie économique

« Heureusement que mon mari travaille. Autrement, il aurait été difficile de subvenir aux besoins de ma famille toute seule », nous explique, avec une émotion non dissimulée, une femme qui dirige une coopérative spécialisée dans la production de produits d’argan dans la région de Souss-Massa. 

À son image, elles sont nombreuses à regretter l’époque pas si lointaine où l’exploitation des fruits d’argan permettait d’acquérir une indépendance financière. De nos jours, la sécheresse est un frein majeur à l’autonomisation des femmes dans les zones forestières.

Il semble en effet hypothétique d’améliorer la condition d’une population qui dépend des forêts sur le plan pécuniaire, surtout quand les ressources de ces dernières sont en proie au caprice du climat. Et même si les conditions climatiques redevenaient par miracle favorables, l’amélioration du niveau de vie des femmes est freinée par un contexte social où l’homme est plus que jamais mis sur un piédestal. La femme travaille dans des conditions de pénibilité extrême, pendant que l’homme en cueille les lauriers. 

Des services et biens valorisés à 17 milliards de DH par an 

Le secteur forestier du Royaume couvre neuf millions d’hectares. « C’est un réceptacle essentiel de la faune et de la flore naturelle du pays », précise l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF). Sur le pourtour méditerranéen, le Maroc occupe ainsi la 2e place en termes de biodiversité et la 1re en matière d’endémisme. 

Le couvert forestier marocain est également un espace de vie pour plus de 7 millions d’usagers et 3 millions de femmes. Les biens et services de ce couvert forestier sont valorisés par l’ANEF aux alentours de 17 milliards de DH par an. Remparts contre la désertification, les forêts marocaines sont ainsi garantes d’équilibres socio-économiques, dont les fondements s’appuient cependant sur un déséquilibre qui ne date pas d’hier. 

 

Les résultats d’un diagnostic détaillé sur les enjeux du genre dans le secteur forestier, réalisé par l’ANEF dans trois régions représentatives (l’Oriental, Fès-Meknès et Souss-Massa), corroborent ce constat. Il en ressort la présence quasi permanente des femmes à tous les niveaux de gestion des produits forestiers, de la préservation à la commercialisation.

Mais si les produits forestiers sont cruciaux pour le revenu et l’autonomisation des femmes, l’accès aux capitaux, à l’information et leur participation à la prise de décision restent limités. En outre, les femmes assument des fonctions importantes et productives mais sous-estimées et peu valorisées en employabilité. « Ce sont des ouvrières très mal payées », résume Mohamed Mahdi, professeur de sociologie rurale. « La grande partie de la plus-value réalisée est réservée aux exploitants », déplore-t-il.

Dire d’une femme qu’elle est hadga est la meilleure façon de l’exploiter

On pourrait croire que le métier de la forêt et du bois est l’une des professions associées aux hommes. Pourtant, ce sont les femmes qui accomplissent ces tâches le plus souvent. L’étymologie du terme hadga en est la preuve implacable. « Dire d’une femme qu’elle est hadga est la meilleure façon de l’exploiter », souligne Mohamed Mahdi. 

« Dans le Haut Atlas où il fait très froid, la femme hadga est celle qui a des réserves de bois exposées devant chez elle. Un bois qu’elle a récolté pendant l’été, à raison de deux à trois fois par semaine, en prévision de l’hiver et de la neige », poursuit-il.  

Si les butanes de gaz dispensent aujourd’hui les femmes de la récolte du bois, la pénibilité de leurs conditions dans les zones forestières est toujours d’actualité. Certes, l’activité des femmes dans les forêts a été profondément structurée grâce au Plan Maroc vert. Cependant, cette stratégie n’a pas réussi à diminuer les disparités entre les hommes et les femmes. 

Dans le Haut Atlas central, l’exploitation des forêts est organisée sous forme de coopératives. Idem dans l’arganeraie du Souss et dans les forêts de l’alfa et de l’armoise dans l’Oriental. L’exploitation du caroubier est elle aussi conditionnée par une forme d’agrégation. Le pendant de cette forme d’exploitation collective des ressources forestières réside dans une sorte de discrimination à l’égard des femmes. 

Par exemple, les hommes sont sollicités pour faire tomber les caroubes, du fait de la pénibilité de la tâche. Cela dit, « les fruits sont ramassés par les femmes qui les mettent dans des sacs avant de les transporter sur leur dos. Mais comme le caroubier est rentable, c’est l’homme qui conserve l’argent gagné », précise Mohamed Mahdi.  

Un revenu dont une majeure partie échappe donc aux bourses des femmes, et dont la pérennité est menacée par la sécheresse et la déperdition des ressources. Cette situation complique davantage son autonomisation. Or la réalisation de cet objectif est étroitement liée à la disponibilité, en quantités suffisantes, des ressources exploitables. 

À cause de la sécheresse, la femme retrouvera de l’importance, car les hommes chercheront à compenser la perte des revenus issus de certaines activités forestières en cherchant du travail dans les villes. Mais cette prise de pouvoir n’aura pas d’impact significatif si les ressources sont épuisées. Un cercle vicieux que l’ANEF tente d’enrayer à travers plusieurs projets : 

– le projet FERMA (Femmes résilientes au Moyen Atlas), d’un montant de 80 MDH, et le projet COPFAM (Autonomisation économique des femmes), d’un montant de 61 MDH, soutenus par la coopération canadienne à travers la Société canadienne de coopération pour le développement international (SOCODEVI) ; 

– le Projet Green Jobs (Promotion des emplois verts pour les jeunes en zones rurales et de montagnes), afin de renforcer la durabilité environnementale et de contribuer au développement économique et social des zones forestières. D’un montant de 61 MDH, il est appuyé par l’Agence de coopération internationale allemande (GIZ) ;

– le Programme Ghabati Hayati (Ma forêt, ma vie). D’un montant de 1 MMDH, financé par l’Agence française pour le développement (AFD) ; 

– le projet Activités de pleine nature au service de la biodiversité du Parc national d’Ifrane, d’un montant de 20 MDH, financé par le Fonds français de l’environnement mondial ;

– le Programme « Al Ard Al Khadraa » (Terre Verte), d’un montant de 1,2 MMDH, financé par l’Union européenne. 

Béni Mellal : au moins 25 hectares brûlés dans un incendie de forêt

L’incendie a été complètement circonscrit grâce aux efforts déployés par les éléments de la Protection civile, de la Gendarmerie royale et des Eaux et forêts.

Il s’est probablement déclaré suite à l’importante vague de chaleur extrême que connaît la province de Béni Mellal, ont précisé les autorités locales.

Une enquête a été ouverte sous la supervision du parquet compétent pour déterminer les causes exactes de cet incendie.