Le gouvernement d’Attal, officiellement démissionnaire, continuera à gérer les affaires courantes

Les ministres du gouvernement Attal avaient pris part dans la matinée à leur dernier Conseil des ministres aux allures d’adieux.

Cette démission permet notamment à certains ministres, élus députés lors des législatives du 7 juillet, de prendre leur fonction au sein de l’Assemblée nationale et de participer, le jeudi 18 juillet, à l’élection de son président, puis vendredi et samedi à l’attribution des top jobs au sein du palais Bourbon.

Elle intervient à un moment crucial de la vie politique française où il faut trouver un compromis autour d’un nouveau candidat au poste de Premier ministre.

« Afin que cette période s’achève le plus rapidement possible, il appartient aux forces républicaines de travailler ensemble pour bâtir un rassemblement autour de projets et d’actions au service des Françaises et des Français », note le palais présidentiel.

Le bloc de gauche, vainqueur des législatives mais sans avoir de majorité à la chambre basse, est le seul à s’être prêté à l’exercice de proposer des noms pour Matignon qui n’ont toutefois pas fait consensus en son sein.

Le camp présidentiel tente quant à lui de réunir les forces républicaines, notamment du côté de la droite et auprès d’une partie de la gauche, autour d’une coalition qui fonctionnerait selon “un pacte législatif”, mais sans résultats concrets jusqu’à présent.

(Avec MAP)

Le Premier ministre français Gabriel Attal attendu au Maroc en été

Annoncée par notre confrère La Tribune et confirmée par Médias24, la visite du Premier ministre français Gabriel Attal au Maroc est bien en préparation.

Selon les commentaires de nos différentes sources, la visite de Gabriel Attal au Maroc est la suite logique du ballet ministériel qui a démarré en février dernier avec le déplacement du ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, après deux années de froidure politique entre les deux pays.

« Cette visite est effectivement dans les tuyaux, mais il faudra encore attendre quelques jours avant qu’elle ne soit rendue publique par les services diplomatiques de Matignon, qui l’inscriront sur son agenda officiel », nous révèle une source du Quai d’Orsay.

Notre source confirme que la visite aura bien lieu au cours du mois de juillet, mais a préféré ne pas se prononcer sur les dates avancées par La Tribune, à savoir du 3 au 5 juillet.

Sollicités à leur tour, deux proches du Premier ministre Gabriel Attal déclarent que son premier déplacement au Maroc, qui s’inscrit dans le processus récent de réchauffement des relations franco-marocaines, a pour vocation de préparer la visite d’Etat du président Emmanuel Macron.

Selon le planning prévu à ce jour, la visite d’Etat se prépare pour l’automne prochain.

Nomination de Gabriel Attal : « les ingrédients sont réunis pour revoir le partenariat Maroc-France » (Ahmed Faouzi)

Matignon a pour nouveau locataire Gabriel Attal. Nommé le mardi 9 janvier par le président Emmanuel Macron, en remplacement d’Elisabeth Borne qui avait présenté la veille la démission de son gouvernement, il devient à 34 ans le plus jeune Premier ministre de l’histoire de la République française.

Gabriel Attal a commencé dès ce mercredi 10 janvier à composer son équipe gouvernementale. Il a déjà recruté son directeur de cabinet, Emmanuel Moulin, l’actuel directeur du Trésor.

Le « bébé Macron »

Militant au Parti socialiste de 2006 à 2016, Gabriel Attal est membre du cabinet de la ministre de la Santé Marisol Touraine de 2012 à 2017. En 2016, il rejoint le parti fondé par Emmanuel Macron, En marche – devenu La République en marche, puis Renaissance –, dont il est porte-parole en 2018 et membre du bureau exécutif à partir de 2021.

En 2018, il est nommé secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse dans le second gouvernement Édouard Philippe, devenant à 29 ans le plus jeune membre d’un gouvernement sous la Ve République. Il est ensuite porte-parole du gouvernement Jean Castex, entre 2020 et 2022.

Au sein du gouvernement Élisabeth Borne, formé en 2022 sous la seconde présidence d’Emmanuel Macron, il est d’abord ministre délégué chargé des Comptes publics. En juillet 2023, il est nommé ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse.

La jeunesse, mantra d’Attal 

Gabriel Attal était l’invité, en 2017, de la première Université d’été de la Jeunesse du RNI, à Marrakech. Intervenant à cette occasion, le jeune homme de la politique avait insisté sur l’importance de la parité et de la participation politique des jeunes, ignorant peut-être à l’époque que le futur lui réservait un poste à haute responsabilité, malgré son jeune âge.

« … Faire progresser le pays à travers des réformes pragmatiques et des réformes de bons sens pour changer le quotidien des Français. Il [Macron, ndlr] l’a fait… avec une exigence qui était celle de la parité, (…) et le renouvellement avec la possibilité pour les jeunes d’accéder à des responsabilités. Il l’a fait en réussissant à éviter une chose qu’il faut toujours éviter je crois, c’est d’opposer les jeunes aux moins jeunes », avait-il affirmé.

« Si je suis là devant vous, c’est parce qu’à 28 ans, j’ai été élu député à l’Assemblée nationale et je l’étais parce qu’Emmanuel Macron a pris ce risque de dire qu’il fallait confier des responsabilités aux jeunes… Aujourd’hui, on a besoin des jeunes en politique parce qu’ils apportent évidemment de la fraîcheur, une vision du monde qu’ils sont peut-être les seuls à avoir, et parce qu’ils sont aussi dynamiques et qu’ils arrivent à organiser des événements incroyables… Je vois que le Maroc et le RNI le font très bien puisque je rencontre à l’instant celle qui a été il y a quelques années, on me dit, la plus jeune députée et qui est maintenant ministre au gouvernement… Dans quelques années, j’aurai peut-être votre destinée« , avait-il conclu.

« Le dossier Maroc-France sera certainement l’une des priorités du nouveau Premier ministre » (Ahmed Faouzi)

L’ancien ambassadeur Ahmed Faouzi décrypte pour Médias24 la signification de la nomination de Gabriel Attal pour le Maroc.

« Le nouveau Premier ministre français Gabriel Attal a accumulé une grande expérience malgré son jeune âge. Il a été député, porte-parole, ministre délégué chargé des Comptes publics, puis ministre de l’Education nationale, pour enfin être nommé Premier ministre du gouvernement français. Il a su voler la vedette là où il a exercé et prouver ses talents d’orateur talentueux et ambitieux, tout en restant fidèle à Macron et à ses orientations », explique Ahmed Faouzi.

« Une grande partie de la classe politique est intervenue soit à l’Assemblée nationale, au sein des partis politiques français ou à travers les médias, pour demander à la présidence française de renforcer les liens avec le Royaume et d’avancer, comme les autres partenaires, pour renforcer l’intégrité territoriale du Royaume. Cette nomination tombe à point nommé, avec la présentation des lettres de créances de l’ambassadrice Samira Sitaïl, elle-même femme de communication comme Gabriel Attal », poursuit l’ancien diplomate.

Et lui d’ajouter : « Tous les ingrédients sont réunis pour que le gouvernement français, dans sa nouvelle architecture qui reste prometteuse du point de vue marocain, puisse aller de l’avant pour revoir de fond en comble notre partenariat dans un monde en recomposition. Le dossier Maroc-France sera certainement l’une des priorités du nouveau Premier ministre ».

« Attal a pour nous l’avantage d’être un jeune homme politique qui a su transgresser les habitudes des clivages gauche-droite, clivages qui ont souvent paralysé l’action extérieure française à l’égard du Maghreb. Il aura donc les coudées franches pour tenter de bousculer les vieux mécanismes du Quai d’Orsay et franchir le pas en protégeant au mieux les intérêts français et en se rapprochant plus de Rabat« , conclut notre source.