Les médecins mettent en garde contre l’usage abusif du gel hydroalcoolique

Si les gestes barrières semblent avoir été considérablement délaissés dans l’espace public, il n’en va pas forcément de même dans la sphère privée. Des médecins rapportent en effet des réactions irritantes et allergiques en raison de l’utilisation « excessive » des gels hydroalcooliques et de l’eau de Javel, justement dans le cadre des mesures sanitaires contre le Covid-19.

« On constate des réactions allergiques liées aux mesures de désinfection à cause d’une utilisation excessive d’eau de Javel et de désinfectants pour les mains, notamment le gel hydroalcoolique. Les gens abusent de ces produits. Il faut bien comprendre que tous les microbes ne sont pas nocifs : certains sont importants pour préserver l’équilibre du système immunitaire. Or l’utilisation à outrance de ces produits fait que l’on tue ces microbes et que le système immunitaire se dérègle« , explique Khadija Moussayer, spécialiste en médecine interne, contactée par Médias24.

« L’alcool détruit la flore cutanée, formée par des bactéries qui nous protègent. En détruisant cette flore, il détruit aussi le film hydrolipidique, qui recouvre la surface de la peau et nous protège contre d’autres bactéries, notamment celles générées par les infections et la pollution, et qui favorise également l’hydratation de la peau. Notre système de protection devient donc défaillant« , confirme Kawtar Janati, dermatologue.

« L’alcool en lui-même est déjà très agressif »

« C’est effectivement ce que je remarque, principalement avec le gel hydroalcoolique, que les gens utilisent énormément en ce moment« , abonde Najib Lahlou, allergologue. « Je vois des eczémas dits « de contact« , qui se déclenchent lorsque la peau entre excessivement en contact avec un gel hydroalcoolique. L’alcool contient beaucoup d’allergènes très nocifs, très irritants, et les gens ne sont pas habitués à utiliser régulièrement ce genre de produits ; avant le Covid, ils ne les utilisaient que de façon aléatoire« , nous dit-il.

Et d’ajouter : « Tout dépend aussi de la constitution de la peau : certaines personnes sont prédisposées, donc forcément, au contact de ce gel, elles développent des réactions allergènes. Pour la plupart en revanche, c’est lié à une utilisation excessive qui entraîne une sécheresse de la peau.« 

Najib Lahlou constate également que les gens « oublient de se laver les mains au savon par la suite. Certes, on ne peut pas toujours avoir à sa disposition de l’eau et du savon, mais dès qu’on le peut, il faut hydrater la peau après utilisation du gel hydroalcoolique en se lavant les mains à l’eau et au savon« .

Selon une autre allergologue contactée par Médias24, les réactions provoquées par l’utilisation excessive de gel hydroalcoolique peuvent aussi être dues « aux parfums et aux huiles essentielles » qui sont parfois ajoutés à ces compositions. « L’alcool en lui-même est un conservateur ; il n’est donc pas utile d’ajouter d’autres conservateurs qui sont susceptibles de provoquer des allergies. L’allergie étant un mécanisme immunologique, il suffit que la quantité en contact avec la peau soit minime pour déclencher une réaction allergique. La répétition de l’application de ces produits a aussi un effet irritatif – ce qui n’est pas la même chose que l’allergie. L’alcool en lui-même est déjà très agressif. L’eau seule, sans être alcoolisée, peut également avoir un effet irritant. Par conséquent, le fait de répéter trop souvent les lavages, de surcroît avec un gel hydroalcoolique (qui contient donc de l’eau – « hydro«  – et de l’alcool – « alcoolique« ) peut avoir un effet irritant. C’est donc l’abus de ces produits, plus que ces produits en eux-mêmes, qui irrite la peau. Quand on a des pathologies sous-jacentes, comme des dermatoses, c’est-à-dire des affections de la peau et des muqueuses, cette utilisation excessive peut avoir un effet agressif supplémentaire« , explique cette allergologue.

Éviter certains mélanges qui libèrent des gaz toxiques

Khadija Moussayer constate également des irritations des voies respiratoires lorsque ces produits sont inhalés. « Certains font des mélanges avec du savon en poudre et de l’eau de Javel et laissent macérer dans un récipient toute la journée. Cela libère de l’hypochlorite, un gaz toxique qui peut favoriser l’apparition de troubles respiratoires« , dit-elle. « Ce n’est rien de grave, mais répétées au quotidien, ces inhalations deviennent encombrantes. Le souci, c’est que les gens ignorent que les difficultés respiratoires dont ils font parfois état sont liées à l’inhalation de ces produits« , ajoute Najib Lahlou.

Khadija Moussayer recommande d’éviter ces mélanges, « ou bien, si on les fait, il faut les faire à la dernière minute, juste avant de les utiliser, et ne pas les laisser macérer toute la journée. Il faut aussi aérer les maisons pour éviter de respirer ce gaz« . Et d’ajouter : « Surtout, j’appelle à rationaliser l’usage du gel hydroalcoolique : il ne faut pas l’utiliser comme un rituel, de façon automatique, comme un réflexe. Pour cela, il faut aussi éviter d’être en contact avec les surfaces susceptibles d’avoir été contaminées : pousser la porte avec le pied, appuyer sur le bouton de l’ascenseur avec le coude… Ce sont autant de gestes que l’on peut faire pour éviter de se passer constamment du gel hydroalcoolique sur les mains.« 

Yan & One fait don de 55.000 litres de solution hydroalcoolique aux hôpitaux

Produit au Maroc au sein d’une structure disposant d’un laboratoire agréé par le ministère de la Santé, la solution répond à l’ensemble des normes recommandées par l’Organisation mondiale de la santé, précise le groupe Aksal dans un communiqué.

L’initiative prise par la marque marocaine du groupe Aksal vise à renforcer les disponibilités de ce produit hautement sollicité dans le contexte de cette crise sanitaire du coronavirus, ajoute la même source.

Les équipes de Yan & One ont entamé les livraisons à travers le pays pour approvisionner les hôpitaux du Maroc, poursuit le communiqué.

A Jorf Lasfar, une équipe OCP développe un gel hydroalcoolique à usage interne

Le produit est le fruit d’un partenariat entre une équipée de médecine de travail de l’OCP, des chercheurs de l’université Mohammed VI polytechnique (UM6P) de Benguérir et des équipes process Jorf Lasfar.

L’idée a été proposée par un des collaborateurs du site OCP, inspiré de la composition chimique du produit sur une publication de l’OMS, explique une source responsable à Jorf Lasfar.

Il a été procédé, par la suite, à la constitution d’un groupe de travail fédérant la médecine de travail, l’équipe process et des chercheurs de l’université polytechnique, qui ont mené les essais dans le laboratoire de l’UM6P à Jorf Lasfar.

L’échantillon produit a été soumis à l’approbation des autorités sanitaires, qui ont approuvé la composition et délivré, par conséquent, l’autorisation de production, a relaté la même source dans une déclaration à la MAP.

« Il s’agit d’un produit désinfectant pour les mains. Sa composition et son utilisation sont conseillées par l’OMS dans le cadre des mesures d’hygiène de prévention de la transmission de Covid-19″, explique Smail El Youbi, directeur du programme Act4Community.

Le produit est destiné à tous les collaborateurs et sous-traitants en activité et peut être utilisé pour la désinfection des mains, mais aussi des outils de travail, tels que les claviers d’ordinateur ou les téléphones, détaille-t-il.

Une augmentation du volume de production peut être envisagée en fonction du besoin et de la disponibilité de la matière première, fait remarquer la même source, assurant qu’une partie de la production sera réservée aux autorités sanitaires pour les besoins des hôpitaux régionaux.

Act4Community, pour rappel, est une initiative citoyenne encourageant les collaborateurs du groupe OCP à s’engager dans des projets à vocation citoyenne au profit des communautés.

Braquage à Tanger d’un convoyeur de fonds

Un camion de transports de fonds a été braqué, lundi matin près d'une agence bancaire à Tanger, par des individus cagoulés qui ont dérobé une somme d'argent avant de prendre la fuite.

Selon une source policière citée par la MAP, une bande de quatre malfaiteurs a fait usage d'une arme à feu contre des agents de sécurité chargés de la surveillance du convoyeur de fonds, blessant l'un d'entre eux à la jambe.

Un autre agent de sécurité a reçu un coup au niveau de la tête, a ajouté la même source, soulignant que les braqueurs ont réussi à prendre la fuite à bord d'une voiture légère.

Le montant de la somme dérobée est pour le moment indéterminée.

La Bourse de Casablanca ouvre en légère baisse