L’Ittihad de Tanger et l’Olympique Lyonnais s’associent pour la formation
Un temps annoncé parmi les adhérents du programme de formation initié par la Fédération royale marocaine de football (FRMF), l’Ittihad Riadi de Tanger a finalement signé un partenariat avec Eagle Football Group (EFG), propriétaire de l’Olympique Lyonnais.
Cet accord porte sur plusieurs axes de collaboration :
– l’accompagnement du staff technique et de formation dans la mise en place de méthodologies d’entraînement adaptées aux standards internationaux ;
– le développement et la structuration de la cellule de haute performance et de recrutement ;
– le soutien au développement de l’académie et des programmes de formation de jeunes talents marocains.
« Nous offrons à nos partenaires un accès privilégié à une pépinière de talents et à un environnement propice à l’éclosion des jeunes footballeurs du continent africain. C’est une alliance gagnant-gagnant », assure Nassrallah El Guartit, président de l’Ittihad Riadi de Tanger.
Un modèle qui ne date pas d’hier
Ce genre d’accord n’est pas inédit entre les clubs européens et africains. Le FC Metz, par exemple, est un partenaire historique de l’Académie Génération Foot au Sénégal.
Après vingt ans de collaboration, les deux entités sont désormais liées jusqu’en juin 2033, preuve de la confiance mutuelle et de la pérennité de leur partenariat.
« Emmanuel Adebayor, Papiss Cissé ou encore Sadio Mané avaient marqué les premières années de collaboration entre les deux équipes. Ces dernières saisons, d’autres éléments sont également venus effectuer, avec réussite, leurs premiers pas en Europe sous le maillot grenat : Ismaïla Sarr ou Pape Matar Sarr, pour ne citer qu’eux », se réjouit le FC Metz.
Les conditions financières de l’accord entre l’Olympique Lyonnais et l’IRT n’ont pas été dévoilées. À titre indicatif, des chiffres officieux indiquent que le FC Metz aurait investi 20 millions d’euros entre 2003 et 2019, pour en récupérer 80 de la vente des joueurs issus de Génération Foot.
« La région de Tanger est elle aussi un véritable creuset de talents », souligne un ancien entraîneur de l’Académie de l’IRT.
Pour preuve, les deux pépites vendues cet été par le club tangérois. Abdelhamid Maali au Zamalek (428.000 euros) et le gardien Rayan Azouagh, cédé au FC Séville (91.000 euros).
Les défis du centre de formation lyonnais
Si l’expertise de l’OL en matière de formation est indéniable, elle n’est plus ce qu’elle était depuis la vente du club, notamment par Jean-Michel Aulas, président historique et ancien actionnaire majoritaire.
Dévoilé en juin 2025 par la Fédération française de football, le classement des centres de formation souligne le recul de l’OL :
– Rennes (1er) ;
– Paris Saint-Germain (2e) ;
– Monaco (3e) ;
– Lyon (4e).
Pour sa part, le récent classement mondial de l’Observatoire du football CIES (octobre 2025) classe le centre de formation de l’Olympique Lyonnais à la 34e place mondiale.
Outre le saut qualitatif réalisé par d’autres centres, le trou générationnel auquel fait face le centre de formation lyonnais explique aussi ce déclassement.
Dans son édition du 22 juin 2025, le quotidien sportif L’Équipe souligne que le changement de méthode de travail entre 2017 et 2023 n’a pas eu l’effet escompté et qu’il a été critiqué par plusieurs acteurs, car éloigné du fameux ADN lyonnais.
Le taux de rotation dans l’encadrement a également fragilisé la stabilité nécessaire au développement du programme de formation.
Pierre Sage, qui avait succédé à Jean-François Vulliez au poste de directeur du centre de formation, a quitté son poste pour devenir entraîneur de l’équipe première, avant de rejoindre Lens. Il a été remplacé par Fabien Caballero, puis par Johann Louvel un an plus tard. Même situation pour les éducateurs et le directeur de la performance, Sébastien Renaud, parti après six ans.
À cela s’ajoute un manque de moyens sous la gestion de John Textor, qui a démissionné le 30 juin 2025 après la relégation annoncée du club en Ligue 2 par la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG). La rétrogradation a été annulée le 9 juillet 2025 grâce à de nouveaux fonds injectés, mais « le centre de formation a souffert de problèmes d’intendance, nourriture, minibus… », précise la même source.
En attendant l’avènement de la génération 2009-2010, prometteuse à l’image de Benzema ou Ben Arfa, le centre de formation lyonnais multiplie ses partenariats, en France et en Afrique, notamment avec l’Ittihad Riadi de Tanger. À ce titre, le soutien au développement des infrastructures de l’académie sera crucial. Selon plusieurs témoignages, les conditions d’entraînement des jeunes n’étaient pas toujours optimales.
« On avait parfois quatre équipes sur un seul terrain à la Cité des Sports de Tanger », confie un ancien formateur. Les installations, gérées par la commune, donnaient parfois lieu à des malentendus, rendant les séances particulièrement compliquées.
Football. Nouveau modèle de formation. Dans les coulisses de l’Académie du Raja
Nichée sur les collines de Bouskoura, à une quinzaine de kilomètres au sud de Casablanca, l’Académie du Raja Athletic Club vit un tournant. En adhérant au nouveau modèle de formation initié par la Fédération royale marocaine de football (FRMF), le Raja délègue la gestion de son centre de formation, créé en 2021, à Evosport, filiale de l’UM6P, afin de renouer avec son glorieux passé de club formateur.
Les Verts ne sont pas des bleus en matière de formation de jeunes. Accrochés aux murs, les portraits de Abdelmajid Dolmy et Badr Benoun témoignent d’une époque où l’institution était une fabrique à talents. Cependant, ce savoir-faire s’est quelque peu effrité au fil du temps, sous l’effet des difficultés économiques et de la pression populaire.
Ces contraintes récentes ont poussé le club à privilégier les résultats immédiats et à consacrer l’essentiel de ses ressources financières à l’équipe première, au détriment de la formation. Sans surprise, les joueurs préformés ou formés qui sont régulièrement convoqués chez les professionnels cette saison ne sont pas légion.
Une anomalie à laquelle tente de remédier le nouveau projet de formation, déclinaison d’une vision de la FRMF, qui aura un impact positif et durable sur le football national ainsi que sur l’avenir des footballeurs en herbe. En contrepartie, le Raja profitera d’une mise à niveau de son centre de formation, lui permettant d’atteindre les standards de la haute performance.
Le club aux trois « Ligue des champions » aura également la possibilité de signer un joueur professionnel contre une somme forfaitaire. Qui sait, ce pourrait être l’un de ces deux jeunes, vêtus de survêtements aux couleurs du Raja. Cartable sur le dos, ils se dirigent vers le restaurant, longeant un espace vert où une dizaine de leurs camarades ramassent les déchets qui jonchent le gazon, dans le cadre d’une opération de sensibilisation à l’écocitoyenneté.
Leurs pas pressés trahissent une forme d’impatience. Après une matinée passée en classe, ils ont sans doute hâte de recharger leurs batteries avant d’aller fouler l’une des cinq pelouses que compte l’Académie pour l’entraînement de l’après-midi. Derrière leur air détendu se cache un grand talent. Ils font partie des 120 jeunes qui ont le privilège d’intégrer la première promotion du nouveau modèle de formation.
Répartis en six catégories, des U13 aux U18, certains étaient déjà présents l’année dernière, tandis que d’autres ont dû passer des tests cet été pour gagner leur place. « Lors de notre évaluation initiale à l’Académie du Raja et au centre de formation du Wydad, nous avons constaté que le niveau des jeunes était moyen. Pour y remédier, nous avons organisé des journées de détection à l’échelle du Grand Casablanca », se remémore Fathi Jamal, directeur technique national adjoint chargé de l’optimisation de la formation.
Ces journées ont permis de sélectionner 64 joueurs nés en 2008 et 2009, invités par la suite au Complexe Mohammed VI pour un second rassemblement. « Nous avons alors procédé à une nouvelle sélection en intégrant les joueurs issus des centres de formation des deux clubs. C’est ainsi que nous avons constitué les noyaux des groupes actuellement en formation au Raja et au Wydad », explique Fathi Jamal. Ils ont tous pour point commun un grand potentiel footballistique. Près de la moitié réside en permanence à l’Académie.
« Les plus jeunes habitent avec leurs parents afin de grandir dans un environnement familial », explique Maha Nabil, directrice du centre de formation, sous l’ombrelle d’Evosport et de la FRMF. « Notre objectif n’est pas uniquement de former des joueurs, mais aussi des citoyens respectés et respectables », assure-t-elle avec conviction. C’est dans cette optique que s’inscrit ce programme ambitieux, fondé sur un modèle sport-études alliant excellence académique et développement sportif de haut niveau.
Les plus talentueux et persévérants réaliseront leur rêve en devenant footballeurs professionnels. Ceux qui n’auront pas cette chance auront certes le cœur brisé, mais ils quitteront le centre avec un solide bagage scolaire, leur ouvrant la voie vers un diplôme d’études supérieures ou une formation professionnelle.
Une nécessité, au regard du taux de professionnalisation en sortie de centre qui reste faible comparé à d’autres secteurs d’activité. « Nous estimons qu’il faudra au moins trois ans pour récolter les premiers fruits de nos efforts », annonce Maha Nabil. « L’objectif principal de cette première année est d’établir un cadre et une structure professionnels, tout en développant les compétences des entraîneurs marocains », précise Jean-Marc Nobilo, directeur technique du centre de formation du Raja, où Médias24 vous plonge à travers un reportage en immersion exclusive.
« Être au contact des pros au quotidien est une source de motivation pour nos jeunes », Maha Nabil
Des étoiles plein les yeux, les jeunes du centre de formation n’hésitent pas à s’adresser poliment à leurs aînés de l’équipe première, qui flânent dans les couloirs en attendant le début de leur séance d’entraînement. « Être au contact des pros au quotidien est une source de motivation pour nos jeunes », affirme Maha Nabil, tout en signalant à deux retardataires qu’ils sont attendus pour le déjeuner, l’un des quatre repas servis quotidiennement. Animée d’une mission, Maha Nabil ne lâche pas ses protégés d’une semelle.
« Lorsqu’on gère 120 jeunes, chaque jour apporte son lot de surprises », sourit-elle. « Le matin, je m’assure que tous les joueurs sont bien présents en classe et que la discipline y règne. J’effectue ensuite une tournée dans les chambres pour vérifier que les chambres sont faites. Un surveillant m’appuie dans ces tâches ».
Maha Nabil veille à la bonne marche de tous les aspects de la vie quotidienne des jeunes en formation, financés par un Fond national de formation et géré par Evosport. Du transport à l’alimentation, en passant par la scolarité et l’hébergement. « Nous sommes également amenés à rencontrer des parents à la suite d’incivilités ou d’un mauvais comportement d’un joueur. Une réunion est alors organisée avec le directeur de la formation, Jean-Marc Nobilo, l’entraîneur du joueur et ses parents afin d’en débattre et de décider de la sanction appropriée », souligne-t-elle.
Des sanctions qui peuvent aller jusqu’à une suspension des entraînements pour une période déterminée. Un crève-cœur pour des footballeurs qui ne vivent que pour le ballon rond. C’est également une manière de leur rappeler qu’il n’y a pas que le foot dans la vie. Le message semble avoir été reçu.
« Il est parfois difficile de gérer le stress du football et des études, car nous pensons constamment à notre avenir sportif », avoue Karim Saadi, attaquant en catégorie U17. « Mais nous nous efforçons d’obtenir un diplôme pour assurer notre avenir, au cas où nous ne réussirions pas dans le foot », poursuit ce fan de l’avant-centre uruguayen Luis Suarez, qui se décrit comme un attaquant moderne sans pour autant ignorer sa marge de progression.
« Je suis puissant, rapide et possède une bonne détente, mais je dois améliorer mon accélération et mon pied gauche », concède-t-il avant de s’éclipser pour se préparer aux cours de l’après-midi, après une séance d’entraînement matinale intense. « Nous insistons sur l’importance de la scolarité, car avoir un plan B est indispensable. L’école étant sur place, les joueurs bénéficient d’un encadrement scolaire renforcé, avec des cours de soutien et des professeurs qui se déplacent jusqu’ici », affirme Maha Nabil.
Le matin, les U13, U14 et U15 s’installent dans des salles de classe spacieuses et ensoleillées. Même si les téléphones sont confisqués le temps du cours, les professeurs doivent parfois redoubler d’efforts pour maintenir l’attention des élèves, dont la concentration est mise à rude épreuve par l’écho des séances animées sur les terrains, où les U16, U17 et U18 s’époumonnent sous les instructions des coachs.
« Nous avons également instauré un suivi psychologique, avec une psychothérapeute qui offre bénévolement ses services deux fois par semaine. Au départ, nous établissons une liste des joueurs nécessitant un suivi, mais petit à petit, ce sont les joueurs eux-mêmes qui en font la demande », nous explique la directrice du centre.
Bref, rien n’a été laissé au hasard pour guider ces jeunes vers les sommets. En matière de nutrition, les repas sont soigneusement préparés pour répondre aux besoins spécifiques de chaque catégorie et sont servis dans un espace où résonnent les rires des jeunes. Réminiscence de son passé de formateur, Lassaad Chabbi, l’entraîneur de l’équipe première, n’hésite jamais à partager un repas et engager la discussion avec les jeunes de l’Académie.
Bien que la plupart des infrastructures de formation soient déjà prêtes, l’Académie du Raja nécessite encore quelques retouches, comme un coup de peinture et la réfection de certaines zones. Toutefois, des progrès notables sont à signaler, même si les travaux ne sont pas encore totalement achevés.
En attendant la livraison du terrain en pelouse naturelle, « l’ajout d’un second terrain synthétique a grandement facilité l’organisation des entraînements », se réjouit Jean-Marc Nobilo. Nommé pour une durée de trois ans en septembre 2024 par la FRMF et Evosport à la tête du centre de formation du Raja, le technicien français apporte dans ses bagages une riche expérience acquise dans les centres de formation les plus réputés de France, tels que Le Havre, Auxerre et le Paris FC.
La formation des jeunes n’a plus de secret pour Jean-Marc Nobilo, qui sait pertinemment que pour former de grands joueurs, il faut d’abord former de bons éducateurs. « Les entraîneurs évoluent dans un cadre précis, avec une méthodologie claire, un programme d’entraînement défini et des objectifs bien établis », explique-t-il.
« Ils sont également soumis à une évaluation pédagogique à travers des séances supervisées. Depuis janvier, j’interviens directement sur le terrain pour illustrer les principes que nous souhaitons mettre en place », ajoute-t-il. Amine Bourkadi, Rachid Soulaimani, Hamid Nater et tant d’autres ex-joueurs du Raja ont la lourde tâche de préparer les jeunes du centre au plus haut niveau. Un honneur mais aussi une pression de tous les instants.
Amine Bourkadi, Rachid Soulaimani, Hamid Nater…plusieurs anciens joueurs du Raja composent le staff technique à l’Académie des Verts
D’autant que dans ce nouveau modèle de formation, aucun formateur n’a la garantie de poursuivre l’aventure au-delà de la fin de saison en cas de mauvaise évaluation. « Nous essayons d’appliquer les instructions du directeur technique à la lettre », promet Rachid Soulaimani, entraineur des U17, ancien joueur du Raja et ex-international marocain.
« Nous bénéficions d’une formation rigoureuse, ce qui nous permet d’offrir aux jeunes un encadrement de qualité. Notre priorité est de les faire progresser tactiquement, mentalement et techniquement. Les premiers résultats sont très encourageants », souligne-t-il. Jean-Marc Nobilo, qui nous a chaleureusement accueillis quelques minutes plus tôt pour nous présenter les principes qui guident ce nouveau modèle de formation, est totalement dévoué à sa mission, « Car quand on aime, on ne compte pas », affirme-t-il.
Jean-Marc Nobilo, directeur technique en réunion avec le staff technique de l’Académie du Raja
« Notre journée type débute à 8h30 avec une réunion entre entraîneurs, suivie de la supervision des entraînements », détaille-t-il. « Nous gérons également tout l’aspect hors sportif, incluant la scolarité, l’internat et la restauration. Le week-end est consacré à l’observation des matchs pour évaluer les joueurs et les entraîneurs, en lien avec nos orientations de travail”, ajoute-t-il.
Une maîtrise technique spécifique à chaque poste
Le profil de joueur que cherche à former Jean-Marc Nobilo doit avant tout se distinguer par une maîtrise technique spécifique à son poste. Pour lui, les défenseurs doivent avant tout savoir défendre, alors que les attaquants doivent être performants dans les derniers gestes. « Même si cela ne doit pas empêcher le défenseur de savoir contre-attaquer et l’attaquant de bien se replacer dans les différentes formes de pressing », précise-t-il. En tout cas, il est essentiel d’avoir un point fort pour réussir au plus haut niveau.
« Ce point fort peut être athlétique, technique, en termes d’efficacité, de volume de jeu, ou encore l’intelligence de jeu. Tous ces atouts, combinés à un programme d’accompagnement adapté, permettent de faire progresser le joueur vers le plus haut niveau », promet-il. Pour y parvenir, l’approche est délibérément simplifiée, afin de partager l’expérience avec des entraîneurs possédant des CV solides en leur qualité d’anciens joueurs.
Ce vécu leur permet de mieux assimiler les méthodologies d’entraînement, qui reposent sur une préparation technique et athlétique, tout en restant centrée sur l’utilisation du ballon. « Nous travaillons selon les principes de l’ADN du Raja, notamment le jeu de possession », explique Rachid Soulaimani.
« Un projet de jeu doit être adapté à la mentalité du pays, tant sur le plan culturel que sportif. Le Raja est un club qui privilégie la possession du ballon, ce que j’apprécie, à condition qu’elle soit accompagnée de progression, de déséquilibre et d’un jeu vers l’avant », ajoute le Directeur technique.
En phase défensive, une alternance entre pressing haut, médian et bas est favorisée pour développer la capacité des joueurs à s’adapter aux différents scénarios de match. Techniquement, les jeux en grand espace sont encouragés, « avec des joueurs placés à leur poste. Des séances dynamiques et intenses. Une recherche constante de plaisir dans l’entraînement », affirme Jean-Marc Nobilo.
Anas Benomar, défenseur central U17, a attiré l’attention des recruteurs lors d’une rencontre opposant le Raja à son ancien club, le Chabab El Hay Hassani. « J’ai réalisé une bonne performance qui m’a ouvert les portes du club. Depuis que je suis ici, j’ai énormément progressé, notamment sur les plans tactique et physique. Avant, je travaillais surtout la technique, mais ici, l’apprentissage est beaucoup plus complet », se réjouit-il.
Celui qui prend pour modèle le défenseur central de Liverpool, Virgil Van Dijk, voit son expérience au Raja comme une étape déterminante dans son développement. Concrètement, ils bénéficient d’un programme d’entraînement intensif réparti sur la semaine, avec quatre séances l’après-midi.
Le lundi étant réservé à la récupération après les efforts du match du dimanche, les joueurs enchaînent le mardi, mercredi, jeudi et vendredi avec des entraînements d’une durée de 1h15 à 1h30. Le samedi, quant à lui, est dédié à la préparation du match à venir. Au programme : principes de jeu offensifs et défensifs, transitions, coordination technique et attitudes de course. C’est dans ce cadre que le préparateur physique, Ahmed Oukili, entre en action.
Une préparation physique sur mesure
Très volubile sur le terrain, Ahmed Oukili ne cesse d’encourager, de guider et de corriger les postures des joueurs. « Nous avons un programme précis en vue d’optimiser la formation des joueurs, en tenant compte de la morphologie de chacun, car certains sont précoces, d’autres ont un développement plus tardif », nous explique-t-il.
Ahmed Oukili a élaboré, en étroite collaboration avec le Directeur technique du centre, un programme structuré qui débute par une phase de préparation générale (PPG) avant de se concentrer sur une préparation physique spécifique (PPS), adaptée au poste et à la morphologie du joueur.
« Certains postes exigent davantage de vitesse, tandis que d’autres nécessitent plus d’explosivité. Nous intégrons également une routine préventive contre les blessures avant chaque séance d’entraînement. La musculation fait partie de notre programme dès 16 ans, bien que certains cas particuliers puissent être initiés plus tôt », souligne-t-il.
Les jeunes joueurs, avides de conseils, n’hésitent pas à poser des questions pour améliorer leur compréhension du jeu et perfectionner leurs compétences techniques. Cette évolution est constamment surveillée à travers des évaluations détaillées qui prennent en compte chaque aspect de leur évolution.
Sous l’impulsion de la Fédération royale marocaine de football, le Raja a pris conscience que la formation des jeunes n’est pas un mal nécessaire, mais un bien essentiel pour l’avenir du club, tant sur le plan sportif que financier. Cette réforme structurelle offrira à des talents prometteurs comme Karim Saadi et Anas Benomar un terreau fertile pour s’épanouir et réaliser leurs rêves.
« Si je suis ici, c’est pour réussir une belle carrière, aider ma famille et, avant de partir à l’étranger, marquer l’histoire du Raja », ambitionne Karim Saadi. De son côté, Anas Benomar nourrit l’espoir de jouer en équipe première avant de rejoindre la sélection nationale. Ces aspirations sont le reflet de la détermination et de la passion qui animent ces jeunes talents. Cela tombe bien, le nouveau modèle de formation les aidera à les concrétiser.
Le centre de formation de la RS de Berkane, un tremplin vers la réussite
La réussite n’a pas d’âge à la Renaissance Sportive de Berkane. Alors que l’équipe première a écrasé le championnat pour remporter le premier sacre dominical de son histoire avant de glaner une nouvelle Coupe de la Confédération Africaine, les équipes de jeunes trustent également le haut du classement dans plusieurs catégories. Et ce n’est pas près de s’arrêter.
En adhérant au nouveau programme de formation, conçu par la Fédération royale marocaine de football (FRMF), le centre de formation de la RSB bénéficie de moyens financiers supplémentaires pour poursuivre sa lancée. L’académie du club triplement vainqueur de la Coupe de la CAF n’a eu aucun mal à satisfaire l’exigeant cahier des charges établi dans le cadre dudit programme.
Chargée de sa gestion opérationnelle depuis quelques mois, Evosport, filiale de l’Université Mohammed VI Polytechnique, capitalise sur ces acquis pour maintenir cette structure à des standards élevés sur la durée. “Nous sommes un centre d’excellence, donc notre objectif est de former des top joueurs qui auront la capacité de fournir notre équipe professionnelle et d’être vendus dans les meilleurs clubs du monde”, se projette Demba Mbaye.
Fort de son expérience en qualité de formateur notamment, le directeur technique du Centre de formation de la RSB connaît la recette du succès. Il ne doute donc pas un instant du bon fondement du nouveau programme de formation. “À ma connaissance, ce programme n’a pas d’équivalent en Afrique.
Il permettra à l’ensemble des clubs participants d’améliorer la qualité de la formation”, reprend-il. “Dans les années à venir, il contribuera également à assurer aux clubs et aux équipes nationales marocaines une prédominance sur la scène continentale et mondiale”.
Des jeunes qui ne manquent pas d’ambition
Le Centre de formation de la Renaissance Sportive de Berkane compte 560 adhérents, âgés de 6 à 20 ans. Ici, il n’y a pas de place pour les grasses matinées. “Les premiers entraînements débutent à 6h30 du matin”, nous explique Aymen Tahiri, arrière droit de l’équipe U16. “Ensuite, on enchaîne avec les cours avant de reprendre les entraînements l’après-midi”, complète Ahmed Amine Kharroubi. Cet attaquant de pointe ou excentré prometteur illustre parfaitement la qualité de la formation promulguée par le club de sa ville natale.
Du haut de ses 16 ans, Ahmed Amine Kharroubi est surclassé en U18 avec la RSB et il en est déjà à dix sélections en équipe nationale U17. Fan invétéré de l’avant-centre uruguayen Luis Suárez, dont il partage le goût pour le jeu de tête et l’efficacité devant le but, Kharroubi vise une participation à la Coupe du Monde U17 et, à plus long terme, à signer un contrat professionnel.
À l’image de Aymen Tahiri, dont le souhait le plus cher est de porter le maillot de la Renaissance Sportive de Berkane. L’un comme l’autre ont trouvé dans ce centre de formation des infrastructures et un encadrement technique qui leur donnent les moyens de leurs ambitions. Inauguré en 2020, le Centre de formation de la RSB a justement été construit de sorte à ce que les jeunes côtoient quotidiennement les équipes professionnelles masculines et féminines.
“Les équipes professionnelles vivent au milieu du centre et leur terrain d’entraînement l’est tout autant”, se félicite Demba Mbaye. “D’ailleurs, les jeunes se regroupent souvent autour de ce terrain et observent les joueurs s’entraîner. Ils ont sur le dos les maillots qui leur ont été offerts par leurs aînés, qui ont tout le temps une attitude très fraternelle”, poursuit-il.
On ose à peine imaginer la joie des pensionnaires du centre après le sacre de l’équipe première masculine en championnat. Un exploit historique qui marque assurément le début d’une longue série. Pour l’heure, les footballeurs en herbe de la RSB ont encore du pain sur la planche dans ce lieu où il fait bon vivre, régi par une organisation rigoureuse et une discipline de fer.
Les chants audibles des oiseaux qui investissent les nombreux espaces verts en disent long sur le calme qui règne en maître en ces lieux. En dépit des va-et-vient des joueurs, entre leurs chambres pour se reposer, les pelouses qu’on dirait des billards pour s’entraîner et les salles de classe pour se prémunir de tout échec sportif en fin de formation. Une fatalité que tente d’enrayer tous les composants du club à travers une gestion méticuleuse, dans la lignée des préceptes du nouveau modèle de formation.
Les joueurs marocains sont les Brésiliens de l’Afrique. Demba Mbaye, directeur technique
Demba Mbaye nous accueille dans un bureau qui transpire le foot. Les murs sont couverts de tableaux où l’on peut apercevoir différentes stratégies de jeu et des informations sur les joueurs des multiples catégories. Un souci du détail au service d’une planification minutieuse. “Les séances se font en cascades, puisqu’on commence la préformation à 6h30 pour finir avec les espoirs à 20h. Puis on débriefe la journée avec l’ensemble des éducateurs formateurs pour finir à 22h”, détaille notre interlocuteur.
Une séance de débriefing après un entraînement intense
L’ancien directeur technique du Centre de formation du Fus n’est pas novice en la matière. Si avoir de la réussite est primordial dans l’environnement très concurrentiel de la formation des jeunes footballeurs, il en faut bien plus. Notamment une approche méthodologique réfléchie, qui prend en compte les spécificités du contexte où elle sera appliquée.
C’était justement l’objectif des différentes réunions organisées par Fathi Jamal, directeur technique national chargé de l’optimisation de la formation des jeunes. “Notre approche a été définie à la suite des différentes commissions qui ont été mises en place par la DTN et M. Fathi Jamal. Il a eu l’intelligence de réunir l’ensemble des parties prenantes pour échanger autour du modèle de jeu que l’on envisage de mettre en place, l’organisation tactique que l’on souhaite proposer et il y a eu également un focus sur la méthodologie de travail”, souligne Demba Mbaye.
Fruit d’une longue phase de réflexion et de concertation, cette méthodologie est au service d’un projet de jeu qui laisse autant la place au jeu de position qu’à la transition, avec pour point commun un système en 1-4-3-3. Une flexibilité qui donnera aux joueurs et joueuses plusieurs cordes à leur arc et une forte capacité d’adaptation, indispensable au plus haut niveau. Idem pour la charge de travail pendant des séances d’entraînement qui n’ont absolument rien à envier aux références mondiales en la matière.
Un drone est utilisé pour bénéficier d’une vue tactique en plongée, indispensable à l’analyse vidéo.
Un emploi du temps plein afin que les jeunes s’habituent petit à petit à la charge de travail qui les attend dans le monde professionnel, où leurs talents feront sans doute des ravages. “Je me plais à dire que les joueurs marocains sont les Brésiliens de l’Afrique”, s’enthousiasme Demba Mbaye. “Nous avons la chance d’avoir énormément de jeunes talentueux dotés de fortes qualités techniques. De bons dribbleurs, très créatifs. C’est un atout majeur pour le football marocain”, ajoute-t-il.
Aussi talentueux soient-ils, certains footballeurs ont parfois des sautes d’humeur et un caractère bien trempé. Avantage ou inconvénient ? “D’expérience, les meilleurs joueurs que j’ai eus en formation sont souvent ceux qui ont le pire caractère”, nous rassure le directeur du centre de formation.
“En tant que formateur, notre rôle, c’est aussi d’accompagner ce genre de joueur vers le haut niveau”, avance-t-il. La technique, le physique, la tactique, tous les aspects de la haute performance sont pris en considération. L’aspect mental également. D’autant que la capacité d’un joueur à atteindre le haut niveau n’est pas innée.
“C’est quelque chose que l’on apprend. Donc l’idée est d’accompagner nos jeunes, même ceux qui ont un caractère un peu plus difficile. D’identifier ceux qui ont du leadership et de les structurer pour qu’ils développent un leadership positif”, insiste Demba Mbaye.
À la RSB, on prend soin autant des corps que des esprits
À cet effet, une cellule composée de deux psychologues du sport tend une oreille attentive aux jeunes en formation à plein temps. Dirigé par Youssef Bessame, ce département a d’abord réalisé un travail de sensibilisation auprès des jeunes sur l’importance de l’aspect mental dans leurs réussites.
De dos, Ahmed Ouchen, préparateur mental, échange dans la bonne humeur avec les jeunes du centre de formation.
Ensuite, “un programme d’accompagnement varié leur a été proposé”, nous explique Ahmed Ouchen, préparateur mental. Un protocole qui fait la part belle “aux entretiens individuels et collectifs, aux séances thématiques, ainsi qu’aux groupes de parole”, détaille-t-il. Au Centre de formation de la Renaissance sportive de Berkane, on s’occupe non seulement de l’esprit mais aussi du corps des joueurs. Car l’intensité des entraînements n’est pas sans conséquences sur leur futur outil de travail.
Dans ce sport de contact, “nous rencontrons principalement des torsions au niveau des genoux et des chevilles. Nous faisons également face à des élongations et parfois des déchirures musculaires”, indique Mjahed Ilham, kinésithérapeute. Heureusement, le centre est doté d’une gamme complète de matériels pour traiter ces traumatismes. Plus important encore, une attention particulière est accordée à la prévention qui “se décline à travers des séances de renforcement musculaire, de proprioception et de récupération”, complète-t-elle.
Le staff médical est sur le qui-vive pour soigner les blessures des joueurs.
Si le titre de champion du Maroc valide la feuille de route qui place doucement mais sûrement l’équipe masculine dans les hautes sphères, comment évaluer la réussite du centre de formation ? Pour Demba Mbaye, “l’objectif ce ne sera pas de gagner le championnat dans les différentes catégories de jeunes, même si cela reste un moyen de les former et leur apprendre à gagner”, nuance-t-il.
“L’évaluation portera surtout sur notre capacité à produire des top joueurs qui auront la faculté de jouer en pro à l’âge de 18 ans, d’être transférés dans les meilleurs championnats du monde et de s’y imposer”, clarifie-t-il. En attendant, il s’agit d’y aller étape par étape, en favorisant l’évolution continue des joueurs.
En ce sens, l’analyse vidéo est primordiale. C’est l’un des grands axes qui a été proposé par la DTN et Fathi Jamal. Désormais, chaque club sous l’ombrelle du nouveau programme de formation est pourvu d’un analyste vidéo. Une avancée majeure qui ne date pas d’hier au sein du centre de formation de la Renaissance sportive de Berkane et dont les joueurs sont friands. “Aujourd’hui, les jeunes sont très connectés et portés sur les écrans. Pour eux, une image vaut mieux que mille mots”, avance Demba Mbaye.
“L’avantage de cet outil est que le jeune prend conscience de ce qu’il produit sur le terrain, des erreurs qu’il commet. Et avec le retour de l’analyse vidéo, il est en capacité de se corriger”, ajoute notre interlocuteur, en prenant l’exemple d’un gardien du centre promis à un très bel avenir.
Originaire de Tanger, Aymane Douieb n’a pas hésité un seul instant à afficher ces aspirations. “Je veux devenir le meilleur gardien au Maroc”, ambitionne ce gardien de 17 ans, du haut de son mètre quatre-vingt-cinq. Après avoir fait ses classes au club de Tanger El Balhia, il a tapé dans l’œil des scouts de la FRMF qui l’ont aiguillé vers le Centre fédéral de formation de football de Saidia.
Une expérience qui l’a marqué positivement, autant que les dernières années passées au sein du centre de formation de la Renaissance sportive de Berkane, où il a connu une progression fulgurante, notamment grâce à l’analyse vidéo. À la lumière de sa taille, de ses réflexes sur la ligne et de son jeu au pied, il est prédestiné à devenir un gardien de talent, mais il doit gommer quelques lacunes.
“J’avais du mal à affirmer ma personnalité pour diriger ma défense. Mais maintenant, j’ai énormément progressé sur ce point. Même chose sur le plan des duels au sol et dans les airs”, se félicite ce fan du gardien de l’équipe nationale, Yassine Bounou. Les multiples séances d’analyse vidéo passées à décortiquer son positionnement et sa manière de communiquer avec ses défenseurs ne sont pas étrangères à sa progression, ainsi que celle de ses coéquipiers, qui ont participé à la renommée de l’académie.
“L’année dernière, il y a eu de très bons résultats au niveau des championnats et, en début de saison, nous avons remarqué que plusieurs parents avaient envie de trouver une place au sein de notre Académie pour leur enfant”, se félicite le directeur technique du Centre.
Un taux de réussite scolaire de 100%
Rien de bien surprenant. L’institution met la barre de l’exigence très haut et pas uniquement sur le plan sportif. “Nous avons enregistré un taux de réussite de 100% l’année dernière. Au collège comme au lycée”, affirme Rougui Abdelaziz. Le directeur pédagogique veille sur la réussite scolaire de plus de deux cents élèves. Pas moins de 26 enseignants se succèdent dans l’établissement pour y prodiguer des cours sur la base des programmes du ministère de l’Education.
La scolarité est un pilier du nouveau modèle de formation.
Bien que le football reste le cœur battant du programme de formation en sport-étude, la réussite scolaire n’en est pas moins primordiale. D’autant que ces deux aspects de la formation sont, d’une certaine manière, interdépendants. “Pour être un bon joueur, il faut être un bon élève. Il faut avoir une endurance de motivation, être persévérant, structuré et organisé. Aimer aborder des problèmes et essayer de les résoudre”, explique Demba Mbaye, tout en soulignant la capacité du Centre de formation à individualiser le parcours scolaire d’un jeune footballeur.
“Allier le sport et les études n’est pas toujours évident. En particulier lorsqu’il y a des déplacements. Raison pour laquelle on a mis en place plusieurs mesures administratives et pédagogiques, dont l’enseignement à distance et les cours de renforcement”, assure Rougui Abdelaziz. Et lorsque de telles mesures se révèlent inefficaces, “on essaie d’être pragmatique et au moins de donner au joueur ce dont il a besoin pour faire une carrière de haut niveau.
Il y a certains éléments qui prennent des cours de langues, d’autres sont trop en retard au niveau scolaire pour espérer obtenir leur bac et sont orientés vers de la formation professionnelle”, conclut Demba Mbaye. Une preuve supplémentaire de l’état d’esprit qui anime l’institution de la Renaissance sportive de Berkane et son centre de formation. Une volonté de mener tout le monde sur la voie de la réussite, aussi bien au football que dans la vie. Et ne surtout laisser personne sur le bord de la route.
Football. Formation, scolarité, excellence : la méthode marocaine selon Fathi Jamal
La contribution de Fathi Jamal au rayonnement du football national est loin de toucher à sa fin. En tant que directeur du développement et de la formation au sein de la Direction technique nationale, il œuvre notamment à l’optimisation de la formation. Véritable architecte du nouveau programme de formation, initié par la Fédération Royale marocaine de football (FRMF) et géré par Evosport, filiale de l’UM6P, ce formateur dans l’âme ambitionne de redonner ses lettres de noblesse à la formation marocaine, qu’il dirige avec une expertise inégalée, tant sur le plan technique que méthodologique.
Depuis qu’il a rangé les crampons, Fathi Jamal a fait de la formation son credo. Technicien hors pair, il a participé à l’éclosion de dizaines de pépites et a écrit l’une des plus belles pages de l’histoire des équipes nationales de jeunes, en menant les Réda Doulyazal, Mohcine Iajour et Amine Bourkadi jusqu’en demi-finale de la Coupe du monde U20 en 2005.
Une épopée gravée à jamais dans les mémoires, à l’image de son empreinte laissée partout où il est passé. Dans cet entretien exclusif accordé à Médias24 au cœur du Complexe Mohammed VI de football à Salé, le directeur de la formation au sein de la Direction technique nationale, nous explique les origines du nouveau modèle de formation, ses spécificités et les ambitions qu’il porte pour l’avenir du football marocain.
Scolarité et pratique du football sont conciliés dans un cadre structuré
– Médias24 : Dans quel contexte s’inscrit le nouveau programme de formation et quels en sont les contours ?
– Fathi Jamal : Ce programme national de formation des jeunes a été initié par le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa, qui a constaté depuis quelque temps des lacunes dans la formation des jeunes talents au niveau national. Grâce à ce programme, nous avons mis en place, en collaboration avec nos partenaires, des structures de formation intégrant l’existant ainsi que nos centres fédéraux. Aujourd’hui, onze clubs y ont adhéré, dont dix évoluant en Botola Pro Inwi et un en Botola 2.
Il s’agit d’un programme sport-études permettant aux jeunes talents, âgés de 13 à 18 ans, de concilier scolarité et pratique du football dans un cadre structuré avec un encadrement qualifié. Nous avons fait appel à des experts étrangers (français, portugais et espagnols) tout en impliquant nos propres formateurs, que nous jugeons aujourd’hui pleinement capables de réussir ce projet ambitieux.
– Comment se déroulent les opérations de détection des jeunes talents ?
– Il y a toujours eu des opérations de détection en fin de saison dans chaque club. Désormais, c’est la DTN qui en prend la responsabilité en se rendant directement dans les régions afin d’identifier les meilleurs talents et de les intégrer, au plus près de chez eux, dans les clubs ayant adhéré à ce projet.
Prenons l’exemple du Grand Casablanca. L’année dernière, nous avons organisé une détection pour les jeunes nés en 2008-2009. Au total, 64 joueurs ont été présélectionnés pour une phase finale d’évaluation. À l’issue de ce processus, nous en avons retenu 34, que nous avons répartis entre le Raja et le Wydad, tout en leur laissant le choix d’intégrer l’un ou l’autre de ces deux clubs.
Les opérations de détection ont permis d’alimenter les centres de formation des clubs adhérents en joueurs talentueux, à l’image de l’Académie du Raja.
– Quel profil de joueur sera privilégié ?
– Le joueur marocain se distingue avant tout par sa technique, qui constitue notre premier critère de sélection. Il doit également faire preuve d’intelligence de jeu, avec une rapidité dans la prise d’information, la prise de décision et l’exécution. Mais au-delà des qualités techniques et tactiques, la personnalité joue un rôle-clé.
Nous recherchons des joueurs capables de s’intégrer facilement, dotés d’un esprit d’équipe affirmé et d’un certain leadership au sein du groupe.Grâce à ces critères, nous sommes en mesure d’identifier les talents ayant le potentiel pour évoluer au plus haut niveau.
– On dit souvent que les meilleurs joueurs ont un mauvais caractère…
– Je ne qualifierais pas cela de mauvais caractère. Ce sont des joueurs avec un caractère affirmé, capables de prendre leurs responsabilités et de prendre des décisions de manière autonome. Ils n’ont pas besoin d’une assistance technique permanente. C’est ce qui distingue un joueur déterminant d’un joueur d’équipe.
– Lorsqu’un jeune est recalé lors des opérations de détection, aura-t-il toujours une chance d’intégrer un centre de formation professionnel plus tard ?
– Oui, pourquoi pas. La détection se fait chaque mois d’avril, mais elle n’est pas figée. Pour cette saison, nous commencerons avec les moins de 13 ans, mais nous restons ouverts aux moins de 18 ans. Si un joueur se distingue dans une association ou un club amateur et possède des qualités exceptionnelles, il trouvera sa place dans l’une des structures adhérentes au programme, sans aucun problème.
– Quel est le rôle attribué aux Centres fédéraux dans le cadre du programme de formation ?
– Auparavant, ces centres fédéraux dépendaient uniquement de la DTN et de la FRMF. Aujourd’hui, ils font partie intégrante de ce programme afin de faciliter la proximité des jeunes avec leurs familles. Nous avons constaté que les jeunes de certaines régions étaient contraints de s’éloigner de chez eux.
Grâce à l’utilisation de ces centres fédéraux, nous pouvons désormais offrir aux jeunes une proximité avec leurs familles, un facteur qui compte énormément pour eux. Et en plus, les centres fédéraux offrent des structures optimales de formation.
– Est-ce qu’il y aura des passerelles entre les clubs et les centres fédéraux dans les deux sens ?
Dans un premier temps, ce sont les centres fédéraux qui nous aideront à alimenter les clubs. Cependant, à moyen terme, dans deux ou trois ans, ce seront les clubs qui nourriront ces centres, qui deviendront alors des centres d’excellence, spécifiquement dédiés aux sélections régionales.
Concrètement, les meilleurs joueurs de chaque région suivront le même cursus de formation, mais dans des conditions optimales, avant de retourner nourrir les clubs. Après une semaine passée au centre fédéral, les jeunes seront libérés le week-end pour jouer avec leurs clubs respectifs.
Les jeunes qui intègrent les centres fédéraux bénéficient de conditions optimales pour leur développement.
– Quel type de contrat lie les joueurs aux centres de formation ?
– Les joueurs sont sous convention avec la structure où ils évoluent, c’est-à-dire le club. Il se peut qu’un jeune paraphe un contrat professionnel. Dans ce cas, il le signera avec son club, car ce dernier reste toujours propriétaire du joueur. Ensuite, il s’agira d’une question de transaction entre la société Evosport, qui gère ce programme sur le plan administratif et financier, et le club.
– Un joueur a-t-il le droit de signer professionnel dans un autre club à la fin de son cursus, autre que celui où il a été formé ?
– La priorité reste au club où il a été formé. Mais, si en fin de cursus, le club ne prend pas le joueur et qu’il y a un autre club acheteur, alors le joueur peut partir et le club va bénéficier du montant du transfert.
– Le programme de formation est-il régi par un projet de jeu spécifique ou prend-il également en compte l’ADN de chaque club ?
– Le contenu et la méthodologie de travail restent les mêmes. Cependant, parfois, c’est le système de jeu et les convictions du coach qui peuvent influencer la manière de jouer. Mais sur ce point, nous restons intransigeants : la méthodologie doit demeurer inchangée et ses principes doivent être respectés afin de former des joueurs de haut niveau.
Nous exigeons de former ces joueurs dans un système de jeu flexible, qui nous permettra par la suite de les positionner au poste adéquat. Et cela ne peut passer que par un système de jeu très adaptable.
– Quelles sont les orientations de jeu qui définissent ce programme ?
– Nous avons opté pour la transition et le jeu de position, c’est le choix de la DTN. Cependant, nous respectons l’ADN des clubs, en particulier le Raja et le WAC. Malgré cela, nous restons fidèles à notre méthodologie de travail, à nos contenus et à nos axes d’orientation technique. Ainsi, nous avons la certitude qu’à la fin du cursus, nous aurons formé des joueurs de haut niveau.
Nous respectons l’ADN des clubs
– Quels sont les indicateurs-clés utilisés pour évaluer l’efficacité des différentes méthodes de formation ?
– Nous sommes optimistes car nous voyons déjà des signes de réussite dès le départ. Le fait d’avoir réalisé une très bonne détection nous rassure. D’ailleurs, lors de l’opération de détection que nous avons organisée l’année dernière avec le Raja et le WAC, nous avons déjà pu fournir trois joueurs à l’équipe nationale U17.
Et avec la détection organisée cette saison, nous sommes encore plus confiants. Nous irons dans toutes les régions du Maroc et capitaliserons sur ce qui existe déjà. Il ne faut pas négliger le travail effectué dans les clubs, où certains réalisent un excellent travail, comme la Renaissance Sportive de Berkane, le FUS et les FAR. Il en va de même pour les associations sportives affiliées aux ligues régionales.
– Peu de gardiens formés au Maroc évoluent dans les championnats du top 5 en Europe. Un programme spécifique est-il prévu pour remédier à cette situation ?
– L’intérêt que nous portons au gardien de but n’a pas changé, sauf qu’aujourd’hui, nous disposons de meilleurs moyens technologiques et d’une méthodologie améliorée. Nous avons mis en place une structure et un pôle spécialisés dans la formation des gardiens de but et des entraîneurs de gardiens de but.
Nous allons également capitaliser sur le travail réalisé à l’Académie Mohammed VI, ainsi que dans les trois structures nationales : l’AS FAR, Berkane et le FUS, car ils ont de très bons formateurs pour les gardiens de but. Nous ne sommes donc pas inquiets pour ce secteur.Nous avons plus de 30 gardiens de but au niveau des équipes nationales, ce qui nous permettra de travailler dans la sérénité et d’avoir de grands gardiens de but en équipe nationale.
– Quelle est la place de l’analyse vidéo et de la data dans ce programme ?
– Il est essentiel de suivre l’évolution technologique et les nouvelles avancées scientifiques. Pour rester cohérents avec notre vision, nous avons intégré tous les outils de performance, notamment l’analyse vidéo, les données (Data), ainsi que la performance athlétique et médicale. Toutes les structures bénéficieront de ces outils, ce qui nous garantira la formation de joueurs de haut niveau.
Nous y croyons fermement et sommes conscients que nous devons nous aligner sur les grandes structures mondiales, telles que la Masia, le PSG, l’Olympique de Marseille, le Benfica de Lisbonne et Porto. Et puis on est, en toute humilité, en avance par rapport à nos amis dans le continent.
Comme à l’Académie du Raja, sous la houlette du directeur technique Jean-Marc Nobilo, les entraîneurs bénéficient d’une formation continue.
– Comment assurez-vous la mise à jour continue des connaissances des entraîneurs ?
– Le recours à l’expertise étrangère a justement été fait dans ce but : veiller au bon fonctionnement des centres de formation, former des joueurs de haut niveau, mais aussi accompagner nos formateurs. Nos formateurs ont un grand potentiel, mais ils nécessitent un accompagnement de qualité pour aller encore plus loin.
Aujourd’hui, les responsables des onze structures sont des instructeurs de formateurs, et leur rôle sera de nous aider à former nos jeunes formateurs, éducateurs et entraîneurs. C’est ainsi que nous atteindrons les objectifs escomptés.
– La réussite scolaire conditionnera-t-elle la possibilité de poursuivre la formation footballistique ?
-De nos jours, l’engouement autour du football est considérable. Les jeunes, au sein de leurs familles, réclament souvent de pouvoir pratiquer un sport, et en particulier le football, tout en poursuivant leur scolarité. De notre côté, nous veillerons à maintenir un équilibre entre l’école et le sport. Je vous rejoins entièrement sur ce point, car un joueur intelligent ne peut devenir un grand joueur sans une scolarité de qualité.
– Y aura-t-il une alternative pour les joueurs qui ne signent pas professionnels après leur cursus de formation ?
– Aujourd’hui, des institutions comme la Fondation Mohammed VI pour la santé et l’UM6P ont créé des filières dans les métiers du sport. Il est important de reconnaître que tout le monde ne deviendra pas un joueur de haut niveau. Il y aura des échecs, mais nous avons prévu des alternatives pour y répondre.
Les jeunes qui n’auront pas la chance de signer un contrat professionnel auront également la possibilité d’obtenir des diplômes dans les métiers du sport. Par la suite, ils pourront occuper des postes d’entraîneur ou d’éducateur au sein d’une organisation sportive, ce qui leur offrira des opportunités et les empêchera de se perdre dans la nature.
– À partir de combien de joueurs issus du programme et sélectionnés en équipe nationale pour la Coupe du monde 2030 pourrait-on considérer que ce programme de formation est une réussite ?
– L’objectif est d’avoir des joueurs qui nous représenteront en 2030. Cependant, il est difficile de donner un pourcentage précis, car il faut aussi prendre en compte les binationaux, qui sont tout aussi marocains et dont nous sommes très fiers. Ensuite, ce sera une question de concurrence. Mais je peux vous assurer qu’il y aura un équilibre, du 50-50. Nous sommes confiants, et cela sera le cas pour les équipes nationales de jeunes.
Programme IA Starter : 30 cadres formés à l’IA et au codage à Oujda
Dans une volonté commune de promouvoir l’innovation dans le service public et d’accompagner la transformation numérique des institutions, Zone01 Oujda, en partenariat avec la wilaya de la région de l’Oriental, le Conseil de la région de l’Oriental, l’Université Mohammed Ier, l’Agence de développement de l’Oriental et le Centre régional d’investissement de l’Oriental, a organisé le programme IA Starter, du 14 au 18 avril 2025 sur le campus de Zone01 Oujda.
Ce programme intensif s’adressait aux cadres et responsables des administrations locales. Il avait pour objectif de leur transmettre les fondamentaux de la programmation, de les initier à une collaboration efficace avec l’intelligence artificielle dans leurs missions quotidiennes et de renforcer leur capacité à travailler collectivement de manière plus agile et innovante.
Cette première édition, inédite à l’échelle locale et nationale, a réuni 30 participants issus de diverses institutions et structures administratives, témoignant ainsi de l’intérêt croissant porté à la digitalisation du secteur public.
Le programme s’appuyait sur la méthode d’apprentissage entre pairs (Peer-to-Peer Learning), adoptée par 01Talent, une organisation internationale reconnue pour son expertise dans le développement des talents numériques dans plusieurs pays. Cette approche pédagogique, éprouvée depuis plus de vingt ans, est aujourd’hui utilisée pour former certains des meilleurs développeurs au monde.
Son intégration dans le contexte administratif a représenté une opportunité unique pour les agents publics d’acquérir de nouvelles compétences en travaillant en équipes hétérogènes, favorisant ainsi l’intelligence collective, la créativité et la résolution de problèmes de manière innovante.
Le programme reposait sur une approche pratique et interactive, permettant aux participants de maîtriser les bases du codage et de s’approprier l’usage concret des outils d’intelligence artificielle dans leur environnement professionnel, à travers les modules suivants :
Introduction simplifiée aux concepts fondamentaux de la programmation ;
Ateliers pratiques sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les tâches administratives ;
Activités collaboratives pour développer le travail d’équipe et l’intelligence collective.
La CGEM lance l’initiative « Génération AI : Booster 1.000 PME marocaines »
Ce programme vise à accompagner 1.000 petites et moyennes entreprises marocaines dans l’adoption de l’intelligence artificielle (IA) en leur fournissant des licences d’apprentissage exclusives sur LinkedIn, précise la Confédération dans un communiqué.
Via ce programme, la CGEM et ses partenaires ambitionnent d’outiller les entrepreneurs marocains avec les connaissances et les compétences essentielles pour mieux appréhender les nouvelles opportunités offertes par l’intelligence artificielle et ainsi booster leur compétitivité et productivité, fait savoir la même source.
Les entrepreneurs auront également accès à plusieurs modules de formation, notamment sur l’innovation, le développement durable, la stratégie digitale. Ils recevront des licences individuelles et non transmissibles, valables jusqu’en septembre 2025.
Sont également associés à cette initiative l’AFEM (Association des femmes entrepreneurs du Maroc) et le Technopark pour maximiser l’impact de ce programme auprès de toute la communauté des entrepreneurs marocains.
L’UM6P choisie pour piloter le pôle du développement durable au Forum sur les minéraux du futur de Riyad
En vertu de cette décision, l’UM6P sera en charge, aux côtés de deux centres en Arabie Saoudite et en Afrique du Sud, de la formation des jeunes pour tirer parti des opportunités qu’offre le secteur des mines à travers l’exploration et l’exploitation géologiques et la création d’une industrie minière du futur productive, avec peu d’impact environnemental.
Ces centres seront soutenus suivant les principes de partage de connaissances et d’encouragement de la coopération transfrontalière par six autres centres issus du Canada, de Grande-Bretagne, d’Australie, de Turquie, des Etats-Unis et de l’Université de Pennsylvanie.
(Avec MAP)
Ouverture à Marrakech d’une nouvelle école de police
Cette école s’assigne pour mission principale de renforcer le système de formation policière et d’accroître la capacité d’accueil des structures policières dédiées à la formation, à travers des programmes de formation de base au profit d’une partie des nouvelles promotions de stagiaires relevant du cycle des gardiens de la paix, en plus de la contribution à l’enrichissement et au renforcement des programmes de formation continue.
L’ouverture de la nouvelle école de Marrakech s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des projets structurants annoncés récemment par la DGSN dans le cadre de son programme annuel, relatifs à la réhabilitation et au développement des structures de police, notamment le renforcement des infrastructures de formation policière et l’appui aux pôles régionaux des écoles de formation sécuritaire.
Depuis 2016, la DGSN s’est engagée dans un projet ambitieux visant à développer le système de formation policière en tant qu’élément clé d’une réforme globale et profonde de la fonction sécuritaire, à travers la révision de la charte de recrutement et des méthodes de formation, outre la création de nouvelles écoles spécialisées et proches géographiquement des nouveaux stagiaires.
Conformément à cette nouvelle vision stratégique, la DGSN dispose désormais de plusieurs écoles de formation et d’entraînement sécuritaires, dont l’Institut royal de police (IRP) de Kénitra, ainsi que plusieurs autres écoles de formation des gardiens de la paix dans les villes de Laâyoune, Oujda, Fès, Tanger, Marrakech, Bouknadel et Fouarat dans la banlieue de Kénitra, outre le Centre supérieur de formation policière à Ifrane, dont l’inauguration est prévue prochainement, avec pour ambition de devenir un pôle de coopération sécuritaire internationale et africaine dans le domaine de la formation policière.
Une nouvelle école de police d’une capacité de 500 stagiaires
Le directeur général de la Sûreté nationale (DGSN) et de la surveillance du territoire (DGST) a effectué une visite d’inspection au siège de la nouvelle école de formation des gardiens de la paix à Marrakech, avant son inauguration officielle, pour s’informer des derniers préparatifs et des dispositions prises pour accueillir la première promotion des nouveaux gardiens de la paix stagiaires.
La nouvelle école de formation des gardiens de la paix de Marrakech a été construite sur une superficie totale de 7.826 m2, avec une capacité d’accueil de 500 stagiaires tout au long de la période de formation de base des gardiens de la paix.
L’école dispose d’un espace d’hébergement comprenant 16 unités, une cuisine équipée, deux restaurants séparés et un ensemble d’installations de santé, outre un pavillon pédagogique abritant une salle polyvalente d’une capacité de 100 personnes, 10 salles de classe, une salle d’informatique et une salle pour les visioconférences.
Cette structure est également équipée d’une clinique offrant des consultations médicales de premier et deuxième niveaux, d’un espace administratif de 19 bureaux, d’une salle de réunion, d’une salle de prière, d’une cour pour la cérémonie de lever du drapeau national, ainsi que de multiples cours pour les divers entraînements paramilitaires et sportifs.
(Avec MAP)
« Video Game Creator », un programme pour former 40 jeunes talents dans le domaine du jeu vidéo
Le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication a lancé, le lundi 6 janvier à l’Université internationale de Rabat (UIR), le programme de formation « Video Game Creator ». Destiné à 40 jeunes Marocains, ce programme vise à les préparer aux métiers du développement de jeux vidéo.
En partenariat avec l’ambassade de France au Maroc, ce programme s’inscrit dans le cadre de la Déclaration d’intention signée en octobre dernier entre les deux pays, sous l’égide du Roi Mohammed VI et du président français Emmanuel Macron. Un accord qui ambitionne de soutenir et structurer l’écosystème de l’industrie du jeu vidéo.
La formation, d’une durée de neuf mois (du 6 janvier au 3 octobre 2025), a pour objectif de renforcer les compétences professionnelles et managériales des jeunes Marocains, en vue de soutenir le développement de l’industrie du gaming au Maroc et d’affirmer le Royaume comme un acteur clé en la matière.
Le programme « Video Game Creator »est réalisé en partenariat avec trois institutions, à savoir « ISART Digital », la deuxième meilleure école de développement de jeux électroniques au monde, chargée de la formation avec son équipe académique, l’UIR qui accueille le cycle de formation, et l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma, qui procurera les moyens logistiques nécessaires.
Grâce aux partenaires, les jeunes Marocains bénéficieront d’une prise en charge complète des frais de scolarité, habituellement très élevés pour ce genre de formation, et se verront offrir des opportunités d’emploi et des solutions d’hébergement.
(Avec MAP)
L’UM6P ouvre une antenne à Montréal
Cette antenne a pour but de créer un environnement de recherche connecté à l’échelle mondiale ainsi que d’encourager les collaborations qui vont servir à accélérer le renforcement des capacités et le transfert de connaissances entre les deux côtés de l’Atlantique, indique un communiqué de l’UM6P.
En fixant les idées sur quatre domaines clés, en précisant la recherche et le développement, la formation continue, l’entrepreneuriat et le développement des capacités, UM6P Canada vise à favoriser les collaborations promouvant l’échange de connaissances, de transfert de technologies et le renforcement des compétences, poursuit la même source.
Ayant pour objectif de développer des liens transcontinentaux en collaborant pas seulement avec ses partenaires canadiens actuels, notamment l’UQAM, l’Université Laval, l’Université de Sherbrooke, l’Université de l’Alberta et l’Université de Manitoba, mais également avec l’ensemble de l’écosystème canadien de l’éducation, la recherche et l’innovation.
« Avec l’ouverture de la nouvelle antenne UM6P Canada, nous marquons une étape importante dans notre engagement à renforcer les liens entre l’Afrique et l’Amérique du Nord. En collaboration avec nos partenaires canadiens, nous répondons au besoin d’innovation et favorisons la coopération internationale face aux défis contemporains. Cette ouverture s’inscrit dans une démarche proactive pour aborder les enjeux mondiaux tels que la transition énergétique, la durabilité environnementale et les avancées de l’intelligence artificielle. Notre partenariat intercontinental incarne une réponse concrète et collaborative pour construire un avenir plus résilient et durable », précise Hicham El Habti, président de l’UM6P, cité dans le communiqué.
Cette nouvelle antenne se constituera également comme une plateforme de réseautage et de collaboration avec les compétences Marocaines et Africaine au Canada, et contribuera activement à l’écosystème d’innovation de l’Amérique du Nord en soutenant des projets dans cinq secteurs essentiels : l’agriculture, l’énergie, l’exploitation minière, l’intelligence artificielle et le développement durable. L’UM6P a la volonté de générer des impacts significatifs, notamment à travers la conclusion d’accords commerciaux, le dépôt de brevets et le transfert de technologies, tout en encourageant la création de startups et de nouvelles entreprises, conclut le communiqué.
Le SGG lance la 3e édition de son programme de formation continue en légistique
Ce programme de formation organisé pour la troisième année consécutive, au profit des conseillers juridiques et des cadres administratifs du SGG, ainsi que des responsables et cadres juridiques relevant de plusieurs départements ministériels, a pour objectif le renforcement des compétences de plus de 80 cadres juridiques en la matière, a indiqué le SGG dans un communiqué.
A cette occasion, Bensalem Belkourati, directeur général de la Législation et des études juridiques au sein du SGG, a affirmé que cette initiative vise l’accompagnement des grands chantiers engagés, sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, qui nécessitent l’adoption d’une panoplie de mesures à caractère législatif et réglementaire. Aussi, elle traduit la volonté indéfectible du SGG d’améliorer la qualité du droit.
Ce que contient le projet de décret sur les centres régionaux des métiers de l’éducation et de la formation
« Ce décret entre dans le cadre de l’application de l’article 98 de la loi-cadre 51-17, relatif au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique, qui stipule que la formation de base constitue une condition obligatoire à l’accès aux fonctions d’enseignement, de formation, d’encadrement, de gestion et d’inspection », lit-on sur la note de présentation du texte consultée par Médias24.
« Ce texte a pour but principal de modifier et de compléter certaines dispositions du décret 2.11.672, publié le 23 décembre 2011, relatif à la création et l’organisation des centres régionaux des métiers de l’éducation et de formation », ajoute la dite note.
Le centre régional est géré par le directeur général, 4 directeurs assistants et un secrétaire général
Dans le détail, ce nouveau décret révise les dispositions relatives à la nomination des directeurs des centres régionaux, de leurs secrétaires généraux, des directeurs assistants ainsi que de leurs fonctions. Il fixe également les catégories de leurs fonctionnaires, notamment les cadres enseignants. Il assure toutefois que les fonctionnaires travaillant actuellement dans ces centres poursuivront l’exercice de leurs fonctions de manière stable et continue à la date d’entrée en vigueur de ce nouveau texte modificatif.
Il dispose que chaque centre est géré par un directeur général, nommé selon l’article 92 de la Constitution et l’article 33 de la loi 01.00 portant organisation de l’enseignement supérieur et ses textes d’application. Il est aidé par quatre directeurs assistants et un secrétaire général.
Les directeurs assistants sont pour leur part nommés par l’autorité gouvernementale chargée de l’Education nationale, selon les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Il s’agit :
– d’un directeur assistant chargé du cycle de préparation aux concours d’agrégation ;
– d’un directeur assistant chargé du cycle de formation des cadres de l’administration et des spécialistes éducatifs, sociaux et en économie et administration.
– d’un directeur assistant chargé du cycle de qualification des cadres d’éducation ;
– d’un directeur assistant chargé de la formation continue et de la recherche scientifique.
Les secrétaires généraux des différents centres régionaux sont également nommés par l’autorité gouvernementale chargée de l’Education nationale, selon les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Ils doivent disposer, au moins, d’une attestation de formation supérieure, avec une expérience prouvée dans la gestion administrative. Sous la supervision des directeurs généraux, ces SG gèrent un ensemble de services administratifs et financiers des centres régionaux, ainsi que le secrétariat général des conseils desdits centres.
L’organigramme des différents centres est aussi fixé par décision de l’autorité gouvernementale chargée de l’Education nationale, et visé par les autorités chargées des Finances et la Réforme de l’administration.
Les fonctions de ces centres régionaux
Selon ce décret, ces centres régionaux prennent en charge l’opérationnalisation de la stratégie et des programmes et plans de l’autorité gouvernementale chargée de l’Education nationale dans les domaines de la formation de base, de la formation continue, de la recherche scientifique.
Ils sont également chargés de la proposition de projets de réforme, d’amélioration et de renouvellement des programmes de formation des cadres pédagogiques dans les secteurs de l’éducation, de la pédagogie, et de la gouvernance dans les établissements d’éducation, d’enseignement et de formation. Plus en détail, ci-dessous les principales fonctions desdits centres régionaux :
– La formation de base qualifiante des enseignants du primaire, de ceux du secondaire collégial et du secondaire qualifiant, ainsi que la formation de base de différents cadres, à savoir les administrateurs éducatifs, les spécialistes éducatifs, les spécialistes sociaux, et les spécialistes en économie et en administration ;
– La préparation des candidats au concours d’agrégation ;
– La formation continue et l’expertise au profit des cadres cités ci-haut, ainsi que les cadres éducatifs, administratifs et techniques appartenant aux différentes catégories professionnelles travaillant au sein du ministère de l’Education nationale, ainsi que ceux travaillant dans les établissements privés ;
– Les activités de recherche scientifique théorique et pratique, les études, ainsi que le partage des connaissances dans les secteurs qui entrent dans leurs prérogatives, ou qui nécessitent une formation. Ces centres doivent également participer aux activités de recherche scientifique organisées par les autres établissements et entités.
Par ailleurs, ces centres se chargent également de la préparation et de l’organisation de sessions de formation et de formations spécialisées, ainsi que des conférences et des rencontres au profit des différentes catégories d’enseignement, avec pour but d’améliorer leurs capacitéset leurs compétences professionnelles, ou encore de les préparer aux différents concours et examens de compétence professionnelle, et ce en coordination avec les entités administratives concernées.
Les centres peuvent aussi :
– Organiser des sessions de formation au profit des cadres ayant des postes de responsabilité au niveau des Académies régionales d’éducation et de formation (AREFs), et des services qui relèvent de celles-ci ;
– Signer des conventions de partenariat, dans leur spécialité, avec les entités et établissements publics et privés, nationaux ou internationaux.
Ce nouveau décret fixe aussi les cycles et les filières qui bénéficieront d’une formation de base dans ces centres régionaux. Deux nouveaux cycles de formation y seront par ailleurs créés, dont l’un au profit des spécialistes éducatifs, des spécialistes sociaux et des spécialistes en économie et en administration.
Il révise par ailleurs les conditions d’accès aux cycles de formation, qui reposeront à présent sur une présélection des dossiers de candidature, mais aussi la réussite du concours d’accès, et fixe les diplômes qui couronneront les différentes formations, selon les cycles.
Une bourse de 1.400 DH mensuel pour les cycles de qualification
Selon ce nouveau décret, les étudiants des cycles de qualification des cadres d’enseignement, et des cycles des spécialistes éducatifs, sociaux, et en économie et en administration profitent d’une bourse mensuelle de 1.400 DH à partir de la date à laquelle ils ont rejoint ces centres régionaux, et ce durant les deux ans de formation.
Les candidats ayant réussi le cycle de qualification des cadres d’enseignement reçoivent, à la fin de leur formation, les attestations nationales suivantes, selon leur spécialité :
– Attestation de qualification d’éducation du primaire ;
– Attestation de qualification d’éducation du secondaire collégial ;
– Attestation de qualification d’éducation du secondaire qualifiant.
Les modalités d’accès à chaque cycle
Ce décret détaille également les conditions d’accès à chacun des cycles de formation. Pour ce qui est du cycle de formation des cadres éducatifs, les candidats sont acceptés après une première présélection, suivie de la réussite du concours d’accès auquel participent les enseignants du primaire, du secondaire collégial, et du secondaire qualifiant, ainsi que les spécialistes sociaux, éducatifs, en économie et administration.
La durée de formation s’étale sur deux ans, couronnée par un diplôme d’administrateur éducatif. Les personnes enregistrées dans ce cycle de formation continuent toutefois de recevoir leurs salaires durant leur durée de formation.
Il en est de même pour les candidats au cycle de formation des spécialistes éducatifs, sociaux, et en économie et administration, admis sur une première présélection, et la réussite du concours d’accès.
En revanche, pour cette catégorie, la formation dure une année, couronnée par une attestation de formation dans le soutien administratif, éducatif, et social, selon le cycle de formation.
Sont par ailleurs fixés par décision de l’autorité gouvernementale chargée de l’Education nationale, et sur la base d’une proposition des conseils des centres régionaux, et après avis du conseil de coordination :
– Les dispositions et les programmes des concours d’accès à ces centres ;
– Les contenus de formations théorique et pratique dans ces centres, ainsi que les modalités des formations pratiques et scientifiques ;
– le système d’évaluation pour l’obtention d’attestations ou de diplômes délivrés par lesdits centres.
Ce décret entre en vigueur à partir de sa date de publication au Bulletin officiel. Toutefois :
– Les étudiants enregistrés dans ces centres avant cette date restent assujettis aux dispositions de décret 2.11.672 en vigueur actuellement ;
– les fonctionnaires travaillant au niveau de ces centres, continuent d’exercer leurs fonctions de manière continue et stable, à la date d’entrée en vigueur de ce nouveau décret.