De nouveaux projets en développement après le déclin des réserves de gaz naturel dans le bassin du Gharb

Lors d’une réunion du groupe de travail parlementaire sur la transition énergétique en septembre 2024, la situation critique des puits de gaz du Gharb, exploités par l’ONHYM et SDX, a été évoquée par la ministre de la Transition énergétique. En 2024, la production de gaz naturel s’élevait à environ 40 millions de Nm³ (normo-mètres cubes), provenant principalement des bassins de Meskala et du Gharb, selon les données de l’ONHYM, alors qu’elle atteignait auparavant 100 millions de mètres cubes.

Bien que les réserves de gaz du Gharb soient limitées, elles ont joué un rôle important en soutenant l’industrie locale de Kénitra pendant plusieurs décennies et, plus récemment, après l’arrivée d’une nouvelle génération d’industries (automobiles, pièces de rechange, batteries…). Ces dernières années, SDX Energy a continué à approvisionner les industriels de Kénitra en gaz naturel comprimé (CNG), grâce à plusieurs puits situés dans ses licences onshore dans le bassin du Gharb, reliés par un pipeline de 55 km.

Pour rappel, le type de gaz produit dans le bassin de Gharb est de faibles volumes et à petite profondeur. Ne nécessitant pas de liquéfaction, il est commercialisé sous forme de gaz naturel comprimé, prisée par les industriels pour divers usages, tant comme source d’énergie que dans des procédés tels que la fusion ou le séchage.

Tracé du gazoduc du Gharb acheminant le gaz naturel produit par SDX Energy vers huit opérateurs industriels à Kénitra (source : ONHYM)

Le bassin de Gharb et celui de Meskala ont véritablement montré la voie à plusieurs entreprises désireuses d’investir au Maroc. Des similitudes de systèmes pétroliers ont déjà été identifiées et ont permis d’autres découvertes, notamment le gaz biogénique découvert dans l’onshore de Larache et celui de Guercif.

Selon l’ONHYM, la situation actuelle avait été anticipée dès 2020 grâce à la mise en place, par l’ONHYM et son partenaire SDX Energy, d’actions proactives visant à ralentir le déclin naturel de la production et à gérer de manière contrôlée les livraisons aux clients. Par ailleurs, les parties prenantes avaient été informées suffisamment en amont pour éviter toute rupture d’approvisionnement.

Malgré les efforts continus pour maintenir la production, le renouvellement des réserves s’avère insuffisant pour répondre à la demande croissante des industriels de la région de Kénitra.

Actuellement, l’ONHYM et ses partenaires déploient des efforts pour renouveler les réserves et garantir la continuité de l’approvisionnement des clients industriels, dont l’activité dépend du gaz naturel. En plus d’un puits en cours de connexion, de nouveaux forages sont prévus, reflétant ainsi la volonté de maintenir et de renforcer l’activité gazière dans le bassin du Gharb.

De son côté, SDX Energy a précédemment décidé de se retirer du marché alternatif des investissements de Londres (Alternative Investment Market) pour devenir une société privée. Cette décision est justifiée par les charges élevées associées à ce marché, et par le fait qu’il limite l’accès à des financements plus conséquents pour développer ses actifs, notamment ceux au Maroc.

Les efforts se concentrent également sur l’exploration de nouvelles solutions énergétiques pour répondre aux besoins croissants des industriels de la région du Gharb.

Plus au nord, Chariot Energy détient une licence onshore Loukos couvrant une superficie de 1.371 km². L’année dernière, la compagnie britannique a foré deux puits, dont un s’est révélé prometteur. Cette année, elle prévoit de reprendre les travaux d’exploration sur un ensemble de prospects situés en onshore. En l’absence de défis techniques, ces prospects pourraient représenter un potentiel cumulé estimé à 2 milliards de mètres cubes [il s’agit de ressources estimées, et non de réserves prouvées].

Dans la région de l’Oriental, Predator Oil & Gas envisage de développer du gaz naturel comprimé (GNC) pour les industriels, à partir de ressources de gaz biogénique déjà prouvées. Une décision d’investissement est attendue d’ici la fin de l’année 2025, avec un objectif de production de gaz naturel comprimé dès le début de l’année 2026.

Gaz du Gharb. Chariot confirme une découverte dans le Loukkos

La compagnie britannique Chariot a annoncé, dans un communiqué ce mardi 28 mai, la découverte d’un niveau important de gaz naturel dans son puits OBA-1. Situé sur le prospect Dartois, ce puits est le second, après un premier forage qui avait révélé des réserves de gaz importantes, mais qui n’était pas techniquement exploitable en raison de la présence d’eau.

Le nouveau forage, qui a atteint une profondeur de 901 mètres, a permis la découverte d’un réservoir de 200 mètres contenant un niveau de 70 mètres de gaz potentiel. Les études détaillées menées par la diagraphie, les déblais de forage et les tests de gaz, suggèrent la présence de gaz ne contenant pas d’eau cette fois-ci.

« Nos deux premiers puits ont confirmé avec succès notre modèle géologique pour la distribution des réservoirs, et la présence de gaz est de bon augure pour notre activité future d’exploration sur la licence », a déclaré Duncan Wallace, directeur technique de Chariot.

Anomalies sismique licence Loukos
Carte d’anomalies sismiques près des prospects visés dans la campagne d’exploration 2024.

Le prospect Dartois, objet de cette campagne d’exploration, est situé à proximité d’un puits positif (RJB-3) foré par l’opérateur précédent. Selon Chariot, ce prospect est distinct du prospect Gaufrette, submergé par l’eau. Il présente un style de réservoir et un piège d’hydrocarbures différents. Il est important de souligner que les estimations préliminaires de la compagnie concernant le prospect Dartois font état de ressources totales d’environ 566 millions de mètres cubes (20 milliards de pieds cubes). Ce chiffre, bien que conséquent, reste limité et équivaut à peu près à la consommation annuelle de la centrale électrique Tahaddart (520 millions de mètres cubes par an).

« Nous allons maintenant intégrer l’ensemble des données que nous avons obtenues des deux puits RZK-1 et OBA-1 avec les données sismiques 3D que nous avons retraitées en vue de bien évaluer le potentiel des ressources de la zone de Dartois, de façon à optimiser le futur programme de travail sur cette découverte et son impact sur la prospectivité de l’ensemble de la licence de Loukkos », précise le directeur technique de Chariot.

Une fois les tests de productivité finalisés, l’entreprise pourra se prononcer sur la productivité, le débit et les ressources potentielles de cette nouvelle découverte.

À l’issue de cette campagne de forage 2024, qui a permis de découvrir un puits positif sur deux, la compagnie Chariot procèdera en premier lieu à un test de productivité sur ce puits prometteur. Parallèlement, la société poursuivra son programme d’exploration terrestre à la lumière des résultats de cette campagne, la relecture des données de sismique 3D et les résultats des puits forés par les opérateurs précédents afin de préciser les prochaines cibles d’exploration.

Rappelons que la compagnie est convaincue du potentiel important de la licence Onshore Loukkos, qui présente un système pétrolier similaire à celui du champ offshore Lixus, dont les ressources gazières confirmées sont plus importantes. Elle juge que ce potentiel a été sous-estimé par les opérateurs précédents et qu’il existe des preuves évidentes de ressources gazières importantes d’environ 2,8 milliards de mètres cubes (100 milliards de pieds cubes). Bien que ce chiffre soit modeste, il permettrait une monétisation rapide à faible risque d’investissement, capable de soutenir à court terme ses principaux projets, dont le projet du champ offshore Lixus.

Le forage « Gaufrette » d’exploration gazière de Chariot dans le Loukos ne donne pas de résultats commercialisables

Dans un communiqué, Chariot a annoncé l’achèvement du forage d’un puits d’exploration sur le prospect « Gaufrette ». Ce prospect a été ciblé par Chariot dans le cadre d’un programme d’exploration 2024, visant à identifier des ressources gazières à faible risque d’investissement sur le permis onshore Loukos.

Débuté le 2 mai 2024, le forage du puits RZK-1 a permis d’atteindre une profondeur de 961 mètres dans le prospect gazier « Gaufrette ». L’interprétation finale des données recueillies, notamment par diagraphie et analyse des déblais de forage, a révélé la présence d’intervalles gazéifères, mais dont le potentiel s’avère insuffisant pour une exploitation commerciale. Le réservoir pétrolier analysé, présentant des indices de gaz d’intensité variable, est interprété techniquement comme un réservoir ennoyé par les eaux.

« Bien que les résultats du puits Gaufrette n’aient pas fourni d’accumulation significative de gaz, la présence de forts indices de gaz et l’excellent développement du réservoir sont encourageants pour l’exploration future dans cette région », a déclaré Duncan Wallace, directeur technique de Chariot, cité dans le communiqué.

Même si les résultats ne sont pas exploitables économiquement, ils sont considérés comme relativement positifs car ils ont mis en évidence un système avec du gaz.

Une décision a été prise de fermer et d’abandonner le puits RZK-1 comme le prévoit la procédure, et de passer au deuxième emplacement de la campagne de forage, le puits OBA-1 situé dans un autre prospect gazier dénommé Dartois.

Anomalies sismique licence Loukos
Situation du prospect Dartois, second cible d’exploration pour Chariot.

« Nous optons de forer le puits de Dartois qui cible un système de réservoir et un style de piège différents de Gaufrette. En cas de succès, cela pourrait permettre de débloquer des ressources prospectives combinées estimées au mieux à 20 milliards de pieds cubes (Bcf) sur la tendance », a annoncé le directeur technique de Chariot.

Dans le Gharb, la campagne agricole s’annonce prometteuse après les récentes précipitations (DRA)

« Cette campagne agricole s’annonce prometteuse » dans la région de Rabat-Salé-Kénitra, déclare à Médias24 son directeur régional, relevant du ministère de l’Agriculture, joint par nos soins.

Le retard des précipitations comblé par les récentes pluies de fin mars

« Le démarrage de la campagne agricole 2023-2024 a été entravé par des conditions climatiques défavorables, caractérisées par un manque d’eau significatif et une répartition inégale dans le temps et l’espace », explique notre interlocuteur.

« Cette situation a retardé la mise en place des cultures d’automne et a eu un impact négatif sur l’état des pâturages. Cependant, ce manque de précipitations a été progressivement comblé à partir du mois de mars, grâce au retour de pluies importantes qui ont touché la plupart du territoire régional, pour atteindre un cumul pluviométrique de 356 mm » au vendredi 3 avril, a-t-il ajouté.

Cette amélioration a ainsi contribué, selon la DRA, à :

– Des progrès dans la rétention d’eau dans les barrages destinés à l’agriculture et dans les niveaux des nappes phréatiques ;

– Une amélioration générale du couvert végétal, avec une attention particulière portée aux parcours ;

– Des améliorations notables dans le secteur de l’arboriculture fruitière, se traduisant par un bon démarrage de la croissance végétative, une amélioration de la taille et de la maturation des variétés tardives d’agrumes, ainsi qu’une bonne santé des nouvelles plantations arboricoles.

Importantes réalisations des assolements

« En collaboration avec tous les acteurs du secteur agricole, la DRA de Rabat-Salé-Kenitra a constamment veillé au bon déroulement de la campagne agricole, souligne notre interlocuteur. « Pour ce faire, toutes les mesures nécessaires ont été prises. Ces efforts ont été couronnés par des réalisations importantes dans le programme des cultures d’automne, d’hiver et du printemps dans l’attente du programme estival. »

« Ainsi, en dépit du déficit hydrique initial enregistré au début de la campagne agricole, les réalisations en automne ont atteint une superficie de 649.500 hectares, soit 90% des objectifs initiaux. Elles ont porté sur la mise en mise en place de 489.800 hectares de céréales d’automne, 16.900 hectares de légumineuses alimentaires, 8.950 hectares de cultures sucrières, 93.500 hectares de cultures fourragères et 1.690 hectares de colza ».

« Le programme de printemps, en cours de réalisation, devrait dépasser les 62.200 hectares, comprenant 4.000 hectares de céréales de printemps, dont 1.000 hectares de maïs grain, 19.600 hectares de légumineuses alimentaires, 19.300 hectares de cultures fourragères, et 22.300 hectares de cultures oléagineuses ».

« Un assolement maraîcher de grande envergure »

En ce qui concerne les cultures maraîchères, « les potentialités agricoles et la diversité des zones agro-écologiques de la région favorisent un assolement maraîcher de grande envergure », explique notre source, « permettant ainsi d’offrir aux ménages une large variété de légumes, garantissant un approvisionnement continu sur le marché ».

En effet, la région de Rabat-Salé-Kénitra a prévu de mettre en œuvre un programme substantiel au cours de cette campagne agricole, couvrant une superficie totale de 56.600 hectares :

– Réalisations de 20.000 hectares en automnes ;

– Réalisation de 12.000 hectares en hiver ;

– Programme de printemps sur 11.000 hectares dont 5.100 hectares (46%) sont réalisés ;

– Prévisions d’été de 5.000 hectares.

Ces réalisations ont été boostées en grande partie grâce au soutien de l’Etat comme suit :

– Distribution de 340.000 quintaux d’engrais azotées subventionnées à date au profit 11.900 agriculteurs;

– Instauration des incitations et de subventions aux producteurs maraichers soit :

A ce jour, 3.823 dossiers de demande de subventions ont été déposés par les producteurs maraîchers au niveau des antennes locales du guichet unique dans la région du Gharb.

La production en hausse de 18% pour les agrumes et de 39% pour l’olivier

Par ailleurs, notre source estime que dans la région de Rabat-Salé-Kénitra, les performances en arboriculture fruitière sont bonnes.

« Pour ce qui est des agrumes, la région est en passe de réaliser, au titre de cette campagne agricole 2023-2024, une production de 515.000 tonnes sur une superficie d’environ 26.400 hectares. La production de cette campagne a, à cet effet, enregistré une hausse de 18% par rapport à la campagne précédente (435.000 tonnes) ».

« Quant à l’olivier, la région a réalisé, au titre de cette campagne agricole 2023-2024, une production de plus de 110.300 tonnes, sur une superficie d’environ 78.000 hectares, enregistrant ainsi une hausse de 39% par rapport à la campagne précédente ».

Amélioration des réserves des barrages

Les dernières précipitations ont également amélioré la réserve des barrages à usage agricole, nous fait savoir le directeur de la DRA Rabat-Salé-Kénitra.

A titre d’exemple, le barrage Al Wahda était rempli, au 3 avril dernier, à 59%, contre 27% pour Idriss 1er, et 32% pour le barrage El Kansra.

Et notre interlocuteur de souligner : « Ces chiffres laissent présager une satisfaction au moins partielle des besoins en eau des cultures installées et celles programmées pour le reste de la campagne 2023-2024″.

Maintien du cheptel, qui s’élève à 2,446 millions de têtes dans la région

« Quant au cheptel, qui compte près de 407.000 de bovins 1.900.000 d’ovins et 159.000 de caprins dans la région, les effectifs ont été maintenus malgré les deux dernières campagnes agricoles marquées par un déficit pluviométrique ayant affecté les disponibilités fourragères dans les pâturages », poursuit notre source.

Cela a été possible grâce au soutien accordé au secteur de l’élevage dans le cadre des programmes de sauvegarde du cheptel lancé par le ministère de l’Agriculture dont les réalisations sont comme suit :

– Distribution à date de 530.800 quintaux d’orge subventionnée au profit de 37.700 éleveurs ovins et caprins, au niveau de 12 centres de relais répartis sur les différentes provinces de la région. Une autre dotation à distribuer de 350.000 quintaux est prévue dans les prochaines semaines ;

–  Distribution à date de 487.900 quintaux d’aliments composés au profit de 43.100 éleveurs bovins. Une autre dotation est en cours de préparation pour les prochaines semaines.

En ce qui concerne la santé du cheptel, « la situation sanitaire est globalement satisfaisante dans toute la région. Cela est le résultat du suivi continu de l’état de santé du cheptel ainsi que des différentes campagnes de vaccination menées contre les maladies animales contagieuses et celles à incidence économique par les services vétérinaires relevant de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et les vétérinaires sanitaires mandatés, ainsi que des efforts déployés par les professionnels du secteur de l’élevage à l’échelle régional », conclut notre interlocuteur.

Chariot. Démarrage imminent des opérations de forage du puits RZK-1 dans le permis Loukkos

Dans un communiqué, l’entreprise d’exploration pétrolière Chariot a annoncé ce jeudi le démarrage des opérations de forage d’un puits d’exploration dans le prospects nommé Gaufrette. Ce prospect devrait débloquer des ressources de gaz à faible coût d’investissement d’au moins 10 milliards de pieds cubes dans le permis onshore de Loukkos.

« Nous continuons également à évaluer le potentiel de l’ensemble de cette zone car nous entrevoyons un potentiel de développement important, à proximité de nos emplacements de puits les plus prometteurs », a déclaré Duncan Wallace, directeur technique de Chariot.

Deux forages d’exploration en terre sont programmés pour 2024 au Maroc, d’une durée d’un mois chacun, comme l’avait indiqué Pierre Raillard, directeur général de Chariot au Maroc, dans sa dernière interview à Medias24. L’intérêt de cette stratégie onshore réside dans la capacité à produire rapidement du gaz à partir de réservoirs peu profonds déjà identifiés.

Suite aux travaux de relecture des données de sismique 3D, le fondement logique de Chariot pour récupérer des ressources gazières importantes repose sur le fait que la majorité des forages positifs à gaz se situent dans les zones d’anomalies sismiques en rouge (voir carte ci-dessous). Le forage LNB-1, opéré précédemment par SDX Energy dans le prospect Gaufrette, illustre bien cette logique. Il avait atteint une profondeur d’environ 1.861 mètres et a traversé 300 mètres d’horizons gazeux.

Anomalies sismique licence Loukos
Carte d’anomalies sismiques montrant les deux principale prospects de gaz (Gaufrette et Dartois) avec l’emplacement des puits d’exploration programmés en couleur verte.

A cela s’ajoute le fait que les puits précédents n’ont pas visé des cibles identifiées plus importantes par la sismique 3D et qui pourront débloquer de ressources supplémentaire en gaz jusqu’à 26 milliards de pieds cubes de potentiel de ressources récupérables.

Profil Sismique Gaufrette
Profil sismique montrant que le puits LNB-1 n’a découvert que des petites ressources par rapport à d’autre zones à fort potentiel dans le prospect Gaufrette.

Prochainement, le deuxième programme de puits d’exploration devrait débuter sur le second prospect nommé Dartois. Le démarrage est prévu après la finalisation de la construction du site de forage.

Convaincue du potentiel sous-estimé de la licence de Loukos, la compagnie britannique a évalué environ 100 milliards de pieds cubes à partir des données de sismique et de l’analyse géologique détaillée de la zone, comme l’a annoncé Duncan Wallace.

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Gaz du Gharb : Chariot lève le voile sur sa stratégie de commercialisation

L’année 2024 sera décisive pour Chariot au Maroc. Un programme de forages et de tests est prévu pour décider de son plan d’investissement final et lancer la commercialisation du gaz naturel compressé.

Les évaluations réalisées sur le gaz naturel de Larache (offshore) indiquent sa haute qualité par la dominance de méthane (environ 95%  en moyenne) et l’absence d’impuretés dans les deux puits d’exploration du champ de gaz Anchois. Cette qualité répond aux exigences de l’industrie et permettra une commercialisation sous forme de gaz naturel comprimé.

Vision de Chariot pour la commercialisation du gaz du Gharb

Dans le cadre d’une présentation technique destinée aux actionnaires et partenaires de Chariot, la firme britannique indique qu’elle compte commencer la commercialisation du gaz naturel aux niveaux régional, national puis international. La préférence nationale est justifiée par Chariot du fait de la compétitivité du prix du gaz au Maroc et de l’occurrence d’industries sous-approvisionnées.

Commercialisation du gaz naturel Chariot
La vision de Chariot pour la commercialisation du gaz naturel du champ Anchois (Source : Chariot).

 

A cet effet, Chariot opte pour la commercialisation du gaz naturel afin de réduire ce gap d’approvisionnement principalement dans les secteurs industriels et énergétiques. La compagnie prévoit de commercialiser ses produits de gaz naturels en trois étapes, en fonction de l’avancement des projets d’exploration, qui s’avèrent prometteurs pour la découverte d’autres réservoirs dans le bassin du Gharb :

– Dans le court terme, la première option consiste en la livraison directe et accélérée du gaz naturel comprimé via des camions citernes vers les zones industrielles de Kénitra puis vers Casablanca et Tanger ;

– Dans un second lieu, la compagnie va construire un nouveau pipeline afin de connecter sa production au pipeline existant de Kénitra ;

– Dans une vision à long terme, Chariot vise à connecter son unité de traitement de gaz naturel au Gazoduc Maghreb-Europe (GME) à des fins d’exportation.

Un partenariat avec Vivo Energy

Pour concrétiser la commercialisation du gaz, Chariot compte sur son partenariat signé le 2 mai 2023 avec Vivo Energy Maroc. Dans le cadre de ce partenariat, Chariot s’est associé avec Vivo Energy pour assurer les voies de commercialisation du gaz produit par :

– Implémentation d’un business gaz vers l’industrie par le développement marketing et commercial du gaz produit ;

– Création d’une société à usage spécial détenue conjointement pour l’achat, le transport et la distribution de gaz naturel aux utilisateurs finaux.

– Commercialiser un contrat de vente de gaz à long terme pour une partie de la production future de gaz du projet de développement d’Anchois.

Une préférence pour l’onshore

Selon Chariot, les résultats des travaux de développement et du testing sont une condition sine qua non pour le démarrage de la commercialisation du gaz naturel du Gharb.

L’exploitation du gisement d’Anchois est entrée dans une étape cruciale dans la finalisation des travaux de développement et la décision finale d’investissement.

Par rapport au gisement offshore, le gisement onshore Loukkos est privilégié car il ne nécessite pas des coûts d’exploitation énormes par rapport à l’océan. Le projet de développement devrait être plus rapide, ce qui permettra une production imminente du gaz naturel tout en couvrant les coûts de production du champ Anchois.

Ce gisement n’est pas encore certifié. Le premier forage est imminent. Les ressources estimées sont modestes, environ 280.000 m³/jour ; tout cela devant être précisé par le forage puis la certification. En cas de confirmation, tenue pour probable, les coûts de développement seront faibles et l’exploitation sera rapide.

L’exploitation du gazoduc Maghreb-Europe (GME)

Le gazoduc Maghreb-Europe initialement utilisé pour l’acheminement du gaz algérien vers l’Europe a été réutilisé pour l’importation du gaz de l’Espagne suite à la suspension de son approvisionnement par l’Algérie. Le gazoduc dans sa forme actuelle permet un flux bidirectionnel d’une capacité journalière de 56.63 millions de mètres cubes.

Chariot prévoit la réutilisation du gazoduc dans l’exportation de gaz vers l’Europe et aussi pour l’alimentation des centrales électriques utilisant les turbines à gaz (par exemple la centrale de Tahaddart à Tanger).

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Campagne agricole : le retard des cultures vu du ciel (images satellites)

En l’absence de précipitations suffisantes au cours des prochaines semaines, on devrait s’attendre à une campagne agricole difficile. Les signes de cette crise hydrique sont pré-annoncés par la flambée des prix des légumes, l’assèchement des barrages et le retard des précipitations.

A partir de ce jeudi soir, les pluies et neiges sont attendues dans plusieurs régions du pays. Ces précipitations peuvent représenter un espoir pour rattraper une saison agricole incertaine et qui a mal démarré.

Malgré les défis climatiques, la saison agricole précédente s’est soldée avec une production de céréales peu abondante mais meilleure que ce que l’on craignait (55 Mqx) et une production de légumes suffisante (341.000 ha).

Cependant, l’actuelle saison agricole est mise à mal par une crise hydrique exceptionnelle matérialisée au cours des trois derniers mois par la diminution des précipitations (-67%), les barrages encore déficitaires (-75%) et l’augmentation de la température (+1,3°C). Face à ces faits, les superficies de production devront, probablement, se réduire par rapport à la saison précédente.

Un suivi régional depuis le démarrage de la campagne en octobre dernier malgré les programmes d’assolements très prometteurs, a été effectué par Médias24 dans la circonspection. Trois mois plus tard, les surfaces de culture sont limitées par rapport à l’année précédente.

Sélectionnées par nos soins, les images satellitaires ont permis une comparaison d’une année à l’autre de plusieurs zones à vocation agricole du pays. L’ensemble des images montre une réelle différence entre le 1er janvier 2023 et le 1er janvier 2024 : moins de verdures dans les périmètres irrigués (Gharb, Tadla, Moulouya…) et absence de verdure dans les zones Bour (notamment Ben Ahmed et Jamâa Shaim).

Périmètre de la Moulouya


Dar Guedari (région du Gharb)


Sidi Slimane (région du Gharb)


Khémisset (région du Gharb)


Oued Rommane (périmètre de Saïss)


Beni Mellal (périmètre de Tadla)


Berrechid (région de la Chaouia)


Ben Ahmed (région de la Chaouia)


Jamâa Shaim (région Abda)


Had Oulad Fraj (région de Doukkala)


Sais Oued Rommane


Dans le Gharb, une conjoncture mitigée pour la campagne agricole

À elle seule, la région de Rabat-Salé-Kénitra représente la diversité agricole du Royaume. Céréales, arboriculture, cultures sucrières… le secteur agricole marocain est dépendant à hauteur de 23% des périmètres agricoles du Gharb. Toutefois, les rendements n’ont pas été à la hauteur des attentes lors de la dernière saison agricole, et les cumuls pluviométriques enregistrés pour la campagne 2023-2024 n’incitent pas à un optimisme démesuré.

« Au 13 décembre 2023, la pluviométrie moyenne cumulée au niveau régional n’a pas dépassé les 65 mm, enregistrant une diminution de 21% par rapport à la moyenne de la saison dernière (83 mm), et une baisse de 46% par rapport à une année moyenne (121 mm) », indique à Médias24 la Direction régionale de l’agriculture de Rabat-Salé-Kénitra. 

Sachant que le taux de remplissage des trois barrages (Al Wahda, Idriss 1er et El Kansera) alimentant le périmètre du Gharb est relativement faible, des dotations de 143 millions de m3 ont été accordées pour assurer le démarrage de la campagne d’irrigation du périmètre. « Un tour d’eau d’irrigation a été réalisé durant le mois de novembre 2023, pour irriguer les cultures déjà installées et les nouvelles cultures, notamment les plantes sucrières (betterave et canne à sucre) », poursuit la même source. 

543.000 ha cultivés sur un programme de 718.200 ha

Sur le terrain, ce déficit pluviométrique n’empêche pas la préparation d’un programme d’assolement prometteur à l’occasion de la campagne agricole 2023-2024. Selon la DRA de Rabat-Salé-Kénitra, une superficie de 718.200 ha sera répartie entre :  

– céréales : 530.000 ha ; 

– cultures fourragères : 100.000 ha ; 

– cultures maraîchères : 27.000 ha ;  

– légumineuses : 22.200 ha ;  

– cultures sucrières : 11.830 ha ; 

– oléagineux : 1.200 ha. 

À la date du 13 décembre courant, « la superficie effectivement exploitée a atteint plus de 543.000 ha, soit 76% du programme initial. Cette superficie cultivée est répartie entre 109.000 ha en périmètre irrigué et 434.000 ha en bour », indique la DRA qui prévoit également des programmes complémentaires. 

À commencer par le programme complémentaires d’hiver, qui se déploie sur une superficie de 13.700 ha « essentiellement composée de légumes étant donné les conditions climatiques favorables le long de la bande côtière qui s’étale de Kénitra à Lalla Maimouna », précise la même source.

S’agissant du programme de printemps, il s’étale sur une superficie de 79.200 ha et a trait aux cultures de tournesol, de riz, d’arachide, de maïs et de légumes de printemps. Enfin, le programme d’été consacre une superficie de 6.000 ha aux légumes d’été.

Une filière rizicole au rendement impressionnant

Avec un cumul pluviométrique régional de 260 mm, soit une baisse de près de 50% par rapport à la moyenne annuelle des trente dernières années, la précédente campagne agricole avait été quelque peu affectée par les conditions climatiques. Elle avait été « caractérisée par des pluies légères en début de campagne, puis un pic en décembre (117 mm) et un quasi-arrêt des pluies en février, mars et avril”, souligne la DRA.  

À ce titre, voici les performances réalisées par les principales productions agricoles de la campagne 2022-2023 :  

– Les céréales : Sur une superficie globale de 530.000 ha, la production a atteint plus de 14,6 millions de quintaux, contribuant ainsi à 27% de la production nationale.

– Les cultures maraîchères : Sur 47.650 ha, la production a enregistré plus de 1,5 million de tonnes, soit une contribution de 22% au niveau national.

– Les agrumes : Sur 26.430 ha, la production a atteint 515.000 t, soit une contribution de 30% au niveau national.

– La filière oléicole : Sur 80.000 ha, la production a été de 110.300 t, soit une contribution de 10% à l’échelle nationale.

– Les cultures sucrières : Sur 13.750 ha, la production a affiché 635.000 t, soit un rendement de plus de 46 t/ha ;

– La filières des fruits rouges : Sur 5.720 ha, la production a atteint 149.600 t.

– La multiplication des semences : Sur 19.970 ha, la production globale a été de 436.800 q, soit une augmentation de 65% par rapport aux superficies emblavées durant la campagne agricole précédente (2021-2022).

– La filière rizicole : Sur 6.100 ha, la production a atteint 52.000 t, contribuant ainsi à 88% de la production nationale.

« Notons que pour la filière rizicole, le rendement réalisé par hectare était en moyenne de 80 q, ce qui a été qualifié par les professionnels comme une prouesse”, se félicite la DRA de Rabat-Salé-Kénitra. 

Rationalisation et valorisation de l’eau

En matière d’irrigation, les périmètres agricoles du Gharb entrent dans une ère où priment la rationalisation et la valorisation de l’eau d’irrigation. En ce sens, plusieurs programmes sont lancés au niveau de la zone d’action de l’Office régional de mise en valeur agricole (ORMVA) du Gharb, dont le Programme d’extension de l’irrigation à l’aval des barrages. 

« La stratégie Génération Green 2020-2030 prévoit l’aménagement de la tranche 1 de la zone sud-est du Gharb sur 30.000 ha, dont les travaux d’aménagement débuteront en 2024 dans le cadre d’un partenariat public-privé en irrigation, avec un coût estimatif de 5,7 MDH », affirme la DRA de Rabat-Salé-Kénitra. 

Ce programme prévoit l’exploitation des ressources mobilisées par le barrage El Wahda en vue de la sécurisation en eau d’irrigation, et la réalisation de nouveaux aménagements hydroagricoles au niveau des provinces de Sidi Slimane et Sidi Kacem, dont vont bénéficier plus de 3.600 exploitations.

À cela, s’ajoute la poursuite de la réalisation du programme des études d’exécution relatives aux systèmes d’adduction sur plus de 100 km, ouvrages et équipements annexes, comme préalable au démarrage des travaux. L’achèvement de la première partie de ces études, sur 11 km, est prévu en décembre 2023.

À signaler également le lancement d’un nouveau programme de développement de l’irrigation de complément des céréales, afin de contribuer à la sécurisation et à la stabilisation de la production céréalière sur 1 million d’hectares à l’échelle nationale, dont 100.000 ha identifiés comme tranche prioritaire. 

À cet effet, l’ORMVAG a lancé, au titre de l’année 2023, l’étude d’aménagement hydroagricole de la zone nord-est du Gharb pour l’identification de la tranche prioritaire sur 16.000 ha au niveau de l’axe « Rdat, Had Kourt, Ettine Extension » relevant de la province de Sidi Kacem, pour un budget de 25 MDH. « Les travaux y afférents sont programmés à partir de 2025, pour un coût global de près de 2,5 MMDH », annonce la DRA.  

Enfin, dans l’optique d’améliorer le service de l’eau d’irrigation pour les agriculteurs, l’ORMVAG a lancé un programme de remplacement des conduites en amiante-ciment par des conduites en polyéthylène haute densité (PEHD) dans les secteurs déjà reconvertis en irrigation localisée, Nord 3 et Centre 3, pour un montant global de 112 MDH (environ 97 km). « À ce jour, l’état d’avancement des travaux est de 75% », conclut la DRA. 

Fruits rouges. Superficies et rendements en baisse à cause du changement climatique

À l’instar de la grande majorité du secteur agricole, la filière des fruits rouges n’a pas été épargnée par les conditions climatiques extrêmes ayant sévi ces derniers mois dans le pays. En plus des rendements qui sont en baisse, les superficies cultivées font état d’une réduction, en particulier s’agissant de la fraise. 

« Nous vivons une période de flottement due à la baisse des superficies de la fraise. De plus, le secteur est mature. Donc, c’est normal qu’il y ait des moments d’accalmie en matière de croissance. Nous attendons des signaux positifs pour envisager une meilleure campagne en 2023-2024″, déclare à Médias24 Amine Bennani, président de l’Association marocaine des producteurs de fruits rouges. 

Baisse des superficies de la fraise de l’ordre de 1.200 ha

Lors de la campagne agricole 2021-2022, 11.550 ha ont été consacrés à la production de fruits rouges dans le pays. Cette superficie était répartie entre les fraises (3.500 ha), les myrtilles (4.800 ha), les framboises (4.000 ha), les mûres et baies de goji (150 ha). Pour la campagne 2022-2023, les superficies ont atteint 13.355 ha.

Les mauvaises conditions climatiques n’ont pas plaidé en faveur d’une nouvelle hausse pour la saison 2023-2024. Actuellement, la superficie totale des fruits rouges au niveau national est d’environ 11.950 ha. Soit une diminution de 11,8%. Contrairement aux myrtilles, qui sont des arbustes dont la superficie augmente de 200 et 300 ha par an (5.300 ha), « les superficies baissent significativement, principalement pour la fraise », précise Amine Bennani. 

« Les superficies sont passées de 3.800 ha à 2.500 ha. Alors que nous avions l’habitude d’importer 200 millions de plants, nous n’en avons importé que 139,1 millions », poursuit-il, précisant que, dans le cas de la framboise, « la baisse des superficies est légère, en comparaison avec la fraise ».   

Dans le cas de cette dernière, une telle diminution n’est pas le fruit du hasard. « Les producteurs ont vécu une année difficile. Ils ont eu des difficultés à payer leurs fournisseurs et, donc, n’ont pas pu planter cette année », déplore le président de l’Association marocaine des producteurs de fruits rouges. 

De plus, les rendements sont loin des attentes des agriculteurs. « On remarque une baisse de 10% à 20% des rendements à cause des changements climatiques, des phénomènes météorologiques extrêmes, à l’image des records de températures à Agadir et des vents violents qui ont affecté la floraison dans diverses régions », souligne notre interlocuteur. Partant du principe que 214.000 tonnes ont été produites lors de la précédente campagne, les récoltes pour cette saison devraient être comprises entre 170.000 et 190.000 tonnes. 

À la conquête du marché chinois

Afin que les superficies repartent à la hausse et que les rendements s’améliorent, le développement de cette culture dans d’autres régions est nécessaire. Alors que la région du Loukkos et du Gharb abrite 75% des superficies, le développement de cette culture dans le sud du pays est encore en phase expérimentale. 

« Pour Dakhla, les essais sont en cours, même si les résultats ne sont pas très concluants. S’agissant de Meknès, la superficie continue de croître petit à petit », nous explique Amine Bennani. Il faudra multiplier ce genre d’initiative au vu des ambitions élevées des producteurs. Car si le marché principal est l’Union européenne à plus de 90%, d’autres destinations sont friandes des fruits rouges marocains.  

« Des marchés tels que le Moyen-Orient (Arabie saoudite, Emirats arabes unis) et la Russie, sont en train de croître de manière significative. Actuellement, nous essayons de pénétrer le marché chinois. Il y a un comité qui aurait dû voyager en Chine pour activer le dossier, mais il a été reporté au mois de février 2024″, conclut le président de l’Association marocaine des producteurs de fruits rouges.   

Gharb-Loukkos : 20% de la production de framboises endommagés par la tempête du 22 octobre

La région Gharb-Loukkos a connu, dans la journée du dimanche 22 octobre, des conditions climatiques extrêmes en raison de la présence de pluies accompagnées de fortes rafales de vent dépassant parfois le seuil de 100 km/h et des chasse-poussières, indique l’Association marocaine des producteurs de fruits rouges (AMPFR) dans un communiqué.

« Ces rafales très intenses de vent, accompagnées de poussières, ont eu des conséquences néfastes sur la culture des fruits rouges (fraise, framboise, myrtille et mûre) dans la région, qui couvre 9.000 ha, dont 100% des tunnels et serres en plastiques ont étés débâchés », déplore l’association.

Production de framboises : une perte allant jusqu’à 20%

Les rafales ont causé des dégâts importants, caractérisés par une déformation et une détérioration des structures métalliques (15% des tunnels), l’arrachement des plastiques (100% des parcelles), l’endommagement des fruits (une perte allant jusqu’à 20% de la production de framboises), et le déracinement des plants, précise l’AMPFR.

« En plus, une coupure d’électricité qui a duré presque deux jours dans la zone de Larache a aggravé la situation par l’arrêt d’irrigation des parcelles, l’arrêt des stations de réfrigération et d’exportation, et la perte de tout le stock qui était dans les chambres froides. »

Les exportations d’agrumes devraient augmenter de 10% selon les dernières estimations

La production marocaine d’agrumes, qui occupe une superficie d’environ 130.000 ha, est en majorité destinée à l’export, notamment vers l’Union européenne. Alors que les premières récoltes des variétés précoces de clémentines sont attendues mi-octobre, les prévisions d’exportations des agrumes sont supérieures à celles de la précédente campagne.

Selon nos informations, les exportations prévisionnelles d’agrumes pour la campagne 2023-2024 devraient se situer aux alentours de 500.000 tonnes. Soit 50.000 tonnes de plus (+10%) que lors de la précédente campagne, mais toujours loin des exportations record en 2021-22, qui avaient dépassé les 766.000 tonnes, en raison des conditions climatiques difficiles et de l’inflation des intrants agricoles. 

Le démarrage des exportations marocaines d’agrumes est prévu courant du mois d’octobre, sauf pour la région de l’Oriental. La coloration des variétés précoces (Bruno, Marisol) sont vert foncé à vert clair avec une amélioration remarquée, avec une dominance du calibre moyen 3,4 et 5. 

Le total des exportations prévisionnelles par produit s’établissent comme suit : 

– clémentine : 153.000 tonnes / 134.000 tonnes (22-23) ; 

– clémentine Nour : 34.000 tonnes / 32.000 tonnes (22-23) ; 

– Nadorcott : 246.000 tonnes / 244.000 (22-23) ; 

– oranges : 86.000 tonnes / 44.500 tonnes (22-23).

S’agissant des exportations prévisionnelles par région et par produit, elles se déclinent ainsi :  

Gharb : 43.700 tonnes 

– clémentine : 9.900 tonnes ; 

– Nadorcott : 26.700 tonnes ; 

– oranges : 7.100 tonnes.

Souss : 310.800 tonnes 

– clémentine : 85.700 tonnes ;

– clémentine Nour : 29.400 tonnes ;  

– Nadorcott : 146.000 tonnes ; 

– oranges : 49.700 tonnes.

Oriental : 39.500 tonnes 

– clémentine : 30.000 tonnes ;  

– clémentine Nour : 2.500 tonnes ;  

– Nadorcott : 6.000 tonnes ; 

– oranges : 1.000 tonnes.

Béni Mellal : 31.500 tonnes 

– clémentine : 7.600 tonnes ;  

– clémentine Nour : 1.400 tonnes ; 

– Nadorcott : 11.400 tonnes ; 

– oranges : 11.100 tonnes.

Marrakech : 95.000 tonnes 

– clémentine : 19.900 tonnes ;  

– clémentine Nour : 1.300 tonnes ;  

– Nadorcott : 56.400 tonnes ; 

– oranges : 17.400 tonnes.

Malgré la sécheresse, le Maroc s’achemine vers une récolte record d’avocats

À quelques jours des premières récoltes d’avocats, l’optimisme est de mise. « La campagne de cette année est satisfaisante en termes de quantité et de qualité », précise à Médias24, Abdellah Elyamlahi, président de l’Association marocaine des exportateurs d’avocats, plus communément appelée MAVA (Morocco Avocado Association)

Bien que la superficie cultivée reste stable (7.000 ha), « nous estimons que la récolte sera supérieure à celle de l’année dernière, grâce à plusieurs facteurs, dont l’entrée en production des vergers plantés il y a trois ans ». 

En 2022, la récolte avait atteint près de 44.000 tonnes, pour un rendement moyen de 6 à 7 t par hectare. « Cette année, les rendements ont augmenté pour s’établir à 15 t, et parfois même 20 t par hectare », se félicite Abdellah Elyamlahi. De fait, potentiellement, la production a des chances de battre un nouveau record d’environ 80.000 t. Assez en tout cas pour lorgner de nouveaux marchés lucratifs, à l’image des pays scandinaves (Suède, Norvège, Finlande, Danemark) ou des Etats-Unis. 

Des récoltes entre septembre et mars

Si l’avocatier a fait son apparition au Maroc, au milieu des années 1980, dans le périmètre agricole du Loukkos avant de s’étendre de Larache jusqu’au Gharb, la filière n’a vraiment commencé à compter dans le paysage agricole marocain qu’à partir des années 2010, avec une superficie qui a doublé pour atteindre un peu plus de 7.000 hectares. 

Récoltés entre septembre et mars selon les variétés, les avocats sont cultivés quatre à cinq mois plus tôt dans des régions aux températures comprises entre 12,8 °C et 28,3 °C. Arbre fruitier hermaphrodite, l’avocatier nécessite le concours des pollinisateurs car il ne peut pas s’auto-polliniser. 

C’est une espèce d’origine tropicale qui s’adapte parfaitement à des climats subtropicaux à hivers doux, notamment dans les périmètres agricoles du Loukkos et du Gharb. « De nouvelles plantations sont également apparues dans la région de Oued Laou et Al Hoceima », souligne Abdellah Elyamlahi. Il faut généralement 4 à 8 semaines pour que la graine plantée au sol germe. Après quelque temps, les premières feuilles poussent. S’ensuit la floraison jusqu’à l’obtention du fruit à récolter. 

Entrée en production des avocatiers plantés il y a trois ans

« Nous allons commencer les analyses pour évaluer la teneur d’huile de la pulpe d’avocat, car il y a un minimum requis par nos clients à l’export. Pour les variétés précoces, Zutania et Bavon, la teneur minimale est de 18%. Si les analyses sont satisfaisantes, nous allons démarrer la récolte dès la semaine prochaine », assure le président de MAVA.  

Pour ce qui est de la Hass, elle sera récoltée fin octobre. Alors que la variété tardive Lamb Hass ne mûrit qu’à partir du mois de janvier. Des récoltes attendues impatiemment, d’autant que les perspectives s’annoncent plus que satisfaisantes et supérieures aux résultats de la dernière campagne. 

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce résultat ne résulte pas d’une augmentation de la superficie cultivée. En réalité, les facteurs sont multiples. D’abord, l’entrée en production des avocatiers plantés il y a trois ans participe aux bonnes performances de la filière. 

« Quand d’une année à l’autre, la production augmente, les gens pensent à tort que de nouveaux avocatiers ont été plantés. Mais la superficie cultivée a très peu augmenté, car les grandes plantations ont été réalisées lors des trois ou quatre dernières années et les parcelles sont désormais toutes occupées, ce qui empêche une augmentation de la superficie cultivée », précise Abdellah Elyamlahi.

De surcroît, les rendements ont été améliorés. L’année dernière, la moyenne était de 6 t par hectare, cette année, les rendements peuvent atteindre 15 à 20 t par hectare. « Lors de la précédente campagne, il y a eu des conditions climatiques défavorables qui ont causé des dégâts lors de la floraison des avocatiers », déplore notre interlocuteur. 

Excepté certaines exploitations situées à Sidi Allal el Bahraoui (Kamouni) et Tifelt qui ont subi de lourds dégâts à cause de la chaleur excessive, dans l’ensemble, les conditions climatiques de cette année ont été davantage propices à une préservation de la floraison, et donc à un meilleur rendement. La conduite culturale a été également importante, au même titre que l’entretien des avocatiers (taille, vertigation…).   

Les producteurs lorgnent de nouveaux marchés à l’export

L’année dernière, les producteurs d’avocats membres de MAVA ont exporté 43.000 t d’avocat. La hausse de la production attendue cette année tombe à pic, car les cultivateurs s’attendent à une augmentation de la demande aussi bien sur le marché international que national, qui atteignait l’année dernière 3.000 t. 

« Il y a une tendance à l’augmentation de la consommation de l’avocat au Maroc. Les Marocains s’habituent de plus en plus à la consommation d’avocat et pas uniquement dans les jus, mais aussi dans les salades et dans le cadre d’une alimentation saine », explique le président de MAVA. 

Au niveau des marchés d’export, en plus des débouchés traditionnels l’Union européenne (80%) et la Russie (20%) -, MAVA lorgne le marché scandinave. À cet effet, l’Association sera présente dans les salons agroalimentaires scandinaves afin de promouvoir des avocats made in Morocco. « D’autant que c’est un marché important qui est historiquement dominé par les exportations chiliennes », rappelle notre interlocuteur. 

Le marché américain est également dans le viseur de MAVA. « Nous nous sommes récemment déplacés à New York afin d’explorer les opportunités sur le marché américain, un marché en forte croissance où la consommation moyenne d’avocats par individu se situe parmi les plus importantes du monde », indique-t-il. 

« En tant qu’association, nous avons effectué les premières démarches. Nous avons contacté et organisé plusieurs réunions avec l’ONSSA afin de faciliter notre introduction sur le marché américain. Mais c’est une procédure qui n’a pas encore abouti car elle est longue et fastidieuse. D’ailleurs elle n’a toujours pas abouti », déplore-t-il.  

Par ailleurs, en termes de politique tarifaire, Abdellah Elyamlahi précise que d’habitude, « c’est l’offre et la demande qui déterminent les prix ». Et de préciser : « Pour l’export, les avocats sont vendus depuis les fermes entre 18 et 20 DH le kilo. Mais pour le marché national, ce prix est compris entre 11 et 13 DH le kilo. »