El Hassan Daki s’entretient avec le ministre français de la Justice

Le Procureur général du Roi près la Cour de cassation et président du ministère public, El Hassan Daki, a tenu, ce lundi 10 mars, des discussions avec le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, au siège du ministère public à Rabat. Les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération bilatérale, aussi bien sur le plan judiciaire que technique, notamment dans la lutte contre la criminalité organisée et transnationale.

Les discussions ont abordé des thématiques clés telles que le terrorisme, le blanchiment d’argent, le trafic international de stupéfiants et de substances psychotropes, ainsi que les nouvelles formes de criminalité, notamment celles liées aux technologies de l’information et de la communication, qui posent des défis nécessitant une coopération accrue pour limiter leur impact et garantir l’application effective de la loi, indique un communiqué du ministère public.

Les deux parties ont souligné l’importance du partage d’expériences et d’expertises dans les domaines relevant des compétences des parquets des deux pays. Cette coopération pourrait être renforcée par l’échange d’informations, l’organisation de visites et la tenue de conférences et de séminaires scientifiques dédiés.

Selon le communiqué, cette rencontre a également permis de mettre en lumière les avancées du système judiciaire marocain, en particulier l’expérience marocaine en matière d’indépendance du pouvoir judiciaire et du parquet. El Hassan Daki a présenté les grandes réformes en cours, notamment celles visant à moderniser et digitaliser la justice, à renforcer la transparence et à améliorer la formation des ressources humaines pour accroître l’efficacité judiciaire.

Enfin, les deux parties ont salué l’excellence de la coopération judiciaire entre le Maroc et la France et ont réaffirmé leur engagement à optimiser les mécanismes de coopération internationale, notamment en matière de poursuite des fugitifs et de gestion des demandes d’entraide judiciaire, conformément aux accords bilatéraux signés entre les deux pays, conclut la même source.

Gérald Darmanin au Maroc : « Plus nous dialoguons, plus nous évitons des drames »

« Cette visite traduit une amitié profonde et un partenariat renouvelé et renforcé entre nos deux pays, liés par une histoire commune, un attachement réciproque et des relations de fraternité et de solidarité essentielles », a déclaré Gérald Darmanin dans une interview à la chaîne marocaine 2M.

Un engagement commun contre le terrorisme et le narcotrafic

« Au fil des années, même dans les périodes de tensions, des actions communes ont toujours été menées entre la justice marocaine et la justice française », a souligné Gérald Darmanin, rappelant les efforts conjoints dans la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic. « Nous sommes profondément reconnaissants envers les services marocains pour leur engagement indéfectible en matière de sécurité, qui bénéficie tant à la France qu’aux Français », a insisté le garde des sceaux français.

Nous sommes profondément reconnaissants envers les services marocains pour leur engagement indéfectible en matière de sécurité, qui bénéficie tant à la France qu’aux Français

Le droit civil, un axe majeur de coopération

Au-delà des enjeux sécuritaires, la coopération entre les deux pays s’étend également au domaine du droit civil, un aspect qui touche directement la vie quotidienne des citoyens français et marocains. « Mariages, divorces, présentation des enfants, successions ou encore accompagnement économique« , autant de dossiers nécessitant un dialogue constant entre les autorités judiciaires des deux pays. « C’est un domaine dans lequel nous devons encore progresser, et c’est précisément l’objet de nos discussions aujourd’hui avec mon homologue marocain », a affirmé M. Darmanin.

Une coopération exemplaire contre le terrorisme

La collaboration maroco-française dans la lutte contre le terrorisme est qualifiée d' »exemplaire » par le ministre. « J’ai eu l’occasion de la vivre de près durant mes quatre ans et demi en tant que ministre de l’Intérieur, et aujourd’hui encore en tant que ministre de la Justice », a-t-il déclaré. Il a salué « le travail remarquable mené par le Maroc, notamment dans la lutte contre la radicalisation« , qui permet un échange d’informations crucial pour anticiper les menaces.

Le Maroc et la France travaillent ensemble pour « déjouer des attentats qui pourraient frapper l’un ou l’autre pays ». Ils collaborent également sur la gestion des individus impliqués dans des actes terroristes, qu’ils aient rejoint des zones de conflit comme celles contrôlées par l’État islamique ou qu’ils soient détenus dans les prisons françaises et marocaines. « Plus nous dialoguons, plus nous sommes en mesure d’éviter des drames », a insisté Gérald Darmanin.

Le défi du gel et de la confiscation des avoirs criminels

Le ministre français a également mis en avant la question du gel et de la confiscation des avoirs issus du crime organisé, notamment du trafic de drogue. « Le produit du trafic de drogue se matérialise sous forme d’argent, de biens immobiliers, de véhicules et même de cryptomonnaies. Il est essentiel de pouvoir les saisir, ce que les services marocains font déjà avec efficacité », a-t-il expliqué.

Toutefois, malgré les efforts des deux pays, le taux de confiscation reste encore insuffisant. « Aujourd’hui, nous saisissons beaucoup de biens dans le cadre des affaires judiciaires, mais nous en confisquons encore trop peu de chaque côté de la Méditerranée. Il est impératif d’améliorer cette situation », a-t-il admis. En France, sur 1,4 milliard d’euros de saisies, seuls 300 millions d’euros sont réellement confisqués, un chiffre qu’il juge insuffisant.

« Notre pays dispose d’une agence spécialisée, dotée d’un modèle original, qui pourrait être mise à contribution pour renforcer cette coopération », a-t-il suggéré. Pour lui, l’objectif est clair : « transformer les saisies en confiscations effectives, afin que l’argent du crime organisé ne profite plus aux trafiquants et à leurs familles, mais plutôt à nos écoles et hôpitaux ».

Lutte contre le terrorisme et vente du patrimoine des narcotrafiquants au menu de la visite de Darmanin au Maroc

Au menu des entretiens entre les deux ministres, « la lutte contre le terrorisme et la lutte contre le crime organisé« , indique le journal français Le Monde.

La vente du patrimoine des narcotrafiquants sera notamment évoquée, poursuit la même source. « A l’image de ce qui est conduit avec les Emirats arabes unis, où Gérald Darmanin s’est rendu en janvier, les autorités judiciaires locales manifestent un intérêt pour ce que réalise l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc) ».

La formation des imams au centre d’entretiens entre Ahmed Toufiq et Gérald Darmanin

Les discussions entre les deux responsables ont principalement porté sur « l’Islam en France et la fin du système des imams détachés voulue par le Président de la République », a précisé le ministre français dans un post publié sur la plateforme X.

Gérald Darmanin a rencontré lundi le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit afin de discuter des moyens de renforcer la coopération sécuritaire entre les deux pays, notamment en perspective des Jeux olympiques qui se tiendront cet été à Paris.

Evoquant l’islam de France lors de son entretien avec M. Laftit, il a qualifié d’excellente la coopération avec les autorités religieuses marocaines, affirmant que l’Islam tel qu’il est pratiqué au Maroc est un modèle dont le mérite revient au Roi Mohammed VI.

« Nous sommes très attentifs à la formation des imams et à la façon dont le Maroc peut nous aider dans ce domaine », a-t-il conclu.

« Sans les services de renseignement marocains, la France serait plus touchée” (Gérald Darmanin)

La coopération entre la République française et le Royaume du Maroc en matière de sécurité est excellente, avec de très nombreux enjeux communs, dont la lutte contre la drogue et les réseaux terroristes et la criminalité, a indiqué M. Darmanin lors d’un point de presse à l’issue de ses entretiens avec le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit.

« Sans nos amis marocains et l’excellence de la police judiciaire marocaine, la France serait plus en danger qu’elle ne l’est« , a relevé le ministre français. Les récentes interpellations qu’a connues le Maroc au nom des demandes formulées par la France montrent la grande efficacité de la police marocaine. « Sans les services de renseignement marocains, la France serait plus touchée« , a-t-il insisté.

Il a aussi tenu à remercier le Maroc qui va pouvoir aider très fortement la France dans l’organisation des grands événements sportifs, notamment les Jeux Olympiques, rappelant que les deux pays ont déjà démontré leur savoir-faire lors d’autres manifestations sportives.

Nous pouvons compter l’un sur l’autre dans les grands événements sportifs qui s’annoncent en matière d’informations réciproques, a-t-il dit, citant dans ce sens la prochaine Coupe d’Afrique des Nations de football, prévue en 2025 au Maroc.

Après avoir évoqué la nouvelle menace qui s’exerce pour les deux pays dans le domaine de la cybersécurité, le ministre français a affirmé qu’en matière de lutte anti-terroriste, la France est disposée à apporter son soutien au Maroc et aux efforts du Royaume pour faire face aux menaces qui peuvent naître dans la bande sahélo-saharienne.

Les deux pays partagent des renseignements précieux en matière de lutte antiterroriste, a-t-il poursuivi, exprimant ses remerciements « aux services marocains pour le travail important qu’ils opèrent avec la DGSI et les services français ».

Il a, d’autre part, salué « un dialogue franc entre deux grands pays amis dont l’objectif commun est de préserver nos démocraties, nos valeurs et lutter contre la radicalisation ».

« Nous avons une parfaite identité de vues en matière de lutte contre la criminalité et le terrorisme« , a noté M. Darmanin.

Le ministre français a par ailleurs indiqué que son déplacement au Maroc s’inscrit dans le cadre de la nouvelle dynamique des relations bilatérales. L’objectif est de mettre en place une feuille de route ambitieuse pour chacun des secteurs, en phase avec la volonté des deux Chefs d’Etat de renouveler et de moderniser les relations stratégiques et d’amitié franco-marocaines, a-t-il précisé.

Compte tenu de la proximité géographique et des liens culturels, linguistiques et humains, la question de la mobilité se trouve au cœur du dialogue entre les deux pays, a-t-il fait observer, soulignant que les flux des Français et des Marocains ne cessent de croître dans tous les secteurs, notamment le tourisme, l’enseignement supérieur, la formation professionnelle, le domaine agricole et les échanges culturels.

« Nos sociétés se connaissent et s’entrelacent par des liens familiaux et amicaux noués par l’histoire, comme l’illustre l’importance de la population française d’origine marocaine », a fait remarquer le ministre français. Le Maroc compte six consulats généraux français et la France compte 17 consulats marocains qui contribuent à faire vivre les interactions entre les deux pays, a-t-il rappelé.

Le Maroc est un partenaire essentiel dans une gestion équilibrée de la mobilité, s’est-il réjoui.

A l’échelle régionale et internationale, le Maroc joue, sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, un rôle de premier plan dans le traitement de la question migratoire, a encore dit M. Darmanin, expliquant que sur le plan bilatéral, la coopération a repris de manière énergique pour lutter contre l’immigration illégale et aider la migration légale.

« Notre ambition partagée est de pouvoir réunir bientôt le travail en commun des services techniques des deux ministères pour traiter ensemble des sujets d’intérêt commun pour les populations du Maroc et de la France », a poursuivi le ministre français.

M. Darmanin a, en outre, abordé la coopération institutionnelle décentralisée, dont la régionalisation avancée voulue par le Roi Mohammed VI, la déconcentration et la formation des fonctionnaires, ainsi que la question de la protection civile avec les risques du changement climatique.

Evoquant l’islam de France, il a qualifié d’excellente la coopération avec les autorités religieuses marocaines, affirmant que l’Islam tel qu’il est pratiqué au Maroc est un modèle dont le mérite revient au Roi Mohammed VI.

« Nous sommes très attentifs à la formation des imams et à la façon dont le Maroc peut nous aider dans ce domaine », a-t-il conclu.

(Avec MAP)

La sécurisation des JO de Paris et la lutte antiterroriste au centre d’entretiens entre Laftit et Darmanin

Gérald Darmanin a entamé sa visite au Maroc ce lundi 22 avril par des entretiens avec son homologue marocain Abdelouafi Laftit.

Lors de leur entretien en tête-à-tête, suivi d’une réunion de travail élargie, les deux ministres ont passé en revue les questions d’intérêt commun et examiné les moyens de « renforcer davantage la coopération pour la mettre au diapason des attentes et aspirations du Roi Mohammed VI et du président français, Emmanuel Macron en faveur d’un partenariat stratégique d’exception basé sur l’amitié et le respect des intérêts mutuels », indique un communiqué du ministère de l’Intérieur.

À ce titre, les deux ministres se sont félicités du socle solide que représentent les composantes sécuritaires et migratoires dans cette relation bilatérale, profonde et multidimensionnelle, qui se renforce grâce au dialogue ouvert à tous les niveaux, ajoute la même source, précisant que ces composantes sont « porteuses d’une vitalité qui permet de maintenir une dynamique à même de transcender, de façon constructive, les différentes conjonctures ».

Ils ont exprimé leur vision commune de la scène régionale et internationale avant de souligner la convergence de leurs points de vue, quant aux enjeux sécuritaires et défis communs, et convenir de renforcer les canaux d’échange d’expertises et d’informations afin de mieux prévoir les multiples menaces, notamment celles liées aux activités criminelles des groupes terroristes et des réseaux criminels notamment dans la région sahélo-saharienne, selon le communiqué.

Dans ce cadre, Abdelouafi Laftit a rappelé l’approche sécuritaire « idoine et globale du Maroc pour répondre aux enjeux de la sécurité, particulièrement la menace terroriste« . Une stratégie globale qui associe la lutte opérationnelle et l’échange de renseignements aux actions préventives, en particulier contre la radicalisation, et les aspects de réinsertion.

Il a aussi rappelé la démarche « holistique et humaniste en matière de gouvernance migratoire adoptée par le Royaume », conformément aux hautes orientations royales. À ce niveau, il a mis l’accent sur les efforts constants déployés par le Royaume et le rôle positif qu’il joue dans le cadre du Groupe migratoire mixte permanent (GMMP) qui est le mécanisme de dialogue et de coordination sur cette question.

Pour sa part, le ministre français de l’Intérieur et des Outre-mer a salué l’approche marocaine face aux défis sécuritaires et migratoires, ajoutant que cette dernière constitue un « facteur de paix et de stabilité régionales qui érige le Royaume en rempart contre les différentes menaces et en partenaire fiable et crédible sur la scène internationale, particulièrement auprès des pays du sud de la Méditerranée ».

Il a, également, remercié les services de sécurité marocains pour leur appui opérationnel et logistique dans le cadre des préparatifs des jeux olympiques de Paris 2024, conclut le communiqué.

Actuellement en visite dans le Royaume, le ministre français a effectué ce lundi 22 avril, une visite aux Mausolée Mohammed V de Rabat.

« Début de mon déplacement au Maroc à la demande du président de la République. Au Mausolée Mohammed V de Rabat, nous avons rendu hommage aux fondateurs du Maroc contemporain qui ont tant contribué à tisser l’amitié entre nos deux pays », a écrit le ministre français.

Le ministre français a également rencontré des représentants de la communauté d’affaires franco-marocaine.

Au cours de sa visite, Gérald Darmanin aura des entretiens avec le ministre des Affaires islamiques, Ahmed Taoufiq.

Attendu ce dimanche à Rabat, Gérald Darmanin rencontrera Laftit et Taoufiq

L’objectif de cette rencontre est « d’approfondir la coopération entre les deux pays dans le domaine de la sécurité dans un contexte international instable », rapporte l’AFP reprise par des médias français.

« Cette visite s’inscrit dans la dynamique des nombreuses coopérations mises en place par la France et le Maroc, pour relever ensemble les défis propres à nos deux pays », ajoute la même source, citant le ministère de l’Intérieur français.

Lors de cette visite, le ministre français de l’Intérieur sera reçu par son homologue marocain ainsi que par le ministre des Affaires islamiques, Ahmed Taoufiq. Il s’entretiendra également avec des représentants de la communauté d’affaire franco-marocaine et de la communauté française de Rabat.

A cette occasion, a précisé le ministère français, M. Darmanin sera accompagné des principaux directeurs généraux du ministère de l’Intérieur et des Outre-mer.

Pour rappel, la semaine prochaine sera également marquée par l’organisation du Forum économique Maroc-France, le vendredi 26 avril 2024 à Rabat, par la Confédération générale des entreprises du Maroc, en partenariat avec le Mouvement des entreprises de France. Cette rencontre verra la participation de Bruno Lemaire, ministre de l’Economie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de la France et de Patrick Martin, président du MEDEF.