De nouveaux projets en développement après le déclin des réserves de gaz naturel dans le bassin du Gharb
Lors d’une réunion du groupe de travail parlementaire sur la transition énergétique en septembre 2024, la situation critique des puits de gaz du Gharb, exploités par l’ONHYM et SDX, a été évoquée par la ministre de la Transition énergétique. En 2024, la production de gaz naturel s’élevait à environ 40 millions de Nm³ (normo-mètres cubes), provenant principalement des bassins de Meskala et du Gharb, selon les données de l’ONHYM, alors qu’elle atteignait auparavant 100 millions de mètres cubes.
Bien que les réserves de gaz du Gharb soient limitées, elles ont joué un rôle important en soutenant l’industrie locale de Kénitra pendant plusieurs décennies et, plus récemment, après l’arrivée d’une nouvelle génération d’industries (automobiles, pièces de rechange, batteries…). Ces dernières années, SDX Energy a continué à approvisionner les industriels de Kénitra en gaz naturel comprimé (CNG), grâce à plusieurs puits situés dans ses licences onshore dans le bassin du Gharb, reliés par un pipeline de 55 km.
Pour rappel, le type de gaz produit dans le bassin de Gharb est de faibles volumes et à petite profondeur. Ne nécessitant pas de liquéfaction, il est commercialisé sous forme de gaz naturel comprimé, prisée par les industriels pour divers usages, tant comme source d’énergie que dans des procédés tels que la fusion ou le séchage.

Le bassin de Gharb et celui de Meskala ont véritablement montré la voie à plusieurs entreprises désireuses d’investir au Maroc. Des similitudes de systèmes pétroliers ont déjà été identifiées et ont permis d’autres découvertes, notamment le gaz biogénique découvert dans l’onshore de Larache et celui de Guercif.
Selon l’ONHYM, la situation actuelle avait été anticipée dès 2020 grâce à la mise en place, par l’ONHYM et son partenaire SDX Energy, d’actions proactives visant à ralentir le déclin naturel de la production et à gérer de manière contrôlée les livraisons aux clients. Par ailleurs, les parties prenantes avaient été informées suffisamment en amont pour éviter toute rupture d’approvisionnement.
Malgré les efforts continus pour maintenir la production, le renouvellement des réserves s’avère insuffisant pour répondre à la demande croissante des industriels de la région de Kénitra.
Actuellement, l’ONHYM et ses partenaires déploient des efforts pour renouveler les réserves et garantir la continuité de l’approvisionnement des clients industriels, dont l’activité dépend du gaz naturel. En plus d’un puits en cours de connexion, de nouveaux forages sont prévus, reflétant ainsi la volonté de maintenir et de renforcer l’activité gazière dans le bassin du Gharb.
De son côté, SDX Energy a précédemment décidé de se retirer du marché alternatif des investissements de Londres (Alternative Investment Market) pour devenir une société privée. Cette décision est justifiée par les charges élevées associées à ce marché, et par le fait qu’il limite l’accès à des financements plus conséquents pour développer ses actifs, notamment ceux au Maroc.
Les efforts se concentrent également sur l’exploration de nouvelles solutions énergétiques pour répondre aux besoins croissants des industriels de la région du Gharb.
Plus au nord, Chariot Energy détient une licence onshore Loukos couvrant une superficie de 1.371 km². L’année dernière, la compagnie britannique a foré deux puits, dont un s’est révélé prometteur. Cette année, elle prévoit de reprendre les travaux d’exploration sur un ensemble de prospects situés en onshore. En l’absence de défis techniques, ces prospects pourraient représenter un potentiel cumulé estimé à 2 milliards de mètres cubes [il s’agit de ressources estimées, et non de réserves prouvées].
Dans la région de l’Oriental, Predator Oil & Gas envisage de développer du gaz naturel comprimé (GNC) pour les industriels, à partir de ressources de gaz biogénique déjà prouvées. Une décision d’investissement est attendue d’ici la fin de l’année 2025, avec un objectif de production de gaz naturel comprimé dès le début de l’année 2026.




























