La réélection de Fouzi Lekjaa a eu lieu lors des travaux de la 28e assemblée générale de l’UAFA, tenue lundi 15 septembre à Riyad, aux côtés de Hani Abou Rida (Égypte), Ahmed Yahya (Mauritanie) et Dr. Moatasem Jaafar (Soudan), a annoncé la FRMF.
Par ailleurs, le Maroc accueillera la phase finale de la Coupe arabe de football féminin, prévue du 2 au 18 septembre 2027.
Londres évalue à 410 milliards de DH les marchés publics d’ici 2028 au Maroc
Les deux pays ont annoncé une série d’accords visant à approfondir leur collaboration et à consolider leurs liens commerciaux, précise un communiqué du gouvernement britannique. Ces accords s’inscrivent dans une volonté commune de « stimuler la croissance économique et de créer des emplois« .
Le secrétaire d’État aux Affaires étrangères britannique, David Lammy, a dans ce sens signé plusieurs partenariats ouvrant la voie à la participation d’entreprises britanniques à des projets à travers le Maroc. Les opportunités liées aux marchés publics sont estimées selon le gouvernement « à environ 33 milliards de livres sterling (410,7 milliards de DH) pour les trois prochaines années ». Parmi celles-ci figure la possibilité pour des entreprises spécialisées dans les infrastructures de « contribuer aux préparatifs des villes hôtes de la Coupe du monde, telles que Marrakech, Casablanca et Rabat ».
D’autres annonces concernent une coopération accrue entre le Royaume-Uni et le Maroc dans les domaines de la migration, de la lutte contre le terrorisme, ainsi qu’une action conjointe pour faire face au stress hydrique et au changement climatique, ajoute-t-on. « Ces initiatives visent à renforcer la sécurité et à promouvoir des opportunités de croissance verte pour les deux nations ».
Un accord de coopération portant sur les infrastructures hydrauliques et portuaires, d’une valeur potentielle de 200 millions de livres sterling (2,4 milliards de DH), a également été conclu, poursuit le communiqué. Il mettra en avant l’expertise britannique en matière de gestion durable de l’eau, de logistique intelligente et de technologies portuaires vertes.
Un autre accord, relatif aux marchés publics, « facilitera l’accès des entreprises britanniques aux appels d’offres publics au Maroc, en garantissant des conditions de concurrence équitables ».
Le secrétaire d’État britannique de la politique commerciale, Douglas Alexander, a pour sa part insisté sur l’importance croissante du Maroc « comme partenaire commercial et d’investissement, et sur le rôle que peuvent jouer des liens économiques renforcés dans la création d’emplois et le soutien aux entreprises ».
Dans ce sillage, un nouvel accord a été annoncé concernant le secteur de la santé, prévoyant la fourniture d’équipements britanniques à des hôpitaux et centres médicaux marocains, dans un contexte où le Maroc prévoit des investissements importants pour la modernisation de son système de santé, conclut-on.
Mondial 2030 : le Royaume-Uni appuie le Maroc pour l’organisation et les infrastructures
Signé par le ministre délégué au Budget, Fouzi Lekjaa, et le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, au Commonwealth et au développement, David Lammy, cet accord marque une nouvelle étape dans la dynamique de coopération bilatérale en matière de sport, d’infrastructures et de développement économique.
À travers ce mémorandum, le Royaume-Uni exprime sa volonté de mobiliser son expertise technique, son écosystème d’entreprises et ses capacités d’accompagnement pour contribuer à la réussite de ce projet d’envergure.
Les deux parties ont convenu de collaborer étroitement autour d’un ensemble de projets, notamment en ce qui concerne les stades, les infrastructures de transport ainsi que les services liés à la gestion d’événements internationaux.
Cet engagement mutuel illustre une ambition partagée : faire de la Coupe du monde 2030 une réussite sportive, logistique et humaine, porteuse d’opportunités économiques et de partenariats durables, dans le respect des valeurs universelles de solidarité, d’excellence et d’inclusion.
La cérémonie de signature s’est tenue au Complexe Mohammed VI de football à Salé, en présence de hauts responsables des deux parties.
(Avec MAP)
Ismail Lyoubi : « Evosport veut adresser toutes les disciplines sportives, pas seulement le foot »
À la tête d’Evosport, filiale de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) dédiée au développement du sport au Maroc, Ismail Lyoubi incarne une vision ambitieuse et tournée vers l’avenir. Ingénieur de formation, il met à profit son expérience au sein du groupe OCP, notamment comme gestionnaire d’une structure omnisports à El Jadida, pour piloter un projet d’envergure dans le domaine du sport.
Objectif ? Bâtir un modèle durable de formation des jeunes footballeurs, professionnaliser l’écosystème sportif et accroître la visibilité des talents marocains à l’échelle internationale. Dans cet entretien exclusif, il revient sur la genèse de la société Evosport, son rôle dans la transformation du football national, les mécanismes de financement mis en place et les partenariats avec les clubs. Sans oublier les perspectives de développement de la société Evosport, au-delà du ballon rond.
Médias24 : Pouvez-vous nous présenter Evosport et ses principales missions ?
Ismail Lyoubi : Evosport est une filiale de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), créée en 2024, entièrement dédiée au développement du sport au Maroc et sur le plan continental. Elle est détenue à 100 % par l’Université Mohammed VI Polytechnique et s’inscrit dans une vision de création d’un véritable écosystème sportif. Son rôle est de participer activement à la dynamique nationale et continentale autour du sport.
Nous avons jugé que le moment était idéal pour lancer cette initiative, afin de répondre à des enjeux précis de développement de l’écosystème sportif tant au Maroc qu’à l’échelle africaine. Plusieurs défis ont guidé sa création. D’abord, la professionnalisation et la gouvernance dans le sport, à la lumière des Hautes Orientations données par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui érige également le développement des infrastructures et la formation en tant que piliers de cette dynamique nationale.
Ensuite, la formation, au sens learning, dans les métiers du sport avec un focus sur la gouvernance, car on ne peut pas professionnaliser sans des acteurs qualifiés. Enfin, l’investissement, avec l’ambition de créer des modèles économiques durables pour faire du sport un levier de développement humain et socio-économique, notamment pour la jeunesse. Cet aspect est au cœur des priorités de l’UM6P et du groupe OCP.
En partenariat étroit avec la DTN, nous mettons en œuvre des standards élevés de gouvernance
-Quel rôle joue Evosport dans la mise en œuvre du nouveau programme de formation des jeunes footballeurs ?
-Ce programme repose sur un Fonds de national de formation lancé à l’initiative de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), du groupe OCP et d’autres acteurs économiques. L’objectif est d’installer un modèle professionnel de formation des jeunes footballeurs au Maroc. C’est une initiative inédite à l’échelle mondiale.
Ce modèle s’appuie sur les réalisations existantes, comme celles de l’Académie Mohammed VI, qui ont déjà porté ses fruits avec des joueurs présents à la Coupe du Monde 2022.
L’idée est désormais de répliquer et démultiplier ce modèle à l’échelle nationale, au sein des clubs professionnels. Cela implique la professionnalisation des centres de formation selon deux volets. D’une part, le volet technique, sous la responsabilité de la Direction technique nationale (DTN), qui veille à la qualité et à l’uniformité des programmes de formation.
D’autre part, le volet opérationnel, géré par Evosport, qui concerne l’administration, la gestion financière, la logistique, les ressources humaines, les programmes sport-études et la performance globale des centres. En partenariat étroit avec la DTN, nous mettons en œuvre des standards élevés de gouvernance, pour construire un modèle pérenne et aligné avec la vision de long terme du football marocain.
-Comment se construisent vos partenariats avec les acteurs clés de ce programme de formation ?
-Le partenariat repose sur trois parties prenantes : les clubs, la FRMF et Evosport. Nous accompagnons les clubs dans la gestion administrative et logistique de leurs centres de formation : recrutement, gestion du personnel, suivi des programmes sport-études, etc.
Toujours dans une logique de co-construction avec les clubs, dont les centres de formation restent un asset.
Notre rôle, ainsi que celui de la DTN, est un rôle de support, pour aider à leur professionnalisation. Ce travail se fait en coordination quotidienne avec les clubs, qui sont conscients que la performance de leurs équipes premières dépend d’une formation bien structurée.
Nous avons un alignement stratégique fort avec les clubs qui se reflètera à terme au niveau national. Puisque des centres de formation structurés et professionnels, c’est l’assurance d’avoir des clubs compétitifs, une ligue de très haut niveau et à terme, des équipes nationales compétitives. Cela génère aussi des retombées économiques positives à tous les maillons de la chaîne de valeur.
-Quel état des lieux avez-vous dressé de la professionnalisation au sein des centres actuellement au Maroc ?
-La professionnalisation est un objectif à terme, mais elle dépend de plusieurs volets : technique, logistique, organisationnel… Notre objectif à ce stade est d’harmoniser le niveau des clubs en matière de formation et de réduire les écarts en instaurant des standards communs.
Certains clubs étaient déjà bien structurés ; notre intervention y a été minimale. Ces clubs servent aujourd’hui de références pour diffuser de bonnes pratiques ailleurs. C’est l’avantage d’avoir une vision globale à travers une structure unificatrice comme Evosport. Notre objectif est d’atteindre un niveau homogène d’ici la fin de l’année, tout en respectant le rythme et la pro-activité de chaque club. Nous sommes là en tant qu’accélérateurs pour les accompagner à révéler leur potentiel.
-Les accords entre Evosport et les clubs portent sur quelle durée ?
-Nous avons lancé un projet sur dix ans, car un cycle de formation demande du temps : entre la phase de construction, la phase de stabilisation et ensuite une montée en puissance. Cette durée permet de bâtir un modèle solide et durable. La suite dépendra bien sûr des résultats obtenus.
-Y a-t-il des clauses de sortie prévues dans ces accords ?
-Je dirais qu’il y a plutôt des clauses d’entrée. Un club doit manifester une volonté claire de s’inscrire dans le programme et disposer des infrastructures exigées par le cahier des charges. Une fois intégré, un club peut, à terme, choisir de reprendre la gestion complète de son centre. Dans ce cas, il bénéficiera d’un cadre déjà structuré, d’un personnel qualifié et de processus de gouvernance en place.
-Une compensation financière est-elle prévue si un club reprend la gestion de son centre ?
-Justement, il faut distinguer le périmètre d’intervention de Evosport du Fonds National de Formation. Ce fonds, alimenté par différents partenaires, finance le fonctionnement des centres. Evosport en assure le pilotage opérationnel. Les frais de formation versés par les clubs sont réinjectés dans le fonds, afin d’en garantir la pérennité.
Le modèle est pensé pour l’équilibre financier, sans logique de profit pour Evosport. Si des bénéfices apparaissent à terme, ils seront réinvestis dans le développement des centres dans l’unique objectif d’accroitre l’impact.
-Quel type de contrat lie les jeunes joueurs au programme ?
-Il faut savoir que les jeunes restent affiliés à leurs clubs. Vous ne trouverez pas un jeune avec une licence Evosport. La licence est au nom des clubs et même en cas de signature d’un contrat professionnel, c’est entre le joueur et son club. Evosport ne signe avec aucun joueur.
Cependant, nous avons mis en place des conventions tripartites entre le joueur, le club et Evosport (en tant que gestionnaire du centre). Selon le modèle préétabli, lorsqu’un joueur passe en professionnel, le club reverse au Fonds National de Formation les frais de formation du joueur.
-L’indemnité versée est-elle fixe ou variable ?
-Elle est fixe, selon les catégories (clubs de première ou deuxième division), en cohérence avec les standards internationaux définis par la FIFA. Nous avons veillé à alléger la charge financière pour les clubs, pour faciliter le passage au statut professionnel tout en assurant la viabilité du fonds.
-Tous les jeunes ne deviendront pas professionnels. Quelles alternatives leur proposez-vous ?
-Même dans les meilleurs modèles internationaux, seuls 60 % des jeunes signent un contrat professionnel. Nous avons donc pensé aux 40 % restants à la genèse du projet. Dans ce sens, nous œuvrons avec la FRMF et le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports au développement des programmes sport-études, pour assurer un équilibre entre la performance sportive et académique.
Au niveau de l’UM6P, nous travaillons également activement sur ce volet formation pour développer des cursus des métiers du sport et assurer ainsi la phase post-bac. Les centres de formation comptent actuellement un bon nombre de jeunes qui excellent sur le plan académique.
Le but est de leur offrir la possibilité d’allier excellence sportive et académique pour aboutir à des modèles de réussite intégrée. Certains pourront ainsi poursuivre des études dans des domaines variés, y compris hors du domaine du sport (ingénierie, médecine, architecture…).
Nous mobilisons tous les moyens nécessaires pour assurer aux jeunes un cadre à la fois sécurisé et respectueux-Ce modèle peut-il renforcer la visibilité des talents marocains à l’international ?
-Absolument. L’Académie Mohammed VI en est déjà la preuve, avec des joueurs comme Nayef Aguerd ou Youssef En-Nesyri qui brillent à l’international. Cela montre que le Maroc a du talent. S’il est bien encadré, il peut produire des joueurs de haut niveau. Ce que nous voulons, c’est structurer l’écosystème, pour transformer ce potentiel brut en réussite mesurable.
Aujourd’hui, des joueurs d’origine africaine sont valorisés à plus de 180 millions d’euros en Europe, à l’image de Yamine Yamal. Il n’y a aucune raison pour que le Maroc ne soit pas à ce niveau dans quelques années. La matière première est là, il suffit de professionnaliser l’accompagnement.
Nous partageons tous cette ambition, le Président de la FRMF, Fouzi Lekjaa, a une vision et une ambition claires pour la formation qu’il a su insuffler à tous les acteurs et nous construisons dès maintenant les fondations de cette réussite future.
L’objectif d’Evosport n’est pas seulement le football, mais le sport d’une manière générale
-Quelles mesures sont mises en place pour garantir un environnement sécurisé et bienveillant pour les jeunes ?
-C’est un point essentiel et nous sommes parfaitement conscients de l’enjeu. Même si le contexte marocain, grâce à ses valeurs éducatives et sociales, instaure des garde-fous, nous ne laissons rien au hasard. Chaque centre de formation dispose d’un encadrement structuré basé sur la fluidité de la communication : responsables d’internat, responsables de formation, suivi avec les entraîneurs, feedbacks des familles…
Nous avons mis en place un monitoring à 360 degrés, avec des mécanismes de suivi renforcés et alimentés par l’expérience de notre écosystème en la matière (UM6P, Lycée d’Excellence). Nous mobilisons tous les moyens nécessaires pour assurer aux jeunes un cadre à la fois sécurisé et respectueux.
Nous travaillons déjà avec la NBA pour encourager le basketball
-Quelles sont les prochaines étapes pour Evosport ?
-Le football s’est imposé comme une discipline prioritaire au vu des réalisations récentes et du momentum créé par les Big Events que le Maroc s’apprête à accueillir, comme la CAN 2025 ou la Coupe du Monde 2030. Nous allons poursuivre notre développement, dans ce sillage. Mais notre objectif reste d’adresser le sport de manière générale, dans toutes ses disciplines.
Nous travaillons déjà avec des partenaires internationaux, comme la NBA, pour encourager la pratique du basketball.
Nous lançons également un hub d’innovation, des programmes de formation dans les métiers du sport, et la production de flagship events pour favoriser le partage d’expertise, dont le dernier en date est le World Football Summit, que nous avons récemment organisé en partenariat avec la Fédération royale marocaine de football…
L’objectif est de se diversifier pour capter de la valeur dans l’ensemble de l’écosystème. Notre but est clair : devenir un des acteurs structurants du sport au Maroc, en mobilisant toutes les expertises pour accélérer l’élan national porté par la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
CAN U20 2025 : « La culture de la gagne s’acquiert dès les jeunes catégories » (Fouzi Lekjaa)
« Gagner une compétition est formateur et s’inscrit dans le processus de formation des joueurs », a-t-il dit lors de la réception organisée au complexe Mohammed VI de football à Maâmora en l’honneur de l’équipe nationale U20, qui a remporté la médaille d’argent de la CAN, organisée en Égypte.
« On ne peut que féliciter l’équipe nationale pour sa qualification au prochain Mondial de la catégorie », a-t-il noté, soulignant néanmoins que la culture de la gagne s’acquiert dès les jeunes catégories. Les joueurs doivent avoir le même état d’esprit qu’il s’agisse d’un match amical ou officiel », a-t-il martelé.
Selon M. Lekjaa, « cette culture doit guider l’ensemble des joueurs qui doivent s’auto-motiver afin d’être prêts physiquement et mentalement lors du prochain Mondial et donner le meilleur d’eux-mêmes« .
S’agissant du rendement global, a poursuivi M. Lekjaa, « le public marocain s’attendait à mieux », notant que « dans certains matchs, l’équipe nationale a été proche des attentes, mais dans d’autres, elle a signé des prestations en-deçà des aspirations ».
L’objectif final est de voir des joueurs parmi la sélection U20 jouer au haut niveau et intégrer dans l’avenir l’équipe nationale A, a-t-il ajouté. « Le groupe a montré de bonnes choses. On avait un groupe solidaire et généreux. La déception est encore là, mais nous n’avons pas le temps de nous lamenter, car le Mondial approche », a indiqué, de son côté, l’entraîneur de la sélection nationale, Mohamed Ouahbi.
« Plusieurs joueurs ont été déçus de leur rendement, ce qui est bien en soi », a-t-il ajouté. « Nous allons laisser les joueurs se reposer et prendrons aussi d’autres éléments. L’exigence va être grande. La Coupe du monde signifie que nous choisirons les meilleurs du moment », a-t-il relevé.
Pour sa part, le capitaine des Lionceaux de l’Atlas, Mouad Dahak, a relevé que l’équipe nationale aspirait à ramener la CAN U20 au Maroc, mais que le groupe était focalisé désormais sur la prochaine Coupe du monde.
« Il faut tourner la page de la CAN et tâcher de nous améliorer et de nous racheter au prochain Mondial », a-t-il dit.
La troisième place est revenue à la sélection nigériane, qui a battu son homologue égyptienne par 4 tirs au but à 1 (temps réglementaire 1-1). Les quatre demi-finalistes sont qualifiés pour la phase finale du Mondial U20 qui aura lieu du 27 septembre au 19 octobre prochains au Chili.
Football : les trois piliers de la métamorphose ou comment la réforme a pris forme (infographies)
La réforme du football marocain, entamée en 2009 par le lancement de l’Académie Mohammed VI de football, s’est accélérée à partir de 2014 à l’arrivée de Fouzi Lekjaa à la tête de la FRMF.
Aujourd’hui, les trois piliers sont en place : gouvernance, formation et infrastructure.
Ce dossier est consacré à la formation des jeunes, dernier maillon de cette réforme globale.
→Politique d’infrastructures
L’Académie Mohammed VI : inaugurée en 2009. Elle a entre autres formé des footballeurs renommés comme Nayef Aguerd, Youssef En-Nesyri, Azzedine Ounahi, Alaa Bellaarouch, Mouad Dahak, Hamza Koutoune, Abdelhamid Ait Boudlal, Fouad Zahouani… Cette académie reste, au Maroc, le modèle en matière de formation.
Le Complexe Mohammed VI de Maâmora a été inauguré en 2019. Ce centre de haut niveau sur 30 hectares comprend neuf terrains d’entraînement, un internat pour 480 jeunes joueurs, une clinique médicale, un hall couvert…
Modernisation des stades et centres régionaux : construction et rénovation de plusieurs complexes dans les villes de Berkane, Laâyoune, Agadir, Marrakech, etc., pour accueillir les sélections nationales et les clubs professionnels. La construction du Stade Hassan II de Benslimane, ainsi que la rénovation et/ou extension des stades de Tanger, de Casablanca, de Fès et d’Agadir, sont en cours pour accueillir les matchs de la CAN 2025.
→ Professionnalisation du championnat national
Botola Pro 1 & 2 : passage à un statut pleinement professionnel avec licences obligatoires, contrats types, contrôle financier et commercialisation centralisée des droits TV.
Structuration des clubs : chaque club des divisions 1 et 2 doit disposer de trois catégories de formation (U17, U20, U23) et répondre à des normes de gouvernance et d’infrastructure.
→ Gouvernance, transparence et nouveau modèle de développement
« Vision 2025 » : déployée à partir de 2023–24, cette stratégie se décline en six axes : compétitions, infrastructures, formation, arbitrage, football féminin et excellence administrative.
→ Formation et professionnalisation des acteurs
En matière d’arbitrage professionnel, 36 arbitres sont issus de la première promotion. Le Maroc est devenu ainsi le premier pays africain à disposer d’un corps d’arbitres sous statut professionnel.
→ Le développement du football féminin
Un plan volontariste du football féminin a été annoncé en 2019 avec la construction de centres dédiés, le soutien aux ligues régionales et le financement de nouvelles compétitions pour développer une filière complète.
→ Réformes opérationnelles
Unification des périodes de transferts : les fenêtres nationales ont été alignées sur le calendrier FIFA pour fluidifier les échanges de joueurs et renforcer la compétitivité des clubs.
La VAR a été introduite dans les stades de Botola Pro.
→ Rayonnement et influence internationale
Organisation de la CAN 2025, du Mondial 2030, et de nombreuses compétitions régionales et continentales, qui concernent les clubs, les équipes nationales, le futsal ou le football féminin.
Le Maroc, à travers Fouzi Lekjaa, est désormais 1ᵉʳ vice-président de la CAF. Il est également membre du conseil de la FIFA.
Au final, le Maroc a travaillé sur la chaîne de valeur complète du football, de la détection (minimes) à la formation de toutes les catégories, en passant par les infrastructures et la gouvernance. C’est pour cela que les performances sont au rendez-vous, et que le Royaume est considéré comme un modèle continental en la matière.
ENTRETIEN. “Il ne faut pas censurer l’ambition” : la stratégie Lekjaa pour transformer le football marocain
La saison footballistique actuelle 2024-2025 a démarré avec la mise en place d’une réforme qui concerne la formation des jeunes footballeurs. Désormais, les clubs qui le souhaitent – une dizaine au départ – délèguent la totalité de la formation des jeunes à la Fédération royale marocaine de football (FRMF).
Dans la pratique, cette formation est financée à travers le Fonds national de formation et géré par Evosport, filiale de l’Université Mohammed VI Polytechnique, dédiée au développement du sport. La FRMF garde la haute main sur l’ensemble et c’est elle qui contrôle et décide des nominations stratégiques comme celles de la direction technique.
Ce système vise à former l’élite de demain. Les clubs gardent la gestion de l’équipe A. Les jeunes sont totalement pris en charge dans un système sports-études, avec des prestations de haut niveau dans tous les domaines : encadrement technique, entraînements, temps consacré aux études, transport, nutrition, santé…
Les jeunes entrent dans ce circuit par l’un de ces deux canaux: soit en s’inscrivant dans les clubs ; soit en étant repérés par le système de détection qui a été mis en place qui couvre toutes les régions. Seuls les potentiels de haut niveau sont choisis.
Cette innovation marocaine est également pilotée par des cadres marocains dans leur écrasante majorité. Avec cette nouvelle réforme, la FRMF devient le laboratoire du futur pour le football marocain ; le siège de la fédération et le complexe Mohammed VI sont des ruches permanentes, comme nous l’avons constaté dans la série de reportages que nous avons réalisés.
Médias24 avait révélé l’existence de ce programme innovant dès février 2024. Depuis cette date, nous l’avons suivi de près. Nous effectuons dans ce dossier, une immersion dans différents maillons de la chaîne de formation, à Salé, Rabat, Berkane, Saïdia et Casablanca, sous forme de reportages, vidéos et entretiens. Un dossier exceptionnel à lire et à garder.
En ouverture du dossier, un entretien exclusif avec Fouzi Lekjaa, président de la FRMF. Cet entretien a été réalisé le 9 mai 2025.
La performance, ce n’est pas une question de moyens, comme on pourrait le croire.
-Après l’épopée du Qatar en décembre 2022, tout le Maroc s’était posé la même question : comment pérenniser le succès de l’équipe nationale ? Est-ce que le nouveau système de formation des jeunes, après toutes les autres réformes, a été mis en place pour cet objectif, pérenniser le succès ?
– Merci déjà pour m’avoir donné cette occasion de répondre et d’éclairer, de participer modestement à la clarification de quelques situations concernant le football mais aussi la jeunesse d’une manière générale.
On va revenir beaucoup plus en arrière parce que le véritable tournant dans l’histoire du sport marocain et le football entre autres, ce sont les orientations royales contenues dans la lettre royale adressée aux différentes assises du sport, à commencer par la première en 2008. Et c’est aussi le modèle de développement que Sa Majesté le Roi, que Dieu l’assiste, a mis en place, il y a plus de 25 ans, et qui a toujours conjugué le développement social et le développement économique dans une parfaite harmonie et dans un parallélisme idéal.
Et donc c’est ça la référence, c’est ça le point de départ. Et évidemment, le football, la Fédération royale marocaine de football, comme toutes les autres fédérations, ont l’impératif de conjuguer et de traduire ces orientations dans une réalité de pratique footballistique et sportive.
Ce travail, évidemment, on l’a commencé avec une vision qui traduit cette orientation et cette volonté royale, comme je dis, contenue dans cette lettre adressée aux assises du sport. Et évidemment, partant d’un diagnostic. On n’a pas voulu perdre beaucoup de temps sur le diagnostic, parce qu’on en parle tellement, et on oublie que le diagnostic à lui seul reste orphelin. Il faut qu’il y ait de l’action par la suite, qu’il y ait de la mise en œuvre.
Infrastructure, formation, gouvernance
L’action a donc porté sur l’infrastructure, la formation avec grand F, la formation des formateurs et la formation des jeunes, les garçons et les filles dans toutes les catégories, mais aussi la gouvernance avec les aménagements institutionnels, tout ce qui est organes de gestion, tout d’abord les ligues, etc.
C’est un long process qu’on a commencé. Et pour l’infrastructure, aujourd’hui je vais me contenter de l’importance cruciale du complexe Mohammed VI inauguré en 2019 et de sa contribution dans toute cette dynamique.
Ce n’est pas une question de moyens, comme on pourrait le croire.
Même si on vous donne tous les moyens du monde, vous ne pouvez pas organiser aujourd’hui 25 équipes nationales. Nous avons 25 équipes nationales de toutes catégories d’âge. Quand je dis organisation d’un stage d’une équipe nationale, c’est de la logistique qu’on peut trouver ailleurs, certes, mais aussi c’est une infrastructure footballistique, un terrain de football pour s’entraîner, une pelouse, mais le plus important, et qui conditionne la performance, ce sont tous les moyens de récupération, de salles d’entraînement, de musculation, etc.
Aujourd’hui, le Complexe Mohammed VI, c’est un écosystème de performances footballistiques qui vous donne le cadre idéal.
Le complexe Mohammed VI nous donne l’occasion de permettre à toutes les équipes nationales de se concentrer, d’organiser leur stage en répondant à des impératifs et à des calendriers sportifs. Avant, ces stages étaient conditionnés par des logiques d’organisation logistique.
En matière d’infrastructure de formation, les académies sont en tête, et la référence est l‘Académie Mohammed VI que Sa Majesté, que Dieu l’assiste, a inaugurée depuis maintenant plus de 15 ans.
Nous sommes dans une dynamique qui garantit la permanence et la régularité de la performance
-Arrive donc l’épopée du Qatar…
-Le Qatar, évidemment, c’est une étape dans un process.
Soit que c’est un exploit accidentel, et donc on va vivre le Qatar, on va retrouver notre place initiale de nation footballistique qui doit attendre 20 ans pour se qualifier à une Coupe du Monde.
Soit que c’est le couronnement d’un process qui nous met dans une position si nous avons toutes les armes, tous les ingrédients pour rester dans la sphère des grands.
-Et donc, quelle est votre réponse ?
-Après le Qatar, le premier test ce furent les Jeux Olympiques de 2024. Donc nos U23, c’est-à-dire les futurs seniors, ont confirmé qu’ils étaient les meilleurs. Même la médaille de bronze qu’on a eue pour la première fois dans l’histoire, n’a pas satisfait le public marocain.
Et je considère toujours que c’est un bon indicateur. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, on n’est pas satisfaits du bronze parce qu’on est conscients du potentiel de l’équipe, de sa capacité de faire mieux et c’est une bonne chose. Ça exerce de la pression positive sur tout l’écosystème.
-Ça exerce beaucoup, beaucoup de pression…
-C’est normal. Il n’y a pas d’évolution sans pression. Il faut juste que la pression soit dosée, qu’elle soit positive et qu’elle contribue au développement de l’écosystème.
Il n’y a pas eu seulement les U23. Donc, on a vu que nos U17 sont maintenant eun Coupe du Monde. Nos U20 également. Parlons aussi du football féminin, parce que nous avons choisi l’horizontalité, pas la verticalité. On n’a pas choisi de nous concentrer sur l’équipe A et d’en faire quelque chose. Non, on a choisi l’horizontalité, toutes les sections du football.
Pour ce qui concerne les sections féminines, toutes les sections se sont qualifiées en Coupe du Monde. L’équipe senior pour la première fois dans l’histoire, et elles se qualifient pour le deuxième tour en sortant quand même l’Allemagne qui a plus de 50 ans dans cette discipline. L’équipe U17 a fait de même, elle était en Coupe du monde.
Je cite ces quelques exemples pour vous dire qu’on est dans une dynamique qui garantit la permanence et la régularité de la performance. C’est ça le défi, le véritable défi. En Futsal, notre équipe a joué deux fois de suite les quarts de finale de la Coupe du Monde. Et le plus important, c’est qu’aujourd’hui, cette équipe regrette d’être éliminée aux quarts de finale parce qu’elle estime qu’elle pouvait gagner la Coupe du Monde. Les féminines de Futsal ont gagné la coupe d’Afrique et vont jouer la Coupe du monde.
Donc, aujourd’hui, c’est une culture, un état d’esprit qui a digéré les ingrédients de développement, d’infrastructure, de performance, et qui se situe dans la cour des grands. Nous sommes sixième mondial en Futsal. On est douzièmes en football sur 211 nations, dont les 54 pays européens.
Le Maroc en route vers la conquête d’un titre mondial dans une catégorie ou une autre
J’ajoute qu’à part l’entraîneur de l’équipe A féminine Jorge Villa, tous les autres entraîneurs, tous les autres staffs, les adjoints, les préparateurs, les kinés, etc., ce sont des Marocains. Cela signifie que le système de formation des formateurs a fonctionné aussi. Il a donné des Nabil Baha, qui a gagné la Coupe d’Afrique pour sa première expérience internationale. Il a donné des Ouahbi et des Youssef Hajji qui étaient avec l’équipe nationale U20 en Égypte, etc.
Nous sommes aujourd’hui dans une dynamique et une pérennisation de la performance. Vous pouvez poser la question suivante à tout Marocain: quels sont les joueurs qui seront en équipe nationale lors de la Coupe du Monde 2030? Eh bien, il vous répondra qu’il y aura des joueurs, aujourd’hui jeunes, qui sont déjà en équipe A, qui ont 20 ans ou moins, les Khannous, les Benseghir, etc. Même Hakimi, qui a fait cette carrière exceptionnelle, n’a aujourd’hui que 26 ans. Donc, il va jouer cette Coupe du Monde 2030. Mais on sait qu’on a des Belmokhtar et des Ouazzane en U17, des Zabiri et Maamma en U20 etc… Et c’est ce qui fait les grandes nations.
Aujourd’hui, dans toutes les compétitions organisées par la FIFA, le Maroc est présent. Cette pérennisation de présence va amener tout le monde vers une conquête de titres à l’échelle mondiale.
Voilà donc la dynamique dans laquelle nous sommes. Aujourd’hui, on ne peut pas être dans un secteur, quel que soit son domaine d’activité, en dehors d’une politique stratégique tracée par Sa Majesté le Roi que Dieu l’assiste ; un modèle basé sur une conjugaison parfaite entre le développement social et toutes les réformes, y compris la dernière en date qui est la généralisation de l’AMO.
Le football doit pleinement jouer son rôle d’inclusion sociale, de promotion, d’espoir et d’inspiration
Le football doit pleinement jouer son rôle d’inclusion sociale, de promotion, d’espoir et d’inspiration. Je sais qu’il y a des milliers de jeunes marocains qui, légitimement, rêvent d’être des futurs Hakimi ou Brahim Diaz. Et c’est ça qui fait notre force. Tout cela crée un énorme engouement. J’ai été agréablement surpris lors de la finale de l’équipe nationale Futsal féminine contre la Tanzanie, car tous les tickets étaient épuisés depuis la veille.
– Revenons rapidement au Qatar, à cette demi-finale contre la France. Avez-vous eu l’impression comme la plupart des Marocains que l’adversaire était prenable ce jour-là ? Est-ce qu’on pouvait faire mieux ?
– Effectivement, les joueurs avaient beaucoup de regrets après le match, et le staff aussi. Je pense que la raison, c’est que l’équipe nationale s’est malheureusement absentée des Coupes du Monde pendant 20 ans, de 1998 à 2018, et que cette longue période de vide a créé un handicap structurel.
D’ailleurs, on a fait une bonne Coupe du Monde 2018, on n’était pas mauvais avec cette génération. Et juste après, en 2022, on a fait ce saut. Je pense que si nous avions libéré nos ambitions, nous aurions joué la finale au Qatar avec pleinement les chances de la gagner. De plus, contre la France dans cette demi-finale, on n’était pas mauvais. Et il y avait des actions qui ont fait beaucoup polémique, peut-être des penalties non sifflés en notre faveur sans oublier un tir sur le poteau…
J’ai toujours dit à toutes les équipes nationales que l’ambition n’a pas de limite. Il ne faut pas censurer l’ambition.
D’une manière globale, nous avons atteint un niveau proche du maximum pendant cette Coupe du Monde 2022. J’ai toujours dit à toutes les équipes nationales que l’ambition n’a pas de limite. Il ne faut pas censurer l’ambition. Il faut aller jusqu’au bout, dans toutes les catégories. Et je peux vous confirmer que les joueurs de l’équipe nationale de Futsal ont pleuré parce qu’ils ont vu qu’ils étaient capables de gagner cette Coupe du Monde.
Il faut continuer. Ça doit devenir l’oxygène qu’on respire tous les jours. Il faut devenir numéro un, un jour. Et je pense qu’on a le potentiel.
-Si vous deviez résumer les atouts qui permettront au Maroc de se maintenir dans l’élite mondiale et d’aller encore de l’avant…
-D’abord, le talent. Dans notre équipe, il y a du talent. Notre avantage, c’est que nos joueurs, ils sont tous talentueux dans leurs clubs. Ils jouent au haut niveau. Hakimi joue la finale de la Champions League. Mazraoui joue avec Manchester, la finale de l’Europa League. Ezzalzouli joue la finale de la Conférence League avec Real Betis. Benseghir est un joueur exceptionnel. Talbi à Bruges en Belgique, vous avez vu ce qu’il a fait.
Poste par poste, aujourd’hui, nous avons une concentration extrême de talents.
Quand vous avez en plus, les conditions de travail de notre équipe nationale, nous n’avons rien à envier à n’importe quelle équipe d’Europe ou d’Amérique latine.
Plus on est dans cette logique de performance mondiale de haut niveau, plus on aura l’assurance d’aller conquérir le haut niveau.
Il ne faut pas oublier que Sidna a inauguré le Complexe Mohammed VI fin 2019. Donc, on est jeunes par rapport à ces conditions de performance. Plus le temps passera, et plus on apprendra. Et plus nos équipes prendront de l’assurance.
-Changer le sélectionneur national à trois mois du Mondial du Qatar, c’était quoi ? Du courage ? De la témérité ? Une nécessité ? Un pari ?
-Non, ce fut une décision logique dans un process.
Nous avions une situation assez conflictuelle dans le groupe, qui ne dégageait pas assez d’énergie positive pour construire, pour avancer.
Cela ne veut absolument pas dire que Vahid n’était pas un grand entraîneur. D’ailleurs, il s’était qualifié avec brio avec notre équipe pour la Coupe du Monde.
En fait, ce groupe qui constituait l’équipe nationale avait besoin d’un peu plus de passerelles communicationnelles, d’échanger, etc. Nous avons pris la décision d’aller de l’avant, et ce fut le cas. Nous avons fait la même chose avec l’équipe nationale olympique et ça a bien fonctionné. Le fait de vivre très proche de ses équipes vous permet d’avoir une idée précise de ce qu’il faut, de ce qui manque. Et donc, à chaque fois, on apporte les corrections.
Pour les équipes nationales, personne n’est indispensable. Il s’agit quand même des équipes qui portent l’émotion de 36 millions de Marocains. Et à chaque fois qu’il faut apporter des corrections, ce sera le cas.
– Revenons à cette réforme de la formation des jeunes et aux actions entreprises après le Mondial du Qatar.
-Déjà, il fallait pérenniser ce qui existait en donnant les mêmes conditions de travail aux générations qui sont là, les U23, U20, U17, et qui ont prouvé qu’elles ont le haut niveau. Comme je l’ai dit, on a vu les résultats spectaculaires de l’Académie Mohammed VI de football.
En professionnalisant la formation des catégories des jeunes, l’Académie a pu sortir des stars d’une manière successive. Aujourd’hui, il y a des dizaines de joueurs dans toutes les catégories des équipes nationales et dans tous les clubs du Maroc. L’idée, c’était de rendre les centres de formation des clubs, proches de ce niveau professionnel de formation. Et comme vous le savez parfaitement bien, la gestion interne des clubs se focalise beaucoup plus sur l’équipe senior, ses résultats, ses perspectives et ses problématiques, ce qui est compréhensible.
Ce que nous avons décidé de faire, c’est de sortir ce volet de formation des catégories des jeunes, filles et garçons, de le sortir du giron de stress de l’équipe A. De le professionnaliser avec des formateurs de toutes les catégories qui correspondent aux impératifs de la formation professionnelle. Et de le gérer avec une gouvernance rigoureuse, une société anonyme, un conseil d’administration, les organes d’audit… Les centres de formation se sont mis au travail professionnel, ils sont sur les rails. Et les résultats de cela, c’est effectivement de dupliquer partiellement les résultats de l’Académie Mohammed VI que Sa Majesté a mise en place depuis 16 ans.
L’objectif ? c’est d’avoir plusieurs Hakimi, plusieurs Mazraoui, plusieurs Diaz dans le futur proche. La jeunesse marocaine est saturée de talent. Si un talent n’est pas pris en charge, s’il n’est pas mis dans un canal professionnel de valorisation, il y a déperdition. Aujourd’hui, tout ce programme est focalisé sur cet intervalle d’âge essentiel dans la vie d’un joueur et d’une joueuse, entre 10 et 20 ans.
Et c’est comme ça que nous allons rivaliser avec les grands. Nous sommes un pays jeune, la jeunesse est pleine de talent, les moyens sont là. Nous avons mis en place cette société anonyme avec des partenariats privés, d’autres avec les régions, avec la fédération, l’encadrement technique est en place. Les résultats seront au rendez-vous.
-Très bien. Donc parmi les jeunes que vous avez en formation aujourd’hui, quelques-uns vont jouer la Coupe du monde 2030.
-Inchallah. Ce qui est sûr, c’est que le coach de l’équipe nationale, Si Walid, a les problèmes des riches. C’est-à-dire qu’il a beaucoup de problèmes pour fixer ses 25 joueurs. Et c’est prometteur. Pourquoi ? Parce qu’il y a de la concurrence. Et quand cette concurrence est basée sur un choix professionnel qui lui-même est basé sur la forme du moment, et que tous les joueurs qui font partie de l’assiette des 50 présélectionnés savent qu’ils peuvent jouer, c’est de la concurrence et du travail au niveau des clubs.
Dans toutes les catégories de jeunes, il y a des joueurs qui explosent et qui imposent leur présence. Donc, Si Walid passera d’un problème des riches vers des maux de tête des riches.
Budget. D’où proviennent les 13 MMDH de crédits nouveaux et à quoi serviront-ils ?
Le Conseil de gouvernement a adopté un décret portant sur l’ouverture de crédits supplémentaires au profit du budget de l’État. Ces crédits portent sur un montant de 13 MMDH. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement fait appel à ce mécanisme prévu par la loi organique des finances pour ouvrir des crédits supplémentaires.
Cette année, il est intervenu relativement tôt par rapport aux fois précédentes, suscitant quelques interrogations sur le recours à ce dispositif et les raisons. « La situation financière du budget s’est nettement améliorée, avec 17 MMDH d’excédent par rapport aux prévisions, constaté à fin mars. Cela était impossible à prévoir avant fin mars, puisque l’IS est versé à cette date », nous explique une source sûre.
« Disposant donc d’un certain confort budgétaire, en tous les cas de recettes supérieures aux prévisions, on pouvait soit garder ces recettes et ramener le déficit budgétaire à 1,5%, soit effectuer les versements de 13 MMDH au profit des EEP et autres dépenses. La deuxième option, qui est la meilleure pour le pays, a été privilégiée », ajoute notre interlocuteur.
Autre facteur aussi qui a poussé le gouvernement à opter pour l’ouverture de ces nouveaux crédits : « Des entreprises publiques ont besoin de recapitalisation. Une situation qui ne pouvait pas être anticipée dans le projet de loi de finances en octobre 2024 pour plusieurs raisons ».
Notre source détaille :
« On ne pouvait prévoir l’évolution du programme de LGV ».
Idem pour les contrats RAM.
Idem pour l’ONEE dont la situation dépend des cours internationaux, et parce que les hausses des cours ne sont pas répercutées sur les consommateurs.
Voici la répartition des dépenses prévues pour ces 13 MMDH :
4 MMDH iront à l’ONEE.
5,5 MMDH sont destinés aux établissements publics, notamment à l’ONCF et à la RAM. « Cette enveloppe est une autorisation, un crédit ouvert qui ne sera pas forcément entièrement utilisé. Cela dépendra notamment de l’évolution des négociations RAM avec les futurs fournisseurs.
3 milliards de DH pour le dialogue social.
500 MDH pour les imprévus.
Fouzi Lekjaa devient 1er vice-président de la CAF
La désignation de M. Lekjaa a été décidée lors de la première réunion du comité exécutif de la CAF qui a eu lieu dans la capitale ghanéenne, Accra.
A cette occasion, le Ghanéen Kurt Oraku a été désigné 2ème vice-président de la CAF et le Gabonais Pierre Alain Monguengui, 3ème vice-président.
La RD Congolaise Bestine Kazadi et le Mozambicain Faizal Sidat ont été nommés respectivement 4ème et 5ème vice-présidents.
World Football Summit. Le Maroc au cœur du développement du football mondial
La volonté de toujours aller de l’avant n’est pas seulement l’apanage des grandes nations du football. C’est aussi le créneau des décideurs du football mondial. En atteste l’édition 2025 du World Football Summit (WFS). Ce mardi 9 et mercredi 10 avril, le campus de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) à Rabat a l’honneur d’accueillir la première édition sur les terres africaines de cet événement à portée internationale.
Au même titre que la Fédération royale marocaine de football (FRMF), la société Evosport, filiale de l’UM6P, a étroitement collaboré à la tenue de ce sommet mondial qui réunit les leaders de l’industrie du football dans l’optique d’échanger sur les stratégies visant à développer la discipline en Afrique. Placé cette année sous le thème « Cultiver l’héritage futur du football africain au-delà de la Coupe du monde », le WFS Rabat 2025 représente un terreau fertile pour cultiver différents partenariats afin d’en récolter les fruits à l’avenir, dans le cadre du développement des infrastructures, mais aussi sur le plan de la formation des jeunes, de la gouvernance, du football féminin et des innovations technologiques.
Ce n’est pas un hasard si le Maroc a été sollicité pour être l’hôte du World Football Summit. Place forte du football continental, le rayonnement du football marocain a dépassé les frontières africaines depuis la formidable épopée de l’équipe nationale lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar.
En outre, les prochaines compétitions organisées par le Maroc, la Coupe d’Afrique des nations 2025 et la Coupe du monde 2030, entre autres, attestent de « la place grandissante du Maroc sur l’échiquier du football international ». « Ces compétitions sont également des opportunités pour améliorer nos infrastructures », assure Hicham El Habti, président de l’UM6P.
En effet, le football est plus qu’un jeu, « c’est un catalyseur d’espoir et de développement », abonde Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football. « C’est un sport qui transmet des valeurs de développement et de bien-être. C’est aussi un levier d’inclusion sociale exceptionnel », affirme M. Lekjaa.
En ce sens, la Coupe du monde 2030 est particulièrement attendue. « Elle s’inscrit dans une logique de construction. Le Royaume du Maroc a toujours eu un rôle crucial en tant que relais de civilisation et de flux commerciaux entre les continents », indique M. Lekjaa. D’ailleurs, l’organisation tripartite de la Coupe du monde 2030 n’est pas fortuite.
« À travers cet évènement, on souhaite rafraîchir la mémoire de la jeunesse du pourtour méditerranéen sur l’importance qui a toujours été occupée par le Maroc dans cette région du monde », ajoute-t-il.
Pour Achraf Fayda, directeur général de l’Office national marocain de tourisme (ONMT), « le secteur du tourisme au Maroc constate une croissance à double chiffre depuis 2020 qui a fait de nous la première destination africaine à la fin de 2024, avec 17,4 millions, dont 90% de tourisme européen ».
Et ce n’est pas fini. « On est sensible à la force du football. D’ailleurs, le rayonnement planétaire des différentes compétitions prévues dans le pays permettra d’attirer davantage de touristes en augmentant la notoriété du Maroc, notamment en Amérique du Sud et en Asie pacifique », assure-t-il.
« Grâce aux différents chantiers qui ont été lancés, notamment en matière d’infrastructures, les villes marocaines seront toutes connectées. Cela permettra aux touristes qui seront présents lors de la CDM 2030 de tomber sous le charme de plusieurs régions du Royaume », ambitionne-t-il.
Cela dit, « le Maroc est dans une vision de développement qui a été mise en application bien avant l’obtention de l’organisation des compétitions internationales. Avec ou sans la Coupe du monde, le Maroc allait améliorer les infrastructures aéroportuaires et ferroviaires afin d’attirer plusieurs millions de touristes supplémentaires. Ce qui permettra d’avoir plus de croissance et d’emploi pour la jeunesse ».
Une chose est sûre, la Coupe du monde 2030 fera de « la jeunesse son centre névralgique », ajoute Fouzi Lekjaa qui n’a pas caché son souhait de voir la finale du mondial 2030 se disputer à Casablanca, « entre le Maroc et l’Espagne, dans un remake du huitième de finale du Mondial 2022 ». Ce à quoi Enrique Ojeda Vila, ambassadeur d’Espagne au Maroc, a répondu en indiquant que son pays disposait également de très beaux stades.
Fouzi Lekjaa brillamment réélu au Conseil de la FIFA
Fouzi Lekjaa a largement devancé l’Egyptien Hani Abou Rida, le Nigérien Djibrilla Hima Hamidou, le Mauritanien Ahmed Yahya et le Djiboutien Souleiman Waberi, lors de cette élection qui s’est déroulée le mercredi 12 mars au Caire, lors de la 14ᵉ assemblée générale extraordinaire de cette instance footballistique continentale.
La Comorienne Kanizat Ibrahim a obtenu, elle, le siège destiné aux candidates féminines.
Les représentants de la CAF au sein du Conseil de la FIFA sont élus pour un mandat qui prend fin en 2029.
Cette AGE a été, par ailleurs, marquée par la réélection de Patrice Motsepe à la tête de la CAF.
(Avec MAP)
Mondial 2030 : des commissions communes pour une synergie des efforts des trois pays organisateurs
La création de ces commissions a été convenue lors d’une réunion entre le président de la FRMF, Fouzi Lekjaa, et le président de la Fédération royale espagnole de football (RFEF), Rafael Louzán, au siège de la FRMF à Salé, précise la Fédération dans un communiqué publié sur son site web.
« Les deux parties ont convenu de former des commissions communes afin d’unifier les efforts des trois pays – le Maroc, l’Espagne et le Portugal – à travers des réunions qui se tiendront dans les prochains jours, en alternance dans les nations organisatrices de la Coupe du monde 2030 », indique la FRMF.
À cette occasion, Fouzi Lekjaa a souligné l’importance de la visite effectuée par le président de la RFEF au Maroc après son élection récente à la tête de l’institution espagnole, afin de faire le point sur les préparatifs de l’organisation conjointe de la Coupe du monde 2030 entre le Maroc, l’Espagne et le Portugal.
Le responsable a mis en avant les liens historiques et culturels qui unissent le Maroc et l’Espagne et a insisté sur la nécessité d’accélérer la mise en place de commissions conjointes entre les trois pays hôtes du Mondial 2030, afin de garantir une organisation réussie, après le franc succès du dossier de candidature.
Il a réaffirmé l’importance de renforcer la coopération entre le Maroc et l’Espagne dans tous les domaines du football, à l’image des relations solides qui lient les deux royaumes dans d’autres secteurs.
De son côté, Rafael Louzán a fait part de son admiration pour les avancées du Maroc, notamment en matière de développement du football à tous les niveaux, en particulier en ce qui concerne les infrastructures.
Il a mentionné que ces progrès ouvrent la voie à une coopération bilatérale fructueuse, à la hauteur des attentes des supporters et des responsables des deux pays pour les cinq prochaines années, qui verront également des célébrations spéciales autour des réalisations du football espagnol au cours de ce siècle.
Le président de la RFEF a également rejoint la vision de Fouzi Lekjaa concernant la nécessité de créer des commissions conjointes pour accélérer la mise en œuvre des futurs projets avant 2030.