Pavillon Bleu 2025 : 33 sites marocains labellisés

Pour la saison estivale 2025, le Pavillon Bleu flottera sur 28 plages, 4 ports de plaisance et un lac de montagne au Maroc, indique la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement dans un communiqué.

Il s’agit des plages de Oued Laou, Essaouira, Arekmane, El Haouzia, Sidi Rahal 4e tranche, Bouznika, Ba Kacem, Mdiq, Rifienne, Sidi Ifni, Saïdia Municipale, Station Touristique Saidia Ouest, Dalia, Achakar, Sol, Bedouza, Safi Municipale, Souiria Lakdima, Aglou, Imin Tourgha, Oum Labouir, Foum el Oued, Skhirate, Sidi Abed, Les nations, Aïn Diab extension, Al Minaa et Est Marina Smir.

Le lac de montagne Aguelmam Azegza, situé dans le Parc national de Khénifra, renouvelle également son Pavillon bleu. Niché entre une falaise majestueuse et une forêt de cèdres centenaires, ce joyau du Moyen Atlas a fait l’objet d’un aménagement soutenu par la région et les autorités locales.

Du côté des ports de plaisance, Tanja Marina Bay devient le quatrième site portuaire à arborer le Pavillon bleu. Ce site ouvert en 2018 dans le cadre de la reconfiguration du port de Tanger s’impose aujourd’hui comme le plus grand port de plaisance du Royaume, avec 1.400 anneaux.

Exigeant et reconnu, souligne le communiqué, le Pavillon bleu repose sur quatre critères fondamentaux, à savoir la qualité des eaux de baignade, l’information et la sensibilisation à l’environnement, l’hygiène et la sécurité ainsi que l’aménagement et la gestion durable. Des contrôles inopinés sont réalisés tout au long de l’été pour vérifier le respect de ces critères, relève la même source.

Laâyoune. L’exception naturelle en trois lieux mémorables (1/2)

Quand on pense à Laâyoune, on pense d’abord aux immensités sahariennes et aux dunes sablonneuses. À raison, car la province est une véritable carte postale de ce qui fait la beauté si typique du Sud marocain. Alors qui aurait imaginé, que dans ce paysage particulièrement désertique, un vent de fraîcheur allait, d’année en année, former un nouveau microcosme tempéré, revigorant, au cœur de la chaleur extrême ambiante ?

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Foum El Oued : la mer et le désert 

Des estivants viennent se rafraîchir et se prélasser dans ce site balnéaire qui a su garder son caractère naturel. Car c’est bien de plage qu’il s’agit, celle de Foum El Oued. Situé à 25 km de Laâyoune, le site a déjà connu nombre de transformations à la faveur de l’installation d’une technopole, une cité du savoir et de l’innovation. Il voit aujourd’hui émerger un site balnéaire qui attire chaque été une centaine de milliers de visiteurs, venus pour l’essentiel de la province et de la région.

 

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Une plage propre, reconnaissable à son eau très fraîche et à son sable fin tout le long des 7 km du rivage. Une plage équipée pour accueillir les estivants dans les meilleures conditions, tout en préservant sa « nature sauvage » qui s’intègre magnifiquement dans son environnement naturel. On se détend au bord de la mer, on s’y rafraîchit, mais on y pêche aussi, et certains y viennent aujourd’hui pour s’adonner aux joies du surf et du windsurf. Autant d’animations qui font beaucoup parler de ce qui est en train de devenir une véritable destination balnéaire dans les régions du Sud.

Oasis Lamssid : au pays des hommes bleus 

Au sortir de Laâyoune, en direction de Smara, une des curiosités environnantes est le paysage qui encadre l’oued Sakia Al Hamra. Un oued qui doit son nom à sa couleur argileuse aux teintes rougeâtres. Au milieu de la flore, ici et là, on peut observer des flamants roses et d’autres espères ornithologiques endémiques de la région qui viennent peupler les nombreux plans d’eau qui surgissent au milieu des dunes. En continuant à longer le fleuve sur une quinzaine de kilomètres, on commence déjà à ressentir l’air chaud de l’enfoncement dans le Sahara quand on tombe sur une palmeraie : Lamssid, une halte bienvenue au milieu des palmiers.

 

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Petit village au sud-est de Laâyoune, cette palmeraie paisible fait oublier, par la fraîcheur de son microclimat, la chaleur ambiante. Entourée de dunes sablonneuses, Lamssid est une destination très prisée des touristes, en raison de sa végétation, de l’empreinte hassanie qui marque tous les recoins du village et, surtout, de l’atmosphère paisible qui y règne.

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Une agriculture résistante à la salinité dans les régions du Sud, c’est possible !

Outre un climat saharien caractérisé par des conditions extrêmes en matière de température et de pluviométrie, la salinité dans certaines régions du sud du Maroc affecte le niveau de production des cultures traditionnelles (maïs fourrager, luzerne), occasionnant une production relativement faible.

Pour Abdelaziz Hirich, professeur à l’Université Polytechnique Mohammed VI, cette réalité n’est pas une fatalité. « Certes, la majorité des eaux souterraines de la région sont salines (plus de 4 g/l de salinité), et les terrains de parcours souffrent de dégradation souvent avancée », déplore-t-il. 

Toutefois, dans ces régions où le secteur de l’élevage constitue la vocation agricole la plus importante, « il existe un potentiel appréciable en ressources naturelles permettant le développement d’une agriculture biosaline », assure notre interlocuteur. 

Sesbania, millet perlé, sorgho…

En effet, « les cultures fourragères alternatives auront un potentiel important vu la demande croissante en termes de fourrage », explique Abdelaziz Hirich. 

A l’occasion d’une présentation en marge de la 15e édition du Salon international de l’agriculture (SIAM), le chercheur fait le point sur un projet qui promeut l’agriculture dans les régions du Sud, initié par la Fondation Phosboucraa, l’Université Polytechnique Mohammed VI et l’Institut africain de recherche en agriculture durable. 

L’agriculture biosaline repose sur des cultures et variétés tolérantes à la salinité, des pratiques culturales adaptées, des ressources en eau saline ainsi que des sols salins et marginaux, en favorisant les cultures suivantes :

– sesbania ; 

– millet perlé ; 

– sorgho ; 

– orge ; 

– quinoa ; 

– blue panicum ; 

– triticale ; 

– betterave fourragère.

Les points fort de ce type d’agriculture se déclinent comme suit : 

– amélioration des revenus des agriculteurs ; 

– utilisation des cultures tolérantes à la salinité à usage alimentaire fourrager, médicinal et agroforestier ; 

– utilisation des plantes halophytes ;  

– développement de pratiques culturales adaptées ; 

– gestion et pilotage de l’irrigation sous des conditions de salinité ; 

– amendements organiques et inorganiques, combinés à des biostimulants pour les sols affectés par la salinité ; 

– valorisation des ressources en eau saline ; 

– développement de la chaîne de valeur des cultures, des business modèles et de l’entrepreneuriat.

Six zones agro-climatiques concernées

Les exemples de réussite dans l’agriculture biosaline sont multiples. Six zones agro-climatiques sont concernées par « autant de plateformes expérimentales avec un profil technologique, notamment à Tarfaya, Foum El Oued, Tadkhast, Bir Anzarane, Es-Smara et Jrifia« , indique Abdelaziz Hirich. 

L’un des projets dont les résultats sont les plus encourageants tient à l’introduction des cultures alternatives dans la région de Laâyoune, en particulier dans le périmètre de Foum El Oued affecté par la salinité. Ce périmètre est fortement dépendant de la nappe côtière éponyme. Elle fait partie des 13 aquifères côtiers du Royaume qui subissent l’intrusion de l’eau de mer, la sécheresse et la surexploitation à des fins agricoles. 

Ces dernières décennies, les zones côtières du Maroc ont connu un important développement socio-économique qui a conduit à une surexploitation des 13 aquifères côtier. S’en est ensuivie une dégradation de la qualité de leurs ressources en eau en raison de la hausse de la salinisation, l’aquifère étant une structure géologique perméable contenant de l’eau issue de l’infiltration. 

La salinisation représente quant à elle un processus selon lequel la solution du sol se minéralise sous l’influence de mécanismes physiques. La minéralisation des eaux souterraines dans les aquifères côtiers du Royaume croît du nord au sud, en particulier le long de l’Atlantique. 

Le périmètre de Foum El Oued affecté par la salinité 

Sur la côte atlantique, la situation de l’aquifère de Foum El Oued, situé dans la partie Sud, est la plus préoccupante, d’après une étude scientifique. Cette ressource est caractérisée par des valeurs de salinité très élevées dues à l’intrusion marine, en particulier dans les deux premiers kilomètres de la partie nord-ouest de la côte. 

En outre, « l’avancée de l’eau salée marine est également mise en évidence sur 4,3 km en direction du continent, notamment dans la zone de fort pompage de l’Office national de l’eau potable (ONEE) », précisent les auteurs de l’étude.

En plus de l’intrusion marine, d’autres facteurs contribuent à la forte salinité de l’eau de mer dans l’aquifère de Foum El Oued, notamment les rejets urbains et de l’industrie de transformation du poisson dans la ville de Laâyoune. Les prélèvements et l’industrie génèrent un abaissement progressif de la nappe qui favorise une avancée considérable de l’eau de mer en son sein. 

« Cette intrusion marine et l’abaissement de la nappe sont également favorisés par le manque de pluviométrie dans le sud du pays », complète Yassine Ez-Zaouy, l’un des auteurs de l’étude. De plus, en raison des températures élevées dans cette région du pays, le processus d’évaporation joue un rôle important dans l’augmentation de la salinisation du sol et de l’eau. 

Des performances agronomiques importantes

L’introduction des cultures alternatives dans le périmètre de Foum El Oued est une aubaine inestimable dont ont pu bénéficier les 52 membres de la coopérative Sakia El Hamra, pour une production laitière de 22 tonnes par jour.

De surcroît, « les nouvelles cultures alternatives introduites ont montré des performances agronomiques importantes surtout les graminées (blue panicum, orge, avoine, triticale) au niveau de toutes les plateformes », se réjouit Abdelaziz Hirich. 

« Les amendements organiques et la fertilisation NPK ont eu un impact très positif sur la production fourragère sous les conditions de salinité. En effet, le rendement a été doublé ou triplé dans la majorité des cas », ajoute-t-il. 

En sus, la production de blue panicum en culture intercalaire avec la luzerne a permis de doubler le rendement fourrager. La récolte de blue panicum tous les 40 jours a permis de maximiser le rendement et d’obtenir un fourrage de meilleure qualité.

En somme, les bonnes pratiques agricoles testées sous différentes conditions pédoclimatiques et de salinité ont permis d’améliorer la productivité des cultures fourragères avec un taux de 5% à 200%. « La substitution des fourrages traditionnels avec le blue panicum a stabilisé la production laitière, amélioré l’indice de transformation laitière et réduit le coût alimentaire par 32% », conclut notre interlocuteur.