Historique. Le Maroc en finale de la Coupe du monde U20

Le Maroc a réalisé l’exploit de se qualifier en finale de la Coupe du monde U20, en sortant la France en demi-finale, après un match serré (1-1) et une séance de penalties étouffante (5-4), ce mercredi 15 octobre à l’Estadio Elías Figueroa Brander de Valparaíso, au Chili.


L’équipe nationale affrontera l’Argentine dans la nuit de dimanche à lundi 20 octobre (minuit), à Santiago.

Tableau Coupe Du Monde U20 Finale Historique

Si les Marocains avaient pris l’avantage en première mi-temps sur un penalty transformé par Yassir Zabiri mais accordé au portier français, Olmeta, la France est revenue au score grâce à Lucas Michel.

N’ayant pas pu se départager lors des prolongations, les deux équipes ont joué leur qualification en finale à la séance des tirs au but.

Un exercice avant lequel Mohamed Ouahbi, le sélectionneur national, a eu le nez fin en lançant Abdelhakim El Mesbahi à la place d’Ibrahim Gomis, qui avait lui-même pris la place de Yanis Benchaouch blessé pendant le match.

Le premier à s’élancer fut Bahraoui, qui a transformé son penalty et mis la pression sur le tireur français qui n’a pas tremblé face à Abdelhakim El Mesbahi.

Ilyas Boumessaoudi redonna l’avantage au Maroc. Alors qu’en face, Gady Beyuku a envoyé sa tentative sur le poteau gauche du portier marocain.

À cet instant de la soirée, il suffisait aux Lionceaux de l’Atlas de transformer leurs trois derniers penalties pour aller en finale. D’une Panenka pleine de classe et de sang-froid, Yassir Zabiri a trompé Olmeta.

Elyas Zidane a redonné l’espoir à la France en tirant en force. Un espoir que Harmony a davantage ravivé en manquant son penalty par nonchalance.

Bernardeau égalisa pour les Bleuets et la pression était maintenant sur les épaules de Saad El Haddad, qui eut la bonne idée de ne pas se rater. Même chose pour Moustapha Dabo pour le penalty du 4-4.

Concentré et calme, Naïm Biyad a pris à contre-pied le gardien français avant qu’El Mesbahi n’envoie le Maroc en finale de la Coupe du monde U20 en repoussant la tentative de N’Guessan. Une juste récompense des efforts fournis par les Marocains.

 

La pression inhérente à l’enjeu a certainement inhibé le talent des joueurs offensifs

Le sélectionneur national Mohamed Ouahbi a parié quasiment sur le même onze qu’en quart, à l’exception de l’absence, pour suspension, d’Ali Maamar, suppléé par Taha Majni, et du retour de Houssam Essadek dans l’entrejeu.

Cette décision a eu pour conséquence d’envoyer Saad El Haddad sur le banc, afin de permettre à Naïm Byar d’enchaîner après trois dernières performances de haute volée.

Maroc France Coupe du Monde U20 Composition du match

Composition Equipe Maroc France Coupe du Monde U20

L’entame de la rencontre n’a été à l’avantage d’aucune des deux équipes. Il y a bien eu quelques situations chaudes, mais la pression inhérente à l’enjeu de ce match a certainement inhibé le talent des joueurs offensifs, qui ont raté des gestes techniques qu’ils maîtrisent d’habitude.

Illustration faite par Othmane Maama, dont le tir, après être rentré sur son pied droit, est passé au-dessus du cadre. Contrairement au milieu de terrain français Mayssam Banama, qui a mis à contribution Yanis Benchaouch dans la continuité, sur une tentative à l’entrée de la surface de réparation (12’).

Deux occasions coup sur coup, qui ont eu pour effet de refroidir les ardeurs d’un côté comme de l’autre pour une bonne dizaine de minutes. D’autant que l’intensité et l’agressivité mises par les 22 acteurs ont débouché sur plusieurs fautes évitables.

Au bout d’une demi-heure de jeu, on pouvait affirmer que les défenses avaient pris le pas sur les attaques. D’ailleurs, c’est un défenseur marocain qui a instillé le doute dans l’esprit de l’arbitre.

Sur un centre de Yassine Gessime, Ismail Baouf, retenu par le maillot en pleine extension, a obtenu un penalty après révision des images. Un penalty accordé à l’équipe nationale pour le plus grand bonheur des supporters présents à Valparaíso.

Une occasion en or que Yassir Zabiri n’a pas ratée, pensant inscrire son cinquième but de la compétition, trompant Lisandru Olmeta (32’), avec beaucoup de réussite et l’aide de la base du poteau gauche.

Mais malheureusement pour lui, à l’instar de son but face à la Corée du Sud en huitièmes, l’avant-centre n’a pas été crédité de cette réalisation. Il a été classé dans la case but contre son camp du gardien.

La France a été dominée dans l’agressivité et l’impact physique

Très impliqués dans leurs tâches défensives et guidés par un Houssem Essadek infatigable, toujours prompt à encourager et à couvrir ses coéquipiers, les Lionceaux de l’Atlas s’étaient montrés à la hauteur de l’événement jusqu’ici.

Ils ont dominé leur adversaire dans l’agressivité et l’impact physique. Et la vivacité de nos joueurs offensifs a fini de perturber les Français. Comme sur cet incroyable raté de Fouad Zahouani à deux mètres des cages vides, servi au second poteau par Othmane Maama sur un contre éclair (41’).

Les Bleuets n’ont pas été refroidis, puisqu’ils ont failli revenir au score dans la foulée. Mais c’était sans compter sur l’intervention de Yassir Benchaouch (42’).

Rebelote dans les arrêts de jeu, sur une tentative à ras de terre d’Ilan Touré, avant qu’il repousse un centre dangereux d’Anthony Bermont.

Dans une fin de première mi-temps anxiogène, le coup de sifflet de l’arbitre est intervenu au bon moment. Le gardien de l’AS Monaco aura donc permis à ses coéquipiers de rentrer aux vestiaires avec une courte avance, mais ô combien précieuse pour le moral.

Ils pouvaient d’ailleurs être satisfaits de leur prestation, car malgré quelques erreurs de placement défensif, les Lionceaux ont su contenir le pouvoir de nuisance des attaquants adverses et réduire au maximum les espaces entre les lignes.

La production offensive marocaine était également intéressante, avec beaucoup de travaux d’approche variés. Dans un rôle de dynamiteur, Othmane Maama a été de tous les bons coups.

C’était la menace offensive numéro un. Un euphémisme lorsque l’on suit ses exploits depuis le début de la compétition, dont il est le meilleur joueur, ou pas loin.

Mais le joueur marocain le plus décisif de la rencontre a sans doute été le portier marocain. Auteur d’un quatrième arrêt à la 52e minute, Yanis Benchaouch a littéralement dégoûté les attaquants français.

Ses interventions ont toutes montré une grande maîtrise des fondamentaux du poste : excellent au sol, dans les airs, sur sa ligne ou dans les un contre un.

Il a également assuré dans le jeu au pied, et sa lecture des ballons en profondeur est assez bonne. Ses coéquipiers n’étaient pas mécontents de l’avoir pour encore un moment. Mais le destin en a voulu autrement.

La sortie de Houssem Essadek a eu un impact négatif

La sortie d’un Houssem Essadek exténué, à l’heure de jeu, au profit de Saad El Haddad, a quelque peu désorganisé le milieu de terrain.

D’ailleurs, moins de deux minutes plus tard, la France revenait au score par l’intermédiaire de Lucas Michel, meilleur buteur du tournoi (six buts), en reprenant un centre au point de penalty.

Yanis Benchaouch ne pouvait rien faire sur le coup. Mais il est resté dans son match, sortant à bon escient pour empêcher ce même Lucas Michel de marquer un doublé et de redonner l’avantage aux Bleuets.

Sur l’action, Benchaouch a fait don de son corps, au point de se blesser et de devoir laisser sa place à Ibrahim Gomis. Un coup de massue dont le Maroc a eu du mal à se remettre.

Les hommes de Mohamed Ouahbi se sont alors recroquevillés devant leurs cages, ne prenant quasiment plus aucune initiative pendant une dizaine de minutes. Un scénario frustrant, au vu de la qualité technique dont ils disposent.

Dans ce duel de techniciens, les changements opérés par Bernard Diomède se sont révélés plus efficaces que celui tenté par son homologue marocain. Mais tout n’était pas encore perdu.

L’équipe nationale a montré à maintes reprises sa faculté à se montrer menaçante contre le cours du jeu. On a été tout près d’en avoir le cœur net lorsque Yassir Zabiri et Yassine Gessime n’ont pu que suivre des yeux le centre dangereux d’Othmane Maama (70’).

Lors de l’action suivante, Yassine Khafifi n’a pas réussi à cadrer son tir, dilapidant ainsi une véritable occasion de but. Sur cette séquence, le sélectionneur marocain a réclamé une main française, mais après révision, l’arbitre n’a pas jugé utile de la sanctionner.

Le dernier quart d’heure de la rencontre a duré une éternité tant le rythme était retombé. Les joueurs en avaient plein les chaussettes, surtout côté marocain. On se dirigeait donc tout droit vers les prolongations.

On a bien cru que Maama allait tuer le match dans les arrêts de jeu, mais Olmeta a repoussé le tir enroulé de l’attaquant des Lionceaux de l’Atlas.

Une fin de match anxiogène mais heureuse

En prolongation, l’équipe nationale a autant subi que pendant le temps réglementaire. Le visage du match n’a pas réellement changé, si ce n’est qu’il y eut encore moins d’occasions à se mettre sous la dent.

Décidément, le sort de ce type de rencontres se joue sur des détails, et parfois sur quelques centimètres. Ceux qui ont manqué à Dabo pour mystifier Gomis d’une belle frappe enroulée au second poteau.

Il y avait de quoi se demander pourquoi Mohamed Ouahbi n’avait pas effectué tous ses changements alors qu’il ne restait plus qu’un quart d’heure de jeu.

Pourtant, il lui en restait trois. Il a sans doute été échaudé par sa décision de remplacer Houssem Essadek, précédant l’égalisation.

L’exclusion de Rabby Nzingoula pour un deuxième carton jaune, alors qu’il était entré en jeu, a réduit l’emprise des Français sur le déroulement de la rencontre.

Les Marocains se sont même enhardis après ce fait de jeu. Othmane Maama a d’ailleurs fait passer des sueurs froides dans le camp français lorsque son tir en sortie de dribble a frôlé les cages d’Olmeta (113’).

Tout aurait pu s’arrêter sur la sortie hasardeuse de Gomis, qui profita à N’Guessan, mais son tir a fini sa course sur le poteau. Ou encore lorsque N’Guessan a manqué l’immanquable devant le but vide avant de buter sur Taha Majni (118’), qui a donné son corps à la nation avant de sortir en boitillant.

Le dernier chapitre de ce match allait s’écrire au penalty. Séance que le sélectionneur national a décidé de disputer en lançant un troisième gardien dans l’arène, en la personne d’Abdelhakim El Mesbahi.

Mais, au bout d’une séance de tirs au but irrespirable, dont sortira vainqueur le Maroc, ce choix paraît complètement justifié.

Coupe du monde U20. Maroc-France, les clés du match

C’est un temps que les moins de vingt ans n’ont pas connu. En 2005, le Maroc avait atteint la demi-finale du Mondial U20. Un exploit isolé, au cœur du marasme dans lequel pataugeait alors le football national.

Deux décennies plus tard, le Maroc retrouvera la France dans le dernier carré de la compétition, ce mercredi 15 octobre (21 h) à l’Estadio Elías Figueroa Brander de Valparaíso, au Chili.

Mais ce parcours n’a pas la même résonance. Pour les supporters comme pour les joueurs, atteindre ce stade de la compétition relève presque de la normalité. La demi-finale du Qatar, en 2022, a relevé à jamais le seuil des attentes des supporters marocains. 

« Le groupe n’était pas dans l’euphorie le lendemain de la qualification. Les joueurs étaient calmes et conscients qu’on ne veut pas s’arrêter là », confiait Mohamed Ouahbi au micro de la Fédération royale marocaine de football (FRMF).

« Même le staff n’était pas surpris. C’était un de nos objectifs. Nous avons travaillé dur pour en arriver là. Il n’y a pas de surexcitation, car on veut beaucoup plus », a ajouté le sélectionneur, qui se déleste volontiers du statut d’épouvantail du Mondial chilien.

« On ne rentre pas dans les débats de favoris ou pas. Ce qui nous importe, c’est de fournir des efforts, de courir ensemble et de se battre sur le terrain”, a-t-il insisté. 

Le technicien marocain sait que le plus dur reste à venir, surtout face à « une nation qui a l’habitude d’atteindre ce niveau et possède des joueurs de qualité ».

Difficile, en effet, d’être confiant à 100%, quand on sait que les U20 français avaient battu deux fois le Maroc en octobre 2024 (4-3, 5-4).

Mais ces victoires avaient été obtenues avec les meilleurs éléments de la génération (Atangana, Bouaddi, Kumbedi ou encore Mawissa), absents de l’aventure cette fois-ci.

Les Bleuets ne manquent pas de talents

Championne du monde en 2013 avec Pogba et Mbappé notamment, l’équipe de France U20 actuelle est composée majoritairement de joueurs en manque de temps de jeu en club. Elle est donc loin d’aligner ses meilleurs éléments.

Pas moins de 48 joueurs sélectionnables ont été bloqués par leurs clubs, la compétition ne se jouant pas pendant une période FIFA. Pis, certains ont été rappelés à la dernière minute.

C’est le cas de Saïmon Bouabré, héros des quarts avec un doublé contre la Norvège (2-1), rapatrié par le club saoudien Neom SC, qui lui a refusé vingt-quatre heures d’aventure supplémentaires, alors qu’il n’était arrivé sur place que depuis quelques jours seulement. 

Cela dit, les Bleuets ne manquent pas de talents. À commencer par Lucas Michal, leader technique et meilleur buteur tricolore avec quatre réalisations. Le longiligne attaquant brille par son jeu dos au but et ses remises toujours justes.

Mais il ne faut pas se raconter d’histoires. La France n’aurait sans doute jamais dû être là. Son parcours aurait pu s’arrêter dès les huitièmes tant elle a été dominée par le Japon.

Certes, supérieure à la Norvège en huitièmes, elle a ensuite souffert face aux Nippons, qui ont manqué d’efficacité (3,4 xG) avant de s’incliner sur un penalty à la toute fin des prolongations.

Ce match contre le Japon résume parfaitement la feuille de route que le Maroc devra suivre pour gêner les Français. « Il faudra jouer sur nos points forts », a martelé le sélectionneur national. Et il n’a pas tort.

Les cartons jaunes ayant été annulés, aucune suspension n’est attendue dans le groupe marocain. Seul Houssam Essadek reste incertain. Les Lionceaux auront des occasions d’exploiter leur jeu de transition, car la France n’est pas impériale défensivement.

À l’aise dans le domaine aérien du haut de son 1,94 m, Elyaz Zidane, fils de, est le joueur de champ le plus utilisé (435 minutes). S’il est propre techniquement, il souffre face aux attaquants vifs et rapides, comme en témoigne le penalty concédé face à l’Afrique du Sud.

Sur cette action, Elyaz Zidane suit son adversaire qui effectue un appel dans une zone dangereuse. Cela met en évidence un manque de discernement, car l’espace qu’il libère dans son dos est d’autant plus crucial.

Il manque parfois de discernement, suivant son adversaire direct plutôt que de couvrir l’axe. L’arrière-garde française montre aussi des failles dans le marquage sur coups de pied arrêtés. La Norvège aurait pu en profiter à plusieurs reprises.

Et le onze tricolore, qui tient à tout prix à construire depuis le gardien, perd beaucoup de ballons dans ces phases de relance basses. 

Sur cette relance dans l’axe, le gardien met son équipe en danger, car son coéquipier perd le ballon et offre une occasion aux Norvégiens.
Comme vous pouvez le voir sur cette infographie, la majorité des ballons perdus par les Français se situent dans l’axe de leur défense (14,7%).

Les Français sous pression 

Les adversaires ont souvent récupéré des ballons dans les trente derniers mètres, plein axe, sans toujours savoir les exploiter. Le Maroc, lui, devra en faire bon usage.

Autre point faible, le repli défensif parfois en dilettante après les corners. Le Japon a plusieurs fois attaqué la profondeur en supériorité numérique après ces phases.

Une situation de trois contre trois, dont le Japon n’a pas su tirer profit, s’est souvent répétée après des corners en raison d’un repli français déficient.

Avec le ballon, la France ne se précipite pas, quitte à laisser passer certaines situations de contre. Elle privilégie la possession. L’ouverture du score contre la Norvège est intervenue au terme d’une séquence de deux minutes et vingt-cinq secondes sans perdre le ballon, preuve de sa qualité technique, mais aussi de sa tendance à resserrer le jeu à l’intérieur, autour de ses ailiers.

Offensivement, le bloc équipe français reste très resserré pour récupérer rapidement le ballon après une perte. Cela permet également de regrouper les trois attaquants dans la même zone, aux abords de la surface de réparation.

Son bloc équipe est très compact en phase offensive. Les dix joueurs de champ évoluent parfois dans le camp adverse, sur une vingtaine de mètres, ce qui facilite la récupération à la perte.

Les latéraux adoptent des positions asymétriques. Le gauche reste haut et large, le droit repique dans l’axe pour offrir des solutions à l’intérieur.

Autant d’éléments déjà sur le tableau du staff marocain. Car au-delà de la charge émotionnelle qui accompagne cette demi-finale, la qualification ne se jouera pas seulement dans les têtes, mais surtout sur le terrain.

Emmanuel Macron reconnaîtra l’État de Palestine lundi vers 21h30 heure de Paris

Le journaliste français Georges Malbrunot a affirmé sur X qu’Emmanuel Macron prévoit d’annoncer, lundi prochain, la reconnaissance de l’État de Palestine lors d’un discours à l’Assemblée générale des Nations unies à New York, citant une source diplomatique informée.

Il précise que cette reconnaissance interviendra sans conditions supplémentaires, hormis celles déjà posées à l’Autorité palestinienne.

L’élan en faveur de la reconnaissance de l’État de Palestine se poursuit. Après des pays comme la Belgique, la France, le Royaume-Uni, le Canada ou Malte, le Premier ministre luxembourgeois, Luc Frieden, a annoncé, le mardi 16 septembre, l’intention de son pays de rejoindre ceux qui reconnaîtront l’État palestinien lors du sommet de l’ONU prévu la semaine prochaine à New York.

M’hammed Abdenabaoui décoré de la Légion d’honneur par la France

L’ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, a remis, le mardi 10 juin, les insignes de la Légion d’honneur à M’hammed Abdenabaoui, Premier président de la Cour de cassation et président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire.

Cette distinction, parmi les plus prestigieuses de la République française, témoigne de la reconnaissance envers un « juriste d’exception et un acteur inlassable du renforcement des liens entre le Maroc et la France ».

L’ambassade de France au Maroc a souligné l’importance de cette décoration, qui récompense une carrière dédiée au droit et à la coopération judiciaire.

Au cours de la cérémonie, l’ambassadeur français a exprimé son admiration pour « le grand magistrat et l’ami » que représente M’hammed Abdenabaoui, saluant ses contributions au développement de la justice et à la consolidation des relations bilatérales franco-marocaines.

Immigration en France : hausse des arrivées en provenance du Maghreb, profils jeunes et qualifiés

Les immigrés originaires du Maghreb continuent d’affluer en nombre en France. Selon un rapport de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee, France), publié récemment, 72.000 Maghrébins sont arrivés sur le territoire français en 2023 pour y résider au moins un an, soit une progression de 11% par rapport à l’année précédente.

Une immigration maghrébine portée par une jeunesse diplômée

L’étude révèle que ces nouveaux arrivants sont majoritairement jeunes, d’un âge médian de 27 ans, et les femmes représentent 54 % des entrées. En outre, plus de la moitié des immigrés maghrébins âgés de 25 ans ou plus sont diplômés de l’enseignement supérieur (55%), un chiffre qui place cette population parmi les plus qualifiées des flux migratoires vers la France.

Ce profil tranche avec certaines idées reçues : loin d’un exode de main-d’œuvre peu qualifiée, une partie croissante des immigrés maghrébins sont de jeunes actifs ou des étudiants disposant d’un capital humain élevé.

Une insertion professionnelle encore difficile

Malgré leur niveau de formation, les immigrés originaires d’Afrique, incluant le Maghreb, peinent à s’insérer rapidement sur le marché du travail français. Un an après leur arrivée, seuls 28% des immigrés africains âgés de 15 à 74 ans sont en emploi, selon le rapport. Une proportion bien inférieure à celle des ressortissants de l’Union européenne (56%).

Les métiers exercés restent très polarisés : les nouveaux immigrés sont employés aussi bien comme ingénieurs ou chercheurs que dans des secteurs peu qualifiés, notamment l’hôtellerie-restauration ou le bâtiment. Ce clivage illustre la difficulté à faire reconnaître les compétences et les diplômes obtenus à l’étranger, en particulier pour ceux venus du sud de la Méditerranée.

Par ailleurs, en 2023, la France a enregistré 467. 000 entrées, dont près de 160. 000 en provenance d’Afrique. Le Maghreb, à lui seul, représente près de la moitié de ces flux africains.

Visas pour la France : TLScontact généralise l’attribution automatique des rendez-vous

Pour les demandeurs de visas pour la France, notamment ceux qui en font la demande pour la première fois, TLScontact a introduit un nouveau système d’attribution des rendez-vous. Désormais, les créneaux ne sont plus disponibles à la réservation en ligne. Ils sont attribués automatiquement et de manière aléatoire aux demandeurs inscrits sur le site.

La confirmation du rendez-vous est conditionnée au paiement des frais de service. Si ce paiement n’est pas effectué, le créneau est réattribué à un autre demandeur, explique TLScontact dans un communiqué.

Ce changement vise à contrer la fraude, particulièrement fréquente parmi les primo-demandeurs. Ces derniers sont souvent les plus touchés par les abus, car la demande pour les rendez-vous est très forte, et des réseaux frauduleux captent les créneaux pour les revendre à des prix élevés.

TLScontact, pour répondre à ce phénomène, a opté pour un système plus sécurisé et équitable. Ce dispositif, testé avec succès à Rabat à l’automne 2024, a permis de réduire de 48% l’activité des bots, qui étaient utilisés pour réserver massivement des créneaux. En tout, près de 15.000 rendez-vous ont été attribués en toute sécurité dans ce cadre, ajoute la même source.

Suite au succès de la phase pilote à Rabat, le système a été étendu aux centres TLScontact de Fès, Oujda et Tanger en février 2025, et à Casablanca en mars 2025, avec un objectif clair : offrir un accès plus équitable aux rendez-vous pour tous les demandeurs légitimes et rétablir la confiance dans le processus.

En bloquant les stratégies d’intermédiaires frauduleux, ce nouveau système simplifie également la démarche pour l’usager final, sans ajouter de complexité inutile, précise TLScontact.

Le prestataire explore également la possibilité d’appliquer ce système à d’autres pays confrontés à des problèmes similaires de fraude sur les rendez-vous.

Youssef Benkirane à la tête du bureau de représentation de la Banque CIC à Casablanca

Dans ses propos sur LinkedIn, Youssef Benkirane souligne l’importance du contexte favorable dans lequel cette mission prend place : « Cette nomination s’inscrit dans un cadre stratégique de renforcement des liens entre la France et le Maroc, marquée par l’élévation du partenariat entre les deux pays au rang d’exception renforcée. »

Cette nouvelle étape témoigne de l’engagement de la Banque CIC à renforcer sa présence et son soutien aux acteurs économiques marocains, en accompagnant les entreprises et investisseurs clients du CIC au Maroc.

Au SIA de Paris, une rencontre entre Ahmed El Bouari et la ministre française de l’Agriculture

En marge du Salon international de l’agriculture (SIA) de Paris, le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Ahmed El Bouari, et la ministre française de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire, Annie Genevard, ont tenu une rencontre bilatérale le dimanche 23 février à Paris, indique un communiqué du ministère.

Les deux ministres se sont félicités de l’excellence des relations bilatérales et de la solidité de la coopération agricole. Le Maroc a été honoré d’être le premier pays « invité d’honneur » de l’histoire du SIA Paris à sa 61e édition.

Pour faire de l’année 2025 une année croisée de la coopération agricole, la France sera le pays à l’honneur lors de la prochaine édition du SIAM qui se tient du 21 au 27 avril 2025.

Les relations dans le secteur agricole entre la France et le Maroc se sont encore renforcées avec la visite d’État effectuée par le président de la République, Emmanuel Macron au Maroc en novembre 2024, marquée par la signature d’un accord-cadre dans les domaines agricole et forestier devant le Roi Mohammed VI. Cet accord constitue un cadre d’action pour atteindre les objectifs de développement durable et de sécurité et de souveraineté alimentaires.

Les deux ministres ont passé en revue les domaines prioritaires de leur relation dans le secteur agricole et agroalimentaire, notamment l’appui au système de formation et recherche marocain, la sécurité sanitaire et phytosanitaire, la consolidation des relations entre les professionnels du secteur agricole, en particulier la filière des oléagineux, la filière élevage (ovins, bovins et lait), la filière semencière et la filière fruits et légumes, ajoute le communiqué.

Dans le cadre de cette relation d’excellence, les deux ministres ont également appelé les professionnels français et marocains du secteur des légumes à renforcer leur coopération et leur dialogue sur les questions agricoles, à l’occasion du SIA, face aux défis et aux enjeux communs auxquels ils sont confrontés.

Selon le ministère, les deux ministres ont signé une convention relative à l’organisation de stages et de voyages d’études en France, dite « Opération stage 250 », pour les étudiants de l’enseignement supérieur agronomique, vétérinaire et forestier marocain et les stagiaires des Instituts de techniciens spécialisés.

Cette convention s’inscrit dans le cadre de l’arrangement administratif de coopération dans le domaine de la formation technique et professionnelle agricole et de l’enseignement supérieur agronomique, vétérinaire et forestier, signé à Paris le 1er mars 2024, qui a pour objet de favoriser le développement et la consolidation des échanges et coopérations entre les institutions d’enseignement et de formation professionnelle.

Le Conseil d’État français rejette une demande d’interdiction des importations marocaines en raison de l’étiquetage

La Confédération paysanne avait saisi le Conseil d’État en l’absence de réponse du gouvernement français quant à sa demande d’interdire les tomates cerises et les melons charentais sur le marché hexagonal. L’association estimait que leur étiquetage, mentionnant le Maroc comme pays d’origine, « ne respectait pas le droit européen en matière d’information des consommateurs », indique un communiqué du Conseil d’État français.

Interrogée sur cette question, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a statué que l’interdiction de ces importations relèverait de la politique commerciale commune de l’Union européenne, et non d’un État membre pris individuellement. « La CJUE a jugé qu’un État membre ne peut, unilatéralement, interdire l’importation de produits agricoles […] car une telle décision relève de la politique commerciale commune et de l’Union européenne », ajoute le communiqué.

En conséquence, la France ne pouvait pas décider unilatéralement d’interdire ces produits sur son territoire, précise le Conseil.

Le Conseil d’État a donc suivi cette interprétation et a conclu que les ministères français de l’Économie et de l’Agriculture n’étaient pas en mesure de prononcer une interdiction d’importation des tomates cerises et des melons charentais marocains. « Pour cette raison, le Conseil d’État rejette le recours de la Confédération paysanne », conclut le communiqué du Conseil.

Pour rappel, la CJUE a confirmé, le 29 septembre 2024, l’annulation des accords commerciaux UE-Maroc de 2019. La Cour a également statué sur l’étiquetage des produits agricoles, indiquant que ceux-ci doivent mentionner exclusivement « Sahara » comme pays d’origine, sans référence au Maroc.

https://medias24.com/2021/10/01/accords-maroc-ue-ce-que-lon-retient-de-larret-du-tribunal-europeen/

Décès de Jean-Marie Le Pen, figure de l’extrême droite française

Depuis son premier mandat en 1956 jusqu’à son dernier souffle, la figure tutélaire de l’extrême droite aura profondément marqué la vie politique française au rythme des provocations, des scandales et des coups d’éclat, mais aussi de percées électorales historiques.

(Avec AFP)

L’Assemblée nationale française vote la censure du gouvernement Barnier

La motion de censure a été adoptée avec 331 voix, la majorité requise étant de 288 voix, a annoncé la présidente de l’Assemblée nationale

Ce mécanisme a été mis en branle suite au bras de fer qui s’était engagé depuis quelques jours entre le gouvernement et ces partis sur le volet social du budget de 2025 et qui s’est conclu, lundi 2 décembre, par l’activation par le premier ministre de l’article 49.3 de la Constitution qui lui permet de passer outre le vote parlementaire pour adopter des textes à l’Assemblée nationale.

S’exprimant avant le vote, M. Barnier a défendu l’action de son gouvernement, en particulier les mesures du projet de budget de la Sécurité sociale sur lequel il a engagé la responsabilité du gouvernement, assurant qu’ »avec ce budget, nous soutenons les agriculteurs à travers la réforme attendue du mode de calcul de leurs retraites et des dispositifs d’exonération de cotisations sociales ».

Parmi les points de discorde à l’origine de la censure de son gouvernement, figuraient notamment les taxes sur l’électricité, l’indexation des pensions de retraite et le remboursement de certains médicaments, autant de sujets rappelés, lors du débat précédant le vote, par les députés de gauche et de l’extrême droite ayant soutenu cette motion.

Le chef du gouvernement qui espérait jusqu’au dernier moment l’échec de la motion de censure, en appelant à la responsabilité, a reçu notamment le soutien de son prédécesseur Gabriel Attal, à la tête des députés du parti présidentiel Renaissance, qui a affirmé, de son côté, que la censure réclamée « ne ferait que des perdants ».

« L’heure est venue de mettre de côté ce qui nous divise » et « de se hisser à la hauteur du moment et à la hauteur de leurs responsabilités », a plaidé l’ex-Premier ministre en s’adressant aux dépositaires de la motion de censure et leurs alliés.

La censure de l’équipe Barnier est une première depuis la chute du gouvernement de Georges Pompidou en 1962.

Selon l’article 50 de la Constitution française, lorsque l’Assemblée nationale adopte une motion de censure, le Premier ministre doit remettre au président de la République la démission de son gouvernement.

A peine trois mois après son investiture suite à des tractations politiques difficiles après les législatives anticipées de juillet dernier, le gouvernement français de centre droit est désormais en affaires courantes jusqu’à la nomination d’un nouveau cabinet.

(Avec MAP)

Le démarchage téléphonique pourrait être bientôt interdit en France : quel impact au Maroc?

Déposée fin octobre, cette nouvelle proposition de loi inverserait le consentement, en laissant ceux qui le souhaitent s’inscrire sur une liste pour être démarchés. Les autres seraient de facto injoignables. Pourtant, au Maroc, ces appels malencontreux pour 97% des Français qui se disent agacés par cette opération sont le gagne-pain de plusieurs salariés du secteur de l’offshoring, notamment les employés des call centers axés sur la gestion de la relation client.

Un faible risque pour les acteurs structurés au Maroc

Youssef Chraibi, président du groupe Outsourcia, opérateur spécialisé dans la gestion externalisée de la relation client, explique à Médias24 que ce n’est pas la première fois que les call centers au Maroc font face à des restrictions réglementaires.

Les agences spécialisées dans le télémarketing, souvent mono-activité, sont celles qui risquent d’être les plus touchées par cette proposition de loi, précise Youssef Chraibi. Ces structures, moins diversifiées, pourraient ainsi voir leur activité se contracter. À l’inverse, les outsourcers généralistes ont su développer une offre complète, ce qui leur permet de maintenir leur compétitivité et leur croissance malgré ces restrictions, selon notre interlocuteur.

« Le secteur des centres de contact au Maroc a déjà fait face à de nombreuses évolutions réglementaires similaires en France avec, par exemple, l’instauration de la liste d’opposition Bloctel en 2016. Ces régulations ont eu pour effet une diminution progressive de l’activité de téléprospection, qui représente aujourd’hui moins de 20% des revenus des centres de contact au Maroc ».

« Cette transition a poussé les acteurs marocains à diversifier leurs services, notamment en se concentrant sur la gestion des interactions entrantes, comme le service client et le support technique, le BPO (Business Process Outsourcing), les activités de back office externalisées, ainsi que les canaux digitaux et écrits, tels que l’e-mail, le chat et les réseaux sociaux, qui répondent aux nouvelles attentes des consommateurs ».

Selon certaines études, les interactions vocales devraient représenter moins de 50% des flux clients d’ici 2026, au profit des canaux digitaux. Cette mutation favorise les acteurs qui ont su s’adapter à ces nouveaux besoins

« Aujourd’hui, une part croissante des donneurs d’ordres en Europe exigent de travailler uniquement sur des fichiers opt-in, c’est-à-dire constitués de prospects ayant donné leur consentement explicite. Cette pratique, déjà largement répandue, réduit l’impact potentiel de cette nouvelle régulation pour les grands acteurs marocains qui ont anticipé cette transition en renforçant leur expertise dans ces domaines.

« Le marché mondial des centres de contact évolue également avec la montée en puissance des solutions d’intelligence artificielle, d’automatisation et de gestion omnicanale. Selon certaines études, les interactions vocales devraient représenter moins de 50% des flux clients d’ici 2026, au profit des canaux digitaux. Cette mutation favorise les acteurs qui ont su s’adapter à ces nouveaux besoins ».

« Pour conclure, si cette régulation marque une étape supplémentaire dans la protection du consommateur, elle ne représente qu’un faible risque pour les acteurs structurés du secteur au Maroc. Leur capacité d’innovation, couplée à une diversification de leurs activités, garantit la résilience de ce modèle économique ».

Le démarchage téléphonique, une pratique encore courante dans les call centers de petite taille

L’impact sera donc surtout ressenti au sein des call centers de petite taille, dont l’activité principale reste le démarchage téléphonique. Il représente 20% de l’ensemble de l’activité CRM (gestion de la relation client), une des composantes de l’écosystème offshoring, souligne Ayoub Saoud, secrétaire général de la Fédération nationale des centres d’appels et des métiers de l’offshoring (FNCAMO), affiliée à l’Union marocaine du travail (UMT).

« En tant que syndicat de travailleurs, je vais surtout me focaliser sur l’impact sur les employés. Il y aura certainement un impact en cas d’adoption effective de cette loi, comme cela fut le cas il y a quatre ans avec l’adoption en France de la loi visant à encadrer le démarchage téléphonique et à lutter contre les appels frauduleux ».

Le Maroc ne compte qu’une cinquantaine de call centers structurés sur les 800 centres d’appels recensés

« Une grande partie des 800 centres d’appels déclarés auprès de l’ANRT sont des call centers de petite taille dont l’activité principale est le démarchage téléphonique qui implique la télévente, la téléprospection ou la récolte des données. Ces call centers emploient des milliers de personnes, principalement des salariés originaires de l’Afrique subsaharienne qui, généralement, ne sont pas déclarés. En somme, le Maroc ne compte qu’une cinquantaine de call centers structurés sur les 800 centres d’appels recensés ».

« En l’absence surtout de potentiel de reconversion professionnelle, l’application de cette loi en France peut avoir un impact sur l’employabilité, générant éventuellement des licenciements. Pour permettre la reconversion de ces salariés opérant aujourd’hui dans le démarchage téléphonique, il faut penser à créer un groupement interprofessionnel d’aide au conseil (GIAC) du secteur, garantir la formation professionnelle et investir dans le capital humain », conclut Ayoub Saoud.