Mondial 2030 : première rencontre institutionnelle entre Fouzi Lekjaa et son homologue portugais

Selon la FRMF, les discussions ont porté sur plusieurs sujets liés à l’organisation conjointe de la Coupe du monde 2030 par le Maroc, le Portugal et l’Espagne. La délégation portugaise a également visité le stade Prince Moulay Abdellah de Rabat et le complexe Mohammed VI de football.

Le président de la Fédération portugaise de football (FPF), Pedro Proença, a conduit une délégation en visite au Maroc pour une première réunion institutionnelle avec l’un des partenaires de l’organisation de la Coupe du monde 2030, a souligné la FPF.

« La Coupe du monde 2030 sera un événement majeur et une étape remarquable pour le Portugal, le Maroc et l’Espagne. Au nom de la Fédération portugaise de football, je tiens à remercier la Fédération royale marocaine de football, représentée par son président Fouzi Lekjaa, pour son accueil et son hospitalité. Cet échange de connaissances entre les trois fédérations sera déterminant pour la réussite d’une organisation qui promet d’entrer dans l’histoire », a déclaré Pedro Proença, cité dans le communiqué.

Sonasid et la FRMF : une alliance pour « porter haut les couleurs du Maroc »

Le groupe Sonasid annonce la signature d’un partenariat stratégique pluriannuel avec la Fédération royale marocaine de football (FRMF). À travers cette alliance, le sidérurgiste devient partenaire officiel des équipes nationales marocaines de football, accompagnant ainsi les Lionnes et Lions de l’Atlas dans leurs ambitions sportives, tant sur la scène nationale qu’internationale.

Ce partenariat réunit la force d’un acteur industriel national et la dimension fédératrice du football, autour d’un objectif commun : « faire rayonner le Maroc par la performance et l’engagement ».

Sonasid et la FRMF partagent des valeurs fortes telles que l’esprit d’équipe, le dépassement de soi, la rigueur et l’excellence, mais aussi une fierté profonde d’œuvrer pour un Maroc tourné vers l’avenir. En s’associant aux équipes nationales, Sonasid affirme également sa mission sociétale, en faveur de la jeunesse, de l’éducation et de l’inclusion par le sport.

« Ce partenariat va bien au-delà d’une simple collaboration. Il réunit deux forces qui font rayonner le Maroc : une industrie qui construit avec passion, innovation et résilience, et des équipes nationales qui fédèrent toute une nation dans la ferveur, la fierté et l’émotion. Il s’agit d’un engagement fort de Sonasid envers la jeunesse et le football, pour porter haut les couleurs du Royaume  », souligne Ismail Akalay, directeur général de Sonasid.

Depuis plus de cinquante ans, Sonasid accompagne les grandes transformations du tissu industriel marocain. À travers sa signature « Construire le Maroc« , l’entreprise affirme son implication dans les projets structurants du Royaume, notamment les infrastructures sportives, dont plusieurs stades emblématiques.

Nous attendons le démarrage de la construction du Grand Stade de Casablanca. On y sera, bien sûr

« Nous sommes présents aujourd’hui sur tous les terrains qui sont en construction. Le rond à béton de Sonasid et les armatures de Longometal Armatures, notre filiale spécialisée, sont utilisés pour les structures des stades », a indiqué Ismail Akalay. Cette présence concerne notamment les infrastructures prévues pour la Coupe d’Afrique des nations 2025 et la Coupe du monde 2030.

Sonasid se prépare également à accompagner le chantier du futur Grand Stade Hassan II de Casablanca, destiné à accueillir les plus grandes compétitions internationales. « Nous attendons le démarrage de la construction du Grand Stade de Casablanca. On y sera, bien sûr », a affirmé Ismail Akalay.

Il a enfin rappelé que l’histoire du groupe avec les équipements sportifs ne date pas d’hier. « La plupart des stades construits depuis 1980 ont utilisé le rond à béton de Sonasid ».

Youssef Hbabi, directeur financier du groupe, a pour sa part exposé les fondements industriels et sociétaux de cette alliance. Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique de transformation plus large portée par l’entreprise, en cohérence avec ses engagements environnementaux, économiques et humains.

Sonasid, qui accompagne les grands chantiers du Royaume depuis plus de cinquante ans, a investi près de 1 milliard de dirhams sur les cinq dernières années. Son résultat net dépasse aujourd’hui les 150 millions de DH, en amélioration continue. Sa capitalisation boursière a récemment franchi le seuil symbolique des 10 milliards de DH, confirmant sa solidité financière.

Le premier axe mis en avant par le directeur financier concerne l’engagement pour un monde plus sûr et plus inclusif. Sur le volet sécurité, l’entreprise déploie des efforts constants pour prévenir les accidents, en investissant dans des dispositifs adaptés et en formant notamment des pompiers volontaires. « Nous avons un objectif permanent de zéro accident, et nous mettons tout en œuvre pour y parvenir », affirme Youssef Hbabi.

Ces pompiers volontaires ont notamment été mobilisés lors du séisme d’Al Haouz. À cela s’ajoutent des initiatives en faveur de l’accès à l’eau dans les zones rurales, du soutien à l’entrepreneuriat féminin, de la rénovation d’espaces publics, ou encore de l’intégration des enfants dans les établissements pénitentiaires.

Sonasid participe également à la construction d’écoles et d’unités préscolaires, notamment à El Jadida, et soutient des structures comme SOS Village. Plusieurs actions sont aussi menées dans le domaine du sport. « Nous croyons au pouvoir fédérateur du sport, et nous voulons l’utiliser pour avoir un impact concret sur nos territoires ».

Nous sommes le premier recycleur au Maroc et notre ambition est claire : éviter chaque année plus d’un million de tonnes d’émissions de CO2

Ce partenariat avec la FRMF vient ainsi renforcer un engagement déjà ancien dans le domaine sportif, à travers des événements comme le Sonasid Trail. Il s’inscrit dans un projet global où le sport devient un vecteur d’impact et de cohésion.

Le deuxième pilier de la stratégie de Sonasid porte sur la décarbonation. Plus de 90% de l’énergie consommée par le groupe est aujourd’hui d’origine renouvelable. Cette performance place Sonasid parmi les acteurs de référence sur le plan international en matière d’acier bas carbone. « Nous sommes le premier recycleur au Maroc, et notre ambition est claire : éviter chaque année plus d’un million de tonnes d’émissions de CO2« , souligne le directeur financier.

La performance industrielle constitue le troisième axe structurant. Dans un environnement fortement concurrentiel, Sonasid renforce sa compétitivité à travers l’innovation et la rigueur opérationnelle. La production a progressé de 23% par rapport à 2024.

Le groupe a également développé un laboratoire de R&D dédié à la sidérurgie et prépare le lancement d’un rond à béton parasismique, conçu pour répondre aux exigences de sécurité dans les zones exposées aux risques sismiques.

« Nous entraînons nos équipes comme dans le sport : battre des records, viser la performance, cultiver l’excellence », explique Youssef Hbabi. Il a également mis en avant le développement de nouveaux produits à haute valeur ajoutée, dont certains à base de cuivre ou d’aluminium, en dehors du cœur de métier historique de l’entreprise.

Nous croyons à un Maroc fort, moderne, fier de son industrie comme de son sport. Ce partenariat incarne cette vision commune

Quant au quatrième pilier, il concerne le leadership et la croissance. Sonasid est présent dans les projets structurants du pays, qu’il s’agisse d’infrastructures portuaires, d’équipements de santé ou de stades. Le groupe participe notamment à la construction des enceintes sportives qui accueilleront la Coupe d’Afrique des nations et, potentiellement, la Coupe du monde.

« Nous sommes fiers d’apporter notre pierre à l’édifice, dans tous les sens du terme, en accompagnant les projets emblématiques du Royaume », déclare-t-il.

À travers ce partenariat, Sonasid entend consolider ses engagements en matière de responsabilité sociale, de promotion de la jeunesse et de rayonnement du Royaume. « Nous croyons à un Maroc fort, moderne, fier de son industrie comme de son sport. Ce partenariat incarne cette vision commune », conclut Youssef Hbabi.

Ismail Lyoubi : « Evosport veut adresser toutes les disciplines sportives, pas seulement le foot »

À la tête d’Evosport, filiale de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) dédiée au développement du sport au Maroc, Ismail Lyoubi incarne une vision ambitieuse et tournée vers l’avenir. Ingénieur de formation, il met à profit son expérience au sein du groupe OCP, notamment comme gestionnaire d’une structure omnisports à El Jadida, pour piloter un projet d’envergure dans le domaine du sport.

Objectif ? Bâtir un modèle durable de formation des jeunes footballeurs, professionnaliser l’écosystème sportif et accroître la visibilité des talents marocains à l’échelle internationale. Dans cet entretien exclusif, il revient sur la genèse de la société Evosport, son rôle dans la transformation du football national, les mécanismes de financement mis en place et les partenariats avec les clubs. Sans oublier les perspectives de développement de la société Evosport, au-delà du ballon rond.

Médias24 : Pouvez-vous nous présenter Evosport et ses principales missions ?

Ismail Lyoubi : Evosport est une filiale de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), créée en 2024, entièrement dédiée au développement du sport au Maroc et sur le plan continental. Elle est détenue à 100 % par l’Université Mohammed VI Polytechnique et s’inscrit dans une vision de création d’un véritable écosystème sportif. Son rôle est de participer activement à la dynamique nationale et continentale autour du sport.

Nous avons jugé que le moment était idéal pour lancer cette initiative, afin de répondre à des enjeux précis de développement de l’écosystème sportif tant au Maroc qu’à l’échelle africaine. Plusieurs défis ont guidé sa création. D’abord, la professionnalisation et la gouvernance dans le sport, à la lumière des Hautes Orientations données par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui érige également le développement des infrastructures et la formation en tant que piliers de cette dynamique nationale.

Ensuite, la formation, au sens learning, dans les métiers du sport avec un focus sur la gouvernance, car on ne peut pas professionnaliser sans des acteurs qualifiés. Enfin, l’investissement, avec l’ambition de créer des modèles économiques durables pour faire du sport un levier de développement humain et socio-économique, notamment pour la jeunesse. Cet aspect est au cœur des priorités de l’UM6P et du groupe OCP.

En partenariat étroit avec la DTN, nous mettons en œuvre des standards élevés de gouvernance

-Quel rôle joue Evosport dans la mise en œuvre du nouveau programme de formation des jeunes footballeurs ?

-Ce programme repose sur un Fonds de national de formation lancé à l’initiative de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), du groupe OCP et d’autres acteurs économiques. L’objectif est d’installer un modèle professionnel de formation des jeunes footballeurs au Maroc. C’est une initiative inédite à l’échelle mondiale.

Ce modèle s’appuie sur les réalisations existantes, comme celles de l’Académie Mohammed VI, qui ont déjà porté ses fruits avec des joueurs présents à la Coupe du Monde 2022.

L’idée est désormais de répliquer et démultiplier ce modèle à l’échelle nationale, au sein des clubs professionnels. Cela implique la professionnalisation des centres de formation selon deux volets. D’une part, le volet technique, sous la responsabilité de la Direction technique nationale (DTN), qui veille à la qualité et à l’uniformité des programmes de formation.

D’autre part, le volet opérationnel, géré par Evosport, qui concerne l’administration, la gestion financière, la logistique, les ressources humaines, les programmes sport-études et la performance globale des centres. En partenariat étroit avec la DTN, nous mettons en œuvre des standards élevés de gouvernance, pour construire un modèle pérenne et aligné avec la vision de long terme du football marocain.

Evosport. Formation. Football.

 

Evosport. Formation. Football.

-Comment se construisent vos partenariats avec les acteurs clés de ce programme de formation ?

-Le partenariat repose sur trois parties prenantes : les clubs, la FRMF et Evosport. Nous accompagnons les clubs dans la gestion administrative et logistique de leurs centres de formation : recrutement, gestion du personnel, suivi des programmes sport-études, etc.
Toujours dans une logique de co-construction avec les clubs, dont les centres de formation restent un asset.

Notre rôle, ainsi que celui de la DTN, est un rôle de support, pour aider à leur professionnalisation. Ce travail se fait en coordination quotidienne avec les clubs, qui sont conscients que la performance de leurs équipes premières dépend d’une formation bien structurée.

Nous avons un alignement stratégique fort avec les clubs qui se reflètera à terme au niveau national. Puisque des centres de formation structurés et professionnels, c’est l’assurance d’avoir des clubs compétitifs, une ligue de très haut niveau et à terme, des équipes nationales compétitives. Cela génère aussi des retombées économiques positives à tous les maillons de la chaîne de valeur.

-Quel état des lieux avez-vous dressé de la professionnalisation au sein des centres actuellement au Maroc ?

-La professionnalisation est un objectif à terme, mais elle dépend de plusieurs volets : technique, logistique, organisationnel… Notre objectif à ce stade est d’harmoniser le niveau des clubs en matière de formation et de réduire les écarts en instaurant des standards communs.

Certains clubs étaient déjà bien structurés ; notre intervention y a été minimale. Ces clubs servent aujourd’hui de références pour diffuser de bonnes pratiques ailleurs. C’est l’avantage d’avoir une vision globale à travers une structure unificatrice comme Evosport. Notre objectif est d’atteindre un niveau homogène d’ici la fin de l’année, tout en respectant le rythme et la pro-activité de chaque club. Nous sommes là en tant qu’accélérateurs pour les accompagner à révéler leur potentiel.

-Les accords entre Evosport et les clubs portent sur quelle durée ?

-Nous avons lancé un projet sur dix ans, car un cycle de formation demande du temps : entre la phase de construction, la phase de stabilisation et ensuite une montée en puissance. Cette durée permet de bâtir un modèle solide et durable. La suite dépendra bien sûr des résultats obtenus.

-Y a-t-il des clauses de sortie prévues dans ces accords ?

-Je dirais qu’il y a plutôt des clauses d’entrée. Un club doit manifester une volonté claire de s’inscrire dans le programme et disposer des infrastructures exigées par le cahier des charges. Une fois intégré, un club peut, à terme, choisir de reprendre la gestion complète de son centre. Dans ce cas, il bénéficiera d’un cadre déjà structuré, d’un personnel qualifié et de processus de gouvernance en place.

-Une compensation financière est-elle prévue si un club reprend la gestion de son centre ?

-Justement, il faut distinguer le périmètre d’intervention de Evosport du Fonds National de Formation. Ce fonds, alimenté par différents partenaires, finance le fonctionnement des centres. Evosport en assure le pilotage opérationnel. Les frais de formation versés par les clubs sont réinjectés dans le fonds, afin d’en garantir la pérennité.

Le modèle est pensé pour l’équilibre financier, sans logique de profit pour Evosport. Si des bénéfices apparaissent à terme, ils seront réinvestis dans le développement des centres dans l’unique objectif d’accroitre l’impact.

-Quel type de contrat lie les jeunes joueurs au programme ?

-Il faut savoir que les jeunes restent affiliés à leurs clubs. Vous ne trouverez pas un jeune avec une licence Evosport. La licence est au nom des clubs et même en cas de signature d’un contrat professionnel, c’est entre le joueur et son club. Evosport ne signe avec aucun joueur.

Cependant, nous avons mis en place des conventions tripartites entre le joueur, le club et Evosport (en tant que gestionnaire du centre). Selon le modèle préétabli, lorsqu’un joueur passe en professionnel, le club reverse au Fonds National de Formation les frais de formation du joueur.

-L’indemnité versée est-elle fixe ou variable ?

-Elle est fixe, selon les catégories (clubs de première ou deuxième division), en cohérence avec les standards internationaux définis par la FIFA. Nous avons veillé à alléger la charge financière pour les clubs, pour faciliter le passage au statut professionnel tout en assurant la viabilité du fonds.

-Tous les jeunes ne deviendront pas professionnels. Quelles alternatives leur proposez-vous ?

-Même dans les meilleurs modèles internationaux, seuls 60 % des jeunes signent un contrat professionnel. Nous avons donc pensé aux 40 % restants à la genèse du projet. Dans ce sens, nous œuvrons avec la FRMF et le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports au développement des programmes sport-études, pour assurer un équilibre entre la performance sportive et académique.

Au niveau de l’UM6P, nous travaillons également activement sur ce volet formation pour développer des cursus des métiers du sport et assurer ainsi la phase post-bac. Les centres de formation comptent actuellement un bon nombre de jeunes qui excellent sur le plan académique.

Le but est de leur offrir la possibilité d’allier excellence sportive et académique pour aboutir à des modèles de réussite intégrée. Certains pourront ainsi poursuivre des études dans des domaines variés, y compris hors du domaine du sport (ingénierie, médecine, architecture…).

Nous mobilisons tous les moyens nécessaires pour assurer aux jeunes un cadre à la fois sécurisé et respectueux-Ce modèle peut-il renforcer la visibilité des talents marocains à l’international ?

-Absolument. L’Académie Mohammed VI en est déjà la preuve, avec des joueurs comme Nayef Aguerd ou Youssef En-Nesyri qui brillent à l’international. Cela montre que le Maroc a du talent. S’il est bien encadré, il peut produire des joueurs de haut niveau. Ce que nous voulons, c’est structurer l’écosystème, pour transformer ce potentiel brut en réussite mesurable.

Aujourd’hui, des joueurs d’origine africaine sont valorisés à plus de 180 millions d’euros en Europe, à l’image de Yamine Yamal. Il n’y a aucune raison pour que le Maroc ne soit pas à ce niveau dans quelques années. La matière première est là, il suffit de professionnaliser l’accompagnement.

Nous partageons tous cette ambition, le Président de la FRMF, Fouzi Lekjaa, a une vision et une ambition claires pour la formation qu’il a su insuffler à tous les acteurs et nous construisons dès maintenant les fondations de cette réussite future.

L’objectif d’Evosport n’est pas seulement le football, mais le sport d’une manière générale

-Quelles mesures sont mises en place pour garantir un environnement sécurisé et bienveillant pour les jeunes ?

-C’est un point essentiel et nous sommes parfaitement conscients de l’enjeu. Même si le contexte marocain, grâce à ses valeurs éducatives et sociales, instaure des garde-fous, nous ne laissons rien au hasard. Chaque centre de formation dispose d’un encadrement structuré basé sur la fluidité de la communication : responsables d’internat, responsables de formation, suivi avec les entraîneurs, feedbacks des familles…

Nous avons mis en place un monitoring à 360 degrés, avec des mécanismes de suivi renforcés et alimentés par l’expérience de notre écosystème en la matière (UM6P, Lycée d’Excellence). Nous mobilisons tous les moyens nécessaires pour assurer aux jeunes un cadre à la fois sécurisé et respectueux.

Nous travaillons déjà avec la NBA pour encourager le basketball

-Quelles sont les prochaines étapes pour Evosport ?

-Le football s’est imposé comme une discipline prioritaire au vu des réalisations récentes et du momentum créé par les Big Events que le Maroc s’apprête à accueillir, comme la CAN 2025 ou la Coupe du Monde 2030. Nous allons poursuivre notre développement, dans ce sillage. Mais notre objectif reste d’adresser le sport de manière générale, dans toutes ses disciplines.

Nous travaillons déjà avec des partenaires internationaux, comme la NBA, pour encourager la pratique du basketball.
Nous lançons également un hub d’innovation, des programmes de formation dans les métiers du sport, et la production de flagship events pour favoriser le partage d’expertise, dont le dernier en date est le World Football Summit, que nous avons récemment organisé en partenariat avec la Fédération royale marocaine de football…

L’objectif est de se diversifier pour capter de la valeur dans l’ensemble de l’écosystème. Notre but est clair : devenir un des acteurs structurants du sport au Maroc, en mobilisant toutes les expertises pour accélérer l’élan national porté par la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Chantiers CAN 2025 et Mondial 2030 : la CGEM et la FRMF vont rencontrer les entreprises marocaines

La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), en partenariat avec la Fédération royale marocaine de football (FRMF), organise un événement dédié à la présentation des projets liés à l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 et de la Coupe du monde 2030 au profit des entreprises marocaines.

Selon nos sources, cet événement, prévu pour le mois de mai à Rabat, a pour objectif de rassembler l’écosystème entrepreneurial marocain autour des perspectives économiques offertes par ces deux compétitions. L’initiative ambitionne de mettre en lumière les chantiers d’infrastructures, de logistique, de services et de technologies pour encourager la participation du secteur privé national.

Ce rendez-vous permettra de clarifier le rôle que les entreprises marocaines pourraient jouer dans la préparation et la réussite de ces événements sportifs d’envergure mondiale.

Jet Contractors réalisera les travaux de gros œuvre du Centre fédéral de football de Bouskoura pour 175 MDH

La société Jet Contractors a été retenue pour réaliser le lot n° 1 du chantier de construction du futur Centre fédéral de formation de football situé à Bouskoura, dans la commune de Tit Mellil-Médiouna à l’est de Casablanca. Ce marché porte sur les travaux de gros œuvre, les lots secondaires et les aménagements extérieurs, pour un montant d’environ 175 millions de DH.

Jet Contractors a proposé l’offre la plus avantageuse face à plusieurs concurrents, dont TGCC (200 MDH), le groupement EMB-Somachame (206 MDH) et la société Urbagec (205 MDH). Le budget initial estimé pour ce lot était de 182,12 MDH.

Le centre fédéral s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre le ministère de l’Éducation nationale, le ministère de la Jeunesse, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et le conseil régional de Casablanca-Settat.

D’un investissement global de 500 MDH, le projet sera financé à parts égales par les quatre partenaires : 150 MDH pour le ministère de l’Éducation nationale et le conseil régional, 100 MDH pour le ministère de la Jeunesse, et 100 MDH pour la FRMF.

Prévu sur une superficie d’environ 2 hectares, le centre comportera cinq pôles principaux :

Le délai d’exécution est fixé à 18 mois, selon les conditions définies par l’Agence nationale des équipements publics (ANEP), maître d’ouvrage du projet.

Football. SGTM dévoile de premières images du chantier du grand stade Hassan II de Benslimane

« Les équipes de la SGTM entament ce projet de grande envergure, prévu pour une capacité de 115.000 spectateurs. Ce stade, le plus grand du Maroc, prendra progressivement forme grâce à l’engagement et à la coordination de nos équipes sur le terrain », lit-on sur le compte LinkedIn de la société.

La SGTM et ses équipes promettent « Un travail minutieux pour mener à bien ce projet d’ici 2027, marquant un tournant stratégique pour le Maroc à l’aube de la Coupe du monde 2030 ».

Pour rappel, la Société générale des travaux du Maroc (SGTM) a remporté ce marché (Lot 1), en août 2024, pour 356 MDH.

Ces travaux de terrassements généraux englobent l’implantation des ouvrages, l’amenée, la mise en place, le repli de tous les matériaux et matériels nécessaires, l’abattage et le dessouchage des arbres et arbustes existants et la transplantation des palmiers et arbres.

Doté d’un budget global prévisionnel de 5 MMDH, ce stade, avec ses 115.000 places, sera le plus grand stade en Afrique et le deuxième plus grand à l’échelle mondiale.

Début février 2025, Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), a indiqué que la fin des travaux de ce stade est prévue en 2027.

Fouzi Lekjaa brillamment réélu au Conseil de la FIFA

Fouzi Lekjaa a largement devancé l’Egyptien Hani Abou Rida, le Nigérien Djibrilla Hima Hamidou, le Mauritanien Ahmed Yahya et le Djiboutien Souleiman Waberi, lors de cette élection qui s’est déroulée le mercredi 12 mars au Caire, lors de la 14ᵉ assemblée générale extraordinaire de cette instance footballistique continentale.

La Comorienne Kanizat Ibrahim a obtenu, elle, le siège destiné aux candidates féminines.

Les représentants de la CAF au sein du Conseil de la FIFA sont élus pour un mandat qui prend fin en 2029.

Cette AGE a été, par ailleurs, marquée par la réélection de Patrice Motsepe à la tête de la CAF.

(Avec MAP)

Accord de sponsoring entre la FRMF et Skoda

Ce partenariat concerne les 28 équipes nationales de la Fédération royale marocaine de football, couvrant toutes les catégories, de l’équipe senior aux sélections jeunes, ainsi que les équipes féminines et de futsal.

Avec cette collaboration, Skoda Maroc s’engage aux côtés de la FRMF dans une dynamique de passion, de performance et de succès partagé. Ce partenariat stratégique repose sur des fondements solides : une quête commune d’excellence et une ambition constante de progression.

Cette alliance entre Skoda et la FRMF illustre parfaitement la trajectoire ascendante des deux institutions. Skoda s’est imposée comme un acteur de référence sur le marché automobile national, avec une couverture de 92% du territoire à travers 14 villes. En 2024, le constructeur tchèque a enregistré plus de 926.000 ventes, affichant une croissance de 17% par rapport à 2023. Parallèlement, l’équipe nationale continue de briller sur la scène internationale, renforçant son rayonnement et sa réputation exceptionnels.

Plus qu’un simple partenariat stratégique, cet accord entre Skoda et la FRMF repose avant tout sur des valeurs partagées.

La dimension commerciale n’est même pas une priorité, comme l’a souligné Allal Benjelloun, directeur général de la Centrale automobile chérifienne (CAC) : « Nous sommes très fiers de ce partenariat. J’espère que nous serons à la hauteur. Nous travaillerons d’arrache-pied pour faire briller les valeurs du football et de la fédération, au-delà de notre ambition commerciale, qui passe au second plan ».

Un sentiment partagé par Nadia Ksikes, directrice des marques Skoda : « C’est un immense honneur pour nous de faire partie de ce partenariat. C’est un véritable défi, et nous espérons que notre notoriété continuera de grandir à travers cette collaboration. Il n’y a aucun objectif commercial derrière cet engagement, seulement de la notoriété et du cœur ».

Au-delà de l’engagement sportif, ce partenariat représente aussi une belle opportunité de rayonnement pour Skoda. En s’associant aux Lions de l’Atlas, la marque renforce son ancrage dans le paysage automobile marocain et s’offre une visibilité de premier plan auprès des passionnés de football. Un choix stratégique qui témoigne d’une volonté de s’inscrire durablement dans le cœur des Marocains.

Plus de 1,7 MMDH pour renforcer les axes routiers du complexe sportif de Fès

Une convention de partenariat a été approuvée, dans ce cadre, lors de la session ordinaire de mars du conseil régional de Fès-Meknès, tenue lundi dernier à Moulay Yacoub, et qui a été consacrée à l’adoption d’une série d’accords de partenariat touchant différents secteurs.

Cette convention, qui s’inscrit dans le cadre de l’organisation du Mondial 2030, vise à réhabiliter et développer les axes routiers pour améliorer la qualité de connexion du complexe sportif de Fès et, partant, renforcer les conditions de sécurité routière.

Ces projets font partie du programme de développement régional (PDR) 2022-2027, doté d’un investissement global de 29,5 MMDH.

Le conseil assurera 38 millions de DH, tandis que le reste (1,744 MMDH) sera mobilisé par les ministères de l’Économie et des finances et de l’Équipement et de l’eau ainsi que la wilaya de la région Fès-Meknès.

Dans le cadre du renforcement des infrastructures routières de la région, le conseil a adopté une autre convention de partenariat visant le renforcement du réseau routier dans les différentes préfectures et provinces de la région avec un investissement total estimé à plus d’un milliard de DH.

Ce montant sera réparti à parts égales entre le conseil régional (508 MDH) et ses partenaires (508 MDH). Cet accord intervient dans le cadre de la mise en œuvre de plusieurs projets faisant partie du programme de développement régional, en cours de mise en œuvre.

Selon des données du conseil, le réseau routier de la région de Fès-Meknès totalise une longueur de 7625 km, soit 18,5% du réseau routier national. Les routes nationales dans la région s’étendent sur une longueur de 918 km et les axes régionaux sur 1695 km. Le réseau provincial totalise, lui, 5012 km.

Tiznit : la FRMF livre le stade de la Marche Verte après sa rénovation

Au cours de cette cérémonie, la FRMF a été représentée par Abdelmalek Abroun, président de la commission des infrastructures de la Fédération et membre de son Comité directeur, indique un communiqué de la Fédération.

Ces opérations de mise à niveau et de rénovation s’inscrivent dans le cadre de la stratégie de la FRMF qui s’étend sur toutes les régions du Royaume dans la perspective de vulgariser la pratique du football et d’assurer ainsi l’essor et le développement de la discipline, affirme la même source.

Mondial 2030 : des commissions communes pour une synergie des efforts des trois pays organisateurs

La création de ces commissions a été convenue lors d’une réunion entre le président de la FRMF, Fouzi Lekjaa, et le président de la Fédération royale espagnole de football (RFEF), Rafael Louzán, au siège de la FRMF à Salé, précise la Fédération dans un communiqué publié sur son site web.

« Les deux parties ont convenu de former des commissions communes afin d’unifier les efforts des trois pays – le Maroc, l’Espagne et le Portugal – à travers des réunions qui se tiendront dans les prochains jours, en alternance dans les nations organisatrices de la Coupe du monde 2030 », indique la FRMF.

À cette occasion, Fouzi Lekjaa a souligné l’importance de la visite effectuée par le président de la RFEF au Maroc après son élection récente à la tête de l’institution espagnole, afin de faire le point sur les préparatifs de l’organisation conjointe de la Coupe du monde 2030 entre le Maroc, l’Espagne et le Portugal.

Le responsable a mis en avant les liens historiques et culturels qui unissent le Maroc et l’Espagne et a insisté sur la nécessité d’accélérer la mise en place de commissions conjointes entre les trois pays hôtes du Mondial 2030, afin de garantir une organisation réussie, après le franc succès du dossier de candidature.

Il a réaffirmé l’importance de renforcer la coopération entre le Maroc et l’Espagne dans tous les domaines du football, à l’image des relations solides qui lient les deux royaumes dans d’autres secteurs.

De son côté, Rafael Louzán a fait part de son admiration pour les avancées du Maroc, notamment en matière de développement du football à tous les niveaux, en particulier en ce qui concerne les infrastructures.

Il a mentionné que ces progrès ouvrent la voie à une coopération bilatérale fructueuse, à la hauteur des attentes des supporters et des responsables des deux pays pour les cinq prochaines années, qui verront également des célébrations spéciales autour des réalisations du football espagnol au cours de ce siècle.

Le président de la RFEF a également rejoint la vision de Fouzi Lekjaa concernant la nécessité de créer des commissions conjointes pour accélérer la mise en œuvre des futurs projets avant 2030.

Le métier d’agent sportif au Maroc : un rôle clé, mais une profession à assainir pour éradiquer les pratiques douteuses

Dans un Maroc en pleine transformation footballistique, où les ambitions nationales visent à atteindre des standards internationaux, le rôle de l’agent sportif est stratégique. Véritable architecte de la carrière des joueurs, il négocie leurs contrats, oriente leurs choix professionnels et assure leur développement aussi bien sur le plan sportif que financier. Avec la professionnalisation accrue du football marocain, ces intermédiaires jouent un rôle déterminant dans l’essor du championnat local et l’exportation des talents à l’international.

Cependant, ce métier essentiel souffre d’une réputation entachée par des pratiques douteuses : agents non certifiés, conflits d’intérêts, commissions excessives, recrutements précoces abusifs etc. Ces dérives fragilisent la crédibilité du secteur et exposent les joueurs et les clubs à des risques financiers et juridiques.

Malgré les nouvelles réglementations mises en place par la FIFA, qui impose depuis 2023 une licence obligatoire et plafonne les commissions, les abus persistent, mettant en lumière la nécessité d’un encadrement plus strict.

Contacté par Médias24, Rizq Aarram, agent sportif agréé par la FIFA et co-fondateur de “Elite Sports Management”, estime que pour rétablir la confiance et professionnaliser davantage ce secteur, plusieurs réformes s’imposent pour “restaurer la confiance des joueurs, des clubs et du public, tout en professionnalisant un secteur souvent perçu comme opaque”.

Avant de se pencher sur les problématiques liées à ce métier ainsi qu’aux solutions envisageables pour en améliorer l’image et la gestion, il convient de s’intéresser au fonctionnement actuel de ce métier.

Un métier réglementé

Selon Rizq Aarram, “le métier d’agent sportif consiste à représenter et défendre les intérêts d’un joueur professionnel, en négociant des contrats, en gérant sa carrière, et en veillant à son développement sportif, financier et médiatique”.

Il estime que “les qualités requises pour être un bon agent” consistent en “un réseau relationnel solide, des compétences en négociation”, les qualités “d’intégrité, de transparence et de résilience”, mais aussi “une connaissance approfondie du football avec de l’adaptabilité, de l’empathie et un bon sens de la communication”.

“En résumé, un bon agent de footballeur allie savoir-faire technique, éthique et un réseau puissant, tout en étant un stratège visionnaire pour maximiser le potentiel de son client”, ajoute Rizq Aarram.

Mais pour pouvoir exercer ce métier au Maroc, il est obligatoire, depuis 2023, d’être certifié par la FIFA. Comme l’explique notre interlocuteur, “la FIFA impose une licence d’agent sportif pour représenter légalement des joueurs. Elle publie la liste des agents certifiés sur un site qui leur est dédié”.

Il convient de noter que la FRMF indique dans son règlement sur la collaboration avec les intermédiaires, précisément dans son article 3 que la liste des intermédiaires agréés par la fédération sera publiée annuellement. La dernière liste date toutefois de la saison 2019-2020, dans laquelle l’on compte 29 agents dont une seule femme. Après cette date, la FIFA a publié sa circulaire annonçant qu’elle allait prendre en charge elle-même l’octroi des autorisations ainsi que l’examen technique pour devenir agent. L’examen lui-même se déroule en ligne, les candidats sont installés dans les locaux de la FRMF. Les candidats admis sont informés par un mail de la FIFA qui leur délivre également un numéro de licence. Actuellement, 9.800 agents sont agréés dans le monde. On estime le nombre de Marocains à quelques centaines. Une à deux sessions sont organisées chaque année, avec un taux de réussite très élevé, de l’ordre de 90 à 95% selon nos sources.

Une fois que l’agent sportif est agréé par la FIFA, il a la possibilité de représenter des joueurs du football masculin, mais aussi féminin ainsi que les joueurs du Futsal. Pour l’instant, Rizq Aarram préfère se focaliser sur sa spécialité qui est le football masculin.

Notre interlocuteur représente 12 joueurs. Cinq d’entre eux sont au Maroc tandis que les sept autres évoluent à l’étranger. Il est lié à chacun d’entre eux à travers un contrat.

Mais une fois certifié, que fait concrètement un agent de joueur ?

Manager, défendre, conseiller et développer

Selon Rizq Aarram, “un agent sportif est un couteau suisse qui doit à la fois manager, défendre, conseiller et développer les intérêts de son client. Le quotidien est rythmé par des défis variés, où l’adaptabilité et la confiance mutuelle avec le joueur sont essentielles”.

“La gestion de carrière d’un joueur par un agent est un processus stratégique, multidimensionnel et évolutif qui s’étend des débuts professionnels jusqu’à la retraite. Un agent gère la carrière d’un joueur comme un CEO piloterait une entreprise : en alliant une vision sur le long terme à une réactivité face aux crises et à une optimisation constante des opportunités. L’objectif est de maximiser le succès sportif et la pérennité financière, tout en protégeant l’intégrité du joueur”, explique-t-il.

Il convient de préciser que comme le précise Rizq Aarram, “l’agent a le droit d’accompagner les joueurs au Maroc et à l’étranger. Il est possible d’opérer dans n’importe quel championnat sauf quelques exceptions où il faut passer par un agent enregistré dans la fédération de son pays comme c’est le cas en France, ou à travers un avocat mandataire sportif”.

Cet accompagnement au-delà des frontières permet de gérer la vie du joueur sur la durée, sachant que l’intermédiaire gère également les aspects financiers et extra-sportifs de l’athlète. Il s’agit d’ailleurs de l’une des missions que notre interlocuteur estime comme étant l’une des plus critiques dans son métier, pour laquelle il est nécessaire de combiner entre “expertise technique, relationnel et vision à long terme”.

Dans le cadre de l’accompagnement des athlètes, précisément sur le plan financier, l’intermédiaire peut conseiller la diversification des investissements (par exemple dans l’immobilier, les marchés financiers, etc.). Tandis qu’au niveau de la gestion extra sportive, comme l’indique Rizq Aarram, “les missions de l’intermédiaire vont de la protection de l’image publique de son client à son accompagnement lors de son installation à l’étranger, tout en l’engageant socialement, en le soutenant logistiquement et en veillant sur sa santé mentale et son équilibre personnel”.

“L’agent peut même préparer la reconversion et les projets post-carrière de l’athlète. Pour résumer il faut anticiper les risques, multiplier les opportunités et sécuriser tous les aspects de la vie de l’athlète, permettant à ce dernier de se concentrer sur ce qu’il fait de mieux ; à savoir performer”, poursuit-il.

C’est dans ce sens que l’intermédiaire intervient également pour résoudre les conflits entre un joueur et son club si nécessaire, que ce soit à travers une “médiation”, “une négociation” ou via un “recours aux instances juridiques”.

“Un agent efficace se doit de gérer les conflits de manière stratégique. Il faut combiner l’écoute active, la créativité contractuelle et le recours ciblé au droit, tout en assurant la protection de l’image et l’avenir du joueur pour transformer une crise en un tremplin”, explique Rizq Aarram.

Commissions plafonnées

Concernant la commission de l’intermédiaire, Rizq Aarram indique qu’elle est “plafonnée par les lois de la FIFA”. Selon lui, “cela dépend du niveau de la représentation ; c’est-à-dire s’il s’agit d’une entité de départ, d’arrivée, du joueur ou bien d’une double représentation (joueur et entité d’arrivée)”.

Il convient de préciser que la loi 30-09, relative à l’éducation physique et aux sports, dispose que “sous peine de nullité de la convention conclue par l’agent sportif avec la partie pour le compte de laquelle il agit, le montant de la rémunération de l’agent sportif ne peut excéder 10% de la rémunération fixe, hors primes variables, perçue par la partie dont il est le mandataire, dans le cadre du contrat conclu par les parties”.

De plus, le règlement sur la collaboration avec les intermédiaires de la FRMF prévoit, dans son article 7, que “la rémunération totale par transaction due à un intermédiaire mandaté par un joueur ne peut excéder :

Des pratiques douteuses qui persistent

Si, en théorie, le métier d’agent sportif repose sur des principes clairs de transparence, d’éthique et de rigueur professionnelle, la réalité du terrain est parfois bien différente. Derrière cette façade réglementée, de nombreuses pratiques douteuses persistent et viennent ternir l’image de la profession.

Dans les coulisses du football marocain, de nombreuses informations circulent sur les dérives du métier. On évoque notamment des agents qui font pression sur les clubs en conditionnant le renouvellement de certains joueurs à l’achat d’autres footballeurs sous leur gestion, et ce, même si ces derniers ne correspondent pas aux besoins réels de l’équipe.

C’est ainsi que certains recrutements effectués lors des mercatos laissent les supporters perplexes. On voit parfois des joueurs peu performants être engagés, ou encore des clubs empiler des doublons, voire des triplons à certains postes, tandis que d’autres besoins essentiels restent ignorés.

Dans d’autres cas, ce sont les conflits d’intérêts qui suscitent des interrogations. Par exemple, lorsqu’un même agent représente à la fois plusieurs joueurs d’un club et l’entraîneur de l’équipe A, il se retrouve en position d’influencer directement les choix sportifs, allant jusqu’à façonner la composition de l’équipe selon ses propres intérêts.

Contactés par nos soins, des supporters d’équipes marocaines partagent leurs doutes quant à l’utilisation des réseaux sociaux par les agents eux-mêmes pour influencer le public.

“Ils ciblent des clubs disposant d’un large public, puis manipulent l’opinion en créant ou en finançant des administrateurs de pages sur Facebook, par exemple. À travers une campagne médiatique intense, ils encensent un joueur de manière répétitive, jusqu’à ce que la pression populaire pousse l’équipe à le recruter à un prix bien supérieur à sa réelle valeur”, nous indique un supporter d’une équipe casablancaise.

Pour autant, il ne faut pas diaboliser le métier d’agent sportif, car certaines dérives ne relèvent pas uniquement de leur fait, mais aussi des clubs eux-mêmes. Dans certains cas, ces derniers sont pleinement complices des arrangements. Ils savent pertinemment qu’un joueur ne vaut pas la somme annoncée, mais acceptent de gonfler artificiellement son prix afin de conclure l’affaire et de permettre le partage de commissions entre différentes parties.

Dans d’autres cas, ce sont les clubs eux-mêmes qui exercent des pressions sur les joueurs et leurs agents. Par exemple, certains refusent de libérer un joueur vers un autre club tant qu’il ne leur verse pas une partie de l’argent du transfert, transformant ainsi une opération sportive en une transaction aux allures de rançon.

Rizq Aarram nous confirme que certaines pratiques de ce genre sont effectivement décriées dans le milieu. Il s’agit, selon lui, de “manque de professionnalisme” qui se traduit par l’incompétence ou encore l’abandon du joueur après la signature, mais aussi par les violations des réglementations puisque certains se permettent d’exercer sans être certifiés.

Il existe aussi, selon lui, des cas de conflits d’intérêts comme la représentation multiple ou la dualité entre club et joueur, mais aussi l’exploitation financière à travers des commissions excessives, le détournement de fonds etc.

Dans d’autres cas, il s’agit de “pression sur les jeunes talents, tel que le recrutement précoce ou les incitations illégales”, mais aussi des “pratiques de transferts douteux ou forcés”.

Pour Rizq Aarram, “ces abus nuisent à la crédibilité du secteur, alimentent les inégalités et exposent les sportifs à des risques juridiques, financiers ou psychologiques. Des organismes comme la FIFA ont renforcé leurs régulations notamment via l’examen obligatoire pour les agents ou encore le plafonnement des commissions, mais la vigilance reste nécessaire”.

Il estime que “les réglementations encadrant la profession d’agent sportif ont évolué ces dernières années, notamment sous l’impulsion d’organismes comme la FIFA ou des législations nationales. Cependant, leur suffisance reste sujette à débat en raison des défis persistants. Par exemple, la FIFA a introduit en 2023 de nouvelles règles, incluant une certification obligatoire, un plafonnement des commissions et l’interdiction des conflits d’intérêts. Ces mesures visent à limiter les abus financiers et à professionnaliser le secteur. Si les réglementations actuelles marquent un progrès significatif, elles ne suffisent pas à éliminer toutes les pratiques abusives. Une application plus stricte, une coordination transnationale et une meilleure éducation des parties prenantes sont nécessaires pour protéger pleinement les joueurs et garantir l’éthique du métier d’agent sportif”.

Dans ce sens, Rizq Aarram estime que des réformes sont nécessaires pour améliorer l’image et la gestion du métier. Il s’agit notamment de l’harmonisation internationale visant à “renforcer la coopération entre fédérations pour un cadre commun”, mais aussi d’une mise en place de “sanctions dissuasives” telles que ”les suspensions à vie ou les amendes proportionnelles aux revenus pour les violations les plus graves”.

Rizq Aarram suggère également la mise en place de “sanctions sévères pour les représentants de clubs qui travaillent avec des gens qui ne sont pas licenciés”.

Pour de nombreux supporters, la crise récurrente des clubs ne découle pas uniquement des pratiques douteuses de certains agents, mais d’un dysfonctionnement global de l’écosystème du football marocain.

La solution, selon un supporter contacté par Médias24, est “la formation capable de produire des joueurs de qualité, permettant aux clubs de puiser dans leur propre vivier en fonction de leurs besoins. Même les plus grands centres de formation, comme La Masia, peinent à former certains profils, notamment des attaquants de pointe et des gardiens, et doivent donc recruter”.

“Mais ces recrutements se limitent à quelques éléments. Or, au Maroc, l’on constate des recrutements excessifs pouvant aller jusqu’au remplacement complet d’une équipe ; soit plus de 11 joueurs”, poursuit ce supporter.

Il souligne également l’importance d’une structuration plus rigoureuse des clubs : “En plus d’un centre de formation performant, chaque club devrait disposer d’une direction sportive et d’une direction technique, ainsi que d’une équipe de ‘scout’ (cellule de recrutement, ndlr) chargée d’identifier les talents. L’entraîneur peut alors exprimer ses besoins à ces équipes, qui lui soumettent des profils adaptés. L’administration intervient ensuite pour mener les négociations en fonction du budget disponible.”

Toutefois, ce supporter met en garde contre les dérives potentielles : “Bien sûr, il restera toujours une marge permettant certaines manœuvres opaques, mais l’essentiel est que chaque acteur de cette chaîne fasse preuve de conscience professionnelle. Il est anormal qu’un membre du comité chargé de la trésorerie ou de la communication intervienne dans les recrutements ou dirige même l’opération complète. Ils ne sont même pas habilités à négocier avec les intermédiaires qui peinent eux aussi à trouver des interlocuteurs spécialisés ; à savoir des directeurs sportifs et/ou techniques”.

En attendant que tous les clubs marocains s’alignent sur la dynamique de réforme en structurant efficacement leurs directions sportives, des mesures peuvent être mises en place dès à présent pour améliorer l’image et la gestion du métier d’agent sportif.

De son côté, Rizq Aarram rappelle que des mécanismes de contrôle existent et qu’ils ont même été renforcés ces dernières années pour mieux encadrer la profession. Il s’agit notamment de la “FIFA Clearing House” qui est un “organe qui centralise les transactions financières impliquant des agents pour vérifier leur conformité aux règles en vigueur”. Et de la plateforme “FIFA Agent” qui publie la liste des agents licenciés avec leurs transactions enregistrées.

“D’autres mécanismes de certification et de contrôle existent mais leur efficacité dépend de la rigueur des fédérations et de la coopération internationale”, souligne l’agent sportif.

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